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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO

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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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19 mars 2011

Les maux croisés de Montebourg et des Guérini

guerini_maux_croises 

Le froid, le show et l'ombre. L'actualité est faite de paradoxes.
Comme il s'y était engagé, Arnaud Montebourg a remis au tribunal de police son dossier visant à apporter les preuves de son enquête. Soit, nous dit-on, rien moins que 174 pages, 44 pièces, 20 témoignages et 1 enregistrement sonore. On espère bien savoir quels sont ces vingt témoins qui risquent le bannissement pour avoir bronché.
Dans un tout autre décor, Jean-Noël Guérini a réussi à serrer la main à Nicolas Sarkozy en visite sur le plateau de Vitrolles. Ils n'avaient aucune raison de ne pas le faire, ils ont des amis communs : Bernard Squarcini et Christian Frémont, l'un du rayon police, l'autre ancien préfet promu directeur de cabinet présidentiel. On a les accointances qu'on peut.
Enfin, ombre au tableau, Alexandre Guérini y restera puisqu'il s'est vu refuser encore une fois sa demande de remise en liberté. Une nouvelle n'arrivant jamais seule, il lui a aussi été notifié que sa détention provisoire allait bénéficier d'un généreux rab de quatre mois.
C'était le petit résumé du jour. Mais Le Monde d'hier a livré encore deux pleines pages assez robustes sur l'affaire Guérini avec une interview de Jean-Noël. 

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18 mars 2011

Quel sort pour Jean-Noël Guérini ? Stop ou encore ?

guerini_cheval

Avez-vous comme moi entendu la brève diffusée par France 3 Provence Alpes hier soir ? Selon Patrick Mennucci, Jean-Noël Guérini quitterait sa fonction à la tête de la fédération du PS juste après les cantonales. Tiens, tiens, mais n'était-ce pas ce que demandait en partie le rapport d'Arnaud Montebourg ? Bon, c'est déjà ça.
Or, voilà que dans les coulisses du conseil général et du parti socialiste, d'autres surprises pourraient aussi voir le jour, notamment juste après les cantonales, au moment du vote pour la présidence du département.
Si Jean-Noël Guérini a pris l'initiative de faire voter les militants -mais il semble que certains n'aient pas été invités à y participer !-, c'est probablement pour tenter de cadenasser l'appareil.
Dans les coins, il se murmure avec insistance qu'un coup à la Caselli lors de l'élection à la présidence de Marseille Provence Métropole n'est pas exclu. On se souvient comment Renaud Muselier s'était fait souffler la place grâce à la défection de quelques maires de droite qui donnèrent une majorité à la gauche.
Ce scénario pourrait cette fois se dérouler au sein du cercle socialiste pour élire un président qui ne sera de toute façon que de transition pour trois ans puisque la réforme des collectivités, si elle devait être appliquée en cas d'échec de la gauche à la présidentielle, instituerait la fusion des départements et des régions.
L'hypothèse de l'éviction de Jean-Noël Guérini n'est pas si farfelue. On s'est étonné des réactions timorées de Martine Aubry après le rapport Montebourg. Mais cette prudence cache peut-être une fine stratégie politique, sachant que la commission d'enquête ne livrera ses conclusions qu'en juin.
Peut-être Martine Aubry voit-elle plus loin. Imaginons un départ de Jean-Noël Guérini. Martine Aubry pourrait se prévaloir d'avoir fait le ménage, comme on dit, au sein de la fédération des Bouches-du-Rhône. Et, le hasard faisant bien les choses, à un an de la présidentielle pour laquelle elle pourrait être la candidate. En somme, ce serait un coup de billard à trois bandes.
pezet_raviLa Provence de mardi a bien évoqué cette option, titrant même "Guérini seul candidat PS à la présidence de conseil général ?"
En effet, rien n'interdit à tout conseiller général de se porter candidat, formalité qui ne relève pas du choix d'un parti mais de l'assemblée départementale elle-même.
On ne sait pas bien ce qui peut se passer mais quelque chose paraît se tramer déjà dans le dos de Guérini. Oui, ici et là, quelques rares bouches critiques s'ouvrent (voir ci-dessous) tandis que d'autres osent glisser certains noms susceptibles de représenter une solution de recours pour le remplacer.
Et à tout serviteur tout honneur, c'est Michel Pezet qui semble rallier les suffrages même s'il fait malice de s'en défendre. Ainsi, sur l'initiative de Jean-Noël Guérini de procéder à une élection interne à la fédération socialiste, laisse-t-il tomber : "Cette consultation réglementaire ne me semble pas la plus appropriée." […] "Que mon nom circule est sympathique. J'en prends acte. Mais à chaque chose suffit son temps." Il ne dit pas non, donc.
Pour mémoire, Michel Pezet n'est pas une personnalité sans expérience. A part un poste de ministre qu'il aurait mérité d'obtenir, il a été président de la région et député. Il a aussi été premier secrétaire de la fédération. C'est déjà lui qui voulait changer les méthodes en modernisant le fonctionnement de la fédération et ouvrir la voie à la réforme du système clientéliste qui, selon ses propres mots de l'époque, "mine le fonctionnement démocratique de la collectivité et lui coûte plus qu'il ne lui rapporte."
Actuellement, Michel Pezet est toujours conseiller général et il se représente dimanche dans son canton. Alors, patience. C'est dit.

(Clic sur chaque image pour agrandir)
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16 mars 2011

Cantonales 2011 : Sondage et bisbilles politiques

 cantonales_2011_sondage

Alors que pleuvent les sondages sur l'élection présidentielle, étrangement, le premier concernant des intentions de vote pour les cantonales vient à peine de paraître. Disons-le tout de suite, vu qu'il émane de Harris Interactive, celui-là même qui a suscité tant de perplexité avec la propulsion de qui l'on sait à un rang qui dérange, on appliquera donc la même précaution de distance quant aux résultats proposés.
Mais, disons-le aussi, il ne semble pas faire de doute que la carte électorale 2011 a beaucoup évolué depuis 2007, comme cela a été observé, par exemple, il y a un an pour les régionales.
Dimanche, l'occasion sera donnée de vérifier quelle est la fiabilité des chiffres du tableau. Il n'en demeure pas moins, comme chacun peut le ressentir, que le climat politique s'est considérablement détérioré et va nécessairement accentuer la tendance de l'opinion à sanctionner le président et le gouvernement.
Faisons aussi un petit retour sur l'émission Complément d'enquête de lundi soir. Les thèmes traités ont bien montré que toute affaire ou tout comportement de personnages publics scandalise les citoyens, surtout lorsqu'il s'agit d'abus perpétrés avec de l'argent public alors que des millions de personnes peinent à survivre.
En ce qui concerne les affaires Guérini, nous, gens du Sud, nous n'aurons rien appris de nouveau. Mais, le rappel à l'échelle nationale de cette saga qui est loin d'être finie n'était pas inutile.
Pour ma part, je ferais deux reproches au reportage.
Un, Renaud Muselier a eu la part trop belle en se présentant comme un homme blanc à l'éthique irréprochable, lui qui a récemment été pointé du doigt à propos de ses coups immobliers dans les îles.
Deux, l'émission a escamoté le contenu du rapport d'Arnaud Montebourg qui a posé de véritables questions sur le fonctionnement du parti socialiste. D'ailleurs, Robert Badinter n'y est pas allé par quatre chemins pour enfoncer le clou sur la nécessité du mandat unique et du respect des statuts.
Concluons, et sans ricaner, sur les dernières bisbilles locales.
L'ancien maire de Marignane, Daniel Simonpiéri, a été condamné pour harcèlement moral. Pour mémoire, au conseil général, cet élu issu de l'extrême droite, siège au sein d'un groupuscule de trois élus présidé par Bruno Genzana.
Et enfin, comment ne pas citer Claude Filippi, maire de Ventabren, qui vient de se faire remarquer une douzième fois pour le rôle qu'il affectionne le plus, celui de shérif de village.

(Clic sur l'image pour agrandir)
Sondage réalisé par Harris Interactive
pour Assemblée nationale / Public Sénat / Le Parisien
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16 mars 2011

Les classements de mon blog en mars par Wikio

wikio_classement_mars_2011
(Clic sur l'image pour agrandir)

Ce n'est pas un sondage. Le moteur de recherche Wikio est un portail d'information qui fouille les sites et les blogs qui traitent l'actualité. Il produit ses classements mensuels selon une sélection de critères qui lui appartiennent.
Certains pensent que ce n'est pas fiable. D'autres estiment qu'il faut bien s'appuyer sur quelque chose.
En tout état de cause, des articles affichés sur le portail de Wikio amènent plus de lecteurs. Et les classements peuvent en inciter d'autres à cliquer.
Pour ma part, sans en tirer des motifs ridicules d'une quelconque gloire, je préfère voir mon blog grimper l'échelle qu'en descendre. Le classement de ce mois (pour l'activité de février) est sans doute à mettre en parallèle avec l'augmentation sensible des connexions constatées aussi dans mes statistiques. 

14 mars 2011

Complément d'enquête : Le pouvoir des Guérini

logo_complement_enquete_petitLe magazine de France 2 s'attaque ce soir à de multiples sujets concernant abus, affaires et corruption. La question posée est donc : est-il encore possible de parler de transparence et surtout de "République irréprochable" ?
Parmi les reportages annoncés : les voyages de Michèle Alliot-Marie, le train de vie du Sénat, les cigares de Christian Blanc et les notes de frais des députés. Le programme fait aussi une place à l'affaire Guérini. Une émission à ne pas rater…

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14 mars 2011

Guérini pas tranquille après le rapport Montebourg

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Ce n'est évidemment qu'une impression de surface si l'agitation autour de l'affaire Alexandre Guérini et de la mise en accusation de son frère Jean-Noël par Arnaud Montebourg semble marquer une pause. Et pour cause, les élections cantonales ont lieu dimanche prochain. En réalité, quelques coups de poignard continuent de s'échanger.
Il y a quelques jours, lors d'une réunion publique de l'UMP, Renaud Muselier et Jean-François Copé sont tombés dans la caricature pour charger les socialistes. Même Jean-Claude Gaudin s'est prêté à ce jeu des propos d'estrade. C'est sans doute de bonne guerre, ne serait-ce que pour tenter de faire oublier les désastres de la politique de Nicolas Sarkozy en déroute comme jamais.
En face, on fait presque mine de se taire en public. Seul Jean-Noël Guérini s'est défendu encore une fois contre les incriminations de Montebourg. C'était lors d'une réunion à Saint-Victoret, après avoir séché deux autres rendez-vous, on se demande bien pourquoi.
Depuis Rennes, le même Montebourg a lancé la réplique : "La loi du silence se transporte à Solférino, c'est la guérinisation du PS, le PS va mourir de ça." 
Quant à la réunion du bureau national, au cours de laquelle a été validée la création d'une commission d'enquête, elle s'est déroulée sans lui et sans Martine Aubry. Et sans éclats particuliers.
Arnaud Montebourg certifie être en capacité d'apporter les preuves des menaces de Jean-Noël Guérini contre des élus marseillais, du genre "Je sais avec qui vous parlez, je sais quels journalistes vous voyez, je lis vos sms…".
Or, selon Xavier Monnier (voir article ci-dessous), il semble qu'il existe bel et bien un enregistrement sonore qui pourrait donner raison à Montebourg. La preuve en a été apportée par la journaliste de RTL, Alba Ventura, qui en a diffusé des extraits. Voilà de quoi plomber un peu plus l'ambiance déjà tendue et lourde qui règne dans les coulisses du conseil général et du parti socialiste.

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Affaire Guérini : Montebourg se paie le PS marseillais
7 mars 2011 par Xavier Monnier

A Marseille, après la plaidoirie assassine d'Arnaud Montebourg contre la fédération locale dirigée d‘une main de fer par le clan Guérini, les langues ont du mal à se délier. Et la direction du PS semble peu pressée de remettre de l‘ordre.
Plus belle la vie des socialistes marseillais. L'histoire de la quatrième fédération française a des airs de soap opera. Depuis la révélation de l‘enquête sur les marchés publics présumés frauduleux de la communauté  urbaine, qui a mené Alexandre Guérini, le propre frère du président socialiste du conseil général Jean-Noël, en prison, pas une semaine sans un rebondissement, une révélation dans la presse.
Et voici que désormais l‘attaque vient de l‘intérieur du PS. Avec le fameux Rapport de constatation sur les pratiques de la fédération des Bouches-du-Rhône, dit “rapport Montebourg“, dévoilé la semaine dernière. Le court texte du candidat à la primaire socialiste dézingue à tout-va. Rédigé après un bref passage à Marseille, en juin 2010, la plaidoirie de l‘avocat énumère une longue liste de griefs. Clientélisme, chantages à la subvention envers les élus, intimidations physiques… Et un réquisitoire : la mise sous tutelle de la fédé, la destitution de ses dirigeants dont Jean-Noël Guérini.
L'homme fort de la région, que la rue de Solférino aimait courtiser, apparaît aujourd‘hui, déprimé. "Nono", surnom que Jean-Noël Guérini déteste, “a des coups de blues“, confesse un proche.
“Même le voyage à Istanbul, fait pour lui changer les idées au moment des fêtes, ne l‘a pas remis d‘aplomb. Il faisait, il est vrai, un peu frais."
L'arrestation de son frère Alexandre lui a mis un coup. Corruption, abus de biens sociaux et détournements de fonds publics. Les charges retenues contre son cadet, toujours membre du bureau fédéral du PS, sont lourdes. La salve de Montebourg à l'encontre de la fédération et de Jean-Noël Guérini fait quasiment écho à ces accusations. Selon le rapport, “le cabinet du conseil général a toujours considéré la fédération comme son apanage et son bien“.
"Toutes les décisions sont prises au 9étage du conseil général, l'étage du président",
confirme aux Inrocks un ancien permanent de la fédération. "D'ailleurs, l'actuel président de la communauté urbaine, Eugène Caselli, y avait son bureau quand il officiait comme premier secrétaire de la fédération."
Les multiples leviers de cette mainmise sont également évoqués par Montebourg. Emplois publics, distributions de subventions aux associations ou aux élus via le mirifique budget du conseil général ou encore intimidations physiques. Autant d‘éléments sur lesquels les gendarmes mandatés par le juge Charles Duchaine enquêtent actuellement dans le cadre de la procédure sur les marchés publics. Dans leurs viseurs précisément, une myriade d'associations subventionnées par le conseil général, logée à la même adresse que le QG de campagne de Jean-Noël Guérini lors des municipales de 2008.
“Pas la peine d‘aller chercher jusque-là vous savez, note un vieux routier de la politique marseillaise. Il suffit de regarder comment ont été constituées les listes des dernières élections régionales. La majorité des gens était employée au conseil général."
Et encore, l‘enquête judiciaire a empêché Alexandre Guérini de se présenter sur les listes aux élections régionales de 2010…
"Ce rapport Montebourg est en-deçà de la réalité"
Quant aux intimidations, une scène est fort bien décrite par Arnaud Montebourg : la réunion du groupe des élus socialistes au conseil municipal du 17 mars 2010. Jean-Noël Guérini, doctement, explique aux élus présents qu'il dispose d'écoutes les concernant, qu'il les soupçonne d'être à l'origine de l'enquête judiciaire
! “Je sais avec qui vous parlez, je sais quels journalistes vous voyez, j‘ai même le texte de vos SMS…“ “Cette réunion je m‘en rappelle, il y a même eu un enregistrement sonore on s‘y croirait“, rigole sur une terrasse du Vieux-Port un vieil élu socialiste. Avant d‘embrayer : "Franchement, ce rapport Montebourg est en deçà de la réalité et tout cela n'est pas neuf."
Les soap-operas font aussi dans la resucée… En novembre 2008, le Sénateur Yannick Bodin avait pondu un rapport cinglant sur les pratiques de vote dans la fédération des Bouches-du-Rhône lors du scrutin pour les motions du congrès de Reims. "L'agressivité" des élus de la fédération avait choqué les observateurs, Jean-Noël Guérini trouvant même "insultante" leur présence.
Les socialistes marseillais n'ont pas moufté après le rapport Montebourg. Ou anonymement. “C‘est une ambiance de guerre de tranchées, ils savent que s‘ils sortent la tête, ils se prennent une balle, analyse un proche des barons locaux. Jean-Noel Guérini contrôle les investitures, alors ils attendent que le fruit tombe, que la justice passe."
Eux, ce sont les barons du parti. Patrick Mennucci, qui guigne un siège de député en 2012, reste muet. Sylvie Andrieux ou le président Michel Vauzelle empêtrés dans l'affaire des subventions détournées du conseil régional, se taisent. Quant à Michel Pezet, autre figure historique du socialisme local, il refuse depuis vingt ans tout poste au sein de la fédération. Tous attendent que le premier rôle, Jean-Noël Guérini, quitte la scène, rattrapé par les affaires. “La réaction de Martine n'incite pas à réagir“, se justifie l'un d'eux.
Aubry coincée en pleine primaire
Aubry a demandé “à laisser faire la justice“ et pointé le manque de précision du rapport d'Arnaud Montebourg.
“En pleine primaire, elle est bloquée par la puissance de Jean-Noël Guérini, résume un élu marseillais. 6000 cartes au moment de la désignation du candidat à la présidentielle, cela comptera." Une porte ouverte à la contre-attaque. Jean-Noël Guérini et la fédération ont porté plainte en diffamation contre Montebourg, exigé une commission d‘enquêtes aux instances nationales. Accordée
! Selon Benoît Hamon, porte-parole du PS, la commission devrait remettre ses conclusions avant l‘été. Une façon de jouer la montre…
Petite victoire, la fédération va, au moins, appliquer les statuts du PS. Intronisé président de la fédération en 2010, poste qui n‘existe pas chez les socialistes, puis cumulard du poste de premier secrétaire fédéral et boss du département, double fonction interdite, Guérini va revenir à un peu d‘orthodoxie. Conformément à l‘article 9, le candidat à la présidence du conseil général sera nommé après un vote des militants, entériné par le conseil fédéral.
Du cousu main pour le patron
? “Le scénario est écrit, se lamente un concurrent, ce sera lui“. A moins d‘un nouveau rebondissement, auquel croit l‘entourage d‘Arnaud Montebourg, persuadé que Jean-Noël Guérini ne pourra conserver son siège de président du conseil général.
Le sacre est prévu le 30 mars prochain à bord du vaisseau bleu de l‘hôtel du Département des Bouches-du-Rhône.
Le 1er avril sera jugé en appel le maintien en détention de son frère Alexandre Guérini. Poisson d‘avril en vue dans le soap-opera marseillais
?

Ecouter la conversation de Guérini avec les militants :
(placer le curseur à partir de 1'45)
http://www.rtl.fr/actualites/politique/article/les-carnets-d-alba-toute-alliance-avec-le-fn-vaut-exclusion-7667347707

L'article du Canard enchaîné du 9 mars 2011
(Clic sur l'image pour agrandir)
guerini_montebourg_canard_9

11 mars 2011

Aix : Condamnations pour "Espace agir ensemble"

 EAE_1_articles

La justice est souvent lente à rendre ses décisions. Et les personnes qui ont subi des préjudices ont du mal à se relever surtout quand elles sont ruinées en perdant leur outil de travail. Le cas présent ne date d'hier. Il remonte à 2007, lorsqu'ont été détectés des problèmes de fonctionnement et à plus loin encore pour l'origine de l'établissement dont il est question.
En 2007 donc, la pépinière d'entreprises Espace agir ensemble (EAE), association Loi 1901 fondée en 1999 à Vitrolles par Stéphane Salord, rapatriée à Aix en 2001 mais toujours présidée par lui-même jusqu'en 2007, visait à créer des emplois via des dispositifs ayant vocation à aider de jeunes chômeurs dans la création d'entreprises.
Stéphane Salord, devenu adjoint au maire délégué aux affaires économiques à la Ville d'Aix et à la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix, passa le relais en cours de mandat à des personnes choisies par lui.
Soudain, on se rendit compte que la structure connaissait de gros problèmes de dysfonctionnement qui s'aggravèrent au fil des mois. Au point que la CPA apporta des aides pour colmater les brèches.
Et puis, un jour, on s'aperçut qu'il y avait de bien bizarres choses dans la gestion même de l'association, dont un passif de 324.000 euros. Et ce fut la fin brutale des subventionnements avec liquidation subite en octobre 2007. Que s'était-il donc passé ?
La presse locale avait relaté cette situation et d'autres événements aussi étranges (dont un mystérieux vol ordinateurs) qui survinrent quelques jours après dans les locaux de la pépinière. Si l'on n'a plus ou peu entendu parler de cette affaire depuis, en revanche, diverses plaintes contre les dirigeants ont été déposées par la CPA et par les structures hébergées.
Le 2 mars dernier, le tribunal correctionnel d'Aix a rendu des décisions et prononcé des condamnations avec sursis et amendes pour emploi fictif et abus de confiance (voir ci-dessous l'article de La Marseillaise, La Provence n'a rien publié à ce jour).
Si la CPA peut maintenant récupérer une partie des fonds perdus, les véritables victimes, spoliées et complètement ruinées, n'ont pas encore pu obtenir raison de leurs déboires et ont donc décidé d'interjeter appel pour faire valoir leurs droits à indemnisation. On en est là.
Pour mémoire, cette histoire ressemble à un autre cas qui avait fait grand bruit et que j'avais dénoncé lorsque j'étais encore conseiller municipal, une saga que j'ai abondamment relatée sur le blog (voir le lien ci-dessous), celle de l'énorme scandale financier du CECDC (Centre européen de création et de développement culturel) du Jas Bouffan, lui aussi initié par Stéphane Salord. Malgré les mensonges répétés de l'adjoint et de la municipalité de Maryse Joissains sur la viabilité et le bon fonctionnement de la structure, le centre a fini par fermer et être liquidé dans la plus grande opacité.
Si la lumière a un peu été faite pour le cas EAE, des questions restent néanmoins sans réponse. Où est passé l'argent public ? Pourquoi les dirigeants de la CPA ne cherchent-ils pas à savoir ? Etrange, n'est-ce pas ?

Résumé des décisions du Tribunal correctionnel d'Aix le 2 mars 2011 :
Le tribunal correctionnel d'Aix a déclaré l'ex-directrice de la pépinière, coupable d’abus de confiance par l'emploi fictif (de mai 2002 à juin 2005) de son fils et elle écope de 6 mois de prison avec sursis. Le fils écope de 4 mois de prison avec sursis pour ce recel.
La Communauté du Pays d’Aix se voit allouer 27.000 euros de dommages et intérêts, somme mise solidairement à la charge de la mère et du fils. Le mari, président de la structure, est également condamné pour abus de confiance et écope de 2.500 euros d’amende et 2.100 euros de dommages et intérêts, équivalent au montant de son détournement. Trois autres prévenus sont relaxés.

(Clic sur chaque image pour agrandir)
logo_la_marseillaise
L'article de La Marseillaise du 3 mars 2011 : 
EAE_marseillaise_3 

Mon article sur tous les éléments de cette affaire
(avec articles de presse) :
EAE_1_blog_LAC
http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/03/16/12987810.html
   
Le récit de l'affaire sur le site Plassans2009 :
http://plassans2009.hautetfort.com/archive/2011/03/08/un-caillou-dans-l-escarpin-de-la-marquise-1-2.html

En décembre 2006, la présentation de EAE par Stéphane Salord, vice-président de la CPA, dans le tome 1 de ce document de 124 pages (extraits des pages 5 et 9)
EAE_2_CPA
   
EAE figurait dans l'édition 2004 du Guide de création d'entreprises (extrait de la page 60) du Conseil général 13 (cofinanceur)
EAE_3_CG13 

10 mars 2011

Alexandre Guérini voulait aussi contrôler l'OM !

 guerini_OM_ravi_83_

On ne l'a lu nulle part encore. Et c'est le Ravi qui le révèle ce mois-ci. Alexandre Guérini rêvait aussi de ballon. Ben, depuis trois mois, on peut dire qu'il s'y est mis tout seul, au ballon. Désolé pour ce relâchement, mais comment résister à cette raillerie coluchienne. Lisez plutôt…

               Quand "Monsieur frère" rêvait de contrôler... l'OM
Les premières écoutes de l'enquête sur des marchés publics supposés frauduleux dans les Bouches-du-Rhône montrent que l'interventionnisme d'Alexandre Guérini était protéiforme.
"Incontrôlable." Pour certains socialistes marseillais, l'affaire dite "Déchets 13", dans laquelle Alexandre Guérini est mis en examen et incarcéré depuis trois mois, a au moins une vertu : les débarrasser d'un personnage trop encombrant.
Clientélisme effréné (attributions de logements, d'emplois, de subventions), interventionnisme dans les marchés publics à son profit et dans le fonctionnement des collectivités gérées par la gauche, etc., le frère de Jean-Noël, sénateur et président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône, ne s'est effectivement rien interdit depuis la prise de la Communauté urbaine de Marseille par le PS en 2008.
En juin 2009, "Monsieur frère" décide par exemple de prendre en main l'avenir de l'Olympique de Marseille. Président du club depuis quatre ans, Pape Diouf est proche de la sortie. Le 17 juin, jour de son licenciement, Alexandre Guérini, visiblement mal informé, envoie un SMS à un ami. "Il faut lier la privatisation du stade au départ de Diouf, téléguidé par l'indic en accord avec Dreyfus [Robert Louis-Dreyfus, actionnaire majoritaire de l'OM, Ndlr] qui, en devenant propriétaire du stade, peut vendre plus vite et plus cher. Pour l'indic, il faut absolument dégager Anigo [truculent directeur sportif du club, Ndlr] et Diouf pour avoir les supporters avec lui", explique très sérieusement l'homme d'affaires spécialisé dans les déchets.
Amusé par la nouvelle lubie du cadet des Guérini, son interlocuteur l'asticote lorsque l'entrepreneur lui apprend la mort de RLD, début juillet. Après l'avoir fait mariner, il lui lâche le nom du successeur de l'homme d'affaires suisse : "Molitor", un ancien international rangé des circuits depuis des lustres. Réponse d'Alexandre : "Va…" Finalement, Jean-Claude Dassier, un ancien de TF1, prend la tête du club, le stade reste propriété de la mairie et José Anigo amuse toujours autant avec ses analyses d'après match. Imperturbable, le frère du patron des socialistes marseillais réclame le maillot de l'Argentin Lucho Gonzalez, tout juste débarqué. L'histoire ne dit pas s'il obtient satisfaction au moins sur ce point…
Même enthousiasme et même réussite d'Alexandre Guérini à propos du rachat de La Chaîne Marseille. A la même période, la télé locale est, elle aussi, en pleine turbulence. Actionnaire majoritaire, la Société générale souhaite se désengager. Là encore, l'entrepreneur s'immisce dans le dossier. Le 26 juin, un de ses amis l'appelle et lui annonce : "Le déj' s'est très bien passé dans le sens dont on avait parlé. X […] n'a pas dit qu'il connaissait Jean-Noël. Seulement qu'il l'a rencontré une fois rapidement. Mec discret, proche de l'OM, parle d'une mutualisation entre l'OMTV et LCM… Prêt à contribuer au tour de table […]."
Las, son poulain n'y participe pas. Droit au but ! Mais totalement hors jeu…
                                                                            Jean-François Poupelin

10 mars 2011

Le Ravi de mars à dada sur les cantonales

une_ravi_83C'est sans tarder, avant les cantonales qui arrivent dans une dizaine de jours, qu'il faut se procurer le n° 83 du Ravi de mars. Un gros dossier bien étoffé présente les enjeux du scrutin dans notre région, les dessous politiques, les stratégies pour les étapes électorales suivantes et les "jeux" de vilains entre vrais faux amis. 
"Un journal libre ne se consomme pas, il se lit." Telle est la devise du Ravi. Or donc, ce mois-ci, la livraison est encore bien fournie en informations originales, surprenantes et décalées. Mais comme d'habitude, il n'y a pas que cela. Brèves, portraits, caricatures et dessins agrémentent les pages. 
On trouve aussi un agenda d'événements, des propositions de livres à découvrir, et même des recettes de cuisine qui n'ont rien à voir avec celles de ces guides qui coûtent dix fois le prix du Ravi (2,80€). C'est dit.

Le sommaire du n° 83 de mars :
http://www.leravi.org/spip.php?article1091
Le site du Ravi :
http://www.leravi.org/

8 mars 2011

Ça castagne fort entre Montebourg et Guérini

montebourgLe moins que l'on puisse dire, c'est que ça castagne.
Arnaud Montebourg récidive et publie cette fois une lettre ouverte à Martine Aubry (voir le texte intégral ci-dessous). Il ne retire rien de ce qu'il a dit dans son rapport sur la vie de la fédération socialiste dirigée par Jean-Noël Guérini. Au contraire même. Sous un ton qui se veut courtois mais tueur, il en rajoute quelques couches, assurant pouvoir prouver l'ensemble de ses dires.
Alors, vexé, l'assailli réplique aussitôt par une seconde plainte, pour diffamation.
En parallèle, arrive un autre tir. Dans une interview accordée au JDD, un dissident socialiste, Philippe San Marco, se réjouit du rapport Montebourg sur les méthodes de Guérini, déclare en avoir vu un peu trop depuis trop longtemps et met lui aussi des "poings" sur les "i" du nom Guérini (voir en bas de cet article).
Le site Marsactu titre sur "les tartuffes de la rue Solférino". Et le site Agoravox cherche à savoir comment le rapport a bien pu fuiter (voir les deux liens en fin d'article). Quant à l'émission C dans l'air d'hier sur France 5, le sujet était intitulé "Marseille : linge sale en familles".
Il y a donc bien malaise au Parti socialiste. Et cela à seulement deux dimanches des cantonales. Le tout dans une ambiance générale rance avec le procès Chirac et le ramdam sur des sondages censés prédire une élection pestilentielle.
Il ne manque plus que l'annonce par un illuminé d'une fin du monde imminente. A qui se fier pour redresser la barre et régénérer au moins un peu l'air républicain ? Le printemps pourra-t-il à lui seul dépolluer l'atmosphère ? Et si on tirait les cartes pour voir ?

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                       Madame la Première Secrétaire, ma chère Martine,
aubryJ'ai préféré garder jusqu'à présent le silence après la publication malheureuse et inappropriée du rapport que je t'avais exclusivement et confidentiellement destiné au mois de décembre, afin de ne pas ajouter au risque de confusion.
Mais la façon dont les dirigeants qui t'entourent et toi-même s'emploient à discréditer mon travail sans condamner d'invraisemblables comportements au sein de la Fédération des Bouches du Rhône me paraît autant désolante que blessante. Cette publication a en outre péniblement interféré dans la campagne pour les élections cantonales que je mène en Saône-et-Loire comme dans d'autres départements.
Ce rapport était ma dernière transmission dans le cadre de mon travail de Secrétaire National à la Rénovation que tu m’avais confié, avant de partir en campagne pour ma candidature dans les primaires de la gauche.
Ce document est né d'une visite à Marseille le 5 juin 2010 afin de présenter aux militants marseillais le programme de rénovation du parti que nous avons adopté ensemble, contenant outre l'organisation des primaires, la fin du cumul des mandats pour nos parlementaires et l'instauration d'une autorité éthique -c'est l'ironie de la situation- au sein du Parti Socialiste. A l'occasion de cette visite de terrain, de nombreux élus et militants marseillais se sont ouverts à moi de faits les plus condamnables et effrayants qu'ils m'ont relatés dans le détail au sujet de cette Fédération et m'ont littéralement supplié de m'en emparer, de t'en avertir, et d'agir au nom de l'honneur du socialisme.
J'ai jugé en conscience, au regard des responsabilités que tu m'avais confiées pour rénover et transformer le parti, au regard de l'exigence et de la rigueur que j'attache toujours à l'exercice de celles-ci, dans le souci de protection des militants et élus des Bouches-du-Rhône sincères et honnêtes, exposés aux méthodes abusives et dangereuses qui m'étaient rapportées, qu'il était de mon devoir de le faire dans l'intérêt de la gauche et de sa réputation morale.
Tu comprendras sûrement que la Rénovation du Parti socialiste ne peut pas être à mes yeux une série de discours creux et sans suite concrète, mais au contraire des actes courageux qui feront entrer le socialisme français dans une nouvelle ère dont nous avons tous besoin.
J'ai donc engagé un processus d'enquête approfondie, qui a duré plusieurs mois, pendant lequel j'ai vu et revu des élus, des militants et des témoins qui ont tous confirmé la situation que j'ai décrite dans le rapport. Je puis donc confirmer que chacune des affirmations contenues dans ce rapport a été méthodiquement et précisément vérifiée et que des éléments de preuves précis et concordants de ce que j'ai décrit dans mon rapport de décembre sont disponibles.
Ces éléments probants concernent la violation caractérisée des statuts du Parti par le Président du Conseil Général de ce Département, la colonisation par des employés du Conseil Général des postes sensibles de la Fédération, le boycott des élections régionales par la Fédération, la distribution de subventions comme outil de pression, les brimades arbitraires sur les élus et citoyens indociles, les menaces physiques sur des hauts fonctionnaires du Conseil Général, et l'intimidation permanente sur certains élus socialistes pour qu'ils se conforment aux intérêts politiques ou financiers de la famille Guérini.
Est-il possible que les socialistes que nous sommes puissions demander des comptes aux abus de pouvoir du sarkozysme, exiger qu'il soit mis fin à la corruption du régime et du pouvoir actuels, notamment dans le soutien, mêlé à l'affairisme, aux dictatures déchues des pays arabes, si nous tolérons en notre sein des comportements aussi condamnables que repoussants ? Le socialisme qui reconstruira la République, après ces années de décomposition, défend une haute idée de la démocratie et doit affirmer ses propres valeurs, y compris contre ceux qui s'en réclameraient tout en les dégradant par leurs actes.
montebourg_sigleComme parlementaire et comme juriste, comme homme d'honneur ou comme socialiste engagé depuis trente années, pouvais-je accepter de me taire devant ces faits évidents et inacceptables qu'on m'implorait d'attester en haut lieu pour enfin tenter les faire cesser ?
Abraham Lincoln, l'un des Présidents fondateurs de la grande démocratie américaine avait prononcé cette phrase qui a toujours guidé mon action : "C'est en gardant le silence alors qu'ils devraient protester, que les hommes deviennent des lâches." Je n'ai pas voulu être ce lâche en fermant les yeux sur les agissements de certains socialistes des Bouches-du-Rhône. Et je ne souhaite pas que le parti dont je suis l'un des leaders soit fait de ce triste bois-là.
Tes collaborateurs zélés ont depuis le mois de décembre commis l'erreur dans cette grave affaire de nous emmener sur le terrain de la loi du silence. Ta haute responsabilité comme Première secrétaire chargée de protéger la réputation du socialisme français est au contraire de conduire une stratégie de délivrance à l'encontre des tables secrètes de ce genre de loi. Tu en as la charge morale vis à vis de l'avenir de nos idées, et tu en as pris l'engagement vis à vis de moi lorsque tu m'as proposé la mission -ni apparente, ni fictive- de rénover nos pratiques et notre mouvement politique.
J'ai retrouvé la lettre que je t'avais destinée par courriel la veille de ma déclaration de candidature aux primaires et qui t'annonçait mon rapport sur les Bouches-du-Rhône. Je t'y écrivais le 19 novembre 2010 : " Ma chère Martine, je veux te remettre les clés de l'organisation des primaires dont je deviens dès demain l'un des acteurs, en te priant de considérer mon dernier rapport de mission à Washington ainsi que la Charte Ethique qui l'accompagne comme véritablement indispensables à notre réussite collective quel que soit notre candidat. J'aurais voulu te transmettre un autre rapport inachevé que je te communiquerai dans la quinzaine. Il s'agit de mes constatations comme Secrétaire à la Rénovation sur les pratiques politiques de nos camarades socialistes dans les Bouches-du-Rhône.
Au mois de septembre, j'avais indiqué à François Lamy que j'avais l'intention de te faire rapport sur ce qu'en toute objectivité aucun Secrétaire National à la Rénovation digne de ce nom ne peut taire dès qu'il en a connaissance. François Lamy m'avait demandé de ne pas déposer ce rapport sur ton bureau. Je le ferai néanmoins, car cela t'aidera à prendre les bonnes décisions vis à vis de la Fédération des Bouches-du-Rhône qui à mes yeux mérite malheureusement un sort semblable à celle de l'Hérault. " Ce rapport te fut porté confidentiellement le 8 décembre.
Je regrette qu'on ait cherché à m'empêcher de produire ce rapport avant même son achèvement, je regrette qu'il ait été prétendu avoir été égaré alors que ma lettre annonçait sans ambages son contenu et ses conclusions, et que lorsqu'il fut enfin et effectivement lu, on s'employa à le combattre. Est-il encore possible d'éviter de constater, non sans une certaine désillusion, que tu parais avoir choisi fâcheusement de détourner le regard ?
Pourtant, refuser de porter comme un fardeau le poids des pratiques des Bouches-du-Rhône nous évitera un handicap persistant pendant l'élection présidentielle qui approche.
Dans la grande offensive que prépare le Front National, dans laquelle vont se jouer le sort et la survie de la République, crois-tu opportun de nous envoyer nous battre sur des béquilles, en maintenant notre solidarité avec des pratiques qui nous déshonorent tous ? Il me paraît de l'intérêt supérieur et commun de tous les socialistes de remédier à cette situation comme nous l'avons fait dans l'Hérault. C'est notre intérêt politique, quel que soit le chemin qu'empruntera la justice, car notre responsabilité de socialistes est de faire cesser les pratiques sulfureuses de la direction de cette Fédération, sans attendre que d'autres le disent à notre place puisqu'il s'agit de pratiques internes au Parti Socialiste dont le juge n'est pas saisi.
Il y a aussi, selon moi, nécessité à faire cesser les violations évidentes de nos statuts selon lesquels on ne peut pas diriger à la fois la Fédération et un Conseil Général. À quoi servirait-il qu'on ait instauré dans le programme de la rénovation une autorité éthique destinée à faire respecter les statuts pour laisser un élu en accointance avec la direction les violer avec allégresse ? Ce serait envoyer un message d'autorisation généralisée de piétinement de nos règles communes.
logo_PS_13Je maintiens donc les conclusions de mon rapport tendant à la mise sous tutelle de la Fédération des Bouches-du-Rhône. Tu viens d'ordonner une commission d'enquête à la demande de Jean‑Noël Guérini. Elle vient bien tard, mais je lui destinerai mes informations si elle est composée de personnalités indépendantes, insensibles aux intérêts politiques en jeu dans ce dossier.
Dans l'attente, je crois indispensable de décider un moratoire de toute prise nouvelle de responsabilités de l'intéressé, notamment à l'issue des élections cantonales, ce que demandent déjà publiquement nos alliés sur place.
Dans une période d'extrême défiance à l'encontre de l'action politique, notre responsabilité n'est à mon sens, ni de différer, ni de minimiser, ni de dissimuler. Elle est au contraire d'affronter la vérité, de la dire et de trancher les nœuds gordiens qui nous entravent depuis des années. Mettre nos actes en conformité avec le désir de probité la plus élémentaire et les attentes du peuple français à l'égard d'un grand parti de gouvernement comme le nôtre supportera-t-il longtemps la soumission à quelques intérêts locaux déliquescents ou l'obéissance à une médiocre frilosité dans une période où il faudra redoubler de courage ?
L'enjeu pour nous tous, socialistes, est de faire surgir dans la population les forces nouvelles qui transformeront avec nous la France. Mais qui veut changer la France doit changer d'abord soi-même, en inventant les pratiques d'un nouveau Parti, débarrassé des oripeaux d'années de compromissions ou d'habitudes détestables. Je décide quant à moi de croire viscéralement -avec tous ceux qui aiment et défendent la beauté exemplaire de la République- dans un mot : honneur. Ton bien dévoué et fidèle Secrétaire National à la Rénovation.
                                                     Arnaud Montebourg  Paris, le 6 mars 2011 

L'interview de Philippe San Marco dans le JDD
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guerini_sanmarco
L'article de Marsactu :
http://www.marsactu.fr/2011/03/07/rapport-montebourg-les-tartuffes-de-la-rue-de-solferino/
Le site Agoravox :
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/qui-donc-a-divulgue-le-rapport-90055

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