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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO

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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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26 janvier 2007

Sans vouloir vous offusquer, Nicolas Sarkozy

LogoLeMondeJ'ai aimé cet article dans Le Monde du 19 janvier, signé Pierre-Louis Basse, écrivain, auteur de "Guy Môquet, une enfance fusillée" (Stock, 2000). Dense, bien ciselé, il remet en place l'imposteur Sarkozy, usurpateur de l'Histoire…

Cher Nicolas Sarkozy, c'est un joli message que vous avez tenu à nous envoyer depuis la porte de Versailles. Je dis "nous" pour désigner ma famille, voyez-vous, une famille qui se situe plutôt à gauche, depuis plusieurs décennies. Il faut dire que la politique ne déteste pas ce genre de tournants. Je comprends cela. On s'échauffe un peu, on s'emballe, l'air du temps vous pousse à prendre quelques risques verbaux – aidés en cela par des intellectuels touchés eux aussi par votre charisme – et hop ! le temps d'un meeting, c'est toute l'histoire de notre pays que vous parvenez à ramasser dans votre manche. Bien joué président. Très fort.

Hier, Doc Gynéco, le vide et la frime, Pascal Sevran, et ce soir, Jaurès... Hugo... Mandel... La tête me tourne. C'est fou n'est-ce pas, ce que la société du spectacle peut avoir comme talents. Tous ces noms. Ces visages marqués au coin de la générosité. Le don de soi. Jusqu'à ce jeune homme de 17 ans, Guy Môquet (Le Monde du 16 janvier), fusillé évanoui, le 22 octobre 1941, avec 26 autres de ses camarades, tandis qu'un soleil d'hiver cinglait le camp de Choisel à Châteaubriant. Je n'en crois pas mes yeux. Franchement, je trouve que TF1 a été trop court dimanche soir. A force de culpabiliser, d'imaginer qu'ils en font trop pour vous dans la campagne, ils ont manqué l'essentiel. "J'ai changé", dites-vous, avec de vrais trémolos dans la voix. Ça n'est plus un changement, cher Nicolas Sarkozy, c'est une révolution. Certes, une révolution "de palais". Mais une révolution tout de même !

Votre discours, je l'ai entièrement relu. C'est important la relecture. En creux, il y a tout de même ces petites habitudes. Ces tics qui reviennent, tapis dans l'ombre et rabattent légèrement le caquet du lyrisme. D'abord, l'empathie et la mémoire : "Ma France... Ceux qui croient au ciel et ceux qui n'y croient pas... Celle des travailleurs qui ont cru à Jaurès et à Blum..." Ne manquaient plus à l'appel que Louise Michel, Gabriel Péri ou Georges Politzer. Mon dieu, que fait la gauche ? Sur le coup, j'ai cru à une lecture publique de l'Aragon du Roman inachevé. Presque du Jean Ferrat dans le texte.

Grâce à vous, cher Nicolas Sarkozy, une fin de l'histoire est revisitée. Tous ces grands chênes, debout, derrière vous seul ! Une République des justes. Et puis j'ai fini par réagir. On se pince. Vous savez, comme lorsque nous sortons d'un étrange sommeil. Cette sieste assassine qui nous fait perdre le nord. Plus loin en effet, j'ai bien lu : "Cette gauche immobile qui ne respecte plus le travail... Cette République virtuelle qui veut donner un diplôme à tout le monde..."

Alors, j'ai fini par remonter à ma propre surface. J'avoue que j'ai rêvé le temps d'un verbatim... Je me suis brusquement rappelé ce que me confiait mon grand-père, évadé de Châteaubriant avec Auguste Delaune, un mois après la fusillade, repris, déporté à Mauthausen, et copain de votre nouveau héros, le jeune Guy Môquet : "En 1936, me disait Pierre, tu sais, la droite française, dont une partie non négligeable épousera la collaboration, les fameux capitulards, traitait le ministre Léo Lagrange, créateur des colonies de vacances, de ministre de la paresse..."

Et là, voyez-vous, tout est remonté. Tout, je vous assure. Un courant revenu de loin. J'avoue. Je me suis laissé porter par la vague de ma mémoire de gauche. Les premiers congés payés ; La Baule pour les prolos, un salaire digne pour le travail des femmes, et, plus tard, les accords de Grenelle au printemps 1968 ; le smic, revalorisé, dès 1981, l'abolition de la peine de mort. Une sorte d'inventaire. Tout cela, cher Nicolas Sarkozy, obtenu grâce à des luttes. Des avancées, comme on disait à la maison, jamais offertes. Toujours conquises. Je dois dire aussi, sans vouloir vous offusquer, m'être brutalement rappelé votre difficulté en direct, à commenter la mort du dictateur chilien, Augusto Pinochet. Votre silence m'est apparu assourdissant. Les crimes de droite, impulsés directement par l'administration américaine de l'époque, ne vaudraient-ils pas ceux de gauche ?

Vous aurez noté ma bienveillance à ne pas souligner vos propos malheureux sur cette banlieue où je vis et qui méritait d'autres égards que le simple vocable de "Kärcher". Cette banlieue d'où partirent, cher président, tant de jeunes résistants, armée des ombres de la première heure, dans les brumes de la porte de la Chapelle, Aubervilliers ou St-Ouen. Impossible, n'est-ce pas, dans un tel cortège, d'oublier ces figures étrangères au visage glabre et noir de barbe mal rasée, que déjà l'on stigmatisait sur ces affiches rouges placardées sur les murs de Paris... Missac Manouchian, le tourneur arménien des usines Citroën, Rino Della Negra, le footballeur du Red Star, Joseph Boczov, Stanislas Kubacki, Marcel Rayman... tous fusillés le 21 février 1944 au mont Valérien.

"Le courage, écrivez-vous, consiste à surmonter sa peur..." Oserais-je vous rappeler qu'en plusieurs décennies Neuilly, votre premier grand bastion politique, a presque ignoré le logement social ? C'est ce qu'il y a de terrible dans les familles politiques, cher Nicolas Sarkozy : elles résistent au temps. Et au spectacle. J'aime assez cette phrase de François Mauriac, au soir de sa vie, lorsqu'il évoque la répartition des rôles dans le soulèvement contre l'envahisseur. Une période dont vous avez fait la matrice de votre discours, porte de Versailles : "La classe ouvrière française, dans ses profondeurs, est seule à être restée fidèle à la patrie profanée." Il serait temps que la gauche s'en souvienne.

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25 janvier 2007

Certains oiseaux vont devoir replier leur zèle

chiffonniers

A vrai dire, depuis lundi, je me sentais un peu chiffonné. J'avais pressenti ce qui allait se passer. Dans un billet, j'avais parlé de ceux qui se jettent "comme des vautours sur la misère." Et, surprise, ce mercredi, deux journaux s'y sont mis aussi. Et comme il faut !

D'abord, bien sûr, Le Canard enchaîné qui n'en rate pas une. Des moments de vérité comme celui-là, cela ne se boude pas. Il faut sans doute comprendre que les personnages caricaturés ici sont pris comme des symboles pour tous ceux qui ont eu tendance à se comporter de la sorte. L'article qui suit le dessin remet d'ailleurs à l'heure pas mal d'horloges déréglées avec le temps et le froid. Il y en a un peu pour tout le monde mais surtout pour ceux qui auraient eu la mémoire courte et l'hypocrisie durable.

Et puis, dans La Provence, un piquant édito intitulé "Récup" d'Hervé Vaudoit qui a fait barrage à "un torrent de réactions attristées parmi les élus du Pays d'Aix" en ne publiant pas leurs communiqués très émus. En quelques mots, il rappelle aux uns et aux autres qu'il ne faut quand même pas pousser quand on n'a pas construit assez de logements sociaux, qu'on a refusé les aires d'accueil pour les gens du voyage ou qu'on a fait appel aux juges pour expulser les SDF.

C'est bien fait, c'est bien envoyé, ce n'est que mérité. Je connais quelques oiseaux qui vont devoir replier leur zèle. Alors, restons lucides et guettons le ciel un peu moins encombré depuis hier.

25 janvier 2007

BILAN 4 : le document pas vraiment social de la mairie

Bilan_socialLe grand public ne s'en doute guère mais l'analyse d'un tel document permet de comprendre la façon dont une équipe municipale gère un budget. Après trois reports, le bilan social 2005 accompagné d'une synthèse sur cinq ans du fonctionnement du personnel municipal a enfin pu être discuté au conseil municipal.

Il s'agit certes d'un rapport technique mais aussi à caractère politique et, à tout le moins, faisant l'objet d'une politique. C'est un sujet sensible car il concerne des personnes. Mais je suis resté dans le domaine des résultats et des choix faits par la mairie.

En fait, le débat a été introduit par le directeur des ressources humaines au nom du maire, déléguée au personnel. Il en a mieux valu ainsi, le maire étant loin de connaître tous les détails de la situation, c'est peu de le dire.

Deux mises au point concernant les agents précaires ont été nécessaires pour lever l'amalgame habituel qu'elle entretient mensongèrement sur les chiffres. Depuis le début du mandat, le maire prétend qu'elle a trouvé 500 agents en emplois aidés. Les documents disent clairement qu'il s'agit de 409 personnes en 2000. Avec les recrutements de l'actuelle équipe (d'ailleurs avec des contrats encore plus précaires), le total est monté à 428 en 2001. Ensuite, au sujet de l'intégration progressive au sein du personnel, ce n'est pas un exploit, nous l'aurions fait nous-mêmes si nous avions été majoritaires.

Sur les autres aspects, parmi les points à retenir, à périmètre constant, en incluant tous les personnels transférés à la CPA (Services incendie, collecte ordures ménagères, piscines, musées), en 2005, les chiffres des effectifs sont quasiment identiques à ceux de 2000. Cela veut dire qu'il n'y a pas eu baisse de la pression sur le fonctionnement. En effet, l'écart entre 2000 et 2005 pour les effectifs de la Ville stricto sensu (tous statuts) est de - 310 (2479 à 2169) alors que les transferts cumulés à la CPA sont de 425.

A ce propos, pour que l'analyse globale soit réellement pertinente, un autre débat aurait mérité de s'instaurer sur le coût des transferts et sur les recrutements opérés par la CPA qui induisent des dépenses supérieures aux transferts (1 transfert équivaut à payer 1,5 emploi). Ce sont là des observations de la Cour des comptes.

Pour ce qui est de l'évolution de la masse salariale, deux pourcentages sont à comparer. En 2000, les dépenses en personnel représentaient 50,36% du budget. En 2005, elles sont de 54,22% et seront de 54,72% en 2007. Il y a donc dégradation.

Pour les heures supplémentaires, si leur réduction est un point positif, on constate des disparités par services.

Au sujet de la formation des personnels, pour 2005, le nombre de journées, en baisse par rapport à 2004, est de 7806 (pour un coût de 754 654,82€). 27% du volume ont été assurées par des organismes extérieurs soit 40% de la dépense. J'ai insisté sur l'effort important à faire pour les catégories C dont les besoins sont plus grands.

J'ai également interrogé le maire sur les déperditions observées dans les journées réellement suivies par rapport aux demandes validées. Environ 35% des formations n'ont pas lieu sans que jamais la question n'ait été posée ! Il y a manifestement mauvaise appréciation des quantités et mauvaise adéquation avec le budget nécessaire. En fait, cela veut dire qu'il y a sûrement de l'argent non utilisé. J'ai aussi souhaité que le conseil municipal puisse disposer de la liste des actions menées et des organismes extérieurs et privés qui assurent des formations.

Enfin, les nouvelles méthodes d'évaluation et de notation ne font pas l'unanimité des personnels, certains trouvant le système inéquitable et trop subjectif et partial.

Pour les accidents de travail, la moyenne aixoise est supérieure à la moyenne nationale. Un effort important sera à faire pour y remédier.

En conclusion, j'ai rappelé que j'ai contesté le nouveau régime indemnitaire institué en 2004 notamment à propos du principe du traitement d'égalité des agents et sur des critères objectifs et qu'il est toujours au Tribunal administratif.

J'ai regretté que le bilan ne présente pas de perspectives sur 5 ans au moins. Cela aurait eu entre autres pour avantage de programmer des dépenses, de répondre à l'évolution des métiers, à la mobilité interne, à l'accès à la promotion sociale, d'assurer la qualification du plus grand nombre et d'obtenir plus de performance et donc de services rendus au public.

Malgré ce débat, le maire persiste à se déclarer satisfaite de son bilan ! Ce n'est pas l'avis de beaucoup de personnels...

24 janvier 2007

En rire pour ne pas en pleurer…

Voeux_maire

Bonna année à toussa, surtout bonna santé, c'est ça qui compta le plussa.

Ah ! Les belles cérémonies de vœux ! Le monde est beau, c'est grâce à moi. Certes, tout n'est pas parfait, il reste encore beaucoup à faire. Vous avez vu mon bilan ? Eh bien, vous pouvez compter sur moi pour faire le boulot.

Et hop, vite le buffet, sinon ce ne serait pas des vœux ! Après avoir bu les paroles, allons trinquer à l'avenir radieux. Bon, admettons que cela plaise, chacun fait comme il veut.

Pourtant, me reviennent en mémoire quelques bribes d'annonces parmi beaucoup d'autres qui devaient changer la face d'Aix.

La tour rouge de Sextius : pas belle, je vais la faire repeindre aux couleurs de la Provence. Toujours écarlate, la tour !

Le Museum d'Histoire naturelle : pas bien là, je vais le délocaliser à Châteauneuf-le-rouge pour en faire un Museum des sciences. Toujours à sa place, le museum, on attendra le siècle prochain peut-être !

Le siège de la CPA : pas pratique l'actuel, je vais en construire un autre grandiose. Toujours dans les cartons, le projet, il n'y a plus d'argent.

Le grand jardin de la Rotonde : pas de verdure à cet endroit, je vais vous faire un parc dont vous me direz des nouvelles. Toujours du béton autour des arbres. Quoi, ça ne vous plaît pas ?

L'habitat social : pas assez à Aix, je vais vous donner des appartements, moi. Toujours le grand néant, le logement, vous croyez que j'ai une baguette magique ou quoi ?

Le thermalisme : pas fini, je vais vous en trouver de l'eau, il n'y a qu'à creuser. Toujours en panne sèche, les sources, le temps que l'eau coule sous les ponts.

La population : y a déjà assez de monde à Aix, je ne veux pas d'une ville qui grandisse trop. Toujours croissante, la démographie, je n'y suis pour rien, les gens viennent s'installer sans que je puisse contrôler quoi que ce soit. Ne vous fichez pas de ma pomme en plus.

Bon, j'arrête là pour aujourd'hui. J'ai un point de côté. Je ne sais pas si c'est parce que je me retiens d'en rire ou d'en pleurer… Meilleurs vœux à tous, on n'y pense plus, on regardera ça de plus près l'année prochaine.

Ah, j'allais oublier. Les sans-abri : pas bien ces gens-là, je vais les faire expulser en moins de deux. Toujours sous les tentes, les miséreux, ils ont franchi le cap de l'année et moi j'ai perdu au tribunal, je ne suis pas avocate et maire pour rien quand même.

24 janvier 2007

Solidarité n'est pas charité

liberationA lire, cette analyse dans un article de référence de Libération du mardi 23 janvier, par Serge PAUGAM, directeur d'études à l'EHESS. Le dernier ouvrage collectif paru sous sa direction : "Repenser la solidarité, l'apport des sciences sociales" (PUF).

L'ARTICLE. La question de la solidarité est souvent appréhendée comme une démarche individuelle sous la forme d'un engagement volontaire pour venir en aide à ceux qui souffrent. Elle incarne une action valorisée socialement, mais dont on aime à rappeler le caractère électif : "Solidaire, oui, mais seulement si je veux..." Les défenseurs de la pensée libérale classique, qui se méfient depuis toujours d'un Etat social bureaucratique gouverné par une administration jugée contraignante, ne peuvent qu'encourager ces formes spontanées et souvent généreuses de la solidarité privée. Ils sont relayés par tous ceux qui aujourd'hui déplorent une culture de la déresponsabilisation individuelle et vont, dans certains cas, jusqu'à dénoncer l'imposture des droits sociaux.

A l'opposé de cette conception, le solidarisme de Léon Bourgeois, tel qu'il a été pensé dès la fin du XIXe siècle, était fondé sur l'idée que la justice sociale ne peut exister entre les hommes que s'ils deviennent des associés solidaires en neutralisant ensemble les risques auxquels ils sont confrontés. La socialisation du risque qui avait ainsi pris le pas sur la notion de responsabilité individuelle apparaît aujourd'hui en recul. On assiste bien en France à une érosion du socle historique de l'Etat social. Les assurances sociales sont en réalité de moins en moins sociales. Les notions classiques d'universalité des droits, de prévention, de redistribution institutionnalisée sont peu à peu remplacées par des notions de responsabilité individuelle, de ciblage de la protection sociale, de prise en compte individuelle des besoins. On peut donc se demander si la solidarité, organisée sous la forme d'un contrat social, n'a pas déjà plus ou moins perdu la partie. Ce débat prend même des formes sophistiquées à chaque fois qu'il est question du financement de notre protection sociale. Mais ne risque-t-on pas aujourd'hui, en opposant ainsi de façon radicale la responsabilité individuelle et la responsabilité sociale, de perdre de vue ce qui constitue le fondement de toute société humaine.

Rappelons-nous les leçons d'Emile Durkheim et de Marcel Mauss. Selon ce dernier, le citoyen doit être ni trop bon et trop subjectif, ni trop insensible et trop réaliste. Il faut, disait-il, dans son célèbre Essai sur le don, qu'il ait un sens aigu de lui-même, mais aussi des autres, de la réalité sociale et qu'il agisse en tenant compte de lui, des sous-groupes, et de la société. En réalité, il ne peut exister de société humaine sans solidarité entre ses membres.

La vie en société place tout être humain, dès sa naissance, dans une relation d'interdépendances aux autres et la solidarité constitue à tous les stades de la socialisation le socle de ce que l'on pourrait appeler l'homo sociologicus, l'homme lié aux autres et à la société, non seulement pour assurer sa protection face aux aléas de la vie, mais aussi pour satisfaire son besoin vital de reconnaissance, source de son identité et de son existence en tant qu'homme. Mais le risque n'existe-t-il pas que cette interdépendance fonctionnelle soit méconnue et que les individus, à mesure que croissent leur autonomie et leur liberté, se sentent libérés de toute dette à l'égard des générations passées, peu sensibles au destin des générations futures, et hostiles à l'idée d'une redistribution à l'égard des plus défavorisés ?

Puisque chaque individu dépend des autres, la solidarité doit correspondre à une morale partagée par tous. Dans les sociétés modernes, cette morale passe par un contrat social. Or ce dernier a été défini à la fin de la seconde guerre mondiale. Il doit aujourd'hui être réévalué à l'aune des nouveaux défis auxquels la société française est confrontée : crise de la société salariale entraînant un risque accru de disqualification sociale de franges importantes de la population active ; inégalités entre les générations qui se traduisent par des difficultés accrues pour les jeunes de participer pleinement à la vie économique et sociale ; inégalités de genre ­ dans le travail, la rémunération et l'accès aux fonctions de responsabilités dans la sphère publique ­, lesquelles tardent à être reconnues et combattues ; discriminations à l'égard des immigrés et des Français d'origine étrangère ; ségrégations urbaines et scolaires qui suscitent un doute sur nos modèles d'intégration.

La solidarité correspond à une responsabilité à la fois individuelle et sociale. Ce sont deux dimensions qui se renforcent mutuellement. La liberté individuelle n'est atteignable, dans une société démocratique, qu'à la condition d'offrir à chacun la possibilité de l'exercer pleinement. Cette ambition passe par le recours à la notion de responsabilité sociale. Avant d'incriminer les plus faibles en les rendant responsables de leur sort, il faudrait se poser la question de la place des plus défavorisés dans le système social. Est-ce normal que les moins qualifiés soient aussi les moins protégés en termes de couverture sociale ? Est-ce normal que les enfants des milieux défavorisés soient condamnés à échouer dans le système scolaire sans avoir la chance d'acquérir les bases nécessaires à leur intégration sociale ? Est-ce normal que les moins qualifiés aient moins accès à la formation continue que les plus qualifiés ?

Pour renouveler le contrat social, il faut commencer par débattre. La France a besoin d'améliorer sa politique d'éducation et de formation continue pour donner à chacun de réelles chances d'être intégré dans la vie professionnelle. Elle a besoin d'une grande politique du logement social pour permettre enfin aux plus défavorisés d'avoir un toit. Elle a besoin d'un rééquilibrage des quartiers urbains pour désenclaver les territoires où se concentrent toutes les inégalités, les humiliations et les souffrances. Elle a besoin d'une politique sociale et éducative pour offrir à tous les enfants, dès le plus jeune âge, de meilleures chances d'épanouissement et à leurs parents les moyens réels de mieux concilier leur vie professionnelle et leur vie familiale. De la réponse à ces questions dépend le re-décollage de la France. La solidarité en est une condition. L'investissement dans le capital humain, dans la protection sociale, dans des emplois de qualité, ne constitue pas une dépense superflue. Il s'agit au contraire d'accroître notre efficacité collective à sortir la France par le haut. Face à une économie de plus en plus flexible et globalisée, la comparaison de la France avec d'autres pays européens nous montre qu'il existe des marges d'autonomie pour les réformateurs sociaux en faveur d'une intégration plus solidaire.

La campagne pour l'élection présidentielle doit être un moment privilégié pour réfléchir ensemble sur les fondements de cette solidarité à réinventer.

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23 janvier 2007

Comme des vautours sur la misère

"Vous voulez la misère secourue,

moi, je la veux supprimée." Victor Hugo

Désolé, je vais sans doute choquer.

Ce lundi, un homme est mort comme il a vécu, pauvre et digne.

Sa vie durant engagé au service des autres, il a agi en politique à la place des politiques.

Alors, est-il normal qu'en 50 ans au moins, l'Etat se soit à ce point renié pour abandonner l'action publique et ne pas faire son boulot ?

Est-il normal que ce soient toujours les pauvres qui doivent aider les pauvres par charité ?

Est-il normal que le fardeau de la lutte contre la misère soit massivement porté par des associations ?

Est-il normal qu'il faille compter sur des personnes providentielles de grande volonté pour s'exonérer d'une mauvaise conscience ?

Est-il normal qu'Emmaüs, les Restos du cœur, les Enfoirés, les Enfants de Don Quichotte, les Secours divers, le Téléthon, et j'en passe, suppléent autant le cynisme et les carences de l'Etat ?

Est-il normal que les télévisions puent autant la richesse et jettent autant d'argent par les lucarnes ?

Est-il normal que des individus s'engraissent sans vergogne jusqu'à l'obésité de leurs comptes en banque sur la sueur de ceux qui produisent les biens de leurs propres mains ?

Est-il normal qu'aujourd'hui on entende à la télé des journalistes dire "mais qui va prendre la relève ?" comme pour formater les esprits à l'idée d'un système inéluctable de la débrouille ?

Est-il normal que des "personnalités" viennent montrer leur gueule défigurée de vautours hypocrites sans même décréter, toutes affaires cessantes, la guerre complète et définitive contre la misère et la pauvreté ?

J'ai honte de tous ceux qui font semblant de venir rendre hommage à ce chétif cadavre au profit de leur propre image.

Inutile de faire pleurer. Les larmes risqueraient bien de voiler encore longtemps la perception du problème.

SDF et ISF pourraient tout aussi longtemps continuer à faire une rime pour riches.

En ont-ils fait, en font-ils, en feront-ils jamais autant que ces gens de peu en font pour les besogneux pour avoir le droit de racoler devant les micros et les caméras ?

En tant qu'être humain, j'ai honte de cette émotion exploitée jusqu'à la nausée.

En tant que citoyen, j'ai honte que la République soit complice de l'anéantissement de ses enfants.

Il n'est que temps de se lever.

(voir aussi mon article "50, 22, 20 et… 5" du jeudi 7 décembre 2006)

22 janvier 2007

Hulot, retour triomphal à TF1

hulot_outVoilà, maintenant, on sait. Par lucidité, Hulot a dit non à la candidature et oui à TF1. Nul doute que la chaîne la plus écologique d'Europe lui fera un triomphe et lui accordera un plus pour ses programmes. On s'en réjouit d'avance pour lui. Moi, je vais me contenter de verser quelques larmes vertes car, ne regardant jamais TF1, j'aurai moins souvent l'occasion de le voir à la télé et dans les médias. Lisons quand même ce que Claude-Marie Vadrot publiait sur son blog hier dimanche.

Hulot : l'insoutenable attente

Séquence frisson : Nicolas Hulot, demain lundi au Palais de la Découverte, dira si oui ou non il est candidat. Ce naïf en politique, dans le fond persuadé que pour l’écologie, la droite et la gauche ont les mêmes réponses et les mêmes outils, aura réussi en quelques mois, à entretenir l’impression que les politiques étaient sur le point de se préoccuper sérieusement d’écologie : séquence illusion.

Il aura réussi aussi, hélas, à faire croire qu’en dehors de lui, il n’y avait point d’écologie : séquence déception. Tant pis pour les autres, ceux qui ont construit et proposé depuis des années, des programmes autrement efficaces, structurés et radicaux que le pâle "Pacte écologique" : séquence destruction.

Nicolas Hulot a pris le risque de ruiner son efficacité de présentateur télé (maintenant) voué à l’écologie. Il fait aussi la preuve que si les télévisions évoquaient plus souvent les questions d’environnement et de protection de la nature, l’opinion publique serait mieux informée et ferait pression sur des élus qui ne se sont vaguement et provisoirement lancés dans l’écologie que pour avoir l’air de ne pas laisser passer une mode.

Que Hulot se présente ou non, parce qu’il aura attendu bien trop longtemps pour se décider, il aura fait beaucoup de dégâts. Sauf dans le monde politique qui oubliera vite l’écologie.

Le 24 janvier, le Conseil de la Fondation Nicolas Hulot, dont tous les membres sont opposés à la candidature de leur porte-parole, se réuniront pour faire le compte des dégâts et pour envisager l’éventualité de la disparition de la Fondation.

http://horreurecologique.blogspot.com

22 janvier 2007

Que se passe-t-il au Centre culturel du Jas ?

Le point sur le dossier du CECDC

Etrange et soudain rebondissement au conseil municipal de janvier sur le dossier du CECDC. La mairie décide de réduire à la hache la subvention au Centre européen de création et de développement culturel du Jas de Bouffan. Qu'a-t-il bien pu arriver ?

En un paragraphe sibyllin, il est dit que des recentrages des missions ont eu lieu, que l'association n'a plus besoin d'autant d'argent – la subvention passe de 279 000€ à 87 000€ - et que la Ville souhaite se désengager par souci de clarté. Ni plus ni moins. Pour qui veut comprendre, il n'y a qu'à circuler.

La vérité est sans doute ailleurs. Une nouvelle analyse du fonctionnement catastrophique de la structure semble avoir motivé ce revirement.

cecdc_patio

En décembre, le maire a dit qu'elle ignorait s'il y avait eu un nouvel audit… alors qu'elle l'avait elle-même demandé un an auparavant ! Et voici qu'un mois après, une délibération vient tout chambouler. Une telle décision peut-elle se prendre en un si court délai sans que le maire ne soit au courant des tenants et des aboutissants de la situation ? Je ne peux le croire. En réalité, la mairie tente d'agir vite et "à chaud" pour camoufler une situation devenue intenable.

Que s'est-il passé ? Pour comprendre, un rappel des faits antérieurs est nécessaire. Cette structure créée de toutes pièces par la Ville le 10 janvier 2003 avait été transférée à la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix le 1er janvier 2004. Depuis le début, elle fonctionnait avec des co-financements assurés par la Ville Aix, la CPA, le Conseil régional, le Conseil général et l'Etat pour une partie des salaires des emplois aidés. Très vite, le budget général a dépassé 1M€. La part de la Ville était fixée à 279 000€ par une convention de trois ans.

M'interrogeant sur le fonctionnement, à plusieurs reprises, j'ai demandé officiellement des informations précises et les comptes de l'association. A chacune de mes questions, il était invariablement répondu que tout allait bien. Or, un audit, que j'ai eu le plus grand mal à me faire remettre, était publié et même débattu en conseil municipal en décembre 2005.

Sur la forme, même si l'audit tentait de minimiser les dysfonctionnements, les conclusions étaient alarmantes. Quant au fond, il ne faisait aucun doute que des irrégularités avaient été commises.

A ce titre, le Conseil général a pris la décision de se retirer du conseil d'administration et de ne plus subventionner le centre.

Dans ses activités, le CECDC est plus une boîte qui héberge des créateurs et des artistes qu'une machine à produire elle-même. Il est une sorte d'intermédiaire des associations ou organismes qui produisent et qui doivent se contenter de la portion congrue en termes de financements, les charges de personnel étant très importantes. Cela ne serait pas si grave si l'audit n'avait pointé de graves manquements depuis l'origine en 2003.

En décembre 2005, m'adressant au maire, j'avais fait le résumé suivant.

"L'improvisation totale et le manque de sérieux de la rédaction des statuts initiaux, confus et inadaptés, même modifiés en 2004, n'ont pas réglé les dysfonctionnements constatés. Cela a entraîné des irrégularités graves qui rendent nulles ou contestables nombre de décisions financières de la structure. Cela s'est fait en présence des élus qui y siègent au nom du conseil municipal. J'y vois là une carence grave de vos élus qui auraient dû s'attacher à un contrôle minutieux et rigoureux des deniers publics.

A ce titre, leur responsabilité est engagée et la vôtre aussi Mme le maire, également présidente de la CPA. Pire, cela faisant, vous avez embarqué d'autres partenaires institutionnels et des administrateurs bénévoles dans l'opacité de votre gestion alors qu'au départ un consensus avait été établi avec des gens de bonne foi. Quant au reste, les mauvaises pratiques ne pouvant faire loi, vous avez rendu le contrôle du conseil municipal impossible.

-- Au sein du CECDC, des décisions ont été prises sans quorum statutaire, entachant ainsi leur légalité.

-- La présence d'une personne agissant avec une "double casquette" de fonctionnaire municipal et de chef de projet de la structure est pour le moins ambiguë. Une attitude que l'on trouve avérée dans divers courriers sous sa signature à en-tête différents. Quel est donc le statut réel de cette personne ?

-- Enfin, il est à noter une autre ambiguïté entourant l'octroi de parts des subventions générales accordées au CECDC et reversées à des associations (voire des sociétés privées) sous couvert de co-réalisations. La Commune et la CPA auraient dû s'inquiéter des liens juridiques à établir entre le CECDC et les résidents porteurs de projets internes. Ces remarques, explicites ou implicites dans les rapports d'audit, pointent des circonstances incompatibles avec le respect des principes démocratiques de la vie associative.

On trouve ainsi dans l'audit que :

-- les tenues d'assemblées et les décisions irrégulières d'assemblées s'assimilent à des pratiques constitutives de gestion de fait,

-- la présence et le vote prépondérant d'élus ou de fonctionnaires au sein d'organes dirigeants indépendants peuvent être déclarés comptables de fait,

-- les opérations n'entrant pas dans l'objet social de l'association sont considérées comme "mandat fictifs" et sont une gestion de fait en dépenses. Il est étonnant de voir que les comptes fournis sont toujours présentés comme "estimés", "estimatifs", "intermédiaires", "provisoires" "prévisionnels", jamais comme des comptes définitifs entérinés par les assemblées générales du CECDC.

Il est difficile d'y voir clair alors que les sommes engagées sont considérables, toujours autour de budgets avoisinant le million d'€.

Et que dire des sommes allouées par la CPA sans que la structure ait établi une demande officielle de subvention ? Que dire de certaines dépenses jugées "discutables" ou "dispendieuses" dans l'audit ? Pour l'opération "saison Combas", le rapport note : "Le bilan prévisionnel présenté pour cette opération n'était pas sincère".

Vous dites que la situation générale se serait améliorée. Je pense le contraire si l'on en juge par les pratiques qui se poursuivent cette année encore avec des financements conséquents sans l'accord préalable du conseil d'administration du CECDC.

Le CECDC devait initialement gérer un équipement de proximité. Vous en avez fait une machine sans pilote, sans code, sans freins qui va droit dans le mur et ce sont nos concitoyens qui en paient les frais."

Ce mois de janvier, la volte-face de la municipalité ne laisse donc rien présager de bon. J'attends avec impatience la communication et la publication de la dernière étude. J'exige la transparence totale et la vérité complète sur le fonctionnement passé et à venir de cet équipement.

Je ne mettrai fin à mes demandes que lorsque toute la clarté aura été faite sur cette affaire.

21 janvier 2007

Antennes relais : la mairie cynique et inconséquente

pr_cautions

Ce n'est pas un sujet avec lequel on plaisante. Le problème causé par la proximité des antennes relais avec des lieux habités ou fréquentés par le public ne peut pas être traité par-dessus la jambe. Cela fait des années que partout en France et en Europe, des gens se mobilisent pour faire respecter le principe de précaution. Il s'agit de prendre en amont toutes mesures destinées à éviter d'avoir à agir après coup.

L'idée de la Charte de l'environnement qui a été ajoutée à la Constitution française en est la preuve. Dans notre pays, depuis au moins l'an 2000, des villes ont pris des décisions plus ou moins hardies pour faire face aux inquiétudes.

Le choix le plus généralisé a consisté à mettre en place une charte accompagnée d'un guide des bonnes pratiques. L'accord a toujours été signé entre les institutions et les opérateurs de téléphonie mobile. Dans ces documents, il est prévu de garantir l'information et la consultation des habitants pour rechercher la solution la mieux adaptée sans pour cela interdire la pose d'antennes.

On le voit, la démarche a déjà été expérimentée. Des exemples concluants existent. Ils peuvent servir de base à toute nouvelle situation comparable.

A Aix, depuis quelques mois, des habitants de plusieurs quartiers – Encagnane, Cuques, Pigonnet – ont fait part de leur souci en saisissant l'autorité la plus proche, la mairie. Le problème a été porté sur la place publique par le biais de tracts, grâce à des informations diffusées chez les habitants et par la presse.

En décembre, des questions ont été posées au conseil municipal par l'opposition. Le maire s'était engagée à agir, notamment pour les antennes posées sur un immeuble géré par l'OPAC Pays d'Aix Habitat dont elle est présidente et qui avait décidé d'installer ces antennes.

Double surprise après ce premier débat. Au conseil d'administration de l'Office, en l'absence du maire, le premier adjoint, des élus de la majorité et le directeur ont tenus des propos contraires aux annonces du maire. Peut-on être plus cynique ?

Puis, au conseil municipal de janvier, toujours en l'absence du maire, le premier adjoint a décidé de reporter le dossier qui prévoyait la création d'une commission visant à étudier la question. Par définition, le principe de précaution sous-entend des mesures d'urgence minimales telles que la désactivation des antennes contestées et la prise de décisions à titre conservatoire.

Le débat vient de prendre du retard et la responsabilité du maire peut-être engagée. Au mieux, la question ne sera de nouveau évoquée qu'au conseil de février. S'y ajouteront les délais de réunion et de travail de la commission. Si le sérieux est de mise - mais j'ai quelques doutes - les premières solutions ne verraient donc le jour que dans quelques mois. C'est carrément inconséquent.

L'association d'Encagnane vient de lancer un nouveau tract d'information destiné aux habitants (voir ci-après) reprenant une à une toutes les étapes de cette saga.

21 janvier 2007

"Aux habitants du quartier d’Encagnane"

LE TRACT. C’est parce que le danger des émissions électromagnétiques des antennes-relais est certain que nous avons immédiatement entrepris notre action. Ce ne sont pas les propos d’élus de la majorité municipale (de mauvaise foi et (ou) totalement ignorants en la matière) qui pourront nous persuader du contraire. 

Soyez convaincu que cette action n’a pas d’autre but que celui de faire appliquer le principe de précaution afin de préserver, pour le moins, la santé des habitants et des écoles de notre quartier. Non seulement notre activité ne s’est jamais interrompue mais, a contrario, à aucun moment elle n’a cessé de prendre de l’ampleur.

C’est pourquoi il serait fastidieux de l’énoncer dans le détail. Nous ne le ferons donc que sommairement.

-- Octobre 2006, une première lettre recommandée avec AR adressée à Mme la maire (sans réponse à ce jour).

-- Le 10 novembre 2006, rencontre (décevante) à la mairie-annexe avec la déléguée au quartier d’Encagnane et le premier adjoint.

-- Courant décembre 2006, une lettre des "50 femmes d’Encagnane" à Mme la maire (réunissant 150 signatures) est toujours sans réponse à ce jour.

-- Fin décembre 2006, une pétition (remise au secrétariat de la maire) ayant réuni 415 signatures est toujours sans réponse à ce jour. Cette pétition devra être poursuivie.

-- Le 18 décembre 2006, la question des antennes-relais est discutée au conseil municipal pendant 75 minutes. Lors de cette séance la maire a déclaré vouloir rompre le contrat des antennes-relais de l’Odyssée. Pour ce faire, elle a provoqué préalablement une réunion du C.A de l’OPAC à laquelle, contre toute attente, elle ne participera pas. M. Chorro, son représentant, s’opposera obstinément aux engagements de la maire.

-- Le 15 janvier 2007, nouvelle discussion au sein du conseil municipal. Mme la maire n’y participe pas, mais aux dires de M. Chorro s’engage à écrire une lettre au directeur de l’OPAC pour lui demander la désactivation des antennes de l’Odyssée (nous demanderons communication de cette lettre).

D’autre part, la maire veut créer une commission chargée de la réglementation de ces antennes-relais sur la commune mais sans consulter notre association et en privilégiant surtout les opérateurs qui sont responsables, avec l’actuelle municipalité, de l’inacceptable anarchie résultant d’un irresponsable laisser-faire.

Nous avons réussi à faire en sorte que ce problème soit le plus largement possible connu et débattu. En écho nous avons obtenu un soutien considérable. De partis, de femmes ou d’hommes politiques, d’élus municipaux : "Verts", "Union pour Aix", Parti Radical de Gauche, d’associations de défense des locataires, Union Locale CLCV, FO, de nombreux CIQ de la commune, de personnalités du monde médical.

La presse s’est emparée du problème, "La Provence", "La Marseillaise", ainsi que des associations nationales spécialisées : "Robin des Toits", PRIARTEM, ECOFORUM, NEXT-UP news, CRIIREM. De très nombreux sites Internet et blogs de discussions relaient l’information. Le quartier d’Encagnane et le problème de ses antennes-relais sont connus sur tout le territoire national et même au-delà. 

La responsabilité se situe aujourd’hui au niveau de Mme la maire. 

Nous qui avons intégré depuis notre enfance les principes de probité morale, le manquement par cette personnalité à la parole donnée publiquement de désactiver immédiatement les antennes-relais de l’Odyssée n’est pas acceptable. Est-ce là un exemple qu’il faut diffuser dans les écoles pour former les futurs citoyens responsables ?

Habitants du quartier, que nous soyons locataires ou propriétaires de notre appartement, nous avons tout à gagner dans le démantèlement des antennes-relais de l’Odyssée :

1. préservation de notre santé, celles de nos enfants et la qualité de vie de notre quartier. Les émissions d’ondes électromagnétiques sont incontestablement très dangereuses. Même dans le doute, il faut s’abstenir et appliquer le principe constitutionnel de précaution. Promouvoir l’innocuité de ces ondes, c’est soit être de mauvaise foi, soit être ignorant d’informations avérées.

2. expression de notre ferme opposition au mépris et au peu de considération dont nous sommes l’objet. (Pas de consultation préalable à l’installation des antennes-relais, pas de réponses à nos correspondances, refus par la maire de nous recevoir ou d’appliquer ses propres engagements et le principe de précaution dont elle prétend se réclamer dans ses discours…)

3. lutte contre la dévalorisation du quartier entraîné dans une spirale dépréciative déjà très sensible jusqu’ici et perte de valeur du patrimoine immobilier. (Sérieux défaut de préoccupation pour notre quartier de la part de nos élus responsables : entretien sommaire et aléatoire des espaces publics, investissements très insuffisants pour travaux neufs ou réhabilitations…).

C’est pourquoi nous devons poursuivre dans notre dynamique car elle n’est que justice.

Le "collectif Encagnane-Odyssée" s’est muté en Association qui offre plus de possibilités d’action. Nous vous solliciterons pour y adhérer moyennant une somme modique nous permettant de faire face à d’inéluctables dépenses que nous ne pouvons plus assurer individuellement.

Notre combat est le vôtre. Merci de votre soutien. A très bientôt !

Aix-en-Provence, le 19 Janvier 2007

collectifencagnane@laposte.net

Association d’Encagnane

contre les antennes-relais de téléphonie de l'Odyssée

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