Conseil de territoire : "A cause de la métropole, nous allons tous mourir !"
La séance du conseil de territoire de mercredi comportait un sujet majeur, le budget. Maryse Joissains ne cesse de prédire l'apocalyse ! Je suis intervenu en ironisant "Si on vous écoute, avec la métropole, nous allons donc tous mourir !" Récit des échanges...
Au conseil de territoire de ce mercredi, j'avais seulement prévu d'intervenir sur le rapport intitulé "Etat spécial du territoire", nouvelle appellation pour désigner le résultat des arbitrages budgétaires effectués par la Métropole pour les compétences qu'accorde la loi par délégation aux ex-intercommunalités, les autres ayant été transférées à la "maison mère".
Cet état spécial comporte toujours deux sections, le fonctionnement et l'investissement avec des sommes (respectivement 35 millions d'euros et 178 millions d'euros) très inférieures à celles des années avant la métropole. L'ordre du jour ne comportait pas d'autres sujets importants. Les discussions ont donc porté sur le nerf de la guerre que sont les moyens financiers. Voilà le cadre posé.
J'ai écouté attentivement la présentation, au demeurant techniquement très claire, faite par Gérard Bramoullé, délégué aux finances, mais au ton politique carrément apocalyptique. Maryse Joissains lui a emboîté le pas pour dénoncer encore une fois cette métropole qui va échouer.
Les échanges avec et entre les maires ont été de la même eau, tous se plaignant de la réduction des moyens d'action des communes. Eh oui, il faut bien défendre son petit pouvoir et son bout de gras, n'est-ce pas ? Et il fallait entendre ces élus se montant le bourrichon mutuellement à coups de propos alarmistes !
C'est alors que j'ai demandé la parole pour donner un autre point de vue. "A vous écouter, nous allons tous mourir, quoi ! La République ne s'est pas faite sans douleur. L'intercommunalité ne s'est pas faite sans douleur non plus. Et maintenant tout le monde en vante les mérites. Eh bien, la métropole non plus ne sera fera pas du premier coup, il faut aussi un temps de mûrissement. La métropole vise la mutualisation des moyens et la solidarité pour développer le territoire. Ce n'est certainement pas la première année, par un simple coup de baguette magique, que nous pourrons engranger des résultats."
Et continuant à m'adresser à l'assemblée : "Vous vous plaignez de ne pas être totalement entendus par Marseille. Mais vous en portez la responsabilité à cause de vos combats obsessionnels d'arrière-garde contre la loi qui ont échoué et qui ont fait perdre du temps ! Vous cherchez à vous poser en victimes et dites être l'objet de représailles. Mais non, Jean-Claude Gaudin applique la loi et a déclaré que certains arbitrages sont nécessaires car les maires 'ont chargé la mule' dans les deux années qui ont précédé pour compliquer la mise en route de la métropole !"
Que n'avais-je dit ! Maryse Joissains insinue alors : "Ah, mais c'est extraordinaire, tu soutiens Gaudin maintenant ?" Moi : "La bonne blague ! Non, jamais de la vie ! Je rappelle simplement les faits qui se sont déroulés". Là, le maire de Pertuis, assez énervé, veut lui aussi m'apostropher. Je cite "Monsieur Castronovo, vous voulez faire l'intellectuel mais la réalité n'est pas ce que vous racontez." Moi : "Non, je ne suis pas un intellectuel, je suis factuel et je vois que cela ne vous plaît pas." C'est au tour du maire d'Eguilles de venir à sa rescousse pour essayer de me tancer : "Nous avons dû flinguer bon nombre de nos projets à cause de la commission de la hache qui a réduit nos moyens." Moi : "Ben, oui, c'est bien parce que vous aussi avez chargé la mule !"
Après ces amabilités, j'ai donné l'explication du vote de la majorité des élus de mon groupe sur le rapport Etat spécial du territoire.
Explication de vote
"Dans ce rapport, comme dans celui du 21 avril dernier sur le même sujet, il y a évidemment certains projets et choix que nous ne désapprouvons pas. Pour ne citer que quelques exemples :
- les appuis aux communes
- les subventions de différentes sortes
- les projets d'infrastructures et d'aménagements
- les mesures de soutien à la formation et à l'emploi.
C'est la raison pour laquelle nous les votons d'ailleurs à partir du moment où ils font l'objet de délibérations spécifiques.
Mais nous avons des divergences sur bien d'autres sujets.
Deux exemples emblématiques :
- le Plan de déplacements urbains
- le Plan local de l'habitat (logement)
- certains choix liés à l'urbanisme.
Comme ce rapport sur l'état spécial du territoire forme un tout et ne se prête pas à la découpe, nous allons donc faire le choix de nous abstenir."
Absentéisme des élus
Et pour finir, avec 18 rapports et quelque 200 pages, l'ordre du jour était bien moins fourni que d'habitude. Et pour cause. Une autre séance est prévue dans 15 jours. Je veux faire savoir ici qu'à la séance précédente, sur 92 élus, 78 étaient présents au début mais 75 à la fin. A la séance de mercredi, il y avait à peine une cinquantaine d'élus physiquement présents.
Je suis scandalisé de constater que tant d'élus s'en vont en cours de route ou s'absentent carrément sans même se soucier de donner un pouvoir. Hélas, aucune sanction n'est prévue ni appliquée pour ces manquements. Pour ma part, je suis partisan d'une retenue d'indemnités. Cela pourrait en faire réfléchir quelques-uns.























