mardi 27 février 2007

Accès à l'emploi : les préjugés font la vie dure

Acte_citoyen

"C'était pour un stage de mécanique. J'ai d'abord amené un jeune black. Il n'a pas été pris. Puis, j'ai accompagné un blanc et ça a fonctionné", confie un travailleur social. "La discrimination existe à Aix, même pour trouver un stage".

A défaut de résoudre les problèmes, le colloque organisé vendredi par l'association L'Acte Citoyen a au moins permis de mettre en lumière la face cachée et hypocrite, pour ne pas dire plus, de l'injuste réalité vécue par de nombreuses catégories de personnes.

Tout est bon pour les rejeter : on stigmatise la couleur de leur peau, leur patronyme, leur handicap ou leur âge. Les préjugés ont la vie dure. Que dire des difficultés administratives et techniques rencontrées par les initiateurs eux-mêmes pour mettre en œuvre cette première journée de débats intitulée "Osmos 2007" à laquelle ont participé environ 150 personnes.

Les échanges du matin ont fait apparaître les obstacles concrets racontés par ceux qui les vivent. Hélas, les moyens existants pour les combattre, présentés par la Halde (Haute autorité de lutte contre les discriminations à l'emploi et pour l'égalité), semblent bien insuffisants pour les éradiquer.

Le public a eu l'embarras du choix pour se forger une idée. Des courts métrages ont montré la force désespérée de certains témoignages enregistrés à Marseille auxquels se sont ajoutées les prises de parole concordantes, courageuses et dignes de jeunes s'exprimant à partir des gradins sur leurs propres expériences.

Il est regrettable que l'après-midi un seul représentant de société soit venu débattre, en présence d'une seule représentante syndicale, alors qu'une "charte de la diversité dans l'entreprise" a été signée par une centaine d'entreprises.

Pour enfoncer le clou, la journée s'est achevée sur une scène surprenante de théâtre dansé. Sur fond musical, des voix égrenaient des articles du Code du travail… en rupture totale avec les droits bafoués au quotidien.

L'association L'Acte citoyen ne semble pas découragée. Les responsables ont annoncé qu'ils allaient poursuivre leur travail de terrain et donner une suite à cette initiative en 2008.

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lundi 26 février 2007

Les coups lisses de Sarkopolis

Avec Henri IV, le dimanche, c'était poule au pot. Avec Sarkozy, chaque jour, c'est poulets plein pot. Il aime tellement ça qu'il en fait même une cure à très haute dose. Comme ministre, il ne se déplace jamais sans deux ou trois gardes du corps et des escadrons entiers de policiers. En tant que candidat, il reste ministre. Pourquoi se priverait-il des moyens de l'Etat quand ce dernier est entre ses mains ? Ainsi, depuis quelques semaines, le quartier de la rue d'Enghien connaît un impressionnant déploiement censé protéger le siège du candidat au n° 18.

Voici ce qu'on voit à Sarkopolis :

SARKO1SARKO2SARKO3

                ça…                             plus ça…                   et puis aussi ça…

(Clic sur les images pour agrandir)

On dénombre 3 cars et 10 fourgonnettes de la police et des CRS. A ce dispositif léger, s'ajoutent quelques autres camionnettes (entre 2 et 4 selon les jours), aux extrémités de "sa" rue, et quelques voitures banalisées, reconnaissables lorsqu'elles arborent leur gyrophare bleu.

On y remarque aussi des hommes en bleu à tous les coins de rue, la circulation régulièrement bloquée pour que les voitures officielles puissent emprunter les sens interdits afin de gagner une minute ou deux et des concerts de sirènes lorsque le "grand" homme déplace son auguste personne. Combien sont-ils ? 100 ? 150 ? Est-on rassuré ? Non, la campagne présidentielle de Sarkozy ne coûtera pas une fortune à l'UMP. Le Ministère de l'Intérieur est là pour régler quelques factures !

Et que martèle "Monsieur-tout-devient-possible" qui, contrairement aux apparences, se soucie beaucoup des dépenses publiques et donc de nos portefeuilles ? "Nous ne pouvons rester le pays d'Europe où la part des dépenses publiques dans la richesse nationale est la plus importante. Il faut donc dépenser mieux et moins. (...) Le problème du nombre de fonctionnaires doit être posé." Dépenser mieux, c'est donc dépenser pour sa protection privée quand il ne fait pas son boulot de ministre.

"Dans un pays comme le nôtre, où les dépenses des pouvoirs publics représentent 54 % de la richesse nationale, l'échec économique et social est garanti si les dépenses sont mal orientées." A moins qu'il ne veuille repousser une insurrection généralisée, ce monstrueux attirail paraît légèrement disproportionné pour dissuader 3 sans-papiers de manifester devant son bureau. Espérons qu'il "orientera mieux les dépenses" s'il est élu.

"La France qui se lève tôt le matin, la France qui travaille, la France qui paie ses impôts, elle est aussi attachée à voir que l'argent public soit utilisé avec l'efficacité maximale." Pas d'inquiétude, c'est efficace : pas un seul vol de sac à mains sur le boulevard depuis l'arrivée de la "milice".

"On ne paie pas des fonctionnaires de police pour qu'ils jouent au basket avec des jeunes." Mieux vaut les payer à lanterner sur le trottoir à ne rien foutre. "Il faut en finir avec les pratiques monarchiques de Ve République." No comment. Qui parle ? Le ministre ou le candidat ? Sûr que s'il est élu, il cumulera aussi le rôle de Ministre de l'Intérieur.

Pour finir, ce petit bijou paru dans Le Nouvel Observateur :

"Dès le premier jour, la rue d'Enghien est mise sous haute surveillance policière. Dans la foulée, tous les habitants des trois immeubles qui font face au QG reçoivent une étrange enveloppe saumon, sans cachet de la Poste. A l'intérieur, une lettre, datée du 15 janvier, leur demande de répondre au plus vite à un recensement de sécurité. On leur communique un numéro de téléphone. Au bout du fil, un policier questionne : nom, prénom, date de naissance. Au cours de la conversation, le policier se fait plus précis. Il suggère à son interlocuteur de ne pas recevoir de paparazzi chez lui, évoque avec lui les dangers terroristes, la présence d'un éventuel sniper planqué sur les toits. En quelques minutes, l'habitant de la rue d'Enghien est mis sous pression. Le voilà devenu un riverain fiché par la police. En fait, le fonctionnaire est un agent du service Enquête des Renseignements Généraux de la préfecture de Police de Paris..."

Sarkozy, utiliser les RG à son compte ? Mais enfin, c'est ridicuuuuule !

(Merci aux correspondants qui m'ont fourni ces informations)

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dimanche 25 février 2007

Ni déprimé… ni comprimé…

Dans une brève teintée d'humour, La Provence cite en bas de page une de mes "petites phrases" comme on dit : "Je me suis payé le luxe de regarder quatre heures du conseil municipal de Marseille sur Internet".

Commentaire du journal : "Faut-il être déprimé pour s'adonner à une occupation pareille…"

Ben, non ! Rien ne vaut la primeur de l'actualité en direct intégral ! C'est quand même mieux que des infos partielles et comprimées le lendemain, quand ce n'est pas trois semaines après. Ou, pire, passées carrément... sous silence.

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Vous voulez me faire remarquer ou quoi ?

Hou la la ! Mais c'est inquiétant ça ! Vous ne devenez pas trop sympas avec moi ? Vous voulez me faire remarquer ou quoi ? C'est ça ? Vous voulez m'attirer des ennuis avec Joissains ou, pire, avec mes amis ? Vous voulez que le maire me fasse des procès comme ceux qu'elle perd chaque fois ? Vous voulez faire exploser mon ordinateur ? Vous voulez me condamner aux travaux forcés ?

Honnêtement, je ne sais plus où me mettre. Je trouve que vous y allez un peu fort ces temps-ci. Ici, vous m'encouragez à ne pas lâcher le morceau. Là, vous classez mon blog comme étant "le plus prolifique des blogs politiques aixois". Vous ajoutez même qu'il faut avoir "une pensée pour L.-A. Castronovo qui doit probablement passer de longs moments à travailler sur son blog." Vous allez jusqu'à dire que certains de mes articles sont "drôles et pertinents". Ou bien encore que je suis "inépuisable" ou que j'ai "beaucoup de détermination".

Mais, dites-moi un peu, qu'est-ce qui vous prend ? Bon, d'accord, d'une certaine façon, sans vous en rendre compte, vous avez tourné accros à mon blog et c'est devenu irréversible. Ce n'est pas bien grave, même si ça va s'aggraver.

Mais, en ce qui me concerne, je tiens à rassurer tout le monde, je vais bien. Je ne me prends pas la tête, je laisse plutôt les autres se la prendre. C'est vrai, des infos, j'en ai plein et vous ne serez pas frustrés. Parce que, après tout, ce n'est pas parce qu'autres ne font pas le maximum que je vais me satisfaire du minimum. Mais, cela n'a rien d'un exploit quand même.

Vous le savez sans doute, dans mes vies pas si lointaines, j'ai eu la chance d'avoir pratiqué la rédaction journalistique. Ce qui, je l'avoue, me facilite la tâche et ne dévore pas mon temps outre mesure. En revanche, et vous l'avez pressenti, j'ai un secret que je peux bien vous révéler. Aimer lire, aimer écrire, aimer la vie publique, défendre des convictions, ce n'est pas un labeur, c'est un bonheur. Et comme mon blog est greffé dans mon cerveau, je n'ai qu'à lui dicter directement ce que j'ai à dire, quand je veux, où je veux, comme je veux.

C'est peut-être cela que vous semblez vouloir partager avec moi. En tous cas, j'en serais flatté et ravi.

Bon, maintenant, ce n'est pas tout. Il ne vous reste plus, si je puis abuser, qu'à diffuser l'adresse de mon blog autour de vous. En quelque sorte, soyez ambassadeurs et partageurs. Le portail est grand ouvert. C'est juste là, en face de vous. Merci.

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samedi 24 février 2007

Victor Hugo, la civilisation contre la barbarie

Victor_Hugo

"L’échafaud est un crime permanent. C’est le plus insolent des outrages à la dignité humaine, à la civilisation, au progrès."

"Cette tête de l’homme du peuple, cultivez-là, utilisez-là ; vous n’aurez plus besoin de la couper."

"Un homme tué par un homme effraye la pensée, un homme tué par les hommes la consterne."

"Eh bien, songez-y, qu'est-ce que la peine de mort ? La peine de mort est le signe spécial et éternel de la barbarie. Partout où la peine de mort est prodiguée, la barbarie domine ; partout où la peine de mort est rare la civilisation règne."

"Je vote pour l'abolition pure, simple et définitive de la peine de mort."

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Peine de mort : La déclaration de Robert Badinter

Livre_BadinterBadinterLivre_Abolition_Badinter

Ce fut le moment le plus intense du Congrès du Parlement réuni à Versailles lundi 19 février 2007. Voici l'intégralité du discours prononcé par Robert Badinter. Nul ne pouvait mieux que lui incarner la voix universelle de la France. C'est clair, c'est magistral, c'est humaniste. En cadeau après le texte, l'original de la loi signée par François Mitterrand le 9 octobre 1981.

"Voici un quart de siècle que la peine de mort était abolie en France ; voici vingt ans que l'abolition devenait en fait irréversible, avec la ratification par la France du sixième protocole annexe à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, qui interdit aux États signataires de recourir à la peine de mort.

Aujourd'hui, nous voici conviés par le Président Chirac, abolitionniste de longue date, à inscrire dans la Constitution un nouvel article 66-1 : "Nul ne peut être condamné à mort." Cette constitutionnalisation apparaît comme l'aboutissement du long combat mené en France par tant de hautes consciences, de Voltaire à Hugo et Camus, de Condorcet à Schoelcher et Jaurès, et je tiens, en cet instant, à rappeler devant le Congrès le souvenir du Président Mitterrand, car c'est à son courage et à sa volonté politique que nous devons l'abolition de la peine de mort en France, en 1981. (Applaudissements sur de très nombreux bancs.)

Cette révision aura des conséquences juridiques. Elle permettra à la France de ratifier le deuxième protocole au Pacte sur les droits civils et politiques des Nations unies, qui conforte l'abolition dans les États signataires. Nous souhaitons que soit ratifié à cette occasion le treizième protocole à la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'homme, qui a la même finalité.

Mais cette révision revêt surtout une portée symbolique et morale considérable. En l'inscrivant dans le titre VIII de la Constitution, consacré à l'autorité judiciaire, la République française proclame qu'il ne saurait plus jamais y avoir en France de justice qui tue.

Cette révision s'inscrit enfin dans les progrès constants de la cause de l'abolition en Europe et dans le monde. En 1981, nous étions le trente-cinquième État dans le monde à abolir la peine de mort. Vingt-cinq ans plus tard, sur près de 200 États membres de l'ONU, 129 sont abolitionnistes. C’est dire que l’abolition est devenue majoritaire au sein des États du monde.

En Europe, notre continent, ravagée pendant tant de siècles par la pire des criminalités – l’on pense en particulier à la première moitié du XXe siècle –, la peine de mort a disparu, sauf en Biélorussie, le dernier des États staliniens. Mais quel progrès réalisé par la civilisation européenne !

La Cour européenne des droits de l'homme, qui dit le droit en matière de libertés pour l’ensemble du continent, a condamné en 2003 la peine de mort comme "une sanction inacceptable, voire inhumaine, qui n'est plus autorisée par la Convention européenne des droits de l'homme". La Cour a marqué ainsi, solennellement, que l'abolition se fonde sur le premier des droits de l'homme, le droit au respect absolu de sa vie, qu'aucun État démocratique ne saurait violer.

Dans l'ordre international, les conventions et les déclarations se sont succédé – je n’en donnerai pas la liste ; je citerai simplement, car il est riche de sens, le traité de Rome de 1998 créant la Cour pénale internationale, dont on sait qu’elle a pour mission de lutter contre l’impunité des pires criminels qui soient et dont les statuts ont exclu le recours à la peine de mort.

Ainsi, l'Humanité va de l'avant, même si certains États, notamment la Chine, l'Iran, l’Arabie saoudite, mais aussi les États-Unis, grande république amie, voient, hélas, se succéder encore trop souvent condamnations et exécutions. C'est pourquoi la France se doit d'être partout présente, quand il s'agit de combattre la peine de mort.

En ce moment même, nous devons nous mobiliser pour que les cinq infirmières bulgares et le médecin palestinien condamnés à mort en Libye (Applaudissements sur tous les bancs), au mépris de toute justice, soient sauvés par notre action.

Il nous faut de même soutenir l’action entreprise par la présidence allemande de l'Union européenne et le Parlement européen, qui viennent de demander, dans une résolution récente, la "mise en place sans conditions d'un moratoire universel sur les exécutions capitales". Ce moratoire doit inspirer la trêve olympique sur la peine de mort – trêve olympique qui remonte au grand temps de la Grèce antique – que nous réclamons à l'occasion des Jeux olympiques de Pékin, en 2008.

Mais il ne suffit pas d’un moratoire sur les exécutions ; encore devons-nous obtenir un moratoire sur les condamnations elles-mêmes. Car nous refusons que s'accroisse plus longtemps la masse des milliers de condamnés à mort dans le monde – parmi lesquels il y a, nous le savons, des innocents –, qui peuplent les quartiers de la mort pendant des années, voire des décennies, dans l'attente angoissée de l'aube prochaine, qui sera peut-être la dernière.

Tant que, dans ce monde, on pendra, on décapitera, on empoisonnera, on lapidera, on suppliciera, toutes celles et ceux qui considèrent le droit à la vie comme un absolu moral, tous ceux-là ne doivent pas connaître de répit !

Je veux, en cet instant, dire au Congrès ma conviction absolue : la peine de mort est vouée à disparaître de ce monde comme la torture, parce qu'elle est une honte pour l'humanité. Jamais, nulle part, elle n'a fait reculer la criminalité sanglante ; pire encore, elle transforme le terroriste en martyr ou en héros aux yeux de ses partisans.

La peine de mort ne défend pas la société des femmes et des hommes libres, elle la déshonore ! Aussi refuserons-nous toujours et partout que, sous couleur de justice, la mort soit la loi. Pendant la guerre civile d’Espagne, à Tolède, les fascistes espagnols criaient "Viva la muerte !", "Vive la mort !" Qu’avons-nous à voir, nous, enfants de la liberté, avec ce blasphème sanglant ? Que vive la vie !

C'est cela le sens du combat pour l'abolition de la peine de mort. Nous accomplissons en cet instant le vœu formulé par Victor Hugo en 1848 : l’abolition pure, simple, irréversible ; j'ajouterai, pour la France, "universelle". (De très nombreux parlementaires se lèvent et applaudissent longuement.)

original_abolition

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vendredi 23 février 2007

Les CIQ aixois ne font pas de quartiers

plan_aixSuite à une déclaration du maire prétendant que, dès qu'elle a un projet, elle a "les CIQ sur le dos", une association a réagi en publiant une lettre ouverte. Voici l'essentiel du communiqué du CIQ Granettes Pey Blanc Saint-Mître et Souque. Ce texte a reçu l'appui du CIQ Pigonnet et du CIQ Est qui vont dans le même sens.

"Cette accusation est non seulement choquante, mais aussi déplacée, au regard du fait que les problèmes de logement, rencontrés aujourd'hui à Aix, proviennent essentiellement de l'imprévision qui prévaut depuis plusieurs années en matière d'urbanisme. […] Alors que l'opération Sextius-Mirabeau s'achève, on s'achemine vers une raréfaction de l'offre de logements, faute d'avoir mis en œuvre, à temps, une politique d'habitat et de réserves foncières.

Le tarissement de l'offre en logements n'est pas dû aux soi-disant obstructions des CIQ mais au fait que la ville n'a pas su anticiper, notamment par la révision du PLU (Plan local d'urbanisme, successeur du POS), pourtant décidée en juillet 2001, ni mettre en œuvre une véritable politique de réserves foncières.

Les actions que nous menons ne visent qu'à dénoncer le lancement désordonné de modifications ou révisions partielles, notoirement insuffisantes, et sans concertation ni réflexion globale sur ce que devrait être l'urbanisme d'Aix. Il est donc trop facile de rejeter la crise actuelle sur les CIQ…

Ce que n'accepte pas Mme le maire est, qu'à travers les actions que nous menons, nous pointions depuis déjà 3 ans ce manque de volonté et de vision politique. Le plus grave est que la crise actuelle ne peut qu'empirer, car nous en sommes au degré zéro de la révision du PLU, et celle-ci ne devrait pas aboutir avant 3 ou 4 ans avec toutes les conséquences humaines que cela devrait engendrer.

Aujourd'hui, hormis quelques personnes disposant de gros revenus, qui peuvent encore acheter à Aix, la grande majorité des nouveaux arrivants ainsi que les jeunes, dont nos propres enfants, n'ont plus les moyens de s'installer à Aix, ce qui aggrave les mouvements pendulaires sur les routes, avec leur cortège de fatigues, de pollution et de troubles dans les familles en raison de la tension induite par ces déplacements. […] Désormais, les entreprises hésitent de plus en plus à s'installer à Aix, faute de logements pour recevoir leurs salariés. 

En tout état de cause, la commission urbanisme de la Fédération des CIQ travaille d'arrache-pied à un livre blanc sur ce thème qui, nous l'espérons, pourra aider à faire avancer le débat."

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Le Carnaval d'Aix victime de la mouche tsé-tsé ?

carnaval_aixS'adressant au maire et à l'assemblée, l'élu délégué au Carnaval a lancé : "Je n'ai été tenu au courant de rien. J'ai été mis à l'écart."

Autant dire que, vu les conditions de préparation de la manifestation, on est mal parti. Pourtant, le maire venait de faire de la gonflette en annonçant un Carnaval renouvelé, "une féerie urbaine", avec pour thème "les insectes" et qui allait en mettre plein les yeux aux Aixois.

Mal lui en a pris. J'ai rappelé quelques évidences qui l'ont un peu énervée.

"Puisqu'on parle d'insectes, je ne sais s'il y aura la mouche tsé-tsé. Mais on voit bien que vous essayez d'endormir tout le monde. Le Carnaval d'Aix existe depuis 1984. Cela marchait très bien jusqu'en 2004, si bien que vous avez voulu le réparer et vous l'avez cassé !

En 2005, vous l'avez retardé pour cause de décès du pape. En 2006, vous avez baissé la subvention. Il n'y avait pas de chars. Vous avez fait quelque chose qui ne correspondait pas à l'esprit de cette fête et le public a boudé.

Cette année, vous dites vouloir le relancer. Mais vous additionnez un certain nombre de gens qui ne se sont jamais vus, au risque de la cacophonie ! Vous additionnez des gens et des choses sans aucune coordination. Une structure va recevoir 20 000 €, une autre 5 000 € et le Comité officiel 12 000 €. Il n'est plus fait appel à d'autres communes de la Communauté du Pays d'Aix. Vous réduisez la somme totale de 8 000 € par rapport à l'an dernier et vous mettez le Comité en grande difficulté.

Au point que ses bénévoles sont obligés de faire de la récupération de vieux chars pour en construire de nouveaux. Ils n'ont même pas d'argent pour acheter les peintures. C'est ça votre nouveau Carnaval ? Dites au moins la vérité ! Vous voulez faire des économies parce que le budget de la ville ne vous permet plus rien. C'est de la supercherie ! Quelle mouche vous a piquée ?"

A l'évidence, le conseil municipal ne savait rien de ce qui se tramait. Les élus ont reçu ma déclaration en pleine figure, plus douloureusement qu'une poignée de confettis.

Contactés, les responsables du Comité sont dubitatifs. Pourront-ils boucler leur travail pour le 1er avril ? Les chars seront-ils terminés ? Pourront-ils les sortir sans avoir perçu un centime de la ridicule subvention qui ne leur sera versée au mieux qu'en mai ? En cas d'échec, le maire ne pourra plus se défiler.

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jeudi 22 février 2007

OPAC et mairie : La double reculade

OPAC_annulation

La gestion de la ville par Mme Joissains est toujours surprenante. Ainsi, au début de la séance du conseil municipal du 19 février, le maire annonce sans explications que les trois dossiers concernant l'OPAC sont retirés de l'ordre du jour. Est-ce parce qu'ils sont incomplets ? Non. Est-ce parce qu'ils vont évoluer ? Non.

Les intitulés montraient bien qu'ils avaient trait à des opérations anciennes. Il était proposé d'annuler des garanties d'emprunt accordées par la Ville de 1998 à 2001, sous la municipalité de Jean-François Picheral.

Les délibérations indiquent en toutes lettres que l'OPAC a tout simplement déprogrammé la construction de 28 logements à "Campagne Nègre" (garantie de 2 M€), des réhabilitations à Beisson et au Jas de Bouffan (3,5 M€) et à Encagnane (1,2 M€).

Quand on connaît les problèmes de logement à Aix, on peut s'étonner de telles décisions. Evidemment, ces programmes ne sont pas en cause en tant que tels. Leur abandon a des origines nettement moins glorieuses.

Il est imputable au néant de la politique de l'habitat de l'équipe actuelle. Mais, ce n'est pas la seule raison.

Le désordre qui règne au sein de l'Office depuis six ans y est aussi pour quelque chose. Cinq directeurs différents, des dysfonctionnements sans fin et une absence de choix clairs ont créé cette situation sans précédent. Les victimes directes en sont les familles ayant déjà un logement et surtout toutes celles qui en attendent un.

Ayant sans doute compris que l'opposition n'allait pas laisser faire, le maire a fait marche arrière pour ne pas aggraver son cas. Mais, nous allons rester vigilants. Les dossiers en question pourraient refaire surface sous une autre forme moins visible.

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A Aix aussi : deux CV, deux mesures. On en parle ?

logo_cvA l’automne 2005, les émeutes urbaines embrasent la France. A Aix-en-Provence, rien ne se passe. Un jeune Aixois, Nabil Sorf, se demande pourquoi. Il crée une association, L’Acte citoyen, et lance une grande enquête auprès de 350 jeunes de 18 à 25 ans au Jas-de-Bouffan, à Corsy, à Encagnane, à la Pinette et à Beisson.

Comme il le pressentait, la jeunesse aixoise de ces quartiers ne respire pas la joie de vivre. Près de 60% des personnes interrogées sont au chômage. Plus d’un tiers des sondés se disent victimes de discrimination à l’emploi.

Une expérience, désormais banale, est faite avec un jeune homme au patronyme maghrébin. Deux CV, l'un à son propre nom, l'autre au patronyme européen, sont envoyés pour postuler à un emploi dans l’hôtellerie. Pour le premier, la réponse est négative, pour le second positive.

“Nous avons mis en contact ceux qui avaient un dossier étayé prouvant la discrimination à l’embauche avec la Halde (Haute Autorité de lutte contre la discrimination). Sans jeter la pierre à cette institution, on peut dire que ses moyens sont extrêmement limités. La plupart des jeunes n’ont eu aucune réponse. Désormais, un sentiment d’impuissance domine.”

Lorsque cent entreprises signent la "charte de la diversité", L’Acte citoyen prend contact avec elles : “Seules deux nous ont répondu. Cette charte est un peu comme celle de Nicolas Hulot, dans la réalité, c’est du vent.”

L’autre grand enseignement de l’étude menée par L’Acte citoyen, c’est la “ghettoïsation” de fait des jeunes issus des quartiers défavorisés : “La grande majorité des jeunes ne fréquentent pas les boîtes de nuit ou les cafés du centre-ville. Ils savent qu’ils ne rentreront pas. Inutile non plus de chercher un logement dans certains quartiers. Aix est réputée comme une ville étudiante agréable. Mais c’est loin d’être le cas pour l'autre jeunesse aixoise.”

Pour en parler, L’Acte citoyen et un collectif d’associations organisent, vendredi 23 février de 9h00 à 19h00, un colloque à l’amphithéâtre de la Verrière (Cité du livre d’Aix) intitulé Osmos 2007.

Au programme, un espace d’information, des débats autour de la diversité dans l’entreprise, des projections de films, une expo photo et des représentations théâtrales. La Halde, la direction départementale du travail, la Chambre de commerce et d'industrie de Marseille, l’Union patronale, le Mrap 13 feront notamment partie des invités.

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