jeudi 22 février 2007

A Aix aussi : deux CV, deux mesures. On en parle ?

logo_cvA l’automne 2005, les émeutes urbaines embrasent la France. A Aix-en-Provence, rien ne se passe. Un jeune Aixois, Nabil Sorf, se demande pourquoi. Il crée une association, L’Acte citoyen, et lance une grande enquête auprès de 350 jeunes de 18 à 25 ans au Jas-de-Bouffan, à Corsy, à Encagnane, à la Pinette et à Beisson.

Comme il le pressentait, la jeunesse aixoise de ces quartiers ne respire pas la joie de vivre. Près de 60% des personnes interrogées sont au chômage. Plus d’un tiers des sondés se disent victimes de discrimination à l’emploi.

Une expérience, désormais banale, est faite avec un jeune homme au patronyme maghrébin. Deux CV, l'un à son propre nom, l'autre au patronyme européen, sont envoyés pour postuler à un emploi dans l’hôtellerie. Pour le premier, la réponse est négative, pour le second positive.

“Nous avons mis en contact ceux qui avaient un dossier étayé prouvant la discrimination à l’embauche avec la Halde (Haute Autorité de lutte contre la discrimination). Sans jeter la pierre à cette institution, on peut dire que ses moyens sont extrêmement limités. La plupart des jeunes n’ont eu aucune réponse. Désormais, un sentiment d’impuissance domine.”

Lorsque cent entreprises signent la "charte de la diversité", L’Acte citoyen prend contact avec elles : “Seules deux nous ont répondu. Cette charte est un peu comme celle de Nicolas Hulot, dans la réalité, c’est du vent.”

L’autre grand enseignement de l’étude menée par L’Acte citoyen, c’est la “ghettoïsation” de fait des jeunes issus des quartiers défavorisés : “La grande majorité des jeunes ne fréquentent pas les boîtes de nuit ou les cafés du centre-ville. Ils savent qu’ils ne rentreront pas. Inutile non plus de chercher un logement dans certains quartiers. Aix est réputée comme une ville étudiante agréable. Mais c’est loin d’être le cas pour l'autre jeunesse aixoise.”

Pour en parler, L’Acte citoyen et un collectif d’associations organisent, vendredi 23 février de 9h00 à 19h00, un colloque à l’amphithéâtre de la Verrière (Cité du livre d’Aix) intitulé Osmos 2007.

Au programme, un espace d’information, des débats autour de la diversité dans l’entreprise, des projections de films, une expo photo et des représentations théâtrales. La Halde, la direction départementale du travail, la Chambre de commerce et d'industrie de Marseille, l’Union patronale, le Mrap 13 feront notamment partie des invités.

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mercredi 21 février 2007

Vidéosurveillance à Aix : un scénario pour série B

videosurveillance

38 caméras : 30 en centre ville, 2 au Sud et 6 pour la zone d'activités de la Pioline. Autant dire que la décision du maire ne va rien résoudre. Au contraire même, les problèmes vont être déplacés à l'extérieur. Exactement comme à Marseille où 180 caméras sont concentrées en centre ville, soit à peine sur 1% du territoire de la ville.

Cela n'a, en rien, empêché les délits pour atteintes aux personnes d'augmenter fortement. Ce sera pareil à Aix. Comme pour les tags qui ont envahi les pourtours de la ville.

Alors, à quoi cela sert-il de faire de la démagogie électoraliste ultra-sécuritaire ? A Aix, la police nationale a perdu quelque 60 agents en trois ans. En même temps, la police de proximité a été supprimée. Pourtant, la présence humaine en prise directe avec la population est autrement plus sécurisante et efficace. Les postes de police municipale dans les quartiers, dont le maire se gargarise tant, sont… sans policiers.

Depuis sa création, le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD), dont les objectifs sont de réfléchir, proposer, coordonner et agir intelligemment, n'a été réuni, avec les élus de l'opposition, qu'une seule et unique fois en séance plénière ! Plus rien depuis 2004 !

Le choix fait par le maire, lundi au conseil municipal, d'installer ces caméras n'est que de la poudre aux yeux. En effet, cela a commencé dès 2002. Depuis lors, le discours a été entretenu par plusieurs bandes-annonces. Son prix initial d'entrée en service était de 1,6M€.

Or, depuis quatre ans, sa programmation n'avait plus été projetée nulle part. Et pour cause. Les budgets en ont empêché la sortie. Au mois de mai 2006, une avant-dernière bande-annonce proclamait qu'elle ne coûterait plus que 1,2M€.

La vérité, c'est que le scénario a été revu à la baisse. Moins d'acteurs – on économisera en supprimant les personnels qui devaient s'en occuper – et les scènes de rue seront enregistrées pour être visionnées par la police seulement le lendemain. Autrement dit, en différé et non plus en direct. L'intervention immédiate en cas de délit constaté ne prendra que… 24 heures. Cela s'appelle se hâter… très lentement.

En revanche, faire son cinéma, c'est bon pour la… propagande.

castronovo_et_di_meo

France_3

Le reportage de France 3 est au début de l'édition de mardi 20 février.

http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b13a_1214part1

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Plan de Campagne : Désolé, pour moi, c'est non

Après le débat à la Communauté d'Agglomération du Pays d'Aix, la question de l'ouverture de Plan de Campagne le dimanche a de nouveau été posée au conseil municipal. A titre personnel, j'ai dit tout le mal que je pensais de cette mesure.

J'ai rappelé que la situation est totalement illégale depuis 40 ans. Que – et c'est un comble – le Préfet de région lui-même prend des décisions de dérogation qu'il sait être contraire à la loi.

A mes yeux, tous les arguments servis par les partisans de l'ouverture ne sont que des manipulations. On manipule les salariés, souvent des étudiants en emploi précaire sans aides pour leurs études, en leur faisant croire qu'ils gagnent plus alors que leur travail est mal payé. On les manipule à la pression et au chantage au licenciement.

On répand dans la presse des chiffres de suppressions d'emplois calculés le doigt humide en l'air. Dans 90% des centres commerciaux de France, les magasins sont fermés le dimanche et on n'entend personne crier à la perte de profits.

Enfin, en embuscade de tout cela, c'est le Code du travail qui est visé. On veut s'y asseoir dessus pour précariser toutes les activités et asservir les employés dans la misère. Je trouve cela inacceptable. Désolé, la loi, c'est la loi. J'ai voté non à l'ouverture.

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mardi 20 février 2007

Une séance au son du tambour et du bazooka

En direct de l'Hôtel de Ville comme si vous y étiez !

Hotel_de_Ville_en_directCette séance n'a duré que deux heures. Comme je l'annonçais il y a quelques jours, même s'il y avait 80 questions inscrites à l'ordre du jour, le contenu était indigent. Une dizaine de rapports a donné lieu à échanges parce que l'opposition a fait valoir ses points de vue.

Il paraît que le dossier des antennes relais a simplement été "oublié". Le maire s'est défaussée et en a imputé la faute aux services. On croyait que c'était elle qui faisait l'ordre du jour. On sait depuis longtemps qu'il n'en est rien. Elle est dépassée. On verra si le sujet sera traité le mois prochain.

Bon, au début, l'ambiance n'y était pas. Je me suis donc chargé de taper sur le tambour. Pas dur d'y arriver.

J'ai demandé au maire de rembourser les frais engagés par la Ville dans le procès perdu contre Le Nouvel Observateur. En colère, elle m'a répondu que je faisais des attaques personnelles alors qu'elle avait elle-même porté plainte en disant qu'elle se sentait visée… personnellement par le magazine. Conclusion : les Aixois paieront les lubies du maire chaque fois que ça lui prendra.

Au sujet de la vidéosurveillance, malgré nos critiques, elle a persisté à dire que c'était efficace. Moi, je pense que la présence humaine en prise directe avec la population, c'est mieux.

Consciente de l'esclandre que nous pouvions faire sur trois rapports aberrants sur l'OPAC, le maire les a retirés en début de séance. Mais, ils finiront bien  par refaire surface un jour ou l'autre. On va guetter ça.

Pour le Carnaval du premier avril (coïncidence), la bataille au bazooka a bien eu lieu. J'ai envoyé mes obus contre le bricolage du projet. Pour la deuxième année consécutive, on risque d'aller vers la pitance. Je ne pensais pas si bien dénoncer le bric-à-brac. Car, surprise, on a même entendu l'élu délégué à cet événement déclarer qu'il n'avait pas été associé au dossier ! Quel aveu !

Enfin, j'ai pointé du doigt le désengagement de l'Etat en matière de politique de la petite enfance. La CAF va réduire ses financements dans les contrats enfance. Aix est touchée par ce recul.

Ce billet n'est qu'un petit résumé à chaud du conseil municipal. Je reviendrai sur certains de ces sujets dans les prochains jours.

Au fait, il n'y avait pas de caméras pour montrer aux Aixois comment se passent les choses en direct mais il y avait la télé ! En effet, France 3 Méditerranée est venue capter quelques séquences de nos interventions. Cela sera peut-être réduit à un format de deux ou trois minutes mais sait-on jamais. La diffusion semble programmée pour mardi à partir de 12h00 ou à 19h00, ou les deux. A vos télés !

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L'appel des sans-abri d'Aix

Enfants_de_Sancho_Panza

Dans la salle d'audience du Tribunal de Grande Instance, les sans-abri et leurs supporteurs occupent presque tous les bancs. La cour d'appel a examiné lundi le recours de la mairie d'Aix, qui demande l'expulsion des SDF campant depuis deux mois à la Rotonde, devant l'office de tourisme.

"A Nice, le tribunal a débouté la mairie", rappelle l'avocate des sans-abri, soutenue par les Enfants de Don Quichotte. "Ce mouvement a permis aux SDF du camp de se resociabiliser", conclut la défense.

Les sans-abri ont décidé de s'appeler désormais les "Enfants de Sancho Panza", une association créée la semaine dernière. "Elle aidera les personnes qui ont vécu un accident de la vie", explique Tibo, leur porte-parole. La mairie les entendra-t-elle ? "Une médiation, c'est tout ce que nous demandons", tonne leur avocate.

La cour d'appel devrait rendre sa décision le 6 mars.

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Congrès du Parlement : les votes des élus d'ici

Congres_Versailles

Voici les résultats des scrutins sur les trois projets de lois constitutionnelles

votés au Congrès du Parlement à Versailles, lundi 19 février 2007.

Projet de loi modifiant l'article 77 de la Constitution.

Compléter la définition du corps électoral pour l’élection des assemblées

de province et du congrès de la Nouvelle Calédonie.

Nombre de votants : 870   Nombre de suffrages exprimés : 814

Majorité requise : 489 (3/5 des suffrages exprimés)

Pour l'adoption : 724   Contre : 90   Le Congrès du Parlement a adopté

Jean-François PICHERAL, sénateur PS : POUR

Maryse JOISSAINS, députée UMP : NON VOTANT

Christian KERT, député UMP : POUR

Richard MALLIE, député UMP : CONTRE

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Projet de loi portant modification du titre IX de la Constitution.

Nouvelle rédaction des articles 67 et 68 de la Constitution ayant trait

à l'immunité et à l'inviolabilité du chef de l'État.

Nombre de votants : 869   Nombre de suffrages exprimés : 652

Majorité requise : 392 (3/5 des suffrages exprimés)

Pour l'adoption : 449   Contre : 203 Le Congrès du Parlement a adopté

Jean-François PICHERAL, sénateur PS : CONTRE

Maryse JOISSAINS, députée UMP : ABSTENTION

Christian KERT, député UMP : POUR

Richard MALLIE, député UMP : CONTRE

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Projet de loi relatif à l'interdiction de la peine de mort.

Inscrire dans la Constitution que nul ne peut être condamné à la peine de mort.

Nombre de votants : 876   Nombre de suffrages exprimés : 854

Majorité requise : 513 (3/5 des suffrages exprimés)

Pour l'adoption : 828   Contre : 26   Le Congrès du Parlement a adopté

Jean-François PICHERAL, sénateur PS : POUR

Maryse JOISSAINS, députée UMP : ABSTENTION

Christian KERT, député UMP : POUR

Richard MALLIE, député UMP : CONTRE

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lundi 19 février 2007

Les grandes prédictions de Genzana pour 2008

Son bêtisier de l'avenir enfin révélé

Grand éclat de rire, mais aussi interrogations, en découvrant la soi-disant "Grande consultation" lancée par Bruno Genzana qui ne voit jamais les choses en petit. Difficile, en parcourant son site, de maîtriser les zygomatiques. Car son laïus grandiloquent réserve de fausses nouveautés et, surtout, recèle d'énormes perles bien alignées à la queue leu leu. Un vrai collier.

Ce qu'il y a de plus comique, c'est sans doute le bilan politique de l'équipe dont il fait partie, s'il ne nous abuse. Citons-le : "La majorité municipale actuelle à laquelle j’appartiens a mené, en six ans, sous la conduite de Madame le Maire, de nombreuses actions nécessaires et positives. Vous êtes les témoins de ce dynamisme. Pour aller plus loin, je crois que nous avons besoin d’une perspective, d’un cap, de repères clairs, pour bien décider de la direction dans laquelle doit s’engager notre ville pour construire un vrai avenir." Autrement dit, j'ai ma part dans la catastrophe, je veux fuir de cette équipe et je veux vous sauver.

Hypocrite : "Et si le temps de la campagne électorale des municipales n’est pas arrivé, par contre, le temps de construire ensemble un projet pour Aix et le Pays d’Aix est venu. Je vous propose de mettre à profit les mois qui viennent pour bâtir cette ambition. Ce dialogue ne s’inscrit pas en opposition avec l’action municipale. Bien au contraire, il est destiné à l’amplifier et la prolonger." Donc, résumons, ce n'est pas l'heure mais le temps presse. Il ne s'agit pas de tout bousculer, juste d'"amplifier et prolonger". Joissains ne saurait-elle donc pas le faire ?

Hilarant : "Les idées neuves ne doivent pas nous faire peur." En effet, il suffit de repasser quelques plats. Quelques exemples ? "Réorganiser le nettoiement." Pourquoi ? Ca ne marche pas ? Accès de lucidité ? "Redéfinir les lignes et les fréquences des bus". Merci Chorro de se décarcasser pour rien et de ne pas avoir expliqué à Genzana qu'il n'y a plus ni charrettes ni fiacres dans nos rues.

Risible : "Bien se loger à Aix aujourd’hui est un véritable parcours du combattant. C’est possible avec une politique municipale volontaire." Mais, voyons, voyons, elle ne l'était donc pas ? Pire, était-elle carrément involontaire ?

Cocasse : "Acheter des terrains pour les mettre à la disposition des organismes de logements sociaux, afin de satisfaire les demandes légitimes de ceux qui attendent depuis des années l’attribution d’un logement social ou qui souhaitent depuis trop longtemps une mutation." Là, c'est le bouquet ! Genzana, chargé du Plan Local de l'Habitat et administrateur de l'OPAC Pays d'Aix Habitat, ferait mieux de ne pas trop s'en vanter.

Désopilant : "Engager une révision du Plan Local d’Urbanisme afin de sortir de la crise actuelle." Sans blague, pourquoi est-il resté silencieux lorsque le maire a prononcé le report de la procédure pour après les élections ?

Burlesque : "Donner du coeur et du sens à la vie de tous nos quartiers." Le style même de Genzana : la compassion sous vide, sans date de péremption.

Tordant : "Moderniser l’accueil des écoles maternelles et primaires qui sont au coeur des compétences fondamentales des villes. Créer des places de crèches. Innover dans l’offre culturelle et sportive en direction des jeunes. Etre attentif au souci des 40.000 étudiants qui sont la richesse et le gage du rayonnement international d’Aix." Ouf, l'avenir, c'est pour demain.

Crevant : "Doter Aix-en-Provence comme toute les villes modernes d’un système de vidéosurveillance, outil indispensable à la sécurité et l’aide à la personne." Joissains lui aurait-elle caché qu'elle a déjà fait voter son projet au conseil municipal ? Vite, une rediffusion pour Genzana.

D'où viennent les clichés ?

Bon, le site est plein de clichés et d'incantations. Mais, j'ai été fort intrigué par un certain nombre de coïncidences au sujet de la galerie de photos qui illustre les pages.

Bizarrement, à la rubrique "crédits", aucun nom d'auteur n'est mentionné. Pourtant, on retrouve d'identiques photos de marché et de fontaine sur le site, lié à la mairie, de l'Office de tourisme, dont Genzana est le délégué municipal. Sur ce site, à la rubrique "copyright", un avertissement précise clairement les limites d'utilisation des documents (*).

La fontaine avait aussi décoré sa carte de vœux dans le cadre de ces mêmes fonctions.

Sur la plaquette, éditée par la mairie, des "Rendez-vous de l'International", dont il est l'organisateur, qui contient par ailleurs un mot du maire, il y a une photo de réception donnée à l'Hôtel de Ville le 24 juin 2006.

Toutes ces photos ont visiblement été prises aux frais de la Ville. A-t-il seulement pris soin de consulter la loi ? De quel droit emprunte-t-il des images dont les noms des auteurs, eux, sont précisés sur le site de l'Office et sur la plaquette ? A-t-il versé des droits ?

J'avais déjà signalé ici même que lors des vœux qu'il avait présentés en tant que conseiller général, sans mention de son mandat d'adjoint, il avait utilisé le service d'affranchissement de la Ville pour l'envoi de ses cartes (j'en ai gardé la preuve).

Je trouve tout cela bien troublant pour ne pas dire plus. Et là, ce n'est plus l'avenir, c'est plutôt lave noir.

(*) L'Utilisateur reconnaît que le contenu de ce site et les éléments qui le composent sont protégés par des droits de propriété intellectuelle et que toute copie, reproduction, diffusion, vente, ou exploitation, quel que soit le procédé, sont strictement interdits. Seule reste permise l'utilisation à titre exclusivement privé et à des fins non commerciales.

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dimanche 18 février 2007

Mort, mais pas dans un charnier

papon

Je me souviens de son long procès diffusé sur la chaîne Histoire. Comme un effroi. Le bougre, froid, raide, hautain, cynique, vindicatif, n'adressait pas le moindre regard vers le cortège des témoins venus lui rappeler la douleur endurée et jamais finie.

Il y avait pire, c'était l'absence des morts et des disparus dont les ombres innocentes planaient lourdement sur la cour.

Papon est mort d'une insuffisance cardiaque. Il avait donc un cœur aussi ? Peut-être, mais certainement pas une conscience.

Papon, Pinochet, Saddam. Ajoutons Barbie, Touvier, Bousquet et, plus loin, quelques autres, Ceaucescu, Hitler, Staline… Morts, mais pas dans un charnier.

Liste impressionnante. Liste de la honte et de l'indignité.

Que la mémoire collective n'efface jamais les crimes contre l'humanité.

Qu'elle efface encore moins le souvenir de chaque victime tombée pour nous.

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Loi de 1905 : Questions à un certain candidat

timbre_loi_1905

Henri Pena-Ruiz, philosophe, écrivain, dont le dernier livre paru est "Leçons de bonheur" (Flammarion), était venu à Aix en juin 2005 et à Vitrolles en juin 2006. Ses conférences ont attiré beaucoup de monde. Sa personnalité, la rigueur de sa pensée et ses talents d'orateur ne laissent personne indifférent. Ses écrits et ses propos font autorité. Très pointu sur le thème de la laïcité, il vient de publier (Le Monde 16 février) une contribution éclatante au débat adressée à Sarkozy. Ci-après, quelques extraits.

Monsieur le Ministre, la religion n'est pas un service public.

Voici cinq questions devenues cruciales qui vous permettront, je l'espère, d'en convenir.

Les humanistes athées doivent-ils jouir des mêmes droits que les croyants ?

Dans votre livre "La République et les religions" (Cerf, 2004) vous accordez un privilège à l'option religieuse. […] Ne pensez-vous pas que celui qui ne croit pas au ciel puisse être blessé par votre préférence, aujourd'hui transposée en une politique discriminatoire ?

Quelle égalité s'agit-il de promouvoir ?

[…] Etes-vous donc partisan de la discrimination entre les citoyens selon les options spirituelles dans lesquelles ils se reconnaissent ? L'égalité républicaine se réduirait-elle pour vous à l'égalité des divers croyants, à l'exclusion des humanistes athées ou agnostiques ? Parler de "toilettage" de la loi de séparation de 1905 est un euphémisme trompeur. […]  Renoncer au principe "La République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte", c'est plus que toiletter la loi. C'est l'abolir. […]

Quelle priorité pour les pouvoirs publics ?

[…] En République, seul l'intérêt général, commun à tous, portant sur les biens et besoins de portée universelle, mérite financement public. Or, la religion n'est pas un service public, comme l'instruction, la culture ou la santé. Elle n'engage en effet que les fidèles, c'est-à-dire une partie des citoyens seulement. La puissance publique, dont les fonds résultent des impôts payés par des athées autant que par des croyants, n'a donc pas à financer les cultes, pas plus qu'elle n'aurait à financer la diffusion de l'athéisme. En convenez-vous ? L'Etat, jugé trop pauvre pour assurer les finalités sociales des services publics qui concernent tous les citoyens, serait donc assez riche pour financer l'option religieuse, qui pourtant n'en concerne que certains. Révoltant paradoxe : briser la laïcité en même temps que les services publics. […]

Quelle conception de la lutte contre le fanatisme ?

Vous dites vouloir éviter les interventions étrangères, notamment les financements venus de pays peu respectueux des valeurs républicaines et démocratiques. Et vous affirmez qu'en payant, on pourra mieux contrôler. Fausse évidence. Car enfin, quel lien juridique y a-t-il entre le financement et un droit de regard sur les propos des responsables religieux dans les lieux de culte ? […] Ne nous trompons pas de combat. Ce n'est pas l'étranger comme tel qui pose problème à la République, mais celui qui entend s'affranchir de la loi commune pour lui substituer sa loi particulière, qu'elle soit religieuse ou coutumière. […] Seul vaut l'Etat de droit.

Enfin, que resterait-il de la laïcité ?

[…] Dès lors, la République doit-elle renoncer à la laïcité pour satisfaire une minorité ou concentrer les deniers publics sur la redistribution par les services publics, la gratuité des soins, le logement social ou la lutte contre l'échec scolaire, qui concernent tous les hommes, sans distinction de nationalité ou de choix spirituels ? […] Il est évidemment essentiel de permettre aux croyants l'acquisition des terrains qu'ils financeront, et toute discrimination foncière doit être combattue. Si l'on brouille la frontière pourtant nette entre le culturel et le cultuel, on parachève le démantèlement de la loi. Les mots ont un sens, et tout glissement visant à confondre ce qui est distinct est une malhonnêteté. Cela s'appelle du détournement des deniers publics.

Nulle polémique dans de telles interrogations, mais l'inquiétude vive d'un républicain qui n'est pas décidé à admettre de nouveaux empiétements programmés contre la laïcité, à contre-courant des grandes conquêtes de l'esprit de liberté. La conscience citoyenne ne peut que s'insurger.

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samedi 17 février 2007

Roland Castro, le citoyen au nom cousin

Roland_CastroJe ne peux résister à la tentation d'adresser un clin d'œil d'amitié à Roland Castro, ne serait-ce que par cousinage de patronymes. D'autant que, il y a une quinzaine d'années, il avait fait un petit tour à Aix pour nous parler de politique de la ville.

C'est dans le cadre d'activités associatives que nous l'avions invité à venir bousculer nos idées un peu reçues dans un domaine qu'il connaît bien en tant qu'architecte urbaniste.

Personne n'a oublié qu'il est à l'origine des programmes "Banlieues 89" que François Mitterrand l'avait chargé de mettre en œuvre.

Homme de conviction à la langue imaginative, homme original à l'humour grinçant, il avait apporté toute son expertise pour éclairer nos envies de projets pour certains quartiers de la ville.

Ce fut un privilège de le rencontrer. Il ne pouvait s'empêcher de tracer des traits sur des feuilles comme un prolongement de lui-même. Il m'avait aimablement offert le plus beau dessin qu'il avait griffonné sur son bloc-notes.

Il se déclare aujourd'hui candidat à la présidence de la République pour défendre les mêmes utopies concrètes de démocratie, de dignité humaine et de bonheur partagé. Je lui souhaite bonne chance pour faire entendre ses coups de gueule dans le tourbillon échevelé de la campagne qui s'ouvre.

On peut visiter le site du citoyen Castro en un clic

utopiesconcretes.org

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