mercredi 4 avril 2007

Plan de Campagne : Le préfet est-il un délinquant ?

Plan

Un autre qui devrait donner le bon exemple mais qui se moque du monde, c'est bien le préfet. Le 26 janvier, prétextant que "la fermeture brutale serait extrêmement dommageable pour les entreprises et donc pour l'emploi", il avait pris des arrêtés illégaux en toute connaissance de cause.

"Fermeture brutale" : cela fait 40 ans que ça dure ! "Cet arrêté est d'une très grande fragilité juridique", avait-il déclaré. Le voila aussi tombé dans le ridicule. Pas seulement d'ailleurs. Dans quel pays, un préfet de la République, censé faire respecter la loi, peut-il la détourner de la sorte ? Cela s'appelle de la délinquance, non ?

Heureusement que tout n'est pas pourri et qu'il y a encore espoir de voir le droit appliqué. Le tribunal administratif de Marseille ne s'en est pas laissé compter. Il vient d'annuler les dérogations accordées par ledit préfet autorisant l'ouverture dominicale de 25 magasins (sur 141 en bénéficiant) de la zone commerciale de Plan de Campagne, pour six mois. Comprendre : si Sarkozy est élu, il aura les coudées franches pour casser définitivement le code du travail.

Mauvais calcul donc. La décision du tribunal est conforme aux conclusions du commissaire du gouvernement rendues le 20 mars à la demande de la CGT et de la CFDT. Le jugement va maintenant être transmis au procureur de la République et à l'inspection du travail. Les commerçants vont devoir fermer le dimanche sans possibilité d'y déroger car même un recours de leur part ne rendrait pas la décision suspensive. S'ils ne le font pas, ils s'exposent à des amendes ou à des poursuites devant le tribunal.

Moi, j'aimerais que l'on me dise pourquoi le gouvernement ne relève pas illico un tel préfet de ses fonctions, qui avait annoncé : "Je prends mes responsabilités, aux partenaires sociaux de prendre les leurs." On a vu. Il faut assumer, espèce de préfet !

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mardi 3 avril 2007

Robien chez Sarkozy : Bon débarras, aussi !

Robien

Quoi, quoi, quoi ? Robien dit avoir toujours été centriste et personne ne s'est posé de questions ? Pourtant, à le voir faire, les indices auraient pu mettre la puce à l'oreille. Je me souviens très bien qu'il a appartenu à Démocratie libérale. Je me souviens aussi qu'en désaccord avec Alain Madelin, président de cette officine, au moment où cet ancien membre d'Occident, mouvement d'extrême droite créé en 1964 avec Devedjian et Longuet, s'était présenté à l'élection présidentielle de 2002, Robien avait alors rejoint l'UDF, qui n'était pas aussi regardante qu'elle semble l'être maintenant.

Il était venu expliquer tout ça à la télévision, de manière clownesque, en découpant en deux sa carte d'adhérent. Le voilà donc revenu "naturellement" (comme dit Chirac quand il fait mine de ne pas se payer notre gueule) à ses anciennes étables, digérées depuis par l'UMP.

Il ne se sentira pas seul. Avant lui, Christian Blanc, André Santini et Simone Veil, eux aussi prétendument centristes, lui avaient ouvert la route, celle des écuries d'Augias. Bon débarras à tous.

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"Aix en Live" : contre des vies de galère

aix_en_live_logo

Cette semaine, le collectif "Aix en Live" a planché sur la précarité du milieu culturel et notamment celui des activités qui s'adressent aux jeunes. Cette rencontre faisait suite à la première de janvier, à laquelle je m'étais également rendu. Parmi les participants, l'ambiance n'était pas à la joie.

Tous les aspects de l'emploi associatif et culturel ont été abordés. Avec un constat : la précarité chronique des structures et des personnes met en péril les divers secteurs de leurs interventions. Ils stigmatisent le désintérêt par les institutions de leur rôle dans les missions de service public.

Tout à tour, sont évoqués, parfois à travers de forts témoignages, l'emploi intermittent, les moyens financiers dérisoires, les lieux de création et de diffusion insuffisants, les contrats d'objectifs mal fichus, bref, ce qu'ils appellent leur galère.

Dans leur langage, cela s'exprime ainsi : "Les associations sont-elles des maladies pour que les politiques ne veuillent plus voir leurs effets positifs réels sur le terrain dès lors qu'ils sont élus ?" Car, c'est vrai, leur implication dans l'éducation populaire au plus près des plus jeunes n'est plus à démontrer.

Alors que ces structures font un maximum, elles ne reçoivent qu'un minimum. Elles sont considérées comme des "appendices" externes de l'action sociale et culturelle, là où elles devraient être partie intégrante d'une politique globale qui recense et rééquilibre équitablement les objectifs, les besoins et les moyens entre tous les acteurs publics.

Comme un prolongement à cette rencontre, une autre réunion publique de réflexion et de débat est programmée par le "Groupe du 27", qui fédère 17 structures culturelles actives d'Aix.

Rendez-vous le jeudi 5 avril de 18h30 à 21h30

à la Maison de la vie associative, Le Ligourès, Aix.

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Les intermittents sur la paille et... sans paillettes

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On ne les voit vraiment jamais. Quand on regarde la télé, quand on va voir un film, quand on va au théâtre ou au spectacle vivant, quand on participe à une grande ou à une petite fête, on ne les voit pas. Pourtant, sans eux, rien n'est possible. A Aix, en 2003, l'annulation du festival d'art lyrique, notre grosse vitrine, a montré que sans eux la machine s'arrête. De casse en casse, le gouvernement de droite n'a rien résolu. Les intermittents sont toujours sur la paille, ils ont l'habitude. Les paillettes ne sont décidément pas pour eux.

Ce 1er avril, la mise en application de la réforme de l'assurance-chômage des intermittents est encore plus préoccupante. Après quatre ans de conflit, leur colère couve toujours. Ils sont actuellement 100.000. Cela pourrait de nouveau faire mal. Les artistes et techniciens n'ont pas obtenu ce qu'ils réclamaient. En dépit de quelques améliorations, le texte qui vient d'entrer en vigueur reprend les grandes lignes de celui de l'été 2003. Pourtant, de nombreuses voies alternatives ont été proposées.

A quelques semaines du départ de Donnedieu de Vabres, après des promesses dignes d'un numéro de contorsionniste, force est de constater qu'il n'a pas réussi à régler ce dossier. Dans l'immédiat, le nouveau régime, moins protecteur que le précédent, risque d'exclure du système de nombreux intermittents, sans que les vrais abus, comme l'emploi de l'intermittence dans l'audiovisuel, soient corrigés. Comme l'a souligné la Cour des comptes, les gains financiers de cette réforme restent largement incertains. Et j'ajoute, encore une charrette de précaires, une !

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lundi 2 avril 2007

Des brèves à scruter de très près

Combien d'inscrits à Aix ?

En 2007, il y aura 91.000 électeurs à Aix, contre 78.600 en 2002, sur une population de 140.000 habitants, ce n'est pas mal. Comme chaque année qui précède une élection présidentielle, notre ville n'échappe pas au phénomène des inscriptions sur les listes électorales. Comme partout en France, les campagnes de promotion ont porté leurs fruits avec 1.000 inscriptions par mois en moyenne, dont 1.000 par jour sur les trois derniers jours. Le fichier aixois s'est enrichi de 12.500 nouveaux Aixois, un nombre qui comprend à la fois les inscriptions nouvelles et les inscriptions d'office pour ceux qui atteignent la majorité entre le 1er  mars et le 21 avril 2007. Il faut aussi tenir compte des radiations (6.000 en 2006 par exemple) et de l'accroissement naturel de la population. Pour rappel, à la présidentielle de 2002, il y avait 84,35% de votants.

Machines à voter ou à douter ?

Cette année, à l'occasion de la présidentielle, les urnes électroniques vont être utilisées en plus grand nombre dans 82 communes de plus de 3.500 habitants et cela concernera environ 1,5 millions d'électeurs sur 44,5 millions. Dans les Bouches-du-Rhône, deux villes vont participer à cette expérience. Etonnamment, ce sont des villes d'extrême droite, Marignane et Orange, qui ont accepté de s'équiper de ces machines à voter à 4.000€ pièce, l'Etat accordant une aide de 400€ par appareil. Des villes de gauche comme Brest, Le Mans ou Mulhouse, des villes de droite comme Reims, Issy-les-Moulineaux, Cannes, Toulouse ou Strasbourg ont aussi fait l'acquisition de ce type d'urnes. Une polémique est née sur la fiabilité du dispositif dont, selon les avis de certains, il serait impossible de vérifier les résultats et qui serait potentiellement piratable. Faut-il vraiment s'en inquiéter ? Le Conseil constitutionnel a rappelé que ces machines avaient été autorisées par le législateur dès 1969 dans des conditions strictement encadrées par le code électoral.

Des vidéos pour savoir comment ça marche

La fraude :

http://www.youtube.com/watch?v=kTeeDmQRm9Y

La polémique :

http://recul-democratique.org

Pour tester une machine avec humour :

test_machine_a_voter

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Parrainages par les élus d'ici : Qui a fait quoi ?

Carte_CPA

Le Conseil constitutionnel a publié les 12 listes de parrainages. Chacune comprend 500 noms tirés au sort. Autrement dit, certaines signatures n'apparaissent pas. Il est cependant possible d'établir un état quasi complet pour 29 maires sur 34 de la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix.

£ Pour Ségolène ROYAL (PS, PRG, MRC)

     Membres du PS :

        Michel AMIEL (Pennes-Mirabeau) ; Christian de BARBARIN (Vauvenargues) ; Jean-Louis CANAL (Rousset) ; Guy OBINO (Vitrolles)

     Sans étiquette :

        Roger PIZOT (Saint-Paul-lez-Durance) ; Roger TASSY (Trets)

£ Pour Nicolas SARKOZY (UMP)

     Membres de l'UMP :

        Christian BURLE (Peynier) ; Maryse JOISSAINS (Aix-en-Provence) ; Jean-Claude PERRIN (Bouc-Bel-Air) ; Jacky PIN (Rognes) ; Bernard RAMOND (Lambesc) ; Jean-Pierre SAEZ (Venelles)

     Sans étiquette :

        Michel BOULAN (Châteauneuf-le-Rouge)

     Membre de l'UMP n'ayant parrainé personne :

        Hervé FABRE-AUBRESPY (Cabriès)

£ Pour François BAYROU (UDF)

     Membre de l'UDF :

        Claude FILIPPI (Ventabren)

£ Pour José BOVE (Gauche)

     Sans étiquette :

        André CAMPAGNE (La Fare-les-Oliviers)

£ Pour France GAMERRE (Ecologie, Droite) (parrainages insuffisants, non candidate) 

     Sans étiquette :

        Jean BONFILLON (Fuveau)

£ Sans étiquette n'ayant parrainé personne

        Guy ALBERT (Jouques) ; Alain BOBILLE-VAUCHER (Coudoux) ; Michel BOYER (Simiane-Collongue) ; Raymond BRUN (Meyrargues) ; Georges CRISTIANI (Mimet) ; Jean-Pierre DUFOUR (Saint-Estève-Janson) ; Lucien DUPERREY (Saint-Antonin) ; Robert LAGIER (Meyreuil) ; Danielle LONG (Peyrolles) ; Joël MANCEL (Beaurecueil) ; Régis MARTIN (Saint-Marc Jaumegarde) ; Jean-Louis TURCAN (La Roque-d'Anthéron)

£ Ne figurant nulle part

     Membres du PS :

        André BOREL (Pertuis) ; Jacky GERARD (Saint-Cannat)

     Sans étiquette :

        Jean-Pierre BERTRAND (Le Puy-Sainte-Réparade) ; Frédéric GUINIERI (Puyloubier) ; Michel LEGIER (Le Tholonet)

£ Sans étiquette n'ayant pas divulgué son choix

        Robert DAGORNE (Eguilles)

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dimanche 1 avril 2007

Des brèves certifiées miraculeuses

Et ta sœur cherche du travail

Franchement, maintenant que le gouvernement va sauter, on pourrait au moins le croire une fois. Le déficit public a été anéanti comme jamais, la dette de l'Etat a fondu comme jamais, la croissance a été plus forte que jamais, la délinquance a chuté comme jamais et, surtout, le chômage a baissé comme jamais. Nous vivons au pays des merveilles et tout le monde est heureux. Les preuves ? L'Europe nous rappelle à l'ordre pour respecter les normes budgétaires, l'emprunt flambe pour rembourser l'intérêt de la dette, la bagarre de la gare du Nord a failli ressembler à une émeute, les SDF sont toujours sous leurs tentes et ta sœur cherche du travail depuis cinq ans.

Le CNE bientôt béatifié ?

Parmi les personnes embauchées en CNE en mai 2006, seuls 60% des salariés travaillent encore dans l'entreprise six mois après, contre 77% en CDI "classique". Au bout d'un an, l'écart entre les deux formes de contrat se creuse un peu plus : seule la moitié des salariés embauchés en octobre 2005 est encore en poste (49%) contre 68% des CDI. Avec Sarkozy, ce sera plus expéditif, on n'aura plus besoin d'aucun contrat.

L'ANPE vendue "par appartement"

Avant de casser le Code du travail, le gouvernement qu'a servi Sarkozy a décidé de s'en prendre au service public de l'ANPE dont les agents viennent de manifester puissamment dans la rue. L'opération magique a été montée comme un tour de passe-passe. Le décret du 8 mars 2007 prévoit rien de moins que la mise en œuvre de filiales commerciales de droit privé. Cela ressemble à une vente de l'Agence "par appartement", une manière de marchandiser aussi le traitement du chômage, évidemment en l'absence… d'instances paritaires de contrôle. Voilà comment tout devient possible.

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Carnaval : La lettre qui démasque la mairie

diableLe 2 mars, le Comité Officiel du Carnaval d'Aix écrivait au maire pour lui signifier que l'association ne pouvait participer au défilé du 1er avril pour des raisons budgétaires, la subvention annuelle ne lui ayant pas été versée à temps. Suite à des articles parus dans La Provence relatant les difficultés du comité pour mener à bien sa tâche, l'adjointe nouvellement chargée de ce dossier, a tenu des propos qui ont choqué le comité.

Sa présidente fondatrice, Marcelle Isoard, a adressé une mise au point que je retranscris in extenso, ci-après. Au conseil municipal du 26 mars, j'ai moi-même dénoncé la mascarade de la mairie, la gestion calamiteuse du dossier et le bricolage des initiatives lancées dans l'urgence par Joissains pour montrer un semblant de carnaval.

"Les propos tenus par l'adjointe au maire, Patricia Larnaudie, à l'encontre du Comité Officiel du Carnaval d'Aix ont suscité une grande émotion chez l'ensemble des bénévoles de notre association qui, chaque année, consacrent l'essentiel de leur énergie et de leurs loisirs à la réussite du carnaval.

Ceux-ci ne peuvent tolérer les accusations à peine voilées d'incompétence de l'association à gérer l'ensemble du carnaval alors même que tel est le cas depuis 22 ans sans que le moindre reproche n'ait jamais été ni adressé ni reçu.

Par ailleurs, c'est avec une mauvaise foi choquante que l'adjointe susnommée, que nous n'avons jamais rencontrée et qui n'a pas participé à la moindre réunion préparatoire, tente de faire croire que le carnaval coûterait moins cher sans notre intervention.

Elle s'appuie sur une comparaison avec le budget de l'année 2004, année du vingtième anniversaire, au cours de laquelle notre comité avait organisé le "mercredi des enfants" avec spectacle et goûter, une animation le samedi après-midi dans les rues de la ville, puis le corso et le bal le dimanche, de 10 heures à 20 heures, soit pendant trois jours !!!

Le comité rappelle qu'il a depuis plusieurs mois participé activement à la préparation du carnaval 2007, avançant de ses propres deniers le coût de la réalisation de 6 chars (et non 5) sans recevoir la moindre subvention de la mairie. C'est dans cette situation difficile et inédite que, faute de pouvoir payer les peintures des chars et les costumes, notre comité a décidé de suspendre provisoirement sa participation.

La municipalité a alors profité d'une situation qu'elle a elle-même créée pour briser une coutume locale bien ancrée en faisant aujourd'hui appel à une association étrangère.

Le Comité du Carnaval d'Aix ne peut que regretter cette rupture avec une tradition séculaire très appréciée des Aixois."

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samedi 31 mars 2007

Oh hé, pas d'embrouille, d'accord ?

pizza

Cette fin de semaine, remettons un peu les choses à leur place pour ne pas nous laisser embrouiller le cerveau.

"Ton Christ est juif, ta pizza est italienne, ton café est brésilien, ta voiture est japonaise, ton écriture est latine, tes chiffres sont arabes, tes vacances sont turques, et… tu reproches à ton voisin d'être étranger?"

Julos Beaucarne, artiste belge

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Présidentielle : Quel score pour la gauche ?

pourcentage

Pour cette élection présidentielle, on ne peut pas dire qu'il y a un manque de sondages. Les intentions de vote jouent au yoyo selon les instituts qui les produisent. Un même jour, tel(le) candidat(e) peut se voir crédité(e), pour une enquête conduite sur la même période, d'un écart de 1 à 4 %. On pourrait presque parler de vases communicants. Quand l'un(e) perd des points, d'autres en gagnent et inversement.

Mais si l'on regarde bien, depuis que l'on connaît les noms des 12 candidats, pour le premier tour, on s'aperçoit que ces variations ne semblent pas affecter la répartition des voix comptabilisées selon le schéma bipolaire. Quasiment tous les sondages publiés cette semaine, par exemple, laissent apparaître un total de 60% à droite et 40% à gauche.

Arithmétiquement, on pourrait se dire que, avec une telle avance, la droite va donc gagner le duel du second tour. Or, rien n'est moins sûr. Les choses ne se passent pas comme avec une calculette. Entre les deux tours, il faut tenir compte de phénomènes souterrains, non quantifiables, liés aux reports de voix qui ne s'effectuent pas toujours selon le clivage droite gauche.

En plus, cette année la campagne présente un caractère inédit à plusieurs titres. En 1988, 1995 et 2002, il y a toujours eu un président sortant qui se représentait ou un candidat qui avait déjà postulé une, deux ou trois fois. En avril, les deux candidats des deux grandes formations qui ont jusqu'ici assuré l'alternance en sont à leur première candidature. Sauf surprise – les Français étant devenus méfiants et imprévisibles – on devrait en rester au schéma droite gauche.

Encore que, au referendum, on a constaté que le oui comme le non ont chacun agrégé des voix venant de tous les partis de manière transversale et non plus selon l'appartenance à un côté ou à l'autre de l'éventail politique. A mes yeux, c'est un phénomène nouveau, jamais vu. C'est sans doute ce qui explique en partie le score centriste actuel (mais sera-t-il durable ?) qui se fonde probablement sur des transferts de voix libérées de leurs ancrages traditionnels.

Par ailleurs, est-on aussi sûr que toutes les voix de l'extrême droite iront au candidat de droite ? Est-on aussi sûr qu'il n'y aura pas de pertes dans le report des voix de la gauche de la gauche sur la candidate socialiste ? Dans chaque camp, les petites formations ont certainement des comptes à régler avec le candidat au positionnement le plus proche.

Enfin, imagine-t-on le candidat centriste opérer, cette année, après un affrontement aussi marqué contre la droite ultralibérale, un revirement à 180° et soutenir le candidat honni de droite ? Et même en cas de consigne de sa part, ses électeurs le suivraient-ils ? Du fait même de la nature hétéroclite du vote centriste, on peut penser que chacun de ses électeurs ne pourra se résoudre à cautionner de nouveau ce qu'il aura eu à cœur de rejeter en allant au centre.

Même si cela n'est pas la solution que je souhaite, et compte tenu des réserves à seulement 40% de la gauche, la victoire de la candidate socialiste passera, par défaut et non par adhésion, par le glissement de plus des deux tiers des voix centristes vers elle. Si ce cas de figure prenait corps, cela signifierait, pour la première fois, l'aimantation de ce que l'on appelle le centre au pôle de gauche et la prise en compte d'une majorité à l'allure de coalition de fait.

Dans une autre hypothèse, si le candidat centriste devait appeler à voter à gauche, il me semble que les reports ne changeraient pas de proportion – car il y aura toujours des résistances et des retours au bercail de droite – et la majorité de coalition s'imposerait de la même façon.

En admettant ce scénario à double variante, comment les choses peuvent-elles se passer après ? Si une coalition présidentielle à dominante de gauche se mettait en place, il serait impensable de vouloir la faire prospérer sans un label "nouvelle majorité présidentielle" permettant des accords de désistement réciproque de second tour entre candidats de gauche et du centre.

A défaut d'un tel dispositif, les législatives, où le second tour peut faire élire des candidats de tous les partis, pourraient provoquer une autre surprise : les anciens réflexes d'appartenance politique recréeraient des groupes parlementaires distincts correspondant aux partis représentés, avec le risque qu'aucun d'entre eux ne détienne la majorité à lui tout seul. Et là…

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