jeudi 23 juillet 2009

Election : ELLE n'a pas perdu, IL n'a pas gagné (4)

gif_fleche_rougeŸ Le conseil municipal élu le 19 juillet sera installé dimanche prochain. Même si un recours est déposé auprès du tribunal administratif, le processus ne peut désormais être suspendu car il obéit au calendrier fixé par la loi. La majorité aura 42 élus et l'opposition 13, l'an dernier c'était 40 et 15, du fait d'une triangulaire. Le duel des urnes trouve donc son exact prolongement au conseil. Suite à la double fusion (effusion ?) des listes, la minorité comprendra 5 socialistes +1 apparenté, 2 MoDem, 3 écologistes et 2 "société civile".

L'an dernier, le Parti radical de gauche avait encore un élu. Ce même élu a disparu de la nouvelle opposition car il ne figurait pas en place éligible en cas d'échec. Pour la première fois depuis vingt ans, je le regrette, le PRG auquel j'appartiens n'aura plus aucun représentant car le panachage avant et après fusion s'est allègrement assis sur la diversité des composantes. Je trouve qu'il y a là un foutage de gueule d'autant plus irrespectueux que la liste d'opposition s'est targuée tout au long de la campagne d'avoir le PRG à ses côtés. Passons, d'autres temps viendront.

gif_fleche_rougeŸ Et moi qui allais finir par être convaincu que j'avais fait perdre la gauche ! J'ai enfin trouvé l'explication de la victoire de la droite. La presse et une vidéo sur internet rapportent les paroles de Bruno Genzana se vantant avec sa modestie coutumière d'avoir contribué au succès de Maryse Joissains. Mais oui, mais c'est bien sûr, c'est lui qui, en retournant sa veste une fois de plus, en a fait prendre une à l'opposition. Que n'y avais-je pensé plus tôt !

Vite, et une petite récompense pour le dévoué sauveteur ! "Je suis heureux d'avoir apporté ma pierre à l'édifice. Et, compte tenu du faible écart de voix, je suis content d'avoir été l'un de ceux qui ont fait pencher la balance du bon côté. Certes, je ne suis plus conseiller municipal mais je postule désormais à un poste de député". Gardons quelques ricanements en réserve pour les législatives de… 2012.

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gif_fleche_rougeŸ Les ardents défenseurs de Maryse Joissains, répétant ses dires tels des aras, trouvent qu'elle a été l'objet d'insultes personnelles et de propos diffamatoires. Faut se pincer un peu pour entendre cela. Joissains, elle, n'a cessé de traiter ses concurrents de "zozos" et de "bras cassés" et de se vanter de ne pas avoir en face d'elle "un adversaire à sa mesure". Joissains confond trop facilement bassesse et hauteur. Sans parler, mais je le fais quand même, de ses maintes complaintes sur l'honneur, sur les prétendues attaques contre la femme (où, quand, qui ?) ou sur sa probité.

Mais que vient donc faire une si triste quête à l'empathie surjouée dans un combat politique ? Ce n'est pas en larmoyant à grandes vannes ouvertes sur son enfance, sa famille ou les mérites mis en avant d'une charité à la tonalité franchement populiste qu'on élève le débat politique. Et puis, comment ne pas être choqué en entendant une députée de la République, juriste de surcroît, oser tenir des propos aussi indignes contre l'Etat et la plus haute juridiction française ?

gif_fleche_rougeŸ Venons-en maintenant à la diffusion de l'appel à témoignages pour le recours formé par Alexandre Medvedowsky. Personne ne s'étonnera que les principales critiques viennent d'en face. Très vite, un mot de dénigrement a été propagé : il s'agirait, nous vocifère-t-on, d'un appel à la "délation". Faut-il insister sur les sous-entendus de sinistre mémoire auxquels renvoie un tel terme. C'est ignoble. La délation est un acte fait clandestinement ou anonymement. Il n'y a rien de cela dans un appel public, à visage découvert, nominatif, avec déclaration accompagnée de pièces justificatives pour contribuer à établir des preuves visant à faire sortir la vérité.

En cas d'échec, Maryse Joissains n'a-t-elle pas elle-même admis qu'elle était prête à envisager un recours et, forçant l'outrance, avait immédiatement annoncé qu'elle attaquerait le Conseil d'Etat coupable, selon elle, d'avoir orienté son jugement sur "décision politique". Pourquoi dénier le même droit à d'autres ? Et puis, venant d'une personne particulièrement procédurière pour tout et pour rien et qui a perdu tant de fois, entraînant par la multiplication des instances des frais exorbitants pour la ville, la critique est plutôt malvenue.

Libre à chacun, nul ne le conteste, de partager ou non l'idée et le choix de former un recours. Mais le droit autorise une telle démarche et c'est là précisément une précaution essentielle, et une garantie fondamentale, pour s'assurer si, oui ou non, notamment face aux mystères à l'heure actuelle non élucidés de la tenue des listes électorales, les conditions du vote ont été entachées d'irrégularités. Pour bien s'exercer, la démocratie ne peut souffrir d'aucun doute. Dans le cas contraire, nous basculerions dans un autre type de régime.

Aix et Corbeil-Essonnes

dans Le Canard enchaîné 22 juillet 2009

(Clic sur les images pour agrandir)

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mercredi 22 juillet 2009

Election : ELLE n'a pas perdu, IL n'a pas gagné (3)

gif_natation_helpIl fait chaud. Il faut donc battre le fer avant que la rouille ne le recouvre. Allons-y. Finalement, une campagne électorale, c'est comme une course avec une ligne d'arrivée. Et, à pied, à vélo ou dans l'eau, entre le top départ et la finale, il suffit d'un grain de sable pour envoyer n'importe quel concurrent dans le bac.

Les spectateurs et les supporters du premier au dernier rang reconnaissent leurs champions à la couleur de leur tenue. En catégorie femmes, Maryse Joissains était identifiable car elle n'en a pas changé depuis huit ans. En catégorie hommes, Alexandre Medvedowsky avait troqué son ancien costume acquis en 2008 et porté jusqu'au 8 juin pour une tenue qu'il avait refusé de revêtir jusque là (voir extrait de La Provence, ci-dessous). Il s'est donc présenté sur la ligne de départ sous le coup d'une mutation qui a pu en déconcerter plus d'un. Fin de la parabole sportive.

Venons-en aux faits. Il a d'abord fallu contrer la candidature "prématurée" d'André Guinde, soutenu par Jean-Noël Guerini mais pas par Eugène Caselli. Puis, faire comme si tout allait bien et faire passer la candidature de Medvedowsky comme unanime. Guerini, vexé, a alors lancé des avertissements définitifs qui risquent fort de n'être que des orages sans averses.

Là, le ballet de la reconversion du candidat investi a forcément écarté la gauche de la gauche avec laquelle il siégeait encore quelques jours avant et l'a fait lorgner vers le MoDem, puis les écologistes qui ne sont pas quantité négligeable. Très vite, des équipes ont travaillé sur la mise en compatibilité des projets, la constitution d'une équipe et l'annonce officielle de la statégie.

Oui, mais. Si le costume semblait avoir de l'étoffe, il n'en était pas moins l'addition de trois pièces distinctes. Certains mauvais tailleurs n'ont pas tardé à percevoir des coutures apparentes qui pouvaient craquer au moindre mouvement du corps. En surface pourtant, pas d'aspérités, rien que du cousu main. Tout va bien, un seul essayage a suffi même si des témoins attestent avoir bien repéré des accrocs peu sympathiques.

Inutile de revenir sur les indésirables, les oubliés et les évincés. En revanche, il faut maintenant rapporter quelques éléments encore inconnus du public. Un brave garçon rencontrant une dévouée colistière de Medvedowsky a eu l'imprudence de lui indiquer qu'il préférait l'ancienne liste de Michel Pezet. Mal lui en a pris. Pas même le temps de finir sa phrase qu'il recevait ceci en plein figure : "Quand on sera à la mairie, vous avez intérêt à quitter la ville !". Et hop, voici maintenant les bannis. Bonjour l'ambiance fraternelle.

"Toi, tu vas me le payer !"

Il y a eu aussi les vrais-faux communiqués de soutien des candidats éliminés ou de personnalités pouvant donner le coup de pouce. Tiens, au hasard, Michel Pezet. La presse a raconté comment il avait appris qu'il soutenait Medvedowsky presqu'à son insu par une déclaration envoyée aux rédactions par la permanence de ce dernier.

La réalité est celle-ci : un soir, Pezet a été contacté par un colistier "société civile" de Medvedowsky pour l'inciter à manifester son soutien. Pezet a répondu que Medvedowsky connaissait sûrement son numéro de téléphone et qu'il n'avait qu'à l'appeler lui-même. A défaut d'appel, il n'avait qu'à reprendre le communiqué de second tour de l'an dernier.

Mais, ce n'est pas tout. La veille même du 19 juillet, les deux hommes se croisent fortuitement à un événement festif. "Toi, tu vas me le payer !" s'est exclamé Medvedowsky, rouge de colère. Pourquoi et payer quoi, mystère et bas de gamme. Et hop, voilà à présent les menacés.

Question toute bête. A-t-on jamais vu telle atmosphère entraîner l'adhésion ? Alors que, telle qu'elle-même, Joissains faisait pleurer les pierres à répétition, d'autres s'évertuaient à en envoyer dans leur propre camp. Pour essayer de compenser, il a fallu aller accueillir à bras ouverts l'auteur du recours qui avait déjà dynamité la campagne.

Pour finir, pour aujourd'hui s'entend, citons ces quelques phrases extraites du blog d'un jeune militant socialiste :

"Pour revenir un peu sur l'élection municipale d'Aix, je vais faire un petit listing rapide des points problématiques :

- Nom de la liste : "Tous ensemble pour Aix" face à "Ensemble pour Aix et le Pays d'Aix",

- Affiche illisible : faut faire la différence entre graphisme et communication parfois,

- Liste muti-tête : 3 hommes face à une femme, un peu mauvais genre quand même,

- L'absence des logos des partis : quand on est dans un parti, on en est fier,

- Site internet de campagne : 2 semaines avant le 1er tour ,

- Pas de meeting,

- Pas de représentants nationaux : oui ça fait toujours le "buzz",

- Pas de consultation des militants.

Sinon le programme était vraiment de qualité, je félicite tous les militants PS qui ont participé à cette campagne, je garde quand même une impression amère de marchandage de tapis, d'expressions désuètes (oui le style voter utile me sort pas les yeux), peut-être aussi une trop grande précipitation (que je peux en partie comprendre avec le délai d'un mois) et un manque de dynamique nouvelle."

Allez, jeune homme, remettez-vous, il y aura peut-être une séance de rattrapage avec la bouée de sauvetage du recours… participatif.

A suivre…

Extrait de l'interview de Medvedowsky par Hervé Vaudoit

(dans La Provence du 31 mars 2008)

H. V. : Certains observateurs assurent qu'une alliance à trois avec Pezet et De Peretti vous aurait permis de l'emporter ?

A. M. : C'est faux. La ligne stratégique De Peretti était très confuse et nous n'avons jamais envisagé d'alliance avec lui. Et si nous l'avions fait, nous aurions perdu beaucoup plus lourdement ; nous aurions durablement fragilisé la gauche dans cette ville et, en plus, nous y aurions laissé notre âme. Cela n'avait pas de sens. Beaucoup de nos colistiers et de nos électeurs ne nous auraient d'ailleurs pas suivis. Et ils auraient eu raison. Que De Peretti et Pezet soient persuadés que c'était la seule solution montre qu'ils ne comprennent rien à la politique et qu'ils méritent leur très lourde défaite.

Re-coup de pouce

On me signale la création d'un nouveau blog original. Caius Sextius Calvinus est de retour après 2000 ans d'absence et observe la vie politique d'Aqua-Sextia… Merci de lui prodiguer vos chaleureuses et bienveillantes acclamations à la romaine :

http://aiximperator.over-blog.com/

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mardi 21 juillet 2009

Election : ELLE n'a pas perdu, IL n'a pas gagné (2)

gif_ordinateurJ'ai bien lu tous les commentaires suscités par mon article d'hier. Pas de problème, chacun a le droit de s'exprimer et mon blog le permet. Mon intention pour cette suite annoncée est de continuer à "faire parler la boîte noire", seul moyen à mes yeux de ne pas tourner autour des urnes sans en regarder le fond.

Que je sache, je n'ai contesté à personne un quelconque droit à soutenir le candidat de son choix. A ce titre, ma liberté n'est pas moins légitime de dire ce que je pense et de faire ma propre sélection, selon ce que me dicte mon devoir.

Les allégations ou "accusations" me prêtant l'idée que j'aurais simplement favorisé l'élection de Maryse Joissains n'ont aucun fondement. Pas plus que celles qui laissent entendre que j'aurais saboté le score d'Alexandre Medvedowsky.

Ce serait en effet m'accorder plus de mérite ou d'influence que je n'en ai. Je n'ai, à ce jour, jamais changé de camp. De gauche, je suis, de gauche, je reste. Depuis le terme de mon long mandat d'élu il y a quelque seize mois, je me sens délié de tout contrat à respecter, ce qui me laisse encore plus de latitude pour m'exprimer de manière libre et indépendante.

A ce propos, je signale encore une fois que je n'étais pas candidat à cette élection et que je n'ai rien réclamé à personne. J'aurais peut-être pu être utile mais personne ne me l'a demandé. En revanche, par la bande, on m'a rapporté qu'on ne voulait pas de ma personne sur une liste de socialistes. Qu'ils se rassurent, moi non plus je ne voulais pas de ceux-là.

Si d'aucuns pensent que j'ai agi par aigreur ou ressentiment, je tiens à leur dire que je dors bien et que j'ai de quoi faire depuis ma récente retraite que je ne crois pas avoir usurpée. Mais je n'étais visiblement pas le seul à être indésirable. L'explication qui est le plus souvent revenue à mes oreilles était ma candidature à la cantonale de l'an dernier. Comme si être candidat était devenu un délit ! Mais, ce sont là de petites choses et cela passe largement au-dessus de ma tête.

Dedans, on ne me veut pas, dehors, on m'en veut !

Or, voilà qu'à l'issue du scrutin de dimanche, il en est qui tentent de m'attribuer une responsabilité dans la défaite de Medvedowsky, à quelques voix près, par la mise sous influence de certains lecteurs parmi mes nombreux visiteurs. Que je sache, je ne suis pas un gourou qui obtiendrait qu'on lui obéît en leur supprimant tout esprit critique. Je résume : dedans, on ne me veut pas, dehors, on m'en veut. Drôle d'idée, assurément.

Les aurais-je apportées ces 187 voix manquantes si j'avais été de la liste et aurais-je été la personne qui aurait fait basculer le vote provoquant ainsi la chute de Joissains, aucune analyse sérieuse ne pourra le démontrer. Ai-je, par ailleurs, un seul instant appelé à voter en faveur de Joissains ? Que l'on trouve une trace pour me contredire. Bien au contraire, je n'ai pris aucune position de vote sur mon blog, ni pour une liste ni pour une autre (ce qui ne m'a pas empêché de voter en mon âme et conscience). Est-ce prôner l'abstention comme on me l'a écrit ?

En revanche, il est vrai que je me suis efforcé de rapporter et de commenter à ma manière ce qui se passait pendant la campagne toutes listes confondues. On me reproche de ne pas avoir soutenu la liste Medvedowsky, ce qui laisse entendre que j'aurais fait le jeu de Joissains. Ai-je besoin de rappeler, et désolé d'avoir à le faire, que si quelqu'un l'a particulièrement combattue et pourfendue sans répit ni repos, c'est bien moi.

A l'exception de mon jeune collègue Cyril Di Méo qui a fait annuler le PDU (Plan de déplacements urbains) et de Stéphane Salord qui a obtenu l'invalidation de l'élection, où sont ceux qui sont allés jusque devant les tribunaux ? C'est par le tribunal administratif que j'ai fait réformer le régime indemnitaire des employés municipaux. C'est encore devant la même juridiction que j'ai fait annuler le contrat illégal de l'ex-directeur de cabinet du maire (l'appel est en cours).

Je n'ai jamais fait marche arrière. Je n'ai jamais pantouflé au conseil municipal. J'ai été présent sans interruption et j'ai étudié tous les dossiers. Tous les articles encore consultables sur mon blog sont là pour en témoigner. Qu'on les relise. L'intermittence et l'absence ne sont pas mon genre, si vous voyez ce que je veux dire. Disant cela, je ne cherche pas à me justifier, je veux simplement rafraîchir la mémoire des oublieux.

Blog à part

Peut-on m'accuser d'avoir livré au jour le jour les informations que je pouvais avoir sur la campagne ? Ce n'est pas parce que d'autres blogs ont cessé d'émettre que je devais en faire autant. On aurait aussi voulu que je présente les programmes du candidat Medvedowsky. Là, c'est trop me demander. Cela fait trois ans que je parle de tous les problèmes aixois (regardez toutes les rubriques classées de chaque côté de cette page ou alors créez vos propres blogs et écrivez, on verra…).

Pourquoi les sites de campagne ont-ils été si pauvres et si peu détaillés ? Ils se sont contentés, le plus souvent, de faire paresseusement du copié-collé d'articles de presse à leur avantage, mettre des vidéos faites par d'autres et surtout de verrouiller les commentaires. Etait-ce si difficile de trouver une personne dédiée au fonctionnement d'internet ? Alors, chacun son écran et les votes auraient été bien gardés. Heureusement qu'une télé locale et un blog vidéo ont assuré, comme on dit.

A suivre…

Coup de pouce

On me signale la création d'un nouveau blog original. Caius Sextius Calvinus est de retour après 2000 ans d'absence et observe la vie politique d'Aqua-Sextia… Merci de lui prodiguer vos chaleureuses et bienveillantes acclamations à la romaine :

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Lettre ouverte aux socialistes par Edwy Plenel

logo_mediapartLe 9 juin dernier, Edwy Plenel, qui anime le site Mediapart, publiait une longue lettre ouverte aux socialistes. En voici quelques extraits qui me paraissent dire quelques vérités et pouvoir avoir à bien des égards des points communs avec les mœurs locales. A lire de toute urgence.

Peut-être est-il trop tard, et cette lettre inutile. Je vous ai écoutés depuis dimanche soir : les mêmes mots désolés, les mêmes phrases d'attrition, le même lamento qu'aux soirs de vos échecs de 2002 et de 2007, ces élections présidentielles supposées imperdables. Mots vides, phrases creuses, refrains artificiels auxquels, depuis le temps, nous ne pouvons plus croire. Car sans doute les retrouverait-on, identiques, aux soirs de vos cinglants revers législatifs de 1986 et de 1993. C'est une vieille manie : les soirées de défaites électorales, vous vous souvenez soudain de vos électeurs. Quand vous les perdez…

Puis vous revenez à vos affaires, sans rien changer de vos habitudes, manoeuvres d'appareil, divisions intestines, rivalités personnelles. Avec la conviction tranquille qu'un retour de balancier vous assurera, de nouveau, places, postes, réseaux. Comme si vous étiez définitivement la seule alternance possible à la droite et naturellement les propriétaires des suffrages qui vont avec. Comme si vous n'aviez pas à les reconquérir. Comme s'ils vous revenaient de droit, telles des brebis égarées trouvant forcément le chemin du bercail. Procès d'intention, direz-vous. Non, simple constat logique : si vous pensiez vraiment le contraire, vous auriez agi autrement depuis 2007, voire depuis 2002. Vous vous seriez ressaisis, vous n'auriez pas privilégié vos détestations plutôt que vos solidarités, vous ne vous seriez pas écharpés comme des chiffonniers, vous n'auriez pas truqué vos propres votes de congrès, vous n'auriez pas offert ce spectacle lamentable à Reims, vous ne vous seriez pas repliés sur vous-mêmes en ces temps d'urgence sociale et démocratique, bref vous auriez pensé à parler à celles et ceux sans lesquels vous n'êtes politiquement rien, plus rien : vos concitoyens, vos électeurs.

Quel droit ai-je à vous apostropher ainsi ? Justement, celui d'être, comme des millions d'autres Français, l'un de vos électeurs, fidèle et constant. J'ai beau parfois la juger avec sévérité, puisque confronté dans mon travail de journaliste à ses incohérences ou à ses impostures, la gauche reste ma famille, de coeur et d'esprit.

La gauche ? Sans l'idéaliser, je veux dire par là cette conviction élémentaire que, derrière tout désordre, il y a une injustice, quand conservateurs et réactionnaires choisiront l'injustice plutôt que le désordre. Or, depuis votre congrès d'Epinay en 1971, depuis la dynamique unitaire qui a suivi, depuis qu'ainsi, vous avez définitivement ravi au Parti communiste la première place, vouloir que la gauche gouverne le pays oblige à voter pour vous, par-delà la diversité des gauches françaises.

Cette responsabilité que vous revendiquez auprès de nous, nous donne donc quelques droits sur vous, et d'abord celui de vous parler franchement. Pour vous dire que les partis sont mortels, qu'aucune étiquette n'est éternelle et que les idéaux n'ont pas d'écurie assignée. […]

Car le résultat électoral du 7 juin 2009 n'est pas un accident, mais une confirmation : celle de votre incapacité collective à vous réinventer un avenir, un projet, une vision. Contrairement aux commentaires convenus, ce n'est pas l'opposition déterminée à Nicolas Sarkozy qui a été sanctionnée dans les urnes, mais votre impuissance à incarner une opposition crédible. Abstentionnistes massifs - dont, pour l'essentiel, la jeunesse et les classes populaires, et électeurs écologistes, dont, notamment, le socle urbain et diplômé de votre électorat, ont sanctionné, par leur absence ou par leur vote, vos divisions, vos faiblesses et vos silences. L'affirmer, ce n'est aucunement diminuer le mérite des listes Europe Ecologie qui ont suscité l'adhésion par contraste avec vos manques. L'unité des différences, l'originalité du projet, le souci du monde et le souffle de démocratie étaient en effet de leur côté, pas du vôtre. […]

Pendant que les écologistes travaillaient, vous vous disputiez. Non pas sur les idées, tant les divergences sont au fond minimes entre vous, mais sur les personnes. […] La sanction électorale dont vous faites l'objet vient de loin. Elle frappe de longues fainéantises et d'anciens renoncements. […]

Alors, que faire ? La réponse vous appartient, et je n'ai aucune recette en magasin. Je pressens seulement que si vous continuez comme avant, sans sursaut ni vision, vous serez perdus. Jusqu'ici, vous viviez dans le confort de vos fiefs municipaux, départementaux et régionaux. Après tout, vous pouviez digérer l'échec national si vous restiez maîtres des territoires. A un an des élections régionales, l'alarme de ces élections européennes annonce la fin de cette illusion.

Les Verts, que n'obnubile pas la présidentielle, pensent déjà aux régionales, avec la cohérence, le dynamisme et le systématisme qu'ils viennent de prouver. Et ils n'ont aucune raison de se dissoudre dans un front opportun dont vous auriez soudain le souci, après avoir joué en solitaires. Pas plus sans doute que les gauches de la gauche qui préféreront se rapprocher avant de se tourner vers vous. Hier, vous avez dominé et instrumenté la gauche plurielle, plutôt que vous ne l'avez animée et fédérée. Aujourd'hui, vous ne pouvez penser la réanimer artificiellement sur la base de votre propre faiblesse. […]

Ma sévérité est à la mesure de mon attente. Je ne crois pas à la politique du pire. Les crises ne sont pas forcément salvatrices. Elles peuvent accoucher aussi bien de régressions terribles, avec l'installation durable de pouvoirs orwelliens mâtinés de télé-réalité, répétant sans cesse à des peuples anesthésiés et désinformés : ayez peur, ayez bien peur, ayez surtout peur, et laissez-moi m'occuper tout seul du reste. De tout le reste. Et, par-dessus tout, de l'argent et de la puissance, ces deux adversaires éternels de l'espérance progressiste. C'est ce cauchemar qu'il nous faut faire fuir, tous ensemble.

Merci de m'avoir lu jusqu'à la fin.

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lundi 20 juillet 2009

Election : ELLE n'a pas perdu, IL n'a pas gagné (1)

rouleau_compresseur

         

Elle n'a pas perdu. C'est bien ce résultat chirurgical qui a émergé des urnes. Faut-il aller lui trouver des poux qu'on n'aurait pas accepté qu'on nous cherche. Quand on ne gagne pas, on ne gagne pas, ce n'est pas (que) la faute des autres.

En admettant que Maryse Joissains aurait dû être battue, par exemple par rejet de ce qu'elle représente, si elle ne l'a pas été, c'est que cela ne faisait pas le poids en face. A-t-elle été réélue par défaut ? Vraisemblablement. Et même explication : il a manqué un quelque chose de fort aux oppositions pour qu'elles ne redeviennent pas l'opposition. Même avec seulement 187 voix d'écart, n'importe qui aurait crié victoire. Le problème n'est donc pas là.

Il n'est pas non plus dans la durée très courte de la campagne. Toutes les listes ont eu la même. Preuve que cela n'a pas causé de préjudice, au premier tour, les quatre listes d'opposition totalisaient un bon 56,69%. En une semaine, elles ont perdu un peu plus de 7%. Sur le papier, la liste d'Alexandre Medvedowsky, après fusion avec celle d'Hervé Guerrera, avait un potentiel arithmétique de 44,38%. Mais, des électeurs de ces deux listes ont disparu entre les deux tours. Cela aurait pu être compensé par les électeurs de Nathalie Leconte et de Stéphane Salord. Or, là non plus, les reports ne se sont pas faits intégralement. Une triple érosion s'est donc opérée dans la stratégie du front anti-Joissains.

Avoir estimé possible et judicieux de mettre en faisceau plusieurs lignes à objectifs politiques divergents voire antagonistes n'a pas totalement convaincu les électeurs. Et donc, la dynamique lancée par l'accord PS/MoDem et prétendument ressentie au soir du premier tour n'a pas été suffisante pour creuser l'écart avec le score de Maryse Joissains. L'empilement de soutiens plus ou moins clairement exprimés ensuite n'a pu suppléer le retard de premier tour. A contrario, Maryse Joissains n'a pas eu à se plier à des additions contraintes de cet ordre. Elle ne pouvait que grimper grâce à la configuration de duel au second tour.

Arithmétique et dynamique

On pourra ergoter sur la campagne brève, sur le rôle néfaste de l'abstention, sur le nombre de procurations, sur les messages agressifs de certains tracts, sur tout ce qu'on veut, Alexandre Medvedowsky aurait mauvais jeu de mettre en avant ces prétextes pour expliquer qu'il a encore perdu. Car, au soir du premier tour et toute la semaine, toute sa liste n'a cessé de se réjouir d'un mouvement d'espérance et d'une dynamique qui lui paraissaient porteurs et favorables.

C'est sans compter qu'en politique arithmétique et dynamique ne font pas toujours bon ménage et provoquent parfois, pour quelques voix déficientes, une humiliation de plus. Les causes sont à rechercher également ailleurs. J'y reviendrai demain plus en détail. D'ores et déjà, il faut au minimum signaler que c'est la stratégie d'avant le premier tour qui est à mettre en cause.

L'ossature inachevée de la composante PS de la liste, présentée cependant comme ayant été remise en ordre, les soustractions et les refus d'élargissement de la base, le changement brutal de cap et d'alliance et, non des moindres, l'adoption d'une nouvelle configuration moquée, vilipendée et rejetée il y a quinze mois ont contribué à affaiblir la mobilisation et à écorner sa crédibilité. L'adjonction de forces proches politiquement n'a pu pallier et réparer ces lacunes originelles.

Et, comme si cela ne suffisait pas, d'un tour à l'autre, les choses se sont aggravées par l'annonce des renforts ambigus de la gauche de la gauche et des soutiens incongrus et de circonstance de la liste divers droite.

A suivre…

PS (si, si, ça existe encore) : Pour patienter, si votre gourmandise est au moins égale à la mienne, vous pouvez relire mes articles précédents où je n'avais quasiment rien caché du possible drame.

Message perso : Merci, une fois de plus, aux très très nombreux visiteurs réguliers et occasionnels qui viennent consulter le blog. J'espère que mes écrits ne leur donnent pas mal à la tête ! Pour ne rien rater, le mieux est de placer l'adresse dans les favoris. Par la même occasion, on peut la diffuser à des listes de contacts qui n'ont pas encore découvert ce drôle de monde "enchanteur"...

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"Carnets de campagne" : Jour d'élections…

Presque comme un épilogue, quelques références littéraires qui ne manquent ni de portée philosophique ni de sel. Mais, semble-t-il, le meilleur reste à venir, m'a-t-on glissé à l'oreille. De bien surprenants rebondissements qui devraient nous tenir encore un peu en haleine. A vos commentaires…

Trente-neuvième jour :

http://plassans2009.hautetfort.com/archive/2009/07/19/f96134f3cb4652acf6395e22e93f1504.html

Le site à mettre dans vos favoris : (avec tous les articles)

http://plassans2009.hautetfort.com/ 

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dimanche 19 juillet 2009

Municipale : Tout va (presque) très bien Mme Maryse

21h00 : Résultats définitifs second tour

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Inscrits : 88.913 (89.621 en 2008)

Votants : 43.972 (49,46%) (63,72% en 2008)

Blancs/nuls : 925 (2,10%)

Exprimés : 43.047 (97,90%)

         

Maryse JOISSAINS (UMP) :

21.617 (50,22%)

Alexandre MEDVEDOWSKY (PS/MoDem/Ecologistes) :

21.430 (49,78%)

Ecart de voix : 187

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Election municipale : Les taux de participation

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Les taux de participation

   

18h00 : 49,49% (1er tour 2009 : 44,05%)

                                (second tour 2008 : 59,18%)

   

16h00 : 39,95% (1er tour 2009 : 35,73%)

                                  (second tour 2008 : 49,79%) 

14h00 : 33,56% (1er tour 2009 : 30,58%)

12h00 : 24,72% (1er tour 2009 : 23,73%)

                                (second tour 2008 : 27,37%)

10h00 : 10,11%  (1er tour  2009 : 9,88%)

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samedi 18 juillet 2009

Election municipale : Une fille ou un gars ?

Plus qu'un simple tour d'horloge au vieux beffroi de l'Hôtel de Ville et c'en sera fait. Alors, versons dans le léger, du moins en apparence. Et jouons à l'absurde. Listes électorales trafiquées ou non, bonne nouvelle, dimanche soir, l'élection sera jouée. Mauvaise nouvelle, l'un des deux candidats sera maire. J'en entends déjà certains protester. J'ai prévenu, j'ai dit léger et absurde.

Les deux listes restantes ont presque le même intitulé : pour l'une, "Tous ensemble pour Aix", pour l'autre, "Ensemble pour Aix et le pays d'Aix". Et si le second slogan était plus judicieux ? Comment savoir ?

Etonnant également, mais personne n'a relevé cette malice, le garçon est né un 10 mai d'heureuse mémoire, la fille un 15 août de légende calendaire. Le 19 juillet, celui ou celle qui aura défait l'autre canonisera cette date, même et surtout si l'exploit est accompli à un infime écart de voix.

Dès la proclamation, de poignantes envolées définitives viendront, pour l'un, flatter "la volonté des Aixois de tourner la page d'un système pour ouvrir celle d'une nouvelle espérance grâce au large rassemblement qu'attendaient nos concitoyens" ou regretter que "nous avons perdu mais nous avons fait le maximum et dans l'opposition nous assumerons nos responsabilités pour combattre la politique néfaste que subissent les Aixois depuis huit ans…" et, pour l'autre, asséner que "les Aixois ont tranché en me rendant justice par les urnes pour laver un honneur bafoué" ou fustiger "le vol d'une victoire sur décision rendue par des magistrats politisés, et qui ne perdent rien pour attendre, en ayant confié la gestion de la ville à une association d'opportunistes qui m'ont insultée et qui vont ruiner la ville".

Quel que soit le camp raflant la mise, prière donc de ne pas négliger les habituelles boursouflures des discours analysant le bon coup de dés et les gémissements des vicissitudes justifiant le mauvais. Car, en nos sociétés dites démocratiques, 51 font nécessairement plus que 49, c'est la règle. 51 ont raison contre 49 qui ont tort. 51 souriront et 49 pleureront, même si nombreuse est la cohorte des abstentionnistes volontaires, indifférents ou écœurés.

Déjà aux aguets, prête à envahir les rues et à converger jusqu'aux entrailles de la mairie, la foule qui se réjouira de la réussite de son camp se substituera à celle qui n'aurait jamais dû perdre. Impitoyable. L'astre luisant ou le désastre cuisant. A un chiffre près, le loto pour les uns, la guigne pour les autres. La belle vie d'un côté, la triste survie pour l'autre.

Aix a tout de la ville devenue romaine par la défaite violente infligée aux Salyens. Sur les hauteurs d'Entremont, les vestiges du site de notre passé ne cessent de nous rappeler qu'il faut être digne de Caius Sextius Calvinus pour fonder notre cité. Une garnison lui a suffi pour obtenir une victoire. Et un titre de consul l'a fait entrer dans l'Histoire. Vingt-et-un siècles après, une simple fonction confèrera ou non au maire élu son heure de gloire. Au prix d'un calisson ou d'un pastisson.

aix_oppidum_entremont

(Clic sur l'image pour agrandir)

L'oppidum du site d'Entremont vu par le Nord

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vendredi 17 juillet 2009

"Carnets de campagne" : Les nouvelles camaraderies

A deux jours du scrutin, Plassans risque un redoutable 19 de tension. Ne cherchons pas, ainsi est la (mauvaise) nature politique. Certaines amitiés se sont défaites, d'autres en profitent dare-dare pour se former à grandes accolades. Hop ! Et un coup de potion magique ! Une amnésie un brin calculée fera aussitôt l'affaire pour voir éclore de nouvelles franches camaraderies avec les plus honnis jusque là. Les tourments des tenants de la pureté ne sont finalement que billevesées. Car, qu'importe la faction, pourvu qu'on ait la tendresse. A vos commentaires…

Trente-septième jour :

http://plassans2009.hautetfort.com/archive/2009/07/17/trente-septieme-jour.html 

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