

J'ai reçu l'enveloppe marron qui contient les professions de foi (j'ai horreur de ce mot quand il s'agit de la République laïque) des candidat(e)s. Bien que n'étant pas graphologue, l'écriture manuscrite m'a toujours passionné. Je m'amuse souvent à rapprocher la graphie et le caractère de la personne qui la produit.
Onze candidat(e)s ont envoyé un document, sauf le chasseur, cinq ont griffonné quelques mots (de une à une douzaine de lignes) et ont signé à la main, deux ont seulement signé et quatre (de gauche) n'ont rien écrit du tout, ce qui ne veut pas dire qu'ils ne savent pas écrire ou qu'ils ne s'engagent pas. Voici mes commentaires :
£ Ségolène Royal : Elle a fourni un bel échantillon d'écriture régulière, ferme et méthodique en toute honnêteté. Les lettres sont bien droites, bien liées entre elles, bien affirmées avec de la rondeur et des pointes. Cela exprime sans doute des aptitudes à l'humanisme et à l'autorité. On note une légère hésitation sur le "n" de "pleinement" et de l'enthousiasme sur le "r" de "entreprenante". La lecture est agréable et immédiatement compréhensible. Bravo donc pour ce côté naturel révélant une grande franchise et une forte authenticité. Son nom complet : Marie Ségolène Royal. (bulletin reçu)
£ Nicolas Sarkozy : Il est manifeste qu'il écrit penché vers la gauche et qu'il signe penché vers la droite. Quand on compare le texte et la signature, certaines mêmes lettres ne semblent pas sortir de la même main. On dirait qu'il s'agit de deux personnes différentes. Un recruteur dirait que c'est effectivement un signe de contrariété. Intrinsèque. Les lettres des mots ne sont pas reliées entre elles, de surcroît, les jambes des "n" et des "m" sont de simples barres séparées. Cela peut indiquer une personnalité qui se cherche, morcelée ou aux multiples facettes et à tout le moins manquant d'unité. Son nom complet : Nicolas Paul Stéphane Sarközy de Nagy-Bocsa. (bulletin reçu)
£ François Bayrou : A première vue, c'est manuscrit. Mais on voit vite que c'est une police de caractère de clavier qui imite une écriture faite à la main avec lettres économes de boucles penchant à peine à droite et bien liées entre elles. La signature est à l'unisson, est-ce donc vraiment la sienne ? Le texte est courtois, entre guillemets et à la première personne comme pour donner l'impression de paroles orales vraiment prononcées et couchées sur papier. Pour l'homme lettré qu'il est, le problème, c'est que tout cela semble artificiel et masque mal des airs de faux-semblant. (bulletin non reçu !)
£ Jean-Marie Le Pen : Il écrit son prénom en un seul mot, sans tiret et sans majuscule à "marie". Son texte n'a rien de personnel et n'inspire pas d'empathie avec lui puisqu'il s'agit des slogans rituels de fin de discours à la gloire du pays. Son écriture est droite autant que lui-même est tordu. (bulletin reçu en double !)
£ José Bové : Son slogan n'exprime aucun contenu programmatique et se contente d'appeler civiquement aux urnes. Son écriture est liée et penche légèrement à droite. Sa signature n'est qu'un paraphe mais dégage une certaine énergie. (bulletin reçu en double !)
£ Marie-George Buffet : Sa mi-signature mi-paraphe est quasi illisible. (bulletin non reçu !)
£ Philippe de Villiers : Il n'a fourni que sa signature. Dommage qu'il l'ait écourtée. Philippe Le Jolis de Villiers de Saintignon aurait trop montré pour quelle France il roule. (bulletin reçu en double !)
£ Dominique Voynet : Rien. (bulletin reçu)
£ Arlette Laguiller, Olivier Besancenot, Gérard Schivardi : Rien. (bulletins non reçus !)
£ Frédéric Nihous : Il a un fusil à la place d'un stylo et a dû se tirer dans la main. Il n'a pas fait imprimer de prospectus. (bulletin reçu en double !)