mercredi 7 mars 2007

D'autres brèves qui tuent…

Amende honorable

L'information sur la signature de la vignette, c'est de l'intox ! La blague est quand même très bonne. Elle montre que nos esprits sont mûrs pour faire avaler n'importe quoi au nom de lois toujours plus imbéciles, ultra-sécuritaires ou pouvant porter atteinte à la liberté individuelle.

Pour tout vous dire, moi aussi, j'ai marché même si je ne me suis pas pressé pour signer mon petit carré vert. Quoi qu'il en soit, je vais quand même planquer mon papier hygiénique parce qu'il est plus probable qu'un certain ministre veuille en connaître la couleur sans mon autorisation.

Le site "hoaxkiller" vérifie toutes les rumeurs.

http://www.hoaxkiller.fr/hoax/2004/vignette_assurance.htm

Test de désintégration

De passage à Marseille, Sarkozy a fait très fort. Il nous veut du bien et, surtout, il veut nous protéger contre les envahisseurs. Jamais à court d'idée – mais en idées courtes – il s'est donc prononcé pour une nouvelle mesure visant à instaurer un "test d'intégration" préalable passé dans le consulat du pays d'origine. "Je souhaite que tout candidat au regroupement familial soit soumis à un test d'intégration démontrant ses connaissances sommaires de la langue française".

Essayons de comprendre. D'abord, comme il faut un certain temps pour acquérir entre 200 et 500 mots, on imagine bien que le candidat n'est pas près d'obtenir son droit d'entrée sur notre territoire. Ensuite, on peut concevoir que, tous ceux qui ne possèdent pas un minimum de bases et qui sont déjà ici, devront faire leurs preuves. On peut alors inventer une nouvelle mesure pour les expulser, non plus avec des menottes mais avec un dictionnaire à la main.

Là, ce serait cocasse car quelques "vrais" Français pourraient en faire les frais. Prenons deux exemples vraiment au hasard : deux bons candidats, Muselier, spécialiste du langage approximatif et Joissains, adepte de la prose élégante. Moi, je ne trouverais pas choquant qu'ils soient eux aussi soumis au jeu du fumeux test.

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Les SDF à la rue : les aveux de Joissains

expulsion

La cour d'appel d'Aix-en-Provence a ordonné mardi aux Enfants de Don Quichotte installés dans des tentes devant l'Office de tourisme de la ville de quitter les lieux sous peine d'expulsion. "Cette décision de justice est une première en France concernant les campements des Don Quichotte", a déclaré l'avocate de la mairie.

La Cour ordonne "aux treize personnes citées" et "à tous les occupants de libérer, de leur chef sans délai, les lieux", et "à défaut leur expulsion, au besoin avec le concours de la force publique", précise le jugement en invoquant le "trouble à l'ordre public" occasionné. Le maire s'est réjouie de cette décision.

Elle a cependant précisé que la notification par huissier de ce jugement à tous les occupants du campement prendrait "de quatre à cinq jours", ce qui empêche toute expulsion de force d'ici là. La décision d'utiliser la force publique pour une éventuelle expulsion revient au préfet.

Les occupants des tentes se sont dits "déçus" mais n'ont pas encore décidé d'un éventuel pourvoi en cassation. Ils n'envisagent pas de stopper leur action mais pourraient la poursuivre sous une autre forme. Leur avocate, Maître Claudie Hubert, a estimé que ce "problème social" ne pouvait être réglé de cette manière. Elle a déclaré à la télévision : "On va se lancer dans toutes les hypothèses juridiques possibles, aller en cassation par exemple ou pourquoi pas envisager de demander aux autorités publiques de faire respecter le droit au logement."

Sur France 3, Joissains a fait cette réponse confondant culot et bon sens : "Moi, j'ai pas de solutions comme ça, j'ai pas d'appartements comme ça, il faut 3 ans pour faire des programmes de logements. Je viens de dire que j'avais des listes d'attente et qu'y avait (sic) priorité à ceux qui étaient en listes d'attente. Pour le moment, je leur offre un toit et la possibilité de faire leurs papiers, c'est-à-dire de réintégrer la situation de beaucoup de Français. Donc, je ne peux pas faire plus dans l'immédiat que leur offrir ces solutions-là. Euh, après, le reste viendra dans la… dans la… dans la durée. Vous pensez bien que, pour faire des logements, je vous ai dit il faut 3 ans. Même à court terme, je peux pas (sic) offrir des logements en priorité. Et ces personnes-là ne sont pas prioritaires par rapport à celles qui sont sur listes d'attente et qui sont, pour certaines, chargées d'enfants et qui attendent depuis très longtemps qu'on mette en place des programmes, des solutions HLM."

Je conseille de bien relire chaque phrase de cette déclaration, y compris les hésitations. Que d'aveux ! Il n'y aura donc pas de logements avant trois ans. Il y a donc bien des milliers de familles sur listes d'attente depuis très longtemps.

Mais qui est maire d'Aix ? Qui est présidente de la CPA ? Qui a lancé un Plan Local de l'Habitat qui ne fonctionne pas ? Et, surtout, qui est présidente de l'OPAC qui n'a construit que 12 logements HLM depuis 6 ans ? Et que propose le maire aux sans-abri ? D'aller à l'auberge de jeunesse – dont ce n'est pas la vocation et qui accueille déjà des étudiants qui ne trouvent pas à se loger –, ou de se présenter à l'hébergement d'urgence où les places manquent et les personnes doivent partir le matin sans savoir si le soir suivant ils pourront revenir.

C'est sans compter que l'hébergement d'urgence fermera le 15 mars et que les SDF demandent des solutions durables, pas des morceaux de lune. Ca, ils connaissent déjà à force de coucher à la belle étoile.

Mme Joissains se moque vraiment de tout le monde. Et puis, vive l'humanisme de Mme le maire, fausse radicale, vraie UMP ! On savait qu'Aix hébergeait un maire pas à la hauteur. On sait désormais qu'elle explore aussi les profondeurs.

Pour voir ou revoir le reportage de France 3 :

http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b13a_1920

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mardi 6 mars 2007

Retard à l'allumage

Un problème technique indépendant de ma volonté a provoqué un léger retard dans la parution des nouvelles du jour. Maintenant, ça marche. Rassurez-vous, je ne suis pas surveillé par les RG ou la DST, enfin, je ne crois pas… Je n'ai pas aperçu non plus le GIGN autour de chez moi. Mais sait-on jamais. Bonne lecture.

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Des brèves qui… tuent

Amende amère

Savez-vous que 90% des automobilistes sont susceptibles d'écoper d'une amende alors qu'ils se croient à l'abri de toute infraction ? Je viens de découvrir dans un article de presse que, si l'on n'a pas signé le verso de la vignette d'assurance qu'on est franchement fier de placer sur le pare-brise de notre teuf-teuf, on risque une amende de 180 euros et l'amertume qui va avec !

Ce n'est pas un canular ! Le décret 2004-293XBS relatif à la sécurité routière a créé une infraction spécifique à tout conducteur se trouvant dans ce cas.

Actuellement, la chasse aux "tête-en-l'air" a commencé dans le Nord de la France. Ca va sans doute s'accélérer, vu le déficit abyssal de notre pays. L'envahissant ministre de l'intérieur porte bien son titre. Il veut maintenant aussi passer sa tête dans notre véhicule.

Si vous ne me croyez toujours pas, allez jeter un coup d'œil à votre contrat d'assurance. Vous constaterez qu'il existe un article R. 69 PQ (authentique !) recommandant : "la vignette à apposer sur le pare-brise n'est valable que si le verso est signé par le souscripteur du contrat".

Si le ministre devient président, viendra-t-il aussi vérifier (je vais m'en tenir à ça) la couleur de notre papier hygiénique ?

Jardin… en béton

Les palissades du chantier Rotonde ont été enlevées, laissant apparaître l'espace qui devait devenir un  grand jardin "au cœur de la ville". Et qu'y voit-on ? D'énormes dalles de béton sur un malheureux hectare. Mais, me direz-vous, en montagne, la roche n'empêche pas les fleurs de pousser de la tige. Oui, d'accord, mais, là, même lorsque la statue de Cézanne y aura été placée, il y a peu de chances que notre peintre y découvre une nature verdoyante.

En revanche, les futurs occupants de l'immeuble qui a pris la place de l'ancien casino municipal auront des arbres à portée de vue. Pourquoi ce "privilège" ? Le trottoir ayant été réduit à néant, les platanes frôlent les fenêtres ! Heureux résidants, ils pourront occuper leurs week-ends à toucher les arbres et même étrenner leur sécateur tout neuf pour les émonder férocement. A moins que, masochistes en diable, ils ne préfèrent laisser les branches pénétrer dans leurs chambres pour agrémenter leurs appartements d'un décor jungle.

Foutages de gueule

La presse a rappelé que le problème des antennes relais soulevé en octobre dernier reste entièrement posé. Comme on le sait, le maire n'a donné suite ni aux interrogations de l'association d'Encagnane ni aux demandes des élus au conseil municipal.

Plus efficace a été Genzana, destinataire d'un courrier de la part des habitants lui demandant de jouer de son influence. Le grand monsieur répond, car il répond toujours, qu'ils sont formidables, "représentatifs", que leur "engagement est sérieux", que "leurs interrogations sont légitimes" et bla bla bla bla bla. N'en perdant pas une, il conclut par ceci, je cite encore : "Je souhaiterais, dans le cadre de la "Grande Consultation de tous les Aixois", vous rencontrer afin de mieux évoquer avec vous des solutions susceptibles de répondre à votre attente."

Oui, vous avez bien lu. Et là, je m'esclaffe ! Non vraiment, cette mairie est sans principes et ne manifeste aucune précaution pour se foutre ouvertement de la gueule des Aixois. (voir lettre ci-après)

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Des antennes oui, mais sans relais…

Voici la lettre que l'association d'Encagnane a adressée au directeur de l'OPAC le 14 février en réponse à sa lettre du 23 janvier 2007. On comprendra mieux pourquoi cette affaire fait tourner tout le monde en rond.

Monsieur le Directeur Général,

Le 23 janvier, vous nous avez adressé un courrier pour répondre à "notre demande de déposer des antennes de téléphonie mobile de l’odyssée". Or, il apparaît à la lecture de votre correspondance que vos propositions ne correspondent nullement à nos exigences. De plus, la lettre qui vous a été adressée par Mme la Députée Maire et aussi Présidente de l’OPAC avait pris en compte nos inquiétudes et vous demandait :

-- d’arrêter le processus,

-- de faire désactiver les antennes posées,

-- de commander une expertise (par rapport aux normes de l’OMS),

-- de procéder à une vaste information sur le terrain.

A ce jour, le processus n’est pas arrêté, les antennes ne sont toujours pas désactivées et l’information sur le terrain est inexistante. Vous avez fait réaliser des mesures de fréquences en nous invitant à y assister. C’est ce que nous avons fait et nous vous en savons gré, mais permettez-nous de nous étonner des conditions et de leurs validités.

En effet, à votre courrier du 23 janvier dernier, vous avez joint une correspondance datée de ce même jour, adressée à Monsieur le Directeur de SFR l’invitant "de baisser au maximum l’intensité des fréquences" des émissions. A quoi donc peuvent servir ces mesures si elles sont effectuées de façon ponctuelle et, de plus, à puissance d’émission des antennes relais réduite au minimum ? Le cabinet "LOXEL" n’est d’ailleurs qu’un prestataire de service pour le patrimoine immobilier.

De plus, aucune étude ou information sur les conséquences sanitaires des émissions électromagnétiques n’a été formulées par cette dernière. En aucun cas ces mesures ne peuvent lever l’hypothèque du danger potentiel. Aussi, le principe constitutionnel de précaution est plus que jamais à recommander en pareil cas.

D’autre part, vous avez demandé à l’opérateur SFR de vous communiquer les conditions de résiliation du contrat. Une fois encore, nous sommes très surpris par cette demande ! Le bail que vous avez dû signer avec celui-ci devrait avoir prévu par prudence une clause de résiliation ou même de rétractation.

Quoi qu’il en soit, nous apprécierions de connaître la réponse qui vous sera faite. Nous vous rappelons que l’un des buts poursuivis par notre association consiste à faire démanteler les antennes relais posées de façon scandaleuse sur les immeubles de l’Odyssée.

Enfin, tant dans ses interventions orales (séance du conseil Municipal du 18 décembre 2006) que dans une correspondance qu’elle vous a adressée, Mme la Députée Maire et Présidente de l’OPAC, soutient à l’évidence les thèmes de nos exigences.

Veuillez agréer, Monsieur le Directeur Général, à l’assurance de nos sentiments de citoyens responsables.

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lundi 5 mars 2007

Bonjour, c'est pour un sondage…

rouletteLa campagne électorale n'a pas encore livré, et de loin, toutes ses surprises. Les sondages se sont toujours trompés. Enfin, disons qu'ils n'ont jamais donné les bons résultats. C'est bien connu, les intentions de vote ne font pas le vote.

Alors, que penser des sondages politiques ? Les méthodes utilisées sont-elles scientifiques ?

Pour ces élections présidentielle et législatives, dont les enjeux sont atypiques par rapport aux précédentes, les incertitudes n'ont jamais été aussi fortes. On sent bien que cette échéance va être cruciale pour l'avenir de la France.

Les difficultés quotidiennes et les craintes existentielles que connaissent des millions de Français ne sont pas étrangères aux confusions en tous genres qui les envahissent. Chaque jour voit des ralliements inattendus en direction de candidats d'un autre camp, des discours politiques empruntant les arguments des adversaires, bref, une perte de repères qui ne peut que troubler la lisibilité politique.

Malgré des efforts de regroupements autour de candidatures à vocation majoritaire, on constate une fragmentation des opinions aux extrêmes qui explique l'inflation des postulants. Comment y voir clair ? Et c'est là que je veux en venir. Comment faire confiance aux sondages ? Comment les instituts osent-ils donner des tendances aussi "précises" ?

En fait, disent-ils, pour y parvenir, ils introduisent des éléments de pondération et de correction, qui leur permettent d'annoncer qui des deux candidats, qu'ils ont désignés, gagnera alors que, au mieux, les marges d'erreur sur des panels de 1000 sondés vont de 3 à 5%.

Pour vendre, les médias ont souvent besoin d'informations simplifiées et superficielles. Les sondeurs se plient à leurs prétendues attentes, qui seraient donc aussi celles des lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, électeurs et gogos.

J'aimerais bien savoir pourquoi il n'est jamais tenu compte des abstentions, qu'il ne faut pas confondre avec les "sans opinon". Les abstentionnistes ne sont jamais les mêmes d'un scrutin à l'autre. Ils peuvent donc faire varier les résultats de manière conséquente.

Pourquoi on élimine les votes blancs ou nuls qui sont impossibles à quantifier à l'avance et qui, le soir de chaque tour, révèlent de vraies surprises. Pourquoi on néglige les motivations qui président aux choix subjectifs faits par les électeurs, sachant que, pour une même personne, elles peuvent changer aussi d'une période à l'autre.

Pourquoi ne dit-on pas que le résultat du second tour est calculé sur des reports massifs et volatils, donc imprévisibles, sur chacun des deux candidats qualifiés qui n'auront réuni à eux deux au premier qu'entre 45 et 50% des voix (en 2002, c'était moins de 40% !).

Le corps électoral lui-même n'est jamais identique d'une élection à une autre, pas plus que le contexte politique général. Les réactions de rejet systématique des majorités en place devraient ouvrir les yeux. Les dernières élections régionales et cantonales ont très probablement signifié que les électeurs souhaitaient des contre-pouvoirs. Les manifestations contre le CPE aussi.

Le cas du referendum, me semble-t-il, a été d'une tout autre nature avec un nouveau pas franchi vers la perturbation. Une redistribution des cartes est apparue que nous ne connaissions pas auparavant. Le "oui" a résulté de l'addition de votes de tous les bords, tout comme le "non" majoritaire s'est formé en piochant dans tous les partis. Les logiques habituelles internes aux partis ont volé en éclats.

A mon avis, ces fragmentations à géométrie instable préfigurent ce qui pourrait se passer les 22 avril et 6 mai prochains. C'est sans doute là que se trouve le secret de l'intérêt et de l'engouement que suscite cette élection présidentielle au caractère inédit.

En sortira-t-il un bien ou un mal ? Qu'en pensez-vous ?

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dimanche 4 mars 2007

Raymond Barre, la mémoire abjecte

L'émission "Les Rendez-vous des politiques" de France Culture recevait jeudi 1er mars (émission enregistrée le 20 février) Raymond Barre pour son dernier livre. Dans sa présentation, le journaliste Raphaël Enthoven le compare à Mendès-France et à Camus. Bigre !

Tout de go, Barre déclare qu'il ne regrette pas d'avoir défendu le sinistre Papon, le qualifiant même de "grand commis de l'Etat". Selon lui, il a bien fait de ne pas démissionner sous l’Occupation afin "de limiter la casse". "On démissionne quand il s’agit d’un intérêt national majeur. Ce n’était pas le cas", a-t-il affirmé. Ah, bon ? Le procès n'a donc servi à rien ? Il n'a rien démontré ?

Quand on pense que Barre a été maire de Lyon, précisément là où la Résistance a eu à souffrir atrocement de la Gestapo (pauvre Jean Moulin), on se dit qu'il n'a pas de figure.

Rien à dire non plus sur Papon, préfet de police de Paris (la "Kommandantur" qui, de triste mémoire, a provoqué la mort de 9 personnes le 8 février 1962 lors d'une manifestation pour la paix en Algérie à Charonne) sous de Gaulle, puis ministre du budget sous Giscard dont Barre était le premier ministre ?

Interrogé aussi par les journalistes sur ses propos après l'attentat de la rue Copernic en 1980, qui évoquaient "l’attentat odieux qui voulait frapper les Israélites qui se rendaient à la synagogue et qui a frappé des Français innocents", Barre a nié qu’il s’agissait d’un lapsus. Il s’est dit victime "d’une campagne menée (à l’époque) par le lobby juif le plus lié à la gauche". "Le lobby juif est capable, pas seulement en ce qui me concerne, de mener des opérations indignes et je tiens à le dire publiquement", a-t-il asséné à la radio.

Enfin, il a estimé que "Gollnisch est un homme bien".

Je trouve cela abject sur toute la ligne.

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Si la dissidence électorale augmente…

liberation

Libération a publié le 3 mars une interview de Dominique Reynié, spécialiste des grands mouvements de l'opinion publique. Interrogé par Christophe Forcari, il explique pourquoi, depuis quelques années, les électeurs refusent de voter ou choisissent le vote de perturbation, comme le fait le hacker informatique, pour bloquer le système.

Quelles sont les caractéristiques des dernières élections présidentielles ?

Probablement la combinaison d'un vote sanction systématique et de la montée de comportements électoraux critiques, dissidents. Les électeurs expriment à la fois leur mécontentement et donc sanctionnent la majorité sortante. A cette occasion, ils expriment à travers le vote une insatisfaction sur la manière dont fonctionnent la démocratie et la procédure électorale. Non seulement ils critiquent la façon dont les majorités gouvernent, mais aussi la manière dont elles sont désignées. La combinaison des deux me paraît caractéristique.

Comment se manifeste cette double critique ?

D'abord, dans la montée de l'abstention ; ensuite, dans la poussée des votes blancs ou nuls ; enfin, dans la progression du vote pour les partis extrémistes, tels le FN, le MNR, les partis trotskistes. En agrégeant ces trois types de votes, en les comptabilisant ensemble, je construis un indicateur électoral que je nomme la dissidence électorale. Ils traduisent, bien évidemment, des comportements tous différents les uns des autres mais qui présentent le point commun de traduire une relation critique avec à la fois la convention électorale et l'offre électorale. En 2002, le vote pour les extrêmes n'est plus seulement un vote protestataire mais un vote de perturbation qui a pour visée de bloquer le système. Comme si les électeurs se comportaient en hacker informatique. Un vote protestataire reste un vote d'opinion. L'électeur émet une opinion, il essaye alors de dire : «Je dis quelque chose. Ecoutez-moi !» Le vote de perturbation devient un vote actif. Il consiste à faire quelque chose pour planter le système. L'électeur suppose que même s'il prend la parole, il ne sera pas entendu.

Depuis quand les électeurs français sont-ils entrés en dissidence électorale ?

L'abstention au premier tour de la présidentielle augmente de façon notable en 1981 par rapport à 1974. L'abstention était liée à un très faible niveau d'éducation. Or celui-ci ne cesse de progresser et l'abstention croît toujours. Ce n'est pas contingent et répond à des raisons profondes qui expriment une méfiance à l'égard des changements du monde et de la société française. A partir de 1981, la France rentre dans un contexte historique marqué par les progrès du politique restrictif. Une certaine manière de gouverner en distribuant des ressources touche à son terme. Le système politique apparaît de moins en moins en capacité de répondre aux attentes, aux demandes des électeurs. Pour des raisons démographiques comme pour des raisons d'endettement croissant puis plus tard avec les critères de Maastricht, le personnel politique en France plonge dans une situation où les contraintes les rendent sinon sourds, du moins impuissants face aux revendications des électeurs. Ils ne peuvent plus répondre aux demandes de distribution de ressources. Un exemple, le désir de prendre sa retraite plus tôt, qui répond à une conception progressiste, n'est plus de mise. Aujourd'hui, les politiques disent non seulement que ce n'est plus possible mais qu'il va falloir travailler plus longtemps. Pour de nombreux électeurs, c'est au moment où les mécanismes de la sécurité sociale semblent particulièrement utiles, en raison des effets de la globalisation, que les gouvernants annoncent leur nécessaire révision, que ce n'est plus possible, qu'il va falloir tourner la page.

Les cohabitations successives ont-elles accentué ce phénomène de dissidence électorale ?

Je ferais l'hypothèse que oui. A partir de 1981, les Français ressentent ce changement d'époque et que, face aux nouveaux défis, les politiques ont de plus en plus de mal à répondre à leurs attentes. Les cohabitations agissent comme une variable institutionnelle favorisant la dissidence électorale. Un rendez-vous électoral sert à imputer clairement la responsabilité politique à l'un ou l'autre camp. Il faut qu'on puisse clairement savoir qui a la responsabilité politique de la situation. Or les cohabitations successives ont entretenu une confusion des responsabilités obérant la prise de décision électorale. Les électeurs finissent donc par envoyer le même signal aux partis de gouvernement sur le mode «on ne croit plus en vous». Soit alors l'électeur s'abstient, soit l'offre ne lui convient pas et il vote blanc, pratiquant alors une forme d'abstention civique. La prochaine élection ne se fera pas au sortir d'une cohabitation.

Cette configuration peut-elle atténuer la dissidence électorale ?

La précédente élection sans cohabitation remonte à 1981. En 2007, la situation pour les électeurs est claire. La droite gouverne et dispose de tous les leviers du pouvoir. Cet élément devrait favoriser la mobilisation en faveur de la gauche de gouvernement. Cela pourrait effectivement provoquer un reflux de la dissidence électorale. Le précédent du 21 avril 2002 peut également précipiter les citoyens vers les urnes pour éviter d'avoir à choisir au second tour entre la droite et l'extrême droite. C'est en tout cas le diagnostic qu'ont fait les deux grands partis de gouvernement. Pour ramener les électeurs vers les urnes et surtout pour les amener à voter pour eux, il y a une candidate socialiste désignée de manière ouverte et compétitive et, à l'UMP, un candidat contraint de faire des forums et de mettre en scène une forme de rénovation du parti. Les deux candidats représentent également une nouvelle génération. Cela peut aussi constituer une réponse à la dissidence électorale. Ils manient également volontiers une rhétorique populiste à même de réduire cette dissidence électorale en remettant régulièrement en cause le fonctionnement du système. Le discours sécuritaire de Sarkozy, la proposition du jury citoyen de Royal sont des exemples caractéristiques de cette forme de populisme. Mais François Bayrou surfe, lui aussi, sur cette vague quand il dénonce le complot médiatique et la collusion UMP-PS.

Mais ce populisme peut aussi avoir l'effet inverse et renforcer cette dissidence électorale...

Le risque est réel. La configuration de l'élection de 2007 est inédite, en termes de candidats, de générations, de registres de langage. Cette offre politique renouvelée peut constituer une réponse à la dissidence électorale, qui ne peut plus augmenter sans ébranler le système. Elle peut également sonner le triomphe de Jean-Marie Le Pen, accusé pendant des années de tenir un langage populiste et qui voit aujourd'hui les autres candidats s'aligner sur un registre comparable. Le niveau de séduction exercée par les idées de Le Pen se situe dans les eaux hautes de la période de cohabitation. Son premier succès, c'est 1988. Si en 2007, le vote Le Pen se maintient à un haut niveau, même s'il ne parvient pas au second tour, alors qu'il n'y a pas eu de cohabitation, il faudra penser que les causes du vote FN sont bien plus profondes. La dissidence électorale érode, au final, la légitimité du gagnant... En 2002, la dissidence représentait plus de 51 % des inscrits, contre 19,4 % en 1974... Les gagnants se partagent donc 49 % des suffrages. Au final, celui qui est élu n'a rassemblé que 10 % ou 15 % des inscrits au premier tour. 2002 n'est pas un accident. Déjà, lors des législatives de 1997, la dissidence électorale rassemblait plus de la moitié des inscrits, avec 52,4 %. Le record de dissidence électorale s'établit aux législatives de juin 2002 avec 55,8 % des inscrits. Donc après le 21 avril 2002, qui pouvait laisser supposer un sursaut électoral. Evidemment, dans la dissidence électorale, l'abstention domine. Mais, au premier tour de la présidentielle, l'abstention comptait pour le quart de la dissidence électorale en 1981 pour seulement un peu plus de la moitié en 2002. Ce qui fait que la dissidence électorale a augmenté depuis 1988 à chaque élection, c'est d'abord le vote pour l'extrême droite. C'est ensuite le vote pour l'extrême gauche, avec un record en 2002.

Si les électeurs jugent que le système politique n'est plus en mesure d'améliorer leur existence, ils se retirent du jeu, via l'abstention, ou en critiquent le fonctionnement, via le blanc ou les votes protestataires. Pour certains, c'est un renoncement. Les électeurs considèrent que le vote n'est pas en mesure de déterminer la politique appliquée au pays. La dissidence électorale constitue la première étape d'une crise plus grave. Elle ne constitue pas le stade suprême de la crise. Elle s'exprime au coeur d'un système régulé par l'élection avec une proportion croissante de scepticisme. Mais l'ensemble du système s'ordonne toujours autour de l'élection. L'étape suivante serait que cette dissidence s'exprime en dehors du champ électoral. Aujourd'hui, tout continue encore à se jouer autour de l'élection présidentielle, qui est mise en scène comme notre élection reine.

Qui sont ces dissidents ?

Ce n'est pas homogène. Le profil diffère suivant les types de dissidence. Le profil des dissidents qui votent pour l'extrême gauche est très différent du profil de ceux qui votent pour l'extrême droite. En terme de masse, abstentionnistes et électeurs d'extrême droite viennent avant tout des couches populaires. Ce sont les principaux pourvoyeurs de la dissidence électorale.

L'intégration dans l'Union européenne, qui donne l'impression que les décisions sont prises ailleurs, a-t-elle accéléré ce phénomène ?

Le discours sur la montée en puissance de l'Union européenne, perçue comme un pouvoir supranational sur lequel on agit peu, couplé au discours sur la globalisation, phénomène transnational sur lequel les électeurs ne peuvent peser, préoccupent les esprits depuis les années 90 avec Maastricht, l'effondrement du communisme et l'universalisation du marché. C'est un changement d'horizon radical, un nouvel arrière-plan extrêmement déterminant. Mais il faut se demander comment cela se passe dans les autres pays européens qui sont soumis aux mêmes contraintes. Certains connaissent les mêmes phénomènes de dissidence électorale avec la même force et parfois même plus encore. La Pologne est le pays le plus proche de la France et, de manière générale, toutes les anciennes démocraties populaires qui cumulent des taux d'abstentions élevés et un haut niveau de votes protestataires. Cela dit, avec les scores importants réalisés par le Vlaams Belang, la Belgique tomberait dans la dissidence s'il n'y avait pas dans ce pays le vote obligatoire. Mais la comparaison avec les autres pays européens est compliquée. Le système politique le plus exposé au scepticisme des électeurs constatant l'européanisation compliquée et la mondialisation inquiétante est celui où l'on prétend à la fin confier le pouvoir à une personne et une seule. Peut-être, aux yeux des électeurs, l'élection présidentielle pose-t-elle un problème spécifique dans notre nouveau monde.

Est-ce qu'elle ne porte pas une promesse invraisemblable ?

Elle demande à l'électeur de croire à la puissance providentielle. Aujourd'hui, cette croyance s'affaisse. L'électeur ne croit plus que sa vie puisse s'améliorer par la grâce d'un chef. A fortiori dans ce monde où émergent de nouvelles économies. Les citoyens n'imaginent pas qu'un homme, fut-il Président, sera en mesure de contrer ces phénomènes planétaires.

Quel est le stade ultime de la dissidence électorale ?

Lorsque la crise s'exprimera en dehors du champ politique conventionnel. Selon l'Insee, trois millions de personnes ne sont pas inscrites sur les listes électorales. Trois millions d'électeurs ne peuvent même pas être invités aux rendez-vous électoraux. C'est une masse énorme. Certaines estimations laissent même penser que ce chiffre pourrait être plus important. Ce n'est même plus du silence. Toutes ces personnes sont électoralement invisibles. Des jeunes, des ouvriers, des employés, des urbains, des hyperurbains appartiennent à cette foule des invisibles. Or l'inexistence civique concerne surtout les catégories qui ont le plus de problèmes. Du coup, leur non inscription réduit l'importance de leurs problèmes aux yeux des politiques. Leurs difficultés, leurs malaises apparaissent d'autant moins dans le champ politique que ces Français ne sont même pas membres du club électoral. La preuve, dans notre société suradministrée et passionnée de statistiques, on ne connaît même pas leur nombre !

Professeur à Sciences-Po, chercheur au Centre d'étude de la vie politique française, Dominique Reynié dirige également l'Observatoire européen des élections à la Fondation Robert-Schuman. Spécialiste des grands mouvements de l'opinion publique, il a notamment publié, en 2004, la "Fracture européenne. Naissance d'une opinion européenne" (éditions de la Table Ronde) et a dirigé un ouvrage collectif, "l'Extrême Gauche, moribonde ou renaissante ?" (PUF, collection "Quadrige").

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samedi 3 mars 2007

Culture et confiture

culture_et_confitureBon, ce week-end, pas la peine de se prendre les méninges. La culture n'a rien à voir avec la confiture.

"La culture, c'est ce qu'on répond à l'homme quand il demande ce qu'il fait sur terre." André Malraux

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BILAN 6 : La culture à Aix victime du coup du revolver

Culture

Une année Cézanne plein pot. Mais des pans entiers de l'action culturelle laissés en jachère. Voire liquidés dans ses ferments et ses outils. Est-ce une politique digne de ce nom ? La municipalité crie cocorico. La réalité est différente. Etat des lieux de la déconfiture…

A la fin des années 70, le maire d'alors, actuel directeur de cabinet de Mme Joissains, liquidait le "Relais culturel du Sud-Est", structure bouillonnante d'idées et d'initiatives, devenue en peu de temps un haut lieu de la création artistique et de l’intelligence. On découvre aujourd’hui comme un air de famille dans la politique culturelle suivie par la municipalité.

Depuis six ans, la ligne est plutôt brisée. Pas un seul, mais une demi-douzaine d'élus sont chargés du secteur culturel. Allez y comprendre quelque chose ! Bravo pour la cohérence. Ce ne sont pas quelques initiatives montées ici et là pour donner le change qui font une politique culturelle.

Pendant ce temps là, dans les quartiers, on se demande comment peut survivre "Class-Rock", un projet génial, des tarifs réduits pour les jeunes, des concerts et… des subventions qui ne suivent pas. Depuis six ans, les associations de musiques actuelles se battent pour faire reconnaître leur identité et leur savoir-faire en direction de la jeunesse.

Dans la même charrette, "Danse à Aix" disparaît, le Carnaval traditionnel est remplacé par un défilé de masques sans chars que le public boude et, cette année, il est prévu une nouvelle mouture qui a tout de l'arnaque. Exit aussi l’ex-cinéma du projet Sextius-Mirabeau, liquidé l'Office des fêtes et de la culture, disparues la MJC Bellegarde et l'éducation populaire.

Ah, mais tout n'est pas perdu pour tout le monde. Au Jas de Bouffan, le Centre européen de création et de développement culturel ramasse la mise et dispose d'un budget de plus d'1 M€. Cette année, les subventions sont en baisse. Il faut dire que, irrégularités et opacité étant devenues des habitudes, le CECDC a été épinglé sur son étrange fonctionnement.

Heureusement, il reste quelques projets de culture solidement implantés par Jean-François Picheral : Centre Chorégraphique National de Preljocaj, Théâtre du Jeu de Paume, Bibliothèque Méjanes, Maison Méditerranéenne des Sciences de l’Homme, Archives Départementales, extension du musée Granet, programmation de la grande salle de spectacles et initiative de l’exposition Cézanne.

Mais attention, quel devenir pour l’Ecole supérieure d'Art et le Conservatoire de musique en termes de projets et de financements ? Que faire pour cacher cette détresse culturelle qui confine au désert en hiver ? Tout concentrer sur Cézanne et consacrer le budget d’un an de pratique culturelle à Aix pour une énorme manifestation qui a beaucoup plu certes aux touristes pendant trois mois ?

Privilégier une seule structure discutable au Jas de Bouffan monopolisant les subventions au détriment des petites associations ? Menacer les intermittents du spectacle et porter plainte contre ceux qui défendent les outils d'intérêt général ? Tout est à revoir.

Voilà un état des lieux qui devrait suffire à comprendre que la municipalité manie le revolver. Les Aixois auront à y réfléchir lors des prochaines échéances.

Posté par CASTRONOVO à 00:05 - - Commentaires [0] - Permalien [#]