vendredi 10 juillet 2009

Municipale : A force de jouer deux vilains tours… (3)

Voir les deux premières parties mercredi 8 et jeudi 9 juillet

gif_clown_38J'écrivais ici même hier que les candidats s'évertuent à repeindre en blanc même les façades les plus sombres. Les articles parus dans la presse ce jeudi en sont la démonstration.

Il faut qu'une personne s'y colle pour que soient divulguées des pratiques qui entachent la vie politique et publique. C'est bien le signe que les électeurs n'ont pas le droit de tout savoir sur ce qui les regarde.

La "bombe" - c'est le terme employé par La Provence - lancée par Stéphane Salord sent le coup fourré et la poudre des derniers jours de campagne. L'objet du missile vise la gestion de l'Office HLM.

La première observation à faire est que les faits révélés ne se sont pas passés cette semaine. La deuxième est que Stéphane Salord a été administrateur de l'office pendant sept ans et qu'il a donc lui-même une part de responsabilité en ayant toujours approuvé, même silencieusement, la gestion de l'office.

Mais supposons qu'on lui ait caché beaucoup de choses. Son devoir, à lui l'élu qui se targue de connaître les dossiers à fond, aurait dû le pousser à en savoir plus et à ne pas cautionner par sa présence et ses votes ce qui était susceptible de receler des malversations. Il n'en a rien fait. Il a fallu qu'il obtienne copie de documents par des voies souterraines pour les divulguer au moment précis où il est lui-même candidat à la mairie. Nous sommes là dans le cas de figure le plus opportuniste qui se puisse.

Cela n'enlève rien à la gravité des découvertes et au rôle dissimulateur de Maryse Joissains, présidente de l'office. Pour être juste, précisons que les informations mises sur la place publique n'étaient pas toutes inédites. Certaines - le recrutement, le rôle et le salaire de la nouvelle directrice - étaient déjà connues et même critiquées à plusieurs reprises. La "bombe" d'hier n'a fait que confirmer que Maryse Joissains aime bien prendre les gens pour des imbéciles en présentant la réalité de façon tronquée et avantageuse.

Combien de fois ne l'a-t-on entendue déclarer que désormais tout va bien et que tout est en ordre. On voit bien qu'il n'en a jamais été ainsi. L'autre conséquence est que cette affaire éclaire la manipulation qu'elle a opérée en tentant de dégoupiller de futures attaques en prenant les devants par l'annonce de plaintes à propos de fausses factures. Et, usant de l'insinuation comme arme d'intimidation massive, cette offensive s'est doublée d'un jet de gaz aveuglant incriminant des faits remontant à 25 ans.

Un bel effet de brouillard qui n'a permis à personne de s'interroger si elle n'avait pas oublié qu'elle était première adjointe à cette époque. Oui, trop mentir tue.

Salord, l'homme tout blanc ?

Revenons maintenant à l'auteur du deuxième "coup", après celui de l'annulation de l'élection par le Conseil d'Etat. Quand on prend le risque de vouloir faire campagne en abusant du mot éthique et de se poser en homme tout blanc, il faut être tout blanc, sinon gare aux projections de son propre (si l'on peut dire) caniveau.

Stéphane Salord est une personne qui a toujours eu des idées de génie. Du moins, l'a-t-on loué pour cela à maintes reprises. Or, deux exemples suffiront à établir ses piètres performances lorsqu'il était adjoint à la culture et à l'économie.

En 2003, il avait mis en place au Jas de Bouffan une structure, le Centre européen de création et de développement culturel. En 2007, le CECDC s'est vu contraint de fermer suite à sa liquidation. Beaucoup d'argent a été englouti et perdu, des dysfonctionnements graves ont été relevés au rang desquels figure en bonne place l'implication directe dans le fonctionnement du Centre du directeur adjoint de la culture, sous l'autorité à l'époque de Stéphane Salord.

On attend toujours la clarté sur ce dossier que j'ai personnellement transmis à la Chambre régionale des comptes.

Le second exemple n'est pas moins opaque. Dès le début de son mandat d'adjoint à l'économie, Stéphane Salord a lancé un projet de pépinière d'entreprises. Sous le statut associatif, une structure, dont il était le président fondateur, s'est mise en place, Espace Agir Ensemble - Pôle de l'Initiative, subventionnée pricipalement par la CPA et diverses collectivités.

Après une période de lancement, des problèmes ont commencé à se faire jour. En 2007, c'était la liquidation brutale de l'association EAE, entraînant des pertes financières des mini-entreprises hébergées, la mise au chômage de leurs employés, un trou dans la caisse de 320.000 euros et un étrange cambriolage par effraction. On n'a jamais revu cet argent. Là encore, toujours pas d'explications.

Dans sa profession de foi adressée aux électeurs, Stéphane Salord évoque un "combat pour une certaine idée de la morale en politique" et déclare "aspirer à servir notre ville dans l'engagement, la transparence et le courage au quotidien". Bravo, bravo !

Alors, s'il est aussi blanc qu'il le prétend, il ne tient qu'à lui de ne pas se dérober et d'en apporter toutes les preuves. Avant le premier tour aussi, cela va de soi. Les spoliés lui en seront reconnaissants, le temps d'un second tour.

A suivre…

Mes articles avec tous les faits sur le CECDC :

"Ce qui se passe au CECDC"

http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/01/22/3761919.html 

"Scandale au Jas : La fin prévisible du CECDC"

http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/11/08/index.html 

"Liquidation du CECDC : J'accuse Maryse Joissains"

http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/12/11/7194653.html 

Le dossier complet que j'avais consacré à cette affaire de l'EAE :

"Où est passé l'argent de la pépinière ?"

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/03/16/12987810.html

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jeudi 9 juillet 2009

Municipale : A force de jouer deux vilains tours… (2)

Voir la première partie à la date d'hier

gif_clownComme à chaque élection, il y a ce que les candidats, quels qu'ils soient, laissent voir et entendre. Et puis, les côtés certes moins chatoyants, qu'ils escamotent, taisent ou nient carrément. Leur objectif est bien sûr de présenter une façade repeinte en blanc dont on a fait disparaître toute craquelure.

Il s'en trouve, on le voit bien depuis un mois, pour parler de transparence totale tout en esquivant, via une langue de bois sec dont aucune forêt ne voudrait pour se repeupler, les questions qui les bousculent. Ils ont toujours assez de sève pour nourrir de beaux discours mais ils ralentissent leur débit lorsqu'il y a péril pour l'écorce.

Tous assurent qu'ils font de la politique autrement, qu'ils disent tout, qu'ils parlent vrai, quand les autres mentent bien sûr. Cette campagne n'aura pas dérogé à cette illusion de la parade. Les électeurs, qui demandent pourtant qu'on les traite en adultes, doivent se contenter de croire sur parole toutes les promesses d'un avenir radieux, parfois répétées d'une élection à l'autre, tous les engagements main sur le cœur, qui ne vaudront finalement que le temps d'un scrutin, toutes les stratégies car "on a bien réfléchi", qui ne seront déjà plus valables dès le soir d'un premier tour.

C'est ainsi que les électeurs sont ballottés vers des arrangements, allant de la volte-face au reniement, où ils n'ont pas eu leur mot à dire. Oui, et alors ? Et qu'est-ce qu'ils voudraient en plus ? C'est déjà bien assez qu'on leur permette de voter.

Regardons ce qui se passe. Toutes les listes, à l'exception d'une qui a peu changé, n'ont plus rien à voir avec ce qu'elles étaient l'an dernier. "On a pensé que cette fois-ci…", "Oui, mais c'est une situation exceptionnelle…", "La donne n'est plus la même…", "C'est parce que les écologistes…", "Les conditions sont maintenant réunies pour créer d'autres formes d'alliances…", "Les Aixois veulent que…", "Ce n'est pas un front anti-J… mais 60% de nos concitoyens ne veulent plus les J…".

Nous avons tous entendu ou lu cela. S'ils le disent... Mais il faudrait quand même un peu se rappeler qu'ils n'ont pas toujours tous dit ça. Et que beaucoup d'entre eux, sur un simple coup de canif dans le bail, ont changé d'adresse pour aller s'inviter dans d'autres maisons. Et on n'en est qu'au premier tour.

Au second, en cas de sauve-qui-peut ou, pire, de sauve-qui-perd, ça risque de frôler la maisonnée surpeuplée et son lot de promiscuités incompatibles mais artificiellement gommées. Finalement, il est fort heureux qu'il n'y ait que cinq listes. On n'ose imaginer si elles avaient été sept comme l'an dernier.

Certains candidats laissent entendre qu'ils ne feront pas d'alliance à tout prix, c'est à voir. D'autres qu'ils y mettront leurs conditions en imposant un contrat, oui comme un bail et gare à ceux qui ont un canif dans la poche. D'autres encore ne rejettent aucune hypothèse a priori car, n'est-ce pas, il faut rassembler au maximum, et peu importe les ennemis de toujours, naguère encombrants ou pestiférés, pourvu qu'on fasse nombre.

Le problème, c'est que, dans l'hypothèse la plus surréaliste, donc inimaginable, si quatre listes s'avisaient de fusionner (55 candidats X 4 = 220), il faudrait liquider 165 colistiers à la hache en les projetant de l'avant-scène aux oubliettes. Le coup de la machine à rétrécir, en quelque sorte. Paradoxe : l'ouverture tant prônée n'est qu'une fermeture. Alors, bonjour l'écœurement confraternel.

Même peine pour la fusion de trois listes avec leurs 110 suppliciés ou pour deux listes et leurs 55 sacrifiés. L'accueil d'ex-adversaires de l'instant vaut bien le renvoi de copains de toujours. Et qu'on n'y voie rien de choquant là-dedans. Pour certaines listes, la machine à rétrécir a déjà bien fonctionné avant le premier tour avec quelques soustractions de porteurs de voix jugés indésirables pour un bon déroulement de la campagne avec une équipée largement redevable au chef de lui consentir un fabuleux destin.

A suivre…

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PS (rien à voir avec un parti) : Le sondage de second tour publié hier par La Provence semble un brin fantaisiste. Le titre à la une, pour accrocheur qu'il soit, magnifie le cas de figure le plus improbable, celui du duel.

Sur les trois hypothèses exposées en pages intérieures, selon le sondage, seul ce face-à-face donnerait une victoire à Medvedowsky, la deuxième verrait Joissains vainqueur, la troisième les mettrait à égalité.

La triangulaire avec Guerrera imaginée par les sondeurs est pour le moins incongrue puisque la fusion PS/MoDem et écologistes est la plus attendue. La triangulaire avec Salord est tout aussi farfelue puisque sa liste n'était créditée avant-hier que de 9% donc dans l'impossibilité d'un maintien au second tour.

Enfin, pourquoi avoir écarté une hypothèse plus plausible, celle d'une triangulaire avec la gauche de la gauche qui avait été évaluée à 10% ? Quel était le parti-pris (voire le message) pour donner à lire de telles présentations tout en en occultant une quatrième et en ne citant jamais la liste Leconte dans aucune hypothèse ?

Une petite explication claire, précise et sans ronds de jambe serait la bienvenue. S'il vous plaît, merci !

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Le Ravi fête l'été avec un cahier de vacances

une_ravi_65Le n° 65 de juillet-août du "Ravi" (2,80€) vient de sortir en forme de cahier de vacances. Avec beaucoup d'imagination, le mensuel nous entraîne à jouer avec l'actualité en nous proposant tests, QCM et devinettes. Sans oublier la campagne électorale aixoise avec, un CV, une interview et un visage bien caricaturé d'un candidat dont je tairai le nom (à lire, si possible avant le premier tour). Et aussi, un point de vue iconoclaste sur le sens des grandes expos estivales et un exercice scolaire, désopilant et bien imité, consistant à compléter les espaces vides du fameux tract (si, vous savez bien de quoi il s'agit) en choisissant les bonnes réponses parmi plusieurs citations. Et puis, entre autres gourmandises, régal suprême, des dessins toujours aussi marrants et caustiques.

Le sommaire du n° 65 :

http://www.leravi.org/spip.php?article778

Le site (tout beau, tout refait) :

http://www.leravi.org/ 

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mercredi 8 juillet 2009

Municipale : A force de jouer deux vilains tours... (1)

gif_votesUn sondage, c'est un sondage. Admettons. Mais on ne peut quand même pas leur faire dire tout à fait le contraire. Des tendances, d'accord, ce sont des tendances. Prenons cependant les précautions d'usage pour ne pas croire qu'il s'agit de résultats : échantillon insuffisant, abstention en hausse. Cela posé, tentons de comparer les scores réels du premier tour de l'an dernier avec les estimations publiées hier.

Pour Maryse Joissains, avec la même liste, on constate une progression d'un peu plus de cinq points (39% contre 33,81%). Pour la liste PS/MoDem, dont la composition n'a rien à voir avec les deux listes de l'an dernier, on note un fort recul avec seulement 26%.

Alexandre Medvedowsky avait obtenu 29,09% sur la base d'une liste dite d'union de la gauche (sans les 10,14% de Michel Pezet), et François-Xavier de Peretti 20,15% avec une liste centriste à plusieurs courants. Ces deux pourcentages ne peuvent s'ajouter car l'alliance actuelle PS/MoDem ne s'est pas faite dans les mêmes conditions. On peut cependant penser que, sur les 26%, le premier apporte autour de 15% (la gauche de la gauche est estimée à 10% et les écologistes font bande à part) et le second 9% (Salord et les écologistes lui ôtant sans doute pas mal de points en présentant cette fois-ci leurs propres listes).

L'an dernier, Medevdowsky et de Peretti totalisaient à eux deux 49,24% en scores réels. Ce mois de juillet, avec les jeux de transferts, ils arrivent à peine à 26%, sans les 10% de la gauche, sans les 16% des écologistes et sans les 9% de Salord. En mars 2008, Joissains avait en face d'elle 66,19% d'opposants. Cette année, elle n'en a plus "que" 61%. Sa victoire au second tour avait été obtenue de justesse en triangulaire au centre.

Que peut-il se passer ?

Alors, que peut-il se passer cette fois-ci ? Même si les estimations du sondage sont corrigées par le vote, une chose est sûre, toutes les listes dépasseront les 5%, seuil nécessaire pour pouvoir fusionner. Celles qui atteindront 10% pourront se maintenir ou fusionner. Pour le second tour, un duel signifierait un nouveau face à face Joissains / Medvedowsky.

Voyons les cas de figure :

1. Fusion générale du PS/MoDem avec les écologistes, la gauche de la gauche et la liste Salord : inimaginable. La liste Aix à gauche a déjà déclaré qu'elle n'acceptera jamais de s'allier avec le MoDem et encore moins avec Salord. Avec 10%, elle se maintendra, ne serait-ce que pour avoir un ou deux élus en triangulaire, ou quadrangulaire si Salord dépasse aussi 10%.

2. Fusion du PS/MoDem avec les écologistes et Salord : difficilement envisageable. Cela nécessiterait une volte-face doublée d'une contorsion de plus de Medvedowsky qui, l'an dernier, fustigeait la liste de Peretti pour avoir inclus des UMP. Difficile à faire avaler aux électeurs.

3. Fusion du PS/MoDem avec les seuls écologistes : c'est ce qui est le plus plausible pour l'instant. En cas de maintien de la gauche de la gauche, le total de cette alliance aura beaucoup de mal à concurrencer Joissains en triangulaire, ou en quadrangulaire si Salord dépasse 10%. Si la liste de gauche et celle de Salord ne peuvent aller au second tour, le duel n'en sera pas moins malaisé pour le PS/MoDem.

4. Aucune fusion : là, une surprise n'est pas à écarter. Si la liste PS/MoDem confirme son incapacité à créer une dynamique pour décoller au premier tour et que la victoire de Joissains devient par conséquent inéluctable, les écologistes pourraient avoir la féroce tentation de ne pas fusionner pour obtenir plus d'élus d'opposition qu'en fusionnant.

5. La quadrature Salord : qu'il atteigne ou pas les 10%, il risque de ne pouvoir trouver aucun partenaire. S'il obtient plus de 10%, il peut se maintenir et espérer revenir au conseil municipal comme opposant. Dans le cas contraire, ses voix se disperseraient.

Pour finir, apportons une précision qui a son importance. Dans un commentaire sur le sondage publié hier, La Provence écrit que "les pezetistes sont peu mobilisés" (et pour cause, il n'y a aucun colistier sur la liste PS/MoDem), mais ajoute hasardeusement "qu'ils pourraient se laisser séduire par Salord" ! Là, franchement, c'est de la politique fiction. Déjà, l'an dernier, pas un seul pezetiste n'aurait accepté de cautionner Salord. Alors, cette année…

A suivre…

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PS (sans jeu de mots) : "Enfin quoi... si à 50 ans on n'a pas gagné une élection, c'est qu'on a raté sa vie !" 

PS (pareil) : Qui peut m'expliquer pourquoi il n'y a aucun commentaire sur les sites et les blogs des candidats ?

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mardi 7 juillet 2009

"Carnets de campagne" : Ah bon, des rumeurs ?

Bruits, rumeurs, anecdotes, historiettes, toutes les campagnes électorales en font leurs friandises. Comment démêler le vrai du faux ? Quels jeux souterrains se déroulent-ils, quelles stratégies savantes se mettent-elles en place pour intimider ou dénigrer les adversaires ? Notre jeune écrivain lève un coin du voile. Surtout ne pas hésiter à commenter…

Vingt-septième jour :

http://plassans2009.hautetfort.com/archive/2009/07/06/38657a1d363f6100642cb6aa00f97d4b.html

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Election : Un opéra-bouffe en plein Festival ?

gif_clown_numeroSi vous ne l'avez pas encore lu, voici l'article paru lundi 6 juillet dans La Provence sous la signature d'Alexandra Ducamp. Un petit rappel historique qui joue les prolongations à partir du 12 juillet…

Une ville où l'on cultive l'art de retourner sa veste

Ennemis hier, amis aujourd'hui, les alliances ne cessent

de se redessiner avant le 1er tour le 12 juillet.

Sous ses faux airs de bonbonnière à particule, Aix-en-Provence abrite une vie politique d'une complexité byzantine, rehaussée d'accents pagnolesques. Ajoutez au tableau des caractères bien trempés, grands manieurs de couteaux et capables de retourner leur veste à chaque coup de mistral, une pincée de manipulation des meilleurs ennemis marseillais et trois ficelles tirées par les états-majors des partis depuis la capitale, et vous obtenez depuis une vingtaine d'années des hommes et une femme, qui trempent tous dans la même marmite des petites et grandes trahisons.

Jean-Pierre de Peretti della Rocca (UDF) fut l'un des artisans de la tradition : en 1983, Alain Joissains, maire de l'époque, pris dans une tourmente judiciaire le propulse tête de liste, lui colle Maryse, sa femme, comme 1er adjoint pour tenir la place au chaud. Au bout d'un an, la "doublure" lui retire délégations et indemnités. Il perdra la municipale contre Jean-François Picheral (PS) en 1989 et laissera le souvenir d'un maire qui faisait chanter la Coupo Santo au conseil tout en revendiquant que la Vierge lui était apparue…

Les deux mandats Picheral (1989-2001) auront leur lot de contrariétés mais c'est à l'issue de la défaite de 2001 contre Maryse Joissains (DVD, UMP aujourd'hui) que ça se corse. "Piche", le radiologue qui les "esquiche" comme disait la rue, confie à Alexandre Medvedowsky, l'énarque, la mission de former un recours en annulation de l'élection. L'avocat marseillais en charge du dossier se nomme Michel Pezet, le recours est déposé… puis retiré. Et en 2008, alors que Medvedowsky obtient l'investiture PS, Picheral monte une liste dissidente avec comme tête de liste… Pezet.

L'union de la droite réalisée entre les deux tours de 2001 pour gagner la mairie s'est aussi vite transformée en bataille rangée : le premier à fourbir ses armes est François-Xavier de Peretti, adjoint à la culture (UDF devenu MoDem) quelques mois après l'élection. Puis Stéphane Salord, adjoint à l'économie et homme de réseaux, dans lequel Mme Joissains avait placé beaucoup d'espoirs.

Quelques mois avant la campagne de 2008, le policé Bruno Genzana se sent, à son tour, pousser des ailes : l'UMP lui paye une campagne d'affichage en 4 par 3 dans la ville et il crée avec Stéphane Salord "les Ateliers de l'avenir". De Peretti prend donc sous son aile les deux lieutenants et s'arroge trois élus Verts d'opposition, très chiens de garde, qui avaient obtenu leur siège en s'alliant en 2001 à… Medvé. Ils rêvent tous de faire boire la ciguë à Maryse Joissains, qui enrage mais gagne l'élection face à une gauche divisée et à la liste arc-en-ciel précitée.

L'annulation de l'élection à la suite d'un recours déposé par Stéphane Salord, fondé sur un tract anonyme aux propos orduriers et à des déclarations dans la presse non démenties par Mme Joissains, sonne les trois coups d'une nouvelle recomposition du jeu. On prend les mêmes, ou presque, et on recommence, ou presque. Les candidats appellent ça la stratégie de "rassemblement", les jeunes diraient que certains "grattent l'amitié", Dutronc chanterait L'Opportuniste.

En 2009 donc, Salord s'en va pourfendre publiquement les manières de Maryse Joissains avec, pour faire la claque sur scène, Olivier Naslès… un ancien adjoint du socialiste Picheral, parti avec la députée UMP en 2008 pour mieux la quitter le lendemain de l'élection. De Peretti, le prof de philo qu'on imagine relisant Machiavel caché derrière sa dague, fait profil bas et se rallie à Alexandre Medvedowsky, qui décroche l'investiture PS in extremis et règle des comptes avec les pezetistes mais aucun ne figure sur la liste, refuse deux élus PRG qui s'étaient présentés contre un de ses proches à la dernière cantonale.

Dans la bataille, il perd ses alliés de la gauche de la gauche mais négocie avec les Verts, qui partent en autonomie avec un leader du… Partit Occitan. Faut suivre.

Bruno Genzana (Nouveau Centre et proche de Jean-Claude Gaudin), lui, a quelque peu disparu de la scène locale. C'était pour mieux laisser négocier Hervé Morin, le patron de son parti et ministre de la défense son retour dans la famille… Joissains. Accepté !

Sur le papier, les alliances du moment incarnent une logique solide. Mais dans la cité de l'art lyrique, vu les relations entre ces hommes et cette femme, on frôle parfois l'opéra-bouffe.

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lundi 6 juillet 2009

Municipale : Sondage pour le premier tour…

URGENT : 20h00

Si mes sources sont fiables, le sondage pour le premier tour du 12 juillet, à paraître demain matin dans La Provence, devrait donner les estimations suivantes :

Liste Joissains : 39%

Liste Medvedowsky : 26%

Liste Guerrera : 16%

Liste Leconte : 10%

Liste Salord : 9%

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Municipale : Brèves de notoires…

gif_amour_haine

Ÿ En 2007, après s'être hasardé à suivre Bruno Genzana dans une sécession ratée de l'équipe de Maryse Joissains, Jean-Pierre Bouvet a vite compris qu'il lui fallait revenir au bercail pour être réélu conseiller général. Il avait donc "accepté" de ne plus faire partie de la liste du maire et de lui apporter son soutien "spontané". Pour l'élection de la semaine prochaine, il conserve le même principe, soutien sans participation.

Ÿ Pour ce qui concerne Bruno Genzana, tous ses pouputschs ayant échoué, il a dû se plier à venir refaire allégeance à sa maire préférée qu'il n'a cessé de vilipender à la fin du mandat précédent où il a été privé de ses délégations sans autre forme de procès. Raffinement suprême, Maryse Joissains se paie le luxe de le laisser s'approcher sans l'inclure dans sa nouvelle liste.

Ÿ Olivier Naslès, placé en deuxième position en mars 2008 sur la liste de Maryse Joissains, démissionnaire dès son élection, avait promis de tout dire cette semaine à l'occasion d'une réunion publique organisée par Stéphane Salord. A part quelques considérations sur la personnalité de l'ex-maire, il n'avait rien à dire. Une façon sans doute d'admettre qu'il a été bien naïf de penser que Maryse Joissains allait en faire son mentor, ce que l'innocent qu'il est croyait dur comme fer.

Ÿ Stéphane Salord essaie de passer actuellement pour le candidat le plus féroce à l'encontre de Maryse Joissains. Ses critiques ne portent pas sur les seize mois écoulés ou les douze du dernier mandat où il a mené une fronde à peine dissimulée, ce qui lui a valu un retrait immédiat de ses délégations. Non, Stéphane Salord raconte sur tous les tréteaux tout le mal que Maryse Joissains a fait à notre ville et aux Aixois en huit ans. On se demande encore pourquoi il n'a pas jugé bon de démissionner dès le début et, à tout le moins, la dernière année. Oser maintenant jouer le rôle du plus grand opposant risque d'être une posture peu crédible. D'ailleurs, même le si ondoyant Bruno Genzana raconte que Stéphane Salord l'avait sollicité pour cette nouvelle élection mais qu'il "avait refusé sans hésitation". Juste retour des choses, personne ne veut s'allier à Stéphane Salord. A moins qu'au soir du premier tour un désastre des oppositions soit tel qu'une seule nuit de calcul et de reniement suffise aux têtes de liste pour lui trouver soudain des vertus insoupçonnées.

Ÿ Jean-Claude Gaudin soutient de "tout son cœur" Maryse Joissains mais il "n'a pas prévu pour le moment de se rendre à Aix", son "agenda à Marseille et au Sénat étant très chargé". Ne rions pas trop fort, des électeurs pourraient nous entendre et trop comprendre.

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Points de vue : L'élection en ligne de maire…

Journaliste avisé, sabre au clair et plume acérée, Olivier Bonnet tient un excellent blog qui n'y va pas par quatre chemins. A l'occasion de l'élection municipale de dimanche prochain, il livre sa vision sur le contexte de l'annulation. A déguster sans modération…

"Le déshonneur d'une ville" :

http://www.plumedepresse.com/spip.php?article1165 

          

Par ailleurs, un article d'Aliette de Broqua, publié par Le Figaro le 3 juillet 2009, fait une présentation succinte mais claire de la situation dont le premier dénouement aura lieu dimanche. Après, advienne que pourra… Voici le texte. 

Nouvelles municipales à Aix-en-Provence

Après l'annulation surprise des municipales d'Aix-en-Provence par le Conseil d'État, les électeurs vont retourner aux urnes en plein été, les 12 et 19 juillet. En 2008, la maire UMP, Maryse Joissains, avait été réélue pour un deuxième mandat, avec 44,2% contre 42,9% au PS Alexandre Medvedowsky et 12,7% au MoDem François-Xavier de Peretti. Mais le front anti-Joissains souhaité par l'opposition au lendemain de la décision du Conseil d'État ne s'est pas concrétisé.

L'auteur du recours, Stéphane Salord, l'ancien deuxième adjoint de Maryse Joissains qui s'était allié au MoDem l'an dernier, a constitué une liste qualifiée d'apolitique.

Jean-Noël Guérini, patron du PS dans les Bouches-du-Rhône, a imposé une alliance avec le MoDem. "Si les socialistes aixois ne font pas l'unité, ce sera leur dernier combat. Et s'ils se trompent, le ménage sera fait et il y aura des parachutages", a-t-il prévenu. Medvedowsky a donc dû manger son chapeau et s'allier avec de Peretti. Les deux hommes arpentent désormais ensemble les marchés.

"Cette alliance entre des gens qui n'ont pas les mêmes conceptions ne peut pas bien gérer la ville. Moi, j'ai gagné la dernière fois sur un bilan. Les électeurs le connaissent et n'aiment pas cette annulation qui est une décision politique", tacle Maryse Joissains qui est repartie en campagne avec la même équipe. Elle ne se voit qu'un seul adversaire, Alexandre Medvedowsky, dans une bataille qu'elle sait difficile, n'ayant gagné en 2008 qu'avec 1.000 voix d'avance en triangulaire.

Les Verts se lancent seuls

Mais à gauche, l'heure est à la division. En pactisant avec le MoDem, Medvedowsky s'est coupé de ses alliés d'hier. Refusant l'alliance avec "la droite", la gauche de la gauche, Parti communiste, NPA, Parti de gauche et Unis pour un monde solidaire, ont présenté une liste commune.

Les Verts, hostiles, eux aussi, à la nouvelle alliance PS-MoDem, se lancent seuls dans la bataille. Ils veulent capitaliser sur leur score historique aux européennes à Aix (21,64%), loin devant le PS (14,32%) et le MoDem (7,83%), l'UMP s'adjugeant 31,59% des votes. Même s'ils sont conscients qu'ils ne renouvelleront pas cette performance aux municipales, ils aimeraient bien, les 12 et 19 juillet prochains, jouer les arbitres.

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vendredi 3 juillet 2009

"Carnets de campagne" : Un million de francs-or !

Même en ayant recours à un boulier, il n'est pas facile d'y voir clair dans la guerre du million, qui ne connaîtra sans doute jamais l'armistice. Allons découvrir les règlements de compte que nous propose notre jeune écrivain. Faites-lui part de vos propres calculs pour l'aider à tenir la comptabilité.

Vingt-troisième jour :

http://plassans2009.hautetfort.com/archive/2009/07/02/vingt-deuxieme-jour-le-million.html 

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