Blog en pause
Prochains articles dans quelques jours.
Merci de patienter.
Je vous raconterai
sûrement un jour ou l'autre, et plus longuement, comment certains organes de presse, et pas des moindres, à la recherche d'informations sur la vie politique aixoise, me contactent pour des demandes de précisions voire de détails sur les faits et gestes d'élus ou de personnes ayant quelques responsabilités majeures. Ce qui les intéresse, me confient-ils, c'est la face cachée des fonctionnements institutionnels ou des partis politiques.
Comme je n'ai pas réponse à tout, je ne livre que ce dont je suis sûr.
Ils me disent s'étonner de la rareté des informations aixoises sur internet alors que pour des communes plus modestes elles sont foison.
Je partage cet avis, ayant observé que des sites et des blogs ne s'activent ou ne se réactivent comme par magie que dans les périodes électorales sensibles, les uns pour annoncer leurs candidatures, les autres pour donner un semblant de vie au travail, bien sûr extraordinaire, accompli pendant leur mandat.
Cela ressemble furieusement aux tracts distribués sur les marchés, où l'on entend maints badauds s'exclamer en chœur : "on ne vous voit jamais sauf pendant les élections !"
Comment les citoyens peuvent-ils savoir ce que chacun fait entre deux si le contact et l'information sont mis en sommeil et si aucun compte-rendu de mandat n'est fait régulièrement ?
Ce sont là assurément les effets pervers conjugués de la délégation de pouvoir et du repli des élus sur leur situation acquise.
Les citoyens sont-ils vraiment au courant de ce qui se passe dans les conseils municipaux ou communautaires qui durent des heures et dont la presse ne peut malheureusement pas en relater la totalité. Ne serait-il pas bon au contraire de la part des élus d'encourager un maximum de personnes à s'intéresser à ce qui ce décide dans leur dos, aux positions défendues ou contestées par les uns et par les autres ?
Faut-il se contenter de ne lire en permanence que les magazines édités par les élus au pouvoir ? Le débat démocratique utile tient dans la confrontation des idées. Il n'existe pas si l'on se tait ou, pire, si l'on s'en fiche en ne tenant les électeurs que pour des "juste bons à voter" au seul moment venu.
Personnellement, je refuse de me résoudre à ce que j'appellerais volontiers du cynisme et un manquement à la fonction d'élu dont l'une des responsabilités est précisément de rendre des comptes surtout lorsque, pendant une campagne électorale, on a juré à tous langue de bois langue de fer de s'y plier sans faute.
Les formes, les moyens et les outils modernes et pas ou peu coûteux ne manquent pas pour faire vivre des initiatives permettant au public d'être convenablement informé et de participer à la vie citoyenne qui les regarde. C'est dit.

(Clic sur l'image pour agrandir)
Tout le monde connaît cette récompense annuelle qui distingue des maires et qu'on nomme les "Marianne d'or". Un peu comme la Légion d'honneur, il faut savoir qu'on ne décerne pas forcément cette distinction pour de vrais mérites mais par appuis bien compris.
Il existe aussi une autre façon, plus désopilante celle-là, d'honorer de valeureuses personnalités médiatiques. Par exemple, le fameux attentat pâtissier, entartage primesautier à souhait et parfois répété de leur portrait en présence de caméras pressenties pour immortaliser la surprise d'un copieux lancer de crème fouettée.
Dans un autre registre, guère institutionnel mais surtout moins tâchant, une idée a germé dans l'esprit de l'équipe du journal le Ravi : attribuer mensuellement un trophée à une personne s'étant fait remarquer par son inimitable singularité. Là, pas de contestation possible, les critères de sélection sont sérieux et tous les motifs retenus sont avérés.
En ce mois de janvier tout neuf tout beau, honneur est donc rendu pour la seconde fois à Maryse Joissains !
Cette année, Maryse Joissains transmet ses vœux par le biais d'internet et publie son texte ânonné devant une caméra sur le site de la mairie. Ça, c'est la forme.
Mais le fond mérite d'être regardé de plus près. En effet, certains de ses propos ont de quoi de surprendre tant ils résonnent comme autant d'aveux contradictoires.
Que valent ses constats justes pour la plupart sur l'état de notre pays si on en exonère la responsabilité imputable à la politique du président de la République ?
Ce n'est pas parce que Maryse Joissains enrobe le tout en sur-jouant les bons sentiments que les lois antisociales qu'elle vote à l'Assemblée nationale deviennent des solutions aux problèmes. S'opposer à la loi sur les collectivités territoriales ne suffit pas à marquer son indépendance d'esprit pour laisser accroire qu'elle ne serait pas un député godillot.
Quelques extraits commentés :
"J’ai une conscience aiguë des difficultés, des obstacles et des handicaps de notre Pays ainsi que des nombreux Français en souffrance. Cette crise mondiale, financière, économique et monétaire que nous subissons obère nos capacités à créer les marges de manœuvres dont nous aurions besoin sur le plan national pour améliorer le quotidien de chacun et réduire les écarts sociaux dont souffrent les plus précaires d’entre nous ; les chômeurs, les handicapés, les petits retraités, les jeunes sans qualification mais aussi sans foyer référent. Cette crise n’épargne personne. Certains semblent détenir la solution qui serait de faire payer les riches…"
* "de nombreux Français en souffrance" : 4 millions de personnes au chômage qui souffrent, un aveu qu'on ne saurait mieux exprimer !
* "Cette crise que nous subissons…" : on croyait pourtant avoir compris que Nicolas Sarkozy avait terrassé la crise à lui tout seul, non ?
* "réduire les écarts sociaux" : les riches n'ont jamais été plus riches et les pauvres plus pauvres que depuis que ce président s'est avéré être le meilleur copain des grandes fortunes.
* "Certains semblent détenir la solution qui serait de faire payer les riches…" : c'est vrai, comment n'y a-t-on pas pensé avant, ce sont les pauvres qu'il faut faire payer !
"Comme cela est simple ; Notre économie mondialisée, qui ignore les frontières, est hélas plus complexe et l’on doit se défier de ces solutions faciles proposées par ceux dont la seule ambition est de prendre le pouvoir. Ils entraîneraient la France, dans une situation de non respect du statut et du pouvoir d’achat des fonctionnaires. Ils mettraient en danger les entreprises et l’emploi et ne nous permettraient plus d’honorer nos retraites, ni de financer nos régimes sociaux."
* "l'on doit se défier de ces solutions faciles proposées par ceux dont la seule ambition est de prendre le pouvoir" : l'ambition d'accéder au pouvoir n'appartiendrait-elle qu'à la droite ? Etrange conception du débat démocratique.
* "Ils entraîneraient la France, dans une situation de non respect du statut et du pouvoir d’achat des fonctionnaires ; ils mettraient en danger les entreprises et l’emploi et ne nous permettraient plus d’honorer nos retraites, ni de financer nos régimes sociaux." : jamais un gouvernement n'a programmé une casse aussi massive des services publics et réduit autant le pouvoir d'achat des fonctionnaires en même temps qu'il a paupérisé des millions de personnes.
Un peu plus loin, Maryse Joissains accuse Lionel Jospin (si, si !) d'avoir favorisé le démantèlement des services publics. Celle-là, elle ne nous l'avait pas encore faite !

(Clic sur l'image pour agrandir)
Brève parue dans le Ravi de janvier
"Si la France aujourd’hui traverse les épreuves avec plus de facilité que les autres pays, cela est dû à notre système social, à la ténacité de nos chefs d’entreprises, mais aussi à notre Président de la République et son Gouvernement."
* "cela est dû à notre système social" : formidable, on glorifie un système qu'on s'acharne à faire disparaître !
* "mais aussi à notre Président de la République et son Gouvernement" : que les Français sont donc ingrats de recourir de plus en plus nombreux aux Restos du cœur (gratifiés cette année d'une subvention exceptionnelle de 60.000€ versée par la Ville), de se plaindre dans la rue et d'essorer les cotes de confiance envers leur bienfaiteur en chef !
"En ce jour de début d’année, je salue son courage et lui présente tous mes vœux pour continuer sans relâche à réformer notre pays face à une chienlit qui abuse de la liberté d’expression pour salir l’homme qu’il est et le grand politique qu’il est devenu."
* "une chienlit qui abuse de la liberté d’expression" : élégante l'expression pour réclamer le bâillon !
* "pour salir l’homme qu’il est et le grand politique qu’il est devenu" : on est prié de ne pas rire et de ne pas rappeler la vulgarité de Nicolas Sarkozy et la risée qu'il suscite tant en France qu'à l'étranger.
Maryse Joissains évoque ensuite ses "batailles". Des rodomontades en fait : faire un chantage irresponsable au financement de Marseille 2013 pour réclamer par exemple un siège technique de l'université unique à Aix qui n'est finalement pas le cœur du pouvoir, défendre une voie LGV des métropoles comme beaucoup d'autres ou se vanter d'une réhabilitation du pôle judiciaire dont les engagements de l'Etat ont été revus en forte baisse.
"Merci également au Président de la République d’avoir repositionné la France sur le plan international ; nous lui devons entre autre la création du G 20, la moralisation de la finance, le soutien économique et financier de tous les pays européens et la nomination d’un Français, Monsieur Strauss Khann (sic), au FMI qui soutien (re-sic) la politique de la France à l’étranger."
* "la moralisation de la finance" : une crédibilité identique du même qui a déclaré que "les paradis fiscaux, c'est fini" !
* "Monsieur Strauss Khann, au FMI qui soutien la politique de la France à l’étranger" : là, on sent que certains socialistes vont être très contents !
Idem pour les opposants aixois : "Je ne vous cache pas avoir été blessée par l’acharnement que notre ville et le Pays d’Aix ont subi. En effet, pendant 2 ans, mes adversaires municipaux ont fait peser sur nos institutions une incertitude préjudiciable et tenté d’entraver notre action en remettant en cause le résultat du vote démocratique et sans ambigüité des élections municipales de 2008 et 2009. Le Conseil d’État a mis fin à ce feuilleton politico-judiciaire, en notre faveur. Nous allons pouvoir poursuivre notre travail."
Sa conclusion : "Je pense à vous tous et mon cœur est gros de ne pouvoir faire plus pour chacun d’entre vous mais c’est tous ensemble, chacun à notre niveau, que nous rendrons le monde meilleur. Je souhaite à chacun du bonheur, chacun a le sien à sa main."
Trop aimable à vous, madame la députée-maire !
Le texte intégral et la vidéo des vœux de Maryse Joissains :
http://www.mairie-aixenprovence.fr/Voeux-de-Madame-Maryse-Joissains,2545
Pour mijoter leur numéro de janvier (2,80€), nos amis du Ravi ont mangé du Canard ou de l'explosif. Toujours est-il qu'ils n'auront pas raté le lancement vigoureux de l'année.
Ce mois-ci, une enquête originale établit "le palmarès 2011 des villes à fuir en Paca", hors des sentiers battus des sondages faisandés dont on nous gave à longueur d'année.
On trouvera également un portrait satirique d'Alexandre Guérini, magistralement rédigé par un pseudo expert psychiatre. Un régal.
Et puis, pêle-mêle, on se délectera de la rubrique "Le ravi de plâtre" attribué à Maryse Joissains, du compte-rendu d'un croquignolet conseil municipal à Bollène dont la maire est l'épouse de celui d'Orange, et d'une bonne raclée d'autres articles tout aussi réjouissants accompagnés de beaux dessins.
Voilà, fin de promo pour cette fois et on court vite l'acheter.
Le sommaire du n° 81 de janvier 2011 :
http://www.leravi.org/spip.php?article1075
Le site du Ravi :
http://www.leravi.org/

(Clic sur l'image pour agrandir)
Brève parue dans le Ravi de janvier
Dernier rappel pour participer à l'enquête publique sur les installations classées pour la protection de l'environnement portant sur l'implantation de la méga-clinique du Montaiguet. Il ne reste donc que quatre petits jours jusqu'à vendredi inclus pour aller déposer avis et observations.
Le dossier et le registre d'enquête sont consultables au service urbanisme, 12 rue Pierre-et-Marie-Curie, de 8h00 à 12h15 et de 13h30 à 16h30. Le commissaire enquêteur tiendra personnellement sa dernière permanence vendredi 14 janvier de 9h00 à 12h00.
Pour d'autres informations sur le sujet, voir le lien ci-dessous :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/12/20/19919799.html
Le site de l'association des Amis du Montaiguet et du Pont de l'Arc :
http://www.montaiguet-pontdelarc.com/page5.php
On le sait, ce blog se veut plutôt factuel, direct et vulgarisateur. Mais, aujourd'hui, une fois n'est pas coutume, faisons une exception avec ce texte plus réflexif d'Edgar Morin publié par Le Monde le 8 janvier 2011.
Quelques minutes suffisent pour le parcourir et se nourrir du point de vue d'un homme qui tâche de mettre en correspondance tout ce qui bouleverse le monde. En bout de lecture, on s'aperçoit qu'il n'est pas difficile d'accès, même si l'expression semble parfois abstraite et marquée d'un style inhérent à l'auteur, sociologue et philosophe.
Il me plaît à rappeler ici que j'ai eu l'occasion de rencontrer Edgar Morin lors d'une de ses multiples visites à l'Ecole d'Art d'Aix qui, en 1992, s'ouvrait précisément à ce moment-là à la pluridisciplinarité des enseignements et des pratiques sous la direction novatrice de l'ami Jean Biagini.
J'avais eu le plaisir d'interviewer Edgar Morin pour le journal qui s'appelait encore Le Provençal et dont je fus correspondant pendant six ans. C'est à cette occasion que j'ai pris la photo ci-dessus. Je retiens de cette rencontre exceptionnelle le souvenir d'un humaniste remettant sans cesse sa pensée sur le métier pour essayer de dégager des chemins vivables pour chacun au sein de la communauté des hommes.
Edgar Morin : "Les nuits sont enceintes"
En 2010, la planète a continué sa course folle propulsée par le moteur aux trois visages mondialisation-occidentalisation-développement qu'alimentent science, technique, profit sans contrôle ni régulation.
L'unification techno-économique du globe se poursuit, sous l'égide d'un capitalisme financier effréné, mais elle continue à susciter en réaction des "refermetures" ethniques, nationales, religieuses, qui entraînent dislocations et conflits. Libertés et tolérances régressent, fanatismes et manichéismes progressent. La pauvreté se convertit non seulement en aisance de classe moyenne pour une partie des populations du globe, mais surtout en immenses misères reléguées en énormes bidonvilles.
L'occidentalisation du monde s'est accompagnée du déclin désormais visible de l'Occident. Trois énormes nations ont monté en puissance ; en 2010, la plus ancienne, la plus peuplée, la plus économiquement croissante, la plus exportatrice intimide les Etats d'Occident, d'Orient, du Sud au point de susciter leur crainte d'assister à la remise d'un prix Nobel à un dissident chinois emprisonné.
En 2010 également, pour une première fois, trois pays du Sud se sont concertés à l'encontre de toute influence occidentale : Turquie, Brésil et Iran ont créé ce sans précédent. La course à la croissance inhibée en Occident par la crise économique se poursuit en accéléré en Asie et au Brésil.
La mondialisation, loin de revigorer un humanisme planétaire, favorise au contraire le cosmopolitisme abstrait du business et les retours aux particularismes clos et aux nationalismes abstraits dans le sens où ils s'abstraient du destin collectif de l'humanité.
Le développement n'est pas seulement une formule standard d'occidentalisation qui ignore les singularités, solidarités, savoirs et arts de vivre des civilisations traditionnelles, mais son déchaînement techno-économique provoque une dégradation de la biosphère qui menace en retour l'humanité.
L'Occident en crise s'exporte comme solution, laquelle apporte, à terme, sa propre crise. Malheureusement, la crise du développement, la crise de la mondialisation, la crise de l'occidentalisation sont invisibles aux politiques. Ceux-ci ont mis la politique à la remorque des économistes, et continuent à voir dans la croissance la solution à tous les problèmes sociaux. La plupart des Etats obéissent aux injonctions du Fonds monétaire international (FMI), qui a d'abord partout prôné la rigueur au détriment des populations ; quelques-uns s'essaient aux incertitudes de la relance.
Mais partout le pouvoir de décision est celui des marchés, c'est-à-dire de la spéculation, c'est-à-dire du capitalisme financier. Presque partout les banques, dont les spéculations ont contribué à la crise, sont sauvées et conservées. Le marché a pris la forme et la force aveugle du destin auquel on ne peut qu'obéir. La carence de la pensée partout enseignée, qui sépare et compartimente les savoirs sans pouvoir les réunir pour affronter les problèmes globaux et fondamentaux, se fait sentir plus qu'ailleurs en politique. D'où un aveuglement généralisé d'autant plus que l'on croit pouvoir disposer des avantages d'une "société de la connaissance".
Le test décisif de l'état de régression de la planète en 2010 est l'échec de la personne la plus consciente de la complexité planétaire, la plus consciente de tous les périls que court l'humanité : Barack Obama. Sa première et modeste initiative pour amorcer une issue au problème israélo-palestinien, la demande du gel de la colonisation en Cisjordanie, s'est vu rejeter par le gouvernement Nétanyahou. La pression aux Etats-Unis des forces conservatrices, des évangélistes et d'une partie de la communauté juive paralyse tout moyen de pression sur Israël, ne serait-ce que la suspension de l'aide technique et économique. La dégradation de la situation en Afghanistan l'empêche de trouver une solution pacifique au conflit, alors qu'il est patent qu'il n'y a pas de solution militaire. L'Irak s'est effectivement démocratisé, mais en même temps s'est à demi décomposé et subit l'effet de forces centrifuges. Obama résiste encore aux énormes pressions conjuguées d'Israël et des chefs d'Etat arabes du Moyen-Orient pour intervenir militairement en Iran. Mais la situation est devenue désespérée pour le peuple palestinien.
Tandis qu'Etats-Unis et Russie établissent en 2010 un accord pour la réduction des armes nucléaires, le souhait de dénucléarisation généralisée, unique voie de salut planétaire, perd toute consistance dans l'arrogance nucléaire de la Corée du Nord et l'élaboration probable de l'arme nucléaire en Iran. Si tout continue l'arme nucléaire sera miniaturisée, généralisée et privatisée.
Tout favorise les montées aux extrêmes y compris en Europe. L'Europe n'est pas seulement inachevée, mais ce qui semblait irréversible, comme la monnaie unique, est menacé. L'Europe, dont on pouvait espérer une renaissance de créativité, se montre stérile, passive, poussive, incapable de la moindre initiative pour le conflit israélo-palestinien comme pour le salut de la planète. Pire : des partis xénophobes et racistes qui prônent la désintégration de l'Union européenne sont en activité. Ils demeurent minoritaires, comme le fut pendant dix ans le parti nazi en Allemagne que nul dans le pays le plus cultivé d'Europe, dans le pays à la plus forte social-démocratie et au plus fort Parti communiste, n'avait imaginé qu'il puisse accéder légalement au pouvoir.
La marche vers les désastres va s'accentuer dans la décennie qui vient. A l'aveuglement de l'homo sapiens, dont la rationalité manque de complexité, se joint l'aveuglement de l'homo demens possédé par ses fureurs et ses haines.
La mort de la pieuvre totalitaire a été suivie par le formidable déchaînement de celle du fanatisme religieux et celle du capitalisme financier. Partout, les forces de dislocation et de décomposition progressent. Toutefois, les décompositions sont nécessaires aux nouvelles compositions, et un peu partout celles-ci surgissent à la base des sociétés. Partout, les forces de résistance, de régénération, d'invention, de création se multiplient, mais dispersées, sans liaison, sans organisation, sans centres, sans tête. Par contre, ce qui est administrativement organisé, hiérarchisé, centralisé est sclérosé, aveugle, souvent répressif.
L'année 2010 a fait surgir en Internet de nouvelles possibilités de résistance et de régénération. Certes, on avait vu au cours des années précédentes que le rôle d'Internet devenait de plus en plus puissant et diversifié. On avait vu qu'il devenait une force de documentation et d'information sans égale ; on avait vu qu'il amplifiait son rôle privilégié pour toutes les communications, y compris celles effectuées pour les spéculations du capitalisme financier et les communications cryptées inter-mafieuses ou inter-terroristes.
C'est en 2010 que s'est accrue sa force de démocratisation culturelle qui permet le téléchargement gratuit des musiques, romans, poésies, ce qui a conduit des Etats, dont le nôtre, à vouloir supprimer la gratuité du téléchargement, pour protéger, non seulement les droits d'auteur, mais aussi les bénéfices commerciaux des exploitants des droits d'auteur.
C'est également en 2010 que s'est manifestée une grande force de résistance informatrice et démocratisante, comme en Chine, et durant la tragique répression qui a accompagné l'élection truquée du président en Iran. Enfin, la déferlante WikiLeaks, force libertaire ou libertarienne capable de briser les secrets d'Etat de la plus grande puissance mondiale, a déclenché une guerre planétaire d'un type nouveau, guerre entre, d'une part, la liberté informationnelle sans entraves et, d'autre part, non seulement les Etats-Unis, dont les secrets ont été violés, mais un grand nombre d'Etats qui ont pourchassé les sites informants, et enfin les banques qui ont bloqué les comptes de WikiLeaks. Dans cette guerre, WikiLeaks a trouvé des alliés multiples chez certains médias de l'écrit ou de l'écran, et chez d'innombrables internautes du monde entier.
Ce qui est remarquable est que les Etats ne se préoccupent nullement de maîtriser ou au moins contrôler "le marché", c'est-à-dire la spéculation et le capitalisme financier, mais par contre s'efforcent de juguler les forces démocratisantes et libertaires qui font la vertu d'Internet. La course a commencé entre le désespérant probable et l'improbable porteur d'espoir. Ils sont du reste inséparables : "Là où croît le péril croît aussi ce qui sauve" (Friedrich Hölderlin), et l'espérance se nourrit de ce qui conduit à la désespérance.
Il y eut même, en 1940-1941, le salut à partir du désastre ; des têtes de génie sont apparues dans les désastres des nations. Churchill et de Gaulle en 1940, Staline qui, paranoïaque jusqu'aux désastres de l'Armée rouge et de l'arrivée de troupes allemandes aux portes de Moscou, devint en automne 1941 le chef lucide qui nomma Joukov pour la première contre-offensive qui libéra Moscou. C'est avec l'énergie du désespoir que les peuples de Grande-Bretagne et d'Union soviétique trouvèrent l'énergie de l'espoir. Quelles têtes pourraient surgir dans les désastres planétaires pour le salut de l'humanité ? Obama avait tout pour être une de ces têtes, mais répétons-le : les forces régressives aux Etats-Unis et dans le monde furent trop puissantes et brisèrent sa volonté en 2010.
Mais le probable n'est pas certain et souvent c'est l'inattendu qui advient. Nous pouvons appliquer à l'année 2011 le proverbe turc : "Les nuits sont enceintes et nul ne connaît le jour qui naîtra."
Edgar Morin, sa biographie, son œuvre :
http://fr.wikipedia.org/wiki/Edgar_Morin
Les connaissances, les proches ou les bons copaings d'Alexandre Guérini qui comptaient sur lui pour obtenir un logement social sur de simples claquements de doigts de sa part vont désormais devoir aller chercher ailleurs.
Ce ne serait après tout qu'un peu de justice rendue finalement aux milliers de demandeurs sans aucun appui à l'intérieur du système.
A l'office départemental 13 Habitat (ex-OPAC Sud), qui se targue pourtant sur son beau site internet de suivre des procédures éthiques et d'avoir des références solides (clic sur l'image pour agrandir), les cas désespérés n'ont pas toujours été prioritaires. Loin s'en faut.
A quoi s'ajoutent d'autres milliers de dossiers curieusement égarés ou en attente inexpliquée qui cumulent eux aussi les années de retard avant traitement si traitement survient.
En revanche, certains vernis n'ont pas ces misérables soucis (voire scrupules) pour bénéficier d'un logement accordé en accéléré par l'entremise d'un Alexandre Guérini agissant sans aucune fonction officielle au sein de l'organisme.
Ces faveurs-là vont probablement décroître puisque notre homme a quitté à la fois sa villa personnelle et son HLM transmis de père en fils pour rejoindre les quelques mètres carrés d'une cellule de Luynes.
Le système qui a fonctionné jusqu'à présent à Marseille et dans le département n'est pas isolé. Ces mauvaises façons existent dans beaucoup d'autres offices.
A Aix-en-Provence, par exemple, on connaît également de jolis cas de favoritisme sur intervention plus ou moins discrète ou coup de pouce connivent d'élus. On n'y a certes jamais entendu parler de liens avec le banditisme mais la pratique n'en demeure pas moins parfaitement illégale au regard des critères à respecter en matière d'attribution.
Dans un article fouillé, le site Médiapart apporte un nouvel éclairage sur le rôle occulte joué par Alexandre Guérini dans l'octroi généreux de logements sociaux à des personnes pas franchement dans le besoin. Je vous laisse le découvrir.
(Clic sur chaque image pour agrandir)




Le site Médiapart :
http://www.mediapart.fr/

(Clic sur l'image pour agrandir)
Entre autres nuisances gravissimes pour le secteur Sud,
la circulation serait considérablement alourdie
par le projet de la polyclinique Rambot
La préfecture elle-même a dû en convenir. Les délais initiaux de l'enquête publique sur les installations classées pour la protection de l'environnement (ICPE) portant sur le projet d'implantation de la méga-clinique du Montaiguet étaient trop courts et surtout mal calés sur la période creuse de fin d'année.
Les défenseurs du site ont obtenu une prolongation jusqu'au 14 janvier. Ce n'est pas rien. D'autant que la municipalité aixoise ne se gêne pas de communiquer à tout-va sur sa soi-disant politique de préservation de l'environnement. Beaucoup de grandes phrases contredites par des oukases du type polyclinique brutalisant l'harmonie naturelle et patrimoniale, via une modification opportuniste du Plan d'occupation des sols menée hors vision d'ensemble en l'absence d'un véritable Plan local d'urbanisme.
Laisser faire serait sacrifier le cadre de vie et renoncer par là même à un art de vivre. Il est encore temps de faire savoir au cours de cette enquête publique que nous ne sommes pas d'accord en déposant nos avis et observations.
Le dossier et le registre d'enquête sont consultables au service urbanisme, 12 rue Pierre-et-Marie-Curie, du lundi au vendredi jusqu'au 14 janvier, de 8h00 à 12h15 et de 13h30 à 16h30.
A noter que le commissaire enquêteur tiendra personnellement deux permanences supplémentaires, les vendredis 7 et 14 janvier de 9h00 à 12h00.
Pour d'autres informations sur le sujet, voir le lien ci-dessous :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/12/20/19919799.html
Le site de l'association des Amis du Montaiguet et du Pont de l'Arc :
http://www.montaiguet-pontdelarc.com/page5.php
Sûr qu'il aurait été mieux chez lui dans un de ses logis, notamment son logement HLM qu'il a gardé tout en étant propriétaire d'une villa. Alexandre Guérini a bien tenté une deuxième fois d'obtenir une remise en liberté mais la justice a redit non. Cela ne fait que donner crédit à la gravité des faits qui lui sont reprochés même s'il s'en défend.
Qu'aura à dire ou que dira son frère Jean-Noël Guérini lors de sa cérémonie de vœux à la presse vendredi ? Sans doute rien. Il se contentera de lire le texte qu'on aura rédigé pour lui pour qu'il ne s'égare pas. Forcément, car, dans deux mois et demi, il va y avoir des élections cantonales, dont celle de son secteur. Alors, gare à ne surtout pas remuer la moindre petite orange dans la gamelle d'une certaine prison.
Quant à Eugène Caselli, si l'on s'en tient à la couleur muraille de ses vœux à la population lisibles sur le site de MPM, on ne l'imagine pas non plus en rajouter lors de sa rencontre avec les médias la semaine prochaine.
Le seul qui en a dit un peu plus, hier, c'est Michel Vauzelle qui, ayant été traité de jolis noms débordant d'ordures par Alexandre Guérini et Henri Proglio lors d'une conversation sous écoute, a fait sa fête au second en épargnant le premier.
Enfin, pour parfaire ce petit tour d'horizon de début d'année, dans son message vidéo de 90 secondes aux Marseillais, Jean-Claude Gaudin a fait dans le langage œcuménique santonnier. Il devrait réitérer cette performance digne du ravi face à la presse lui aussi dans quelques jours.
En attendant, faisons deux bonnes piqûres de rappel avec ces deux cadeaux placés au pied du sapin.
(Clic sur les images pour agrandir)
Dans Bakchich Hebdo du 24 décembre 2010 
Sur Médiapart le 25 décembre 2010
(pour un meilleur confort de lecture, j'ai découpé le texte en six parties)



