
Les affaires des frères Guérini sont une grande nébuleuse de nébuleuses. On a beau chercher à enfouir, tout ou presque finit par remonter à la surface.
Voici maintenant qu'apparaissent aussi des éléments d'un volet qui s'élargit au site de l'Arbois, là où est implanté ce que l'on a appelé jusqu'ici l'Europôle et qui a muté en Technopôle de l'environnement Arbois Méditerranée.
Deux articles récents livrent quelques informations sur les relations et l'influence d'Alexandre Guérini dans la gestion de la structure, et sur les menées politiques qui ont eu cours entre les deux frères et Alexandre Medvedowky, président toujours en titre du pôle. Ces articles tentent de reconstituer le fil des contacts entre divers protagonistes depuis 2007.
Outre le rappel nécessaire de la place stratégique de Treize Développement, la société d'économie mixte qui dépend directement du conseil général des Bouches-du-Rhône pour l'aménagement des infrastructures, ils s'interrogent sur certains enjeux de pouvoir en interne et sur des contreparties en forme d'appuis pour des conquêtes politiques.
C'est ainsi qu'un éclairage sur les dessous d'un épisode électoral semble confirmer des faits qui se sont déroulés lors de la période particulière qui a vu l'élection municipale aixoise de 2008 annulée et suivie un an après par un nouveau scrutin.
J'avais relaté ici l'étrange réunion des Milles qui avait vu la désignation d'Alexandre Medvedowsky alors même que, jusqu'à la dernière minute, tout le monde donnait André Guinde comme tête de liste.
Voici ce que j'écrivais moi-même le 24 juin 2009 :
"Après l'annonce d'André Guinde de vouloir mener la nouvelle liste, un vigoureux bras de fer, agrémenté de joyeuses menaces et de doux chantages, a eu lieu entre Jean-Noël Guérini et Eugène Caselli, le premier soutenant Guinde, le second Medvedowsky.
Ce n'est que quelques heures avant l'assemblée générale socialiste des Milles que la décision a penché en faveur de Medvedowsky, Guinde l'apprenant sur place et recevant un rocher de trois tonnes sur la tête. Guinde s'est alors posé la question de sa participation à la future liste.
Pour mémoire, en juin 2007, Guinde était venu expliquer, dans toutes ses largeurs, à la toute première réunion publique de Michel Pezet et de Jean-François Picheral pourquoi il lui était vraiment impossible d'aller avec Medvedowsky en mars 2008. A l'automne, sur injonction de Guérini, il a rejoint celui qu'il avait vilipendé (le mot n'est pas trop fort) durant l'été.
C'est le même Guinde qui vient de plier l'échine en ravalant ses rêves éphémères. Le PS est uni et apaisé, assène-t-on aux Aixois. C'est à voir. Car c'est un PS aixois incomplet qui fait liste commune avec le MoDem, lui-même moins fourni en personnalités que l'an dernier."
L'article du Ravi paru en novembre recolle les morceaux des retournements de situation qui ont vu la désignation d'Alexandre Medvedowsky malgré sa défaite de l'année précédente. L'article de Bakchich, paru également en novembre, retrace, quant à lui, le tableau en forme de forêt noire qui entoure le plateau de l'Arbois.
Libre aux lecteurs d'en tirer leurs propres conclusions.

Medvé, l'homme qui gagnait toujours à perdre
Nom : Medvedowsky. Prénom : Alexandre. Surnom : Medvé.
Signe particulier : perdant récidiviste.
Atout majeur : Alexandre Guérini.
Point faible : Alexandre Guérini.
Mois après mois, l'enquête du juge Duchaine révèle des surprises. Comme la lecture de quelques SMS envoyés par Alexandre Medvedowsky, conseiller général PS de Peyrolles-en-Provence (13), au mauvais moment à la mauvaise personne : son ami Alexandre Guérini.
Côté pile, Medvé est un homme d'affaire. Il dirige un cabinet d'intelligence économique (comprenez lobbying), ESL&Network, très influent dans les plus hauts cercles du pouvoir, du Kremlin à l'Elysée. Côté face, c'est un politique, leader très contesté du PS aixois depuis que Jean-François Picheral l'a accusé publiquement de trahison (Cf Ravi n°44, septembre 2007). De cet épisode peu glorieux, la gauche à Aix ne s'est jamais vraiment remise depuis 2001 : scissions, guerre froide et coups bas...
En 2007, des sommets sont atteints. Michel Pezet raconte : "Jean-Noël Guérini m'a dit "que penses-tu d'Aix pour les municipales ?" J'étais partant mais après quelques mois, il m'annonce qu'il y aura finalement un référendum car Medvé veut se présenter. Entre temps, 200 cartes sont entrées dans sa section comme par miracle. J'ai décidé d'aller jusqu'au bout sans participer à ce référendum trafiqué d'avance."
Précisons qu'à cette époque, aucune carte n'entrait sans l'aval d'Alexandre Guerini, membre très influent de la commission des adhésions du PS 13. Une candidature dissidente plus tard, Pezet et ses colistiers reviennent blanchis de la commission des conflits à Solférino. "J'ai plaidé sur la forme puisqu'on nous avait traîné là pour des questions de formes", précise un brin ironique l'avocat marseillais. Et Medvé perd les élections de 2008.
En 2009, rebelote. Élections annulées sur un recours du candidat Modem et, contre toute attente, alors qu'André Guinde espère voir sa fidélité à Jean-Noël récompensée, Medvé obtient le label PS.
Depuis deux ans, les rumeurs vont bon train sur cette investiture surprise. Aujourd'hui, des SMS glanés dans l'épais dossier Guernica - qui vaut aux frères Guérini d'être mis en examen pour "association de malfaiteurs" - nous éclairent. En effet, dès mai 2009, les téléphones d'Alexandre Guérini étaient sur écoute. On y trouve entre autres des messages échangés avec Medvé autour d'une préoccupation commune, la mairie d'Aix. "Il paraît que Guinde fait chier...", écrit Medvé à Alex Guérini le 11 juin 2009. Aussitôt, Monsieur Frère lui répond "Laisse-moi faire". Rassuré, Medvé enchaîne "C'est pour ça que je t'envoyais texto !! Merci de ton aide".
Ce même jour, dans La Provence, des élus du sérail affirment qu'André Guinde est favori, qu'il sera candidat à Aix. Mais fidélité ne vaut pas fraternité dans le système Guérini. Le lendemain, à la surprise générale, Eugène Caselli annonce à 300 militants stupéfaits l'investiture d'Alexandre Medvedowsky. Guinde pleure, des militants crient au scandale mais les jeux sont faits, la paire d'Alex sort toujours vainqueur.
Qu'est-ce qui lie les deux hommes si ce n'est un prénom ? L'Europôle de l'Arbois dont Medvé est président où des marchés suspects ont été attribués aux amis d'Alexandre Guérini ? Proglio, Frémont, ces noms qu'on cite proche de l'un comme de l'autre ? Il ne fait pas de doute que leur côté pile est à l'unisson. Quant au côté face ? Le 18 juin, Alexandre Guérini faisait une proposition spontanée à Medvé : "Qd peut-on se voir et me dire ce dont tu as besoin pour la campagne ? Bises." Le lendemain, ils sirotaient un apéro dans le très prolétaire café de la Rotonde à Aix pour y discuter gros sous... Pierre-Julien Bouniol
Note : Alexandre Medvedowsky n'a pas souhaité répondre à nos questions.

L'Arbois qui cache la forêt
Excellent article de Xavier Monnier
http://www.bakchich.info/L-Arbois-qui-cache-la-foret,13142.html

Municipale 2009 : "Centrifuge et centripète sont sur un b..."
http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/06/24/14188273.html