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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO

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le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO
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  • Prof d'anglais retraité Sous-officier Armée de l'Air Président assos culture, éducation, social 1978-1989 Correspondant presse locale 1989-1995 Conseiller municipal liste Yves Kleniec 1983-1989 Adjoint liste Jean-François Picheral 1995-2001 Parti radical de gauche 1998-2008 Conseiller municipal liste Michel Pezet 2001-2009 Conseiller municipal liste Edouard Baldo 2014-2020 lucalexcas@aol.com
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13 mars 2009

Pour Joissains, tout est à vendre, même le patrimoine

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Le Conservatoire de musique et l'Ecole supérieure d'art

Maryse Joissains fait de la relance. Mais pas celle qu'on croit. Au conseil municipal de lundi, elle a réactivé sa fâcheuse manie de vente d'une partie du patrimoine aixois. L'habillage se veut habile mais il est fallacieux, le but inavoué étant de renflouer les caisses de la ville. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. La braderie est annoncée comme une nécessaire restructuration d'équipements. En réalité, la cession de bâtiments publics au privé vise à faire rentrer de l'argent frais.

Comble du cynisme, la délocalisation et l'abandon de ces bâtiments publics abritant des activités culturelles ou touristiques manifestent un mépris pour ce qui constitue le fonds commun public. Quels sont les bâtiments concernés ? L'Hôtel de Caumont avec le Conservatoire de musique, l'établissement qui accueille l'Ecole supérieure d'art et le bâtiment qui regroupe les services de l'Office de tourisme.

En vérité, ce que cache cette nouvelle saignée, c'est la décision de se séparer de bâtiments qui peuvent rapporter gros dans l'espoir d'y gagner quelques millions d'euros au moment d'installer ailleurs, pour moins cher, les structures spoliées. On le voit, l'aspect mercantile prend le dessus sur le respect patrimonial et culturel. Ce n'est pas la première fois que cette municipalité provoque un tel scandale.

Des précédents scandaleux

Qu'on se rappelle par exemple la destruction programmée du Logis du Bras d'Or – la maison de Darius Milhaud – qui n'était motivée que par l'idée d'y substituer un projet immobilier. C'est grâce à la mobilisation d'associations de défense du patrimoine que la bâtisse a pu être sauvée et restaurée in extremis.

Qu'on se rappelle aussi la politique adoptée par la Semepa d'acheter de vieux immeubles pour les rénover et les vendre au privé alors que la pénurie de logements sociaux publics n'a jamais été aussi grande que ces dernières années par l'incapacité de Maryse Joissains de répondre à la demande. Au passage, il ne faut pas oublier que cette pratique avait abouti à une dérive, l'affaire de ventes immobilières à la compagne de Jean-Gilbert Zozor, adjoint au maire, et à son copain footballeur Marcel Desailly.

Avec les incartades de cette semaine, revoilà donc les mauvaises habitudes. Le manque confirmé de projets ambitieux et utiles pour la population contraint Maryse Joissains à user d'expédients pour agir au coup par coup. C'est aussi vrai pour la Ville d'Aix que pour la Communauté d'agglomération du pays d'Aix dont les budgets sont désormais ric-rac pour les mêmes raisons.

Du vent... à contresens

La manœuvre bien éprouvée consiste donc à faire du vent pour afficher une gestion d'équilibre purement comptable au détriment d'une politique structurante de développement fondé sur l'investissement cofinancé. D'ailleurs, s'il fallait une autre preuve de l'immobilisme de la municipalité, il n'y a qu'à comparer avec d'autres communes qui essaient de combattre la situation de crise en prenant des décisions courageuses de vraie relance locale.

A ce titre, Maryse Joissains ferait bien de s'inspirer des mesures volontaristes adoptées par le conseil général et la région malgré les baisses des dotations de l'Etat. Pour la CPA, et donc pour Aix, la poursuite du train-train risque bien de plonger les deux collectivités dans une récession qui pourrait s'aggraver avec la réforme de suppression d'une partie de la taxe professionnelle, taxe jouant un rôle essentiel pour l'investissement économique.

Alors, comme on dit, ce ne sera plus seulement la voiture qui foncera vers le mur, c'est carrément le mur qui avancera vers la voiture.

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11 mars 2009

"Le Ravi" taille un costard aux promesses électorales

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Lire "Le Ravi", c'est découvrir l'information sous une approche originale à travers un regard décapant. C'est aller derrière l'apparence pour en révéler les dessous, les dessus et les milieux. Le n° 61 de mars ne déroge pas à la saine démarche que le mensuel met en pratique depuis cinq ans.

Ce mois-ci, il insiste sur le droit de suite que beaucoup de médias oublient une fois l'actualité du jour éteinte. Pourtant, de temps en temps, il est bon de se rafraîchir la mémoire en faisant des points de situation. "Le Ravi" s'y emploie cette fois-ci en revenant par exemple sur les promesses électorales des municipales. Les surprises ne manquent pas.

S'il n'y avait qu'une seule bonne raison de se procurer ce numéro, ce serait celle-là. Mais, évidemment, l'attrait tient aussi aux portraits de nos politiques locaux, aux dossiers concernant les décisions politiques incongrues, aux fabuleux dessins et à l'humour caustique dont "Le Ravi" s'est fait une spécialité.

Le sommaire du n° 61 de mars :

http://www.leravi.org/article.php3?id_article=725 

Le site :

http://www.leravi.org/

11 mars 2009

Et si on essayait de voir comment va notre monde ?

Si le monde était un village de 100 personnes… Vous êtes peut-être déjà tombé sur cette présentation synthétisée de l'état du monde. L'origine de ce message est attribuée aux travaux de l'environnementaliste Donella Meadows de l'Université de Dartmouth, New Hampshire, auteur de "State of the Village Report". Et pour poursuivre dans le genre curiosité, voyez aussi le plus grand compteur du monde…

SI LE MONDE ETAIT UN VILLAGE

population_monde

Aujourd’hui, plus de 6 millards de gens vivent dans le monde. Si on pouvait réduire la population du monde en un village de 100 personnes tout en maintenant les proportions de tous les peuples existants sur la terre, ce village serait ainsi composé :

Ÿ 59 Asiatiques (dont 20 Chinois et 17 Indiens)

Ÿ 14 Américains (6 au Nord, 8 au Centre et au Sud)

Ÿ 14 Africains

Ÿ 13 Européens (en fait 12, car 1 personne serait du Pacifique-Sud)

Ÿ 50 femmes et 50 hommes

Ÿ 30 enfants et 70 adultes

Ÿ 30 blancs et 70 non blancs

Ÿ 89 hétérosexuels et 11 homosexuels

Ÿ 33 chrétiens

Ÿ 21 musulmans

Ÿ 15 hindous

Ÿ 6 bouddhistes

Ÿ 5 animistes

Ÿ 6 autres religions

Ÿ 14 sans religion ou athées

Ÿ 15 parleraient le chinois, le mandarin

Ÿ 7 l’anglais

Ÿ 6 l’hindi

Ÿ 6 l’espagnol

Ÿ 5 le russe

Ÿ 4 l’arabe

Ÿ 3 le bengali

Ÿ 3 le portugais

Ÿ Les autres parleraient indonésien, japonais, allemand, français et quelques autres langues.

Ÿ 20 souffriraient de malnutrition

Ÿ 1 serait en train de mourir de faim

Ÿ 15 seraient suralimentés (voire obèses)

Ÿ 6 personnes possèderaient 59% de la richesse totale et tous les 6 seraient originaires des USA.

Ÿ 74 personnes possèderaient 39% de la richesse totale et 20 personnes se partageraient les 2% restant.

Ÿ 20 personnes consommeraient les 80% des énergies du village et 80 personnes se partageraient les 20% restant.

Ÿ 20 n’auraient pas d’eau potable

Ÿ 56 auraient accès à des installations sanitaires

Ÿ 15 adultes seraient analphabètes

Ÿ 1 aurait un diplôme universitaire

Ÿ 7 posséderaient un ordinateur En une année, une personne du village mourra mais deux enfants naîtront, ainsi à la fin de l’année le village comptera 101 personnes.

LE PLUS GRAND COMPTEUR DU MONDE

worldometers

               

Epoustouflant ! Voir tant de chiffres défiler à toute vitesse donne le tournis. Faut-il comprendre que notre compte est bon ? 

Un petit clic pour un grand choc :

http://www.worldometers.info/fr/

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Les montres molles de Salvador Dali

9 mars 2009

Une interview "confidentielle" de Maryse Joissains

logo_objectif_mediterranee

Un de mes vigilants lecteurs (merci JP) a déniché une interview de Maryse Joissains parue en décembre dernier dans le magazine bimestriel "Objectif Méditerranée". Cet entretien était destiné à des décideurs économiques. Il n'est pas sans intérêt et mérite d'être connu du grand public car il n'a rien perdu en actualité. Joissains s'exprime sur le Grenelle de l'environnement, les élections régionales, sa fille Sophie, la LGV… J'ai ajouté quelques commentaires personnels entre parenthèses. Bonne lecture !

Sur le Grenelle de l'environnement :

[…] L'autre énorme dérive, c'est le Grenelle de l'environnement. Vous savez quel est le coût de ce Grenelle pour le pays d'Aix ? A la CPA, nous devrons donner 8M€ par an pour respecter toutes les réglementations.

Pourtant, il faut bien agir face à la dégradation du climat…

Il faut être incitatif. L'Etat devait réaliser ce projet global, c'est une bonne chose. Mais il a été pensé par des technocrates. Nous devrons débourser des sommes trop importantes, nous n'y arriverons pas. Il fallait proposer des modalités simples. (Vérification faite sur le site de l'assemblée nationale, Maryse Joissains n'a participé à aucune séance et n'a donc fait aucune intervention lors de la discussion du projet de loi.) […] Moi, j'ai voté ce texte de loi dans l'enthousiasme. Mais, je me rends compte que ses applications seront bien trop lourdes sur un plan financier. (Elle vote mais... réfléchit après.)

Comment envisagez-vous la réforme institutionnelle ?

Je suis contre le mille-feuille. Le conseil général doit disparaître. Dans un premier temps, il faut procéder à une fusion entre les conseils généraux et le conseil régional. (Mais elle est élue à trois niveaux : mairie, CPA et parlement) On se donne deux à trois mandats pour aller vers une épure complète. (C'est plutôt mal parti.)

A l'aube des élections régionales, Christian Estrosi a l'air de s'entendre très bien avec Michel Vauzelle. Et vous ?

Oui, nous travaillons tous avec Monsieur Vauzelle. C'est un homme de qualité. J'entretiens d'excellentes relations avec lui. Maintenant, je soutiendrai le candidat présenté par l'UMP, s'il me convient… (Belles bagarres en perspective !)

Hubert Falco ?

Je le soutiendrai. C'est un homme de talent et il est populaire. Falco ferait un excellent candidat, mais Jean-Claude Gaudin aussi… (déjà président de la région de 1986 à 1998)

Ah bon ?!

On veut faire croire qu'il est fatigué mais il attire toujours la sympathie. (Sympathie peut-être mais pas forcément les votes.)

En a-t-il envie ?

Certains le poussent… C'est un malin. Je crois que le choix se fera entre les deux. (Tout sauf Estrosi ?) Quant à Michel Vauzelle, s'il n'était pas encombré du parti socialiste, il porterait d'autres valeurs parce qu'il n'est pas un homme de gauche. (C'est vite dit !)

Le fait qu'Hubert Falco ne soit pas marseillais ne représente-t-il pas un handicap ?

Il est vrai que les Bouches-du-Rhône forment le département le plus peuplé. Mais le consensus se fait autour de son nom… Monsieur Estrosi est sur la même position que la mienne (Les choses ont sans doute changé depuis l'affaire de la LGV.) : nous ne voulons pas nous battre pour un candidat qui ne le mérite pas. Parce que, par ailleurs, nous ne voulons pas perdre nos bonnes relations avec Michel Vauzelle. (Crainte de ne pas s'entendre avec un président UMP ?)

Ne vous a-t-on pas proposé d'y aller ?

Je suis très bien à Aix. Si j'étais entrée en politique dix ans plus tôt, peut-être…

Vous semblez être la femme forte forte, comme on dit l'homme fort, de l'UMP dans ce département ?

Non, c'est Gaudin l'homme fort. (Il faut bien donner l'impression de ne pas tirer sur l'ambulance…) Ce sera Muselier lorsque Gaudin le décidera. Le patron est à Marseille parce que le territoire est important.

Vous croyez en l'avenir politique de Muselier ?

C'est un homme de talent. Il plaît à la population. Il peut parfaitement rebondir. (Autrement dit, pour l'instant, il est KO)

Politiquement, Marseille vous aurait-elle tentée ?

J'en ai le tempérament. A Marseille dans les quartiers populaires, je salue tout le monde, je m'y sens bien. (Saluer, c'est bien, mais être saluée, c'est mieux.)

Renaud Muselier a reçu mandat du maire pour Marseille Provence 2013. Comptez-vous travailler avec lui ?

Les gens qui me connaissent savent que je ne suis pas dans la caricature que l'on fait de moi. Venez au conseil de communauté, vous y verriez des socialistes qui ont plaisir à y être… (Des noms, des noms !) J'ai le respect complet pour les gens qui travaillent avec moi. Je vais même vous dire mieux : parfois, je fais l'éponge et je récupère les idées des autres. (Quel programme !)

Votre fille Sophie, aujourd'hui sénatrice, a-t-elle bénéficié de votre aide pour accéder à ce poste ?

On parle beaucoup de Sophie mais je rappelle qu'à l'assemblée nationale beaucoup doivent leur siège à un papa, un oncle, une sœur, etc. Elle a eu une grave maladie en 2005 et elle a tellement senti que certains tablaient sur sa maladie pour m'affaiblir (Toujours la théorie du complot) qu'elle a eu envie de se lancer en politique. J'ai toujours été contre. Quand elle a voulu se présenter dans le canton Ouest d'Aix en 2004, juste avant sa maladie, elle a été présentée par Gaudin. Elle s'était retirée au dernier moment pour sauver l'unité de sa famille. Quand Gaudin m'a demandé si je voulais être candidate aux sénatoriales, je lui ai dit non. (Evidemment, cela aurait provoqué une élection législative partielle risquée) Il m'a dit qu'il lui fallait une femme. Je lui ai répondu que j'en avais beaucoup dans mon conseil municipal et lui ai fait comprendre que Sophie avait le profil. Il m'a répondu qu'il pensait à Mme Bertrand (conseillère générale de Châteaurenard). Je lui ai demandé combien de voix elle représentait. Il m'a dit : "une, la sienne". Je lui ai répondu que Sophie avait été élue à la vice-présidence de la CPA avec 140 voix sur 143, dans un scrutin secret. (On comprend mieux le consensus politique à la CPA...) Il a un jour déclaré à la presse que c'était elle. Je crois que Sarkozy, qui a toujours suivi de près la maladie de Sophie, a sans doute joué un rôle important. (Elle n'est pas sûre. Mais cela voudrait dire que c'est quand même Sarkozy qui règle les investitures.)

Sur la LGV, quel est votre tracé ?

Celui des métropoles. Je ne foutrai pas en l'air mon arrière-pays pour que les Niçois gagnent un quart d'heure. Quand on fait de l'aménagement du territoire, on ne décide pas de zapper Toulon et Marseille, et de détruire la Sainte-Victoire. Je propose de garder la LGV jusqu'à Toulon et de mettre en place un TER efficace entre Nice et Toulon.

Propos recueillis le 4 décembre 2008 par Charles Morel et Marc Rambuzet

pour le magazine bimestriel "Objectif Méditerranée"

4 mars 2009

Rapport Balladur : Jean-François Probst tire à tout va

gif_armes_tirIl a côtoyé et servi Jérôme Monod, Charles Pasqua, Alain Juppé, Jean Tiberi et Jacques Chirac. Maintenant retiré de la vie politique, il balance tous azimuts sur ses "amis" de droite. Et en particulier sur Nicolas Sarkozy, qu'il appelle Sarkoko. Et là, franchement, ça tire à tout va, sans pitié ! Dans cette vidéo, pour le site Bakchich, Jean-François Probst émet de sérieux doutes sur les propositions d'Edouard balladur concernant la réfome des collectivités locales. Un petit clic pour un feu d'artifice qu'on ne regrette pas ! (durée : 4'23")

http://www.dailymotion.com/video/k3XkKxo6hdpFo1XYXY

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4 mars 2009

Européennes : Brouilles, embrouilles et brouillard

La désignation des têtes de listes et des candidats PS aux élections européennes ne semble pas avoir mis tout le monde d'accord. Ainsi, par exemple, c'est Vincent Peillon, député sortant du Nord-Ouest, qui a été propulsé dans le Sud-Est.

Vincent Peillon, ardent supporter de Ségolène Royal, dont il s'éloigne de plus en plus, a été l'un des plus virulents lors des décomptes de l'élection de la première secrétaire nationale Martine Aubry. Il est celui qui avait menacé d'aller en justice et qui n'avait pas voulu répondre sur France Inter à l'interpellation d'un auditeur lui demandant de s'expliquer sur les fraudes de la fédération des Bouches-du-Rhône au moment du vote sur les motions. Depuis, il lui a bien fallu se rendre à l'évidence de la désignation de Martine Aubry.

Or, voici précisément qu'en moins de 24 heures, il râle encore puis se ravise sur le choix de la direction de lui imposer la région Sud-Est.

Pour mémoire, Vincent Peillon est le seul des huit têtes de listes socialistes qui avait opté pour le non au référendum européen, contrairement à Ségolène Royal qu'il soutenait qui avait choisi le oui.

Les listes du parti socialiste comprendront donc des candidats du oui et du non. Est-ce cohérent ? A vrai dire, le PS n'est pas le seul à semer la confusion. C'est aussi le cas d'autres listes qui amalgament allègrement des tenants du oui et du non. Les électeurs s'y retrouveront-ils dans ce genre d'élection qui n'attire pas les foules ?

Personnellement, pour l'instant, je m'imagine mal accorder mon suffrage à des listes qui ne seraient pas pour le oui de façon homogène.

logo_france_bleu_provenceUne fois de plus, l'édito de Jean-Laurent Bernard diffusé hier sur France Bleu Provence a tapé dans le mille. Son analyse mérite d'être lue.

Bonjour,

Le parachutage raté de Vincent Peillon en tête de liste socialiste pour le Sud-Est aux élections européennes participera directement au solide désamour provençal pour l'Europe. Qu'un élu ayant vocation à jouer les premiers rôles dans la sphère publique se permette de déclarer qu'il vient chez nous du bout des pieds contre son plein gré, souligne le mépris qui sommeille souvent chez nos candidats.

Pour mémoire, aucun électeur ne doit quoi que ce soit à celles et ceux qui se retrouvent un jour sur des bancs prestigieux à représenter les citoyens. Moyennant des milliers d'euros chaque mois et de substantiels avantages inimaginables pour un smicard, Vincent Peillon prend ainsi le double risque de traîner cette casserole de la mauvaise humeur pendant toute la campagne, et d'éloigner un peu plus les Provençaux de Bruxelles.

Cette maladresse d'enfant gâté souligne aussi l'une des tares insupportables des partis politiques : la manie de se distribuer les postes avant de les avoir gagnés. Façon de renvoyer la piétaille à son quotidien besogneux tandis que des élites reproduiraient à l'infini leur auto-suffisance sans autre ambition que de se chauffer mutuellement leur fauteuil.

Et pourtant, l'Europe mérite autre chose que ces bassesses, surtout aujourd'hui alors que les navires de l'union prennent l'eau un par un parce que la solidarité obligée ne peut pas tout contre cette crise internationale où victimes et coupables se trouvent étroitement liés. Cette Europe décriée quand elle contraint et oubliée lorsqu'elle nous protège, doit encore progresser, à marche forcée.

D'où l'obligation pour nos postulants d'être autrement plus crédibles et passionnés que la piteuse entrée en matière de Vincent Peillon. L'homme ne manque ni de talent ni de volonté. Et qui sait, peut-être se rendra-t-il compte assez vite que pour gagner son mandat à Bruxelles, il devra d'abord mériter la Provence.

Bonne journée.

27 février 2009

Faux électeurs : Les Tiberi, c'est du Shakespeare !

Il y en a qui portent leur culot en bandoulière. Et que le poids de la honte n'étouffe pas. Au procès des faux électeurs de Paris, ça balance fort. C'est enfin la confrontation générale. Les prévenus se vautrent dans l'indignité. Xavière Tiberi tient des propos abjects à donner la nausée. Le meurtre n'est pas loin. Shakespeare, reviens ! T'as encore un bon sujet de pièce à écrire. En attendant, voici l'article de Libération du 25 février qui nous rapporte l'épisode sanglant de mardi au tribunal.

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Dessin de Cabu dans Le Canard enchaîné du 25 février 2009

Les époux Tiberi à l’heure de la confrontation

A la barre

Le maire du 5e a été mis à mal hier par les témoignages de subalternes sur la fraude électorale. "Jean Tiberi, c’est le cerveau, forcément : c’est le patron", a lâché Anne-Marie Affret, première adjointe au maire, hier, au procès des faux électeurs du 5e arrondissement. Avant de se raviser un peu. Puis beaucoup. Et de repartir à la charge. "Pour moi, ce n’est pas facile monsieur le président, se plaint-elle. Tous les ordres me venaient de mon maire, enfin ! C’est un rôle que me donnait Jean Tiberi. Tout ce que je faisais à la mairie du 5e, c’était M. Tiberi qui me le demandait." Toute petite, habillée en tailleur, elle s’exprime en ouvrant de grands yeux expressifs. Elle soupire tout en souriant.

La semaine dernière, elle a reconnu la falsification. Lundi, elle s’est débattue encore. "Vous avez fait un petit pas, madame Affret, lui a fait remarquer le président, Jean-Paul Albert. Mais il va falloir en faire un autre." "Je ne peux pas tout faire monsieur le président", s’est-elle plainte.

Micro

Pour forcer un peu plus la parole, et "mettre cartes sur table", Jean-Paul Albert a choisi la stratégie de la confrontation générale. "Madame Affret, on a l’impression qu’à vos côtés, il n’y a personne. Il y a un vide", a-t-il lancé à l’adjointe au maire, en jetant un coup d’œil du côté des prévenus où elle s’est assise, à deux places de Jean Tiberi et de son épouse, Xavière. L’élue est tiraillée. Et très sollicitée. "Je voudrais que M. Tiberi ne se penche pas vers Mme Affret ! s’est exclamé un avocat. La malheureuse n’a même pas le temps de s’asseoir que monsieur Tiberi lui a parlé." On rappelle à l’ordre le député, visiblement déstabilisé par les témoignages de ses coprévenus. La stratégie de la confrontation s’avère payante pour le tribunal. Le président appelle au micro fonctionnaires et élus. Et on parle.

"C’est leur parole contre la nôtre, dit l’ancien chef du bureau des élections Olivier Favre, plus assuré. Nous sommes des fonctionnaires de catégorie C contre des élus. Ma parole n’a aucun poids par rapport à la leur. J’étais un exécutant." Il témoigne devant Jean Tiberi sur "le système" de la fraude. "Tout le monde était au courant au bureau des élections. Le système était facile à déceler du fait du nombre de cartes électorales en retour." Le chef du bureau se souvient que les notes administratives réclamant des radiations électorales n’étaient pas appliquées. Le secrétaire général Raymond Nentien lui avait dit qu’il "n’avait pas l’aval de Jean Tiberi" pour radier.

Anne-Marie Affret confirme que "le système" existait avant qu’elle soit adjointe. Qu’elle l’a "pris en route". Le président Albert, se tournant vers le député : "Et vous, monsieur Tiberi, ce train en route, vous n’êtes pas monté sur le marchepied ? Tout le monde s’en est aperçu, les fonctionnaires aussi, Mme Affret le dit… et vous ?" "Monsieur le président, jamais, jamais, je n’ai été informé", répond Jean Tiberi. "Jamais", un mot qu’il a prononcé une bonne vingtaine de fois lundi. Et autant hier. Le président : "Les listes électorales, ça ne vous intéressait pas ?" "Je n’avais pas le temps de m’occuper de ça", répond-il.

Ordres

Xavière Tiberi, qui conteste aussi toute implication, a son idée sur l’affaire. Sa veste à moitié retirée, le visage chiffonné, elle raconte. "J’ai beaucoup lu le dossier, dit-elle. Il y a un piège, j’en suis sûre. Le 373, rue Saint-Jacques [une adresse fictive, ndlr] a été mis là pour nuire à Tiberi." "Je me demande qui l’a mis, fait-elle mystérieuse. C’est comme ce Shakespeare [prénom d’un faux électeur]…" Elle dit qu’elle a failli suffoquer en voyant qu’on soupçonnait son mari de "vénalité". "Tiberi n’a jamais reçu une baguette de pain de qui que ce soit", assure-t-elle.

Les fausses inscriptions avouées par les fonctionnaires ? "Dans l’euphorie de la campagne, ils ont peut-être inscrit quelques personnes", hasarde-t-elle. Prise dans la confrontation, elle semble suffoquer. S’approche des avocats. Du procureur. On parle des ordres qu’elle a donnés, et dont tout le monde se souvient. "Je ne donne pas d’ordre, lance-t-elle, et quand ça ne va pas je prends un grand verre d’eau et j’avale."

Anne-Marie Affret est questionnée sur la femme du maire. "Mme Tiberi avait ce rôle que lui avait donné son mari, répond l’adjointe. Bien sûr elle était présente. Parfois, elle me disait : "Jean m’a dit que vous fassiez ça. Je ne prends aucune initiative…" Raymond Nentien, l’ancien secrétaire général, approuve. Soudain interrompu. "Je demande l’autorisation de sortir cinq minutes, annonce Xavière Tiberi. Ce sont des lâches qui s’acharnent sur moi. Je préfère sortir, fumer une cigarette." Conciliant, le président autorise le temps de la cigarette. La partie civile proteste. Une fois revenue, Xavière poursuit. "Mon mari leur a tout donné. Ils n’avaient rien… Ils méritaient d’être seulement plantons à la mairie du 5e. Devant tant de mensonges de personnes qui doivent tout à Tiberi, je me dis tant pis pour lui."

26 février 2009

Les électeurs fantômes de Paris dans de beaux draps

Dans mon article de mardi, je faisais part de mes interrogations sur les troublantes ressemblances entre le dossier des faux électeurs de Paris et les éléments mis sur la place publique il y a deux ans par un fonctionnaire municipal au sujet de la tenue des listes électorales d'Aix.

J'ai retrouvé deux articles du Canard enchaîné qui avait mené sa propre enquête il y a douze ans, bien avant la justice, et qui se réjouit de voir enfin le procès se tenir. Depuis trois semaines, le tribunal correctionnel de Paris décortique donc ce qu'il faut bien appeler le système Tiberi. Précis et inimitable, Le Canard nous narre tout…

canard_enchaine_4

(Clic sur l'article pour agrandir)

Dans Le Canard enchaîné du 4 février 2009

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(Clic sur l'article pour agrandir)

Dans Le Canard enchaîné du 18 février 2009

24 février 2009

On a trouvé de faux électeurs à Paris... et rien à Aix ?

Aix : de mystérieux inscrits

Quand on suit le procès des faux électeurs de Paris, on ne peut que s'interroger sur les troublantes similitudes de pratiques dénoncées en juin 2007 à Aix par un fonctionnaire municipal. Employé au bureau des élections depuis de longues années, il avait relevé que, depuis 2001, il y avait des irrégularités dans le service. Cela s'est aggravé entre 2004 et 2007, et surtout au moment des législatives de 2007, où 13.000 cartes d'électeurs étaient revenues en mairie pour n'avoir pas trouvé acquéreurs. Selon lui, ces mystérieux inscrits l'étaient dans la 14e circonscription, celle de la députée UMP Maryse Joissains, qui compte 90.000 électeurs.

Sur les 13.000 cartes en retour n'habitant à l'adresse indiquée, "7.000 ont été récupérées sans que les personnes ne prouvent leur rattachement à la commune." L'employé a également fourni une dizaine de noms de proches du maire, habitant hors d'Aix mais autorisés à y voter grâce à des certificats d'hébergement. Depuis ses découvertes, l'agent a engagé plusieurs recours : conseil constitutionnel, tribunal administratif, procureur, médiateur et même président de la République. Mais, il faudra sans doute patienter pour avoir "toutes" les réponses...

Deux bons articles parus sur le blog d'Olivier Bonnet :

http://www.plumedepresse.com/spip.php?article41 

http://www.plumedepresse.com/spip.php?article998 

Mon article "Aix 2009 : Plus d'habitants, mais moins d'électeurs !" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/01/16/12106650.html

Paris : le procès en cours

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Dessin de Plantu

A Paris, le procès en correctionnelle pour l'affaire des faux électeurs inscrits sur les listes du 5e arrondissement entre 1995 et 1997 va durer un mois. Onze personnes, dont l'ancien maire UMP, Jean Tibéri et son épouse, ont à s'expliquer sur le "dopage" des listes avec entre 3.000 et 4.000 noms en trop. On n'étonnera personne en rappelant que l'affaire avait été révélée par le Canard Enchaîné.

Pourquoi le procès n'arrive-t-il que maintenant, soit douze ans après les premiers dépôts de plaintes ? Plusieurs fois, le parquet a tout essayé pour que l'affaire soit enterrée. Pourtant, peu à peu depuis l'ouverture du procès le 2 février, il est patent qu'un système organisé a été mis sur pied. Les auditions de gardiens d'immeubles, d'agents municipaux ou d'électeurs l'ont accrédité.

Son principe, c'est que des personnes ne résidant pas dans l'arrondissement étaient "incitées" à se faire inscrire sur les listes électorales. On leur promettait en contrepartie divers avantages, tels qu'une place en crèche, un logement ou encore un emploi à la mairie de Paris.

En 1998, le conseil constitutionnel avait relevé des "irrégularités graves et répétées" mais avait validé l'élection de Jean Tibéri aux législatives. Au cours des audiences, le couple Tibéri continue de nier quasiment tout en bloc. Même lorsque des témoins de l'affaire viennent à la barre déclarer ce qu'ils savent. Anciens collaborateurs, fonctionnaires ou gendarmes, leurs déclarations ont apporté des éléments concrets au système de fraude.

Ainsi, une ancienne employée du bureau des élections avait-elle par exemple  pour mission d'"appeler les personnes qui obtenaient un logement de la Ville dans d'autres arrondissements pour les inciter à continuer à voter dans le 5e. C'est Mme Tiberi qui me le demandait", souffle-t-elle.

Un collaborateur du maire du 5e de 2001 à 2008 raconte, lui, comment sa famille avait "hébergé" de faux électeurs. "Ma famille est corse et connaissait les Tiberi de longue date. Nous avions obtenu un logement de la Ville par l'intermédiaire de Jean Tiberi. Il y avait de faux électeurs chez mes parents : ma tante et ma cousine, qui habitaient le 14e et n'ont jamais logé chez nous." "Elles sont restées longtemps sur les listes?», lui demande le président. "Ma tante y est encore." "Elle n'habite toujours pas le 5e ?" "Non."

Le délégué du préfet à la commission de révision des listes électorales dans les années 1990 a quant à lui raconté ses inquiétudes lorsqu'il a "trouvé des électeurs sur un terrain vague" en parcourant les listes du 5e. Il avait aussi "identifié deux habitants qui hébergeaient chacun quatre personnes. Comme il s'agissait d'un local de 25 m², j'ai demandé à la mairie de vérifier. On m'a dit que c'était exact. Ça m'a semblé un peu surprenant." Mais il "avait du mal à obtenir des justificatifs. C'était une industrie."

"Il est inconcevable que Jean Tiberi ne soit pas au courant", conclut à son tour le gendarme qui a mené l'enquête, évoquant "la philosophie des trois singes : il n'a rien vu, rien entendu, rien dit".

Autre estocade, venue du cercle le plus proche de Tibéri, sa première adjointe, Anne-Marie Affret : "Oui, j'ai fait ce que j'ai fait. Je suis responsable." Elle reconnaît avoir rédigé des faux, avoir inscrit sur les listes du 5e des électeurs habitant dans d'autres arrondissements en utilisant des adresses fictives.

23 février 2009

Marseille : Les déchets se font encore des cendres

Comment résoudre le problème des déchets ? Incinération ? Méthanisation ? Ou les deux à la fois ? Lors de l'élection municipale de Marseille, un des dossiers les plus controversés a été celui du projet d'incinérateur de Fos-sur-Mer, avec de longues batailles écologiques, sanitaires et… politiques.

Les habitants du pourtour de Fos ne voulaient pas des déchets marseillais, en tout cas, pas de la machine à incinérer. Presqu'un an après, leur position n'a pas varié, contrairement à celle de certains élus socialistes. Ce qui ne veut pas dire que la droite n'a rien à se faire reprocher. La bataille risque donc de se poursuivre encore quelques temps.

L'article paru dans Libération le 21 février fait le point sur les dernières évolutions.

liberation

Le projet d’incinérateur de Fos-sur-Mer refait surface

Quand les élus socialistes reviennent sur leur engagement.

Qui a dit : "Je prends l’engagement de mettre fin à l’incinérateur", car l’incinération est "dangereuse pour la santé" ? Le candidat PS Jean-Noël Guérini, en mars 2008, lors de la campagne pour la mairie de Marseille.

Reniant ses engagements, la gauche marseillaise a relancé, jeudi, l’incinérateur de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), malgré l’opposition des populations concernées. A la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, les élus, gauche et droite confondues, ont voté une nouvelle DSP (délégation de service public) pour légaliser sa construction. La précédente avait été annulée, en juin 2008, par le tribunal administratif de Marseille.

L’incinérateur pourrait entrer en fonction en 2010. Au plus tôt. Car les recours ne vont pas manquer. L’usine doit traiter en majorité les déchets de Marseille. Le maire UMP, Jean-Claude Gaudin, avait d’abord tenté de l’installer dans sa commune, vers les quartiers Nord. La révolte grondant, il a enterré le projet. "Parce que j’avais envie de rester maire", rigolait-il jeudi. En 2004, il fait ressurgir le dossier à Fos-sur-Mer, déjà atteint par la pollution et les saccages industriels. "C’est comme si on faisait ses toilettes chez les voisins parce que ça pue", a noté le conseiller communautaire Victor Hugo Espinosa.

Les populations locales ont protesté. Les maires, de gauche, ont manifesté. Le dossier est devenu un des enjeux de l’élection municipale de 2008. La gauche l’a perdue, mais elle a pris le pouvoir par surprise à la communauté urbaine. Allait-elle tenir sa promesse ? Non. L’audit commandité, pour 245.000 euros préconise de ne pas lâcher l’incinération : résilier le contrat obligerait à payer près de 500 millions d’euros au constructeur. Jugeant le projet "irréversible depuis 2007", la gauche a remballé sa promesse.

Seul bémol, l’usine fera moins d’incinération : le tonnage incinéré chaque année passe à 250.000 tonnes (contre 360.000 prévues). Les élus locaux, de gauche, se sentent floués. "Trahison Guérini !" criaient les opposants jeudi dans la rue, contre ce "revirement honteux". Brandissant des banderoles "La dioxine assassine !" ils comptent se battre en justice contre ce "déni démocratique".

L’incinérateur s’annonce aussi comme un boulet financier. Depuis 2004, son coût prévu a plus que doublé : de 34 millions d’euros par an, il passe à 70 millions, alors que les finances de la communauté urbaine, héritage de la gestion des années Gaudin, sont dans le rouge.

(Journaliste : Michel Henry)

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