vendredi 18 février 2011

Mais qui donc veut tant de mal à Jean-Noël Guérini ?

guerini_caricatureHier soir, Jean-Noël Guérini a parlé. Beaucoup. Mais attention, surtout pas de méprise avec de quelconques aveux. Non, non, à Allauch, il s'est posé en victime : "je suis le coupable idéal". Et a surtout fait un long discours pour rassurer les militants socialistes. Ne répétant que ce qu'il a finalement déjà dit plusieurs fois, y compris qu'il téléphonait à son frère, qu'il allait porter plainte contre X (on n'est jamais trop défensif) pour violation et recel du secret de l'instruction et qu'il était prêt, le cas échéant, à être entendu par le juge, sa prestation n'a pas surpris.
Les attaques contre Renaud Muselier et Bruno Gilles, qu'il n'a pas nommés, ne sont pas non plus des nouveautés. Au milieu de tout ça, des témoins présents ont noté l'absence de Michel Vauzelle et d'Eugène Caselli. Aïe...

Le discours de Guérini à Allauch le 17 février :
http://www.jn-guerini.fr/wp-content/uploads/2011/02/17fev2011-jng.pdf

La semaine qui vient pourrait réserver des surprises sismiques. En attendant, voici quelques autres lectures stupéfiantes sur un personnage qui joue les fantômes.

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Le mystérieux informateur des frères Guérini
18 février 2011 par Violette Lazard

Des écoutes montrent que le président du conseil général des Bouches-du-Rhône était informé des avancées de l’enquête visant son frère Alexandre.
Il aura fallu une dizaine de jours à Jean-Noël Guérini, président (PS) du conseil général des Bouches-du-Rhône pour être informé qu’une enquête était ouverte au tribunal de Marseille concernant son frère. Alors que la lettre confiant au juge Charles Duchaine le soin d’ouvrir une instruction sur des marchés publics présumés frauduleux date du 16 avril, Jean-Noël Guérini est averti le 27 du même mois.
La presse n’a encore jamais évoqué l’affaire.
Pourtant, des écoutes téléphoniques, des relevés de SMS ainsi que des auditions que «le Parisien» et «Aujourd’hui en France» a pu consulter, montrent que l’élu a été averti par un mystérieux ami. Et que son frère, Alexandre Guérini, mis en examen et incarcéré depuis le début du mois de décembre dans le cadre de cette affaire, s’est également renseigné à plusieurs reprises sur l’avancée de l’enquête le concernant.
Un coup de fil de Madrid
Le lundi 27 avril, Alexandre Guérini appelle son frère à 13 heures. «Bon, il t’a appelé ton ami ?» s’enquiert-il. Jean-Noël lui répond :
 «Il (NDLR : l’ami) me dit : Faudra que je te voie rapidement parce que (...) le docteur cherche des poisses. On t’expliquera pour ton frère.» Les Guérini parlent alors tantôt en corse, tantôt en Français.
Le «docteur» qui cherche des «poisses» est Renaud Muselier (UMP), le dauphin de Jean-Claude Gaudin à la mairie de Marseille et médecin de profession.
Alexandre s’énerve, mais rassure son frère : «Je n’ai rien à me reprocher.» «Il va me rappeler, euh… dans l’après-midi s’il peut, de Madrid», ajoute mystérieusement le patron de la troisième fédération PS de France. Et il ajoute : «Tu es censé ne pas le savoir. Moi, je suis censé ne pas le savoir.»
Enfin, Jean-Noël Guérini conclut : «Je saurai tout demain. Dans les détails.» Le mystérieux informateur va effectivement rappeler Jean-Noël Guérini pour lui confier que «ça avance bien au ministère de la Justice» et que «l’enquête est lancée». Mais son nom n’est jamais prononcé.
«On peut cependant émettre quelques hypothèses, se risque une source proche du dossier. Car le 27 avril 2009 n’est pas un jour anodin… pour Madrid.»
 Nicolas Sarkozy est alors en visite officielle dans cette ville. Il est accompagné de dizaines de diplomates, hauts fonctionnaires, chefs d’entreprise. Dans cette délégation figure aussi «des grands responsables de la police car il a été question de terrorisme basque», poursuit cette source proche de l’affaire. Frédéric Péchenard, directeur général de la police, était par exemple présent. Ainsi que Bernard Squarcini, patron de la Direction centrale du renseignement intérieur, ancien préfet de Marseille, qui, à ce titre, connaît Jean-Noël Guérini.
Des SMS évoquant le Squale
L'échange de textos se déroule six mois plus tard, le 6 octobre 2009. L’enquête judiciaire a avancé et plusieurs journaux se sont emparés du sujet. Alexandre Guérini échange alors quelques troublants SMS avec Olivier Grimaldi, son avocat. «Le Squale a dit que tout était (mot incompréhensible) et que des coups de fil avaient été passés.»
Le Squale : le surnom de Bernard Squarcini.
«A qui il a dit ça ?», demande l’avocat. «A JCHP.» Soit Jean-Claude Hoang-Phu, responsable syndical Unité-Police-FO marseillais. A l’évocation de deux SMS, Olivier Grimaldi livre cette explication : «Seul Alexandre Guérini contacte les services de M. Squarcini pour se renseigner sur son affaire.» «Je ne sais rien de ce dossier et je ne veux rien savoir.»

Bernard Squarcini patron de la DCRI

Surnommé le Squale, Bernard Squarcini est cité par Alexandre Guérini dans des SMS comme étant une source d’informations sur son affaire judiciaire en cours. Le patron de la Direction centrale du renseignement intérieur nie avoir informé les frères Guérini sur une affaire sur laquelle il n’avait aucun renseignement.
Quelles sont vos relations avec Jean-Noël Guérini ?
Bernard Squarcini
. J’ai passé trois ans et demi à Marseille en tant que préfet de police. Evidemment, je connais Jean-Noël Guérini.
L’avez-vous informé, lui ou son frère Alexandre Guérini, sur l’avancée de cette affaire en cours ?
Je n’ai appelé personne pour obtenir des informations sur cette affaire. C’est un dossier sur lequel je ne sais rien et je ne veux rien en savoir. Rappelons qu’il est mené par les gendarmes et non par la police. Je n’ai donc aucune information privilégiée qui pourrait être utile à qui que ce soit.
Comment expliquer l’existence de SMS faisant référence au Squale ?
Je ne l’explique pas. Je n’ai jamais donné d’informations. D’ailleurs, ces SMS sont échangés entre Alexandre Guérini et son avocat. Pas avec moi! On cite mon nom, on me fait donc dire des choses, mais c’est tout.
En avril 2007, un coup de téléphone est passé depuis Madrid, où vous étiez présent, pour informer Jean-Noël Guérini de l’avancée de l’enquête.
Ce n’est pas moi qui l’ai passé. Je peux même vous dire que lors de ce déplacement, je suis resté quasiment en permanence avec Renaud Muselier (NDLR: l’adversaire politique UMP de Jean-Noël Guérini qui était présent en tant que président du Conseil culturel de l’union pour la Méditerranée) !

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(Clic sur les images pour agrandir)

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jeudi 17 février 2011

Affaire Guérini : Ça décharge fort contre Jean-Noël

guerini_bakchichUne vraie rafale ! La machine s'emballe à l'encontre de Jean-Noël, depuis mardi, jour où Le Parisien a diffusé des extraits d'écoutes téléphoniques relatant des conversations entre son frère Alexandre et lui. Hier, La Provence a aussi consacré une page à l'affaire, suivi par Mediapart (voir l'article ci-après) et par France 3 Provence-Alpes. (voir les captures d'écran ci-dessous), sans oublier le Canard enchaîné bien sûr.
Jean-Noël Guérini, lui qui déclarait ne pas vouloir commenter quoi que ce soit, a été contraint de réagir sous la pression. Il a donc publié un communiqué bien à sa manière (voir ci-dessous) ajoutant qu'il ne s'en tiendrait pas là, annonçant même qu'il allait "siffler la fin de la récréation" (quelle drôle d'expression dans le cas présent !) en s'exprimant ce jeudi soir devant les militants socialistes réunis à Allauch car il "a des choses à dire".
On remarquera que Jean-Noël Guérini se plaît à critiquer le non respect du secret de l'instruction, notamment par les médias. Mais, selon les écoutes publiées, c'est lui-même qui aurait informé son frère dès 2009 de l'ouverture d'une enquête préliminaire. Si cela est retenu par la justice, que vaudra sa défense ?

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Les méthodes de "management clientéliste" de Jean-Noël Guérini
16 Février 2011 Par Louise Fessard

L'information judiciaire menée par le juge Charles Duchaine sur des marchés publics présumés frauduleux dans les Bouches-du-Rhône se rapproche du conseil général et de son président, le socialiste Jean-Noël Guérini. A quelques semaines des cantonales, des écoutes inédites datant de juillet 2009, publiées mardi par Le Parisien, semblent montrer que Jean-Noël Guérini serait intervenu en faveur de son frère Alexandre, entrepreneur spécialisé dans la collecte et le traitement des déchets (Jean-Noël Guérini a publié un démenti sur son blog). (voir ci-dessous)
Alexandre Guérini a été mis en examen pour "abus de biens sociaux, détournement de biens publics, recel et blanchiment, corruption active et détention de munition"» le 2 décembre 2010 et placé en détention. Dans une audition de décembre 2009, également versée au dossier depuis peu, un ancien directeur général des services du département, Vincent Potier, décrit aux gendarmes "certaines pratiques ou tentations de pratiques liées à ce que j'appellerai du management clientéliste" au sein du vaisseau bleu, le siège du conseil général à Marseille.
Connaissant un certain nombre d'éléments, Vincent Potier, aujourd'hui directeur général du centre national de la fonction publique territoriale, a estimé "de son devoir" de se tenir à la disposition du juge Charles Duchaine, lorsque l'affaire a éclaté en novembre 2009.
Après avoir été directeur général des services des Bouches-du-Rhône pendant six ans, Vincent Potier avait quitté l'institution selon lui sur un désaccord, en juin 2008 après l'échec de Jean-Noël Guérini aux municipales de Marseille. "J'ai choisi de lui exposer les conditions dans lesquelles j'accepterai à continuer de travailler avec lui (Jean-Noël Guérini), raconte-t-il aux gendarmes le 10 décembre 2009. Ces conditions étaient que mes collaborateurs ne soient plus imposés contre mon gré dans toutes les catégories et plus particulièrement B et A, mettre fin au court-circuitage en provenance du cabinet et me redonner la main sur le suivi des outils extérieurs au Conseil général. Le président n'ayant pas validé mes demandes, j'ai pris soin de quitter mon poste."
Face aux gendarmes, Vincent Potier décrit un système piloté par un petit nombre de personnes, depuis le cabinet de Jean-Noël Guérini, qui s'apparente selon lui à un "management clientéliste". "De 2002 à 2008, tous les recrutements de catégorie C par le Conseil général provenaient de noms prescrits par le cabinet, explique-t-il. Au fil des années, cette pratique s'est progressivement étendue aux catégories A et B."
De même concernant les associations, il dit avoir "constaté une certaine pratique d'indication de montants de subventions à certaines associations transmis par le cabinet directement au service concerné, le dépôt du dossier de demande s'effectuant postérieurement".
Gérard Piéri, le fonctionnaire à l'époque chargé de contrôler les associations, "se targuait constamment d'être très proche d'Alexandre Guérini, le frère de Jean-Noël", dit Vincent Potier lors de son audition. Il n'était pas le seul au sein de l'institution puisque "Alexandre Guérini avait des liens directs et fréquents avec Jean-François Noyes (à l'époque directeur de cabinet puis conseiller spécial de Jean-Noël Guérini), Pascal Marchand (directeur de cabinet de 2005 à 2008), Jean-Marc Nabitz (alors directeur de la société d'économie mixte Treize Développement)", précise le fonctionnaire.
Ce dernier nom n'est pas anodin puisque Treize Développement était responsable des plus grosses opérations d'investissement du conseil général, comme la construction-rénovation des collèges, et jouait un rôle primordial dans l'élaboration du plan départemental d'élimination des déchets ménagers.
Dossiers sensibles
Au sein du cabinet de Jean-Noël Guérini, Vincent Potier décrit le "rôle éminent dans le suivi d'un certain nombre de dossiers dits sensibles" joué par sa conseillère spéciale, Beatrix Billès. Et de lister ces dossiers : "les autorisations pour les maisons de retraite, le Mentaure (décharge gérée à La Ciotat par une des sociétés d'Alexandre Guérini où l'enquête a révélé plusieurs malversations), le plan départemental des déchets et toutes les questions liées aux deux incinérateurs, les questions foncières, le rachat de l'immeuble CMA CGM (vendu 50 millions d'euros par l'armateur au département, ndlr) et le contrôle de la chambre régionale des comptes".
Les enquêteurs se sont penchés sur plusieurs de ces dossiers, notamment celui du Mentaure et des maisons de retraite. Mais rien n'a filtré de ce dernier volet pour l'instant (à part une écoute). En 2008, la chambre régionale des comptes de Paca avait dénoncé des décisions du Conseil général en matière de création de maisons de retraite "parfois motivées de façon étonnante (...) sans analyse des besoins du secteur" et "un processus décisionnel peu compréhensible". "Certains motifs sont erronés et masquent la volonté de ne pas travailler avec un promoteur particulier", avaient écrit les magistrats.
Autre dossier sensible : fin 2009, le Conseil général rachète avec un an d'avance l'ancien siège social du troisième armateur mondial, la CMA CGM, alors en très mauvaise posture financière avec une dette de 3,5 milliards d'euros. Et débourse immédiatement les 50 millions d'euros alors que début 2011 les locaux ne sont toujours pas occupés par les services du conseil général. Vincent Potier, réduit au rôle "d'observateur et d'exécutant" dans ce dossier "négocié personnellement par Jean-Noël Guérini et Beatrix Billès", a dénoncé face aux gendarmes ce qui ne lui "paraît pas une méthode de bonne administration", au vu de la somme d'argent public en jeu.
Quant aux marchés de sécurité, ils étaient, toujours d'après Vincent Potier, suivis "de manière attentive et personnelle" par Jean-François Noyes, un proche d'Alexandre Guérini aujourd'hui conseiller général et président de l'office HLM des Bouches-du-Rhône. Une précision d'importance puisque, comme le relatait La Provence, le Conseil général et son bailleur social ont fait appel à plusieurs reprises "pour des marchés de l'ordre de plusieurs millions d'euros" à la société Alba Sécurité, gérée par Carole-Evelyne Serrano, la compagne de Bernard Barresi, arrêté en juin 2010 après dix-huit ans de cavale.
Vincent Potier se souvient d'ailleurs d'un incident lié à l'attribution d'un marché à Alba Sécurité en 2004-2005. Il raconte "la demande de la part de Jean-François Noyes que soit écarté un fonctionnaire jugé incompétent qui intervenait dans l'analyse des offres". "Par la suite, les propositions de promotion professionnelle (de ce fonctionnaire muté dans un autre service) ont été refusées", complète-t-il.
Contacté mardi soir, le conseil général des Bouches-du-Rhône dit "ne pas pouvoir se prononcer sur des documents inconnus et relevant du secret de l'instruction». En décembre 2010, lors d'un entretien avec La Provence, Jean-Noël Guérini avait déclaré, avec un peu d'imprudence : "Il est clair que ce sont les affaires de mon frère qui sont aux mains de la justice et non pas celles du Conseil général des Bouches-du-Rhône, ni de son président."

(Clic sur les captures d'images pour agrandir)
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Réaction de Jean-Noël Guérini à l'article du Parisien

"Une fois de plus, un article publié ce mardi 15 février, en page 14 d’Aujourd’hui en France, repris par de nombreux médias rend publics des éléments d’une instruction judiciaire en cours, au mépris du secret de l’instruction et de la présomption d’innocence.
Alors que j’ai écrit au Procureur de la République de Marseille il y a plusieurs semaines pour lui demander de prendre toutes les mesures pour que cette affaire cesse d’être exploitée publiquement grâce à des fuites difficilement explicables, je remarque qu’aucune mesure n’a été prise pour que l’instruction judiciaire puisse enfin se dérouler normalement et sereinement.
Je constate qu’une nouvelle fois, des écoutes téléphoniques, dont on nous dit qu’elles viennent 'tout juste d’être versées au dossier', sont sorties de leur contexte et publiées sans aucune précaution, ni vérification.
Je souligne que Michel Tonon, maire de Salon et Président de l’Agglopole a catégoriquement démenti une quelconque intervention de ma part dans ce dossier et il a apporté des précisions sur le fond qui démontrent incontestablement ses propos. De même, le directeur général des services de l’Agglopole a confirmé qu’à aucun moment, je ne suis intervenu dans ce dossier au profit de mon frère.
Je le répète, en ce qui me concerne je ne me suis jamais mêlé de cette affaire, ni de près, ni de loin.
Je regrette les approximations et les amalgames relayés par la presse. (...)
J’en arrive à m’interroger aujourd’hui sur l’utilisation médiatique et politique de cette instruction et sur les objectifs poursuivis par ceux qui n’hésitent pas à bafouer les règles qui président au bon fonctionnement de la justice afin d’essayer d’influer sur le choix des citoyens, alors que nous sommes à six semaines des élections cantonales."

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mardi 15 février 2011

Affaire des déchets : Au tour de Jean-Noël Guérini ?

guerini_armes_chasseUne cartouche après l'autre, si l'on peut dire. (Clic ci-contre)
C'est au tour du journal
Le Parisien de ce matin d'y aller d'une publication de bribes de phrases tirées de conversations sur écoute entre les frères Guérini (voir ci-dessous). Et là cela semble se compliquer un peu pour Jean-Noël. C'est sans doute ce que laissait déjà entendre Le Canard enchaîné de la semaine dernière (lire ci-dessous).
Alors qu'Eugène Caselli disait être "serein et déterminé" en présidant vendredi la séance du conseil de Marseille Provence Métropole, le même jour, était rejetée une nouvelle fois la demande de remise en liberté formulée par Alexandre Guérini, qui considère être "un prisonnier politique".
D'un côté, Renaud Muselier a continué à se distinguer en intervenant un peu seul sur les dysfonctionnements de MPM.
De l'autre, Laurence Vichnievsky a livré à La Provence et à Mediapart son appréciation sur le climat des affaires sur les marchés publics présumés truqués.
"Ce que je constate est que cette enquête a été l'occasion de mettre en lumière des réseaux d'influence dans l'attribution des postes au sein des collectivités publiques ou des organismes qu'elles gèrent et dans l'attribution des marchés. Cette affaire caractérise le clientélisme." Et d'ajouter: "Je voudrais une réaction des partis politiques et de leurs états-majors pour qu'ils ne se contentent pas de dénoncer leur adversaire et qu'ils mettent de l'ordre dans leurs propres troupes. Ensuite, que les électeurs réagissent, car c'est aussi à eux de faire le tri. […] J'ai aussi dit, et ça m'a été reproché, que cela ne me semble pas une bonne idée que Jean-Noël Guérini soit à nouveau élu président du conseil général des Bouches-du-Rhône."

(Clic sur l'image pour agrandir)
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Des écoutes compromettantes pour les frères Guérini

Des enregistrements téléphoniques montrent que Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du Rhône, serait intervenu en faveur de son frère Alexandre, un homme d’affaires actuellement écroué.
Depuis le début de l’instruction menée par le juge Charles Duchaine sur des marchés publics présumés frauduleux dans les Bouches-du-Rhône, le nom de Jean-Noël Guérini, président du conseil général (PS), n’apparaissait qu’en tant que frère d’Alexandre Guérini.
Ce dernier, chef d’entreprise spécialisé dans la collecte et le traitement des déchets a été mis en examen début décembre pour "abus de biens sociaux, détournement de biens publics, recel et blanchiment, corruption active et détention de munition", puis placé en détention.
Une redevance qui aurait été diminuée de moitié
Mais à travers des écoutes téléphoniques versées la semaine dernière au dossier du juge, et que Le Parisien - Aujourd’hui en France s’est procurées, le nom du président de la fédération socialiste des Bouches-du-Rhône, la troisième de France, figure pour la première fois en tant qu’acteur.
Alors qu’il expliquait encore au mois de janvier, lors de ses vœux à la presse, "ne pas se mêler des affaires de son frère", ces écoutes réalisées à l’été 2009 par les gendarmes, montrent que le président élu est bien intervenu pour aider son frère. Tandis qu’Alexandre Guérini tente de faire nommer un de ses amis comme avocat de la communauté Agglopole Provence pour négocier plus facilement avec elle une baisse de redevance portant sur l’utilisation d’une décharge, il appelle d’abord des élus de l’institution. Il les somme de choisir l’avocat de son choix, puis, pour être sûr que le message est bien passé, Alexandre téléphone à Jean-Noël afin qu’il règle son dossier. Résultat, l’avocat voulu est nommé. Quant à la redevance d’Alexandre Guérini, elle aurait été diminuée de moitié.
Joint, hier soir, le cabinet de Jean-Noël Guérini nous a répondu "ne pas vouloir s’exprimer sur des écoutes dont nous n’avons pas connaissance et qui sont protégées par le secret d’une enquête judiciaire en cours". Du côté de la fédération socialiste de Marseille, quelques voix dénoncent une "manipulation politique" à la veille des élections cantonales des 20 et 27 mars.
Aujourd’hui, une employée de l’Opac, Antoinette Camilleri, est convoquée par le juge Duchaine. Soupçonnée d’avoir attribué des logements HLM aux proches d’Alexandre Guérini, elle pourrait être à son tour mise en examen.

« Ça y est, il m’a dit que le dossier était réglé »

Extrait d'une conversation entre Jean-Noël Guérini, président du conseil général des Bouches-du-Rhône, et son frère Alexandre
Le "schmilblick", comme l’appelle Alexandre Guérini, se noue au cœur d’un chaud été marseillais. Fin juillet 2009, le frère du président du conseil général Jean-Noël Guérini est furieux. L’homme d’affaires, qui dirige la SMA Vautubière, société chargée par l’Agglopole Provence (qui regroupe dix-sept communes dont Salon-de-Provence et Berre-l’Etang) d’exploiter la décharge de la Fare-des-Oliviers, juge la redevance reversée à l’agglo trop élevée.
Il se heurte alors au directeur général des services, Jean-Michel Rey, qui refuse de négocier à l’amiable une baisse du prix payé par Alexandre Guérini.
Les écoutes téléphoniques montrent qu’Alexandre Guérini s’est alors employé à faire désigner son ami Régis de Castelnau comme avocat de l’Agglopole Provence. C’est-à-dire comme représentant de la partie adverse…
Entre le 7 août et le 10 septembre 2009, il a multiplié les échanges avec des élus de l’Agglopole pour faire pression, jusqu’à ce son frère Jean-Noël Guérini règle le dossier et lui confirme de vive voix que le dossier "était réglé".
Extraits des écoutes téléphoniques.
7 AOÛT 2009. Alexandre Guérini appelle son avocat, Olivier Grimaldi.
Il lui expose son plan pour obtenir une baisse de sa redevance. "J’ai envie de leur faire prendre Castelnau, parce que Rey il veut pas", dit-il. Puis ensuite, "on négocie avec notre ami de Castelnau, tu as compris le schmilblick ?" Grimaldi acquiesce, mais les deux hommes craignent que les élus, connaissant la proximité entre Castelnau et l’homme d’affaires, refusent. "Il faut qu’on leur mette la pression dessus à ces enc…", conclut Alexandre, qui prévoit d’aller voir le maire de Berre, Serge Andréoni (PS), premier vice-président de l’Agglopole Provence et sénateur.
7 AOÛT PEU AVANT 20 HEURES. Alexandre Guérini appelle Régis de Castelnau.
Il commence par déplorer le manque de coopération du directeur général de l’Agglopole, alors même qu’il dit l’avoir "fait nommer administrateur territorial".
"Tu vas imprimer une pression politique pour que l’accord se fasse"
, ordonne ensuite le chef d’entreprise à celui qui doit devenir l’avocat de la partie adverse. Ce dernier n’y voit aucune objection.
3 SEPTEMBRE VERS 19 HEURES. Alexandre Guérini appelle le maire de Berre-l’Etang.
La conversation atteste que les élus ne sont guère difficiles à convaincre. "Il fera le choix que tu souhaitais pour défendre la chose", dit Serge Andréoni, le maire de Berre-l’Etang. "Il", c’est Michel Tonon, le maire de Salon-de-Provence et le président de l’Agglopole.
Si "schmilblick" semble prendre forme, Alexandre Guérini paraît pourtant redouter la décision finale des élus de l’agglomération.
10 SEPTEMBRE À 9 H 19. Alexandre Guérini appelle son frère Jean-Noël.
Il lui laisse ce message. "Je sais que tu reçois Tonon avec Serge en fin de matinée je pense, heu, essaye de prendre Serge à part, heu […] ouais, tu prends Serge à part deux secondes et tu lui dis : règle ce problème avec mon frère. Tu lui dis […] règle-moi ce problème avec mon frère, je compte sur toi. Tu lui dis que ça, hein, je t’embrasse".
10 SEPTEMBRE À 14 HEURES. Alexandre rappelle Jean-Noël Guérini.
Entre-temps, celui-ci a tenté de le joindre. "Bon, ben ça y est, je l’ai vu", lui explique Jean-Noël. Il m’a dit que c’était réglé, voilà ce qu’il m’a dit." Régis de Castelnau a finalement bien été nommé par l’Agglopole Provence pour se charger du dossier. D’abord portée devant le tribunal administratif, l’affaire s’est finalement réglée grâce à des négociations. La redevance payée par Alexandre Guérini qui s’élevait à un million d’euros par an aurait été rabaissée à 500 000 €.

Quand Alexandre voulait éviter des ennuis à Jean-Noël

Il existerait un volet "maison de retraite" au sein de l’instruction menée par le juge Charles Duchaine sur les marchés publics présumés frauduleux dans les Bouches-du-Rhône. Mais aucun marché précis n’a pour le moment été officiellement désigné.
Une conversation enregistrée par les gendarmes le 27 juillet 2009 à 11h48 entre Alexandre Guérini et Rémy Barges, le directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini, montre le rôle considérable joué par le frère du président du conseil général des Bouches-du-Rhône dans une institution où il n’a jamais été élu :
Alexandre Guérini. "Dis-moi, il faudrait que tu te renseignes auprès de B., tu sais à la Ddass, là. (…) Il faudrait que tu te renseignes si l’entreprise Senior Santé a déposé un dossier de maison de retraite à La Ciotat.
Rémy Barges. D’accord.
A. G. Et s’ils l’ont déposé, il faut absolument pas leur donner l’autorisation parce que heu, c’est des mecs qui vont, qui vont emmerder Jean-Noël ça. D’accord.
R.B. Ok, je me renseigne et je te dis quoi.
Quelques minutes plus tard, nouveau coup de téléphone.
A.G. Ce serait bien qu’on regarde toutes les demandes qui ont été faites sur le territoire de La Ciotat.
R.B. Ok, je fais un point complet et je te dis quoi dans l’après-midi."

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Le "Ravi" de février écrase les hypermarchés

une_ravi_82Le Ravi de ce mois (2,80€) publie un très bon dossier d'enquête sur l'ensemble des zones commerciales qui non seulement rendent esclaves mais "écrasent aussi nos vies". Oui, de quoi réfléchir à nos propres responsabilités et à celles des pouvoirs publics. Les informations révélées par le mensuel ne laisseront personne indifférent. Mais il n'y a pas que cela. On trouve également une nuée d'articles sur la politique (dont l'affaire Guérini), des échos sur la vie locale, une bande dessinée sur l'imposante construction illégale au patelin du canonique Drucker et d'autres dessous pas très propres de certains bons copinages entre coquins. Et comme chaque mois, le tout est agrémenté de ludiques rubriques et de surprenantes caricatures qui réjouissent les neurones.
Moi, les 28 pages, je les savoure en une cuillerée. C'est une de mes potions.

(Clic sur l'image pour agrandir)
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Le site du Ravi :
http://www.leravi.org/
Le sommaire du n° 82 de février :
http://www.leravi.org/spip.php?article1083

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lundi 14 février 2011

Sarkozy ou Pétain ? Paroles "de" ou "aux" Français ?

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Intituler un programme "Paroles de Français" quand, en fin de compte, on n'entend qu'un radotage présidentiel, c'est déjà une belle manipulation des téléspectateurs, qui confine à l'escroquerie sur la marchandise. Déjà, l'an dernier, la formulation même de ce titre m'avait sérieusement turlupiné sans que je puisse trop savoir pourquoi. Et puis, cette fois-ci, quelque chose a fait tilt.
Cela a commencé par une réminiscence d'œuvres de poètes que je chéris depuis mon adolescence. Je parle bien d'œuvres poétiques qui ne sont en rien des manifestes à caractère politique (Verlaine et Prévert). Par association d'idées, peu à peu, j'ai cherché si par hasard le mot "paroles" ne renvoyait pas à quelque chose d'autre. Mais oui, bien sûr : ces "Paroles aux Français" (
*) délivrées pendant la seconde guerre mondiale par un autre "chef d'Etat".
Je n'insinue pas que l'actuel président y puiserait une teneur idéologisant ses discours. Je ne fais que rapprocher les correspondances troublantes d'une formule qui pourrait ressembler à du plagiat. Et dont on aurait simplement modifié un mot pour réorienter le message. "Aux" s'effaçant pour laisser la place à "de", comme pour glisser d'une adresse faite au peuple à l'idée d'une écoute du peuple, inversant ainsi le sens de la relation, passant d'une information descendante à un essai de consultation ascendante. On peut donc s'interroger sur cette énigmatique coïncidence entre les deux appellations.
Pour qui voudrait pousser un peu, en dehors des discours mêmes des deux "chefs", il serait intéressant de voir si ne se cachent pas d'autres similarités dans des thématiques strictement politiques.
Je soumets quelques hypothèses : culte du "chef", recherche et mise en place d'un pouvoir absolu, débat (avorté) sur l'identité nationale ("la terre ne ment pas"), insistance sur le thème de l'immigration, chasse aux étrangers et aux minorités (entre autres les Roms), battage sécuritaire récurrent, obsession du fichage tous azimuts, laïcité malmenée…
Ce ne sont pas des inventions ou des outrances de blogueur. Ce sont de simples constats que chacun a en tête. Superposer les personnalités de Pétain et de Sarkozy serait quelque peu hasardeux, tant les contextes politiques et leurs parcours personnels diffèrent.
Tiens, ne serait-ce, pour s'en tenir à l'écume de l'Histoire, que parce que le premier était membre de l'Académie française alors que le second ne trouve, lui, aucun intérêt à faire lire La Princesse de Clèves ("le fait est que j'ai beaucoup souffert avec elle.")
(
*) Recueil comprenant l'ensemble des discours, messages, appels et déclarations du Maréchal Pétain, du 17 juin 1940 au 31 août 1941, ainsi que les discours et les "avertissements" prononcés de 1934 à 1939. (Edition originale chez Lardanchet, Lyon, 1941)

Paroles de poètes
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Et, au fait, qu'écrivait donc un autre poète sur un autre personnage de son temps ?
"Que peut-il ? Tout. Qu'a-t-il fait ? Rien.
Avec cette pleine puissance, en huit mois un homme de génie eût changé la face de la France, de l'Europe peut-être. Seulement voilà, il a pris la France et n'en sait rien faire.
Dieu sait pourtant que le Président se démène : il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ; ne pouvant créer, il décrète ; il cherche à donner le change sur sa nullité ; c'est le mouvement perpétuel ; mais, hélas ! cette roue tourne à vide.
L'homme qui, après sa prise du pouvoir a épousé une princesse étrangère est un carriériste avantageux. Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots, ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.
Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort. Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.
Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme, il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.
On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds, lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue !
Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde, d'un homme médiocre échappé." (Extraits tirés de Napoléon, le petit, Victor Hugo)

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samedi 12 février 2011

Télé Sarko, c'était "Questions pour un histrion"

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Radoter sur TF1 nuit gravement à la popularité. Selon ce sondage (ça vaut ce que ça vaut), Nicolas Sarkozy n'a pas été convaincant. Et un, et deux… et trois ? Eh, eh, si le slogan "dégage" pouvait être aussi en bonne voie ! Alors, sourions encore un peu avec ces beaux dessins !

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vendredi 11 février 2011

Télé Sarko : Grand radotage avant qu'on le dégage ?

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Deux présidents en sursis qui s'expriment à la télé au même moment, cela relevait de l'improbable. Pourtant, c'est arrivé hier soir. L'un avait mijoté son opération de com'. L'autre a été contraint par la foule en colère. L'un cherche désespérément à se faire réélire pour cinq ans. L'autre veut achever son mandat de trente ans. Point commun, les deux ont perdu toute crédibilité auprès de leurs bons peuples.
Tel un bateleur de foire bradant une unième fois la même marchandise à une clientèle prise sous le flot des paroles, Nicolas Sarkozy s'est livré à un indigeste monologue télévisuel fruit d'une mise en scène et d'une production consanguines entre l'Elysée et TF1.
Si notre parodie de président n'a pas eu besoin d'oreillette pour l'aider à se souvenir de débiter ses vieilles lunes, en revanche, l'animateur laquais qui lui passait les plats était bien branché à sa régie aux ordres.
Ce programme censé subjuguer l'électorat perdu s'est traîné sur 150 minutes où l'on avait sacrifié le juteux matraquage de la publicité commerciale pour celui plus connivent de la propagande politique.
Autour du chef de rayon, on avait installé une dizaine de figurants tombés dans le panel auxquels on avait pris la précaution d'ôter les chaussures pour déjouer toute vélléité de lancer en cas d'esprit de contradiction manifeste.
Comme je ne me sens ni le courage et surtout pas l'envie d'entamer mon précieux capital temps pour essayer de régurgiter la soupe grumeleuse que je me suis forcé à me farcir par devoir strictement républicain, j'invite mes chers lecteurs à se reporter avec empressement aux pertinentes interprétations psychanalitiques que les médias honnêtes ne manqueront pas de dégager au vu de la prestation d'hier soir.

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jeudi 10 février 2011

La rude actualité du jour de Sarkozy

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Ce jeudi, rudes épreuves pour Nicolas Sarkozy. C'est en effet le jour même où il a choisi de causer dans le poste que magistrats, policiers et enseignants ont décidé de lui envoyer un message de colère contre ses propos et sa politique de casse des services publics. A défaut de lui rabaisser le caquet permanent qu'il a démesuré, ce télescopage risque bien de miner un peu plus son abyssal niveau d'impopularité.
Et ça, c'est porteur d'espoir...

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MAM et les avioniques anonymes

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Allez, va, rions un peu de ces tristes déplacements en avion qui volent loin. Michèle Alliot-Marie raconte n'importe quoi pour se défendre et, comme de juste, en prend plein la figure. Mais, elle n'est pas la première. Car elle a de qui tenir la ministre d'Etat (!) aux affaires bien étranges. Le petit pilote au gros aéronef, amateur de yachts, de Fouquet's et de montres n'a-t-il pas donné l'exemple ? Lisons…

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mardi 8 février 2011

Universités : Critiques d'élus, riposte des présidents

universites

"Le compte n'y est pas", ai-je écrit il y a quelques jours à propos du "protocole d'accord consenti par les trois présidents d'université pour calmer le jeu." Pour tenter d'obtenir un appendice universitaire décisionnel, Maryse Joissains avait fait un chantage à la non participation de la Communauté du Pays d'Aix et de la Ville d'Aix à Marseille 2013.
Ce n'était évidemment qu'un habillage pour essayer de rattraper le coup pour une évolution de l'université qui s'imposait. Lors de la signature du document, devant la presse et les photographes, Maryse Joissains avait poussé un cri de victoire signifiant que le bras de fer lui avait été favorable.
Au conseil municipal de lundi dernier, ce faux succès a été critiqué. Et notamment par Christian Louit, conseiller municipal de la majorité délégué aux universités. Cet ex-président d'Aix-Marseille III a fustigé la création d'une université unique, mettant en cause les présidents d'universités et "une opération d'illusionnistes pour satisfaire des ambitions, tout sauf uniquement universitaires. […] Avec l'obtention du Pres (Pôle de recherche et d'enseignement supérieur), nous avons limité les dégâts. Nous sommes dans la même logique que pour la métropole."
Cette déclaration a été soutenue par Gérard Bramoullé, lui aussi universitaire, qui, comme Maryse Joissains le répète depuis longtemps, n'a jamais été favorable à la fusion des trois universités. Voilà donc éventée une baudruche politique que le maire a gonflée à bloc.
La réaction des trois présidents en question ne s'est pas fait attendre. Mercredi, très irrités par ces critiques, ils ont donc fait une poussée de colère qui ne va pas apaiser le climat.
"Ces propos de la part d'universitaires surannés sont calomnieux"
(Jean-Paul Caverni).
"C'est affligeant. Je suis désespéré qu'on puisse tenir des propos de ce niveau, que je laisse dans la bouche de ceux qui les ont prononcés et dont ils ne sortent pas grandis" (Yvon Berland).
"Le protocole a été voté à l'unanimité du conseil municipal. Les textes restent et j'espère que ces paroles d'estrade s'envoleront" (Marc Péna).
Actualité oblige, et même si le sujet n'a rien à voir, je ne peux m'empêcher de faire un rapprochement avec la bronca unanime des magistrats après les propos scandaleux de Nicolas Sarkozy.

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