Mulhouse : Bockel face à son conseil municipal
Clash ? Pas clash ? Comment le conseil municipal de Mulhouse a-t-il accueilli son maire, Jean-Marie Bockel, suite à son entrée au gouvernement de droite ? Voici le compte-rendu de la séance du lundi 16 juillet 2007, publié par le journal "L'Alsace".
"Chaude l'ambiance, chaude la motion"
Le secrétaire d'Etat Jean-Marie Bockel a été soutenu unanimement par sa majorité et pas désavoué par le plus gros de son opposition.
Il fallait s'y attendre, il y a eu quelques vagues, dans une salle pas seulement surchauffée par une climatisation qui a rendu l'âme en cours de séance. Mais le clash que pronostiquaient certains (et que sans doute espéraient d'autres) ne s'est pas produit.
Au nom du groupe Verts, Chléo Schweitzer et Djamila Sonzogni présentent "une motion de défiance" : "Tête de liste et membre du parti socialiste, Jean-Marie Bockel a été élu par une coalition de gauche sur des options de gauche. Il a fait le choix personnel de se rallier à Nicolas Sarkozy, dont les valeurs sont différentes et qui mène une politique de droite. C'est pourquoi, au nom des électeurs de gauche, nous demandons à M. Bockel d'aller jusqu'au bout de son choix et de démissionner de son poste de maire...".
Le groupe MoDem de Bernard Stoessel, au contraire, "s'associe aux félicitations" adressées au maire et lui présente "ses voeux les plus sincères pour la réussite de sa double mission", nationale et locale. "Il ne sera sans doute pas facile pour vous d'être le représentant du gouvernement dans les mois à venir...", observe Bernard Stoessel. "Mais nous n'en ferons de procès d'intention ni au gouvernement ni à vous-même. Nous jugerons sur les actes...".
Félicitations aussi du groupe villiériste de Gérard Freulet : "J'ai longtemps combattu la dérive socialiste de Jean-Marie Bockel mais il a revu sa copie. Il est temps de fédérer les compétences. L'union des forces vives de Mulhouse doit prévaloir, au-delà de ce qui a pu nous séparer...".
Au nom du groupe UMP, Liliane Luce-Pionnier "refuse les querelles de personnes" : "Nous continuerons à intervenir au service de l'intérêt général. Nous espérons, monsieur le maire, maintenant que vous êtes dégagé du carcan de la gauche la plus conservatrice que vous serez ouvert à nos propositions...".
"Par souci de cohérence sarkozyste, je ne me considère plus comme votre opposant...", lance René-Albert Ehlinger (divers droite).
Michel Bourguet, suspendu par les Verts, souhaite "poursuivre son action" au sein du groupe majoritaire" : "Bockel est un homme de gauche dans un gouvernement de droite, ça surprend chez nous mais ça existe ailleurs...".
"Psychothérapie"
L'alternatif Henri Metzger a un peu plus de mal : "J'ai pu travailler au conseil municipal, je continue en restant mobilisé. En mars, nous verrons...".
Annette Bour a plus de mal encore : "La militante de gauche que je suis est très désorientée mais je ne voterai pas la motion...".
"J'ai signé un contrat de confiance sur un programme progressiste et démocratique jusqu'en 2008 et j'irai jusqu'au bout...", déclare le MRC Edouard Boeglin. L'idée du contrat d'action municipale à remplir est reprise aussi bien par le PRG Jean-Pierre Walter que par le président du groupe majoritaire Denis Rambaud.
La motion n'est approuvée que par trois voix : les deux Verts, plus une procuration que leur a laissé Pierre Freyburger, absent de la séance. Les groupes UMP et MoDem ne prennent pas part au vote, Bernard Stoessel considérant qu'il relève de la seule "psychothérapie de groupe majoritaire".
Stéphane Samacoïtz
Bockel : "Mulhousien je suis, Mulhousien je reste !"
"Pendant 2 ou 3 jours, je ne savais pas comment les gens allaient réagir...", confesse Jean-Marie Bockel. En ajoutant "sereinement," et "en faisant la part des choses" : "au final, on ne peut pas dire que ma décision ait été mal prise. Je suis élu depuis 26 ans, j'ai connu des hauts et des bas mais je n'avais jamais vu ça à Mulhouse dans les rencontres que j'ai faites depuis un mois....".
"J'ai aussi rencontré des militants que je respecte. Ils m'ont fait part de leur perplexité, parfois de leur incompréhension, que je respecte également...", reconnaît-il. Mais selon lui, "le pragmatisme" a prévalu le plus souvent au sein de l'opinion mulhousienne. "Mulhousien je suis, Mulhousien je reste...", poursuit le maire secrétaire d'état.
"Je vais m'organiser pour respecter jusqu'au bout mon mandat municipal. J'espère que la présence que j'aurai en moins sera compensée par le poids que j'aurai en plus. Et puis le moment venu, je ferai savoir de quelle manière j'entends constituer pour les municipales une liste d'ouverture....".
L'illettrisme, un fléau sournois
Le diagnostic en chiffres
Faire ses courses, prendre le métro ou le bus, lire le carnet de notes de son enfant. Pour plus de 3,1 millions de personnes vivant en France, soit 9% de la population adulte, ces gestes quotidiens relèvent de l'exploit et de la débrouille.
Simplement parce qu'elles ne savent ni lire, ni écrire, ni calculer.
C'est ce que révèle la première enquête (1) menée par l'Agence nationale de lutte contre l'illettrisme (Anlci) et l'Insee, rendue publique le 21 juin 2007.
L'objectif de ce type d'étude est d'améliorer les actions menées pour éradiquer ce phénomène et de faire tomber les préjugés.
Parmi les personnes illettrées (2) – qui ont été scolarisées en France, contrairement aux analphabètes qui n'ont jamais été à l'école de leur vie – 59% sont des hommes, 53% ont plus de 45 ans, et 74% ne parlaient pourtant que français à la maison à l'âge de 5 ans.
Cela vient infirmer l'idée reçue liant abusivement illettrisme et immigration. La lutte contre l'illettrisme ne doit donc pas être confondue avec la politique linguistique en faveur des migrants.
Autre idée reçue, l'illettrisme ne concerne pas que les jeunes générations. Selon les chiffres recueillis à l'issue des journées d'appel de préparation à la défense, 4,8% des 17-19 ans sont en situation d'illettrisme, contre 9% pour la moyenne nationale.
Dans ce document intitulé "Illettrisme : les chiffres", présenté lors d'un forum à Lyon, l'Anlci a décodé de nombreuses données recueillies par l'Insee sur ce fléau invisible pour tenter de mieux le comprendre.
Si l'illettrisme frappe trois fois plus les titulaires du RMI, il est étonnant de voir que 57% des illettrés travaillent. Par ailleurs, contrairement à ce que l'on imagine habituellement, ils vivent plus souvent à la campagne (30%) que dans les zones urbaines sensibles (10%).
En revanche, toutes ces personnes ont en commun de vouloir cacher à leur entourage une situation très souvent synonyme d'échec personnel.
(1) "Enquête information vie quotidienne" menée entre 2002 et 2005 auprès de 10.000 personnes, âgées de 18 à 65 ans, vivant en France métropolitaine, hors détenus.
(2) On parle d'illettrisme quand il y a eu apprentissage de la lecture et de l'écriture mais que cet apprentissage n'a pas conduit à leur maîtrise ou que la maîtrise en a été perdue. Est qualifié "d'illettré" quelqu'un qui est incapable de lire un texte de 70 mots de base, texte qu'il serait parfaitement capable de comprendre s'il lui était lu par une tierce personne. L'illettrisme relève donc de l'inaccès au sens des écrits.
Pour consulter l'excellent document de l'Anlci :
L'illettrisme en région PACA, données et actions :
Plan de Campagne : L'esbroufe de Joissains
Que faut-il comprendre quand Maryse Joissains écrit à Jean-Claude Gaudin pour lui passer un savon, et faire de la mousse à bon compte, à propos du rôle de la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix dans la rénovation de la zone de Plan de Campagne ?
D'abord, il faut relever qu'elle estime qu'"il s'agit de rattraper aujourd'hui un retard considérable dû à l'incurie dont la zone a été victime depuis 42 ans." Il ne s'agit pas d'un "retard" mais d'un scandaleux laisser-faire généralisé dont les victimes ont toujours été les salariés.
La question mérite cependant d'être posée et elle ne l'est que depuis que les lois confient aux intercommunalités le prélèvement de la miraculeuse taxe professionnelle. Revêtir l'habit de Zorro maintenant, c'est vouloir jouer les gros bras par intérêt.
Il est vrai que Gaudin se plaint quasiment à chaque séance de son conseil municipal de l'appartenance des Pennes Mirabeau et de Cabriès à la CPA et non à la Communauté urbaine de Marseille qui est... très endettée. Il trouve là un moyen politique de défense contre ceux qui lui reprochent sa gestion vacillante.
Son attitude est la même que celle de Joissains qui a aussi besoin d'argent car le budget de la CPA est de plus en plus problématique. Alors, Joissains "balance" des chiffres à la figure de Gaudin. En gros, la CPA a engagé un schéma d'aménagement et les emplois de la zone profitent aux Marseillais.
Elle n'insiste sur la taxe que pour dire qu'elle joue à perte en la réinvestissant. La vérité est différente. Chaque année, 2M€ sont consacrés aux travaux alors que la taxe rapporte 3,5M€. La requalification de la zone nécessiterait un effort bien plus grand vu le capharnaüm qui règne à Plan de Campagne.
La seconde idée à retenir est que, derrière cette bataille de gros sous, il y a la question de l'ouverture de la zone le dimanche. Gaudin (UMP) est contre parce qu'il dit soutenir les commerces marseillais, Joissains (UMP) est pour parce qu'elle prétend soutenir l'emploi (même si l'ouverture dominicale est illégale).
Si Plan de Campagne avait été dans le giron de Marseille, nul doute que les positions des deux maires auraient été inversées. On voit là le jeu hypocrite de l'un et de l'autre.
On peut enfin se demander pourquoi Joissains réagit si tardivement et, précisément, le lendemain même de la dernière décision de justice intimant la fermeture de quatre grandes enseignes et alors que la date butoir du 27 juillet scellera la fin du protocole d'ouverture de la zone le dimanche.
A l'approche des élections municipales, Joissains, lançant la balle dans le camp de Gaudin, n'essaie-t-elle pas de dire aux Aixois qu'elle n'y est vraiment pour rien ? J'incline à penser que oui, tout en m'étonnant qu'une députée – censée écrire la loi et la faire respecter – soutienne une ouverture contraire au droit du travail.
Manif ou manip ?
L'agitation gagne Plan de Campagne. Hier, une centaine de personnes, se déclarant pour l'ouverture le dimanche et même "contents de travailler le dimanche", ont manifesté à bord de véhicules sur l'autoroute. C'était suffisant pour ralentir la circulation pendant près de deux heures.
Mais le défilé était-il représentatif de l'ensemble des salariés de la zone ? On peut fortement en douter quand on sait que leur nombre tourne autour de 6.000.
Comportement masochiste ? Baroud d'honneur ? Chant du cygne ? Ou manipulation orchestrée par les directions d'enseignes ? Dans un tel contexte de gros profits, tout devient possible…
Gros temps sur la mairie : Recours, mise en examen...
Le temps s'obscursit et l'ambiance commence à se faire lourde du côté de la mairie. La chaleur revenue n'y est pourtant pour rien. Au contraire, on peut même parler de mauvais temps. En une semaine, on apprend par la presse deux nouvelles dont on se serait bien passé.
La première a trait aux élections législatives. Un recours a été déposé par un fonctionnaire municipal assermenté au sujet de la tenue des listes électorales d'Aix.
Sont évoqués de nombreux dysfonctionnements, des irrégularités dans les révisions des listes, des inscrits radiés sur commande, d'autres retirant des cartes sans habiter sur la commune, des cartes qui reviennent (plusieurs milliers), bref des accusations graves qui pourraient entacher la validité des résultats.
Le Conseil constitutionnel aura à se prononcer sur ce dossier et faire la clarté sur les arguments avancés par le recours.
La seconde concerne l'interminable affaire du désamiantage de l'ancien porte-avion Clemenceau. Quatre personnes ont été mises en examen dans le cadre d'une enquête portant sur des opérations financières suspectes, des surfacturations liées au marché passé avec une société du Pays d'Aix.
Parmi les quatre, on découvre le nom d'un responsable d'entreprise, Jean Zozor, par ailleurs adjoint au maire d'Aix.
Certes, s'il convient d'appliquer le principe de la présomption d'innocence, on ne peut s'empêcher de constater que l'impact de cette information est fort sur la vie publique aixoise.
On pourra toujours rétorquer qu'il n'y a pas de lien entre une responsabilité professionnelle et un mandat d'élu. Mais, dans l'esprit des gens, la mise en examen ne s'embarrasse pas de cette distinction.
Mardi, la presse semblait dire qu'il serait trop facile de moraliser sur le fait que cet adjoint est de droite et que la gauche, en son temps, avait fait l'objet d'un rapport de la Chambre régionale des comptes. Sauf que, si, ici et là, quelques erreurs de gestion ont pu être relevées dans ce second cas, aucun élu n'a jamais fait l'objet d'une quelconque mise en examen, ni d'une condamnation. On ne peut comparer que ce qui est comparable.
Pour la suite, attendons de voir ce qu'il en est vraiment pour ces deux récentes nouvelles et si un air frais reviendra sur la ville.
Plan de Campagne : Alors, on l'applique la loi ?
Et une décision de justice de plus contre l'ouverture dominicale !
N'est-ce pas suffisant ? Va-t-on continuer encore longtemps comme ça ?
Le 27 juillet prochain, date limite des dérogations de complaisance, les 152 commerces de la zone commerciale hors-la-loi devront clore boutique.
Oui, la loi, c'est la loi et il faudra bien que ces grandes enseignes s'y plient.
La décision de mardi du Tribunal de grande instance d'Aix interdit à quatre grands magasins de faire travailler leurs employés – contraints et forcés à cause de salaires de misère ! – le dimanche, sous peine d'une astreinte de 5.000 € par salarié, durant trois mois.
D'illégalités couvertes par le préfet en autorisations municipales calculées, de tergiversations diverses en ruses de mauvaise foi, de contournements du droit du travail en chantages sur les pertes d'emplois, de pressions sur les personnels en bénéfices faits sur leur dos, la situation dure depuis plusieurs décennies.
Le nouveau préfet de région va-t-il emboîter le pas de son prédécesseur qui n'a cessé de donner de bien mauvais exemples en s'asseyant sur le code du travail ?
Que veut dire son souhait de négociations entre tous les acteurs afin d'étudier "une éventuelle dérogation supplémentaire jusqu'au texte de loi qui figera les choses dans un sens ou un autre" ?
Où a-t-on vu qu'on puisse violer une loi en attendant qu'une autre la remplace ?
L'Etat est le premier à ne pas se conformer au droit. Il porte une lourde responsabilité et, pire, il encourage la fraude et la délinquance des grosses enseignes.
Pendant ce temps, le gouvernement joue le donneur de leçons de morale en faisant voter une loi sur la récidive ! Belle contradiction, non ?
Qui sera maire d'Aix en 2008 ? (6)
Quelques perles de droite
Il fut un drôle de temps, à la fin des années 70, où Aix se distinguait par un phénomène à répétition, celui d'annulations des élections municipales. Pour qui n'a pas connu ou n'a pas le souvenir de cette période, c'est peu dire que la France entière nous observait comme si nous étions en guerre permanente et que nous n'avions que ça à faire.
L'image de notre ville en avait pris un coup et nous passions pour les rigolos du pays des embrouilles. Le seul point positif de ces pochades a été que la loi électorale s'est enrichie de multiples jurisprudences qui font encore autorité.
Les années 80 ont pris une autre tournure. Ce sont les batailles et les coups tordus entre des listes de droite politiquement voisines qui ont alimenté les guérillas.
En 1983, par exemple, on a vu une ruse comme on n'en verra sans doute jamais plus. Alain Joissains, maire sortant, qui ne pouvait se représenter pour cause de déboires avec la justice, pressentit Jean-Pierre de Peretti della Roca pour mener la liste UDF. Il lui confia cette mission à la condition de placer Maryse Joissains comme première adjointe. La manœuvre consistait à faire garder la place au chaud par un "fidèle" jusqu'au retour en grâce – qui ne vint pas – d'Alain Joissains.
Mais de Peretti della Rocca avait sans doute déjà mis au point sa propre stratégie pour envoyer tout le monde balader. Une fois élu maire, il prit goût à la fonction. Se sentant trahie, la famille Joissains commença à le harceler pour le faire tomber. Cela ne réussit qu'à la fin du mandat avec une mise en minorité sur le vote du budget, 22 élus de la majorité votant contre et ajoutant de fait leurs voix aux 13 de l'opposition de gauche dont j'étais.
En 1989, de Peretti della Rocca était candidat à sa propre succession mais il savait qu'il aurait beaucoup de monde contre lui. Il s'employa donc à mettre sur pied un piège à l'encontre du RPR. Cela consistait à lui faire croire qu'ils allaient faire une alliance. Jean-Pierre Bouvet, qui conduisait l'équipe du RPR, se mit à attendre. Mais, coup de théâtre, de Peretti della Rocca déposa sa seule liste sans l'en informer.
Bouvet découvrit l'arnaque trop tard. Il tenta de bâtir une liste RPR dans l'urgence. C'est en allant à la préfecture qu'il apprit le coup de Jarnac de son "ami". Et lorsqu'il voulut déposer sa liste, l'heure limite l'empêcha de la faire valider. De Peretti della Rocca fut cependant battu et la gauche, dirigée par le maire Jean-François Picheral, géra sereinement la Ville pendant 12 ans.
Où en est-on en ce mois de juillet ?
A l'évidence, depuis les élections nationales que nous venons de vivre, les attentes et la mobilité des électeurs ont imposé aux partis politiques une obligation de revoir leur fonctionnement.
Nous assistons donc à des chamboulements à l'intérieur de chaque camp et des mouvements dans tous les sens. L'on voit, semaine après semaine, des barrières tomber et des recompositions se faire jour.
Aix n'échappe pas à ce remue-ménage. Les regroupements se font à partir d'ambitions de leaders.
A l'extrême droite, l'affaiblissement est patent.
A droite, des dissidences à l'UMP, sourdes depuis le début du mandat municipal, ont brisé la façade unitaire.
Le centre a claqué la porte de la majorité dès la première année du mandat et la rupture est scellée définitivement.
A gauche, le pôle socialiste se prépare à deux configurations aux stratégies différentes : l'une jusqu'à l'extrême gauche, en général, ceux qui ont voté non au referendum, l'autre en direction du centre, avec ceux qui ont voté oui.
Pour simplifier, sachant qu'à Aix les surprises ne manquent pas, il y a donc actuellement trois blocs et des lignes de partage avec des possibilités de fissures à l'UMP et à gauche. La voie centrale, elle, semble vouloir se construire sur la diversité, de manière transversale.
Ma vision est celle-là et mon analyse fait volontairement abstraction des querelles de personnes, en cours ou à venir, car je suis persuadé que les Aixois comme les habitants du pays d'Aix attendent un projet et une équipe et non pas une énième guerre de "chefs".
Lire les 5 précédents articles sur le même thème, datés du 19 au 23 juin 2007.
Des caméras partout : L'alerte de la CNIL
Je n'en espérais pas tant mais j'en désespère autant.
Les caméras de surveillance font l'objet d'un débat ouvert par le rapport annuel de la CNIL (Commission nationale de l'informatique et des libertés) et c'est tant mieux. Mais l'intention de Nicolas Sarkozy de vouloir amplifier le développement de la vidéosurveillance est inquiétante.
Progrès ou danger ? C'est la vraie question.
Présentant la panoplie à déployer comme un moyen efficace de lutte contre le terrorisme, le président fait entériner l'idée que c'est là l'outil ultime pour être protégé. Il pense sans doute que les esprits sont prêts à admettre son initiative habilement inscrite dans le registre subjectif de la sécurité.
Le grand public, bien conditionné à la miniaturisation et à la gadgétisation de la technologie, par exemple les téléphones portables ou les caméras vidéo familiales, assimile ces pratiques à des avancées de confort sans danger.
Il est vrai aussi que la télévision fascine des millions de téléspectateurs en programmant des jeux de téléréalité d'allure anodine où les participants sont filmés en permanence. Ce qui a pour "vertu" première de dédramatiser l'utilisation de caméras dans la vie courante, exactement comme dans les magasins, les banques ou autres lieux sensibles.
Or, la vidéosurveillance policière n'a rien à voir avec ce simulacre télévisuel. Filmer des personnes identifiées à l'écran ne peut pas être comparé avec des objectifs pointés sur des corps d'individus anonymes dans les rues.
Je ne dis pas que la surveillance n'a aucune utilité. Je critique son extension tous azimuts, y compris et surtout là où la présence humaine serait plus efficace.
Derrière cette déshumanisation de l'acte de surveillance se profile une société de contrôle qui a déjà semé ses graines dans divers replis de notre vie. Fichiers de toutes sortes, badges, portails électroniques, empreintes génétiques, traçages des appels téléphoniques et des connexions Internet, contrôles d'identité intempestifs, fouilles au corps a priori, caméras routières, et j'en passe, sont entrés dans les mœurs.
Il s'agit bien désormais de quadriller de manière plus large les espaces publics, les déplacements et les comportements des individus. Cette surveillance, mise en avant sous prétexte d'arme idéale, n'a qu'une portée limitée en terme d'action contre la délinquance ou le terrorisme car elle n'est pas préventive et empêche souvent des interventions en amont. Elle n'ouvre, au mieux, que des possibilités de recherche a posteriori.
Les attentats commis au Royaume Uni, champion mondial de la vidéosurveillance, illustrent bien le côté assez vain de la démarche.
Si l'on n'y prend garde, la mode des caméras de surveillance risque de virer à l'hystérie. Sans parler de toutes les conséquences qu'un usage inconsidéré pourrait avoir à l'encontre du respect de la vie privée.
Faut-il rappeler les propos de Benjamin Franklin : "Qui choisit de sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité n'est, au bout du compte, ni libre ni sécurisé".
"Des caméras peu efficaces pour prévenir la délinquance"
Ci-après une interview réalisée par Jacky Durand, parue dans Libération du 10 juillet 2007. Maître de conférence à l’université Louis-Pasteur de Strasbourg, Eric Heilmann a analysé avec Marie-Noëlle Mornet les travaux des chercheurs britanniques sur l’impact de la vidéosurveillance (Etude publiée par l’Inhes). Il revient sur les annonces de Nicolas Sarkozy en matière de déploiement de caméras et sur les préoccupations de la Commission nationale de l’informatique et des libertés.
Partagez-vous l’avis de Nicolas Sarkozy, "impressionné" par la police britannique et ses caméras ?
Je suis étonné qu’il soit aussi peu informé des travaux des chercheurs britanniques qui étudient depuis quinze ans l’efficacité de la vidéosurveillance dans leur pays. Ils concluent tous que les caméras ont apporté rarement la preuve de leur efficacité dans la prévention de la délinquance. Quant à la résolution d’enquêtes, la vidéosurveillance peut accélérer l’obtention de résultats à condition d’être précédée d’un travail de renseignements.
Les caméras ne servent à rien si l’on ne sait pas ce que l’on cherche. Prenez les attentats de Londres, en juillet 2005, c’est parce que la police britannique avait été informée de l’identité potentielle des suspects qu’elle a pu ensuite les reconnaître sur des images. Cela a été possible parce que des centaines d’enquêteurs ont été mobilisés pour visionner 15.000 vidéos. Penser que l’on pourrait mobiliser de telles ressources humaines pour des actes criminels de moindre ampleur serait se moquer du monde.
Les caméras ont tout de même des répercussions ?
La vidéosurveillance peut provoquer un déplacement de la délinquance et un changement des modes opératoires des auteurs d’infraction. Les vols de voitures ont lieu en périphérie après l’installation de caméras au centre-ville. Les cambriolages surviennent la nuit au lieu de la journée. Quand la vidéosurveillance donne quelques résultats, elle est accompagnée d’autres moyens de prévention comme l’amélioration de l’éclairage et la limitation du nombre d’accès dans un parking. Dans aucun cas, la vidéosurveillance n’est une mesure à tout faire.
Partagez-vous les craintes de la Cnil sur l’avènement d’"une société de surveillance" ?
Oui, on assiste à une banalisation à l’égard de cette quincaillerie sécuritaire (caméras, badges.) qui connaît un développement incroyable sans que cela suscite de réactions d’ampleur dans l’opinion publique. J’y vois deux raisons majeures.
Premièrement, il y a une sorte d’enchantement technologique qui peut donner l’illusion que les machines font mieux que l’homme.
Deuxièmement, il y a l’émergence d’une autre conception de la vie privée, liée au développement de la téléréalité. Ces émissions, où les gens se font filmer sous toutes les coutures, développent une esthétique sécuritaire. Ça ne choque plus grand monde de se livrer au regard des autres. Les frontières entre espaces public et privé ne sont plus les mêmes qu’il y a trente ans quand la loi informatique et libertés a été adoptée.
A l’époque, on redoutait "Big Brother". Aujourd’hui avec le développement des réseaux informatiques, des caméras sur Internet, chacun peut se livrer, se dévoiler.
Champollion, où es-tu ?
Noircir, c'est broyer
(Clic sur l'image pour agrandir)
D'horribles ferrailles censées être des sculptures ont été offertes à notre vue en divers lieux de la ville, dont deux place de la Rotonde. Il y a peut-être des amateurs de la chose, je vais essayer de ne point les en dégoûter.
Si l'on observe les plaques qui signent l'événement, on peut s'interroger sur la pertinence rédactionnelle du slogan d'accueil. Il me semblait que l'équipe néo-zélandaise était surnommée les "All Black" à cause de la couleur de la tenue des joueurs. Or, voici que le message risque d'être interprété autrement. Je n'invente rien.
Un monsieur âgé qui passait par là m'a dit qu'il lisait cela comme un appel à l'immigration, rien que ça. J'ai vite compris que sa pensée était à l'opposé de la mienne car il n'a pas manqué d'enchaîner et de se déchaîner : "Ces SDF qui salissent tout" et "Une place Anouar El Sadate à Aix !" (avec imitation approximative d'un accent).
Le nom du rugbyman-sculpteur ne laisse pourtant sémantiquement aucun doute sur l'intention pure du message apposé sur la stèle. Mais, sachant que tout un chacun construit souvent sa compréhension de manière subjective, je conçois – sans l'admettre – que le raccourci du slogan est plus que maladroit.
Graver, c'est grave
Il a été rapporté – et je l'ai constaté moi-même – que des noms d'élus et de fonctionnaires ont été ostensiblement et prétentieusement gravés sur des pierres du Grand Théâtre de Provence. Une manière de dire que la vanité sera désormais ce qu'elle n'avait jamais été.
Même pas terrible car, à l'évidence, il n'a été fait appel à aucun correcteur pour éviter quelques fautes d'orthographe dénaturant l'identité exacte de certaines de nos "gloires" locales et éphémères. Un Champollion a-t-il été prévu ou recruté pour décrypter ce galimatias ? En tout cas, il serait le bienvenu pour faire enfler encore un peu plus les chevilles des valeureux nommés.















