jeudi 22 mars 2007

Sonder ou (se) tromper ?

instituts

Un outil de notoriété pour les instituts (8)

Les sondages politiques sont pratiqués en France principalement par six grands instituts : BVA, CSA-TMO, Ifop, Ipsos, Louis Harris et TN Sofres. Cette activité représente avant tout un instrument de notoriété pour ces instituts. Cela leur permet de se faire mieux connaître de leur cible d'entreprises, à l'occasion de la publication de leurs résultats et des partenariats noués avec la presse et les stations de radio et de télévision pour les émissions politiques et les soirées électorales. Ainsi, en 2000, par exemple, les sondages politiques n'ont contribué qu'à environ 3% au chiffre d'affaires d'IPSOS France et à 9% à celui de BVA.

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mercredi 21 mars 2007

Des brèves en chiffres

ISF, mon amour

394.518 : c'est le nombre de Français qui ont payé l'impôt sur la fortune en 2005.

Salaire, ma douleur

40% : c’est la proportion de Français qui voient chaque année leur salaire individuel baisser, selon le Conseil de l’emploi, des revenus et de la cohésion sociale.

Un signe ?

L'émission "J'ai une question à vous poser" sur TF1 a fait les scores suivants : Ségolène Royal 8,9 millions, Nicolas Sarkozy 8,2 millions, François Bayrou 6,7 millions.

Trou de mémoire

24 mois : c'est le temps nécessaire aux citoyens pour oublier le contenu des promesses électorales, selon le sociologue Yves Michaud.

Blogophiles

Quelque 10% des internautes visitent des blogs politiques, soit de 2 à 3 millions de lecteurs réguliers ou occasionnels.

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Aïe, je n'aimerais pas être à leur place

liberation

Dans la chronique Rebonds de Libération du 20 mars, Pierre Marcelle a écrit un article au fer rouge pour dire ce qu'il faut dire. Pour vous en faire savourer la pulpe, j'en ai extrait deux passages particulièrement frappeurs comme je les aime. A déguster lentement, jusqu'au bout…

Raymond, Simone, François…

Flottent dans cette campagne des remugles troublants, queues d'objets potentiels ayant tout pour devenir affaires, mais à propos desquels il semble acquis qu'on ne s'attardera pas. Ainsi des non-dits immobiliers du candidat d'à peu près toutes les droites. Le Canard enchaîné a posé, à propos de Nicolas Sarkozy et de certain promoteur de l'île de la Jatte, des questions auxquelles il ne fut pas répondu ; furent publiés des documents, précis, que nul porte-parole ne réfuta, ni a fortiori le principal intéressé (si j'ose dire). Le Canard, depuis, nasille dans un désert.

Ces questions de gros sous, comme disent ceux qui n'ont pas besoin de les compter, seraient donc d'une vulgarité telle qu'elles ne souffriraient pas qu'on s'y salisse la langue ; celle des candidats, bien sûr, celle des journalistes, dit-on, mais celle aussi ­ hélas, eh oui... ­ des "vraies gens", purs, vertueux et très soucieux d'éthique, mais dont on ne sache pas qu'ils aient jamais trop mégoté leurs suffrages à leurs élus enrichis, et même personnellement enrichis, par des trafics divers (Patrick Balkany, par exemple, bien élu et réélu après sa condamnation pour prise illégale d'intérêts. De ce que l'aujourd'hui encore député maire de Levallois-Perret réclame au Trésor public la remise gracieuse de ses dettes, qui s'émeut ?).

Et puis, y a l'autre... L'autre relent... Je parle de Raymond Barre, et du procès en antisémitisme que lui fit dans Claude Lanzmann (Libération du 6 mars). Et certainement fallait-il que s'y collât le réalisateur de Shoah pour réveiller (Oh, à peine...) quelques souvenirs, sinon une mémoire.

Le temps s'y prête, pourtant. Papon vient de casser sa pipe et Chirac de faire des adieux dans un bilan dont ne restera pour l'histoire (pour les manuels, surtout) que son discours à propos de Vichy, capitale de l'Etat pétainiste français ; et Lucie Aubrac disparaît, mais il faut à Simone Veil une semaine pour prendre ses distances d'avec le Commissariat aux... pardon, le ministère de l'Identité nationale et de l'Immigration de Nicolas Sarkozy.

Mais d'où vient que les sorties de Barre ne suscitent que la réprobation trop polie d'une inconscience ou d'un inconscient ? Serait-ce dû à l'indulgence qu'on accorde aux vieillards, à la prescription octroyée aux retraités des lambris, ou à la simple charité chrétienne ? Cette dernière, plutôt...

Dans l'antisémitisme que chantonne Raymond Barre, Jésus revient parmi les siens et l'absout. Car il en va de l'antisémitisme comme du cholestérol : il y a le bon et le mauvais. Le mauvais, c'est le nouveau : celui des "gauchistes extrémistes", qu'il veut pourfendre, qui ne confondent pas l'Etat d'Israël avec la judéité. Pour l'ancien, dont le très catholique Bernanos disait que Hitler le "déshonorait", l'époque est moins regardante. Raymond Barre monte ce cheval de retour avec des gants de pécari. Moins "séducteur" que chez Morand, certes, mais de beaux restes, tout de même, et de tradition bien assise.

Quant à Bayrou, s'il n'est partout, on a cru apercevoir son essence apostolique juchée sur un tracteur, labourant la glèbe œcuménique, brisant les mottes de droite et les mottes de gauche pour tracer l'éternel sillon d'une union nationale, sinon d'une révolution.

Allègre et Besson, les voyageurs sans ambages

Et si ces déclarations synchrones de Claude Allègre et d'Eric Besson étaient surtout affaires d'hormones et de vanité blessée ? Allègre, donc, décrète qu'il ne votera pas Royal. Votera-t-il seulement ? N'en dira pas plus. Bougonne de confuses "convictions personnelles de scientifique" et nous dit de nous démerder. Bien... On fera sans lui.

Allègre, on connaissait, Besson, on découvre. L'ex-chargé de l'économie au PS nous fit le mois dernier une sortie nerveuse et bruyante que de zigzagantes accointances avec Sarkozy ne contribuèrent pas à rendre pédagogique. Aujourd'hui, il imprime sa bile dans un livre d'entretiens. Besson non plus ne votera pas Royal, au premier ni au second tour. "Sauf, évidemment (sic), si elle était opposée à Jean-Marie Le Pen." M. Besson est bien bon.

En attendant, il fait tout pour qu'elle n'y soit pas. En ce domaine, il amènera les mieux disposés à son endroit (je n'en suis pas) à se demander d'où il parle, et pourquoi si tard. Son libelle dépeint Ségolène Royal en intrigante harpie, cuisinière de "quelque chose de poisseux et consensuel", saturnienne Mère Ubu "que sa propre gloire motive", qui "use et abuse de démagogie", "instrumentalise le féminisme" et "construit un pouvoir personnel". Rien moins !

Il parle "sans passion aucune" (sic), éructe de plus belle un réquisitoire effarant que sa seule parole prétend étayer. Et c'est si pesant et si vulgaire qu'on se prend soudain à se demander ce qu'il prit vendredi au Monde de reproduire, de ces crachats haineux, une page entière.

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Ben... euh... chépa encore...

content

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Sonder ou (se) tromper ?

sondage_en_question

Des électeurs "mobiles" (7)

Il est également une tendance qui inquiète beaucoup les sondeurs et qui pourrait, si elle se poursuivait dans les prochaines années, achever de décrédibiliser les sondages politiques. Il s’agit de la volatilité de l’électorat et du nombre d’indécis qui atteignent des niveaux inquiétants.

En 2002, à deux semaines du premier tour, il y avait encore 40% d’indécis ou de personnes susceptibles de changer d’avis. Et on estime que plus de 20% des votants vont finalement se décider dans l’isoloir. A cela s’ajoutent le nombre important de candidats et la disparition plus ou moins avérée du clivage gauche droite qui permettait des reports prévisibles entre les deux tours.

Comment arriver dans ces conditions à donner de manière fiable des estimations, surtout lorsque l’élection se joue à 1 ou 0,5 points d’écart ? Même si l’on comprend bien cette difficulté, ni les hommes politiques, ni les journalistes, ni l’opinion publique ne pardonneront aux sondages de s’être trompés.

Car ces sondages sont devenus aujourd’hui les véritables oracles de notre société moderne et les sondeurs des sorciers capables par on ne sait quel pouvoir occulte, de prédire notre avenir. Cette sur-confiance et les déceptions qui découlent des erreurs répétées dans le champ politique risquent de provoquer la mise en question générale de la fiabilité des études et du travail quotidien des 350 instituts d’études hexagonaux.

C’est à se demander si les grands instituts, qui utilisent ces sondages politiques comme un outil de notoriété, ne feraient pas mieux de s’organiser pour en limiter l’utilisation et mieux communiquer sur leurs objectifs et leurs limites.

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mardi 20 mars 2007

Des brèves "spécial recyclage"

Hulot broie du vert

Il a comme des regrets l'animateur de TF1. Et il vient pleurnicher en plus. Il déplore que le débat sur l'écologie ait "repris sa place habituelle". Il estime que "l'esprit du pacte écologique a volé en éclats". Rappelant que, en signant son pacte, "tous les candidats s'étaient engagés à faire de l'impératif écologique le déterminant majeur de l'action publique", il ajoute : "On s'approche du premier tour et on voit bien que l'environnement n'est pas leur priorité". Ben, oui, son "pacte écologique" n'a eu que 10 signatures de candidats et pas 500 pour qu'il soit candidat lui-même. Comme tout "ni gauche ni droite", il ne lui reste plus qu'à vendre son "arme" au diable d'un candidat de droite et il sera sauvé du ridicule.

Borloo, Begag, Dupont-Aignan, pieds nickelés

Borloo chez Sarko. Il a fait semblant de faire durer le suspense et puis il s'est couché comme les autres. Le plan Borloo a, paraît-il, sauvé la cohésion sociale. Sarkozy, lui, dit qu'il faut tout reprendre. Ils viennent de passer cinq ans dans le même gouvernement. Allez, ouste, dehors, pas question qu'il nous la refasse ces deux-là ! Begag, lui aussi, a côtoyé Sarkozy. Maintenant, il le critique et tente de se réfugier chez Bayrou. Quand on n'est pas d'accord, on démissionne, petit. On ne joue pas au ministre de rien d'un président de rien pour ensuite aller encore faire de la figuration chez "pique-partout". Un autre qui ne va pas tarder à le rejoindre, c'est le pseudo dissident UMP Dupont-Aignan. Hulot va être content. Au moins une de ses idées d'avant-garde – même s'il n'a pas encore vu qu'elle existe depuis longtemps – va être prise en compte : le recyclage.

Besson ailleurs, Allègre nulle part

Besson bouffe du socialo, Allègre vomit le monde entier. Ah, les braves âmes qui détiennent la potion magique ! Besson a avalé sa doctrine et pourfend maintenant le PS, même pas la reconnaissance du ventre, celui-là ! Mais, il y a surtout le second, qui n'est jamais allé se confronter au suffrage universel. A-t-il oublié les années de son ministère où il a tout raté, sauf sa grande spécialité… expérimenter dans son labo une haine qu'il continue de déverser à flots sur tout ce qui n'est pas lui. Au revoir, les faux amis.

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Sonder ou (se) tromper ?

difficile

Les biais méthodologiques (6)

Pour être valable, un sondage politique doit être mené avec beaucoup de rigueur, à tous les stades : définition de questions claires et précises, constitution de l'échantillon, formulation des questions, saisie des réponses, retraitements et redressements. Or, des erreurs peuvent s'insérer à chacune de ces étapes, d'autant plus que toutes ces opérations sont réalisées très souvent dans des délais extrêmement courts, sous la pression des événements et des commanditaires.

En supposant que toutes les précautions ont été prises pour éviter les erreurs de base, il est des biais plus difficiles à éviter. Les plus importants sont liés au choix de l'échantillon. En effet, la méthode des quotas qui est utilisée pour choisir l'échantillon peut être mise en œuvre avec plus ou moins de finesse.

Les critères utilisés sont nécessairement peu nombreux, notamment pour des raisons de coût et de simplification. Généralement, on utilise l'âge, le sexe, la catégorie socioprofessionnelle, la catégorie d'agglomération et la région. Pourtant, d'autres critères tel le niveau d'études, le statut marital ou la présence d'enfants sont déterminants dans le comportement de vote.

Par ailleurs, les critères utilisés peuvent eux-mêmes se heurter à une réalité plus complexe. Ainsi, la catégorie "Inactifs", qui regroupe quasiment le tiers de la population française, est souvent traitée en bloc. Or, on retrouve dans cette catégorie des populations très diverses (femmes au foyer, jeunes sans emploi, retraités). Et même lorsque ces sous-catégories sont prises en compte séparément, il est difficile de gérer des paramètres encore plus fins mais très déterminants dans les intentions de votes, telle l'ancienne profession des retraités, par exemple.

Toujours concernant le respect de la représentativité de l'échantillon, on constate qu'un nombre croissant de personnes refusent de répondre aux enquêtes téléphoniques, surtout lorsqu'il s'agit de questions aussi engageantes que celles des sondages politiques. Les populations qui répondent le plus volontiers ont souvent un niveau d’étude supérieur et portent de l’intérêt à la vie politique. Les abstentionnistes, jeunes et autres blasés de la politique se retrouvent donc sous-représentés.

Tout cela fait que les quotas sont plus difficiles à atteindre et que la tendance devient forte d'utiliser la méthode du redressement d'échantillons pour effectuer les rattrapages nécessaires (avec un risque d'erreur d'autant plus important que le redressement affecte des coefficients forts à certaines catégories peu interrogées).

A ces biais habituels s'ajoutent de nouvelles difficultés, auxquelles les instituts de sondages vont devoir répondre dans les années à venir pour assurer la fiabilité de leurs résultats. Ainsi, si le téléphone, média privilégié pour les sondages d'opinion, assure actuellement une représentativité satisfaisante, un phénomène nouveau suscite quelques interrogations : la multiplication des téléphones portables. En effet, de plus en plus de Français se désabonnent de leur ligne fixe au profit de numéros mobiles. Or il n'existe pas aujourd'hui un annuaire exhaustif des téléphones mobiles. En outre, il est plus difficile d'administrer une enquête sur mobile que sur une ligne fixe.

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lundi 19 mars 2007

Opérations tam-tam pour sauver l'éducation

plan_education

"Ce sont ses citoyens qui font la grandeur et la générosité de la nation… Plus que tout autre groupe d'hommes et de femmes, les enseignants déterminent les comportements et façonnent les idées et les aspirations de la nation."

Julius Nyerere dans le "Le pouvoir des enseignants", 1966

Mardi 20 mars, les enseignants se mobilisent une fois de plus pour le retrait du décret du 12 février dernier réduisant les heures dites de première chaire (système qui existait depuis 1950). Cette suppression entraîne une diminution importante du traitement des enseignants concernés. Mais ce n'est pas tout. Les enseignants protestent aussi contre la suppression de 5.000 postes dans le secondaire à la rentrée, notamment par le biais d'un décret. Ils dénoncent la bivalence (enseignement de deux matières) et les nominations dans plusieurs établissements. C'est donc bien l'avenir de l'école qui est en jeu.

Les déclarations des candidats à l'élection présidentielle sur l'éducation montrent que le sujet est au cœur du débat. Les enseignants se sentent courtisés à cette époque particulière et sont bien décidés à rappeler leur poids électoral (850.000 enseignants) et leur audience auprès de l'opinion publique.

Les modalités de la journée du 20 mars seront donc plus originales. En plus des habituels rassemblements et manifestations, les profs veulent profiter du calendrier électoral pour occuper le plus possible le terrain, dans les gares, les zones piétonnes, les mairies, à travers des "opérations tam-tam", etc.

Par ailleurs, 21 fiches et 11 questions ont été adressées aux candidats en lice et, d'après les syndicats… "On a du mal à ramasser leurs copies !" Enfin, de nombreux établissements ont décidé de boycotter les "bacs blancs", de tenir des conseils de classe silencieux ou encore de faire la rétention des notes.

Sans véritable investissement dans l'éducation, sans respect des enseignants, sans prise en compte de l'avenir des élèves, les risques sont grands de mettre en péril la vocation du service public.

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Des brèves... bien aixoises

Les dagues de l'UMP

D'après la presse, la venue d'Estrosi à Aix a réuni pas mal de personnes. Les élus UMP étaient quasiment tous là, comme des frères et des sœurs… ennemis. Seul Gaudin était absent. A-t-il une fois de plus voulu bouder Aix ? M'est avis qu'il s'est volontairement tenu à l'écart des guéguerres dont il semble être le maître d'œuvre sans avoir à s'en expliquer. Au fait, il aurait aussi été intéressant de compter le nombre de dagues cachées sous les vestons. Inutile de rappeler les termes du discours d'Estrosi, copie conforme des sempiternels thèmes d'exclusion sauce Sarkozy.

Pendant ce temps, les sans-abri de la Rotonde, réfugiés sur la place Jeanne d'Arc, ont été tenus à l'écart des festivités. C'est vrai qu'ils ont l'habitude. Mais cette fois-ci, le scandale n'en était que plus criant. D'autant que la veille, une manifestation contre les expulsions s'était déroulée devant la sous-préfecture.

Le carnaval, ça marche ailleurs

Même les petits villages réussissent leur carnaval. Le pays d'Aix s'en donne à cœur joie. Nice et Marseille restent fidèles à leurs traditions. Les bénévoles font des merveilles et bénéficient de la reconnaissance des autorités. On ne comprend donc pas pourquoi la mairie d'Aix ne cesse de bafouer le travail de tous ceux qui ont porté la manifestation depuis plus de vingt ans. Triste spectacle que celui que donne le maire en cassant un événement populaire. A vrai dire, c'est devenu une manie. Depuis six ans, on ne compte plus les lieux de culture fermés ou les moments festifs supprimés. Non, Aix n'est plus à la hauteur.

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Sonder ou (se) tromper ?

utilisation_sondage

Pourquoi leur arrive-t-il de se tromper ? (5)

Avant d'aborder les erreurs liées à la technique même des sondages, il faut commencer par pointer un élément qui renforce la méfiance vis-à-vis des sondages : la présentation inexacte des résultats par les hommes politiques qui les citent et les journalistes qui les présentent. Ces derniers préfèrent d’ailleurs se charger de communiquer les résultats de manière claire et animée, plutôt que de confier cette tâche à des sondeurs souvent techniques, précautionneux et finalement ennuyeux.

Le manque de rigueur dans l'énoncé des résultats s'exprime de plusieurs manières :

-- les questions posées sont souvent mal retranscrites, alors que l'on sait très bien que les chiffres donnés ne valent que pour la question posée. Ainsi, lorsque l'on demande aux Français s'ils ont une bonne opinion d'une personnalité, cela ne signifie pas que ceux qui répondent positivement vont voter pour cette personnalité, son parti ou sa tendance politique.

-- la mauvaise maîtrise de la notion même de pourcentage se traduit par des raccourcis surprenants : on additionne des pourcentages qui portent sur des bases différentes ; on compare également des évolutions sur des éléments non comparables. C'est ainsi qu'on arrive à dire que l'on a gagné des électeurs d'un suffrage à l'autre alors qu'en valeur absolue, le recul est très important. Inversement, lorsqu'il s'agit de mentionner un nombre d'électeurs, on applique le pourcentage de votants sur l'ensemble de la population, pour obtenir des valeurs marquantes (10% de votes ne représentent pas 6 millions de bulletins de vote).

-- enfin, très peu de précautions sont prises dans l'énoncé des chiffres. Certains pourcentages sont donnés avec jusqu'à deux chiffres après la virgule, ce qui est complètement ridicule lorsque l'on sait que la marge d'erreur se situe au minimum à 2% sur un échantillon de 1000 personnes.

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