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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO

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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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19 juillet 2008

La colère de Bayrou dans l'affaire Tapie

François Bayrou frappe fort ! Invité de RTL, il a vivement commenté la décision d'un tribunal arbitral qui a condamné le Crédit Lyonnais à verser 285 millions d'€ à Bernard Tapie dans le dossier Adidas. "C'est une opération d'intoxication. Cette somme, c'est le contribuable qui va la payer" a déclaré le président du Mouvement démocrate qui, par comparaison, fait remarquer que cela représente "la totalité des salaires annuels des 15.000 postes d'enseignants français qui vont être supprimés l'année prochaine" ou "l'effacement du déficit de l'hôpital public en France".

Quant aux 45 millions d'€ versés au titre de préjudice moral, il estime que cela lui donne "envie de casser la table" ironisant sur le mot "moral" et le "pedigree" de Bernard Tapie. Le président du MoDem demande qu'une commission d'enquête parlementaire soit mise en place pour savoir pourquoi la justice a été "remplacée" par des "arbitres". Au passage, il donne son avis sur la réforme des institutions et la politique des marchandages de Sarkozy.

On se sent vengé ! Mais attention, mieux vaut attacher les ceintures !

La vidéo est ici (8mn35) :

http://www.dailymotion.com/video/x65kk1_la-colere-de-francois-bayrou-dans-l_news

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17 juillet 2008

Le fichier EDVIGE, un décret liberticide signé Sarko

Nouvelles atteintes aux libertés ! Plus rien n'arrête Sarkozy. Après l’introduction de la génétique (tests ADN) dans le traitement des étrangers, après les diverses atteintes aux droits sociaux, après les lourdes menaces sur l’indépendance des médias, il entend maintenant ficher tous les citoyens, entre autres tous ceux qui sont engagés dans la vie publique.

C'est le sens même d'un décret dit "EDVIGE" (exploitation documentaire et valorisation de l'information générale) paru au journal officiel du 1er juillet 2008. A savoir, est concernée toute personne "âgée de 13 ans et plus" "ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif".

En clair, tous les citoyens ayant un jour souhaité s’investir pour leur cité, c’est-à-dire des millions d’entre nous présents dans les partis politiques, dans la vie élective, dans les syndicats, dans les associations culturelles, sociales, sportives, vont être fichés.

Et ce n'est pas tout. Sont aussi visés les proches, les parents et les amis. Et leurs fiches seront introduites dans les ordinateurs du ministère : "Les données relatives à l’environnement de la personne, notamment à celles entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites avec elle."

Toutes les données personnelles seront alors mises à disposition de la police et de la gendarmerie. Les données porteront sur toutes les informations relatives :

- à l'état civil

- à la profession

- aux adresses

- aux numéros de téléphone et adresses électroniques

- aux signes physiques particuliers et objectifs, photographies

- aux comportements (fréquentations, vie sexuelle...)

- aux appartenances et opinions politiques, philosophiques et religieuses

- aux véhicules, aux déplacements

- au patrimoine

- à l'appartenance ethnique

- aux parents, aux amis, aux proches.

Le gouvernement introduit un leurre en voulant faire croire que seules les personnes portant atteinte à l’ordre public feront l’objet d’un fichage concernant les données relatives aux déplacements et comportements. Le panel est plus large et beaucoup rentreront vite dans le champ de l’atteinte à l’ordre public !

Ce fichage est digne d’un état totalitaire. Le Pen en aurait rêvé, l’Etat Sarkozy l’a fait !

Le décret 2008-637 du 27 juin 2008 portant création d'un traitement automatisé

de données à caractère personnel dénommé "EDVIGE" :

http://www.syndicat-magistrature.org/IMG/pdf/Decret_no_2008.pdf

Le communiqué du Syndicat de la magistrature du 3 juillet 2008 :

http://www.syndicat-magistrature.org/spip.php?article729

L'article de Libération du 2 juillet 2008 :

http://www.liberation.fr/actualite/societe/336333.FR.php 

17 juillet 2008

Le Canard aussi se farcit Betancourt

canard_saga_betancourt

(Clic sur l'image pour agrandir)

Le Canard Enchaîné du 16 juillet 2008

15 juillet 2008

Betancourt : Ça tourne à la Farc…

Avertissement

Au risque d'aller carrément à contre-courant, voire de choquer,  ce qui suit n'a rien à voir avec la soupe médiatique déversée depuis six ans et plus particulièrement depuis le 2 juillet.

Est-il encore possible de parler méchamment contre l’air unanimiste de l’époque ? Difficile, dans un temps où l’on s’est persuadé que l’Histoire devait être morale et même gentille.

C’est cependant le défi que relève un journaliste de Montréal, sympathisant du Parti Québécois Radical (le PQR), obligé par les rigueurs de la censure canadienne d'écrire sous le pseudonyme de Laurent Jacques (comme celui de l'auteur "Caroline chérie"). Et puis, Claude-Marie Vadrot qui met au clair la scénarisation de la libération d'Ingrid Betancourt. Deux articles à lire assis, de préférence.

Lecteur

L'article de Laurent Jacques

Un journaliste qui aurait eu de l’humour, il en existe, aurait pu titrer, le 3 juillet au matin, "1211ème jour de liberté pour Florence Aubenas". Sans oublier, bien sûr, le nom de son chauffeur (quelque chose comme Saddam Hussein, mais ce n’était pas exactement cela), un nom que les journaux bien-pensants l’ayant publié mille fois ne se rappellent absolument plus.

Que n’avons-nous pas vu et entendu sur la libération d’Ingrid Betancourt, entre le 2 juillet vers 23h et le 5 juillet, date de l’interruption provisoire du tsunami compassionnel avant une très probable et très imminente résurgence ?

D’abord sur la nationalité de l’intéressée. Elle est à la fois colombienne et française, ce qui serait une assez plate réalité juridique, puisque les groupies de la belle otage ressuscitée ne semblent pas se demander comment de grands bourgeois peuvent vivre à la fois à Bogotá et à Paris avec, pour le faire, des moyens que leurs admirateurs ne soupçonnent même pas, assez plate double nationalité donc si ne se posait le problème du dosage.

Française ou colombienne ?

Plus ou moins française ? Plus ou moins colombienne ? A l’image de Mary Pierce, qui arbore une superbe natte elle aussi et qui se trouve être plutôt française lorsqu’elle gagne des tournois mais que le commentaire juge plutôt américaine si elle vient à perdre (le coup droit est français assurément, et le revers américain…), Ingrid Betancourt est d’autant plus française que son soleil monte vers le zénith. Sur ce sujet, elle a, au demeurant, le sens de l’opportunité. A sa sortie très spectaculaire de l’avion militaire qui la ramène de la jungle épouvantable, elle doit TOUT aux forces armées colombiennes ("une opération parfaite"), au pésident colombien (son pire ennemi politique) et à la Colombie ("mon pays").

A la sortie, moins spectaculaire mais convenablement médiatisée, de l’Airbus spécial qui la dépose à Villacoublay, elle doit TOUT à la France (qui a tout fait pour décourager l’opération militaire parfaite), aux Français ("vous êtes dans mon sang") et à Nicolas Sarkozy ("cet homme extraordinaire (que) je prends dans ma main", et qui ne fait rire personne…)

Que les présidents Uribe et Sarkozy restent cependant modestes. Aussi bien sur le tarmac de Catam que dans les innombrables entretiens qu’elle accorde à la presse (on commence à comprendre comment une personne capable de tenir tête pendant trois jours à une telle faune a pu résister dans la jungle pendant six ans), Ingrid la miraculée précise qu’elle doit TOUT à dieu. Même si le pésident français est disposé à croire qu’on parle encore de lui, il faut bien reconnaître que, sauf dans les micro-sectes, dieu n’a pas de nationalité.

Foin du chauvinisme, Madame Betancourt est citoyenne du monde et enfant de dieu ! Et nous avons pu voir, au nom de cet universalisme de pacotille, un ministre de gauche d’une république laïque, jouer des coudes pour figurer sur la photographie inoubliable d’un double hommage à dieu et à l’armée colombienne, laquelle avait déjà prêté à son otage un très seyant treillis kaki sobrement décoré d’un chapelet.

Elle embrasse tout le monde

En réalité, outre qu’elle nous invite à partager son sang, la christique Ingrid ne ménage pas son corps. Elle embrasse tout le monde, surtout sa maman, les généraux, sa maman, son mari du moment, et puis sa maman, les autres otages libérés, et encore sa maman. A la fin, se reconnaissant elle-même, elle embrasse le crucifix pendu à son chapelet.

Elle n’embrasse pas moins le lendemain. Ses enfants. Ah, les beaux enfants ! Elle s’y reconnaît à nouveau. Sa fille est magnifique évidemment. Et son garçon ! Splendide, malgré ses "chaussures un peu bizarres"… Et sa sœur. Et son mari d’avant. Et bien sûr, sa maman. Et Bernard Kouchner. Bref, elle embrasse la terre entière.

Notez qu’elle embrasse à répétition.  Car elle a déjà embrassé les mêmes à l’intérieur de l’avion sarkozien qui lui livrait sa famille parisienne. Et une journaliste de "France Info", pas excessivement gênée, de déplorer : "On nous a interdit d’entrer dans l’avion où Ingrid a rejoint ses enfants", tout en ajoutant aussitôt "il est bien naturel de respecter l’intimité d’une famille dans des circonstances aussi exceptionnelles". Intimité en mondovision du reste puisque toutes les caméras n’avaient pas été interdites d’accès à l’avion. Embrassades intimes pour journalistes privilégiés. Embrassades publiques l’instant d’après. Il doit bien exister quelque part un livre Guinness du record de baisers.

Une personne ordinaire serait lassée d’embrasser. Pas notre rescapée. A Villacoublay, elle embrasse encore de toutes ses forces N. Sarkozy qui avait pourtant avoué, dans un rare accès de modestie, ne pas la connaître du tout. Et elle embrasse Carla Bruni, mais qui ne rêve d’embrasser Carla Bruni ? Et à l’Hôtel de Ville de Paris, elle nous embrasse tous. Bertrand Delanoë se flatte discrètement : "Nous avons compris que sa liberté, c’était la nôtre". Il comprend tout, ce Bertrand. Toujours le mot ou le geste juste. Déjà lors du vrai tsunami, il avait fait apposer un petit crêpe noir sur les sapins de Noël enluminés aux Champs-Elysées. Quel tact ! Il a une spécialité : l’unanimisme. Et il avait bien compris que la sénatrice pariso-bogotienne était vouée à l’unanimité. Ou presque.

Ségolène fout tout en l'air

Il s’en est quand même trouvé une pour faire la fine bouche. Ségolène Royal, de passage à Montréal, ce qui ne manque pas de cohérence, a suggéré, sans toucher à l’icône Ingrid, à M. Sarkozy de ne pas trop faire le malin puisqu’il n’était absolument pour rien dans ce miracle militaro-divin. Au fond, chacun a bien vu que Ségolène était plutôt agacée par la star libérée. Normal, il n’y a pas de place pour deux Jeanne d’Arc dans un seul pays, surtout si la deuxième est une semi-immigrée. Soyons solidaires d’accord, mais sans excès.

Les réticences de Ségolène Royal étaient tellement choquantes qu’elle en a été rabrouée par Jack Lang qui trouvait là une occasion inespérée de se glisser dans la distribution de la super-production "Ingrid, les fauves et Dieu".

Bref, il est interdit de ne pas se prosterner devant la miraculée avant de la laisser nous relever pour nous embrasser tous. Nous tous et sa maman. Il reste à espérer que les exigences d’une vie familiale aussi télégénique permettent à Ingrid Betancourt de se reposer un peu. Pour notre repos, puisqu’elle nous aime. Quelle se repose, sinon c’est l’overdose.

Nous en étions là de notre réflexion et pensions en avoir, au moins provisoirement, terminé avec Sainte Ingrid puisque, après l’annonce de sa prochaine réception par le Pape en vue de sa très probable béatification, la madone franco-colombienne était admise à l’hôpital du Val-de-Grâce (cela ne s’invente pas, treillis et goupillon, une fois de plus) pour un bilan de santé à l’évidence très nécessaire.

Le samedi 5 juillet, la France entière et Nicolas Sarkozy, ce qui est tout un, étaient soulagés : les examens étaient parfaitement rassurants. Même si cette excellente nouvelle laisse à penser sur la férocité des geôliers FARC et des tarentules qui se rencontrent dans la jungle colombienne, tout le monde respirait : Ingrid allait enfin pouvoir se reposer. Au moins faire une pause.

Elle marche sur l'eau

Nous avions mal compris le sens du verbe re-poser. Il s’agissait de photographie.

Une ou deux petites conférences de presse et un plateau de télévision le samedi soir. Chacun croyait que la star avait fini de se mettre en scène et de jouer son rôle de miraculée. C’était mal la connaître. Nous avons eu en effet un dimanche d’enfer de la candidate au paradis. Elle s’est d’abord laissée filmer par une kyrielle de caméras pour un déjeuner "d’amitié et d’intimité" (d’intimité surtout) avec son ami Dominique de Villepin, avant d’aller, toujours en sa compagnie et toujours dans l’intimité télévisée, se recueillir de son meilleur profil à l’église Saint-Sulpice transformée en l’occurrence en annexe du Palais omnisports de Bercy. Villepin confiait d’ailleurs avec son sens de la formule : "Il n’y a pas de mots". De fait, les mots nous manquent.

Le dimanche, même Dieu s’était reposé. Pas Ingrid. Et les télévisions du soir nous ont appris qu’elle allait se rendre à Lourdes, qu'elle était simultanément pressentie par le président Sarkozy pour recevoir la Légion d’Honneur et co-présider le défilé du 14 juillet, par Michelle Bachelet du Chili pour devenir Prix Nobel de la paix, par le président Uribe pour un grand ministère cumulant les affaires étrangères et les questions humanitaires, et par les responsables de l’opposition colombienne pour prendre la tête d’un front anti-Uribe. Rien que ça.

Entre deux missions planétaires et trois séances de prières, Ingrid ne pourrait-elle pas nous élucider l’affaire du petit Grégory ? Soyons juste. Ce n’est pas Ingrid Betancourt mais Lewis Hamilton qui a gagné le Grand Prix de Silverstone. Soyons optimiste aussi. Nous avons évoqué et redouté le tsunami qui semble l’accompagner. Rien à craindre : aux dernières nouvelles, Ingrid Betancourt marche sur l’eau. (reçu par mail le 7 juillet 2008)

      

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L'article de Claude-Marie Vadrot

Hollywood aura du mal à scénariser la libération de Betancourt. Le gouvernement colombien, avec l'aimable participation des Etats-Unis et d'anciens des services secrets israéliens, s'est déjà chargé de nous offrir un véritable conte de fées, prenant parfois les allures d'une bluette de série B. Les médias prennent leurs lecteurs et leurs téléspectateurs pour des imbéciles en persistant à raconter sans le moindre recul, sauf celui de notre confrère Gilles Perez, et avec des trémolos dans la voix, le succès de "l'opération militaire" réussie par l'armée colombienne.

Ce n'est pas remettre en cause le courage d'Ingrid Betancourt, le plaisir d'apprendre enfin sa libération, ni son extraordinaire volonté de surmonter ses souffrances. Ce n'est pas minimiser le soulagement de ses familles. Mais le gouvernement colombien tente de vendre au monde entier comme un fait d'armes, ce qui n'est qu'une reddition d'un groupe des FARC.

Car ce groupe, il y a un peu plus de trois mois, avait fait savoir aux autorités colombiennes, qui s'en firent officiellement l'écho plus tard, qu'il était prêt à se rendre. Et qu'il était prêt à rendre les otages sous son contrôle, en échange d'une immunité et d'un départ en exil pour la France.

C'est vers la fin du mois de mars, comme le quotidien El Tiempo s'en fit l'écho avec l'interview d'un prêtre, que le groupe chargé de la garde d'Ingrid Betancourt et des trois "militaires américains" (nul ne les a vus d'ailleurs depuis leur libération) a officialisé ses contacts avec le gouvernement colombien. Le marché proposé par quelques chefs fatigués et désorientés était clair : la livraison de la quinzaine d'otages contre de l'argent et l'immunité.

Les différents recoupements effectués auprès de journalistes de Radio Caracol, la radio qui diffuse tous les jours des messages à l'intention des otages, de l'agence de presse Anncol (réputée proche des FARC) et de journalistes colombiens qui ne veulent pas s'attirer les foudres de la présidence de leur pays, permettent de reconstituer l'histoire d'une reddition transformée en opération militaire. Succès militaire qui permet opportunément de renforcer l'image de l'armée et d'un président par ailleurs occupé à faire modifier la constitution pour pouvoir se présenter une troisième fois à la prochaine élection présidentielle.

Dès le mois de mars, de premières indications sur l'opération engagée

Le 25 mai donc, le lendemain de l'annonce de la mort du vieux chef des FARC, Manuel Marulanda, le président Uribe, au cours d'une réunion informelle avec des citoyens, déclara officiellement que le groupe de guérilleros qui gardait Ingrid Betancourt et les trois Américains était prêt à les relâcher en échange de l'immunité et d'une récompense. Pour le président il s'agissait de prévenir les fuites dans la presse sur une opération de "retournement" déjà engagée depuis au moins deux mois.

C'est en effet le 27 mars, au lendemain de la mort du chef des FARC, que El Tiempo, journal proche du gouvernement, publie sa première allusion à cette manœuvre. Il s'agit alors de mettre à profit la lassitude de nombreux guérilleros désorientés par la mort de Raul Reyes. Le vieux chef a été liquidé le samedi 1er mars par un missile frappant son camp situé moins de deux kilomètres à l'intérieur du territoire de l'Equateur.

Dans l'un des trois ordinateurs de Raul Reyes, chargé habituellement de négocier avec divers intermédiaires, avec la Croix-Rouge, avec le président équatorien et Hugo Chavez, les services de renseignements de l'armée colombienne, aidés par leurs conseillers américains, ont rapidement découvert le moyen de contacter le groupe chargé d'Ingrid Betancourt et de localiser la zone où il se cachait. A ce moment, d'ailleurs, un premier mécanisme de libération de la Franco-Colombienne était en cours de réalisation. L'ambassadeur de France en Equateur l'a laissé entendre quelques jours après la mort de Raul Reyes. Paris savait alors que le négociateur des rebelles avait établi un camp provisoire en territoire équatorien. Il était en contact étroit avec la France et les gouvernements équatoriens et vénézuéliens. Le détachement présent sur le territoire équatorien, expressément autorisé par les émissaires du président Rafael Correa, avait pour mission d'organiser le transfert des otages, depuis cette zone frontière.

Surtout, Raul Reyes, responsable de la communication de la guérilla, souhaitait changer d'interlocuteur, les interventions bruyantes du Vénézuélien Hugo Chavez risquant de remettre en cause l'éventuelle libération des membres des FARC emprisonnés en Colombie. C'est en tous les cas ce qu'auraient rapporté aux services spéciaux équatoriens deux membres des FARC, rescapés de l'attaque du camp.

Ces deux membres ont confirmé que des éléments équatoriens armés avaient fourni une aide logistique permettant à la guérilla d'installer un poste de commandement et de communication provisoire. Ces deux rescapés ont depuis été mis en sûreté dans les environs de Quito, la capitale du pays.

La Colombie fait échouer un processus de libération via l'Equateur

Ces deux guérilleros ont décrit la précision de l'attaque qui a détruit ce camp, attaque à laquelle ils ont échappé parce qu'ils s'étaient éloignés de quelques centaines de mètres. Ils ont raconté que cinq bombes ont frappé simultanément la vingtaine d'hommes qui y vivaient depuis quelques jours. Selon plusieurs sources, ces bombes ou missiles n'ont pas été largués par des avions colombiens mais par des appareils américains volant à haute altitude. Ils ont été guidés par le faisceau d'ondes émis par l'un des téléphones satellites utilisés par Raul Reyes.

Ayant réussi à se procurer quelques jours auparavant le numéro de ce téléphone, et en accord avec le gouvernement colombien, les responsables américains ont estimé nécessaire de mettre un terme à la négociation qui était sur le point d'être finalisée. La libération d'Ingrid Betancourt était alors programmée pour le 8 mars, journée internationale de la femme.

L'objectif de cette attaque, toutes les informations et tous les indices l'indiquent, était de remettre en cause la libération d'une otage médiatique. Car, dans ces conditions, cette libération aurait redoré la réputation d'une guérilla en perte de vitesse; elle aurait été portée au crédit de l'Equateur, du Venezuela et de la France. La mort, dans des conditions mal éclaircies, le vendredi 7 mars, d'un autre dirigeant des FARC, Yvan Rios, ne pouvait qu'accentuer la tentation de rupture de tout processus de négociation.

Si ces deux opérations ont été concertées, il est évident qu'elles visaient à affaiblir la fraction des guérilleros désireuse de sortir de l'impasse et de négocier les libérations. Le président Correa de l'Equateur déclara alors publiquement : "Regardez la bassesse d'Alvaro Uribe, il savait qu'en mars douze otages allaient être libérés, parmi eux Ingrid Betancourt. Il le savait et il a utilisé ses contacts pour monter ce traquenard et faire croire au monde qu'il s'agissait de contacts politiques et pour lancer un écran de fumée sur son action injustifiable."

Une négociation directe avec le groupe détenant Ingrid Betancourt

Une autre partie de poker politique pouvait alors être engagée par les Colombiens. Elle consista à prendre contact directement avec le groupe identifié gardant Ingrid Betancourt, et à le convaincre que la reddition était la meilleure des solutions. L'armée se rapprocha d'eux; elle cessa de harceler ce groupe d'une centaine de personnes. Ce qui lui a permis de se procurer plus facilement des médicaments et des provisions, pour les guérilleros et pour les otages. D'où l'apparence de meilleure santé des otages libérés mercredi : ils ont eu le temps de reprendre des forces, même s'ils n'étaient évidemment pas conscients de ce qui se tramait.

Il n'y a eu, en dépit de la version officielle, aucune infiltration des services spéciaux militaires. Simplement, avec l'aide logistique (et notamment le support de drones) américaine, le groupe a été suivi jour après jour pendant que se préparait par radio, et par l'intermédiaire d'un émissaire, le scénario de reddition. Scénario reposant, comme l'a expliqué Ingrid Betancourt, sur une évacuation de sécurité par une ONG imaginaire. De quoi faire admettre, à ceux qui n'étaient pas dans le secret, l'arrivée de plusieurs hélicoptères, puisque les FARC ne disposent pas de ce type de moyens aériens.

Il a évidemment fallu plusieurs semaines pour qu'un maximum de chefs du groupe soient convaincus. La condition de ce groupe des FARC étant d'abord l'impunité promise et l'assurance qu'aucun coup de feu ne serait tiré. Le contrat a été respecté. Vers le 15 juin, le gouvernement colombien a fait demander à la France si l'offre d'accorder l'asile aux rebelles, offre faite tant par Nicolas Sarkozy que par François Fillon, tenait toujours. La réponse ayant été positive, la phase finale de l'opération a été mise en route sans que les rebelles aient à se déplacer, les otages étant à peu près désormais "présentables".

Il ne restait plus, au moment du dénouement, qu'à accréditer l'invraisemblable version d'une opération militaire surprise, résultat d'une opération d'infiltration. La réalité est moins glorieuse pour l'armée colombienne. Mais l'essentiel est la liberté d'Ingrid Betancourt et de ses quatorze compagnons de captivité. (4 juillet 2008)

L'article de Claude-Marie Vadrot (4 juillet 2008)

http://www.mediapart.fr/journal/france/040708/liberation-d-ingrid-betancourt-ce-que-ne-dit-pas-la-version-officielle 

Un autre article par Thomas Cantaloube (22 avril 2008)

http://www.mediapart.fr/journal/france/220408/affaire-betancourt-six-ans-de-non-dits-d-echecs-et-de-manipulations

14 juillet 2008

Le 14-Juillet, toute une histoire

Le sans-culotte

sculotteLe "sans-culotte" est reconnaissable à sa tenue : il porte un pantalon long, en bure rayée, ce qui le différencie de l'aristocrate exécré arborant culotte courte et bas de soie. Il est chaussé de sabots, parfois remplis de paille. Coiffé du bonnet phrygien rouge (rappelant l'affranchissement des esclaves) avec cocarde tricolore, il tient en main, dans les occasions importantes, la fameuse pique, emblème du militant. Après 1792, on le voit, à l'imitation des volontaires marseillais, endosser la carmagnole, veste courte à gros boutons. Les carmagnoles loqueteuses deviendront une marque de patriotisme révolutionnaire.

Les sans-culottes répandent vite les usages démocratiques : ils se tutoient et s'appellent "citoyens". Renonçant aux vieux patronymes de leur baptême, ils ont adopté des noms glorieux de l'Antiquité : Brutus, Gracchus ou Mucius Scaevola. Ils gardent un culte pour Marat, assassiné par la "garce du Calvados". Le Père Duchesne, connu pour la verdeur de son style et la violence de ses propos, est leur feuille de prédilection. Pour eux, la délation est un devoir, la Terreur un moyen légitime de défense, et ils vénèrent la sainte guillotine.

         

bastille1

      

La prise de la Bastille

Dès le début de la Révolution, ces bons patriotes jouent un rôle décisif en assurant la victoire du peuple sur la tyrannie : ce sont eux qui ont permis la prise de la Bastille, la chute des Tuileries, l'élimination des Girondins. A partir de 1792, ils s'imposent dans les sections de Paris, les tièdes s'éliminant d'eux-mêmes. Dans les assemblées, comités de surveillance ou sociétés populaires, ils sont au premier rang pour punir les aristocrates et les traîtres.

La sans-culotterie parisienne est composée d'éléments divers, petits commerçants, employés, ouvriers, artisans, mais un même idéal démocratique anime les militants. Ils poussent la passion politique jusqu'au fanatisme et voudraient imposer leurs vues à la Convention, à laquelle ils envoient pétition sur pétition. Ils affirment d'abord le caractère inaliénable de la souveraineté populaire. Férus d'égalité, ils s'insurgent contre les riches, inutiles et fainéants : leur vœu n'est d'ailleurs pas la suppression mais la limitation de la propriété.

Au printemps 1793, alors que sévit la disette, ils proposent des mesures radicales : taxation des prix, réglementation du commerce, lutte contre les accapareurs. Ils réclament en même temps le droit à la subsistance, à l'instruction. Devant ces exigences, la Montagne est divisée et montre des réticences : le gouvernement révolutionnaire aura d'ailleurs d'autres tâches que de satisfaire toutes ces aspirations. Après Thermidor, le rôle politique des sans-culottes semble terminé.

La Marseillaise

republique_triomphante1880

La République triomphante préside à la grande fête nationale du 14 juillet 1880

qui voit l'inauguration de la statue de la République

La Marseillaise devient l'hymne national le 14 juillet 1795. Le décret du 26 messidor an III proposé par le député Debray déclare "La Marseillaise" hymne national français. D'abord appelé "Chant de guerre pour l'armée du Rhin", la chanson é été écrite dans la nuit du 25 au 26 avril 1792 par Rouget de Lisle, officier du génie en poste à Strasbourg. Interdite durant le premier et le second empires, elle sera définitivement proclamée "hymne national" en 1879, sous la IIIème République. Sur proposition du député de la Seine, Benjamin Raspail, la loi du 6 juillet 1880 instaure le 14 juillet "Fête nationale de la République".

Le drapeau français

drapeau_deux_tonsdrapeau_francaisdrapeau_marin

Drapeau deux tons (l'officiel est bleu sombre et rouge foncé)

Drapeau normal (trois bandes égales)

Drapeau marin (trois bandes inégales)

Le drapeau de la France, ou drapeau tricolore bleu, blanc, rouge, est l'emblême de la France conformément à l'article 2 de la Constitution française de 1958. Ce drapeau de proportions 2x3 est fait de trois bandes verticales d'égale largeur. Il date  de 1794, dessiné par Jacques Louis David (1748-1825) sur l'ordre de la Convention, mais ses origines sont un peu plus anciennes et remontent au temps où Louis XVI (1754-1793) unit les trois couleurs en associant au blanc des Bourbons, le bleu et le rouge de la ville de Paris. Le drapeau flotte depuis 1794 à l'exception des périodes de 1814-1815 et 1815-1830. Ce sont, sans doute, la simplicité du dessin et l'harmonie des trois couleurs qui ont inspiré tant de drapeaux dans le monde.

Si, actuellement, le drapeau doit être 50% plus long que haut et les trois bandes de largeur égale, il est à noter que les drapeaux de cérémonie sont carrés et que les trois bandes sont égales. Les pavillons de marine ont aussi la proportion des 2x3, mais les bandes de couleur ont une taille respective de 30%, 33% et 37% afin de créer un effet d'optique d'égalité des bandes sous le vent du large.

On remarque parfois, à la télévision, que la bande blanche du drapeau placée derrière un locuteur est nettement plus étroite que les bandes colorées (pendant les allocutions du président de la République par exemple). Cela est fait pour compenser un cadrage resserré qui ne laisserait autrement voir que du blanc à l'écran.

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11 juillet 2008

CM et CPA : Quoi de neuf ? Ben, pas grand-chose !

Qu'y a-t-il eu de nouveau au dernier conseil municipal ? La question se pose car les échos qui en sont revenus tendent à démontrer que la municipalité semble plutôt expédier les affaires courantes.

Ÿ Le scandale des ventes immobilières de la Semepa a été enterré.

Ÿ La mairie tente le sauve-qui-peut pour le plan Campus des universités d'Aix-Marseille dont les projets devraient affronter la forte concurrence de Lille, Paris et Nancy. La décision de l'Etat est annoncée pour aujourd'hui.

Ÿ La livraison de la crèche de la Duranne a pris un an de retard. Aucun autre projet n'est en cours ou annoncé. Les familles aixoises ne sont pas près de pouvoir caser leurs enfants, d'autant que la délégation de service public a échappé à l'Association des crèches et va être confiée à une structure privée marchande.

Ÿ Le projet pour le devenir du quartier de la Duranne fait toujours débat. Ce qui est le plus cocasse, c'est le revirement de certains élus qui, passés dans l'opposition, renient ce qu'ils avaient voté lorsqu'ils étaient dans la majorité, qui les a virés.

Ÿ Le compte administratif du budget est passé sans commentaire de fond. Maryse Joissains se complaît à faire de la technique comptable en lieu et place d'une dynamique politique.

Ÿ Les chalets sur le cours Mirabeau que nous avions critiqués depuis leur première installation sont maintenant honnis par le maire, qui les trouvaient formidables il y a encore moins d'un an.

Et à la Communauté du pays d'Aix ?

Ÿ Après les prises de position du préfet qui tente de forcer la main à tout le monde pour un tracé qui évite Marseille, Jean-Claude Gaudin fait volte-face en soutenant le choix du préfet. La CPA a voté une nouvelle motion calquée sur celle d'il y a plus d'un an pour s'opposer à un tracé par le Val de Durance.

Ÿ Les élus ont validé le projet de gare routière sans entendre toutes les critiques et les propositions alternatives émises pendant la campagne électorale.

Ÿ Ils ont aussi entériné le choix controversé du développement de la fibre optique qui est maintenant en décalage total avec les dernières évolutions technologies.

En conclusion, je partage le verdict au couteau dressé par François-Xavier de Peretti dans son entretien avec La Provence : "En trois mois, toute l'énergie a été consommée dans les affaires purement politiciennes, les négociations et la distribution des rôles et petits avantages."

Pendant ce temps, les grands dossiers urgents comme la mise en place du Plan local d'urbanisme ou la relance du logement social ne sont toujours pas ouverts. D'autres demeurent dans le flou, tel le sort du nouveau palais de justice ou celui des universités.

Et comme l'assure le magazine municipal paru en juin, servi avec potion surdosée en camomille, tout va bien. Les Aixois ne le savent pas mais ils nagent en plein bonheur. Ils sont donc invités à dormir profondément.

9 juillet 2008

20% de logements sociaux : La loi encore contournée

Un article de Bertrand Bissuel, paru dans Le Monde du 3 juillet 2008, fait le point.

45% des communes restent encore à la traîne

par rapport à leurs obligations légales

Le logement social a-t-il retrouvé des couleurs dans les communes qui en avaient peu ou pas assez ? Oui, d'après Christine Boutin. La ministre du logement a dévoilé, mercredi 2 juillet, un bilan de l'application de la loi SRU ("solidarité et renouvellement urbains") sur la "période triennale" 2005-2007. C'est la première fois que l'Etat donne une vision d'ensemble de l'impact de ce dispositif combattu par de nombreux élus de droite lors de sa discussion au Parlement il y a huit ans.

Promulgué fin 2000, le texte oblige quelque 730 communes à atteindre le quota de 20% logements sociaux en vingt ans, selon un "programme de rattrapage" précis. De 2005 à 2007, 93.000 logements "ont été créés" (c'est-à-dire financés ou construits) dans les municipalités soumises à la loi SRU alors qu'elles étaient tenues d'en réaliser 63.000, selon Mme Boutin. Une majorité de maires ont respecté leur plan de rattrapage (400 sur 730). Ce "résultat positif" constitue une "surprise", a commenté la ministre. Il mérite toutefois d'être relativisé.

330 communes (soit 45% des "villes dites SRU") n'ont pas atteint leurs objectifs entre 2005 et 2007. Elles étaient plus nombreuses lors de la période 2002-2004 (363). Surtout, de fortes disparités persistent. Des municipalités comme Bordeaux, Lyon, Marseille ou Paris vont au-delà de leurs obligations ; souvent, elles sont proches du seuil des 20%. A l'inverse, de nombreuses collectivités locales restent à la traîne ; dans la plupart des cas, leur taux de logement social est faible (par exemple, 3,2% à Neuilly-sur-Seine, qui n'a réalisé que la moitié de ses objectifs). 37 communes n'ont même strictement rien construit en trois ans !

En Provence-Alpes-Côte d'Azur, environ 80% des municipalités affichent des scores inférieurs à leurs objectifs. Cette région s'était déjà distinguée par de piètres résultats sur 2002-2004. Les villes sous la barre des 20% sont pourtant assujetties à une ponction financière dont le montant varie en fonction du déficit de logements sociaux. Si elles ne suivent pas leur plan de rattrapage, ce prélèvement peut être majoré par le préfet - ce qui a été fait à l'encontre d'environ 150 villes, à l'issue de la première "période triennale".

Visiblement, ce mécanisme n'a produit aucun effet chez certains élus locaux, qui agissent comme s'ils préféraient payer l'amende plutôt que de bâtir des logements sociaux. Le cas des "retardataires" va être examiné par des commissions départementales ; à charge pour elles de proposer des solutions en fonction des difficultés rencontrées (rareté et cherté du foncier, servitudes particulières, multiplication des recours de riverains, etc.). Si des problèmes subsistent, une commission nationale sera saisie.

En théorie, les préfets peuvent se substituer aux maires récalcitrants pour engager la construction de logements sociaux. Mais cette disposition de la loi SRU n'a jamais été appliquée. Elle pourrait l'être à l'avenir, notamment pour les situations "aberrantes", a laissé entendre Mme Boutin. Enfin, la loi en préparation sur le logement, qui doit être présentée fin juillet en conseil des ministres, pourrait instaurer de nouvelles procédures visant à faire respecter la règle des 20% ; un droit de préemption donné au préfet est évoqué.

9 juillet 2008

Bouclier fiscal : si c'est Le Figaro qui le dit…

C'est ce qui dit un article de Anne Rovan, paru dans Le Figaro le 4 juillet 2008.

Bouclier fiscal à 60 % : qui a touché quoi ?

Près de 500 contribuables ont touché 246.000 euros en moyenne. Mais chacun avait au préalable payé près de 500.000 euros d'impôts. Qui sont les bénéficiaires du bouclier fiscal à 60% ? Quels sont leurs revenus et leur patrimoine ? Combien d'impôts avaient-ils réglé au fisc avant que le Trésor public ne leur en reverse une partie ?

Voici quelques-unes des questions auxquelles s'est attelé le ministère du Budget, avec la ferme intention de mettre un terme à la polémique sur le bouclier fiscal qui oppose à intervalle régulier la majorité et l'opposition. Résultat de ce travail : un tableau aride et bourré de chiffres que Le Figaro s'est procuré. Un document qui confirme en tout cas que ce dispositif profite évidemment aux contribuables très aisés, mais aussi aux foyers les plus modestes.

Sans surprise, les 12.300 bénéficiaires du bouclier fiscal "disséqués", ceux qui étaient recensés à fin février 2008, se concentrent en termes de nombre ou de montant de remboursement sur les niveaux de revenus et de patrimoine extrêmes. Parmi les 70 situations financières relevées par Bercy 10 tranches de revenus croisées à 7 tranches de patrimoine, deux catégories attirent plus particulièrement l'attention.

Première catégorie : les contribuables français ayant un revenu annuel supérieur à 42.000 euros et un patrimoine de plus de 15,5 millions. Ils sont 479 à avoir bénéficié du bouclier fiscal à 60% en 2007.

Le Trésor public leur a rendu plus de la moitié de l'enveloppe budgétaire consacrée au bouclier, soit un montant de 117 millions d'euros, ou encore 246.000 euros en moyenne pour chacun. Ce sont ces chèques exorbitants versés à quelques happy few que l'opposition montre systématiquement du doigt en évoquant "les cadeaux faits aux riches". Certes, ces remboursements peuvent sembler déplacés, alors que tant de Français peinent à boucler leurs fins de mois.

Pour autant, l'étude réalisée par Bercy montre aussi que ces contribuables avaient, avant de bénéficier du bouclier, réglé 232 millions d'euros d'impôt au total 486.000 euros chacun. Après avoir touché leur chèque de remboursement, ils laissent donc tout de même au fisc 240.000 euros net en moyenne.

Relancer les foyers modestes

Seconde catégorie de bénéficiaires : les 8.715 foyers très modestes qui ont un revenu fiscal inférieur à 3.750 euros et un patrimoine de moins de 750.000 euros. C'est dans cette catégorie que l'on trouve les RMistes propriétaires de leur résidence principale ou encore les veuves d'agriculteur qui, n'ayant pas ou très peu de revenus, se voient rembourser tout ou partie de leur taxe foncière. Combien le fisc leur a-t-il rendu ?

Six millions d'euros au total, soit 689 euros en moyenne pour chacun. Rien à voir bien sûr avec les 246.000 euros touchés par les contribuables les plus aisés, ne manqueront pas de souligner les opposants au bouclier fiscal. Dans la majorité, ces comparaisons commencent aussi à embarrasser. "Nous nous sommes très mal débrouillés fin 2005 lorsque nous avons modifié le bouclier fiscal afin qu'il profite aussi aux plus modestes, explique un membre de l'UMP. Nous aurions mieux fait de proposer d'emblée un dégrèvement de taxe foncière pour les foyers modestes. Nous n'avons pas fini d'être critiqués."

Bercy n'en a pas fini non plus avec cette catégorie de bénéficiaires, forcément moins au fait de la fiscalité que les ménages très aisés et qui ignore avoir droit au bouclier. À fin mars 2008, seuls 1.291 foyers fiscaux avaient adressé leur demande au fisc sur les 235.000 bénéficiaires potentiels du bouclier fiscal à 50%. Parmi eux, surtout des foyers aisés. Cet automne, les impôts enverront à nouveau une lettre de relance aux foyers modestes.

En attendant, les ministres de Bercy Christine Lagarde et Éric Woerth vont devoir faire le dos rond à chaque fois qu'une indiscrétion fera état du montant moyen restitué. La dernière est venue du rapporteur général du Budget, Gilles Carrez qui, dans un rapport publié hier, indique que le fisc a rendu 47.000 euros en moyenne aux premiers bénéficiaires du bouclier fiscal à 50%. Un montant très supérieur aux 3.750 euros prévus par le gouvernement.

7 juillet 2008

Logement : Pays d'Aix Habitat, toujours aussi Opac…

En 2003, un premier rapport de la MIILOS (Mission interministérielle d’inspection du logement social) avait sévèrement épinglé l'OPAC Pays d'Aix Habitat présidé par Maryse Joissains. Il avait fallu insister longtemps pour en avoir la copie intégrale. Elle nous fut remise mais des noms de personnes ayant étrangement obtenu des logements étaient couverts d'encre pour les rendre illisibles.

Nous savions que la MIILOS avait entrepris un second rapport pour faire le point sur le suivi des corrections et les évolutions de l'office. Je me souviens d'avoir personnellement réclamé la communication de cet audit courant 2007 au conseil municipal au moment du vote compte administratif. Les élections approchant, il n'y eut pas de réponse. On comprend pourquoi.

Mais ledit rapport existe bien et n'a pas encore été communiqué aux élus et encore moins mis sur la place publique. Pour sûr, il y a quelque chose à cacher. Serait-ce de nouveau à cause d'une question de noms d'élus ou de proches qui auraient bénéficié de privilèges ? Y aurait-il enfin des révélations sur le rocambolesque cambriolage au nouveau siège de l'office de deux ordinateurs contenant des informations confidentielles sur les listes d'attributions de logements dont les rapports ont dit qu'elles se faisaient sur pressions d'élus ou de fonctionnaires ?

Le mystère reste presque entier. Pour essayer de percer le secret, un article du Ravi publié vendredi appporte un nouvel éclairage, avec de surprenantes réactions du directeur de l'office et des élus.

Enquête à lecture modérée

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Dessin de Moix dans le Ravi

L’office HLM d'Aix est une fois de plus épinglé par la Miilos (Mission interministérielle d’inspection du logement social). Mais personne n’en parle. Pas même les élus d’opposition ! Le Ravi s’est toutefois procuré une copie du rapport très "confidentiel".

Le voile est levé ! Depuis le contrôle que la Mission interministérielle d’inspection du logement social (Miilos) a effectué à "Pays d’Aix Habitat" entre janvier et août 2007, le rapport tardait à sortir. Election oblige. Il est finalement paru devant le conseil d’administration de l’office public d’habitat (OPH) le 30 mai dernier. Attention ! Le document n’a pas pour autant été distribué durant la réunion. "Il est consultable sur place", assure Dominique Bindler, directeur général de l’organisme. De quoi susciter les suspicions. D’autant qu’en décembre 2003, la Miilos avait publié un audit de ce type qui avait, quant à lui, défrayé la chronique…

A l’époque, les enquêteurs dénonçaient de multiples "dysfonctionnements" : des attributions de logement anormales, comme l’octroi d’un appartement à une adjointe au maire d’Aix également administratrice de l’OPH, la succession de quatre directeurs généraux entre janvier 2001 et mai 2003, le fort absentéisme des agents, des appartements de fonction accordés abusivement et à des prix défiant toute concurrence (de 10,98€ à 16,77€), un suivi défaillant des entreprises prestataires de services, une régularisation tardive des charges locatives… La liste n’est pas exhaustive.

Depuis ces années sombres, l’OPH s’est-il amélioré ? Suspense! "Monsieur Bindler ne m’a pas autorisé à vous montrer le rapport", objecte l’un des cadres de l’office, en possession du précieux document. Il faudra donc se contenter du compte-rendu laconique lâché par le directeur en personne. "C’est plutôt positif comparativement à l’ancien rapport", annonce-t-il sans bredouiller. Et sa subalterne de renchérir : "Nous n’avons aucune amende à payer." Interrogé, le vice-président de l’office, Jean Chorro, également premier adjoint de la ville d’Aix, résume à son tour le document : "Il y a quelques observations mais rien de dramatique… Nos loyers sont trop bas et notre masse salariale trop importante. Mais nous en avions besoin pour boucler le chantier du centre social de la Zup."

Pas mieux !

Vérité ou interprétation ? Réponse dans la copie que le Ravi, "le mensuel régional qui ne baisse jamais les bras", est finalement parvenu à se procurer. Si la conclusion note des efforts pour "réorganiser les services", elle ne décerne pas pour autant la palme d’honneur à Pays d’Aix Habitat. Bien au contraire. Elle relève certes deux points forts (contre un seul en 2003), mais douze points faibles et quatre "anomalies ou irrégularités particulières" (contre cinq et trois auparavant).

Parmi ses vingt-cinq observations, la Miilos reconnaît quelques progrès. Par exemple, le cas des vingt-et-un agents ayant "bénéficié de logements appartenant à l’office moyennant des loyers bas et sans versement de dépôt" est, selon la mission interministérielle, "soit réglé, soit en cours de règlement".

La Miilos constate cependant que d’autres "incohérences" persistent. Suite à une "vague importante de recrutements" en 2006 et 2007, elle déplore ainsi une moyenne de 29,8 agents pour mille logements alors que la médiane nationale se situe à 21,9 (soit 36% de plus). Le "sureffectif" s’avère criant dans le nettoyage et dans les espaces verts avec quatorze salariés pour mille logements contre 2,2 sur la médiane nationale ! "Or, cela n’apparaît pas pour autant comme un gage de qualité du service rendu aux locataires", remarque la Miilos. Quant à l’absentéisme, il demeure élevé avec un niveau de "33,3 jours ouvrés par agent soit plus de 15% de la durée théorique de travail".

Autres carences : les impayés, le fonctionnement de la commission d’attribution, la maintenance du parc, le suivi des entreprises prestataires, le remisage à domicile des véhicules de service par certains agents, une trésorerie en chute ou encore un retard dans le "diagnostic amiante" du patrimoine… Enfin, la régularisation des charges reste encore trop tardive : "Pour l’année 2005, elle n’est intervenue qu’en octobre 2006. De plus, cette même année, 190.304 euros de charges de chauffage ont été facturés à tort à 1354 locataires mais remboursés le mois suivant". De quoi intéresser l’opposition municipale ? Faux. C’est même l’amnésie généralisée.

Silence radio parmi les élus de gauche. Ni Alexandre Medvedowsky, président de l’OPAC sous l’ère Picheral (ancien maire d’Aix) ni Nathalie Leconte, actuelle administratrice, n’ont répondu à nos sollicitations. Quant au Modem François-Xavier De Peretti, il ne semble pas davantage s’en préoccuper : "Je n'ai pas le rapport, il n'a pas été communiqué aux élus. C'est vous qui m'apprenez qu'il aurait été rendu."

Pourtant, durant la campagne, tout ce monde se souciait des HLM. Le PS diffusait des tracts de huit pages pour mettre un "carton rouge à Maryse Joissains pour sa politique de logement" et concluait : "La Miilos procède actuellement à une nouvelle inspection de Pays d’Aix Habitat. Cette fois-ci encore, Mme Joissains tentera sûrement de reporter les fautes de gestion sur ses prédécesseurs." François-Xavier De Peretti souhaitait, quant à lui, "mettre un terme à la crise qui mine Pays d'Aix Habitat, l'office public d'HLM de la Ville".

Au bout du compte : blackout total ! Mieux : personne n’ose ou ne prend le temps de jeter un œil à l’enquête (nos multiples appels téléphoniques auprès d’élus de tous bords auront peut-être modifié la donne entre le temps de la rédaction de cet article et sa parution…). D’après le cadre "chargé de montrer le rapport", jusqu’au 20 juin dernier "une seule personne était venue consulter ce document. Et ce n’était n’est pas un élu". Allez ! Chut ! L’info risquerait de s’ébruiter… (Journaliste : Adèle Monlairjih)

Le site officiel de la MIILOS :

www.logement.gouv.fr/article.php3?id_article=5616

4 juillet 2008

"Spécial Aix": Le point de vue du Point

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Dans son numéro du jeudi 19 juin 2008, le magazine Le Point a publié un bon dossier "Spécial Aix" de 20 pages. Voici l'article politique signé par Thierry Noir et Olmer-Jourdan Roulot. L'analyse est intéressante.

   

Réélue à la mairie d'Aix et à la présidence de la CPA, Maryse Joissains compte bien étendre encore son influence. En coulisse, ses rivaux et ses opposants préparent la riposte. Etat des lieux avant les grandes manœuvres des sénatoriales.

    

Ce n'était pas joué d'avance. Même ses amis doutaient, en mars. Mais "Maryse" a gagné les élections municipales et la présidence de la communauté du pays d'Aix (CPA). Or, dans le même temps, si le patron de la droite provençale, Jean-Claude Gaudin, a conservé la mairie de Marseille, le candi­dat pressenti pour lui succéder à la com­munauté urbaine Marseille Provence ­Métropole, Renaud Muselier, a échoué face au socialiste Eugène Caselli. Le rap­port de forces sur l'échiquier politique de la droite des Bouches-du-Rhône s'en trouve légèrement modifié.

Forte de ses succès, et de la défaite relative de l'UMP à Marseille, Maryse Joissains a les coudées plus franches pour défendre, aux sénatoriales de septembre, la candidature de sa fille Sophie, en posi­tion éligible sur la liste UMP. Une idée qui n'a pas été bien accueillie à Marseille. Mais les instances départementales de l'UMP n'ont pas pour l'instant d'arguments de poids pour contrer cette perspective.

"La première place de la liste ne se discute pas, elle revient à Jean-Claude Gaudin, expli­que Maryse Joissains. La loi impose une femme en deuxième position et la logique politique veut que ce soit une personna­lité d'Aix, deuxième ville du département, qui désigne un nombre important de ces grands électeurs qui votent aux sénatoria­les." Dès lors, qui, selon elle, correspond le mieux à ce portrait-robot ? "Sophie a les diplômes pour, une grande expérience professionnelle et l'envie de servir ses concitoyens. Elle est adjointe au maire chargée de la politique de la ville, elle a été élue il la vice-présidence de la commu­nauté d'agglomération avec le maximum de voix", plaide la maire d'Aix.

Favoritisme

Accusée de népotisme, l'ancienne avocate balaie d'un revers de main cette charge : "Je soutiens la can­didature de Sophie. Mais il lui reviendra de faire campagne pour être élue. Dit-on de la députée PS Sylvie Andrieux, dont le père fut sénateur, qu'elle travaille mal ? Et quid du socialiste Christophe Masse, qui fut député comme son père et son grand­-père ? Quand il s'est lancé en politique, Bruno Genzana n'a-t-il pas été adoubé par Jean-Claude Gaudin ?" Ce dernier exemple n'est pas pris au hasard.

Elu avec Maryse Joissains en 2001, Genzana, son suppléant à la députation, devait prendre sa place à l'Assemblée nationale, madame la maire allant initialement rejoindre le Sénat. Mais voilà, un an avant les municipales, l'ancien adjoint au tourisme aidé par Stéphane Salord, un autre adjoint de Joissains, a voulu instaurer un rapport de forces ana­lysé par la maire comme une trahison. La rupture qui s'est ensuivie a bouleversé le plan sénatorial de la maire.

Guérilla

Depuis, la bataille continue… Même si, en octobre 2007, Bruno Genzana est devenu salarié du groupe Hersant Média, propriétaire notamment de La Provence. "Je collabore à mi-temps comme conseiller pour la stratégie commerciale", précise-t-il. Pas question pour autant de quitter la scène politique. Il est conseiller municipal d'opposition et président d'Agir pour le 13, un groupe de quatre élus au conseil général, et il entend bien le rester. Néanmoins, Genzana se défend de vou­loir instaurer une guérilla permanente. Ce qui ne l'a pas empêché de réactiver les "Ateliers de l'avenir", machine de guerre qu'il avait lancée en 2006 dans l'optique de la bataille des municipales.

De son côté, Stéphane Salord dit n'avoir renoncé à rien. Désormais directeur général de la société aixoise Mona Lisa, il court les vernissages et les mani­festations. Occupant le terrain "pour garder le contact", Stéphane Salord vient de réunir ses troupes pour préparer les échéances futures. "Je serai candidat aux cantonales de mars 2010", annonce-t-il déjà. Toujours membre du conseil poli­tique national du parti du président, il garde la main sur la section sud de l'UMP - l'autre section étant favorable à la famille Joissains.

Salord prévoit d'ailleurs de solli­citer l'investiture de l'UMP, même s'il anti­cipe un échec, persuadé que l'entourage de Maryse Joissains fera tout pour lui bar­rer la route. "Je me sens assez fort pour aller à l'élection seul", explique Salord. Il prendra aussi bientôt ses fonctions de consul général des Comores pour la région Paca. Un activisme qui force l'ad­miration de ses amis. "Il est incroyable", s'amuse le MoDem François-Xavier de Peretti, candidat malheureux aux munici­pales, qui continue le combat. Au sein du MoDem, Peretti vient d'intégrer la com­mission nationale chargée du contrôle des adhésions et des arbitrages dans les fédérations. Sur le plan départemental, il sera candidat pour conduire la nou­velle présidence collégiale du mouve­ment démocrate, qui doit être installée en septembre. Dans son viseur, pour les prochains mois, la préparation des élec­tions européennes et régionales.

Mais c'est Salord qui trace déjà les lignes de la "reconquête". "Avec Bruno Genzana et François-Xavier de Peretti, on ne lâchera rien." Peretti, lui, estime que la campagne municipale a été porteuse d'espoirs pour l'avenir. D'autant que, s'il entrevoit un climat "apaisé" au conseil municipal, "pour la première fois depuis sept ans", il voit dans la vice-présidence de la CPA accordée par Maryse Joissains au socialiste Jacques Agopian le signe d'une collusion. "C'est se vendre pour un plat de lentilles, commente Salord. Aujourd'hui, nous sommes la véritable opposition."

Fédérer l'opposition

Reste que la place d'opposant est déjà occupée. Alexandre Medvedowsky n'est-il pas arrivé, avec 43% des suffrages (700 voix d'écart), derrière Maryse Joissains au second tour des municipales de mars ? D'entrée, le conseiller d'Etat relativise la portée poli­tique de "l'ouverture" de la présidente de la CPA. "Tous les maires socialistes de l'agglo sont déjà, de droit, vice-prési­dents. Seule l'opposition aixoise n'était pas représentée au bureau de la CPA et n'avait donc pas les infos. Celle injustice est réparée", explique Medvedowsky. Ce dernier continue de préparer l'alternance "en rassemblant les citoyens aixois qui se sont reconnus dans notre liste, les socia­listes, les communistes et tous ceux qui veulent autre chose".

Concernant Michel Pezet, qui avait mené une liste dissidente au premier tour, nettement devancée par la liste officielle du PS, Medvedowsky est sur la réserve. "Il a été le facteur essentiel de notre défaite, mais je ne veux pas en dire plus. La page est tournée et je regarde vers l'avenir", observe-t-il. ll aurait pu se maintenir au second tour, mais le célèbre avocat socialiste avait préféré se retirer, appelant à voter Medvedowsky. "Nous avons innové, analyse Michel Pezet. Notre liste, "Aix à venir", a donné naissance à une association, "Aix citoyenne", présidée par Roselyne Arnaud." Pezet, qui va s'impli­quer pour Bertrand Delanoë dans la cam­pagne interne du PS, ne sait pas de quoi son avenir politique sera fait. "On verra bien, dit-il. Je ne m'interdis rien."

Loin de ces états d'âme, Maryse Joissains, elle, s'autorise à rêver pour Aix. Elle veut rénover le centre-ville pour aller vers une piétonisation partielle, mais aussi lancer des concours d'archi­tectes-urbanistes pour améliorer les rela­tions entre le centre-ville et les quartiers périphériques. Côté loisirs, la maire sou­haite également faire appel au secteur privé pour installer un grand complexe ludique et sportif aux Trois-Pigeons et engager des discussions avec le conseil régional afin de financer un centre consa­cré aux musiques actuelles dans l'ancien stadium de Vitrolles. "Il nous faut changer de logique territoriale et discuter encore plus avec les collectivités qui nous entou­rent et avec les pays de la rive sud de la Méditerranée", martèle-t-elle.

Reste qu'une méchante rumeur affirme qu'elle laisserait son poste de maire en cours de mandat à sa fille Sophie. "Il n'en est pas question, jure-t-elle. Je reste maire d'Aix. Rien ne dit que je ne serai pas can­didate à ma succession en 2014." Voilà qui est dit.

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