Le va-tout de Sarkozy et... le "va-t-en" des Français
"De toute façon, je suis au bout. Dans tous les cas, pour la première fois de ma vie, je suis confronté à la fin de ma carrière."
"En cas d'échec, j'arrête la politique. Oui, c'est une certitude."
"Vous voulez que j'anime des sections UMP ? Je ne mérite pas ça. Je préfère encore le Carmel. Au Carmel au moins, il y a de l'espérance !"
"En tout cas, je changerai de vie complètement, vous n'entendrez plus parler de moi !"
Si l'on en juge par les effets à fragmentation de la prestation de François Hollande de dimanche dernier, des effets relatés en long et en large, et souvent commentés favorablement par les médias nationaux mais aussi internationaux, Nicolas Sarkozy semble devoir être désomais contraint de jouer son va-tout.
Ses propos rapportés par la presse laissent deviner comme une tonalité de fin de présidence qu'on n'aurait pas imaginée venant de lui. Ces propos, tenus en aparte devant des journalistes, sont-ils un constat enfin lucide d'une défaite inévitable ou un énième enfumage censé faire réagir ses partisans pour qu'ils se mobilisent à fond ? Dans les deux cas, ce n'est pas bien glorieux.
En arriver là, alors qu'il n'a cessé d'être en campagne depuis cinq ans et qu'il vient de passer tout le mois de janvier (15 cérémonies au compteur à ce jour !) à faire sa lourde propagande aux frais de la République devant des salles composées de personnes tout droit sorties de cars UMP, c'est à désespérer.
Hier encore, il est venu passer deux petites heures à Marseille pour soi-disant présenter ses vœux au monde de la culture en tant que président, et, idiots que nous sommes, pas comme candidat, comme le serine Henri Guaino. La feinte est un peu grosse car au même moment le déclaré candidat François Hollande était dans le Var. Et, savez-vous quoi ? Sarkozy a lu son long discours sans dire un seul mot sur Marseille capitale 2013 ! Gaudin et Muselier ont dû savourer le voyage !
Oui, nous allons vraiment vivre des moments passionnants. Et pour commencer, il sera intéressant de suivre Hollande jeudi soir pendant deux heures sur France 2. Au cours de l'émission, une séquence de trente minutes sera réservée pour un débat avec Alain Juppé. La confrontation sera sans doute de bonne tenue.
Puis, dimanche soir, Sarkozy monopolisera toutes les chaînes de télévision pour présenter son catalogue de mesures de replâtrage de la vingt-cinquième heure. Malgré sa stratégie Coué trompe-la-mort, il n'est pas invraisemblable qu'il fasse une grosse audience. Mais comme personne ne le croit plus, on fera semblant de l'écouter.
Pour lui, la pente s'est tant raidie qu'il en est réduit au sauve-qui-peut. Et il est fort à craindre que même un recours à un grigri ou à un calendrier maya n'y pourrait rien changer.
Son sort est à mille lieues de m'attrister. En revanche, une chose me chagrine jusqu'à m'arracher d'abondants sanglots de crocodile. Ce sont les conséquences inhumaines que devront affronter certains de ses valeureux et lettrés domestiques.
Alors, je pose la question essentielle que personne n'a encore eu la bienveillance de poser. Mais que vont donc devenir nos inoubliables grands farceurs Lefebvre, Morano et autre Douillet ? Pourvu que l'Elysée leur ait déjà déniché un sauf-conduit pour aller exercer leurs réels talents sous chapiteau !


























