mercredi 2 mai 2012

Ce soir, Hollande et Sarkozy enfin face-à-face

sarko hollande combat 

Le débat de ce soir est attendu et sera largement suivi. Mais il est convenu de dire que les duels télévisés avant le second tour ne changent pas grand-chose aux intentions de vote, pas plus que les meetings d'ailleurs, Jean-Luc Mélenchon en sait quelque chose.
Pour qui se souvient encore des précédents débats présidentiels, il s'agit plus d'un spectacle d'arène dont chaque camp pensera que son champion a forcément été le meilleur.
Mais, ce qui est toujours très intéressant à observer, c'est que, même préparée dans ses moindres détails, la confrontation se déroule en direct et, dès lors, aucun des deux candidats n'est à l'abri d'un lapsus, d'une faille, d'une perte de sang-froid, d'un écart de conduite, d'un croche-pied ou même d'une énormité sans nom proférée par l'adversaire. Alors, à nos écrans !

sarko hollande duel

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Manifs du 1er-Mai : La gauche reste en tête

défilé 1er mai 2012

Même à la louche, qui saurait dire combien de personnes ont vraiment manifesté hier en France ?
Tout confondu, si l'on se réfère au total cumulé à partir des chiffres claironnés par les organisateurs respectifs, il y en avait près d'un million. Pour sûr, ce sont les deux plus grosses concentrations parisiennes, le cortège syndical et le meeting de Sarkozy, qui auront raflé la mise.
Pour le cortège (mobile), les syndicats ont annoncé 250.000 participants. Pour le meeting (statique), le candidat sortant (j'adore la formule) a cru en comptabiliser 200.000 (plus c'est gros...). Pour le premier, la police a livré ses calculs : 48.000, soit 5 fois moins. Pour le second, la police n'a rien dit mais sur internet de bien mauvais esprits ont rapporté le nombre possible de personnes pouvant tenir par mètre carré à la surface totale de la place du Trocadéro : maximum 50.000. Si nous étions mesquins, nous utiliserions la méthode de la police qui divise par 5 et cela ne donnerait que 40.000. 
L'effet des images aériennes était certes impressionnant mais on était loin des foules de la coupe du monde 98 sur les Champs-Elysées. Les syndicats ont aussi fait leurs comptes pour les rassemblements régionaux (plus de 250) : 500.000. Allez, disons, 100.000.
Et au meeting improvisé de Hollande à Nevers, en l'absence de chiffres mais au vu des images aériennes, estimons le nombre de participants à 5.000. J'allais oublier le meeting de l'extrême-droite : au doigt mouillé retenons quelque chose comme 15.000, cela  fera croire à Sarkozy qu'il peut les annexer.
Maintenant, les résultats deviennent un peu plus parlants. A droite (Sarkozy + FN), pour les organisateurs, on arriverait à 215.000 personnes, mais à 60.000 selon toute vraisemblance. A gauche (syndicats + Hollande), pour les organisateurs, la mobilisation aurait atteint les 750.000, mais plus probablement autour de 150.000.
Quoi que chaque camp a voulu démontrer, la différence est importante et le score reste très favorable à la gauche. Ce n'est pas plus scientifique que les sondages mais ça fait plaisir à constater.
Les sondages, enfin certains sondages, parlons-en un peu. Un élu écologiste de Grenoble a réussi à se faire communiquer le nombre et le coût des enquêtes d'opinion commandées par Sarkozy, et payées sur fonds publics par l'Etat, sur des multitudes de sujets, histoire de piloter sa politique à vue.
Selon ce courageux élu, rien qu'entre 2007 et 2009, la présidence bananière de la République a fait réaliser pas moins de 264 sondages pour un montant de 6,35 millions d'euros. L'élu parle d'"ivresse sondagière", d'"irrégularités" pour non mises en concurrence et d'utilisation des données par l'UMP. Le plus cocasse est celui qui pose la question suivante où l'on voit le sens aiguisé de l'intérêt général de Sarkozy pour le destin de la France : "Que pensez-vous de son mariage possible avec Carla Bruni ?"
Pour conclure, on ne sait pas encore si des enquêtes ont été menées pour tester les éléments de langage à marteler pour aller à la pêche aux voix lepénistes. En revanche, le ministre de la défense, au CV extrême-droitier notoire et condamné en son temps pour complicité de "violence et voies de fait avec armes et préméditation", n'a pas eu beaucoup à se forcer pour affirmer au sujet de la candidate FN qu'il "sera désormais possible de parler de sujets difficiles avec un interlocuteur qui n’est pas bienveillant, mais qui, au moins, n’est pas disqualifié" comme son père. Dans le genre concours de sac à vomi, Sarkozy a du souci à se faire. Mais rêvons, il n'y en a plus que pour quatre jours.

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mardi 1 mai 2012

1er-Mai : Sarkozy invente "La Farce forte"

 sarko 1 mai

Que celles et ceux qui auraient déjà vu la droite défiler chaque 1er-Mai lors des traditionnels rassemblements syndicaux lèvent leur brin de muguet. Personne ? Ben voilà, drôle de hasard de calendrier, en cette veille de second tour, Nicolas Sarkozy, en perdition élyséenne, a décidé de nous jouer "la Farce forte".
Mais, et c'est fort heureux, à peine sa tromperie éventée, il s'est fait reprendre de volée sur la façon scandaleuse dont il entendait interpréter l'événement.
C'est à se demander s'il connaît les origines réelles du mouvement qui a donné naissance à ce jour où les travailleurs regroupent leurs forces pour défendre leurs conditions de vie.
De cela il se moque, bien entendu. Ce qui l'intéresse, c'est d'user du prétexte pour en détourner le symbole censé exalter un meeting trop grossièrement électoraliste de sauvetage désespéré de sa peau.
Après le hold-up du 1er-Mai par l'extrême-droite qui l'amalgame étrangement à Jeanne-d'Arc qu'on ne fête que le 8 mai, Sarkozy, le président-candidat des riches et des cyniques, ose à son tour prétendre pouvoir parler au nom de tous ceux qu'il n'a cessé de critiquer, d'insulter et de paupériser. Quel culot monstre !
Mais qui peut bien encore être dupe de telles manœuvres ? La ficelle est si grosse qu'elle ressemble à une corde. Vivement dimanche soir que la farce lui en fasse un nœud.

logo rue89 bis
Lire cet excellent article :
http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/04/30/les-tentatives-de-recuperation-du-1er-mai-nont-jamais-marche-231687

  

 compteur 81 jours

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lundi 30 avril 2012

Le Ravi de mai... débourre les urnes

une ravi 96Pour coller de près à l'élection présidentielle, le Ravi est sorti un peu à l'avance. Bravo donc à la rédaction qui s'est mobilisée pour traiter à chaud le premier tour.
Outre une analyse détaillée des résultats pour chaque département de notre région, le Ravi a voulu se singulariser en donnant la parole à une bonne trentaine de personnes différentes en âges, lieux de résidence, conditions socio-économiques et préférences politiques. Leurs témoignages sont souvent inattendus par leur grande franchise et parfois touchants par leur propre originalité.
Dans ce numéro de mai, la politique se taille une large part avec plusieurs articles sur les agissements de certains élus de notre région. Ainsi, pêle-mêle, en prennent pour leur grade les Guérini, Gaudin, Muselier et son épouse, l'extrême-droite et bien d'autres.
Le Ravi livre également une mine de détails inédits sur les dessous de médias locaux tels que ceux du groupe régional Hersant et du site d'infos sur internet dont l'unique propriétaire est Alexandre Guérini. Et pour les lecteurs les plus exigeants qui, comme moi, réclament la dose d'humour qui soulage des malheurs du monde, le mensuel a mis tous ses dessinateurs à contribution pour nous offrir ses belles illustrations à toutes les pages.
Clin d'œil : En page 19, on pourra lire un article illustré intitulé "Mémoires d'Aix" qui n'est pas sans rapport avec votre ci-devant serviteur.

Le sommaire du n° 96 :
http://www.leravi.org/spip.php?article1292
Le site du Ravi :
http://www.leravi.org/

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vendredi 27 avril 2012

Sarkozy se vautre dans l'affront national

 sarko deuxieme tour

Hier, à midi et en soirée, et plus à midi que le soir, Nicolas Sarkozy s'est encore vautré dans des propos brûnatres.
A midi, il tenait meeting. Puisant à pleines mains dans le sac à vices démagogiques du Front national, il a assourdi son auditoire de crapuleries bien extrémistes. Faut un peu le comprendre, c'est là sa seule et ultime bouée de sauvetage crevée pour un naufrage qu'il a lui-même provoqué.
Le soir, à la télévision, le même a fait mine d'adoucir ses déclarations du midi, mais sans réellement en renier aucune. Comment le pourrait-il d'ailleurs quand on voit ceux qui le conseillent ou qui l'entourent ? Son formatage mental outrancier semble désormais achevé.
Son conseiller politique s'appelle Patrick Buisson, un journaliste qui a trempé sa plume dans le journal Minute. Son responsable des sondages se nomme Guillaume Peltier. Il a grandi au FN, a fait un tour au MNR puis chez De Villiers. Quant à son entourage, il n'est peut-être pas nécessaire de citer tous les noms mais utile de se souvenir par exemple de Brice Hortefeux, de Claude Guéant ou de Nadine Morano.
A ces cavaliers noirs, il faut y adjoindre l'écurie des quarante députés de la droite dite "populaire" pour masquer l'extrémisme de leurs frasques. L'étalon en chef s'appelle Lionnel Luca, un esprit d'une finesse bien visqueuse qui s'est encore distingué hier avec des saillies sordides pour requalifier le patronyme de la compagne de François Hollande et lapider des ex-ministres certes sans figure ayant lâché Nicolas Sarkozy pour appeler à voter à gauche. A côté de tous ces pitres, Marine Le Pen passerait presque pour la vertu républicaine.
Pourtant, hier soir, Nicolas Sarkozy s'est dit scandalisé par la une de l'Humanité qui a collé une photo de Pétain à côté de la sienne. Parce que parler de "vrai travail", ça ne rappelle rien à l'inculte qu'il est de l'Histoire de France ? Et que dire du slogan "aidez-moi" de De Gaulle, dont il dit qu'il l'ignorait jusqu'à hier soir, même si dans ses coutumières forfanteries il ose se réclamer du gaullisme quand ça l'arrange ? Et voilà pourquoi, Nicolas Sarkozy ne trouve rien à retoucher à sa dernière énormité prétendant que "Le Pen est compatible avec la République".
Devant son public, il s'est plaint d'avoir été l'homme le plus insulté depuis qu'il a été élu. A-t-il perdu la mémoire de ses faits et gestes ? Non, non. Il ne peut avoir oublié qu'il a lui-même tant piétiné, tout, tout le monde et tout le temps, parfois en usant de la vulgarité la plus ignoble. Maintenant, on le piétine. Va bien falloir qu'il s'y fasse. Il est en miettes. Il essaie de recoller les morceaux partis dans tous les sens. Sa mécanique est détraquée. Trop tard. Mission impossible. Il est totalement éparpillé.
Alors, il s'agite, trépigne, vocifère, invective, menace. Chacune de ses apparitions le montre schizophrène, hystérique, désarticulé, menteur, aggressif, les traits défigurés de hargne et de haine, comme aliéné. Il fait honte à voir comme encore président et pour quelques jours comme encore candidat. Grotesque jusqu'à sa propre caricature.
Finalement, il n'aura été qu'une erreur de l'Histoire. Et on ne parlera plus de lui que comme un tragique fait-divers qui aura duré cinq ans.
Dernier caprice avorté dans l'instant, Nicolas Sarkozy exigeait trois débats, pas moins. Et pourquoi cette envie soudaine ? Parce que les socialistes en ont fait plusieurs pour leur primaire ! Il n'avait qu'à en faire autant dans son propre parti en débandade qui est bien parti pour la guerre des califes. Mais que croit-il ? Que les Français sont des demeurés qui ne le connaissent pas, qu'ils ne l'ont pas vu à l'œuvre, qu'ils ne l'ont pas déjà jugé depuis longtemps ?
Le 6 mai, on n'en veut plus. Il perd et il part. Ses meubles, ses Rolex et sa poussette sont déjà sur le trottoir. Il faut maintenant que le peuple huissier dresse l'expulsion définitive du locataire qui a enfreint toutes les clauses du règlement intérieur. A 20 heures, le spectacle de la déroute pourrait être fort désopilant à la vue des têtes hargneuses et des langues fielleuses des Guaino, Morano, Lefebvre, Dati, Bertrand, Pécresse, Baroin et autre Copé. Le soulagement, c'est maintenant.

 sarko vrai travail
sarko infuse 2
sarko dix jours

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mercredi 25 avril 2012

Barouf entre Rémy Bargès et Jean-Noël Guérini

guerini barges conflit 

Barouf au dernier étage du Bateau bleu du Conseil général des Bouches-du-Rhône. C'est là que se trouve le bureau de Jean-Noël Guérini. Son directeur de cabinet, Rémy Bargès, lui a présenté sa démission mais elle a été refusée.
L'encore président du département a en effet eu connaissance de propos échangés lors d'une conversation téléphonique enregistrée entre son directeur de cabinet et Olivier Ferrand, le candidat parachuté par le PS dans la circonscription législative de Salon. 
Rémy Bargès s'épanche non sans douleur sur le climat exécrable qui règne au sein même du cabinet. "Il faut bien comprendre que Jean-Noël a une immense majorité d'élus, qui aujourd'hui veulent s'en débarrasser, le détestent. C'est un rejet global, tout le monde espère et attend y compris au cabinet et dans les services qu'on tourne la page définitivement de Guérini par sa démission." 
Et il balance même qu'une "quinzaine d'élus seraient prêts à bouger, à voter une motion de défiance, à signer une tribune dans le Monde. [...] Le système tient encore sur la peur, les gens ne sont pas courageux chez nous. [...] Tout le monde espère qu'il va prendre une avoinée. J'ai des éléments qui me laissent penser qu'il est loin d'être tiré d'affaire."
Bargès assure que des élus le supplient de rester : "Ils me disent que, si je pars, c'est la catastrophe. Il n'y a rien qui tient au niveau de l'institution."
Comment expliquer la fuite des propos sous écoute de Rémy Bargès, mis en examen dans l'affaire de la disparition d'ordinateurs du cabinet ? Dans un premier temps, il avait laissé entendre que Jean-Noël Guérini était au courant. Puis, devant le juge Charles Duchaine, il avait déclaré en être le seul responsable, ce dont s'était gargarisé Jean-Noël Guérini au sortir de leur confrontation.
Le juge semble douter de cette seconde version. La mise sur la place publique des propos de Rémy Bargès aurait donc pour but de faire pression sur lui pour qu'il dise enfin la vérité. S'il devait y avoir un tel aveu, le sort de Jean-Noël Guérini serait probablement aggravé. Ce qui motive sans doute sa stratégie de refus de la démission de son directeur.  

guerini barges conflit 1
guerini barges conflit 2

logo libe marseille
C'est le journal Libération qui en parlé en premier :
http://www.libemarseille.fr/henry/2012/04/jean-no%C3%ABl-gu%C3%A9rini-l%C3%A2ch%C3%A9-par-son-directeur-de-cabinet-1.html

"Mise en examen de Rémy Bargès" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2011/06/01/21278037.html
"Guérini face à Bargès chez le juge" : 
http://castronovo.canalblog.com/archives/2012/03/02/23656554.html

logo renouveau PS 13
Communiqué accusateur de Renouveau PS 13 :
http://renouveaups13.blogspot.fr/2012/04/elections-un-desaveu-de-la-gestion.html

Vidéo LCM

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dimanche 22 avril 2012

François Hollande prend le volant !

sarko hollande premier tour 

23h00 : Résultats définitifs du 1er tour Aix-en-Provence

1. Nicolas SARKOZY :   32,81 %
2. François HOLLANDE :   26,77 %
3. Marine LE PEN :   14,55 %
4. Jean-Luc MELENCHON :   11,22 %
5. François BAYROU :   9,03 %
6. Eva JOLY :   3,30 %
7. Nicolas DUPONT-AIGNAN :   1,34 %
8. Philippe POUTOU :   0,61 %
9. Nathalie ARTHAUD :   0,27 %
10 Jacques CHEMINADE :   0,26 %

Participation   79,38 %
  -------------------------------------------------------------------
Lundi 11h30 : Résultats nationaux définitifs du 1er tour
(source : ministère de l'intérieur)
sarko hollande resultats definitifs
  
20h00 : En rouge, estimations nationales du 1er tour
(source : France 2) 
01h50 : En mauve, résultats quasi définitifs réels
(source : ministère de l'intérieur)

1. François HOLLANDE :    28,40 %   =>   28,59 %
2. Nicolas SARKOZY :    25,50 %   =>   27,09 %
3. Marine LE PEN :    20 %   =>   18,08 %
4. Jean-Luc MELENCHON :    11,70 %   =>   11,11 %
5. François BAYROU :    8,50 %   =>   9,11 %
6. Eva JOLY :    2,00 %   =>   2,07 %
7. Nicolas DUPONT-AIGNAN :    1,80%   =>   1,80 %
8. Philippe POUTOU :    1,20 %   =>   1,15 %
9. Nathalie ARTHAUD :    0,70 %   =>   0,57 %
10. Jacques CHEMINADE :    0,20%   =>   0,25 %
 
Participation :    80 %   =>   80,20 %

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vendredi 20 avril 2012

Présidentielle 2012 : Les vœux de la veille

 sarko dehors gif

Si ce que laissent penser les sondages - mais soyons très méfiants - trouve un prolongement dans les urnes dès ce dimanche, alors notre pays pourrait ne plus ressembler à ce qu'il a été pendant ces cinq dernières années. Il tarde d'entendre les arguments des différents partis, qu'ils soient heureux ou mal en point.
Si Nicolas Sarkozy n'est pas en tête, ou même s'il l'était, et si ses chances de refaire son retard sont pour l'instant hypothétiques, il sera surtout intéressant de décortiquer les déclarations de son entourage. En cas de situation de sauve-qui-peut, une des dernières insultes de ce camp pourrait être que les Français n'auraient décidément pas compris le message du président sortant.
Du côté droit, on jouera à l'espoir d'une mobilisation de dernière minute. Du côté gauche, on s'efforcera de ne pas s'emballer pour ne pas vendre la peau de l'ours.
Il sera tout aussi, et surtout, intéressant d'observer les visages, les réactions, les énervements, les fausses postures de sagesse et de prudence. Cela a commencé hier avec le gnan-gnan victimaire de Sarkozy geignant sur le fait d'être seul contre les neuf autres candidats. Comme si, pour ce premier tour, chacun des neuf autres n'était pas tout aussi seul contre tous les autres.
Sur le temps de parole accordé à égalité, il s'est plaint d'être mis au même rang que chaque candidat. Rayon mauvaise foi, difficile de faire mieux. Car, à y regarder de près, ce temps n'a été imposé que pendant les deux semaines de la campagne officielle alors que cela fait cinq ans qu'on voit jusqu'à plus soif ce président sur toutes les chaînes pour dire une chose et toujours son contraire.

sarko objectif urnes 

Chaque électeur a normalement reçu à domicile les documents et les bulletins de vote.
Une chose m'a frappé. Six candidats, dont quatre de gauche, nous fixent dans les yeux, quatre portent leur regard vers la droite semblant se tourner vers l'avenir. En tout cas, tous sont photographiés en très gros plan.
L'équipe de Sarkozy avait annoncé l'envoi d'une lettre de 36 pages tirée à plusieurs millions d'exemplaires. Personnellement, je n'ai rien trouvé dans ma boîte. Je l'ai donc parcourue sur internet. Avantage, cela m'a évité une perte de temps pour la lui renvoyer à son palais ou la recycler dans une boîte bleue.
Voilà, chers lecteurs, en cette veille de premier tour, j'ai livré quelques impressions plutôt superficielles parce qu'il me semble qu'il n'y pas grand-chose à rajouter à ces longs mois de campagne électorale. Attendons maintenant dimanche soir qui sera un autre moment passionnant.
P.S. : Comme en 2007 où j'avais déjà connaître mon choix, je précise ici que, pour ce scrutin, je voterai pour François Hollande.

sarko programme 

En attendant dimanche, amusons-nous au Sarkothon
(Clic sur le lien)
http://www.zanorg.com/prod/sarkothon/
sarkothon 2 

Sondage du 18 avril 2012
sondage 18 avril 2012

Dimanche soir, je publierai les résultats du premier tour dès qu'ils seront disponibles.  

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mercredi 18 avril 2012

L'épouse de Renaud Muselier mise en examen

muselier guérini

Allons-y franco avec ce dicton si plein de sagesse africaine. "Le singe qui monte au cocotier doit avoir le cul propre."
Jusqu'à présent, l'intrépide Renaud Muselier n'a eu de cesse de tirer à vue chaque obus qu'il a pu dénicher contre les deux frères Jean-Noël et Alexandre Guérini. Et le voilà à son tour, au moins indirectement, sous l'œil de la justice.
Hier, c'est son épouse, avocate, Stéphanie Clément, qui, après avoir été entendue pendant plus d'une heure par le juge marseillais Franck Landou, a finalement été mise en examen pour "recel d'atteinte à la liberté et l'égalité d'accès aux marchés publics" et "recel de prise illégale d'intérêt" dans ses prestations pour l'office HLM municipal Habitat Marseille Provence (HMP). Aïe, la tête !
Cela s'est déroulé dans le cadre d'une information judiciaire portant sur les marchés d'avocats et de communication de l'office HLM municipal. A l'origine de l'affaire, un rapport de la Mission interministérielle d'inspection du logement social (Miilos) sur HMP avait relevé des "irrégularités" en matière de commande publique, "réalisée sans mise en concurrence", pour des prestations juridiques - d'un montant de 735.000 euros de 2005 à 2009 - ainsi que de recouvrement de loyers ou de communication.
Stéphanie Clément gérait depuis 1995 de très nombreux dossiers de HMP. Juste après la mise en examen, l'avocat de Stéphanie Clément a précisé : "Je ne peux pas vous dire que le dossier est vide mais il y a deux thèses qui s'affrontent. Le juge considère qu'il ne peut y avoir de montant d'honoraires supérieur à 4.000 euros. Nous, nous pensons que l'on doit appréhender ce dossier non pas sur un montant global d'honoraires mais sur des honoraires dossier par dossier". Il a par ailleurs déclaré qu'"aucun (n'avait) jamais dépassé ce montant de 4.000 euros", au-delà duquel il faut recourir à une procédure d'appel d'offres. 
Dans un communiqué, Renaud Muselier, tout en soulignant que cette mise en examen le touchait "profondément" et qu'il avait une "confiance absolue en (son) épouse", a estimé qu'elle ne (méritait) pas de "subir les conséquences de (son) engagement politique". De son côté, l'avocat de Stéphanie Clément a déclaré ne rien savoir et ne pas s'intéresser à ces aspects politiques du dossier.
Il y a quelques jours, un autre avocat, Jean-Louis Texier, par ailleurs adjoint au maire UMP à La Ciotat, a déjà été mis en examen pour "recel d'atteinte à la liberté d'accès et à l'égalité des candidats dans les marchés publics".
Le feu couvait depuis un monent sous cette affaire. On se rappelle certainement la conversation d'un groupe de proches de Renaud Muselier mis sur écoutes qui, ayant eu vent de l'enquête, avaient tenté d'organiser la défense et la protection du député. (Voir lien ci-dessous) 
Alors que cette étape de la mise en examen officielle de l'épouse de Renaud Muselier n'avait pas encore franchie, Jean-Noël Guérini a évidemment fait les gorges chaudes. Dans un communiqué du 16 avril, il en a profité pour crier à la manipulation politique ourdie contre lui-même au niveau du gouvernement.
Sans surprise, maintenant qu'il est atteint lui aussi, Renaud Muselier use du même argument de complot contre sa propre personne et ses proches.
Pour finir, on se rappelle également que, le 23 mars, à l'issue du vote du budget du conseil général, Jean-Noël Guérini avait fait état d'un mail qu'il avait reçu le menaçant de mort. Hier, Renaud Muselier a également dénoncé, en portant plainte, les bandeaux collés sur ses affiches de candidat aux législatives lui promettant une balle pour lui et une rafale pour sa clique. Rien que ça !
L'ambiance n'a jamais été aussi pourrie. Espérons que ça ne dégènère pas.

Le 17 avril 2012

Le 29 février 2012

Les deux communiqués du 17 avril de Renaud Muselier :
(Clic sur les images pour agrandir)
muselier clément mise en examen

muselier menaces
muselier menaces - Copie

Extraits du communiqué du 16 avril de Jean-Noël Guérini :

Un paragraphe d'un article paru sur le site lyoncapitale.fr daté du 13 avril sous le titre "Michel Mercier et les magistrats : le divorce est consommé" mettant en cause la tentative de mainmise du gouvernement sur la justice de notre pays a attiré particulièrement l’attention sur mon cas :
"Avec Nicolas Sarkozy, les interventions auprès des magistrats s’accélèrent".
Ailleurs, heureusement, certains sont plus bavards. Marseille n’a rien à envier à Paris ni à Nanterre.
Dans le climat d’interventions politiques dénoncées par l’USM, une magistrate du tribunal de grande instance de Marseille, jointe par téléphone et qui souhaite conserver l’anonymat, confie qu'"il y a eu des interventions téléphoniques du cabinet du ministre de la Justice dans des dossiers mettant en cause Michel Vauzelle ou Jean-Noël Guérini… Ces interventions n’ont rien d’illégal puisqu’il s’agissait d’instructions pour poursuivre et non pour classer…”
Cette nouvelle révélation dans le dossier Guérini, où le sénateur et président du conseil général des Bouches-du-Rhône a été mis en examen le 8 septembre pour “association de malfaiteurs, prise illégale d’intérêt, trafic d’influence” dans une affaire de malversations présumées sur des marchés publics, laisse perplexe.
D’autant plus que “le procureur général de la cour d’appel d’Aix-en-Provence, Jean-Marie Huet, a choisi de ne pas transmettre la requête de dépaysement présentée par les avocats de l’élu à la Cour de cassation”, selon la magistrate. Coïncidence ? Jean-Noël Guérini, qui est loin d’être un enfant de chœur, a toujours affirmé “être victime d’une manipulation politique de la majorité”.

Depuis plusieurs mois, je me suis étonné des fuites et des rumeurs savamment distillées à la presse par des sources proches de l’enquête. J’ai demandé plusieurs fois le dépaysement de l’affaire, ce qui m’a été refusé. Je comprends mieux désormais pourquoi, alors que les violations à répétition du secret de l’instruction plaidaient pour un transfert vers une juridiction moins exposée médiatiquement.
Je le répète depuis le début de l’instruction : je souhaite que la justice fasse son travail de manière sereine et indépendante. Je n’ai rien à cacher, je n’ai pas trahi la confiance de mes concitoyens. [...]
Pour qu’enfin, comme je le répète inlassablement, la vérité éclate.
Source : 
http://lyoncapitale.fr/Journal/univers/Actualite/Justice/Michel-Mercier-et-les-magistrats-le-divorce-est-consomme

Des articles à (re)lire

"Renaud Muselier ciblé comme Jean-Noël Guérini ?" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2012/02/29/23638049.html
"La vie des fauves : aujourd'hui Renaud Muselier" :
(Lire sous l'article le commentaire posté par Muselier et ma réponse) 
http://castronovo.canalblog.com/archives/2011/10/03/22219185.html
"Le petit cabanon de Muselier" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/11/05/19519459.html

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lundi 16 avril 2012

Présidentielle 2012 : "Je suis prêt" ou "Aidez-moi" ?

sarko permis 

Après tout, convenons-en, ces moments n'arrivent que tous les cinq ans (avant c'était sept). Alors, j'ai décidé de ne rien rater de la campagne électorale, même si ça frise un peu la surdose effrénée. Comme ce week-end par exemple où j'ai tenu à voir in extenso les meetings diffusés à la télé et sur internet.
On n'en doutera sûrement pas ici, je me suis déjà fait une petite et même une grande idée sur la candidature qui aura ma préférence. Mais, je veux continuer à observer ce que disent les autres concurrents. Samedi et dimanche, j'ai donc ingurgité quatre meetings et quatre longues heures d'images.
Précision : j'ai exclus le cas de la candidate qui ne recueillera jamais ma voix.
* Jean-Luc Mélenchon à Marseille (1h20) sur internet
Foule des grandes occasions sur la plage du Prado.
Jean-Luc Mélenchon est un authentique tribun, et sans conteste le meilleur de tous les candidats dans le genre. Phrasé et inflexions gaulliens. Paroles lyriques et formules choc. Energie débordante et maîtrise de l'événement.
* François Bayrou à Marseille (1h15) sur internet
Petites centaines de militants enfermés au Silo.
François Bayrou manie la langue française avec pureté. Phrasé lentissime voire quelque peu décourageant. Voix quasi monotone de bout en bout. Rares envolées tribuniciennes. Suscite parfois l'ennui malgré une certaine singularité des constats et des propositions.
* Nicolas Sarkozy à Paris (35mn) à la télé
De très gros milliers de participants à la Concorde.
Nicolas Sarkozy surjoue son discours. Phrasé oratoire clair et scandé mais citations trop savantes à contre-emploi de l'image du personnage. Paroles aggressives et ton systématiquement caricatural. Gestuelle permanente et convulsive semblant précéder une explosion.
* François Hollande à Paris (50mn) à la télé
De très gros milliers de participants à Vincennes.
François Hollande est un orateur de bonne tenue. Vocabulaire à valeur positive. Débit parfois précipité et phrasé inégal. Voix un peu cassée. Sens de la formule et humour assassin. Aggressivité très modérée. Inflexions et gestuelle mimétiques mitterrandiennes.

candidats quatre

Hier, les télés n'ont retransmis que les deux meetings des candidats probables du second tour. La proximité de leurs diffusions favorisait la comparaison immédiate. Hollande devait s'exprimer à 15h30 et Sarkozy à 16h. Surprise, le second a avancé sa prise de parole à 15h30 pour s'imposer sur les écrans. En conséquence, le premier a retardé la sienne de 15 minutes et son passage sur les chaînes a été relayé en différé.
Selon moi, Hollande y aura gagné au change. Son discours centré sur l'espoir de créer l'événement au soir du 6 mai ("Je suis prêt") est venu en contre-point de celui du sortant donnant l'impression de jouer son va-tout dans un ultime appel au secours ("Aidez-moi !").
A-t-il conscience que sa fin est proche, lui dont la personnalité et la politique sont rejetées depuis son élection comme en attestent ses défaites à tous les scrutins intermédiaires ? Cela en a tout l'air mais il ne peut encore l'avouer en public et résiste en essayant de se persuader du contraire et de convaincre une foule qu'il ne faut pas démobiliser.
Sa prestation d'hier était-elle son avant-dernière montée sur scène avant celle de l'entre deux tours ? Les plus récents sondages à une semaine du premier tour, sans "les croisements de courbes" qu'il espérait provoquer par incantation, laissent penser que sa chute est scellée.
Hollande et Sarkozy n'ignorent pas que les indécis et les abstentionnistes peuvent fausser la donne. Ils ont donc fait appel à eux pour venir renforcer leurs scores respectifs et tenter de faire la différence. Au final, il est fort probable que, même si la participation est supérieure à ce que les instituts de sondage prévoient, chacun des deux finalistes en aura sa part au moins au premier tour. Et cela ne changera guère la photo d'arrivée qui paraît déjà être prête pour figurer dans les livres d'Histoire.
Pour finir, un petit mot sur Mélenchon et Bayrou.
Mélenchon a bel et bien réussi sa gageure de créer la surprise de cette campagne présidentielle. Mais, disons-le avec lucidité, le positionnement idéologique qu'il défend a peu de chances de pouvoir s'élargir majoritairement à tout l'électorat social-démocrate, sans parler des franges mobiles qui font généralement basculer une élection d'un camp à l'autre. En revanche, son influence sera décisive pour la victoire de la gauche au second tour et pour une représentation plus marquée de sa sensibilité aux législatives qui suivront.
Bayrou pensait certainement rejouer le scénario du troisième homme (voire mieux) de 2007, allant jusqu'à penser d'ailleurs que, comme ce fut le cas pour Mitterrand et pour Chirac, la troisième fois serait la bonne. Or, non seulement il ne parvient nullement à enclancher une dynamique forte mais il n'a pas vu venir le score inédit de Mélenchon et celui du niveau de Le Pen qui lui disputent la place. Enfin, comme il l'a encore ré-édité hier, il a prétendu pouvoir susciter et réunir une majorité centrale en puisant à gauche et à droite, en contradiction totale avec ses critiques systématiques et sans nuances contre la gauche et contre la droite.
Vivement dimanche pour en être fixés. 
 
Des chiffres qui parlent ?
117.00
internautes, dont 15.400 connectés en simultané au plus fort, ont suivi le discours de Sarkozy à la Concorde, contre 167.800, dont 25.200 connectés en simultané, qui ont suivi celui de Hollande sur l’esplanade du château de Vincennes, indique l'hébergeur vidéo Dailymotion dans deux messages diffusés sur Twitter vers 17h.

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [4] - Permalien [#]