Canalblog Tous les blogs Top blogs Politique Tous les blogs Politique
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO

Publicité
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
  • Accueil du blog
  • Créer un blog avec CanalBlog
Derniers commentaires
Archives
31 mars 2011

CG 13 : Guérini a fini par "muselier" tout le monde

guerini_portraitCirculons, circulons, dégageons, il n'y aurait plus rien à voir. Ce matin, Jean-Noël Guérini a été réélu président du conseil général des "Louches-du-Rhône" et a aussitôt démissionné de la direction du parti socialiste.
La surprise est venue du nombre de voix qu'il a recueillies. Il ne pouvait espérer que les 37 de gauche. Il en a obtenu 40 avec 3 renforts tombés du camion de la droite !
On imagine la tête ahurie de Renaud Muselier découvrant que le scénario "à la Caselli" s'est de nouveau abattu sur son dos fracassé. Sûr que ses amis, ceux qui lui font encore un peu confiance, vont devoir lui remonter le moral.  
On ne sait pas encore qui sont ces "putschistes" de droite. Ils n'aiment peut-être pas Martine Vassal, la candidate de leur camp. C'est bien leur droit et, dans ce cas, la logique aurait dû les amener à s'abstenir.
Mais là, il s'agit d'une toute autre attitude puisqu'ils ont rallié l'ennemi. Le vote secret les a probablement encouragés à franchir ce pas. Le gros hic, c'est que le décompte des voix trahit ouvertement leur défection à droite.
Réagissant à chaud, Renaud Muselier a déclaré :
"Le constat est fait que c'est un système qui corrompt, puisque deux élus de chez nous sont passés dans le camp d'en face. Je ne cherche pas les noms. Ceux qui votent avec les élus de gauche en se cachant ne respectent ni leurs électeurs ni leur engagement. Mais on comprend mieux, peut-être, mon échec à la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, en 2008." 
Trois élus donc, deux UMP NC et un indépendant, vont se faire pister dans tous les recoins. Sont-ce ceux à qui Jean-Noël Guérini a promis une récompense genre présidence ou vice-présidence de commission ? Pas forcément à vrai dire, car à l'heure actuelle, deux seules offres de ce type ont été annoncées.
Alors, y aurait-il d'autres sucres d'orge dans la hotte de Jean-Noël à distribuer lors de la répartition des délégations ? Il ne faudra s'étonner de rien.
Quand viendront les désignations pour les postes et les gratifications, on surveillera de près si les votes à 40 se renouvelleront. On guettera aussi les déclarations des uns et des autres, si toutefois ils osent transgresser le verrouillage de la machine Guérini.
Aujourd'hui, le temps s'est mis au beau. Seul le juge Charles Duchaine sait s'il va ou doit couvrir la carte météo de quelques nouveaux nuages. 

Publicité
31 mars 2011

Votes Guérini : "Renouveau PS 13" parle de fraudes

PS_vote_guerini_3_image
(Clic sur les images pour agrandir)

Soupçons de fraude mardi lors du vote des militants socialistes pour la désignation du candidat à la présidence du conseil général des Bouches-du-Rhône. Ce n'est pas un poisson d'avril avant l'heure. C'est du moins ce qu'affirme le groupe Renouveau PS 13 qui a publié les résultats de vingt sections. Et en a commentés quelques-uns dont celui de l'image ci-dessus.
Globalement parlant, les chiffres enregistrés dans ces sections ne sont pas franchement en adéquation avec ceux affichés par la Fédération pour l'ensemble des sections. Mais les relevés effectués par Renouveau PS 13 sont certifiés.
Ce qui importe finalement, c'est ce que disent ces résultats. On observe d'énormes différences dans la participation variant de 0 à 78,57% et dans les suffrages exprimés allant de 0 à 97,50%. On peut dès lors s'interroger sur les disparités criantes d'une section à l'autre.
Comme le suggérait un lecteur sous mon article d'hier, il faut peut-être chercher s'il n'y aurait pas quelques liens pour services rendus ou à rendre entre certains militants choyés et des élus de divers secteurs municipaux ou conseillers généraux de chaque canton.
S'il y a des volontaires pour retrouver des noms, les commentaires sont ouverts. Quoi qu'il en soit, chacun est libre d'en déduire ce qu'il voudra.
Pour le reste, on verra bien dans la journée comment s'est déroulée la séance inaugurale du conseil général, surtout s'il y a des surprises.

(Clic sur les images pour agrandir)
ps_vote_guerini
PS_vote_guerini_5_fraude
PS_vote_guerini_4_tableau

30 mars 2011

Le gros remue-manège autour de Jean-Noël Guérini

 guerini_et_le_PS

On ne parle que des Bouches-du-Rhône. Et pas forcément en bien. Et du vote qui aura lieu jeudi pour élire le président du conseil général. Depuis dimanche soir, le cas singulier de Jean-Noël Guérini fait les gros titres. On entend des voix s'élever pour remettre en cause sa candidature.
Lui, étant le seul à se proposer pour rempiler, paraît sûr de son fait. Quoique. Sa précipitation à annoncer sa décision de quitter la direction du parti socialiste en échange d'une élection à la tête du département ressemble à un forcing et même, écrivons-le, à un chantage.
On le comprend, il n'a pas envie de tout perdre en même temps. Il lui faut donc sauver quelques meubles, car il sent le poids de cette menace plus ou moins ouverte à son encontre. Il n'ignore pas qu'on lui reproche ses méthodes de concentration des pouvoirs.
Les cantonales passées, des militants osent contester sa légitimité à organiser le vote interne au PS alors qu'il est lui-même candidat. D'où ces palabres qui laissent entendre que la partie n'est pas jouée pour la séance inaugurale de jeudi. En effet, rien n'interdit à un conseiller général de se déclarer au début de la matinée et d'entrer en concurrence frontale avec Jean-Noël Guérini.
Dans le 13, un seul tour a toujours suffi pour élire un président. En faudra-t-il deux ou trois cette fois-ci, notamment si des élus venaient à postuler "spontanément" pour tenter d'occuper le fauteuil présidentiel ? Dans le cas de candidatures multiples, celui ou celle qui fait le plus gros score relatif n'est pas forcément assuré d'emporter le dernier tour. D'autant que le vote est secret et qu'à ce jeu-là l'opposition pourrait arbitrer entre les candidats de la majorité.
On pense là évidemment au scénario "à la Caselli" qui a ruiné les calculs de Renaud Muselier à MPM. Certains racontent que Jean-Noël Guérini a contacté pas mal d'élus pour tenter de verrouiller une majorité en sa faveur. Pour l'instant, c'est encore lui qui peut distribuer ou promettre des vice-présidences et des délégations. Mais sait-on jamais, malgré les sucres d'orge, il n'est pas inimaginable de voir certains élus rejoindre une autre candidature socialiste jugée plus consensuelle préparée discrètement en parallèle.
Ça conteste de plus en plus fort…
Depuis quelques jours déjà, des conseillers ont fait entendre leur différence.
Patrick Mennucci :
"Les affaires ont pesé lourd dans la balance. Nous avons perdu jusqu’à cinq points dans certains cantons."
Michel Pezet : "C’est au centre ville que l’effet des affaires a été le plus important, là où deux de nos candidats, des proches de Jean-Noël Guérini, ont été éliminés dès le premier tour". 
Et Marie-Arlette Carlotti qui a publié hier un communiqué explicite : "Concernant la Fédération Socialiste des Bouches-du-Rhône, le changement annoncé doit être plus qu’un changement de façade. Nos pratiques doivent être conformes à l’éthique qui a toujours caractérisé le Parti Socialiste. […]
L’annonce de la candidature de Jean-Noël Guérini à la Présidence du Conseil général pose de nombreuses questions. Je ne lui donnerai pas un blanc-seing. Les choses doivent changer. C’est un message que je lui adresse.
Le vote dans les sections, annoncé pour mardi, est malvenu et risque d’accentuer le malaise que les militants socialistes ressentent de plus en plus amèrement. Les résultats seront nécessairement interprétés à l’aune de la situation actuelle.
Quel sens donner à ce vote à quelques semaines d’une commission d’enquête mandatée par la direction nationale du Parti Socialiste ? A titre personnel, je n’y participerai pas.
Je demande que les élus socialistes du Conseil Général se réunissent le plus rapidement possible. Ensemble nous devrons examiner la situation, faire des propositions responsables et trouver de nouvelles perspectives dans l’intérêt de nos concitoyens."
(voir ci-dessous lien de mon précédent article sur le sujet)
Quelles secousses et d'où viendront-elles ?

PS_renouveau_ps_13
D'un autre côté, un groupe composé d'une centaine de militants, se nommant Renouveau PS 13, a mis en ligne un texte au ton direct et plutôt musclé intitulé "la situation actuelle nous impose d'agir" qui rappelle quelques principes de base et dénonce "les pratiques népotives, corruptives, claniques, autoritaires et clientélistes" (voir lien ci-dessous).
Hier, ces militants sont sortis de l'anonymat et ont été interviewés à la télé. Eux non plus ne comptaient pas participer au vote interne de mardi et ont même annoncé qu'ils prendraient la parole au sein de leurs sections pour expliquer leur choix. 
A Aix aussi, un vent semble avoir soufflé appelant à boycotter le vote. On sait comment en 2008 la direction aixoise d'Aix-Centre avait plié, avec l'accord de Jean-Noël Guérini et d'Eugène Caselli, la fusion des trois sections existantes. Le secrétaire d'Aix-Ouest d'alors avait fait parvenir un courrier à Martine Aubry pour contester de telles méthodes (voir lien ci-dessous). Il y a quelques mois, créant la surprise, la section unique aixoise a élu un nouveau secrétaire en rupture avec l'équipe qui avait entériné la fusion. Ce qui expliquerait le choix du boycott.
Hier aussi, la section française de l'ONG Transparency International a adressé une lettre à Martine Aubry :
"Le parti socialiste, conformément aux engagements de transparence et de renforcement de l'éthique des élus qu'il a pris, s'honorerait en n'apportant pas son soutien à la candidature de Jean-Noël Guérini à la présidence du Conseil général des Bouches-du-Rhône."
Et toujours hier, on a lu, vu et entendu Arnaud Montebourg revenir à la charge dans tous les médias. Le matin, La Provence a publié en une son interview sous le titre "Montebourg traque Guérini" (voir lien ci-dessous). Et ce n'est pas de la bibine.
"Je considère avoir apporté suffisamment de preuves de ces méthodes pour que la direction du PS prenne désormais ses responsabilités et interdise à Jean-Noël Guérini tout renouvellement de fonction en qualité de président du CG. La majorité du Conseil général peut désigner un nouveau président socialiste incontestable qui mette fin à ce système." […] "Le parti ne devrait pas hésiter une seule seconde à écarter Jean-Noël Guérini pour nous éviter collectivement d'être compromis dans ses affaires."
Alors que va-t-il se passer d'ici demain alors que la fédération a voté mardi soir ? Y aura-t-il des secousses et, si c'est le cas, de quel côté viendront-elles ? En guise de parade, Jean-Noël Guérini lui-même s'est mis sur ses gardes en prévenant : "Ces épreuves que nous avons traversées, tout comme celles à venir, ne font que décupler mon énergie. Elles ne changeront pas les axes de mon action". Un message qu'il a assorti d'un mystérieux "toutefois, attendez-vous à quelques surprises…" On ne demande qu'à voir.

Résultats du vote interne de mardi soir
La participation a été de 60,50% (abstention : 39,50%).
Jean-Noël Guérini a été désigné candidat à la présidence du CG13
avec 84,46% des suffrages exprimés, soit 51,09% des inscrits.

La déclaration des militants de Renouveau PS 13 :
http://renouveaups13.blogspot.com/2011/02/nous-avons-lu-pour-vous.html?spref=fb
La lettre de la section PS Aix-Ouest à Martine Aubry :
http://asset.rue89.com/files/Lettre_Aix.pdf
L'interview de Montebourg dans La Provence du 29 mars 2011 :
http://www.laprovence.com/article/region/au-ps-montebourg-revient-a-la-charge-contre-guerini
Mon précédent article sur le même sujet :

"Guérini sacrifié par des socialistes mais pas par Aubry":
http://castronovo.canalblog.com/archives/2011/03/24/20711341.html

29 mars 2011

En Pays d'Aix, la droite se prend aussi une gauche

cantonales_sarko_prend_une_gauche
(Clic sur l'image pour agrandir)

Voté pas voté, gagné pas gagné, perdu pas perdu, poussée pas poussée, nombre d'élus, pourcentages, oui, bon, d'accord. Mais tout cela donne l'impression que les élections sont un phénomène en soi, un système en vase clos, entre prétendants aux sièges, un spectacle donné à voir aux électeurs.
Cela ressemble furieusement à un programme de télé dont on mesure l'audience record, ou plancher, sans se préoccuper si le public a véritablement accroché ou pas. Vu l'abstention massive répétée un dimanche sur l'autre, il faut bien parler de rejet par indifférence ou par protestation.
A Aix par exemple, le taux de participation n'a été que de 35,85% avec 32,99% d'exprimés, alors qu'en Pays d'Aix il s'est situé partout entre 42,55 et 49,97%. Autant dire que ces cantonales n'ont pas satisfait les attentes des électeurs qui ont bien d'autres préoccupations liées à leurs conditions de vie.
Je ne ferai pas d'autres analyses de ce scrutin. C'est bien suffisant comme ça. En revanche, il y a de quoi revenir sur quelques déclarations.
La réaction de Maryse Joissains est une fois de plus surréaliste à souhait. "Il s'agit d'un vote délirant et complètement irresponsable." […] "Les gens ont mal, d'accord, mais ils ont mal où ?" […] "Il n'y a selon moi aucun enseignement à en tirer." Voilà une députée, qui soutient un président qui gave les riches et pourfend les faibles, qui vote les lois d'un gouvernement qui désespère trois quarts de la population, et qui ne comprend pas où les gens ont mal. Mais restons polis. 
Dans la même eau, Sophie Joissains n'est pas en reste et se pose des questions. "Y a-t-il un sens politique à ce scrutin, certainement. Mais il est difficile d'en tirer un quelconque enseignement." Au hasard, n'y aurait-il pas des responsabilités à chercher du côté de l'échec complet de la politique gouvernementale ? Il suffirait pourtant de jeter un regard autour de soi pour s'en rendre compte.
Bruno Genzana, lui, mage et vizir, ne craint pas de noter "une démobilisation évidente de notre électorat" mais "se félicite de la réélection des candidats de droite" et surtout de "la stratégie d'union de l'UMP et du NC par un accord fondé sur de bonnes bases". Il a oublié les dissidents de son parti qui ont au moins parasité la campagne du candidat UMP aux Pennes-Mirabeau.
Et puis, j'avais d'ailleurs ironisé là-dessus après le premier tour, sa prédiction scientifique "J'ai l'intime conviction qu'à Aix et Trets, nos candidats sont en mesure de l'emporter" s'est bien vérifiée mais dans l'autre sens puisque ce sont deux socialistes qui ont été réélus. Alors, quand il déclare maintenant que "il nous reste désormais 14 mois avant la présidentielle et les législatives (pour lesquelles il est candidat) pour nous ressaisir au niveau national comme en Pays d'Aix", on ne peut que lui faire confiance pour ruiner tout espoir de son camp, vu que s'il faut se ressaisir c'est que la droite a probablement tout foiré. Mais bon, si là aussi "il a l'intime conviction que…", après tout, c'est comme si c'était fait, n'est-ce pas ?

(Clic sur les images pour agrandir)
joissains_genzana_cantonales_2011cantonales_pave_dans_la_mare

27 mars 2011

Cantonales 2011 : Résultats du 2e tour en Pays d'Aix

logo_cantonales_mars_2011___CopieFinale d'"Elections pour des champions". L'abstention a continué très fort mais n'a pas empêché de déclarer les vainqueurs des duels.
Dans le canton d'Aix-Sud-Ouest, André Guinde est réélu pour un troisième mandat. Alexandre Medvedowsky est lui aussi réélu dans le canton de Peyrolles.
A Marseille, Michel Pezet passe avec 60,25%. Dans les Bouches-du-Rhône, aucun candidat de l'extrême droite ne parvient à gagner le moindre siège.

(Clic sur les images pour agrandir)
(Source : La Provence)
cantonales_resultats_2011_2e_tour_aixcantonales_2011_27_mars_peyrolles_2cantonales_2011_27_mars_peyrollescantonales_2011_abstinence

Publicité
26 mars 2011

S'abstenir ? Moi, jamais ! Plutôt mourir oui…

logo_cantonales_27_mars_ravicantonales_voter

Absentéisme ? Abstinence ? Non, ici, le mot idoine est abstention ! Qu'il ne faut pas confondre avec un rendez-vous manqué par étourderie.
S'abstenir, c'est le plus souvent signifier sciemment un refus de se déplacer pour aller voter. Les raisons sont très diverses : peu d'intérêt selon le type de scrutin, aucune candidature ne satisfait, dégoût de la politique ou encore manière de protester. Car, on le voit bien, les élections qui enregistrent les participations les plus fortes sont la présidentielle et les municipales, c'est-à-dire le niveau le plus haut et le niveau plus proche.
On ne peut donc pas croire un instant l'argument selon lequel l'électeur ignore qu'il y a un vote. Normalement, même s'il n'a pas écouté les informations ou lu les journaux, quelques jours avant, il reçoit chez lui une enveloppe marron bien neutre contenant les documents des candidats.
On se demande alors, au lieu de rester à la maison, pourquoi il ne vote pas blanc ou nul. Il est vrai que ces suffrages ne sont toujours pas pris en compte comme étant l'expression d'un avis qui en vaut d'autres. Cependant, même sous cette forme, l'électeur pourrait au moins participer en accomplissant un acte citoyen. Et bien non, lors d'élections locales, l'électeur s'abstient fortement.
On l'a encore amèrement constaté dimanche dernier. Et cela risque bien de se renouveler demain.
Des sept cantons les plus proches du pays d'Aix, l'abstention a été la plus haute à Aix-Sud-Ouest : 66,78%, avec 68,58% à Aix même ! Etrange paradoxe, en vérité, car c'est dans ce canton qu'il n'y a pas de candidat frontiste qualifié pour le second tour. Mystère insondable des urnes !
Quand on interroge les élus sur ce sujet, comme l'a fait La Provence, tous déplorent les faibles taux de participation. A la question portant sur des consignes à donner dans les cas de figure où un candidat frontiste est encore en lice, si la gauche, à l'exception des écologistes, a annoncé clairement qu'elle encourage à voter pour l'autre candidat quel qu'il qu'il soit, la droite préfère le "ni ni".
Ainsi, après avoir déclaré, et sans rire, qu'il aurait mieux valu prolonger le mandat des conseillers généraux pour trois ans sans passer par une élection (et pourquoi pas carrément dissoudre le peuple ?) Maryse Joissains fait-elle savoir qu'à ses yeux "la République ne court aucun risque". Ah bon ?
Au niveau national, la droite atteint des sommets de cacophonie et de démagogie : Nicolas Sarkozy et François Fillon en personne vont jusqu'à appeler à l'abstention ! Pensent-ils eux aussi que la République n'est pas en danger et qu'elle peut donc s'accommoder de pareille forfaiture ? Sont-ce les mêmes qui prétendent aider à l'avènement de la démocratie dans les pays qui se battent au péril de leurs vies pour obtenir l'instauration du suffrage universel libre ? Honte et déshonneur à ceux qui prônent la lâcheté et fomentent de tels calculs !
Demain, même si je devais être sur un brancard, j'irai mettre mon bulletiin dans l'urne. Non mais !

 cantonales_2011_baudrycantonales_2011_coco

Dimanche soir, les résultats sur le blog dès qu'ils seront disponibles.

24 mars 2011

Guérini sacrifié par des socialistes mais pas par Aubry

guerini_aubryUne chose est certaine. Même avec moins d'élus socialistes, dimanche soir, le conseil général des Bouches-du-Rhône conservera sa majorité de gauche. En revanche, et malgré les apparences, en coulisses, ça discute pas mal sur la prochaine présidence. Jean-Noël Guérini a annoncé vouloir se porter candidat.
Les élus actuels et ceux qui attendent de l'être dans trois jours ne s'avancent pas trop sur cette question. Sans doute pour ne pas brouiller les esprits avant le second tour. Néanmoins, quelques personnalités se confient pour laisser entendre, voire déclarer ouvertement, que Guérini serait plus avisé de passer la main. Ce dernier a beau dénier l'impact des affaires sur les résultats des élections, personne n'est dupe. Et certains le disent.
Comment ne pas observer que deux élus ont perdu leur siège avec des scores très en-deçà de leur potentiel alors même que la gauche progresse partout ailleurs. Cela s'est souvent opéré au profit des écologistes et du Front de gauche qui n'en espéraient pas tant. Il y a donc bien eu report sur des candidats de gauche. Mais vraisemblablement aussi vers d'autres horizons, par exaspération.
Patrick Mennucci estime que le climat politico-judiciare ambiant autour du PS a influencé le scrutin. Marie-Arlette Carlotti rapporte que pendant la campagne elle a plus entendu parler de morale et d'éthique que de politique.
Michel Pezet, en attente de sa réélection, a été clair : "C'est quand même vrai que ce que nous vivons depuis quelques mois sur les affaires n'était pas fait pour arranger le climat général. Jean-Noël Guérini a tort de sous-estimer ce phénomène qui est réel ; soit les gens sont restés chez eux, soit ils sont venus en se disant : ils commencent à nous fatiguer".
"Il y a des choses qu'il faudra remettre à plat, qu'il faut aborder de façon objective si l'on veut préparer les prochaines échéances, dont la présidentielle, les législatives et les municipales", prévient-il, même si la priorité de la semaine est de "travailler pour essayer de résister à cette vague frontiste". Plus direct, on ne peut pas.
Il y a aussi Philippe San Marco, ex-PS, qui déclare que, "face à une telle déroute, l'homme fort du département, responsable de cet échec, doit démissionner et une autre gouvernance doit se mettre en place".
Quant à Jean Viard, vice-président de la communauté urbaine, il n'y est pas allé par quatre chemins. Dans La Provence, il estime qu'il serait "surréaliste que Jean-Noël Guérini se représente à la présidence du conseil général". Et dans une interview accordée à Marsactu, il enfonce le pieu : "Qu'il renonce à la présidence simplifierait le vote républicain".
Face à ces prises de position, restent les déclarations plutôt surprenantes de Martine Aubry faites hier sur RTL.

 logo_RTL
Extraits de l'interview de Martine Aubry par Jean-Michel Aphatie
(Clic sur les images pour agrandir)
cantonales_aubry_1
cantonales_aubry_2
 
logo_lemonde
Martine Aubry soutient implicitement la candidature
de Jean-Noël Guérini à la présidence du conseil général des B.d.R 
23 mars 2011 Par Olivier Schmitt

Marseille, prise dans la nasse de "l’affaire Guérini", s’est réveillée lundi matin avec la gueule de bois. Le Parti socialiste a perdu en sept ans, depuis le premier tour des cantonales de 2004, la moitié de son électorat, soit quelque 20.000 voix. Leur premier refuge a été l’abstention puis le vote vert (le porte-parole d’Europe Ecologie-Les Verts, Sébastien Barles, a obtenu 18,65% dans son canton) et le vote Front de gauche (8%). Certains électeurs ont choisi encore le Front national qui sera présent, au deuxième tour, dans les onze cantons de la ville. Un bilan qui dit assez la nécessité pour le Parti socialiste de s’amender dans ce département.
Le président du conseil général, Jean-Noël Guérini, dont le frère Alexandre, figure du socialisme marseillais et chef d’entreprises de collecte et de transformation des déchets, est écroué depuis le 1er décembre 2010 pour des chefs d’inculpation extrêmement graves –"abus de biens sociaux, détournement de biens publics, recel, corruption active, blanchiment en bande organisée et détention de munitions"– est décidé à se représenter à la tête du département. N’ayant pas été entendu par le juge Charles Duchaine dans l’instruction sur les affaires de son frère, il s’estime diffamé par ses détracteurs de droite et de gauche. Il a même porté plainte contre Arnaud Montebourg, secrétaire national à la rénovation du PS et auteur d’un rapport remis récemment à la direction du PS dans lequel il demandait la "mise sous tutelle" de la fédération socialiste locale.
La seule concession de Jean-Noël Guérini à la suite de ce rapport est l’annonce, non datée, de son retrait du poste de "président" de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, une fonction incompatible avec l’exécutif départemental selon les statuts du PS.
La direction du Parti socialiste ne s’est que très peu exprimé sur cette affaire jusqu’à aujourd’hui. Martine Aubry avait estimé qu’il n’y avait
 "pas de faits" précis dans le rapport Montebourg. La publication dans la presse de nombreuses pièces de l’instruction mettant en lumière les relations des deux frères comme nos informations publiées dans Le Monde du 18 mars pointant les nombreux dysfonctionnements de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône n’ont pas infléchi la position de la première secrétaire.
Voilà plusieurs jours que Le Monde a sollicité la direction nationale du Parti socialiste pour commenter la décision de Jean-Noël Guérini. Silence radio. François Lamy, conseiller politique de Martine Aubry, a refusé de nous répondre. Mais ce matin (mercredi), sur
 RTL, la première secrétaire est sortie de son silence et a choisi de soutenir implicitement M. Guérini. "Moi, je crois d’abord à la présomption d’innocence et je ne suis pas un chevalier blanc. La République, c’est des faits, ce sont des institutions pour les régler. Tant que ces institutions ne se sont pas exprimées, je n’ai personnellement rien à dire. Voilà.", a-t-elle déclaré. Elle ne s’oppose donc pas, en clair, à la candidature de M. Guérini.
Certes, la justice n’a à ce jour rien à lui reprocher. En revanche, les socialistes marseillais supportent de plus en plus mal le régime autocratique et clientéliste qu’il a mis en place à Marseille. Rappelons par exemple que 31 salariés du conseil général ont des responsabilités importantes à la fédération et dans de nombreuses sections. Rappelons encore que lors du scrutin organisé pour le congrès de Reims en novembre 2008, de très nombreuses irrégularités ont été constatées dans les bureaux de vote sans qu’aucune sanction ne s’en suive. Depuis dimanche, Michel Pezet, en ballotage, ou Jean Viard, sociologue qui fut proche de Jean-Noël Guérini, ont demandé explicitement que Jean-Noël Guérini renonce à se représenter. Les écologistes et le Front de gauche ont fait de même.
Martine Aubry a donc choisi de ne pas les entendre. Elle n’a pas même demandé à Jean-Noël Guérini de démissionner de ses fonctions de "premier" fédéral pour se mettre en conformité avec les statuts. Elle n’a pas non plus donné son avis sur les dysfonctionnements avérés de la fédération, attendant les conclusions d’une commission d’enquête interne qui doit rendre ses conclusions en juin. Elle n’a rien dit non plus de l’élimination dans deux cantons du centre de Marseille, très importants dans la perspective des municipales de 2014, de deux proches de Jean-Noël Guérini, Antoine Rouzaud (PRG) et Jocelyn Zeitoun (PS).
"Alors, vous savez, partout où il y a des “affaires”, il est extrêmement normal, je dirais, que le Front national augmente », a-t-elle ajouté sur RTL. On ne saurait mieux dire.

Dans le Canard enchaîné du 23 mars 2011
(Clic sur les images pour agrandir)
guerini_canard_23guerini_canard_23

22 mars 2011

Cantonales 2011 : Bienvenue à Groland !

groland_france
(Capture d'écran, émission de Groland de samedi)

Au lendemain de ce premier tour (ou énième four pour l'UMP), on a (presque) tout entendu et on nous a (presque) tout dit. Sur ce qui s'est passé et les habituelles 'leçons" qu'il faut en tirer d'urgence. Sur ce qui va se passer et qui est toujours la faute des autres parce que "nous, vous savez, notre position a toujours été claire". Tu parles !
Alors, laissons les calculettes de côté jusqu'à dimanche prochain. Et essayons de voir comment qu'on nous cause depuis hier. Il y a d'abord les accusations contre "une grande partie des électeurs, pas tous" qui ne comprennent pas les enjeux. Qui trouvent que les cantonales, c'est trop compliqué. Qui se trompent forcément de bulletin, irrémédiablement atteints qu'ils sont du syndrome de la vessie et de la lanterne. Qui n'ont sans doute pas voulu exprimer ce qu'ils ont pourtant choisi d'exprimer.
Ces accusateurs se posent rarement la question sur leurs propres responsabilités, sur leurs parodies populistes ou sur l'échec de leur politique. Mais ils s'étonnent de ces cris de misère jetés au fond des urnes ou de ces silences de désespoir extrême coagulant au cœur de l'abstention. Ils s'entêtent à engraisser toujours plus les riches, les repus, les arrogants et les cyniques, sans avoir honte de broyer toujours plus les sans-travail, les sans-logis, les sans-le-sou et les sans rien.
Puis, il y a les déclarations à show et les réactions à glacer le sang. En général, chacun estime avoir de bonnes raisons de "se réjouir des résultats". Gagnants, "c'est grâce à nous" et on déplore que tous les autres n'aient pas su répondre aux attentes des Français. Perdants, "c'est un constat, nous en prenons acte" et on minimise la portée du scrutin qui n'est pas le désastre que veulent bien décrire tous les autres. De quoi donner envie de leur retourner les crachats en pleine figure.
Ensuite, il y a les commentaires à la langue de bois massif, les dénégations que même Pinocchio ne croirait pas et les auto-satisfactions sur le rôle forcément décisif de ceux qui n'hésitent pas à se déguiser en stratèges.
Examinons quelques exemples.
Personne n'a pu échapper aux formules reprises en boucle. Dimanche soir, il n'y a donc eu qu'"un seul vainqueur", "une grande gagnante", "une grosse poussée". Faisons observer que c'est pourtant la gauche qui a fait le meilleur score en approchant la majorité absolue. S'il y a "une grosse poussée" (une expression à faire le bonheur des caricaturistes), c'est bien au seul détriment de la droite sarkozyste.
Ramenée à plus de mesure, et ne concernant que la moitié des cantons à renouveler, on verra que cette fièvre pourcentée ne donnera au final qu'une poignée d'élus frontistes voire peut-être aucun.
Autre expression entendue depuis, "il faut faire barrage à…", façon pour la droite surtout, quoique, de refuser hypocritement d'énoncer une consigne claire et courageuse appelant à voter pour tout candidat de gauche.
La gauche, elle, et malgré la douleur encore vive de son appel à voter Chirac en 2002, a décidé, au nom d'une conscience républicaine, de se refaire encore un peu mal en ne mégotant pas sur le prix du sacrifice même en se bouchant le nez. Il ne fallait rien attendre du cheffaillon Copé qui a péremptoirement repoussé toute réciprocité maintenant que la droite est touchée à son tour par la disgrâce.
On a vu aussi l'imitateur frontiste devenu sinistre avancer effrontément à pas de Guéant pour jouer les faussaires selon la méthode manipulatoire appliquée pour rabaisser les nombres de manifestants ou de personnes sans emploi. Allez, allez, cassez-moi ce vilain thermomètre et dissimulons la température. Oui mais voilà, le patient reste malade.

groland_plantu

Plus localement, les Bouches-du-Rhône ont également connu leurs fébrilités. Tout le monde a compris qu'ici aussi beaucoup de gens souffrent et ne misent plus que sur un retour de flamme frontiste censé guérir leur destin. Tout le monde, sauf la droite, et Jean-Claude Gaudin qui en est si triste qu'il en oublie de chercher qui en est responsable.
A Aix, au rayon "c'est grâce à moi si...", le mage Bruno Genzana, jamais en manque d'auto-glorification, s'est dit très satisfait de la stratégie d'union à droite qu'il a prônée. Belle réussite en effet avec quelques dissidents de son parti (Les Pennes-Mirabeau, Mazargues) dont un a contribué à déconsidérer le candidat UMP finalement privé de second tour. Le même Genzana s'aventure à pronostiquer deux victoires à Aix et à Trets pour les candidats de droite dont le premier est NC. "J'ai l'intime conviction qu'ils sont en mesure de l'emporter", l'intime conviction, ça c'est scientifique !
Comment oublier Maryse Joissains qui avait déjà trouvé indécent que les écologistes s'inquiètent des installations nucléaires françaises à la veille du premier tour alors qu'elle n'a pas vu le moindre manque de pudeur dans l'exploitation éhontée d'imaginaires "flux migratoires" suite aux révolutions arabes.
Pour elle, lors de ces cantonales, "les problèmes de fond et le rôle essentiel de proximité n'ont jamais été abordés". En a-t-elle fait le reproche à Vitrolles au président qu'elle soutient et qui est le spécialiste de la casse des services publics et de la suppression de la police de proximité ? A son avis, "le taux d'abstention est un échec de la démocratie. C'en est à se demander si les peuples sont véritablement mûrs pour la démocratie". Elle le dit, s'ils ne votent pas, c'est parce qu'ils sont inconscients, et pas, par exemple, très mécontents qu'on ne le écoute pas.
Prenons maintenant le cas de Jean-Noël Guérini. Pour lui, mais il est le seul à faire semblant d'y croire, les résultats frontistes et la perte d'ores et déjà entérinée de deux cantons à Marseille n'ont rien à voir avec les affaires politico-judiciaires en cours. "Les affaires, ça intéresse pas les Marseillais", avait-il lancé avant le scrutin.
Dimanche soir, il se répétait : "Je ne pense pas du tout qu'il y ait sanction, les affaires n'ont pas contribué à ces résultats. Certains médias en liaison étroite avec des responsables de l'UMP ont tout fait…" […] "Montebourg, vous plaisantez, ce brave monsieur, laissez-le de côté et regardez ses résultats en Saône-et-Loire". Il aurait dû vérifier. Arnaud Montebourg est en passe de s'assurer une majorité très confortable.
Après avoir ânnoné sa déclaration à la presse, Jean-Noël Guérini a répondu à quelques questions de journalistes. Sur l'attitude des dirigeants de l'UMP : "J'ai entendu qu'en aucun cas ils appelaient (sic) à un front républicain, ce dont (sic) je regrette profondément. Et donc, j'appelle les életeurs et les életrices (sic) de gauche à se rassembler autour du candidat de gauche le mieux placé et s'il y a une (sic) duel entre UMP et Front de gauche (sic), heu, Front national, j'appelle à faire barrage aux candidats FN".
Pour conclure, il aurait été indécent (ou décent, au choix) de ne pas citer le nom de Nicolas Sarkozy. Vu la réussite de sa politique dans tous les domaines, il n'a aucune raison d'être sur les nerfs après s'être fait re-piquer une partie de son électorat par les frontistes. Il espérait que la présidence du G20 et son initiative sur la Libye redoreraient sa grande aura envolée, c'est raté. Il comptait, si l'on peut dire, sur sa réputée adresse, mais il ne sait plus où il habite. Quoi qu'il fasse, c'est inopérant. Les gens ne le suivent plus car leurs problèmes de vie quotidienne subsistent. Vite 2012 ! 

21 mars 2011

Cantonales 2011 : Résultats du 1er tour en Pays d'Aix

logo_cantonales_mars_2011___CopiePartout, le taux d'abstention est élevé. Conséquence, en Pays d'Aix, il n'y a pas d'élus au premier tour. Le second tour se fera sur la base de duels. André Guinde à Aix sera face au candidat NC et Alexandre Medvedowsky à Peyrolles face au candidat FN.

(Clic sur les images pour agrandir)
(Source : La Provence)
canton_1_guinde_commune_aix
cantonales_2011_resultats_1cantonales_2011_resultats_2

20 mars 2011

Cantonales 2011 : Premier tour et... gags à gogo

 logo_cantonales_20_mars_ravicantonales_voter

Quel(le)s candidat(e)s pourront ce soir se réjouir de l'arrivée du printemps ? Avec quels scores et surtout avec quel taux d'abstention ? La loi prévoit que peuvent se maintenir pour le second tour les candidats ayant atteint 12,50% des inscrits. Il va donc y avoir beaucoup d'éliminés.
Si, par exemple, l'abstention tourne autour de 50%, cela veut dire que, pour concourir dimanche prochain, il faut avoir réuni 25% des inscrits. C'est mission quasi impossible. Le code électoral a bien sûr tenu compte de ce risque en permettant aux deux meilleurs scores, si peu représentatifs qu'ils soient, d'être quand même qualifiés pour le second tour.
Il ne faut donc pas se fier aux pourcentages des votants qui paraîtront supérieurs. Exemple : avec une abstention de 50%, un candidat qui aurait obtenu 20% des votants ne sera pas forcément retenu s'il est en dessous des 12,50% des inscrits ou si d'autres candidats ont fait de meilleurs résultats. L'hypothèse d'un important désintérêt des électeurs pour les cantonales n'étant pas exclue, on assistera vraisemblablement à un nombre élevé de duels, avec des candidats repêchés en quelque sorte.
Je n'ai pas de conseil à donner aux visteurs du blog mais, en ce qui me concerne, je me rendrai à mon bureau de vote comme je l'ai toujours fait sans aucune exception à ce jour depuis ma majorité. Ce droit me permet d'ouvrir légitimement ma bouche, si je veux, quand je veux, pour ou contre qui je veux. Et d'ailleurs, je ne vais pas m'en priver dans l'instant.
Je vote dans le canton Aix-Sud-Ouest. J'ai reçu la fameuse enveloppe marron à domicile. J'ai lu, j'ai comparé et j'ai parfois sursauté. Il y a cinq candidats dont deux femmes. Rien à redire là-dessus, ni sur le nombre raisonnable de postulants, ni sur l'équilibre homme-femme.
En revanche, certain(e)s candidat(e)s apparaissent comme de vrais amateurs. J'en veux pour preuve leur laïus à côté de la plaque. On y trouve des phrases creuses interchangeables entre candidats et, pire, un mélange total de pseudo propositions n'ayant absolument rien à voir avec les compétences d'un conseil général. C'est du remplissage quand ce n'est pas de l'imposture.
Constatant cela, la question que je me pose est la suivante : est-ce de l'arnaque, de la manipulation ou tout bêtement une ignorance totale des institutions dans lesquelles ils prétendent vouloir agir ?
Le document le plus insensé est celui d'un jeune candidat qui ne signale pas le nom de sa remplaçante, n'adresse aucun mot aux électeurs et ne présente aucun, vraiment aucun élément d'un quelconque programme départemental. Au verso, c'est la tête de son parti qui s'exprime pour égréner un alignement de propositions nationales démagogiques. M'est avis que tous les candidats de ce parti ont dû éditer le même type de document dans toute la France.
Un autre candidat livre des phrases à rendre jaloux le vide sidéral. Et, lorsqu'il esquisse des propostions ronflantes, il mélange tout avec tout, ne craignant pas d'évoquer la sécurité, qui relève de l'Etat, ou une meilleure gestion des crèches, qui est du ressort des communes. Embrouillons, embrouillons, c'est bien connu, l'électeur n'est qu'un votant idiot !
Passons maintenant à la forme. Etonnamment, si les cinq candidats font bien figurer les deux dates des 20 et 27 mars, un d'entre d'eux semble plus pessimiste en ne mentionnant que le premier tour. Quant au secteur géographique du canton, on a l'impression que certains n'en ont même pas une idée réelle puisqu'ils ne citent pas ou pas du tout tous les quartiers pourtant bien identifiés. Ainsi, le mien, oui, le mien comme chacun désigne le sien, n'apparaît que sur deux documents. Là, c'est trop !
Poursuivons avec les bulletins de vote eux-mêmes, aux dimensions réglementées (148X105) mais à l'orientation laissée au libre choix. Quatre ont donc opté pour le format paysage et un seul pour le format portrait. Ce dernier a sans doute estimé qu'en se distinguant ainsi des autres il ne pourrait échapper à l'œil des électeurs. Bien joué ! Mais là encore, étrangement, ce bulletin ne comporte que la date "mars 2011" sans mention des jours.
Celui qui n'avait pas mentionné les dates sur sa grande page les rappelle cependant sur son bulletin. Mais, attention aux invalidations au cas où un électeur aurait l'idée de placer dans l'enveloppe la "profession de foi" au lieu du bulletin. Une jurisprudence célèbre, qui trouve sa pleine origine à Aix, admet bien ce cas de figure comme  étant l'expression d'un vote valable, à la condition que tous les renseignements obligatoires sur un bulletin y figurent aussi. Ce même candidat cumule donc l'absence du nom de sa remplaçante et celle des dates du scrutin. Ouille !
Ultimes cocasseries, certains candidats désignent leurs seconds par le mot "remplaçant" (terme correct en vigueur depuis 2008) et d'autres par le mot "suppléant" (terme désormais réservé aux députés). Sur leurs bulletins, trois candidats emploient "remplaçant" et deux "suppléant". Et comme il fallait bien que quelqu'un s'avise de casser la baraque à fond, une candidature est allée jusqu'à utiliser "remplaçant" sur sa "profession de foi" et "suppléant" sur son bulletin. C'est pourtant "élections pour un champion", non ?
Allez, bon vote quand même !
Dimanche prochain, je vous parlerai peut-être des fautes de français, des erreurs orthographiques et même, si, si, de quelques phrases bien bancales.

Ce soir, les résultats sur le blog dès qu'ils seront disponibles.

Publicité
Publicité
Suivre sur Twitter
Publicité