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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO

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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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28 décembre 2006

Les fleurs et les pleurs

clavierDes fleurs pour les uns, des pleurs pour les autres. La sélection culturelle est devenue sans pitié pour les artisans de base. Ainsi, en va-t-il en Pays d'Aix. Plusieurs associations de promotion de musiques actuelles œuvrant en direction des jeunes sont quasiment ignorées par la mairie et la communauté d'agglomération.

D'autres, comme le Centre européen de création et de développement culturel du Jas de Bouffan, ont droit aux gros cadeaux. Ce n'est pas une affirmation gratuite, si l'on peut dire. Un premier audit n'a-t-il pas déjà établi que le CECDC est très contesté tant dans son fonctionnement que pour le budget de plus d'1M€dont il dispose.

Partant d'un constat global, l'association "Entre Peaux" a récemment fait paraître ses réflexions et ses propositions pour tenter d'obtenir une assise contractuelle. Elle revendique une politique adaptée à la demande, un réajustement cohérent des subventions et des lieux de vie et d'expression pour les pratiques. Elle met en avant ses initiatives, son savoir-faire et le rôle d'apprentissage que constitue la musique ouverte à un large public.

Notre ville et le Pays d'Aix comptent plusieurs milliers de jeunes et d'étudiants. N'est-ce pas leur faire injure que de ne pas les prendre au sérieux ? Le débat a pourtant été lancé par les associations depuis plusieurs années. Il n'a toujours pas trouvé la bonne oreille du côté des institutions locales.

Les demandeurs ne comptent pas en rester là. Cela devrait même prendre de l'ampleur dans les semaines qui viennent. Pour ma part, je suivrai ce dossier avec la plus grande attention tant sur le terrain qu'en conseil municipal.

Pour plus de détails, voir sur le site : www.entre-peaux.fr

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27 décembre 2006

La hotte et la botte

travailVeille de fête, jour de grande affluence, des salariés de grandes surfaces manifestent. Samedi, c'est devant le centre commercial Carrefour de la Pioline. Certains acheteurs protestent, de plus nombreux comprennent, d'autres soutiennent. Les salariés réclament tout simplement une meilleure rétribution de leur travail. Mettant en parallèle leurs minables salaires et les profits colossaux engrangés dans la hotte des grands groupes, ils font valoir que leur labeur n'est pas récompensé, sinon par un coup de botte au derrière.

Leurs revendications ne sont pourtant pas mirobolantes. Ils veulent juste parler de la précarité de leurs emplois et pouvoir récolter le fruit de leur travail. Quand on sait que 30% des gens qui dorment dans la rue travaillent mais ne peuvent pas payer un loyer, on se dit qu'ils ont bien raison de revendiquer.

26 décembre 2006

Le miel et le fiel

MisereAix, place de la Rotonde. Paris, canal Saint-Martin. Lieux emblématiques, lieux dramatiques. Les SDF ne sont pas à la fête. Tentes et cartons prennent des couleurs, sans-abri et miséreux prennent des coups. Pour eux l'indignité, pour nous la honte. L'Etat se débine, les associations réagissent. On estime à 1 million les personnes sans logement et à 100 000 celles qui sont à la rue, sans compter tous les mal-logés. La cause n'est pas météorologique, elle est sociale.

Pourtant, le message proclamé tous les 17 octobre depuis 1987 est le suivant : "Là où des hommes sont condamnés à vivre dans la misère, les Droits de l’Homme sont violés. S’unir pour les faire respecter est un devoir sacré." Belles paroles. Dans ce domaine, la solidarité des autorités est largement moins manifeste que celle des bénévoles.

Les dernières impostures en date nous viennent de l'agitation électorale qui voit les promesses mielleuses se multiplier. Le champion est Sarkozy. Peut-on, par exemple, le croire quand il annonce "zéro SDF en 2008" ? Ne s'adresse-t-il pas plutôt à des électeurs qu'il faut convaincre qu'à ces gens plongés dans la survie. La potion magique ressemble plus à de la soupe coagulée.

Les cas parisien et aixois ne sont-ils pas suffisants pour comprendre que l'on se fout de notre gueule et surtout que l'on méprise ceux qui n'ont rien. A Aix même, les SDF ont été évacués. Le centre-ville est un trop beau décor pour que quelques manants puissent le gâcher.

A l'Arbois, une famille de Roms, dont la situation juridique est certes très complexe, n'a reçu aucun secours d'urgence pendant plusieurs jours. Seule la mobilisation associative a permis de mettre une caravane à sa disposition par le biais d'Emmaüs.

Interrogée sur ce sujet en conseil municipal, Mme Joissains, à l'unisson de son gouvernement UMP, s'est réfugiée dans une inertie scandaleuse en repoussant toute solution, y compris provisoire. Ce rejet de toute considération humaine déshonore Aix où de nombreuses associations œuvrent sans relâche pour apporter un peu de douceur aux déshérités. Tous aux abris !

24 décembre 2006

Robert Fabre, l'exemple humaniste

Robert_FabreLa mort de Robert Fabre touche l'ensemble des Radicaux de Gauche. Et, bien au-delà, tous ceux qui ont compris ce que la politique au service de la République veut dire. Une cohérence absolue entre éthique scrupuleuse et pratique intransigeante conjuguant honnêteté et dignité. Avec lui, l'action n'était possible que par un contrat clair avec les citoyens s'appuyant sur la tolérance, la fraternité et l'attention aux autres.

Dans sa ville de Villefranche-de-Rouergue, les citoyens lui ont renouvelé une confiance sans faille. Maire pendant 30 ans, conseiller général pendant 25 ans et député pendant 15 ans, il a n'a cessé de faire valoir le radicalisme humaniste. Médiateur de la République puis membre du Conseil constitutionnel, il a aussi joué un rôle national prépondérant.

Il était le président fondateur de notre Mouvement devenu ensuite notre Parti. Pour nous, élus et militants, l'exemple de son engagement éclaire toujours le sens de notre action.

Jean-Michel Baylet, président du PRG a déclaré : "Il avait ancré le radicalisme dans son courant historique : la gauche. Il était profondément attaché à l'unité de celle-ci, car il savait que c'est par le rassemblement qu'on pouvait gagner". M. Baylet a salué en Robert Fabre "un de (ses) pères en politique qui, avec Maurice Faure, ont guidé (ses) premiers pas". "Robert Fabre enfin était pétri d'un humanisme radical. Pour lui, le progrès et l'homme étaient indissociables dans tout projet de société. Elu du Rouergue, il faisait partie de ces rares hommes politiques qui, tout en exerçant des fonctions nationales, connaissaient parfaitement la France profonde et savaient en écouter la sagesse".

(Consulter aussi le lien du PRG, rubriques "Actualités" et "Le PRG".)

23 décembre 2006

Le bateau, il semble beau...

NoyadePour éviter un gros mal de crâne, disons que toute coïncidence avec des faits décrits dans certains articles du blog est "volontairement" volontaire.

L'avis très reu-flé-chi du connaisseur César sur le fameux Pitalugue que maître Panisse veut convaincre Monsieur Brun d'acheter : "Le bateau, il semble beau, mais il n'ira pas loin. Il ira même profond. Si vous voulez aller sur la mer, sans aucun risque de chavirer, alors, n'achetez pas un bateau, achetez une île !" Marcel Pagnol

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23 décembre 2006

L'UMP la défie, Joissains se confie

NaufrageLongue interview du maire dans le journal La Provence de ce vendredi. Est-ce pour parler des sujets qui préoccupent les Aixois ? Pas vraiment, puisque deux sujets à peine abordés, le logement et la sécurité, sont expédiés en quelques phrases. Mais le ton est presque… touchant.

Pour le logement social, si elle n'a rien fait depuis six ans, c'est qu'elle n'a rien pu faire. Ce n'est pas sa faute, vous comprenez. Elle n'a pas eu le temps. Chaque fois qu'elle a un projet, tout le monde lui "tombe sur le dos" et lui crée des problèmes.

Pour la sécurité, en revanche, elle aurait rempli son contrat. "Les chiffres de la sécurité sont réellement excellents pour la période 2005/2006", ose-t-elle lancer. Sauf que… c'est précisément là que la recrudescence des violences et des délits commis à Aix a été la plus dramatique. Les chiffres sont démentis par les faits et ne suffisent plus à convaincre les Aixois qu'ils seraient en sécurité. Cela va si bien qu'elle s'apprête à envoyer sa millionième lettre à Sarkozy pour lui demander des renforts. Aveu on ne peut plus clair. Ce n'est plus crédible, pas besoin d'en rajouter.

La vidéosurveillance a pris du retard mais elle n'y est pour rien. "Cela coûtait plus cher que prévu et le marché que nous avons lancé a été infructueux dans sa première version." Sauf que… cela s'appelle de l'imprévision et qu'il nous a été annoncé que les prix étaient plus bas qu'au début. La vérité, c'est qu'il a fallu retarder sa mise en place parce que le budget rabougri de la ville ne le permettait pas.

Comme une histoire de corsaires

Alors, pourquoi avoir choisi d'accorder un si long entretien à la presse ? Voilà une bonne question.

L'essentiel était ailleurs. C'est pour commenter, sabre en main, la "tempête" (dixit le journaliste) qui secoue son équipe municipale. Car, c'est comme ça. Certains de ses adjoints se sont mis en tête de faire corsaires à part. Pour faire image, disons plus prosaïquement que le bateau est troué et qu'il prend l'eau de toutes parts. Cela commençait à trop se voir et se savoir.

Aujourd'hui, la chose est dite et vient confirmer l'existence des brèches, mais aussi la perte d'influence et l'isolement politique du maire. Et, si l'on comprend bien ses propos, pas seulement à l'hôtel de ville. Elle ignore quel but poursuit Jean-Claude Gaudin en accordant une aide financière de l'UMP aux adjoints dissidents aixois. "Je n'ai pas encore d'explication." (…) "Depuis le lancement de cette campagne, je n'ai eu aucun contact avec lui." Etonnant, non ? Le vice-président national de leur parti donnerait un coup de pouce à un élu en second, adjoint et suppléant, au détriment d'un maire et député. Cela ressemble fort à un coup tordu.

Quant à l'escapade personnelle de Bruno Genzana et de deux autres adjoints, il suffira d'apprécier le portrait qu'en trace leur maire préférée : "Je trouve cette campagne complètement déplacée et très exagérée à quinze mois de l'élection municipale. Qui plus est pour quelqu'un qui n'est pas candidat à la mairie, si j'en crois ce qu'il me dit à chaque fois que je le lui demande." C'est "une campagne d'un nombrilisme qui dépasse l'entendement."

Le naufrage d'un équipage

Cette stratégie lui paraît risquée car, ajoute-t-elle en passant une autre couche de peinture bien noire, "N'oublions pas qu'en 1989, les mêmes avaient fait perdre la ville à la droite après avoir tenté de déstabiliser le maire de l'époque." Quelle mémoire… amnésique ! A cette époque, Mme Joissains était première adjointe et, secondée par son actuel adjoint aux finances, elle a été la principale adversaire de Jean-Pierre De Peretti Della Rocca. J'en sais quelque chose, j'étais élu de l'opposition !

Et pour finir de dépecer son suppléant à l'assemblée nationale et ceux qui le suivent, elle tranche : "J'aurais préféré qu'ils travaillent pendant six ans au lieu de surgir comme des cheveux sur la soupe." En gros, ils ne fichent rien. (…) "Je ne crois pas que le débat soit enrichi par la bobine de Bruno Genzana." A noter la délicate mue du portrait en bobine ! (…) "C'est du bruit pour rien." Pas vraiment, quand on constate l'espace que cette affaire occupe dans l'interview.

Enfin, plus surprenant encore – Mme le maire ne doute de rien, "car en politique tout est possible" – elle imagine encore pouvoir faire alliance avec François-Xavier de Peretti entre les deux tours. Le maire est un grand stratège et nous le ne savons pas. Sauf que… la fusion de trois listes pour composer une équipe hétéroclite en 2001 ne lui aura donc rien appris sur les unions de façade. Il n'a pas fallu un an pour qu'intervienne le premier claquement de porte.

Le 19 décembre, trois jours avant la parution de cette interview, j'ai décrit ici l'ambiance délétère que je percevais dans cet équipage à la mésentente coriace par ancrage lointain. Comme sur le Titanic, il ne leur reste plus qu'à chanter pour tenter d'oublier le naufrage. J'ajouterai que, si les déclarations d'aujourd'hui viennent apporter quelque crédit à mon analyse, pareille situation ne peut me réjouir pour autant. Car, outre le fait que de telles conduites sont néfastes à la vie publique, elles ne peuvent être que fâcheuses pour les Aixois.

22 décembre 2006

Budget : "On n'est pas ici pour faire de la politique !"

le_budgetLe débat annuel sur les orientations budgétaires au conseil municipal a constitué un moment de confrontation radicale entre l'opposition de gauche et l'équipe municipale de droite. Nul besoin de préciser ici que nous ne partageons évidemment pas du tout les mêmes conceptions sur la conduite de la politique de la ville.

Depuis six ans, comme à chaque séance qui précède obligatoirement le vote du budget primitif de janvier, la municipalité nous la joue toujours de la même manière : un rapport technique certes bien présenté mais un vide sidéral en termes de choix politiques.

En gros, on nous répète qu'on maîtrise les dépenses de personnel, qu'on réduit la dette, qu'on n'augmente pas les impôts, qu'on investit comme jamais et qu'on fait dans la proximité. Et bien, nous, nous pensons que c'est tout le contraire car non seulement la ville n'y trouve pas son compte mais son avenir ne cesse de s'assombrir.

Un de mes collègues socialistes et moi-même avons fait part de nos commentaires. Ce qui a eu pour effet d'exaspérer l'adjoint aux finances et de déplaire à la majorité. Mme le maire, elle, est sortie de ses gonds pour tenter de nous faire sa coutumière leçon : "On n'est pas ici pour faire de la politique !" Ah bon ? C'est pour jouer aux billes en se faisant des risettes, peut-être ?

Ce qui irrite Mme Joissains, c'est que nous disions quelques vérités qui ne lui plaisent pas. Et notamment que son document fait apparaître un décalage profond entre son contenu et la réalité vécue par les Aixois. Leurs vrais problèmes ne sont pas abordés et leurs besoins sont passés sous silence.

La poche droite et la poche gauche

D'abord, quoi qu'ils veuillent faire croire, le budget ne connaît pratiquement aucune évolution depuis 2001. Il fait même du surplace et présente une rigidité qui ne permet plus de lancer le moindre véritable projet. Les personnels, malgré les transferts vers la Communauté d'Agglomération du Pays d'Aix, représentent toujours 54% du budget. Au passage, n'aurait-il pas été nécessaire de "croiser" les données générales du budget avec celles de la CPA ? Cela aurait été plus clair pour se faire une idée plus complète des enjeux.

L'autofinancement n'est pas suffisant pour ouvrir de nouvelles marges de manœuvre. Les dépenses d'équipement se feront par le biais de l'emprunt – situé à hauteur de 27M€ – qui va donc de nouveau provoquer de la dette ! Allez comprendre cette contradiction avec la réduction annoncée de la dette !

Ensuite, on nous assène que les impôts sont inchangés. Pourtant, par exemple, le même soir, on nous présente des tarifs et des taxes en hausse, parfois dans des secteurs sensibles touchant au quotidien des Aixois comme les service jeunesse ou les sports. Evidemment, aucune  mention n'est faite, sauf par moi, du coup de bâton produit par la taxe des ordures ménagères qui a fait un bond de 66,67% ! Voilà ce qui s'appelle proclamer qu'on ne touche pas à la poche droite tout en prenant dans la poche gauche.

Silence sur le logement

Pour ce qui est de l'aménagement urbain – comment peut-on évoquer un tel sujet sans même avoir eu le courage de lancer la procédure du Plan local d'urbanisme dont l'objectif est de mettre en place un développement global et maîtrisé sur le long terme – il faudra se contenter d'opérations de constructions privées menées au coup par coup.

On aurait aimé entendre Bruno Genzana, adjoint délégué au Plan local de l'habitat à la CPA, venir vanter, comme à son habitude et avec la même ardeur, les mérites présumés du PLH. Mais non, depuis quelques temps, il s'est mis à pourfendre, hors la présence de Mme Joissains, la politique peu ambitieuse de cette dernière. Allez savoir pourquoi… 

Car, sans aucune politique du logement – 12 HLM construits en 6 ans ! – la crise du foncier s'autoalimente et aggrave le problème. 5000 demandes de logement social public sont en attente. Vraiment, est-ce cela la réussite de cette municipalité ? Rien dans les orientations présentées lundi soir ne laisse présager un quelconque espoir pour les Aixois.

D'ailleurs, ce manque total de vision est à l'unisson de la situation catastrophique de la France gouvernée depuis cinq ans par le même camp politique. La croissance est faible, les déficits sont gigantesques et la dette est colossale. Le nombre de chômeurs reste dramatique et les emplois sont de plus en plus précaires. Etonnons-nous après cela que surgissent des tensions sociales et de l'insécurité dont Aix n'est plus épargnée.

Alors, la municipalité aura beau dire et faire ce qu'elle veut, les Aixois ont bien compris qu'il va falloir changer de cap pour éviter de toucher le fond.

20 décembre 2006

Mme le maire est-elle encore le maître à bord ?

En direct de l'Hôtel de ville comme si vous y étiez !

Hotel_Ville__WEB_rouge_vifUn sablier n'aurait pas suffi. Une séance de plus de six heures d'horloge, programmée "officiellement" à 18h, commencée tout aussi "officiellement" à 18h30 ! Ne cherchez pas à comprendre, c'est comme ça la logique du maire.

L'ordre du jour comportait 72 rapports, cinq ont été retirés et un dernier ajouté en procédure d'urgence. Pourquoi donc autant de temps ? Parce que, sans les trois questions d'actualité posées par l'opposition (deux sur les dangers des antennes relais, une sur un problème concernant les berges de l'Arc), il n'y aurait eu que le débat obligatoire sur les orientations budgétaires et deux ou trois autres dossiers qui méritaient d'être discutés.

Quatre rapports sur l'urbanisme ont été reportés pour cause d'absence de l'élu concerné, personne d'autre, pas même le maire, n'étant assez au courant pour en présenter les détails ! C'est assez révélateur du niveau d'information dans lequel on tient tous les autres élus de la majorité !

Enfin, un autre débat n'aura toujours pas pu se tenir, celui sur le bilan social du fonctionnement municipal. Cela tourne même à la farce. Le document a été distribué en septembre. La discussion a été inscrite à notre demande pour novembre mais madame le maire, absente à la séance publique, avait fait savoir qu'elle aurait lieu en décembre. Or, ce lundi, le débat a été renvoyé encore une fois pour cause de durée excessive de séance. Ce sera donc pour janvier, avant le vrai débat sur le budget primitif pour 2007.

Dents longues mais langue taiseuse

Chaque conseil municipal est un tel fouillis que plus personne ne s'y reconnaît. Au bout de près de six ans de mandat, le maire n'a toujours pas appris à conduire un ordre du jour. Dans le brouhaha, les cris et les rires, voire les ricanements, elle s'emmêle les pinceaux en permanence, elle confond tout.

Faisant présenter plusieurs dossiers en même temps, elle demande ensuite de les voter l'un après l'autre. On ne sait plus ce qui se vote ou pas, on ne sait plus ce qu'on vote non plus. D'où une perte de temps inutile alors qu'il serait de simple bon sens de suivre systématiquement l'ordre du jour ! Je n'ose même pas imaginer ce que le public présent dans la salle peut bien comprendre à ce fatras.

Pour avoir une idée exacte de l'ambiance, il faut y ajouter les diatribes enflammées de certains élus touchés au vif par les interventions de l'opposition et qui ne supportent pas la moindre contradiction. A l'inverse, mais le calcul est trop perceptible, d'autres élus font les momies et cachent une langue taiseuse derrière de bien longues dents. Ceux-là se pensent un destin à leur mesure. Il ne peut désormais leur échapper, il leur est dû.

Pour être à la hauteur de leur ambition personnelle, car leur tour n'a que trop tardé, ils préfèrent s'afficher sur tous les murs – à quel prix ? – pour dire combien ils aiment notre ville grâce leur cœur hypertrophié. Car, qu'on se le dise bien, personne ne peut l'aimer plus qu'eux, puisque eux, comme par hasard, sont… candidats à la mairie ! Ils disent avoir un projet et une équipe prêts à prendre la relève contre n'importe quel prétendant et, par sous-entendu bien compris, surtout contre le maire de leur même camp ! Si le courage étouffait, cela se saurait.

D'autres, plus modestes, qui font encore nombre au moment des votes – mais pour combien de temps ? – confient à qui peut les entendre qu'on leur fait bien des misères et qu'on ne les y reprendra plus. Là, une question me taraude : le maire a-t-elle encore une majorité dans sa majorité ? En tout cas, même dans les coulisses, il y a une forte odeur de roussi de fin de règne. Il n'y a plus qu'à souffler un petit coup et une seule pièce peut faire effondrer toutes les autres.

Le fond à portée de la rame

Pour couronner le tout, quelques expressions notées ce lundi soir au fil des dossiers en diront plus sur la capacité supposée du maire à maîtriser le gouvernail. "Je ne savais pas…", "Je n'ai pas la science infuse…", "Je ne peux pas être au courant de tout…", "Je n'avais pas vu cet aspect…", "J'avais confondu…", "Y a-t-il quelqu'un qui puisse m'expliquer ?", "Je ne sais plus où j'en suis…", "Aujourd'hui, j'ai serré 650 mains, alors je ne tiens plus…", et, réagissant à mes observations sur un dossier aux bases fragiles selon moi, "Ce que tu me dis m'inquiètes…". On se demande si le maire étudie ses dossiers ou si elle participe aux conseils des adjoints lorsque les rapports sont examinés une première fois. A certains moments, elle interroge les fonctionnaires, quand ces derniers ne viennent pas spontanément à la rescousse.

Les élus eux-mêmes font pareil car ils n'ont pas toujours la connaissance des détails pour expliquer les dossiers qu'ils sont censés présenter. Pour certains, on ne sait plus s'ils ont encore une délégation ou pas, s'ils n'en ont pas été privés pour  incompétence ou par représailles. Cela s'est déjà vu à plusieurs reprises, entraînant la redistribution de responsabilités en fonction du nombre et du degré des courbettes faites ou non au maire.

Cela a été le cas, trois exemples parmi d'autres, pour la délégation culture morcelée en huit, pour la délégation aux pistes cyclables accordée à un élu dissident mais sans aucun bureau ni moyens et pour les animations comme le Carnaval qui ont été confiées à trois élus successifs. Pour réagir à ce genre de fantaisie, et par pure plaisanterie, j'avais suggéré au maire que nous ne serions pas étonnés qu'un jour elle nous informât de la création d'une délégation aux affaires portuaires et maritimes aixoises. Et bien, je n'étais pas loin du vrai.

Lundi soir, une discussion s'est engagée au sujet d'un projet privé sur un terrain inondable près de l'Arc. Il était intitulé "Aix Plage". Cela ne s'invente pas ! Moi, je verrais cette affaire d'un bon œil car elle est bien à l'image de cette majorité qui, à force de mener les Aixois en bateau et de ramer à contre-courant, n'a cessé de couler. Après une telle croisière, il ne reste plus qu'à toucher le fond.

(A suivre prochainement, les dossiers débattus au conseil municipal)

16 décembre 2006

BILAN 3 : Les farces de sécurité de l'UMP

s_curit_C'est maintenant devenu chronique. Depuis de trop longs mois, des événements de plus en plus graves se répètent à Aix comme en France. Le sujet est sérieux. Il ne peut suffire d'occuper les écrans de télévision ou de faire des annonces au coup par coup. Cette méthode stérile et dangereuse pour notre démocratie est celle de Nicolas Sarkozy et de Maryse Joissains.

Leurs lois – une bonne dizaine en quatre ans, la dernière allant jusqu'à conférer un rôle de shérif aux maires des communes de plus de 10 000 habitants ! – n'ont toujours pas répondu au problème, sinon notre pays serait le plus sûr du monde. Cela se saurait. On peut même affirmer que le ministre de l'intérieur en joue. Ses provocations permanentes et démagogiques enveniment le débat.

Il stigmatise et attaque tout le monde. Les jeunes sont des délinquants, ils ne méritent qu'un CPE. Les enfants doivent aller en prison. Les fonctionnaires ne sont que des privilégiés. Les chômeurs sont tous des feignants. Les grévistes deviennent des preneurs d'otages. Les banlieusards sont assimilés à de la racaille qu'il faut éradiquer au karcher. Et comme si cela n'était pas assez, il profère des insultes à l'encontre des magistrats.

Dans la foulée, il essaie de se faire passer pour celui qui va éteindre le feu. Quant au maire d'Aix, elle botte en touche en direction de l'Etat alors qu'elle n'a cessé de soutenir la politique néfaste du gouvernement.

Faisons un point de situation

Braquages, cambriolages, vols, agressions, attaques violentes, révoltes urbaines et autres turpitudes, rien ne manque. Cette recrudescence est grosse de danger. Les Français sont inquiets. Les Aixois aussi. Ils craignent pour leur sécurité. On ne peut donc que déplorer le triste spectacle de l'inefficacité du ministre et du maire dans un domaine où ils s'étaient auto déclarés les champions...

Pour bien faire, à Aix, la Police Nationale, qui essaie tant bien que mal de faire face aux difficultés, a perdu 60 agents en l'espace de trois ans. Les derniers actes commis dans notre ville, sans parler du département, atteignent des sommets. Les chiffres "officiels" ne peuvent plus masquer la réalité. Les gens se fichent des pourcentages. Ils ne perçoivent que le danger.

Le maire prétend que c'est "une polémique entretenue à dessein dans un climat d'exploitation politicienne". On pourrait facilement lui retourner le compliment au vu de l'exploitation éhontée qu'elle et le ministre en ont fait aux élections municipales en 2001 et aux élections nationales en 2002. Quelle que soit la période où se déroulent des actes de délinquance, le maire use du même argument, "un contexte peu favorable", qui reposerait sur des cas d'exception. Autrement dit, "je n'y suis pour rien, c'est la faute à pas de chance."

Les nouveaux actes perpétrés tout au long de l'année s'inscrivent de fait dans un processus malheureusement durable. Les Aixois peuvent s'en rendre compte. Rien n'a été inventé, inutile d'insinuer ou de faire croire le contraire.

"J'ai toujours été sécuritaire"

Il y a 20 ans, la Ville d'Aix s'était dotée d'un Conseil communal de prévention de la délinquance. Il réunissait tous les partenaires concernés par les problèmes de sécurité en s'efforçant d'apporter des réponses concrètes. Dans la dernière décennie, il avait notamment créé la Maison du droit et de la justice, un outil efficace qui vient d'être agrandi.

En 1998, l'Etat a institué le Contrat local de sécurité. Notre Ville a été la première signataire d'un tel engagement en présence du ministre de l'intérieur de l'époque. Jusqu'en 2001, le CLS existait et fonctionnait. En 2002, il est devenu le Conseil local de sécurité et de la prévention de la délinquance. Avec pour objectifs de réfléchir, proposer, coordonner et agir intelligemment.

Or, si le CLSPD d'Aix a bien été créé et voté à l'unanimité en février 2003, il n'a pas été réuni avant février 2004 ! A cette unique réunion plénière, des engagements ont été pris en présence du Procureur, du sous-préfet, du commissaire de police, de l'inspecteur d'académie, des élus, des collectivités locales partenaires, des fonctionnaires, des personnalités qualifiées et des associations. Mais, en dehors de la tenue de quatre groupes de travail en mai 2004 auxquels d'ailleurs aucun élu de la majorité n'a participé (un comble, les deux seuls présents étaient membres de l'opposition !), nous n'avons plus rien vu.

Pourtant, répétons-le, on avait cru comprendre que la lutte contre la délinquance était l'axe prioritaire du gouvernement. Quant au maire, elle a beau proclamer, après chaque événement sérieux, qu'elle vient "d'envoyer une lettre au ministre de l'intérieur", rien n'y fait. "J'ai toujours été sécuritaire", proclame-t-elle lorsqu'on lui reproche ses envolées. Malheureusement, sa parole est devenue inaudible par ceux-là mêmes qu'elle soutient.

Caméras ou projet global ?

Alors, pourquoi pratiquer l'incantation, agiter les bras et continuer à faire croire qu'on va "terrasser" la délinquance ? Pourquoi avoir, en reniement de la loi et des engagements, rendu cette belle idée de CLSPD opaque et inopérante ? La municipalité doit impérativement faire fonctionner les instances relevant de sa compétence. Elle doit aussi accroître l'aide apportée aux structures spécialisées.

Certes les effectifs de la police municipale ont été renforcés. Elle fait très bien son travail mais on ne peut recruter sans cesse et se substituer à l'Etat qui doit donc prendre ses responsabilités. Ce ne sont pas les annonces de renforts de circonstance de forces de la police nationale qui compenseront ni les pertes, ni les nouveaux besoins. Quant aux 38 améras de vidéosurveillance envisagées pour le centre ville et une zone commerciale, ce qui aura pour effet de déplacer les risques vers d'autres secteurs, elles n'auront pour fonction que d'enregistrer les actes éventuels qui ne seront décryptés que… le lendemain ! Comme dans un film de série B.

Tout cela n'est qu'un bout du problème. Lutter contre le chômage, permettre de se loger, activer une politique sociale, éducative et citoyenne, remettre des services publics au cœur de la vie des quartiers aixois sont autant d'éléments efficaces qui peuvent concourir au sentiment de bien-être et de sécurité. Cela s'appelle un projet cohérent et pragmatique bâti avec des moyens humains et financiers.

Urgence pour la République

Personne ne se réjouit de l'aggravation de l'insécurité à Aix et du tour chaque jour plus dramatique que prennent les délits en constante augmentation commis contre les biens et les personnes, dans les rues, dans les commerces, à tout instant de la vie quotidienne. Personne n'est à l'abri, les policiers eux-mêmes ou les pompiers en sont aussi les victimes !

Les faits s'accumulent. Ils créent un sentiment de malaise encore plus fort, notamment chez les plus vulnérables de nos concitoyens en centre ville et dans l'ensemble des quartiers aixois. Face à l'urgence, les gesticulations verbales ne peuvent plus faire illusion. La situation appelle un ressaisissement et des efforts à la hauteur du problème. Nul ne niera que la répression soit utile pour la sécurité publique mais elle doit nécessairement s'accompagner d'une démarche de prévention.

Il faut rétablir la police de proximité, non pas une police de confrontation mais une police démocratique, réconciliée et insérée dans la population et à son service. Il faut aussi rétablir l'aide aux associations locales. Va-t-on y répondre enfin de manière sérieuse et efficace ? C'est le prix à payer pour garantir à tous et à chacun le droit à la sécurité que leur reconnaît la République.

Deux déclarations à propos de la dernière loi

Jacques Beaume, procureur de la République à Marseille : "En matière de délinquance, neuf actes sur dix font l'objet d'une réponse pénale. Quand on nous taxe d'impunité, vous le voyez, c'est le contraire."

Jean-Pierre Rosenczveig, président du tribunal pour enfants de Bobigny: "Cela nous ramène, non pas en 1945, ni même en 1912, mais en 1906, lorsque la majorité pénale était encore à seize ans. La grande idée de 1912 a été d'introduire le temps du travail social au sein de la justice, dans le but, bien sûr de punir un délinquant, mais surtout de le transformer et de faire en sorte qu'il ne soit plus un délinquant demain. Quant à l'ordonnance de 1945, ce qui fait sa pertinence et son actualité, c'est qu'elle comprend que, si le même jeune réitère les mêmes délits, il faut s'attaquer à ce qui vicie cette période de sa vie. La justice des mineurs tient compte du fait que l'enfance est une période longue. Normalement, on juge les mineurs sur leurs actes, sur ce qu'ils étaient avant leurs actes et sur ce qu'ils sont devenus. Si maintenant le gamin, dès qu'il arrive, est jugé sur ce qu'il a fait, sur ce qu'il était, mais jamais sur ce qu'il est devenu, on ne prend plus le temps de le transformer."

16 décembre 2006

Brin de sagesse

silenceCette fin de semaine, forçons nos méninges à faire preuve d'un peu de retenue.

"Il y a des moments dans la vie où il faut être économe de son mépris vu le grand nombre de nécessiteux." François-René de Chateaubriand

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