jeudi 30 septembre 2010

Polyclinique du Montaiguet : Reportage sur LCM

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(Clic sur les images pour agrandir)
Captures d'écran montrant une incrustation virtuelle du projet sur le site.
Veut-on vraiment voir ça en plein Montaiguet ?

logo_LCMHier, La Chaîne Marseille a diffusé un reportage sur le projet de parachutage de la polyclinique Rambot à Pont de l'Arc au lieudit Les Bornes. On y voit le site et son environnement naturel, les plans et le bétonnage envisagé.
La chaîne a sollicité séparément l'avis de trois protagonistes du dossier. Avec dans l'ordre d'apparition à l'image, Martine Coste, représentante de l'association des Amis du Montaiguet et du Pont de l'Arc, Jean Lacoste, patron de la clinique Rambot, et Alexandre Gallèse, adjoint à l'urbanisme. Pas de vraie surprise dans les propos de ces deux derniers, bien accordés, qui nous refont le même coup du "tout est propre, il n'y a aucun problème, ça ne dérange pratiquement personne".
Et bien, on en reparlera dès novembre avec les premières décisions du tribunal administratif saisi par de nombreuses personnes, des associations et des médecins.
La vidéo du reportage est visible sur le site de LCM. A chacun de s'en faire une idée.

Le journal de LCM du 29 septembre :
Le reportage se situe à 2'40 du début, faire glisser le curseur (durée : 2'10)
http://www.lcm.fr/fr/videos/id-194032-le-journal-de-18h45 

Faisons quelques comparaisons

Pour se faire une idée proche de la réalité de la taille du "monstre" lui-même, voici quelques comparaisons.
On nous annonce une hauteur de 21,7m, mais visuellement c'est nettement plus car le bâtiment arrière est sur un socle naturel surélevé de 6m par rapport au premier plan du site. On dépasse donc les 30m. C'est quasiment trois fois la hauteur de la fontaine de la Rotonde (12m) et plus de sept fois la statue de David à Marseille (4,34m).
Quant à la longueur du bâtiment de 330m, elle est supérieure à la hauteur de la Tour Eiffel (324m). Autres éléments de comparaison : la largeur du Vieux-Port est de 283m et le cours Mirabeau fait 440m.

(Clic sur les images pour agrandir)
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Le site des Amis du Montaiguet et du Pont de l'Arc :
http://www.montaiguet-pontdelarc.com/

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mercredi 29 septembre 2010

Le vide-greniers d'Aix, paradis ou envers ?

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(Clic sur l'image pour agrandir)
Le compte-rendu de La Provence

Pour changer un peu, allons faire un tour du côté du vide-greniers. Gros succès, nous dit-on, pour cet événement. Le paradis sur la chaussée, en quelque sorte. Or, voici qu'une lectrice, qui m'autorise à publier son récit, nous en fait découvrir l'enfer qu'elle a elle-même testé en tant qu'exposante.
Alors, vraie bonne affaire ou pas ? Compatissons.

; "Vide-greniers : j’ai vécu l’envers"

Si le vide-greniers réjouit les promeneurs aixois du dimanche et les touristes de passage, peu se doutent de ce qui se passe à l’envers de cette manifestation, du côté des exposants.
Séduite à l’idée de participer à une manifestation sympathique où je pourrais échanger des objets dont je n’ai plus l’usage contre quelques euros, bien utiles en cette période de vaches maigres, j’ai décidé de m’inscrire. Les inscriptions se faisaient le lundi 6 septembre, 19 rue Gaston de Saporta, rien par internet.
Ce lundi matin-là, heureusement, je ne travaille pas. J’arrive sur place vers 8h30, je me rends compte que la foule des volontaires pour le vide-greniers, massée devant la porte, attend déjà. Une longue queue de plusieurs heures sous le soleil s’ensuit, piégeant au passage des touristes croyant qu’il s’agit d’une queue pour entrer au musée car aucune mention explicative n’existe.
Enfin, après vérification par deux employées municipales débordées de mon justificatif de domicile, de mon identité, je suis inscrite - sans pouvoir choisir l’emplacement - et je verse 17 euros et 10 centimes, sésame indispensable pour participer au vide-greniers du 26 septembre situé entre le cours Sextius et l'avenue Pasteur.
La veille et l’avant-veille du vide-greniers, je consacre des heures à laver, repasser les vêtements, nettoyer les objets, prévoir tout l’équipement nécessaire pour tenir plus de 10 heures de stand. Je m’avise le samedi qu’il me faudra un fonds de caisse en monnaie, je fais plus de 6 commerces différents, achetant une bricole ici et là pour trouver de la monnaie qui semble une denrée rare et difficile à obtenir à Aix.
vide_grenier_humour_2Le jour J, je me rends sur les lieux, avant le lever du jour, car il y a une autorisation de déchargement mais les véhicules doivent être dégagés avant 8h. L’emplacement qui m’a été attribué est en hauteur par rapport à la chaussée et séparé d'elle par une barrière, je dois donc me garer en face, en empiétant sur le trottoir pour laisser passer les autres véhicules qui viennent décharger.
Malheureusement, je n’ai pas vu dans la nuit que ce n’est pas un trottoir mais une bande de terre-plein étroite sur laquelle j’engage ma voiture. Mon véhicule se retrouve donc à califourchon sur cette bande de béton surélevée, les roues de chaque côté et le dessous du véhicule raclant le béton.
Je décharge mes paquets puis je dégage mon véhicule à grand-peine dans un crissement correspondant au frottement du dessous de la caisse sur le faux trottoir. Je peste imaginant les dégâts éventuels à ma voiture. Aucun gardiennage n’étant prévu, j’abandonne mes paquets sur mon emplacement, tandis que rôdent les professionnels de la brocante à l’affût de bonnes affaires. Je les ai vus fouiller à la lampe de poche dans les paquets que déchargent les particuliers. Inquiète qu’ils ne se servent dans mes paquets, je démarre et refais un tour de ville pour me garer.
Aucun espace de parking n’est prévu pour les exposants et nous sommes plusieurs centaines… Payer un parking pour tout le dimanche ? Cela me reviendra peut-être plus cher que ce que je vais gagner au vide-greniers. Je tourne sans succès sur le périphérique, puis j’avise, entre deux places déjà prises, rue de la Molle, un espace trop étroit pour ma voiture, mais accessible en mordant sur le trottoir. Après tout, c’est dimanche et c’est un jour spécial. Je me gare…. Et je cours vers mon emplacement.
Le jour s’est levé : on voit que le sol des emplacements est mal nettoyé, avec des traces d’urine et même pire ! On s’installe comme on peut, je suis pourvue de journaux et de draps propres. Pas une poubelle aux environs… J’arrange mon stand, une bonne heure de travail, mais un résultat bien net.
Déjà situés loin du début de la manifestation, nous découvrons avec les autres tenancières de stands que nous sommes en plein vent, à l’ombre derrière des bâtiments pour toute la matinée. Bref, nos places sont loin d’être les meilleures ; on se sent solidaires et on s’encourage d’un stand à l’autre. Du côté des exposants, beaucoup de femmes de la classe moyenne, comme moi, seules ou avec enfants, qui comptent sur l’événement pour tirer quelques euros des vêtements ou objets accumulés, souvent de marque et en bon état, mais encombrants par manque de place : l’espace est si cher dans les logements à Aix !
Les visiteurs arrivent. Il est clair qu’il est difficile de vendre quoi que ce soit à plus de 5 euros. Ma voisine bataille pour ne pas descendre au-dessous de cette somme pour une parka de marque, impeccable, achetée il y a quelques mois plus de 100 euros… mais les enfants grandissent si vite. Malgré tout le mal qu’elle s’est donné, courageuse et seule : trier, laver, repasser, ranger, porter, décharger, rester debout dans le vent froid, une journée entière, elle repartira avec un monceau de vêtements d’enfants invendus.
De mon côté, je vends une moitié de ma cargaison, à condition de brader, bien sûr. Je résiste juste pour un grand vase en cristal taillé que l’acheteur trouve cher à 20 euros.
Arrive l’irrépressible besoin de faire pipi. Aucunes toilettes ne sont prévues pour les exposants. Il faut donc abandonner son stand, toujours sans gardiennage et courir dans un des bistrots du cours Sextius, commander n’importe quoi pour pouvoir accéder aux toilettes. Les bistrots font leurs affaires, c’est bondé.
L’après-midi s’étire ; les familles se promènent, les touristes aussi. Le soleil éclaire enfin nos étals qui deviennent plus attractifs, et nous nous réchauffons enfin après 5 heures à se geler en tapant de la semelle.
vide_grenier_humourFin d’après-midi, l’ombre revient et la fraîcheur. Nous cédons tout ou presque à 1 euro. Puis nous replions. Aucune benne n’est prévue pour les objets que l’on souhaiterait jeter ou pour ceux qui pourraient être récupérés par un organisme caritatif… il faut donc tout remballer. Ma voisine me propose de surveiller mon stand pendant que j’irai chercher mon véhicule… J’y cours. Il n’est plus là. Volé ? Non, à la fourrière, je l’apprends en leur téléphonant…
Conclusion : soir de vide-greniers bien amer : je suis seule sur le trottoir, la nuit tombe plus que fraîche… Comment vais-je rentrer ? Aller jusqu’à la fourrière récupérer ma voiture ? Payer les 114 euros de fourrière et le PV de 35 euros qui l’accompagne ? J’apprendrai à la fourrière que pas moins de 35 véhicules ont été ramassés entre 8 et 9h du matin lors de ce dimanche festif. Belle prise, non ?
Certes ma municipalité peut s’enorgueillir par voie de presse du succès de cette belle manifestation où les exposants, issus de la classe moyenne touchée par la crise, ont assuré l’animation, au grand profit de la ville et des bistrotiers, non seulement gratuitement, mais en payant de leurs deniers et de leur personne.
                                                                                                            M.C.
P.S. :
Un détail me revient mais il est significatif de l'incurie municipale.
Une plaque d'égout située devant nos stands, sur le passage des visiteurs, est branlante. Plusieurs personnes s'embroncheront dessus, manquant de tomber. Nous le signalerons, il faudra attendre la fin de l'après-midi pour que trois employés se déplacent, non pour réparer la plaque et supprimer le problème mais pour déposer un balise de chantier dessus et une barrière métallique. Commode pour les passants !

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lundi 27 septembre 2010

Les plats poivrés de la cantine aixoise du PS

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(Clic sur l'image pour agrandir)
La lettre d'Olivier Sana envoyée aux adhérents le 8 septembre
(certains en critiquent la méthode, la procédure et le calendrier
et se réservent la possibilité de contester l'élection
comme les statuts les y autorisent)

Après la cuisine socialiste du département, allons à présent faire un petit tour à la cantine aixoise.
Dans trois jours, le Parti socialiste aixois va voter. Ce vote est circonstanciel. Principalement du fait de la démission du secrétaire de section en titre qui évoque des raisons professionnelles. On se rappelle qu'Olivier Sana avait été élu après la "fusion" des trois sections aixoises en avril 2009. Proche et constant collaborateur d'Alexandre Medvedowsky, qui le lui rend bien, il a occupé auprès de lui les fonctions les plus diverses pour le seconder. Le vote de jeudi avant l'échéance normale concerne donc les adhérents qui auront à se prononcer sur la succession.
Résumé comme cela, tout paraît clair. Mais quelques regards en arrière montrent que tout n'est pas aussi simple que cela.
Les divergences remontent à la pré-période électorale de la municipale de 2008. La liste investie par le PS était menée par Alexandre Medvedowsky. Et une autre liste se présentait avec à sa tête Michel Pezet et Jean-François Picheral. Existaient encore trois sections du PS, dont Aix-centre favorable à Medvedowsky et Aix-ouest proche de Pezet.
En mars 2009, couverte par la fédération départementale, la fusion a été certes opérée mais non sans discussions et contestations. En même temps était élu le premier secrétaire de la nouvelle section unique. Par compromis, une place fut faite aux autres sections en proportion des votes recueillis par les motions déclarées au congrès de Reims.
En juillet de la même année, lors de la seconde élection municipale, Alexandre Medvedowsky se vit confirmé pour mener de nouveau la liste contre Maryse Joissains. Entre temps, il abandonna l'alliance avec l'extrême gauche pour inclure le MoDem au premier tour et les écologistes au second.
Je vous fais une lettre, que vous lirez peut-être…
Et puis voici la situation actuelle qui devra trouver un ou des remplaçants au secrétaire sortant. Des candidats se font fait connaître pour postuler. Et parmi ceux qui pourraient lui succéder on trouve Nicolas Blanc, proche de Medvedowsky et parrainé par Sana, et Antony Sette, ex-directeur de campagne de Pezet. Y aura-t-il entente et partage des tâches, c'est ce qui, selon un article de La Provence, semble se dessiner. Après tout, pourquoi pas si cela permet plus de cohérence, un peu à l'image actuelle de ce que tente d'afficher le PS national.
Mais tout cela n'est pas aussi simple, disais-je. Reprenons un peu le fil des choses.
Depuis les divergences précitées, chaque fois que les adhérents ont été invités à choisir, la participation aux votes a été très réduite. Ainsi, par exemple, lors de la réunification des sections et l'élection du premier secrétaire, de nombreux adhérents qui contestaient la procédure imposée ont ouvertement boycotté ou volontairement boudé. Idem pour la désignation de Sana qui n'a recueilli que 74 voix sur 89 votants avec pourtant 370 inscrits.
Plus récemment, en octobre 2009, lors du vote sur la désignation de Michel Vauzelle comme tête de liste aux régionales, il n'y a eu que 116 votes exprimés sur 583 inscrits (20,58%). Le même jour, pour la consultation militante nationale sur le texte relatif aux primaires, au non cumul des mandats et à la parité, la participation aixoise a été identiquement faible.
En juin de cette année, d'autres scrutins se sont révélés minimalistes, avec un mystère difficile à comprendre, celui du nombre des inscrits qui fait du yoyo passant de quelque 370 (élection premier secrétaire, 3 avril 2009) à 583 (Vauzelle tête de liste, 1er octobre 2009) et 581 (composition des listes régionales, 3 décembre 2009), puis de nouveau à 385 (Convention nationale, 20 mai 2010) ou 384 (rénovation du PS, 24 juin 2010).
Une prochaine fois, je vous parlerai des arrière-salles des droites locales.

Des exemples de vote à participation faible :
ps_aix_votes
http://www.psaix.fr/public/fichiers/Vote01102009.pdf

   
Un adhérent parle de 792 personnes "en droit" de voter :
http://www.psaix.fr/public/fichiers/D.Michel_Intervention_AG_PS_Aix_du_25-09-2009.pdf
Dans La Provence du 22 septembre 2010 :
http://www.laprovence.com/article/politique/le-ps-aixois-prepare-lapres-medve
Sur la section PS d'Aix :
Episode 1 :

http://www.laprovence.com/articles/2009/03/18/761790-A-la-une-Le-PS-aixois-se-mange-toujours-le-foie.php
Episode 2 :
http://www.laprovence.com/articles/2009/04/05/778991-A-la-une-Plus-belle-la-vie-au-PS-aixois.php
Mon article : "Au PS, sont 'ach'ment balèzes" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/04/07/13292414.html

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jeudi 23 septembre 2010

Jean-Noël Guérini et son irritante cuisine de chef

guerini_caricatureVous chépa mais moa ça me turlupine noir avec l'envie de voter blanc aussi sec.
Les gens, tout comme moi, veulent qu'on leur parle enfin franchement, qu'on rompe avec l'hypocrisie, qu'on cesse la langue de bûche et qu'on ne les prenne plus pour de sombres crétins. Ils exigent cela aussi et surtout des personnalités publiques et politiques.
Les mensonges, les ronds-de-jambe, les faux semblants, les contournements, les mascarades, de tout cela ils en ont plus que soupé.
La comédie qui se déroule actuellement à la tête de la fédération départementale du parti socialiste est indigne de ce qu'elle doit représenter. Je ne suis pas socialiste. Mais je suis de gauche. Et c'est pourquoi j'estime avoir mon mot dire sur la carte que nous concocte Jean-Noël Guérini.
Reprenons le fil des événements.
Le 5 février, Jean-Guérini fait voter à l'unanimité son auto-proclamation au poste de président du PS 13. Ce coup d'éclat est d'autant plus osé que ce poste n'existe pas dans les statuts du parti. Mais merci de faire silence dans les rangs.
Le 7 juillet, Eugène Caselli, premier secrétaire depuis six ans et pouvant le demeurer jusqu'en juin 2011, déclare vouloir quitter cette fonction. Président de la communauté urbaine de Marseille, il considère que "les deux postes sont devenus trop lourds à gérer en même temps. Trop compliqués. A MPM, nous avons à traiter, le plus souvent en direct et dans l'urgence, tous les problèmes d'une grande agglomération. Il faut raison garder. On ne peut être contre le cumul des mandats et tout cumuler". Voilà qui est bien dit. Il ajoute que le poste pourrait revenir à Jean-David Ciot, maire du Puy Sainte-Réparade et premier secrétaire fédéral délégué.
Le 9 septembre, Eugène Caselli confirme son départ. "Je ne suis plus en mesure de consacrer un temps suffisant à mes fonctions de premier secrétaire. Par respect pour la fonction que j'occupe, j'ai décidé que le temps est venu de passer le flambeau." A qui ? "Jean David Ciot mériterait de l'obtenir. Il a été six années durant un compagnon à la fois fidèle, intelligent et surtout très efficace. Depuis plus d'un an, il occupait pratiquement le poste de 1er secrétaire, je lui dois beaucoup, la fédération lui doit beaucoup et il mérite vos applaudissements." On applaudit. A l'unanimité aussi.
Des titres qui ne tiennent pas sur une seule carte de visite
Pourtant, dans le même discours, évoquant les combats à venir, il ajoute ceci à l'adresse de Jean-Noël Guérini : "Tu es celui qui se doit de prendre les rennes de notre Fédération pour impulser la dynamique nécessaire qui nous conduira à une série de victoires que nous espérons tous. Dès ce soir, je te demande d'être candidat à ma succession. Devant les militants, je te demande d'entendre cet appel." Ah bon ? Jean-Noël Guérini n'en donc savait rien ?
Une mise en scène digne d'une pagnolade puisque, quatre jours après, ce dernier crachait le morceau sur son blog : "Cette information n’était pas pour moi une surprise, car j’en avais parlé à plusieurs reprises avec Eugène, au cours des entretiens réguliers que nous avons."
La suite est encore plus savoureuse : "J’avais essayé de le convaincre de rester à son poste jusqu’au congrès. Mais j’ai compris, rapidement, qu’il n’était pas utile d’insister. Dans le même temps, Eugène a proposé que je sois le socialiste qui le remplace." Mais ce n'est pas tout. Il ne faut surtout pas oublier de saluer le rôle essentiel de "Jean-David Ciot qui a su réunir et mettre au travail des jeunes motivés". Vite des mouchoirs !
Le 17 septembre, toujours sur son blog, Jean-Noël Guérini annonce : "J’ai décidé, après une longue réflexion, de répondre favorablement à l’appel de nombreux militants et des élus socialistes des Bouches-du-Rhône. Pour l’unité et le rassemblement, je suis candidat au poste de Premier fédéral". Quel sens du sacrifice !
Cette élection est prévue pour le 30 septembre et la nomination pour le 2 octobre. Il y a eu appel à candidatures. Mais devinez quoi. Aucun autre militant ne s'est manifesté. Gros fil blanc.
Reste une dernière grosse farce. Si Jean-Noël Guérini compte bien quitter sa fonction de président du PS 13, sa conscience ne semble pas plus secouée que ça par la violation des statuts du parti qui énoncent dans leur article 16.2 que "les fonctions de président de conseil général sont incompatibles avec celles de premier secrétaire fédéral."
Et puis, pourquoi s'embarrasser, s'il l'on peut tout prendre… Pourtant, le fardeau est déjà imposant pour cet homme dont la litanie des titres actuels a déjà du mal à tenir sur une seule carte de visite : sénateur, président du conseil général (avec toutes les importantes responsabilités afférentes), "président" de la fédération PS 13, secrétaire du sénat, membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées, membre du groupe d'études fruits et légumes section oléiculture. Ouf ! Voilà.
Alors, vous chépa mais moa ça me turlupine noir avec l'envie de voter blanc aussi sec.
La prochaine fois, je vous parlerai de la cuisine en terroir aixois.

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mardi 21 septembre 2010

Fadela Amara à Aix : 99% com', 99% farce

  amara

La visite flash de Fadela Amara hier à Aix a fait pas mal de mécontents. Sauf... à l'UMP, notamment sur le site internet de la mairie. Sur les trois heures initialement prévues, la secrétaire d'Etat en a raboté la moitié. Elle ne s'est rendue qu'à Beisson et au Jas de Bouffan.
Son heure d'arrivée a été décalée suite à un mouvement de grève des contrôleurs aériens. Tout compte fait, ce n'est pas bien grave puisque, comme cela était à craindre, cette visite n'était pas une séance de travail. D'ailleurs, Maryse Joissains n'était pas là, laissant Sophie Joissains jouer les ouvreuses.
Total, rien n'a été décidé ou dit sur le fond des projets de la politique de la ville. Fadela Amara s'est limitée au tout-va-bien, façon Coué. Ce qui n'est évidemment pas l'avis des nombreuses associations de quartiers qui s'investissent au quotidien. Retards dans les projets, baisses des aides de l'Etat, déficits de créations d'emplois, les vrais sujets à traiter sont foison.
Les échanges ont donc été aussi brefs que le temps consacré à chacun des deux quartiers "visités" sur les quatre inscrits au programme de la matinée. En dehors des personnalités "vite-passons-devant-pour-être-sur-la-photo", il y avait pourtant pas mal de monde. Ce qui prouve que les attentes sont grandes. Et c'est ce qui a sans doute conféré à la tournée éclair d'hier comme un goût de frustration.
A vrai dire, la forme même annoncée pour cette descente en terre aixoise ne pouvait rien présager de constructif. Ce ne fut qu'une nouvelle opération de com' qui a viré à la farce.
Les images diffusées dans la soirée par différentes télés (France2, France3, LCM, TV7 Provence), présentes tout au long du parcours, sont assez parlantes, les journalistes étant d'accord sur les impressions. Pour eux, cette visite a été un rendez-vous manqué, marqué par des sentiments de frustration et de déception.
Et puis sur France3, interrogée sur sa place en vue d'un éventuel remaniement ministériel, sans doute toujours aussi convaincue que son Plan Banlieues est une très grande réussite, Fadela Amara a entonné son refrain préféré répété à l'envi depuis trois ans.
"Je ne resterai pas à n'importe quelles conditions. Je resterai si je sens que le président a la volonté et la détermination de continuer à se battre. Pour l'instant, il l'a. […] Tant que le président garde intacte cette détermination de réduire les inégalités territoriales et donc les inégalités sociales dans nos quartiers, je resterai à ses côtés. Mais si je ne le sens plus, je le dis clairement, je pars." Sans rire.
Et puis, c'est vrai quoi, qu'on arrête une fois pour toutes de l'embêter. Parce que, hein, faut la comprendre, être ou non aux côtés d'un Besson, d'un Hortefeux et d'un Estrosi, ça n'entre pas du tout dans les conditions.
Le seul suspense, ce sera de vérifier si elle pourra tenir sa promesse de revenir rencontrer les Aixois...

L'agenda d'hier de Fadela Amara sur le site du gouvernement amara_agenda
Le programme aixois
Corsy et Encagnane attendent encore Fadela Amaraamara_agenda_deplacements

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lundi 20 septembre 2010

Pays d'Aix Habitat : Bientôt dix ans que ça cafouille

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Le joli nouveau siège de l'OPAC au Jas de Bouffan
qui n'a coûté que… 3,8M€
(Pour mémoire, plus aucune nouvelle sur la rocambolesque effraction
d'il y a trois ans qui a vu s'envoler deux ordinateurs
contenant des listes confidentielles d'attribution de logements...)

Bientôt près de dix ans que ça cafouille. Question opacité, désordres, embrouilles et aberrations, l'OPAC Pays d'Aix Habitat aura tout vu. Dernière grosse salade connue, des charges suspectes qui ont poussé des locataires à saisir le tribunal d'instance pour imposer un arbitrage.
C'est l'association Alpha Confédération générale du logement, membre du conseil d'administration de l'office, qui a soulevé le problème. A la suite de plusieurs réunions publiques, les locataires ont mandaté leur président pour les représenter en justice.
Jusque-là, les responsables de l'office avaient essayé de justifier les variations à la hausse des charges par divers arguments qui, semble-t-il, ne tiennent pas vraiment la route. Le tribunal a donc fait droit à la demande d'Alpha exigeant la désignation de deux experts indépendants pour étudier les comptes de charges récupérables auprès des locataires pour la période 2002 à 2008.
C'est une première du genre. Ce qui fait dire au président de l'association : "Cette décision souligne l'opacité et l'insuffisance des justificatifs fournis. […] L'expertise permettra de tirer au clair une situation qui génère incompréhension, insatisfaction et colère."
Pour légitimer et étayer ses revendications, l'association a collecté plus de 500 dossiers, ce qui représente 10% du parc HLM. Mais il y a sans doute beaucoup plus de cas litigieux qui ne se sont pas manifestés mais qui peuvent encore le faire jusqu'à la mi-octobre avant le début de la procédure d'expertise.
Toujours est-il qu'il va bien falloir tout mettre sur la table pour démêler ce nouveau sac de nœuds. Car ce n'est pas une situation isolée. On pourra relire utilement mes autres articles portant sur la "gestion" de l'office.
A signaler qu'aujourd'hui, Fadela Amara fait une visite de terrain à Aix. En fait, elle ne restera que trois heures (peut-être une opération de com', histoire de ne pas être éjectée lors du remaniement ministériel ?). Son programme comprend des déplacements dans quatre quartiers pour un tour d'horizon de la politique de la ville et plus particulièrement du projet de réhabilitation de Corsy et de Beisson dont Maryse Joissains disait il y a moins d'un mois "dans quatre ans, ce sera fait". Tiens, tiens…
PS : Un journaliste de France2 m'a contacté pour en savoir plus sur la politique menée à Aix dans ce domaine et sera présent aujourd'hui pour effectuer un reportage qui devrait être diffusé le lundi 4 octobre dans le cadre de l'émission "Complément d'enquête". A ne pas manquer donc.

"OPAC : Les charges augmentent, la colère aussi" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/01/13/16503082.html
"OPAC : Joissains, responsable de la faillite" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/02/04/12357657.html
"Les bobards honteux de Maryse Joissains" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/01/05/7449520.html

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vendredi 17 septembre 2010

PACA : Mediapart démêle le système des subventions

On le sait, la justice s'intéresse à l'usage de subventions publiques versées par la région à certaines associations et recherche les responsabilités qui auraient conduit à des malversations. Mais comment ça marche ?
Le site Mediapart a déjà produit plusieurs articles fouillés sur ce sujet. Le dernier, daté du 13 septembre, remet tout le processus en perspective. Une enquête inédite et passionnante…

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L'enquête sur Sylvie Andrieux dévoile
un système de subventions qui remonte à 1992

par Louise Fessard
http://mediapart.fr

Entendu pendant trois heures comme témoin assisté dans l'enquête sur des détournements de subventions au profit d'associations fictives, Michel Vauzelle, président socialiste de la région Paca, est ressorti libre, jeudi, du palais de justice. Après la mise en examen, le 8 juillet 2010, de la députée socialiste et ex-vice-présidente du conseil régional en charge de la politique de la ville, Sylvie Andrieux, c'est le deuxième élu convoqué par le juge d'instruction Franck Landou dans cette instruction ouverte en janvier 2008 pour "abus de confiance, détournement de fonds publics, recels de ces délits, escroqueries, faux et usages de faux en écriture privée".
Environ 740.000 euros auraient été versés par la région entre septembre 2005 et juin 2008 à des associations bidon, pour la plupart situées dans les quartiers nord, circonscription électorale de Sylvie Andrieux. Le tout à des fins électoralistes.
Au-delà de ces soupçons de malversations, cette affaire a permis de mettre au jour un système d'attribution des subventions régionales opaque et clientéliste. Et ce système remonterait, selon plusieurs témoignages, à l'époque où Jean-Claude Gaudin, aujourd'hui maire UMP de Marseille, était à la tête du conseil régional. Ce sont les "dossiers signalés": des demandes de subventions soutenues par des élus, qui court-circuitaient l'instruction normale des dossiers par les services régionaux.
Ce système fonctionnait plein pot au sein du service politique de la ville, dont était en charge Sylvie Andrieux jusqu'en juin 2009 et sur lequel porte l'enquête judiciaire. Selon Guillaume Lalange, ex-directeur de l'aménagement du territoire, mis en examen, "les dossiers rattachés à la circonscription de Mme Andrieux bénéficiaient de l'ordre de 75%" du budget du programme régional à la ville.
Mais plusieurs autres services régionaux sont concernés, comme celui de la culture. "30 à 40% des dossiers culture étaient signalés à mon arrivée en 1998, estime le communiste Alain Hayot, vice-président délégué à la culture jusqu'en mars 2010. Le dossier signalé allait au cabinet du président de région. S'il le validait, c'était la descente directe : la direction de la culture était obligée de mettre le dossier de demande de subvention dans les tuyaux pour le vote en commission, même s'il n'était pas correct ou complet." Un vrai secret de Polichinelle : "En Paca, ce système était... naturel et connu de tous les dirigeants associatifs, précise Alain Hayot. Parfois les services administratifs leur conseillaient même de passer par un élu !"
D'après un audit interne saisi par la police judiciaire, au service politique de la ville, les dossiers non signalés n'étaient tout simplement "pas instruits". Ces dossiers sont "mis dans une armoire, au cas où (ils) basculeraient ultérieurement sur une nouvelle liste de dossiers signalés. Les associations ne reçoivent pas de courrier". Concernant les dossiers déposés par le groupe socialiste, majoritaires selon l'audit, et ceux du cabinet "arrivant au dernier moment, la veille à 21h pour le lendemain" et "souvent pas complets", l'audit signale : "pas de procédure d'instruction pour ces dossiers", "pas de lecture de l'opportunité ou de l'intérêt du projet pour la région".
Même topo à la commission emploi, où Philippe Chesneau, aujourd'hui co-président du groupe Europe Ecologie à la région Paca, se souvient de l'étonnement, en 1998, d'un chef d'entreprise d'insertion, "venu chercher ses 300.000 francs annuels", lorsqu'il lui pose des questions sur son activité. "Il m'a répondu que c'était la première fois qu'on lui demandait ça", se souvient-il. Idem au service des relations internationales, où une ancienne chargée de mission témoigne : "On nous a expliqué qu'il y avait des dossiers signalés et qu'il fallait les faire passer sans donner notre avis dessus."

Un système mis en place par la droite

"C'est le règne du prince, de la décision au doigt mouillé selon l'humeur de l'élu", résume Philippe Chesneau. Un règne installé, selon Jules Nyssen, ex-directeur général des services mis en examen, par Jean-Claude Gaudin. En 1992, l'élu UDF récuse l'accord avec le Front national qui l'avait porté en 1986 à la tête du conseil régional Paca et se retrouve dans une situation de majorité relative. "S'instaure alors une discussion entre le directeur de cabinet et Mme Andrieux, en sa qualité de présidente du groupe socialiste, avant chaque session afin que le groupe s'abstienne sur les dossiers importants, décrit Jules Nyssen à la police judiciaire marseillaise. Cette discussion portait sur une enveloppe financière accordée à des dossiers portés par Sylvie Andrieux."
L'arrangement est maintenu par le parti socialiste, lui aussi en majorité relative quand il conquiert la région en 1998. "Il fallait satisfaire le plus grand nombre d'élus pour dégager une majorité et empêcher le pouvoir de nuisance du FN, qui savait bien jouer là-dessus et s'adjoindre des élus sur certains votes", explique Sébastien Barles. Cette fois-ci au bénéfice des élus RPR-UF-DL.
"Christian Estrosi, qui était le président du groupe RPR-UF-DL, déposait sa liste de dossiers concernant les communes de droite chez le chef de cabinet de l'époque de Michel Vauzelle, et ce dernier lui faisait passer la liste en descente directe", se souvient Alain Hayot. "A l'origine, deux tiers des dossiers étaient pour la droite, un tiers pour la gauche, puis ça s'est inversé quand Michel Vauzelle est devenu président", affirme Philippe Chesneau. "C’est ainsi que pendant douze ans (1992-2004) l’administration s’est trouvée dépossédée de son avis d’opportunité sur certains dossiers", conclut Jules Nyssen face aux policiers.
En 2004, Michel Vauzelle, qui remporte la majorité absolue grâce à sa "coalition de l'olivier" rassemblant l'ensemble de la gauche dont les Verts, rate l'occasion de faire le ménage dans les arcanes du conseil régional. "Il y avait une volonté de mettre des critères aux attributions de subvention pour lutter contre le clientélisme mais ça n'a pas été fait à cause des pesanteurs de certains élus", regrette Sébastien Barles.
En 2008, certains cadres administratifs, "recrutés après 2004 dans un grand mouvement de réforme pour plus de transparence et de suivi des dossiers" selon une ancienne chargée de mission, quittent le navire. Jules Nyssen démissionne en mars 2008, faute "d'un soutien politique plus affiché" à son "effort de modernisation de l'administration et de rigueur de la gestion", avance-t-il au juge Franck Landou. "Au début, il y avait une réelle volonté d'aller vers plus de clarté, mais ça a commencé à entrer en conflit avec les intérêts et habitudes de certains élus, témoigne la même ex-chargée de mission. Et il y avait le souci de resserrer les rangs dans la perspective des élections régionales de 2010..."

Le conseil régional "critérise"

Et aujourd'hui, après la mise en examen de 23 personnes, dont plusieurs cadres de la région et une élue socialiste ? Les fameux dossiers "signalés" sont devenus "soutenus" puis dits "de proximité", s'amuse Alain Hayot. "En 2010, on progresse, ne serait-ce qu'à cause des affaires, répond Philippe Chesneau.  Michel Vauzelle a la réputation d'être honnête et il a été très sensible aux affaires".
Fraîchement nommé à la délégation à la culture, le socialiste Patrick Mennucci prépare ainsi pour mars 2011 une délibération cadre fixant les critères d'attribution de subventions. "Environ 90% du budget culture passe déjà par des comités constitués de personnalités du monde de la musique, de la danse, du théâtre, du cinéma, etc., explique-t-il. Le reste, c'est la politique territoriale, où on est en train de mettre des critères. Il est toujours plus facile de dire oui ou non à un organisme sur la base de critères votés par l'assemblée régionale."
A la politique de la ville depuis mars 2010, Fatima Orsatelli, élue issue du monde associatif, nous assurait elle vouloir "sortir d'une relation sous forme d'allégeance politique qui a pu être perçue comme une forme de clientélisme, à droite comme à gauche".
Une priorité puisque comme le reconnaissait lors d'une audition Franck Dumontel, ex-directeur de cabinet de Michel Vauzelle, lui aussi mis en examen, les "listes de dossiers soutenus (...) sont, je pense, à l'origine des faits qui se sont produits". "Si vous passez votre temps à gérer des relations politiques avec la population en distribuant des subventions, vous prenez le risque de tomber sur des gens malhonnêtes et des associations bidon", renchérit Alain Hayot.
Le Front de gauche a proposé la création d'une conférence régionale permanente de la vie associative pour définir en commun politiques d'aides, critères et priorités régionales. Mais pour Sébastien Barles, le vrai problème est "le cumul des mandats qui transforme le mandat régional, considéré comme le moins important, en un guichet territorial". 

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mercredi 15 septembre 2010

Droite extrême : Joissains, Gaudin et leurs copains

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La dernière actualité chassant l'avant-dernière, l'information au jour le jour se présente parfois en forme de sujets cloisonnés, chacun semblant se suffire à lui-même. Alors, on laisse filer et il ne nous vient pas toujours à l'idée de rechercher si certains événements en apparence isolés ne feraient pas en fait partie d'un ensemble susceptible de receler quelques messages plus significatifs.
Pourquoi cette entrée en matière, me dira-t-on. Et bien voici. Dans le contexte écœurant qui s'est installé en France, engendré par certaines postures politiques extrêmes, une brochette d'élus du côté de chez nous n'éprouve pas plus de révulsion à endosser le même habit gris lorsqu'il s'agit d'aller pêcher des voix en eaux boueuses.
Il y a quelque dix jours, l'inauguration controversée d'un buste dédié à un ancien sénateur-maire de Peynier, disparu en 1966, un homme au passé trouble pendant l'Occupation, a réuni sur une même photo quelques édiles que les mêmes relents attirent. Nommons-les.
Il y avait Jean-Claude Gaudin, qui a évoqué son amitié pour Vincent Delpuech, tout en redisant son admiration pour celui "dont nous sommes tous les héritiers politiques". Non, pas tous, monsieur Gaudin, vous c'est sûr. Admirable cette filiation qui lui avait déjà inspiré son amitié avec le FN pour diriger la région de 1986 à 1992 en lui confiant plusieurs vice-présidences et en passant des accords de désistement réciproques pour les législatives de 1988.
Il y avait Bruno Genzana, qui, faut-il le rappeler, au Conseil général préside un groupe de trois élus qui a recyclé et blanchi l'ancien maire de Marignane, ex-frontiste puis ex-mégrétiste.
Il y avait Maryse Joissains, qui a rejoué son sketch d'ancienne, très ancienne, adhérente du Parti radical, façon de proclamer ses vertus humanistes. Mais aussi pour signifier qu'il fallait absoudre le défunt du buste membre comme elle dudit parti car "à un moment trouble de la République, il a continué à exercer ses fonctions dans l'honneur". Sauf que, l'honorable trépassé a été tout sauf un résistant. Sauf que, aussi, Maryse Joissains a longtemps vilipendé tous les partis puis s'est convertie à l'UMP qui lui a fait entendre des voix qu'elle a cueillies.
Et que désormais, elle va encore plus loin dans le reniement des valeurs radicales. C'est ainsi qu'elle a rejoint le collectif dit de La Droite populaire, une marque, pur hasard bien sûr, qui peut se confondre avec celle d'un mouvement identitaire et nationaliste d'extrême droite déjà existant.
L'initiateur du collectif de 35 députés UMP est Thierry Mariani. Celui-là même qui, entre autres propositions humanistes, voulait des tests ADN et des statistiques raciales et ethniques.
Maryse Joissains peut y côtoyer aussi quelques sympathiques bienfaiteurs, tels Christian Vanneste qui s'est illustré en particulier pour ses propos homophobes, Lionnel Luca, favorable à l'abrogation de l'article sur l'enseignement sur l'esclavage, et à la peine de mort comme son copain azuréen, le deux-roues Christian Estrosi, qui était également hostile au PACS.
Au milieu de ces gens de bonne compagnie, on trouve aussi Richard Mallié, favorable lui à la pratique légale de l'esclavage le dimanche. Belle brochette, disais-je. Mais revenons à Peynier. Son maire, Christian Burle, ne joue pas tout seul dans une cour à part. Non, il est aussi le suppléant de Maryse Joissains à l'Assemblée nationale.
Voilà, tous les artistes sont en place, la pièce peut continuer, le message est clair. N'y cherchons pas d'actes manqués, il n'y en a pas. Ils sont tous parfaitement volontaires.

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lundi 13 septembre 2010

Assogora : Ne pas désespérer de la nature humaine

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(Clic l'image pour agrandir) (Photo perso LAC)
Assogora 2010 a fait le plein sur le cours Mirabeau avec 450 associations

Beau temps et jour de fête hier sur le cours Mirabeau. Comme chaque deuxième dimanche de septembre, les associations du Pays d'Aix ont fait la démonstration de leur force et de leur engagement pour une vie citoyenne la moins marchande et la plus solidaire possibles. Entre 20.000 et 30.000 personnes ont parcouru le cours, s'arrêtant aux stands des bénévoles ou devisant avec les amis retrouvés en cette rentrée.
Comme chaque année, j'ai aussi rejoint cet événement qui me tient à cœur et qui porte depuis maintenant près de vingt ans le nom d'Assogora que j'ai inventé lorsque a été créé Aix-Associa tions devenu Pays d'Aix-Associations.
Ce dimanche m'a une fois de plus donné l'heureuse occasion de discuter avec des responsables associatifs, de découvrir leurs nouveautés, de constater leur modestie et de sonder leurs joies ou leurs attentes.
L'ambiance était festive et musicale avec des animations produites par les participants eux-mêmes. Comme un démenti cinglant à la politique haineuse gouvernementale, les cultures du monde entier se côtoyaient dans une sorte de fraternité sans frontières. En quelque sorte, une belle nique faite au rejet de l'autre et aux arrogances du fric raflé sans honte.
La vie associative demeure un exemple pour ne pas désespérer tout à fait de la nature humaine.
Pour conclure, mais sans rapport direct avec hier, j'ai été étonné de l'annulation très récente de la Foire du Pays d'Aix de Venelles qui devait se tenir ce weekend. Alors que les préparatifs étaient quasiment bouclés, la décision a été annoncée abruptement aux participants. La raison avancée est la disparition du gérant de la société organisatrice. Comment se peut-il qu'un événement de cette importance ne repose que sur les épaules d'une seule personne ? Par ailleurs, comment a-t-on pu agréer quasi aveuglément ladite société sans même s'assurer de sa viabilité financière pour l'année en cours ? Je trouve cela assez foireux.

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La clinique Rambot… plus grande que la Tour Eiffel !

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(Clic l'image pour agrandir) (Photo perso LAC)
Superposition à la même échelle de la Tour Eiffel
et de l'emprise réelle du projet repérable aux pointillés rouges

En cette rentrée, les Amis du Montaiguet sont plus que jamais sur le pont… de l'Arc (hi hi !).
Comme l'an dernier, ils ont tenu un stand à Assogora. Ils ont décidé de démystifier la propagande féerique faite autour du projet de transfert de la polyclinique Rambot, une méga-clinique en fait, en montrant au public les données objectives, issues du permis de construire, concernant ses dimensions, ses proportions, ses couleurs et son insertion dans le site du lieudit Les Bornes.
Ils ont également dévoilé une partie des démarches engagées officiellement auprès des tribunaux et de la mairie avec 30 recours gracieux demandant le retrait du permis qu'ils estiment illégal. Les trouvailles ne sont pas piquées des vers. On lira ci-dessous le bon résumé qu'en a fait le site Sudinfos le 8 septembre.
Toujours aussi motivés, les Amis du Montaiguet se sentent aussi encouragés par la victoire remportée en juin par le CIQ des Granettes auprès tribunal administratif qui a prononcé la suppression du permis de construire du Géant Casino du Jas de Bouffan qui lors de son agrandissement n'a pas respecté le seuil légal en espace vert.
Pour le dossier de la polyclinique, les premières décisions découlant des recours initiaux contre le projet sont attendues en novembre.

logo_sudinfosLes opposants au projet de la polyclinique Rambot au pied du massif du Montaiguet ont passé un été studieux. La SCI Les Bornes, promoteur du projet, ayant obtenu son permis de construire le 1er juillet, ils avaient deux mois pour intenter leurs recours. Un compte à rebours crispant.
"Trois mois pour obtenir un permis, c’est un record à Aix ! Comme par hasard, le sésame est arrivé en pleine pause estivale...", ironise Martine Coste, présidente de l’association des Amis du Montaiguet, en pointe dans la fronde anti-clinique.
Cette professeure de lettres, loin de l’image "du riche propriétaire aux intentions troubles" véhiculées par les gérants de la polyclinique et qui vit "dans un cabanon de 60m² retapé, pas dans un château", soupçonne la municipalité de s’ingénier à mettre des bâtons dans les roues des adversaires : "Dès le 5 juillet, j’ai demandé au service urbanisme de la ville qu’il nous communique le contenu du permis. J’ai dû attendre trois semaines et me fendre d’un envoi de recommandé pour avoir enfin accès au document. Cela a évidemment réduit d’autant le délai pour peaufiner notre dossier", se plaint Mme Coste.
Sans vouloir livrer les détails de l’argumentaire utilisé par l’avocat, "histoire de ne pas donner de cartouches à nos adversaires", la présidente des Amis du Montaiguet consent à fournir quelques éléments de la stratégie employée.
Premier axe : le permis ne prévoit ni la crèche, ni les logements de fonction, pourtant annoncés par les promoteurs. "C’est étonnant. Ces éléments ont-ils été abandonnés ? Ou seront-ils l’objet de demandes de permis ultérieures ? Si c’était le cas, on ne comprendrait pas ce saucissonnage", observe Mme Coste.
Deuxième grief : la taille de la clinique. "330m de long d’Est en Ouest, c'est 6m de plus que la hauteur de la Tour Eiffel. Et on nous annonce une hauteur de 21,7m, mais visuellement, c’est nettement plus car le bâtiment arrière est sur un socle naturel surélevé de 6m environ par rapport au premier plan. In fine, on dépasse les 30m de hauteur, c’est quasiment trois fois la hauteur de la fontaine de la Rotonde...".
En attendant l’issue de ce recours, un premier acte de la bataille judiciaire devrait se jouer en novembre prochain lorsque le tribunal administratif tiendra son audience sur le recours intenté par l’association contre la révision simplifiée du POS rendant constructible le secteur (votée le 3 novembre 2009).
"Notre dossier est solide. Une telle modification, votée juste un mois et demi avant la fin de la période autorisant ce type de révision partielle, n’avait pas lieu d’être pour un projet d’une telle ampleur qui porte gravement atteinte à l’économie générale du document d’urbanisme, ainsi qu’à l’environnement de la ville", affirme Mme Coste. Le recours pointe également un conflit d’intérêt.
"Victor Tonin, un des adjoints de la ville, est actionnaire du laboratoire d'analyses médicales Sel Mazarin, qui a un contrat d'exclusivité avec la polyclinique. Au regard du Code général des collectivités, Il n’aurait pas dû participer au vote de la révision du POS", poursuit l’opposante.
Dans les rangs de la municipalité, on croise les doigts pour que les magistrats restent de marbre face à ces attaques. Car une annulation du vote laisserait planer une sacrée épée de Damoclès sur le projet. "Normalement, il faudrait s’en remettre à la révision globale du POS que la ville a engagée et qui doit prendre au moins deux ou trois ans", explique Mme Coste. Et même si la municipalité ne manquerait pas d’interjeter appel de la décision, l’hypothèque resterait forte... fragilisant un peu plus un projet en mal de consensus.

Une propagande à la com… 
Lire aussi cet article édifiant :

http://www.rue89.com/2010/07/17/non-les-cliniques-privees-ne-veulent-pas-sauver-la-secu-159002

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