Maryse Joissains : Le virus de virer et la politique du lampiste
Faut jamais désespérer. Tout finit par arriver. A point. Le temps de dresser le bilan global des deux mandats de Maryse Joissains n'est plus très loin. Il sera fait dès cette année et jusqu'au jour de l'élection municipale de mars 2014.
Alors, commençons aujourd'hui avec quelques simples faits qui illustrent la manière hasardeuse, cavalière et méprisante dont la présidente de la communauté du Pays d'Aix et maire d'Aix s'est fait la spécialiste pour virer, écarter ou mettre au ban certains responsables de l'administration communale et intercommunale.
Depuis bientôt douze ans, nous avons assisté de façon répétitive à un même scénario appliqué quasiment à l'identique chaque fois qu'un problème s'est fait jour.
C'est ce que le langage courant nomme la politique du lampiste, une tactique lâche qui consiste à faire payer à d'autres le prix de ses propres fautes ou errements.
Dans les exemples cités ici, chaque personne licenciée, en place avant 2001 ou le plus souvent recrutée et validée par Maryse Joissains en sa qualité de chef du personnel depuis son élection, avait été auparavant, faut-il le rappeler, portée aux nues en termes particulièrement élogieux, en privé comme comme en public.
Alors, pourquoi tant de dégâts ? Vu le nombre de bévues, de ratés ou de fiascos provoqués au fil des années par certains choix dans des dossiers qu'elle survole ou qu'elle a du mal à maîtriser, Maryse Joissains n'a trouvé qu'une seule solution pour se défausser : se séparer des directeurs en charge de ces dossiers en les accusant de ne pas avoir été à la hauteur. Certains renvois ou déplacements ont été scandaleux, d'autres brutaux ou sournois.
Cela avait commencé avec le licenciement inopiné, aussi injuste qu'injustifié de la directrice de l'association des crèches reconnue jusque-là et à l'unanimité pour son professionnalisme. Cette dernière a depuis obtenu une importante réparation financière pour le préjudice subi.
Vint ensuite le cas du directeur en titre de l'Agence d'urbanisme du Pays d'Aix qui avait eu l'heur de déplaire au maire en allant participer à titre personnel à une conférence sur l'urbanisme.
Le virus de virer…
Puis, au cours du premier mandat, ce fut le tour du directeur des ressources humaines, pourtant recruté par Maryse Joissains, mais qui, selon elle, n'était plus digne de la confiance qu'elle lui avait accordée lors de l'embauche. Pipeau. La véritable raison est que cette personne refusait de se soumettre à des injonctions politiques peu conformes au regard des règles à respecter dans le cadre de son travail. Là encore, après de longues années de bataille devant les tribunaux, cette personne réussit à faire valoir son bon droit et la mairie fut contrainte de l'indemniser sur la base d'une reconstitution de sa carrière.
Il y a un peu plus de deux ans, la charrette des "pestiférés" s'est élourdie avec le licenciement du directeur général des services de la CPA qui avait lui aussi été recruté en toute confiance mais qui fut viré sans ménagement.
Autre cas, celui plus récent du directeur de la police municipale, en place depuis huit ans à la demande expresse de Maryse Joissains qui le couvrait de lauriers à chaque réunion publique, qui a été tenu pour responsable de la désorganisation des services de la police alors même que la Chambre régionale des comptes et un audit indiquaient clairement que c'est la Ville elle-même qui n'avait jamais eu aucune politique cohérente et sérieuse sur la sécurité.
Plus proche de nous, et tous les Aixois ont eu l'occasion de s'en apercevoir, le nouveau réseau de bus a complètement disjoncté, et c'est peu dire. Là encore, Maryse Joissains a fait porter le chapeau au directeur opérationnel des transports de la CPA, une personne d'une rare expérience que la présidente de la CPA s'enorgueillissait d'avoir à ses côtés et qu'elle ne manquait jamais de féliciter pour l'excellence de son travail, raison pour laquelle elle ne cessait de le solliciter pour répondre aux questions des usagers. Dehors lui aussi !
Ces quelques exemples sont peut-être moins connus que celui de l'office HLM qui semble bien surpasser tous les autres. En douze ans, l'office a eu à souffrir du changement de pas moins de six directeurs. Le dernier épisode est en cours. La directrice générale de Pays d'Aix Habitat installée par Maryse Joissains comme "une fonctionnaire de haut niveau" et présentée jusqu'ici comme la personne qui aurait remis l'office en ordre de marche (cela reste à prouver), vient de faire l'objet d'une suspension et d'une démarche de révocation pour des griefs qui voudraient la faire passer pour voleuse et tyrannique, rien que ça.
La seule vraie question qu'il convient de se poser face à ce manque de flair et responsabilité de Maryse Joissains est la suivante : est-elle elle-même à la hauteur ?
Je traiterai certains de ces cas plus en détails d'ici peu.



























