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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO

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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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15 janvier 2010

Vœux politiques : Quand le fiel se cache dans le miel

La période des vœux à caractère politique m'a toujours fait sourire. Et cette année encore, mêmes souhaits recyclables et recyclés, mêmes discours de satisfaction, mêmes poignées de poudre de perlimpinpin et mêmes mirages dispensés aux électeurs. On me dira que, après tout, hein, ça ne mange pas de galette quand il s'agit de prodiguer plein de sentiments sucrés à grandes brassées de chocolats accompagnés de formules machinales. Oui, d'accord, c'est toujours mieux que balancer des vérités qui font mal. Et qui seraient vite jugées inconvenantes.

Le pacifique cliché "la trêve des confiseurs" a précisément été convenu comme une bienséance éphémère destinée à couvrir les vilenies du reste de l'année. Voilà comment, le temps d'une quinzaine, le fiel se cache dans le miel.

Je ne parle pas ici du président, qui est hors catégorie depuis belle lurette tant il n'y aura bientôt plus que lui pour s'ingénier à croire ses propres contes féeriques. Non, je fais plutôt allusion aux cérémonies locales qui, pour être polies, n'en sont pas moins soporifiques. Mais qui, parfois, ne parviennent pas à dissimuler les bonbons acidulés nichés au fond du gros paquet de friandises.

Par exemple, je me suis bien diverti, c'est le mot, à écouter via internet les vœux à la presse de Jean-Noël Guérini. Comme on dit par relâchement de style, il y avait à boire et à manger.

Après avoir vanté ses propres mérites, avec la petite pincée de modestie qui sied bien sûr, le président du Conseil général a dégainé trois sujets qui ont évidemment réveillé son auditoire. Soutien à Michel Vauzelle pour les élections régionales, critique des médias et affirmation de sa sérénité sur les procédures judiciaires en cours. On l'aura compris, la tribune a servi à faire un bout de campagne électorale mais aussi à lancer quelques assauts qui, comme nul ne l'ignore, sont la meilleure des défenses.

Pour en savoir plus, lire le compte-rendu fait par Rémi Leroux, mis en ligne le jour même sur son blog, et les vidéos de Guérini consultables sur son blog personnel. J'ajoute deux autres liens tout aussi intéressants et deux articles du Canard.

L'article de Rémi Leroux :

http://remileroux.wordpress.com/2010/01/08/jean-noel-evoque-laffaire-guerini-et-lache-son-frere/ 

Le blog de Rémi Leroux sur les régionales :

http://remileroux.wordpress.com/ 

Le blog de Jean-Noël Guérini :

http://www.jn-guerini.fr/2010/01/09/voeux-a-la-presse-lexercice-de-proximite-et-de-verite/

Qui est le vrai patron de Marseille : 

http://www.lexpress.fr/region/qui-est-le-vrai-patron-de-marseille_835906.html

Gaudin concerné aussi par l'affaire des marchés publics :

http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/affaire-des-marches-publics-lenquete-concerne-aussi-les-annees-gaudin-a-mpm

Deux articles dans Le Canard enchaîné du 13 janvier 2009

(Clic sur chaque article pour agrandir)

canard_guerini_serenitude_1 canard_guerini_serenitude_2

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13 janvier 2010

OPAC d'Aix : Les charges augmentent, la colère aussi

logo_OPACAutre sujet aberrant qui, lui, risque de faire encore long feu, la gestion de l'OPAC Pays d'Aix Habitat. Cela fait 9 ans que Maryse Joissains est aux commandes, même si elle vient d'en quitter la présidence pour y placer un de ses adjoints.

Sans revenir sur l'absence de construction de logements sociaux publics face à une demande qui explose par milliers ou sur la politique de réhabilitations qui est au ralenti, c'est le problème du fonctionnement même de l'office qui est en cause. Il n'y a qu'à reprendre les divers audits réalisés par les services de l'Etat pour s'en rendre compte.

Le énième épisode qui a mis en évidence le ras-le-bol des locataires s'est déroulé il y a quelques jours à l'initiative de l'association Confédération générale du logement Alpha qui a réuni 250 personnes pour mettre sur la place publique les anomalies, pour ne pas dire les extravagances, mais c'est dit, des charges jugées exorbitantes réclamées aux locataires face aux "faibles services rendus". Les témoignages affluent pour illustrer ce qu'il faut bien appeler une situation anormale.

Voici ce qu'en dit Eric Léonard, le président da la CGL-Alpha : "C'est l'exaspération et la désespérance qui font qu'aujourd'hui il n'y a pas d'autres issues. Nous faisons donc appel à un juge en tant qu'arbitre impartial. Les charges payées ici à Aix sont largement supérieures à la médiane des offices au niveau national. Il est aussi impossible de justifier ces augmentations."

D'ores et déjà, la commission départementale de conciliation a été saisie et devra rendre un avis incitatif. Pour les locataires mécontents, il s'agit de faire la lumière sur la comptabilité et, le cas échéant, d'être indemnisés.

Ce que confirme l'avocat qui conseille l'association : "Il y a des éléments troublants dans le dossier. Des charges augmentent en dehors de toute réalité économique ou de consommation. Nous voulons faire une procédure de référé pour demander au juge que les locataires puissent consigner leurs charges auprès de la Caisse des dépôts et consignation (CDC) et qu'un expert soit désigné pour tout étudier dans le détail sur les 10 dernières années. À partir de là, nous pourrons demander un remboursement à l'euro constant".

A tout cela, s'ajoutent la difficulté pour les locataires de se faire entendre par divers responsables de l'office et donc des relations tendues qui entravent toute possibilité de dialogue constructif.

OPAC_photo

La réunion des locataires (Photo parue dans La Provence)

         

Quelques chiffres

Ÿ Depuis 2004, les charges augmentent chaque fin d'année au-delà de la moyenne nationale.

Ÿ Entre 2007 et 2008, elles ont bondi de 10,68%, soit 35% de plus que la moyenne nationale.

Ÿ Certains locataires paient plus de 1.700€ de charges par an pour un T5.

Ÿ Et 374€ pour l'entretien non réalisé des espaces verts.

Ÿ De mauvais réglages de desserte en eau chaude causent d'énormes pertes d'eau qui sont bien sûr facturées.

Ÿ Le chauffage devient coûteux car il y a des déperditions dues à des canalisations en mauvais état.

Ÿ Pour le curage des canalisations, le marché a grimpé de 50.000 à 270.000€. Pour quel service rendu ?

Ÿ Les locataires paient une ligne d'"ordures ménagères" alors qu'ils l'acquittent déjà dans la taxe d'habitation.

Ÿ L'éclairage extérieur non entretenu entraîne des actes de vandalisme le soir.

Ÿ Pour 2010, l'augmentation annoncée des loyers est de 3,50%, supérieure donc à celle des indices officiels.

Ÿ Plus de 300 personnes ont déjà mandaté la CGL-Alpha pour se faire représenter auprès de la justice dans le recours intenté quant à l'augmentation des charges.

11 janvier 2010

Clinique du Montaiguet : Vers le recours en justice

Comme c'est de tradition, la mairie va, un peu à la manière de notre champion de président, faire sa tournée des quartiers pour prodiguer ses bons vœux auprès de la population et s'employer à vanter l'efficacité de son action. Autrement dit, tout va bien grâce à une politique qui répond aux attentes des Aixois. Tant pis, pas vrai, si les faits disent le contraire.

Si la léthargie du passage d'une année à l'autre et la couche de neige ont quelque peu occulté les sujets qui fâchent, ce début janvier les voit émerger plus tenaces que jamais. Nous en parlerons dans la semaine qui s'ouvre.

Reprenons donc avec les suites de la décision votée à la seule majorité au conseil municipal de novembre dernier d'implanter le projet de polyclinique à Pont de l'Arc. En pointe dans le refus de cette aberration, l'association des Amis du Montaiguet a entamé une procédure officielle.

Première étape, une lettre envoyée via avocat à Maryse Joissains lui demandant de retirer la délibération. En cas de non prise en compte de ce courrier par le maire, une action sera engagée au tribunal administratif.

Et les motifs sérieux sont nombreux, dont un nouvel élément découvert en séance publique, la participation au vote d'un adjoint qui, directement ou indirectement, est concerné par le projet de polyclinique. Certes, Victor Tonin n'est pas actionnaire de la polyclinique mais il détient 10% du laboratoire d'analyses médicales Sel Mazarin qui a un contrat d'exclusivité avec l'établissement. Il a ainsi déclaré au journal La Provence : "Je ne vois pas pourquoi je n'aurais pas voté".

Or, précisément la loi est stricte à ce sujet. L'article L2131-11 du Code général des collectivités territoriales stipule : "Sont illégales les délibérations auxquelles ont pris part un ou plusieurs membres du conseil intéressés à l'affaire qui en fait l'objet, soit en leur nom personnel, soit comme mandataires."

De son côté, l'article 432-12 du Code pénal dispose clairement que : "Le fait par une personne dépositaire de l'autorité publique ou chargée d'une mission de service public ou par une personne investie d'un mandat électif public de prendre, recevoir ou conserver, directement ou indirectement, un intérêt quelconque dans une entreprise ou dans une opération dont elle a, au moment de l'acte, en tout ou partie, la charge d'assurer la surveillance, l'administration, la liquidation ou le paiement, est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75.000 euros d'amende."

En la matière, quelques précautions de base sont à prendre pour éviter l’illégalité des délibérations auxquelles un conseiller est intéressé : sortir de la salle du conseil au moment du vote de la délibération afin de ne pas influencer les autres conseillers, ne pas prendre une part active aux réunions préparatoires à la délibération, ne pas être rapporteur du projet qui va donner lieu à la délibération. Le plus sage est certainement de s’abstenir systématiquement de prendre part aux délibérations ayant une incidence sur l’affaire intéressant l’élu.

      

montaiguet_carte

(Clic sur l'image pour agrandir)

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Voici la lettre envoyée à Maryse Joissains le 30 décembre 2009.

Objet :

Recours gracieux en vue du retrait de la délibération n°2009-1125 du conseil municipal d’Aix-en-Provence, du 03 novembre 2009, portant révision simplifiée du POS – Secteur des Bornes – Le Pont de l’Arc - Pôle de Santé privé – Approbation de la procédure.

         

Madame le maire,

Jai l’honneur de vous saisir d’un recours gracieux au nom de l’association Les Amis du Montaiguet et du Pont de L’Arc […], dont je représente les intérêts dans cette affaire.

La délibération précitée du 03 novembre 2009, transmise, sauf erreur, au contrôle de légalité le 6 novembre, contient incontestablement des illégalités probantes et non régularisables. 

En effet, il s’agit d’un changement de zonage majeur portant sur une vaste zone naturelle et boisée de plus de 4ha de terrains et de forêts situés au Montaiguet, dans le secteur des Bornes et du Pont de l’Arc, que votre conseil municipal a déclassé en vue de l’urbaniser, en faveur d’un projet d’intérêt privé.

D’évidence, la délibération en cause est entachée d’illégalités tant externes qu’internes, de nature à provoquer son annulation par le juge administratif compétent. 

Ainsi notamment :

à De nombreux vices de procédure entachent la révision en cause, en particulier :

Ÿ Aucune évaluation environnementale prévue par l’article L. 121-10 du Code de l’urbanisme (CU), n’a été réalisée, en violation de l’article L. 123-19 du CU ;

Ÿ Il a également été omis la saisine préalable de la Commission départementale des sites et paysages, qui aurait dû émettre un avis, en application de l’article L. 146-6 du CU et du décret n° 98-865 du 23 septembre 1998 ;

Ÿ L’avis rendu par l’ARH Paca le 12 juin 2008, sur lequel s’appuie la délibération, n’autorise nullement l’implantation de la Polyclinique sur le site choisi, elle se contente d’autoriser le transfert sollicité. De même, le SROS III ne mentionne nullement l’implantation choisie ;

Ÿ L’implantation du projet objet de la révision simplifiée et ses voies d’accès et de desserte sont prévues dans un périmètre de protection de la bastide "la Félicité" authentique datant du XVIIIème siècle et inscrite au titre des monuments historiques avec ses jardins attenants depuis 1969. Pourtant l’avis de l’architecte des bâtiments de France (ABF) n‘a pas été requis et manque au dossier ;

Ÿ S’agissant de la concertation prévue par article L. 300-1 du CU, l’une au moins des réunions publiques était réservée aux CIQ et leurs représentants, non au public en accès libre (cf. réunion publique du 03-12-2008) ;

Ÿ Il manque aussi dans le dossier d’enquête publique le procès-verbal de la réunion d’examen conjoint des personnes publiques associées (mentionnées dans l’article L. 123-9 du CU), qui n’a pas été joint en violation de l’article L. 123-13 du CU ;

Ÿ On relève encore que le projet présenté à l’enquête publique est incomplet et diffère des projets exposés précédemment et postérieurement ;

Ÿ De même, on note des écarts substantiels entre le projet soumis à l’enquête publique et celui que le conseil municipal a approuvé le 03 novembre 2009, au-delà même d’une simple prise en compte des réserves émises par le commissaire enquêteur dans son rapport (cf. en particulier la nouvelle zone UPM 7 "improvisée" avant approbation) ;

Ÿ Le rapport d’enquête publique est incomplet, le commissaire enquêteur a tout au long de l’enquête publique et dans son rapport même exposé son parti pris en faveur du projet, dénaturant les contributions du public. Les résultats sont au demeurant substantiellement erronés en raison des avis "pré-dictés" rendus en nombre par le personnel de la polyclinique en service commandé ;

Ÿ Les mesures de publicité et d’affichage ne sont pas suffisantes.

à S’agissant des conditions de vote de la délibération contestée, elle ne disposait d’aucune annexe, ni la notice de présentation ni le document graphique des modifications approuvées ni le règlement de zone UPM 7 ni la liste des emplacements réservés.

De même, le dossier complet de la révision simplifiée n’était ni joint à la délibération ni proposé à la libre consultation des conseillers municipaux pour leur complète information avant de procéder au vote, en violation des articles L. 2121-13 et L. 2121-13-1 du Code général des collectivités territoriales (CGCT), ce qui les empêchait de voter en connaissance de cause.

De surcroit, au moins un élu au conseil municipal détient un intérêt privé dans le projet de la Polyclinique objet de la révision simplifiée, en violation de l’article L. 2131-11 du CGCT. En effet, M. Victor TONIN, 5ème adjoint au maire, est médecin biologiste et actionnaire au sein de la Polyclinique du Parc Rambot (objet du transfert) en son nom personnel et représentant la SARL SEL MAZARIN, partenaire du projet. A ce titre il a un intérêt direct d’ordre privé dans le projet et, malgré ce, il a participé au vote de la délibération, ce qui entache gravement sa légalité. 

à La délibération approuve une procédure de révision simplifiée du POS, alors même que le projet qui en est l’objet exige une révision globale du POS, conformément aux dispositions du CU, à laquelle on note au demeurant que votre conseil municipal a décidé de renoncer le 25 avril 2005.

En effet, un tel changement de POS sur le site naturel concerné porte gravement atteinte à l’économie générale du document d’urbanisme, ainsi qu’à l’environnement de la ville.

Ainsi, seule la révision globale du POS aurait permis de mener à bien cette opération par une plus large concertation et surtout des études complètes, réfléchies et abouties.

Il s’agit de toute évidence d’éléments caractéristiques d’un détournement de procédure, que le tribunal saisi ne manquera pas de censurer.

à De même, s’agissant d’une révision simplifiée, l’article L. 123-13 du CU ne l’autorise qu’à des conditions strictes de légalité, car il s’agit bien d’une procédure dérogatoire qui n’est nullement destinée à remplacer une procédure de révision générale, en particulier s’agissant d’un POS datant de 1984, dont la loi SRU commande sa mutation en PLU.

à En particulier, l’intérêt général exigé par la loi n’apparaît nullement au regard du projet concerné. Celui-ci satisfait à des intérêts d’ordre privé, tenant essentiellement à des motifs d’attraction commerciale, alors même que le site actuel a récemment été réaménagé au moyen de financements publics de la Ville, et qu’il correspond par conséquent aux besoins définis par la direction de la polyclinique du parc Rambot et de la Provençale, validés par l’ARH.

De surcroit, le projet ne génèrera aucune création significative d’emplois, le transfert étant à activités constantes, comme le précise la délibération en cause.

Au surplus, la création d’une crèche collective qualifiée à tort d’équipement public n’est en réalité qu’un équipement privé destiné à accueillir en majeure partie les enfants du personnel de la polyclinique. 

à D’évidence, le projet va engendrer bien plus d’inconvénients que d’avantages, en particulier s’agissant des voies de desserte et d’accès dans le secteur concerné, déjà saturées et dont les principales caractéristiques ne sont pas définies ni dans le dossier de révision ni dans  la délibération d’approbation.

à Le nouveau zonage dit UPM 7 improvisé après l’enquête publique constitue une erreur manifeste d’appréciation. En effet, le site ne peut supporter des constructions majeures comme celles qui sont prévues, dans le site naturel concerné. 

à D’une façon générale les constructions et les aménagements envisagés sont incohérents et incompatibles avec les orientations définies dans le PADD en vigueur, soumis au débat du conseil municipal de la ville le 09 décembre dernier.

Aussi, je vous demande de saisir votre conseil municipal aux fins de retrait de la délibération précitée du 03 novembre 2009.

Dans l’attente, recevez Madame le Maire l’expression de mes respectueuses salutations.

9 janvier 2010

Un petit tour de ma neige un peu loufoque

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Neige à Aix le 9 janvier 2010

Si la raison a admis depuis longtemps, et je le fais observer, sans ergoter le moins du monde, que l'angle droit bout invariablement à 90%, comment se fait-il alors qu'en mesurant le froid, on ose prendre la liberté d'affirmer en dépit de tout bon sens qu'une température puisse s'avérer négative ? Question loufoque ? Vite dit !

Exemple très édifiant ce midi : qui s'est permis de faire disparaître les 2 degrés qui manquent à mon thermomètre, hein ? A qui veut-on faire croire pareille embrouille d'absence de température sous prétexte qu'elle est en dessous de 0 ? Car il suffit de réfléchir un tant soit peu : si la chaleur se ressent sans être visible, la neige, elle, apporte bien la preuve concrète, et donc irréfutable, qu'ôter des degrés revient à nier l'existence même d'une température !

Cela démontré, on me verrait peiné si mes élucubrations devaient une fois de plus semer le trouble et donner à certains l'envie d'en discutailler sans fin le bien-fondé. Aussi, pour prévenir tout éventuel laïus délirant, je suggèrerais d'aller vérifier auprès d'un ours blanc, et surtout savant et raisonnant, si ce que j'avance peut être scientifiquement prouvé ou comiquement voué à fondre comme neige.

8 janvier 2010

"Le Ravi" refuse de solder l'info…

une_ravi_70"Le Ravi" n'a jamais froid au cerveau. Il aime bien lancer de copieuses boules de neige sur ce qui ne va pas. C'est cet esprit critique qui le rend sympathique.

Au sommaire du n° 70 de janvier du nouveau millésime, on peut lire un excellent dossier sur les curieux dessous des magouilles en tous genres qui gangrènent la vie publique. L'article sur Trets publié ici il y a trois jours a pu vous en donner un avant-goût.

Mais il n'y a pas que cela. Voyez plutôt la grosse enquête "Politiques, juges et journalistes sur la sellette". Et puis, pas mal d'articles sur les mauvais traitements infligés à la nature, sur les indignités faites aux miséreux et sur les turbulences de certains dossiers annoncés comme devant faire notre bonheur mais dont le moteur est d'abord le fric. Pour faire passer le tout, la rédaction complète sa livraison de nombreuses brèves et l'illustre de bons dessins bien piquants comme on les aime.

Le mensuel régional est en vente depuis quelques jours (2,80€ pour 28 pages). Et franchement, des informations à ce prix là, on n'en trouve même pas en période de soldes.

Le sommaire du n° 70 de janvier :

http://www.leravi.org/spip.php?article838 

Le site du Ravi :

http://www.leravi.org/

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5 janvier 2010

Quand le maire de Trets bafoue la laïcité…

Le discours républicain et laïque n'est rien s'il n'est pas traduit en actes conformes. Là, à quelques kilomètres d'Aix, sur le territoire de la Communauté du Pays d'Aix, la confusion des genres a pris, il y a quelques jours, une tournure irrecevable.

Les faits ont été relatés, documents à l'appui, sur le blog de Cixi-Hélène : le maire UMP de Trets, Jean-Claude Féraud, n'a rien  trouvé de mieux à faire qu'inviter les élus et le personnel municipal au repas traditionnel de fin d'année dans les locaux de l'organisation sectaire Soka Gakkaï.

Aux dernières nouvelles, l'événement a semé le trouble dans certains esprits et n'a pas fait l'unanimité. Au final, le maire n'a été suivi que par 120 personnes sur les 300 invitées. Ce qui n'enlève rien à cette étrange initiative émanant d'un élu de la République qui se permet de confondre la neutralité que lui impose sa fonction et sa décision d'organiser un repas communal dans un lieu de culte dont les pratiques sont, c'est le moins que l'on puisse dire, très critiquées.

Pour en savoir plus et se faire une idée, on pourra lire les textes ci-dessous.

L'article sur le blog de Cixi-Hélène (menacée d'une mise en demeure) :

(accompagné de nombreux liens et d'une série impressionnante de commentaires)

http://cixi-helene.over-blog.com/article-trets-les-feraud-et-la-secte-soka-gakkai-41364792.html

Un article paru en mai 2004 :

http://www.prevensectes.com/rev0405.htm#31a 

Et l'article paru cette semaine dans "Le Ravi" :

(Clic sur l'image pour agrandir)

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1 janvier 2010

2010 : Des vœux d'accord, mais des actes d'abord !

Voeux_2010_creation_LAC

29 décembre 2009

Un dîner vraiment parfait… ou presque !

dinner_for_onePour clore l'année, voici enfin de quoi sourire et même rire. Un enivrant cadeau à voir jusqu'au bout et à déguster sans modération. Ce type de moment étant plutôt inhabituel, un avertissement s'impose : tout contrevenant à l'obligation de regarder cette vidéo se verra contraint d'opter illico entre payer la tournée ou être privé d'accès à mon blog. (rires)

Le thème : Miss Sophie fête ses 90 ans à table entourée de ses amis de toujours et servie par son majordome James…

La vidéo obligatoire : (Merci à jpduf pour le lien)

http://www.dailymotion.com/video/x5zld2_diner-pour-un-humour-anglais

Pour en savoir plus sur "Dinner for one" :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Dinner_for_One

23 décembre 2009

Municipale d'Aix : Joissains gagne encore une fois

URGENT : Le tribunal administratif a rejeté le recours en annulation

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C'était le troisième "tour" en un peu plus d'un an. Le recours déposé par Alexandre Medvedowsky (PS) demandant l'annulation de l'élection municipale d'Aix de juillet, gagnée avec 187 voix d'écart par Maryse Joissains (UMP), a été rejeté aujourd'hui par le tribunal administratif de Marseille, suivant ainsi les conclusions du rapporteur public.

Pourtant, lors de l'audience de mardi dernier, le tribunal avait relevé le cas de 96 bulletins entachés de nullité, à déduire du nombre global de suffrages exprimés et non pas à être considérés comme réduisant l'écart à 91 voix puisqu'il n'est pas identifié qu'ils auraient tous été imputables au maire sortant. Cet épisode étant désormais joué, un appel devrait être déposé par Alexandre Medvedowsky pour faire arbitrer une nouvelle fois l'issue du scrutin devant le Conseil d'Etat.

A noter que, il y a quelques jours, Maryse Joissains a saisi la Cour européenne des droits de l'homme pour mettre en cause nommément la partialité politique de cinq magistrats du Conseil d'Etat concernant la première annulation prononcée en juin 2009 de l'élection de mars 2008.

Lire la requête de Maryse Joissains à la Cour européenne : http://www.marysejoissains.com/media/doc/coureuropeennne.pdf 

22 décembre 2009

La saga des Guérini vue par le Nouvelobs

gif_journalL'article du Nouvelobs est si instructif qu'il mérite d'être cité in extenso. Il vient s'ajouter à d'autres sur les remous politiques marseillais publiés ces derniers temps. Voici donc l'enquête de François Bazin parue le 17 décembre 2009 qui se lit comme un conte défait.

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L'un est président socialiste du conseil général des BDR, l'autre n'est officiellement qu'un chef
d'entreprise spécialisé dans le traitement des déchets. Jean-Noël Guérini et son frère cadet, Alexandre, l'un dans la lumière et l'autre dans l'ombre, sont les patrons incontestés de la gauche marseillaise. Du coup, quand la justice s'en mêle, c'est tout le système qui tremble.
   

C'était l'été dernier. Presque une éternité. A la mi-juillet, Jean-Noël Guérini a été intronisé "deuxième président" de la Socoma. Un poste honorifique pour un business bien payé ? Pas seulement. Sur le port de Marseille, la Société coopérative de Manutention est un mythe et une puissance à la fois. Elle a été fondée en 1950 par les hommes de Defferre. C'est tout ce qui reste aujourd'hui de l'héritage depuis que la mairie est passée à droite et que La Provence, le quotidien régional, vivote sous l'aile du groupe Hersant. Son président en titre s'appelle Charles-Emile Loo, ancien cacique de la fédération socialiste. Il file vers ses 88 ans.

Sentant sa fin venir, "Milou" a choisi "Jean-Noël" pour qu'un jour il lui succède. L'affaire s'est nouée devant la tombe de "Gaston", le 7 mai, jour anniversaire de la mort du Vieux Lion. Pour le président du conseil général des Bouches-du-Rhône, défait l'année précédente à la mairie de Marseille, la Socoma était bien plus qu'un lot de consolation. Influence, surface sociale, notabilisation. Jean-Noël Guérini a trop longtemps souffert du mépris des élites phocéennes pour ne pas voir, dans cette superbe promotion, la promesse d'une revanche. Et pas seulement aux prochaines municipales. Durant l'été 2009, tout s'est mis à bouger chez les Guérini. Car de fait, ils sont deux. Jean-Noël et Alexandre, de cinq ans son cadet. Depuis toujours, ils avancent côte à côte. L'un dans la politique. L'autre dans les affaires - officiellement - avec une prédilection pour le traitement des ordures !

En allant à la Socoma, le premier a fait un pas de côté. Alexandre, lui, s'apprêtait à faire un pas en avant. Apparemment, pas grand-chose. Juste une envie d'élection, à l'occasion des régionales de mars 2010. Ce n'était pas la première fois qu'Alexandre Guérini était démangé par ce prurit. Quand le conseil général a été menacé en 2004, il a failli entrer dans la bagarre. Aux dernières municipales, il a songé, un moment, à aller défier lui-même Renaud Muselier dans un secteur clé de la ville. Mais, cette fois-ci, c'est du sérieux.

L'homme de l'ombre, celui dont on ne parle qu'à voix basse, le frère trop discret pour ne pas être aussi le stratège secret de la maison Guérini, a soif de lumière. Autre forme de reconnaissance ! Ce mandat régional est un investissement. Il en annonce d'autres, de plus grande ampleur. Un jour, Jean-Noël finira bien par atteindre son nirvana municipal et alors il faudra que quelqu'un continue à serrer les boulons. Dans ce grand paquebot bleu qui domine la ville et l'irrigue de ses subventions. Bref, au conseil général !

Les écoutes vont bon train

C'était un joli rêve. Il s'est évanoui avant même d'avoir vraiment commencé. Tout cela à cause d'un petit juge financier, Charles Duchaine, et des discrètes investigations menées, depuis le printemps, par les gendarmes, dans le cadre d'une instruction pour "atteinte aux marchés publics, trafic d'influence, détournement de fonds publics, corruption, prise illégale d'intérêts et blanchiment". Rien de moins ! L'instruction judiciaire est menée "contre X". Qui est, à Marseille, le nouveau "Monsieur X" ? A la Socoma, Charles-Emile Loo, qui n'avait rien vu venir, s'interroge désormais sur la perspicacité de ses choix.

Au siège de la fédération, où il faisait il y a encore peu la pluie et le beau temps, Alexandre Guérini a soudain disparu. C'est tout juste si on se souvient de son nom. Lequel ne figure d'ailleurs plus sur la liste régionale du PS. Quand les gendarmes ont déboulé, le 19 novembre, au siège de ses deux sociétés puis à son domicile privé, Alexandre était en voyage en Amérique du Sud. Quand ils ont débarqué au conseil général et à la communauté urbaine, Jean-Noël revenait à peine d'Auschwitz où, comme chaque année, il avait accompagné des lycéens du département. Les pandores savaient pertinemment ce qu'ils cherchaient. Depuis le début de l'année, les écoutes sont allées bon train. Il a suffi que ces informations sortent dans la presse - le site de Bakchich.info et France 3 - pour qu'après les effluves d'une grève des éboueurs un vent glacé s'abatte sur Marseille. Depuis, c'est le temps des rumeurs, des rendez-vous cachés et des règlements de comptes. Tout le monde aux abris ! A gauche comme à droite (ou presque) !

Le sens de l'amitié utile

Pour préserver leur honneur, alors que leur nom circule sans qu'ils aient jamais été entendus par la justice, les Guérini ont pris des avocats. Ils ne parlent plus. Ils ne se parlent plus. Prudence, prudence… "Comment va Alexandre ?", a demandé, mercredi dernier, Jean-Noël en rentrant du Sénat et autres palais nationaux. Alexandre est invisible. On ne le voit plus guère au Cercle des Nageurs où, chaque midi, il alignait autrefois les longueurs de bassin. Dans son immense bureau du conseil général, Jean-Noël reçoit au compte-gouttes. "Lui, c'est lui, moi, c'est moi", dit-il en jurant qu'il ne connaît rien des affaires de son frère. Sa lecture de tout cela est aussi simple que classique : "On veut m'abattre pour des raisons politiques." Soit… Mais alors fallait-il qu'elle soit menaçante, cette nouvelle puissance des deux frères, pour qu'à l'heure de leur envol, tandis que leur système était en train de prendre une autre dimension, dans une répartition des rôles inusitée, on rejoue à Marseille le remake judiciaire de "Main basse sur la ville".

On ne prête qu'aux riches. Ceux-là le sont. Ou plutôt, ils le sont devenus. Argent et puissance. Sur fond de politique, dans ce curieux chaudron phocéen où chacun peut s'inviter à condition d'avoir le goût de l'effort, le sens du risque et la passion des réseaux. La saga des Guérini, en ce sens, est l'expression achevée d'une certaine histoire de Marseille. Pour la comprendre, il faut d'abord observer les deux hommes. Et Dieu sait s'ils ne se ressemblent guère. Jean-Noël est un introverti qui s'expose et Alexandre, un extraverti qui se cache. L'un est engoncé dans des costumes croisés. L'autre vit volontiers en jean, tee-shirt et baskets. L'un est un coléreux, sentimental et superstitieux. L'autre est un animal chaleureux et sauvage. L'un voudrait conquérir les salons de la bourgeoisie. L'autre aime les bars et les bandes. Tous les deux ont le sens de l'amitié utile, qu'ils cultivent jusqu'au plus haut sommet de l'Etat et du CAC 40. Quand ils disent "Henri", c'est de Proglio, le patron de Veolia, qu'il s'agit. Quand ils disent "Bernard", c'est généralement de Squarcini, l'ami de Sarkozy devenu chef du renseignement.

Les Guérini - 59 et 54 ans - sont des enfants du Panier, doués à leur façon. Ils ont grandi ensemble dans ce quartier historique de Marseille. Ils ont grimpé ensemble, en dépit de la belle légende qui voudrait qu'ils aient tracé leur route, à la force du poignet, chacun de leur côté. Le berceau des Guérini est Calenzana, en Balagne. Leur fief est marseillais, juste derrière la mairie. L'oncle "Jean-François" était conseiller général socialiste. C'est lui qui a fait venir toute la famille au milieu des années 1950. C'est lui qui a trouvé un emploi pour tout le monde à l'office HLM.

La réussite par les extérieurs

C'est lui qui, à sa mort, a laissé son canton à l'aîné des neveux. La politique en héritage. Vieille tradition locale. Sauf que, dans la machine Defferre, les Guérini étaient des gens de peu. Maîtres chez eux, sans doute. Grands apporteurs de voix dans la circonscription du suzerain, à coup sûr. Mais pas davantage. En 1977, il faudra que la secrétaire personnelle de Gaston, dont Alexandre épousera la nièce, insiste pour que Jean-Noël fasse ses premières armes aux municipales, à un modeste rang et surtout dans un secteur jugé très incertain.

Ainsi va la vie. Jean-Noël Guérini a alors 27 ans. Pas de diplômes. Une carte des MJS et de FO. Rien d'exaltant. Sans le canton de l'oncle, cinq ans plus tard, l'histoire se serait peut-être arrêtée là. Et la carrière des deux frères aurait pris un tour moins classique. Avec Defferre, on grimpait par la mairie. Les Guérini n'y ont pas leur place. Ils feront donc les extérieurs. Par le conseil général. Ce n'est pas la voie royale. On y avance lentement. Il faut savoir être patient, habile et travailleur. Jean-Noël a toutes ces qualités. Il sait compter. Il sera bientôt rapporteur général du budget. Auparavant, dans la guerre de succession ouverte par la mort de Gaston, il a fait le choix de Michel Pezet contre celui de Robert Vigouroux. Cela lui coûtera quelques mandats locaux. Avant de lui ouvrir les portes d'un sacré fromage en février 1987 : la présidence de l'Opac des Bouches-du-Rhône, conquis au nez et à la barbe d'un defferriste de la plus belle eau, Marius Masse.

Dans le système Guérini, il y a un avant et un après-Opac. L'ascenseur politique via le logement social : à défaut d'être originale, la méthode est d'une rare efficacité. Dès cette époque, les deux frères s'installent dans des registres complémentaires. Jean-Noël gère, Alexandre répare. L'un soigne l'électeur, l'autre dirige une société de plomberie. Le premier occupe le devant de la scène, tandis que le second s'impose progressivement comme une sorte de DRH de la PME familiale. Il y a du clientélisme dans l'air. Tout cela est très corse. Au conseil général, le rapporteur général du budget a vite compris que cette énorme collectivité, gérée en père de famille, est aussi une immense usine à subventions. En 1998, la valse des présidents, à l'hôtel du département, lui ouvre la porte du "9e étage". Quand François Bernardini, son prédécesseur, est contraint par la justice à la démission, Jean-Noël, les larmes aux yeux, lui offre une carte magnétique qui lui donne accès en permanence au conseil général. "Tu es ici chez toi." Un an plus tard, le même Bernardini est pourtant délesté, sans pitié, de son poste de premier secrétaire de la fédération. C'est le grand vide.

Les barons marseillais se sont entre-tués. Reste Jean-Noël, tout en haut de la colline. Il tient le département. Il contrôle la "fédé". Il est devenu sénateur. Il lorgne sur la ville. On est en 2000. Les années Guérini peuvent enfin commencer ! Tout par le conseil général. Tout pour le conseil général. C'est aussi simple que ça. On a commencé par le PS. C'était le plus facile. Avec la Rue-de-Solférino, les frères Guérini ont imaginé un deal audacieux. La "fédé" subit une cure d'amaigrissement. Fini le temps où ses quelque 20.000 cartes pesaient de manière décisive sur la vie nationale du parti. Mais en échange, il n'y aura plus aucune limite au verrouillage interne. Dans cette opération, Alexandre est aux premières loges. Il préside de facto la commission des cartes. Pas d'adhésion possible sans son accord. Les sections sont reprises en main une à une. On place, on menace si nécessaire. Pour ne pas avoir d'histoire avec Paris, on essaie de jouer gagnant dans la course des éléphants. Un jour Fabius, puis Jospin, puis Royal, puis plus rien… Alexandre, que l'on disait vaguement rocardien dans sa jeunesse, n'a jamais compris pourquoi DSK, qu'il admire tant, avait toujours snobé son frère. Cet été, il imaginait même de faire le voyage à Washington pour préparer une paix des braves !

Dans ce genre d'aventure, tout le monde suit d'autant plus aisément que le voyage est rentable. Les trois quarts du conseil fédéral du PS vit directement ou indirectement du conseil général. Et ce n'est que la partie émergée de l'iceberg. Il a fallu attendre que la gauche gagne par surprise la riche communauté urbaine de Marseille en 2008 pour que la vraie finalité du système apparaisse presque au grand jour. Du jour au lendemain, tandis que Jean-Noël pansait ses plaies après sa courte défaite aux municipales, Alexandre a abandonné toute prudence. On l'avait aperçu. Il s'est fait voir. Il avait poussé son frère à la mairie quand celui-ci se remettait a peine d'une grave intervention cardiaque. Il avait été le stratège de sa campagne. Il avait tenu, pour lui, la rue et les murs. Ce n'était sûrement pas pour tout plaquer au premier échec venu.

La machine grippée

Longtemps, Alexandre a travaillé pour son frère depuis les locaux de ses sociétés. Les interventions, c'était lui. Les services, c'était lui. Les emplois ou les subventions, c'était encore lui. Dans son bureau, les dossiers politiques étaient entassés au bout d'une immense table, juste après les dossiers professionnels. Il suffisait d'un fax ou d'un coup de fil pour les faire avancer. Alors que l'unique qualité d'Alexandre, cet homme sans mandat, était d'être le frère du président. Ainsi se forgent les clientèles dans un système opaque, sans être pour autant forcément illégal.

La faute des Guérini, alors que la justice avait déjà commencé ses investigations, est d'avoir mis à la communauté urbaine une pression trop brutale en traitant son président, Eugène Caselli, comme une simple potiche. En pratique, il y avait Jean-Noël, président du conseil général, et Alexandre, vice-roi de la communauté urbaine qui sélectionnait les directeurs de service, recevait les syndicats et préparait les commissions d'appel d'offres. Sans doute cette répartition des tâches en préparait-elle une autre, d'ici aux municipales de 2014. La machine a tenu plus d'un an. Elle s'est grippée juste avant que les gendarmes ne débarquent. Est-elle définitivement brisée ? Jacques Pilhan, ce conseiller en communication de deux présidents de la République qui avait ses habitudes du côté du Vieux-Port, disait qu'en politique "être une cible, c'est con, mais qu'être une cible immobile, c'est encore plus con". A Marseille, les Guérini en sont là.

http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p2354/articles/a415135-.html

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