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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO

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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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22 septembre 2009

La triche érigée en système sans morale

gif_carton_rougeJe le disais hier, la vie publique va à vau-l'eau. Je comparais la sphère politique et le monde sportif. Dans son édition d'hier, le journal Le Monde a publié une interview intéressante sur la tricherie érigée en système. Il a demandé à Nigel Warburton, philosophe britannique et collaborateur régulier d'émissions sportives sur la BBC, pourquoi la triche est partie intégrante de toute activité sportive, établissant même un parallèle avec la vie politique.

Cela me rappelle furieusement quelques personnages aixois pris la main dans le sac, des partis politiques qui tripatouillent les urnes et, fin du fin de l'actualité, le tragi-comique procès en correctionnelle qui s'est ouvert ce lundi. La grandiloquence complètement théâtralisée de Villepin faisait penser à Nixon qui affirmait n'avoir pas espionné le parti démocrate avant d'être contraint de figurer dans l'Histoire comme le seul président américain obligé de démissionner. Comme dirait l'ami Benoît Petit : soupirs !

Extraits significatifs de l'interview…

Pourquoi les sportifs trichent-ils ? 

Le Monde : Pensez-vous que la triche fasse inévitablement partie intégrante du sport professionnel de haut niveau ?

Nigel Warburton : Non, pas d'une façon inévitable, même si la majorité des sports professionnels et amateurs en comportent, que ce soit en Formule 1, au football ou au rugby. Il existe différents niveaux de triche. Au football, un joueur peut être tenté de faire un tacle en sachant qu'il a 50% de chances de provoquer une faute. C'est une prise de risque qui est à la limite de la légalité, mais qui fait partie du jeu. Dans les sports de contact, en général, il y a un niveau de tricherie qui fait presque partie du jeu.

C'est différent quand l'acte tenté sort de la sphère sportive.

C'est le cas du "Bloodgate", une affaire récente impliquant l'équipe de rugby des Harlequins, à Londres. Son entraîneur a mis en scène la blessure d'un joueur à l'aide d'une capsule de faux sang, afin de favoriser son équipe. Ce fut un énorme scandale. Parce que même si les Harlequins n'ont pas gagné le match, c'était un geste si forcé et prémédité, qui impliquait un tel niveau d'organisation au sein de l'équipe, que c'était plus grave que la simple triche consistant à tromper un arbitre.

Une préméditation que l'on retrouve dans l'affaire Renault...

Tout à fait. Sans connaître tous les détails de l'affaire, on devine aisément que cela a demandé une organisation complexe et la collaboration de nombreuses personnes. Tout cela afin de trouver le meilleur moment pour avoir cet accident. Et c'est sans compter sur la dangerosité d'une telle stratégie.

Vous avez écrit que les exemples de triche sont plus nombreux aujourd'hui...

Je ne sais pas si c'est un phénomène quantitatif ou une coïncidence. Peut-être avons-nous tout simplement développé des moyens plus modernes pour détecter les tricheurs. L'affaire du "Bloodgate", par exemple, a été révélée par une caméra de télévision. On a clairement vu le joueur sortir du terrain et faire un clin d'œil à son préparateur. Tout le monde a perçu quelque chose de louche.

C'est grâce à ces techniques de surveillance plus sophistiquées que l'on découvre plus d'incidents. Face à elles, les athlètes ont effectivement plus de chances de se faire attraper. Il faut noter que ce phénomène ne concerne pas exclusivement le sport de haut niveau. La triche dans la sphère amateure a bien moins de chance d'être relayée parce que cela intéresse moins de gens, mais elle existe aussi.

D'un point de vue philosophique, qu'est-ce qui motive les tricheurs ? La peur de la défaite, l'envie de réussir, la nécessité de rester au sommet ?

Dans Le Prince, Machiavel considère que, dans des conditions extrêmes, un dirigeant ne doit pas agir de façon morale, car cela mettrait en péril l'Etat. […] Il faut aussi considérer que dans le sport, les règles sont subjectives et sujettes à interprétation. On essaie de pousser au maximum pour savoir jusqu'où on peut aller. Mais pour ce qui est de la motivation, je pense que cela dépend de l'occasion ou même du sport. Cela peut être l'argent, la gloire, l'envie de vaincre, le manque de recul ou tout simplement l'absence de morale chez l'athlète. […]

N'est-ce pas alors un paradoxe que les athlètes de haut niveau soient contruits pour être des modèles ?

Oui, et en ce sens ils ressemblent beaucoup aux hommes politiques. Ils peuvent très bien être des exemples à suivre dans leurs disciplines respectives, mais le processus qui les fait arriver au sommet de cette discipline implique une attitude intransigeante. Et ce sont quelquefois les individus pas vraiment moralement irréprochables qui atteignent ce sommet.

Le sprinter Ben Johnson est un exemple révélateur. Il a travaillé pour devenir l'homme le plus rapide du monde. Et on ne peut pas nier que c'était un exploit, qu'il ait été dopé ou pas. En l'occurrence, il était dopé. Mais pour qu'il arrive à un niveau où des produits ont fait de lui l'homme le plus rapide du monde, il fallait déjà qu'il soit un athlète extraordinaire. Pourtant aujourd'hui, personne ne se souvient de lui comme un bon athlète, juste comme un homme qui a triché. […]

Vous avez dit que "les tricheurs s'en sortent souvent" et qu'ils "ont changé l'histoire du sport, et continueront à la faire". Vous le pensez toujours ?

Je pense avoir écrit cela avant la Coupe du monde 2006 et l'expulsion de Zinedine Zidane, qui a, en elle-même, changé pas mal de choses. Mais effectivement, je crois que les tricheurs s'en sortent souvent dans le monde sportif. Paradoxalement, la triche apporte un intérêt supplémentaire au sport. Je ne dis pas que c'est une bonne chose, mais je pense qu'il existe chez le public un véritable intérêt pour démasquer les tricheurs, savoir comment ils ont pu tromper tout le monde. Tout simplement parce que l'immoralité est souvent plus intéressante que la moralité, le "méchant" est plus intéressant que le "héros". Il y a également cette idée persistante de la chute d'une idole, de découvrir que ces athlètes ne sont pas vraiment ceux que l'on croit. 

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21 septembre 2009

Vie publique : Une éthique en toc…

gif_tribunalDe quoi vomir. Hier soir, j'ai regardé l'émission Capital qui revenait sur un an de crise. Bilan : les voyous continuent comme avant. Les détraqués des jeux financiers s'en donnent à cœur joie. Les banquiers s'en mettent toujours autant dans les poches. Les gros patrons s'assoient sur leurs chartes éthiques puisque ce ne sont pas des lois. Le directeur de la BNP Paribas était invité mais il est venu avec sa cynique langue de bois. Le gouvernement, lui, est infichu de transformer son plan de relance à 26 milliards d'euros en création d'emplois.

Mercredi, j'avais entendu l'interview de Kerviel qui expliquait sur France 2 que le système n'a aucune règle à part le fait d'empocher le maximum d'argent en un minimum de temps, y compris lors de l'attentat à la bombe du métro de Londres qui l'a excité et fait gagner 500.000 euros. Dans la même émission, un ancien banquier a expliqué qu'il y avait deux sortes de banques : l'établissement qui joue un rôle normal et la banque qui fait du "casino". Heureusement que j'avais mangé assez tôt, cela m'a évité des renvois.

Cette semaine aussi, on nous a rappelé l'ouverture ce lundi du procès Clearstream (on ferait mieux de dire Darkshit). Le journaliste Edwy Plenel, invité sur France 3, n'y est pas allé par quatre chemins. Figurant lui-même sur les faux listings, il s'est insurgé contre le tour politique qu'a pris le dossier qui s'est focalisé sur une bataille Sarkozy vs Villepin faisant fi des autres dizaines de personnes connues s'étant portées parties civiles.

Il a surtout accusé le président d'avoir manipulé cette affaire parce qu'il était alors candidat et de faire un mélange de genres en se maintenant partie civile à ce procès au mépris de sa fonction actuelle qui devrait être impartiale. La justice dira, si elle le peut ou n'en est pas empêchée, ce qu'il faut penser de Villepin. Ce qui est sûr, c'est que le procureur Marin, copain de Sarkozy, qui conduit l'affaire se gardera bien de lui faire porter le moindre chapeau. Si ce n'est pas le signe d'une démocratie malade, on se demande bien comment on pourrait la qualifier autrement.

Autres crapuleries

D'ailleurs, la vie publique connaît de telles dérives qu'on ne va plus s'étonner de rien. Pour mémoire, le sac se remplit chaque jour un peu plus. Les propos de Frêche et de Hortefeux font la une. Chirac, premier président de la République mis en examen est toujours en liberté. Villepin, ancien premier ministre est lui aussi dans la même situation. Pasqua vient d'être condamné à 18 mois avec sursis pour avoir encaissé frauduleusement un peu plus de 1 million d'euros. Par ailleurs, il est mis en examen dans de nombreuses autres affaires dont une qui le fera comparaître devant la cour de justice de la République. Pourtant, il est toujours sénateur. Dray, député, devra répondre sur ses éventuelles turpitudes.

Passons, mais sans les oublier, sur les fraudes électorales qui ont amené le Conseil d'Etat à invalider les élections municipales de Corbeil-Essonnes, de Montpellier, de Carcassonne et de Briançon. Le sac est loin d'être plein car la liste ne pourra jamais être exhaustive.

La gangrène n'atteint pas que la vie politique. Le monde sportif lui aussi regorge de son lot de crapuleries. La triche y est quasi institutionnelle. Dans quel sport professionnel n'y a-t-il pas encore de dopage ? Quant au football, on croyait être vacciné de l'ère Tapie, ben non. Pas plus tard que samedi, Courbis a été encabané pour terminer sa peine suite à un trafic d'argent lors du transfert (oui, on vend et on achète des hommes) de joueurs de renom. Au passage, les infos ont rappelé que le "mécène" Louis-Dreyfus avait lui aussi été condamné pour la même affaire. Et n'omettons pas Dassier pour ses propos plus qu'équivoques de la semaine dernière.

Enfin, la pantalonnade du directeur de course Renault qui a imaginé une parodie d'accident pour favoriser son écurie dépasse largement ce que le cynisme peut engendrer lorsque l'appât du gain supplante tout le reste.

De quoi vomir, disais-je. Et si ce n'est pas le cas, ça soulage de le dire.

18 septembre 2009

Elections régionales : Calculs et tumultes...

logo_pacaAlors que les deux élections les plus récentes - européennes et municipale - ont provoqué pas mal de calculs et de tumultes avec des positionnements inédits et des résultats surprenants, se profilent pour mars prochain les élections régionales qui ne seront pas, elles non plus, exemptes de comparables surprises. Les décompositions patentes et les recompositions envisagées ou forcées sont loin d'avoir clarifié les enjeux, les projets et les équipes politiques qui s'opposeront.

Pour notre région, à gauche, au sens large, on risque de voir plusieurs listes faire campagnes séparées, extrême gauche, socialistes et partenaires, écologistes et MoDem. Le seul espoir possible est que trois de ces listes fusionnent au second tour, en essayant d'éviter de perdre de 187 voix ! A droite, il y aura le nouveau conglomérat à la dernière mode présidentielle et l'extrême droite.

Si, à gauche, le candidat légitime est Michel Vauzelle, à droite, la rouste de Renaud Muselier en 2004 semble refroidir les ardeurs de tout candidat. Hubert Falco, dit-on, devrait enfin faire connaître son choix dans les heures qui viennent. Mais quelle que soit sa décision, par ses tergiversations, intéressées par des calculs sur son avenir politique personnel, il aura déjà hypothéqué les chances de sa propre candidature ou de celle d'un remplaçant d'équipe B quel qu'il soit. C'est peut-être là un atout qui servira la gauche.

Si Hubert Falco n'y va pas, je doute que Maryse Joissains se lance, ce n'est pas son truc. Même si elle est passée de justesse à Aix (si la justice n'invalide pas son élection ou ne la déclare pas inéligible), elle est sans doute loin de plaire dans les cinq autres départements de la région. Car, malgré les apparences affichées d'unité, les stratégies à droite sont meurtrières.

Il n'est que de se souvenir des clans qui s'étaient formés au moment du choix du tracé de la LGV, une vrai galop d'essai et une partie d'influence préparatoires précisément à ces régionales. Christian Estrosi et Bernard Deflesselles avaient tenté de prendre le contrepied de Maryse Joissains. Quant à Hubert Falco et Jean-Claude Gaudin, ils ont retourné leurs vestes plus d'une fois.

A gauche, le charivari au sein de parti socialiste pourrait être sauvé par le fait que Michel Vauzelle n'aura pas de concurrent à l'investiture. Comme la gauche détient à l'heure actuelle 21 régions, on peut imaginer qu'elle en perdra quelques-unes. Cependant, rien n'est moins sûr car les élections locales lui réussissent mieux en général pour exercer un contre-pouvoir à la politique nationale. Patientons.

16 septembre 2009

Joissains, députée au graphique plat

Logo_nos_deputes

C'est tout frais sorti lundi. Un nouveau site internet mesure l'activité (ou l'inactivité) des députés sur la base de statistiques publiques. Il y a quelques mois, nous avions déjà appris que Maryse Joissains n'allait, selon ses propres dires, qu'un jour par mois à l'Assemblée nationale. Au classement général des députés par assiduité et par production elle figurait dans les six dernières places. Cela se confirme sur les douze derniers mois : aucun progrès n'a été enregistré depuis. Cela semble même s'aggraver.

Afin de rendre plus transparent le travail réel des élus, le site Nosdéputés.fr met en ligne des données et des graphiques montrant la participation de chaque député (hémicycle et commissions) établis directement à partir des sites de l'Assemblée nationale et du Journal officiel. Les chiffres relevés concernent les présences, les participations et les prises de parole. Le moins qu'on puisse dire, c'est que Maryse Joissains offre une ligne d'activité quasiment plate.

Soyons juste, la moitié des députés des Bouches-du-Rhône, de droite et de gauche, n'en fichent guère plus. On a honte pour eux. Vérification ci-dessous.

Le site de l'Observatoire citoyen de l'activité parlementaire :

Le graphique de Maryse Joissains :

http://www.nosdeputes.fr/maryse-joissains-masini

Les graphiques des 16 députés des BDR :

http://www.nosdeputes.fr/circonscription?search=13

15 septembre 2009

Assogora 2009 : Du monde et… des marionnettes

guignol

(Clic sur l'image pour agrandir)

Le Guignol des Amis du Montaiguet avec Joissains et la présidente (Photo LAC)

Après le succès du salon des sports au complexe du Val de l'Arc il y a huit jours, ce dimanche, se tenait le salon exposition Assogora sur le cours Mirabeau, une vraie manifestation populaire. Le soleil a su rendre ridicules les quelques perfides gouttes de pluie qui ont préféré s'évaporer. Ça grouillait de partout. Animations musicales, démonstrations des savoir-faire, discussions des bénévoles avec les visiteurs, une véritable agora.

Ces deux événements donnent le signal des reprises aixoises. Pour moi aussi. J'ai déambulé pendant plus de quatre heures entre les stands, rencontrant êtres chers, amis et connaissances. Il règne là une sorte de paix des braves, les "ennemis" se faisant discrets ou carrément absents. Certaines associations trouvent ce jour-là l'occasion rêvée de faire signer massivement de multiples pétitions. Ainsi, ai-je personnellement ajouté mon nom pour la défense du service public de la Poste, pour l'abolition de la torture et pour l'amélioration des déplacements.

En haut du cours, un stand a fait carton plein grâce à une attraction originale d'une drôlerie moliéresque. L'association des Amis du Montaiguet a eu l'idée géniale de monter de toutes pièces un théâtre de guignol mettant en scène les protagonistes du catastrophique projet de polyclinique dans le massif des quartiers Sud.

Maryse Joissains était accompagnée de son chien, tous deux plus vrais que nature. La présidente de l'association a joué de l'autodérision en confectionnant aussi sa propre marionnette que l'on pouvait immédiatement comparer en sa présence. Même humour avec le diable, le médecin porteur du projet, une infirmière malade de savoir ce que pouvait devenir le massif et Paul Cézanne tel un commandeur emblématique venu supplier qu'on ne touche pas au patrimoine naturel d'Aix.

Avec près d'une demi-heure de dialogues parfois assassins, ce théâtre de guignol a attiré les groupes de spectateurs tout au long de la journée à raison d'une demi-douzaine de représentations. Bravo d'avoir rendu concrets et intelligibles aux Aixois les ressorts de ce saccage annoncé de notre poumon vert aixois.

Dimanche, les élus municipaux n'ont pas brillé par leur présence. Il est fort à parier que les seuls que l'on a pu repérer n'ont pas fait halte devant ce stand coup de poing. De toute façon, cela finira bien par leur revenir en boomerang. Car vu la détermination des opposants, le scénario final est loin d'être joué.

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14 septembre 2009

Mes lecteurs ont de l'imagination, moi non plus…

Alors, comme ça, je prends cinq semaines, strictement légales, de pause et, pas même septembre advenu, mes lecteurs se mettent malicieusement à m'enjoindre de ramener ma fraise illico presto sur le blog. Les plus attentifs auront pourtant remarqué les délicates, bien que scalpélisées, précautions que j'avais signifiées dans mon message de départ. Une pause qui ferait "écran quelque temps" (au singulier, une litote diplomatique suggérant une durée crapuleuse) et des soleils censés faire "patienter jusqu'en septembre" (pas le 1er jour mais possiblement jusqu'à l'ultime du mois).

Or, si nous comptons identiquement, le dernier article est daté du 7 août et depuis se sont écoulées les cinq semaines. Nous y voilà. Pourtant, alors que des lecteurs ont glissé des commentaires et des mails (au demeurant gracieux) pour m'inciter à anticiper mon retour "oh hé, du bateau !", d'autres ont échafaudé des hypothèses sorties tout droit de leur féconde imagination.

Ainsi m'a-ton d'abord imaginé en Sicile, au village ancestral, que j'ai visité, portant le patronyme de ma famille. D'autres facétieux internautes ont lancé le postulat d'une étrange coïncidence, sinon connivence, entre le début de mes congés et celui de la réélue maire, nous expédiant sur une même plage ou sous un secret cocotier. Bel humour, faut le faire !

Septembre ayant progressé, un autre mutin lecteur a supputé que j'étais peut-être sujet à une perte de mémoire. Cocasse à mes yeux car il me semble bien être doté d'une hypermnésie non encore émoussée à ce jour. Sur un blog ami fuvelain, l'auteur a émis sa crainte de me voir abandonner la frénésie de mon clavier pour hiberner, ni plus ni moins. Ebahissement, personne n'a songé à me prendre en grippe de peur de me voir éternuer des chiffres par écran interposé comme à la télé. Enfin, une lectrice assidue a conclu que la blogosphère locale paraissait terne sans nouvel article de ma part.

Me voilà donc acculé à faire face. Au revoir mes verdures iséroises et ardéchoises, au revoir la frondaison de mon toit, au revoir la cascade près de mon gîte. Bonjour le lac noir de la vie aixoise. Mais merci de vos attentions. Vous avez patienté. Aujourd'hui, ça reprend en douceur. Qu'on se rassure, les paroles ne vont pas tarder à redevenir vipérines.

14 septembre 2009

Ce soir, sur France 3, l'opéra Mireille et une surprise

Charles_CastronovoCe lundi à 20h35, France 3 diffuse en direct du Palais Garnier l'opéra Mireille de Charles Gounod. Une grande première télévisée qui réserve une autre surprise qui me va droit au cœur. Le rôle de Vincent est tenu par le jeune ténor américain Charles Castronovo (34 ans), lointain petit cousin. Ce sera là assurément une découverte pour beaucoup d'amateurs du lyrique en France alors qu'il a déjà chanté à Toulouse et à l'Opéra Bastille et que sa carrière est bien remplie car il se produit partout dans le monde depuis quelques années.

          

Sa biographie :

http://charlescastronovo.com/biography-fr.html

L'écouter dans quelques extraits d'opéra :

http://charlescastronovo.com/

Le programme de ce soir :

http://www.operadeparis.fr/cns11/live/onp/Saison_2009_2010/operas/spectacle.php?lang=fr&selected_season=354663924&event_id=404&CNSACTION=SELECT_EVENT

7 août 2009

Que vos répits soient aussi suaves que les miens !

picasso_20

La pause s'impose. Elle fera écran quelque petit temps. Ces soleils suffiront-ils à entretenir l'attente jusqu'en septembre ? Je ne sais. Mais que cette offrande soit ici l'expression de ma profonde gratitude, chers lecteurs, amis ou moins, vous dont les visites et commentaires enhardissent quotidiennement mon infinie gourmandise à persévérer. Pour ces moments librement partagés, ayant bien tout scruté, je ne retiens finalement qu'une issue pour l'honnête et juste gratification qui sied : que vos répits ne soient pas moins suaves que les miens ! 

(Dessin Picasso, 20.07.1958)

5 août 2009

Election municipale : La fièvre et le tort tue…

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Dernières salves d'été...

Pour les raisons que nul n'ignore, l'activité politique aixoise s'est prolongée jusqu'à ce premier dimanche d'août. Enfin, pas pour tout le monde. Car Maryse Joissains n'était pas présente au conseil municipal. Comme on ne peut mettre cela sur le compte d'une réunion se tenant encore un dimanche - Joissains a voté la loi sur le travail ce jour-là - ni sur des congés anticipés du maire, il faut bien essayer de trouver un motif crédible.

Explication mise en avant par ses proches : elle aurait ressenti un "besoin de repos après une campagne éprouvante". Faut-il en déduire que la campagne n'aurait été qu'un simple exercice de routine pour tous les autres candidats et élus ? On peut en douter. Serait-ce une sage précaution de Joissains pour prévenir un éventuel coup de fatigue tellement à la mode ces temps derniers ? Si c'était le cas, on aurait évidemment envie d'applaudir à cette forme de sagesse.

Ce qui est sûr, c'est que l'absence n'était pas due à une énième extinction de voix, les cordes de ce baratin étant usées d'avoir trop servi. Alors quoi ? L'hypothèse la plus sérieuse semble bien être un certain vote inscrit à l'ordre du jour. Présentée en procédure d'urgence - il y avait de quoi, en effet - une délibération a finalement entériné, à l'unanimité, oui, mesdames et messieurs, à l'unanimité, la liste initiale des élus d'opposition devant siéger à la CPA qui avait été malignement réformée dans un fantasque numéro de tréteaux une semaine auparavant.

C'est alors qu'on se remémore la très aventureuse parabole lancée au micro telle une sentence par Joissains : "Il faut savoir perdre et savoir le faire dans l’honneur. Je ne sais pas si vous avez fait du sport, mais les sportifs quelquefois perdent d’une courte tête un titre olympique et ils le font dans l’honneur malgré la souffrance que peut constituer le fait d’avoir perdu un combat auquel on tenait…" Et hop, c'est qu'il est convenu d'appeler un honnête retour à l'envoyeur.

Au final, la seule chose que l'on puisse lui reconnaître, c'est que son absence toute diplomatique camouflée en fatigue n'aura pas coûté un centime à la sécurité sociale qui ne rembourse pas le pédalage en marche arrière forcée. Et là, dommage que Joissains n'ait pas eu le privilège d'affronter les mines réjouies de l'opposition. En revanche, les élus de la majorité chargés de présenter le revirement puis de le voter ont dû pâlir en ingurgitant une telle couleuvre. Car la docilité à toute épreuve a parfois un prix, celui de la honte.

Encore une séance illégale ?

Revenons maintenant à la séance elle-même. N'y a-t-il pas eu une entorse de plus à la légalité ? Etrangement, c'est le 3e adjoint qui a présidé le conseil municipal. Connaissant l'homme, qui est aussi un ami de longue date, loin de moi l'idée de lui nier la capacité à le faire. Non, c'est plus fondé que cela.

En effet, le Code général des collectivités territoriales précise clairement ceci dans son article L.2122-17 : "En cas d'absence, de suspension, de révocation ou de tout autre empêchement, le maire est provisoirement remplacé, dans la plénitude de ses fonctions, par un adjoint, dans l'ordre des nominations et, à défaut d'adjoint, par un conseiller municipal désigné par le conseil ou, à défaut, pris dans l'ordre du tableau", c'est-à-dire l'ordre d'élection des adjoints et des conseillers municipaux.

Autrement dit, le 1er adjoint remplace le maire en cas d'absence ou d'incapacité. Si le 1er adjoint est indisponible, c'est le 2e qui prend cette place et ainsi de suite. A ce conseil, étaient présents le 1er adjoint et la 2e adjointe. Pourquoi le 1er surtout a-t-il été dessaisi de la présidence de la séance au profit de l'adjoint classé 3e ? Cela est passible de l'annulation de la totalité de la réunion du conseil municipal. On se demande bien quel est le niveau de vigilance de certains.

Enfin, après tous les arguments de campagne utilisés par l'équipe Joissains clamant que l'invalidation de l'élection allait faire perdre beaucoup d'argent et de temps, remettons un peu les choses en place. On cherche encore les retards à rattraper en matière de conduite des affaires de la Ville.

Après les deux conseils consacrés principalement à la réinstallation de l'assemblée communale, la mairie a publié les dates des prochains conseils municipaux : les 28 septembre, 3 novembre et 14 décembre. Rien de changé par rapport aux vieilles habitudes annuelles. Idem pour la CPA dont la plus proche convocation n'est fixée qu'au 23 octobre. Il n'y a pas à dire, question envies pressantes de rattraper le temps, c'étaient surtout celles des trônes et des cabinets des élus.

3 août 2009

Election : Analyse comparée des scrutins 2001-2009

Un citoyen aixois, que je remercie de m'autoriser à publier, m'a fait parvenir cette analyse que je trouve très intéressante. Il s'est penché sur les résultats enregistrés dans les bureaux de vote ce mois de juillet et les a comparés à ceux de 2001 qui présentaient le même type de confrontation, à savoir un duel au second tour.

medvedowsky_traxjoissains_lopez

Medvedowsky et Joissains (dessins de Trax et Ch. Lopez dans "Le Ravi")

Les duels électoraux à Aix-en-Provence :

Petite analyse comparative 2001-2009

Une première analyse, globale et rapide, des résultats des élections de juillet 2009 à Aix peut conduire à une analyse erronée de l’évolution de l’électorat du 1er au 2e tour. En effet, avec 43.972 votants au 2e tour contre 39.199 au 1er tour, on dénombre bien près de 5.000 votants supplémentaires. La liste Medvedowsky-De Peretti-Guerrera a bien obtenu 21.430 voix au 2e tour, tout près de la somme des 21.917 voix recueillies par les 4 listes qui ont appelé à voter contre Maryse Joissains au 2e tour. Et certains ont pu en déduire qu'Alexandre Medvedowsky et François-Xavier De Peretti avaient "rassemblé" et que la victoire, étroite (187 voix) de Joissains était due aux 5.000 électeurs supplémentaires du 2e tour (en laissant sous-entendre qu’il y avait eu tripatouillage en particulier grâce aux 4.000 procurations) ; laissons les juges apprécier.

Mais l’analyse est bien trop sommaire : reprenons-la en analysant les résultats de chaque bureau de vote entre les 2 tours et en les comparant aux résultats de l’élection de 2001 qui fut, comme en 2009, un duel entre Maryse Joissains et une tête de liste de Gauche : Jean-François Picheral en 2001, Alexandre Medvedowsky en 2009. Cette comparaison est plus judicieuse que le parallèle avec les dernières élections européennes qui sont d’une autre nature.

1ère observation : au 2e tour de 2009 ont été comptabilisés 925 bulletins blancs ou nuls, soit 2,5%, sans oublier les nombreux électeurs du 1er tour qui n’ont pas voté au 2e, ainsi que les assesseurs ont pu le constater sur les listes d’émargement. On peut en déduire, ces chiffres paraissant plus importants dans les bureaux où Nathalie Leconte a fait ses meilleurs scores, qu’une partie des électeurs de l’extrême-gauche n’a pas voté au 2e tour pour Medvedowsky.

2e observation : l’analyse comparative, bureau par bureau, indique clairement qu’au moins 50% des voix de Stéphane Salord sont allées à Joissains dans tous les bureaux de vote : ce qui est logique sociologiquement et politiquement.

3e observation : même dans les bureaux où Salord a été très faible au 1er tour, on constate une déperdition supplémentaire de 3 ou 4% des voix écologistes vers Joissains. Ceci permet de déterminer un indice de report au 2e tour des voix vers la liste Joissains qui calcule le % approximatif des électeurs de Salord (au-dessus de 50% de son total du 1er tour) additionnés aux électeurs de Guerrera qui se sont reportés au 2e tour sur Joissains. Cet indice varie de -2,4 à +7,7% selon les bureaux.

En dressant la carte, par bureaux, des votes Medvedowsky et Joissains au 2e tour et de Picheral au 2e tour de 2001, on constate une accentuation du divorce politique et sociologique dans la ville d’Aix : 39 bureaux ont donné la majorité à Medvedowsky et 47 à Joissains. 

L’électorat majoritaire de la liste Medvedowsky accentue encore la concentration déjà observée en 2001 :

Ÿ un petit noyau, traditionnellement à gauche, au cœur de la vieille ville : bureaux 1, 2, 3, 6, 83.

Ÿ un fort noyau de 6 bureaux dans les quartiers populaires des immeubles des quartiers Nord et Nord-Est, avec de fortes progressions par rapport aux résultats de Picheral en 2001 : +12% à Beisson, +8% à Jules-Isaac, +16% à la Pinette.

Ÿ un très fort noyau homogène, de 17 bureaux, des quartiers Ouest (Encagnane et Jas-de-Bouffan) où pas un bureau n’a voté majoritairement pour Joissains ! Plusieurs bureaux ont été gagnés par Medvedowsky par rapport au vote pour Picheral de 2001, avec des taux de progression moyens ou importants (+14% au bureau 17),

Ÿ enfin une couronne de 5 bureaux des quartiers Sud de la ville, depuis le bureau 38 du Val St-André jusqu’au Pigonnet et au Pont de l’Arc où l’électorat de Medvedowsky a progressé de 1 à 6%, surtout aux Fenouillères et au Pigonnet : ce rejet de Joissains dans ces quartiers est peut-être lié à la gare routière, au Plan Campus et au projet de clinique au Montaiguet ?

Ÿ 2 bureaux aux Milles et 2 sur le plateau de Puyricard complètent ces fiefs de la liste Medvedowsky, avec une progression notable de 9 points au bureau 42.

Par contre, la liste Medvedowsky 2009 a perdu de nombreux bureaux, et en %, au profit de Joissains dans tous les autres quartiers de la ville (47 bureaux) :

Ÿ les quartiers résidentiels de l’Ouest et du Nord, y compris les Granettes (-7%),

Ÿ les quartiers résidentiels de l’Est, dont la Torse,

Ÿ les quartiers Sud et Est du centre-ville dont une partie du Pigonnet qui votait Picheral,

Ÿ les villages de Luynes, de Couteron, 4 bureaux sur 6 des Milles et 6 bureaux sur 8 du plateau de Celony-Puyricard.

D’ailleurs, c’est dans ces bureaux où Joissains a obtenu la majorité au 2e tour qu’on trouve les indices maxima de report de voix de Salord-Guerrera (avec des maxima de 4,8 à 7 aux Granettes, au Rocher du Dragon, à Puyricard, cours des Alpes, Beauregard, la Chartreuse, Prêcheurs, Jules-Ferry, Salliers, rue de la Molle et aux bureaux 65 et 80 des Milles), ce qui signifie une meilleure mobilisation de l’électorat Joissains dans les quartiers traditionnellement à droite. Ainsi, l’influence des 5.000 votants supplémentaires du 2e tour ne doit pas être négligée mais, étant très proche entre tous les bureaux (différence de 1,5% maximum), on ne peut que constater que les nouveaux électeurs se sont répartis entre les 2 listes candidates du 2e tour.

En conclusion, le scrutin municipal de juillet 2009 démontre à nouveau la coupure sociologique, territoriale et politique de la ville d’Aix qui reste majoritairement à droite. Certes, la droite a reculé par rapport aux élections législatives, de 57 à 50%, mais le rejet de Joissains n’est pas suffisant pour permettre à l’opposition de dépasser la barre des 50%.

La gauche aixoise reste à son étiage de 42-43%, obtenu par Medvedowsky au 2e tour de 2008. L’apport du MoDem, avec De Peretti, n’a pas dépassé les 7-8% déjà obtenus aux élections européennes. Et les voix de la vengeance de Salord sont restées marginales.

Le résultat est, pour l’opposition, plus mauvais que celui de Picheral en 2001, dernier duel comparable, puisque Picheral avait réalisé 49,5% lorsque De Peretti et Salord avaient noué leur alliance avec Joissains ! Ce scrutin montre aussi que l’électorat écologiste ne vote pas totalement à gauche, ce dont on se doutait après leurs 21% aux élections européennes.

L’alliance entre le PS, le MoDem et les écologistes au 2e tour 2009 aurait dû être gagnante, et elle peut l’être pour l’avenir ; encore faudrait-il qu’elle ait à sa tête, comme l’étaient Ciccolini, Philibert ou Picheral, un homme ou une femme capable de rassembler tous les socialistes et toute la gauche et inspirant confiance par son projet et son image aux centristes et aux républicains de progrès qui sont nécessaires pour dégager à Aix une majorité nouvelle. Puissent le PS et la Gauche en tirer les leçons et les conclusions qui s’imposent s’ils veulent emporter à nouveau la confiance et l’espoir d’une majorité d’Aixois.

(Auteur : Pierre DARLES, 22 juillet 2009)

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