lundi 26 janvier 2009

Polyclinique du Montaiguet : Lettre ouverte au maire

montaiguet_asphyxie

Lettre ouverte au maire… et à ses 147.000 concitoyens,

par l'association des "Amis du Montaiguet"

Tous vos concitoyens ont en mémoire la fermeté de vos déclarations en faveur de la protection du patrimoine naturel aixois. Ainsi en 2006, vous déclariez : "En signant en 2005, la Charte de l’environnement du Pays d’Aix, l’objectif était clair : moins de discours, plus d’actions concrètes."

Vous ajoutiez : "Depuis plusieurs années, les collectivités intègrent la question de l’environnement dans leurs différentes politiques publiques : l’urbanisme, l’habitat, le transport…", soulignant encore "la prise en compte des espaces naturels et paysagers ; des risques naturels dans la politique d’urbanisme (ex. : dans les Plans d’Occupation des Sols ou dans les Plans Locaux d’Urbanisme…)" (dans "Lettre aux décideurs du Pays d’Aix", sous le sigle de la CPA, Partenaire, 4 avril 2006).

En outre, le 13 février 2008, devant la Fédération des C.I.Q. qui vous interrogeait pour son Livre Blanc, vous répondiez, du tac au tac : "Et le mitage ?" – "Je suis contre".

C’est pourquoi nous avons reçu comme un choc l’annonce du projet de délocalisation et de parachutage de la polyclinique Rambot / Provençale… sur le poumon vert du Montaiguet, déjà victime de l’incendie de 2005 !

Pourquoi là ? Alors que d’autres lieux existent bien plus adaptés. Ce projet menace un site majestueux, jusque-là protégé, d’une dénaturation irréversible, bien plus grave encore que l’incendie, parce qu’il ouvre la porte à une urbanisation de moins en moins maîtrisée sur le secteur.

Cela, vous l’avouerez, va à l’encontre de notre attachement commun, le vôtre, le nôtre, à ce qui fait, depuis toujours, l’attrait de la cité et de la campagne aixoises. Vous avez pu voir, d’ailleurs, à quel point ce projet ébranle aujourd’hui l’opinion, surtout lorsque les gens se rendent compte de l’énormité du projet (et de son évolutivité dans l’avenir, comme ne le dissimulent pas ses promoteurs) :

- une emprise d’environ 40 hectares sur le Montaiguet,

- l’équivalent en volume de la moitié de l’hôpital d’Aix actuel (sans les mêmes services pour la population, puisqu’il s’agirait de soins de "court séjour").

Sur le plan financier, c’est une opération qui se chiffrerait en dizaines de millions d’euros, pris en charge, pour une part non négligeable, par les Aixois, en raison notamment de l’énorme effort d’infrastructure à réaliser dans l’urgence à cet endroit.

Trouvez-vous légitime, Madame le Maire, qu’une opération privée qui promet d’être très rentable  en matière de spéculation immobilière pour ses promoteurs, occasionne, là où elle veut se placer, de telles dépenses pour les contribuables aixois ? Comment pourrez-vous, dans ces conditions, tenir votre pari - certes louable - de ne pas augmenter nos impôts ?

Sur le plan de la circulation, le site convoité par les promoteurs se situe à l’entrée d’Aix par le Pont de l’Arc, accès déjà régulièrement engorgé par des milliers de véhicules tous les jours ; est ce défendable par des gens de bon sens ? N’est-on pas en train de renouveler l’erreur commise lors de la délocalisation de l'école de la Nativité, dont nous pouvons aujourd’hui déplorer - trop tard ! - les effets ?

Heureusement, dans le projet qui nous préoccupe, nous n’en sommes qu’à l’enquête publique pour la modification simplifiée du P.O.S. : le mal n’est pas encore fait. Mais, si votre municipalité n’arrêtait pas le processus en cours, elle serait responsable des conséquences d’une telle décision :

- Où s’arrêterait la déforestation ?

- Que deviendraient les abords de la cité ?

- Pourrez-vous éviter de voir les incendies se multiplier sur tous les sites naturels intéressants ?

Mme le Maire, le devenir d’Aix-en-Provence est aujourd’hui entre vos mains. Pesez de toute votre autorité, de toute la légitimité que vous tenez des urnes, pour protéger le Montaiguet MAINTENANT. Sinon, après vous, que restera-t-il de ce qui fut un des plus beaux fleurons de la couronne verte aixoise et du Pays d’Aix ?

Vous tenez là l’occasion d’une décision exemplaire, d’une de ces "actions concrètes" qui valent mieux que tous les "discours", comme vous le dites vous-même. Cette action, que nous appelons de nos vœux, fera date dans la mémoire des Aixois et de tous ceux qui aiment cette terre, ils sont 147.000 ici… et des millions d’autres à travers le monde.

ENQUETE PUBLIQUE JUSQU'AU 13 FEVRIER

Sur la modification du P.O.S.

Pour consulter le registre de l'enquête à la mairie annexe Pont de l'Arc :

Du lundi au vendredi de 8 à 12h00 et de 13h30 à 16h30

Pour rencontrer le commissaire enquêteur

Mercredi 28 janvier 2009 de 14 à 16h30

Mercredi 4 février de 9 à 12h

Vendredi 13 février 2009 de 14 à 16h30

            

Le site de l'Association des Amis du Montaiguet :

http://www.montaiguet-pontdelarc.com/ 

Les photos du projet (clic sur chaque image pour agrandir) :

http://www.montaiguet-pontdelarc.com/visionner.php 

Visualiser sur le projet sur le site du cabinet d'architectes :

http://www.a-i-a.fr/archi/projet/idProjet/19?symfony=65c2da6adae9160700c17d0720f938cc 

La pétition en ligne :

http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=49   

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vendredi 23 janvier 2009

Maladies nosocomiales : Comment vont nos hôpitaux

hopital

(Clic sur l'image pour agrandir)

Dessin de Tartrais

Tomber malade à l'hôpital ? Un comble ! Le ministère de la santé vient de publier le tableau de bord annuel (ici, pour l'année 2007) des maladies nosocomiales classant les hôpitaux et cliniques des secteurs public et privé (2.428 en tout) en fonction des moyens mis en œuvre pour faire face à ces infections.

Les notes sur 100 sont pondérées et suivies d'une lettre allant de A à E. Ce typage est censé constituer 5 niveaux de "performances". On passera sur les 5 indicateurs qui permettent de déterminer tel ou tel rang pour chaque établissement analysé.

En France, chaque année, 750.000 personnes sont touchées par l'une des infections nosocomiales contractées en milieu hospitalier, 4.000 en meurent.

Les résultats pour Aix-en-Provence :

Centre hospitalier du pays d'Aix (803 lits et places)  79,11  B

Centre hospitalier spécialisé Montperrin (582 lits et places)  76,1  B

Polyclinique du Parc Rambot (340 lits et places)  69,84  C

Clinique Axium (170 lits et places)  65,45  C

Clinique de réadaptation fonctionnelle Les Feuillades  74,8  B

Clinique La Jauberte  45,6  C

Centre de gérontologie St-Thomas de Villeneuve  50,33  C

Les résultats pour Marseille (liste non exhaustive) :

Hôpital militaire de Laveran  97,96  A

(2e place nationale sur 223 de plus de 300 lits)

Hôpital Nord  97,8  A

(10e place nationale sur 71 CHR-CHU)

Hôpital de la Timone  94,3  A

(26e place nationale sur 71 CHR-CHU)

Institut Paoli-Calmettes  99  A

(1er sur 20 centres nationaux de lutte contre le cancer)

Hôpital Ste-Marguerite  93,86  A

(28e place nationale sur 71 CHR-CHU)

Hôpital de la Conception  90,13  B

Hôpital St-Joseph  80,01  B

Hôpital Prive Clairval  80,90  B

Hôpital Ambroise Paré  84,76  A

Hôpital Paul Desbief  78,59  B

Clinique Chantecler  95,2  A

(10e place nationale sur 324 cliniques de plus de 100 lits)

Clinique de réadaptation fonctionnelle Edouard Toulouse  62,43  C

Clinique Mutualiste de Bonneveine  82,29  B

Clinique Mon Repos  49,86  C

Centre cardio-vasculaire Valmante  71,04  C

Clinique de réadaptation fonctionnelle Valmante  76,31  B

Les tableaux de bord du ministère de la santé :

Les 10 premiers par catégorie (aller à la page 25) :

http://www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr/IMG//pdf/Dossier_de_presse_infections_nosocomiales_2009.pdf

Tous les établissements classés par département :

http://www.sante-jeunesse-sports.gouv.fr/IMG//xls/Resultats_2007_definitifs_partiels.xls 

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jeudi 22 janvier 2009

Joissains a la langue "verte"… quand ça l'arrange

Maryse Joissains n'arrête pas d'envoyer des sacs de courrier. Ainsi, par exemple, il y a quinze jours, elle demandait à Patrick Devedjian une part du plan de relance pour venir au secours du financement d'Iter. Etrange sollicitation pour le budget d'un projet dont on nous a dit qu'il était bouclé.

Maintenant, c'est pour la LGV Sud-Est. Le maire d'Aix a interpellé Nicolas Sarkozy pour qu'il ne trahisse pas son engagement en faveur du tracé des métropoles. Il faut ici rappeler que la plus grande cacophonie règne sur le choix qui sera fait.

Hier, Michel Sappin, le préfet dont on peut s'interroger à quel jeu il joue chaque fois qu'il ouvre la bouche, est encore sorti de la neutralité à laquelle il devrait se conformer et s'est permis de critiquer les opposants au tracé Nord (en particulier Maryse Joissains et Jean-Claude Gaudin mais aussi Jean-Noël Guérini).

Il y a quelques jours, dans un courrier envoyé à Jean-Louis Borloo, 27 députés UMP (mouvance de Christian Estrosi) ont pris position pour le tracé Nord. Pour contrer ces députés filant mauvais train, Maryse Joissains, UMP elle aussi, vient donc à son tour de répliquer par un communiqué fustigeant ses collègues. Elle s'étonne de leur "soutien implicite" à la proposition du tracé Nord et de "l'opportunité de cette démarche".

Ne voulant pas rester sur le quai, elle réclame donc "une réunion rapide du Comité de coordination sur le projet afin de connaître l'arbitrage officiel de l'Etat". Entendre par là : ça part dans tous les sens !

Le ministre de l'écologie devrait accorder audience à Maryse Joissains le 11 février afin de lui permettre de développer ses arguments. Autrement dit, Borloo a l'air largué lui aussi. A moins qu'il ne s'agisse d'un simulacre de dialogue comme les affectionne ce gouvernement pour une décision déjà prise.

Maryse Joissains compte insister sur le respect du patrimoine naturel pour qu'on "ne défigure pas la Provence". Ah, les belles paroles ! Si Maryse Joissains ne craint pas parfois d'user d'une langue verte pour défendre nos paysages, elle n'a, en revanche, aucun scrupule à mépriser la campagne aixoise qu'elle s'apprête à saccager au Montaiguet en apportant son soutien à un projet de polyclinique qui se moque du moindre souci environnemental.

Quand on n'a pas de figure, on défigure.

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lundi 19 janvier 2009

LGV Sud-Est, transports, RD9 : De quoi crier gare !

Se déplacer, le sujet est vaste et passionnant ! Si les polémiques sur les tracés de la LGV Sud-Est vont mal train, le débat, lui, est évidemment bien plus large. Il n'y a pas que les grandes lignes. Beaucoup de questions se posent sur les déplacements régionaux par le rail et par la route. En ce sens, les transports en commun sont au cœur des préoccupations. Si la prise de conscience est désormais amplement partagée, en revanche, on constate que les décisions à prendre ne sont pas encore sorties du brouillard. A ce sujet, je veux évoquer ici les positions de Maryse Joissains sur trois dossiers.

Ÿ La ligne LGV Sud-Est

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Au contraire de Jean-Claude Gaudin et d'autres élus locaux qui changent de quai à chaque coup de sifflet, le maire d'Aix n'a pas varié sur sa préférence pour le tracé des métroples. Le seul bémol pour Maryse Joissains a été cette déclaration : "En toute sincérité, je ne pense pas que la LGV soit nécessaire, sauf si elle passe par les métroples", tendant à justifier que la priorité était plutôt aux transports régionaux.

Or, après l'annonce intempestive et provocante du député de Nice, Eric Ciotti, sur le choix que l'Etat aurait fait du tracé Nord, la polémique a pris un tour féroce. La réaction s'est opérée par le biais de manifestations, de réunions et de courriers.

Maryse Joissains a réuni l'ensemble des maires de la Communauté d'agglomération du pays d'Aix, tous opposés au tracé par le Val de l'Arc. Le maire d'Aix a aussi envoyé une lettre au président de la République pour lui rappeler qu'il s'était engagé en faveur du tracé des métroples, un choix soutenu unanimement, entre autres, par la Région et le Conseil général.

Cette convergence de points de vue semble pourtant bien cacher quelques intérêts politiciens. Maryse Joissains voit d'un mauvais œil une ligne passant par la 14e circonscription dont elle est la députée. Le maire de Nice, Christian Estrosi, dont l'influence vient de se renforcer, veut exercer un pouvoir plus grand à la veille des élections régionales, Jean-Claude Gaudin ayant quasiment perdu la main.

On ne peut imaginer autrement le sens de la lettre... fomentée par Eric Ciotti... que 27 députés de la majorité ont cosigné dans leur coin en écartant Maryse Joissains et Jean-Claude Gaudin pour demander à l'Etat de trancher, sous-entendu pour le tracé Nord puisqu'il coûterait moins cher. La bataille du rail s'est transformée en guerre pour le pouvoir politique.

Ÿ Les transports départementaux

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Tout le monde est d'accord, enfin presque, pour convenir du fait que les transports en commun doivent être unifiés et organisés de manière cohérente à l'échelle des Bouches-du-Rhône. Jean-Noël Guérini a donc proposé la préfiguration et la création d'un syndicat mixte des transports destiné à instaurer une complémentarité entre les réseaux avec une tarification et une billetterie uniques. Le président du Conseil général a été approuvé à l'unanimité, "à l'exception de la CPA qui n'a pas répondu à l'invitation", a-t-il déploré. Interrogée, Maryse Joissains a tenté de justifier sa position ainsi : "Je crains qu'on ne fasse appel à nous que pour renflouer les caisses marseillaises". Belle cacophonie !

Pourquoi la logique du consensus s'applique-t-elle pour la ligne LGV et pas pour les transports en commun ? Mystère. A moins que cette contradiction ne soit qu'un moyen de masquer les difficultés du budget de plus en plus tendu de la CPA… Politiquement, tout cela s'explique mal car il y avait là aussi l'occasion toute trouvée, le Plan de déplacements urbains ayant été annulé par le Tribunal administratif, d'intégrer cette mesure urgente dans le futur PDU !

Ÿ Le tracé de la RD9

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La fameuse RD9 entre Aix et Vitrolles soufre d'une portion non doublée de 3,5 kms au niveau du lac du Réaltor à proximité immédiate de la gare TGV. Le projet d'aménagement du tronçon manquant n'a jamais fait l'unanimité. Avec à la clé des préoccupations écologiques et la mise en place de voies de transports en commun en site propre, certains le veulent au Nord du lac, d'autres (dont le Conseil général, principal financeur) le voient au Sud du lac.

Plusieurs fois, Maryse Joissains a fait voter des motions, par le conseil municipal et la CPA, pour défendre le tracé Nord. Or, en décembre dernier, le maire d'Aix a fait passer une délibération plus nuancée : répétant sa préférence pour le tracé Nord, elle a évoqué la possibilité d'un tracé par le Sud. Là encore, pourquoi cette révision pragmatique ne vaudrait-elle pas aussi pour les transports départementaux ? Va falloir sortir du tunnel !

A propos de la réouverture de la ligne ferrée Aix-Marseille

logo_ADAVACommuniqué, rédigé par Michel Delenne, vice-président de l'ADAVA-ADTC, association pour le développement des modes doux de déplacement. (17 décembre 2008).

      

Une montagne de 160M€ qui accouche d’une souris d’un train supplémentaire de 150 places aux heures de pointe !

Depuis plusieurs années, lors de la préparation du PDU, l’ADAVA avait mis en garde la SNCF et les élus sur le leurre de cette pseudo-modernisation de la ligne Aix-Marseille.

Dans le Livre Blanc publié en 2007 avec la fédération des CIQ du pays d'Aix, nous rappelions : "L’amélioration attendue, pour les Aixois, ne portera que sur 1 train supplémentaire par heure aux heures de pointe et une meilleure fiabilité de la ligne : ce n’est pas rien mais très insuffisant au regard des besoins et des 160M€ investis ainsi que le déplorait le Conseil de Développement de la CPA".

Pour les usagers des gares intermédiaires, comme Simiane, la situation est pire encore car ils ne bénéficient pas du train semi-direct Aix-Gardanne-Marseille (1 par heure) et n’ont que l’usage des 2 omnibus par heure qui effectuent le trajet en 10 minutes de plus qu’avant les travaux (à cause des 3 gares supplémentaires créées dans le Nord de Marseille).

Sur ce point précis du nombre de trains et des temps de parcours, la bonne volonté de la SNCF et de la Région ne sont pas en jeu : comme nous le déplorions avant même le démarrage des travaux, il ne paraît pas possible de faire mieux sur une voie ferrée de 30 kms doublée seulement sur 12 kms dans sa partie centrale. En particulier, l’absence regrettable de doublement de la voie entre Valabre et Aix sur près de 8 kms ne permet pas un cadencement supérieur à 20 minutes.

De plus, pour espérer un accroissement du trafic voyageurs sur cette ligne (11.000 par jour promis par la SNCF au lieu des 5.000 de 2006), il faudrait une utilisation optimale des 80 trains quotidiens de 150 places chacun maximum. Or, le prix du billet, plus de 13€ aller-retour, est très dissuasif par rapport à son concurrent de la navette par bus.

Enfin, seul un train semi-direct par heure permettra de satisfaire 150 voyageurs désireux d’un transport rapide (30 minutes) entre Aix et Marseille. C’est très insuffisant. Ainsi, le niveau de service de la nouvelle ligne n’est pas à la hauteur des besoins des usagers. Les voyageurs des gares intermédiaires sont pénalisés dans la durée de leur trajet, sans accroissement du nombre de trains. Les seuls bénéficiaires sont les habitants des quartiers Nord de Marseille qui emprunteront une desserte améliorée avec le centre-ville. On ne peut que s’en réjouir pour eux mais ceci ne doit pas se faire au détriment des autres usagers de la ligne Aix-Marseille.

Enfin nous ne pouvons que déplorer, avec le président du Conseil régional, que la SNCF refuse à l’ouverture de la ligne "modernisée" quelques postes d’agents de conduite supplémentaires pour garantir le cadencement : cela témoigne d’une affligeante continuité dans le déni du besoin d’un vrai service RER entre Aix et Marseille que les habitants demandent depuis 40 ans.

Comme nous le réclamions, il faut à présent que tous les usagers potentiels, et les élus, se mobilisent pour obtenir rapidement une réelle et totale modernisation de la voie entre Marseille, Aix, jusqu’à Pertuis et Manosque, qui implique un doublement quasi complet de la voie et son électrification qui aurait dû être réalisée depuis longtemps.

Cette action doit aller de pair avec celle pour la réouverture des lignes ferrées Vitrolles-Rognac-Aix et Trets-Gardanne-Les Milles (avec la construction du barreau Luynes-Les Milles), afin de bâtir un véritable réseau ferré performant, seul capable à terme de résoudre les problèmes de déplacements dans le pays d’Aix.

Faute de quoi, la paralysie des pays d’Aix et de Marseille sera chaque jour plus importante et il serait nécessaire, à court terme, d’envisager la création d’une voie dédiée aux Transports Collectifs sur l’autoroute Aix-Marseille. Mais ceci ne résoudrait, provisoirement, qu’une partie du problème.

Il convient donc de profiter de la nécessaire et prochaine réécriture du PDU, annulé par le Tribunal administratif, pour exprimer une véritable ambition type RER pour l’ensemble du réseau ferré du pays d’Aix et décider de toutes les mesures nécessaires pour diminuer quantitativement la place de la voiture dans nos déplacements quotidiens.

Le site de l'ADAVA-ADTC :

http://adava.adtc.aix.free.fr

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vendredi 16 janvier 2009

Aix 2009 : Plus d'habitants mais... moins d'électeurs !

logo_inseelogo_recensement

Ce 15 janvier, tout comme 8% d'Aixois, j'ai reçu les imprimés à compléter pour le recensement 2009 de la population. Je vais donc les remplir. C'est un acte civique mais aussi une obligation selon la loi du 7 juin 1951. Pour mémoire, depuis 2004, une réforme a supprimé le recensement général au profit d'un système permanent d'enquêtes annuelles par sondage auprès d'un pourcentage limité de la population de chaque commune.

Sur le territoire français, environ 9 millions de personnes sont concernées par cette opération qui durera jusqu'au 21 février. Voilà pour le cadre.

Selon les calculs de l'Insee, la population aixoise est passée de 137.067 habitants à 145.721 en 2006, soit une croissance de 6,31%. Elle avait augmenté de près de 10% dans la décennie 1990/1999, alors qu'elle avait très peu évolué entre 1982 (121.327 habitants) et 1990 (123.842).

Le décollage ne touche pas qu'Aix-en-Provence. La quasi-totalité des communes de la Communauté d'agglomération du pays d'Aix a aussi enregistré des progressions plus ou moins sensibles.

Il est logique de penser que la tendance sera confirmée entre 2006 et 2009. Si l'on fait donc une projection raisonnable pour la décennie 1999/2009, on peut estimer que l'augmentation approchera aussi les 10%. Ce serait un bon signe pour le développement de notre territoire. Si cela semble limpide, en revanche, on ne peut que s'étonner de ce qui suit…

carte_electorale

Mystère ou... scandale ?

    

Sur un autre plan, nous connaissons maintenant d'autres données. La mairie d'Aix a publié le nombre d'électeurs inscrits au 31 décembre : 87.600. En mars 2008, il y en avait 89.600. Pour le  moins, ces chiffres paraissent très surprenants. En effet, à la veille des élections présidentielle et municipale, il y avait eu un afflux de 12.000 inscrits supplémentaires. Or, voilà que, pour l'année 2009 (année des élections européennes), les fichiers se dégonflent avec 2.000 électeurs de moins !

L'explication donnée par la mairie est qu'il y a eu 2.850 nouvelles inscriptions (dont environ 400 de ressortissants européens) et 4.850 radiations ! Mais peut-on se satisfaire de cette présentation des choses ? Pour ma part, je suis pris de doutes. Car, comment comprendre que la population soit en constante augmentation et que le nombre d'électeurs puisse baisser aussi radicalement ?

Hypothèse basse, peu envisageable, le nombre d'électeurs aurait dû rester stable. Hypothèse haute, il aurait dû avoisiner les 93.000. Alors, pourquoi "seulement" 89.600 ? Est-ce à dire que, en quelques mois, et sans qu'on ne s'en rende compte, près de 5.000 Aixois auraient quitté notre ville précipitamment ? Non, bien sûr ! En l'espèce, le plus étonnant, c'est le nombre sidérant de radiations survenues sur les listes électorales… après l'élection municipale de mars 2008 !

Tiens, tiens, comme c'est bizarre. S'agirait-il d'un "nettoyage" de circonstance ? On se rappelle qu'il y a presque deux ans un fonctionnaire municipal du service des élections avait porté sur la place publique des faits qui, selon lui, correspondaient à des irrégularités sur la tenue des listes. Y aurait-il un lien de cause à effet ?

Ce fonctionnaire avait relevé que, lors de l'élection législative de juin 2007, 13.000 cartes avaient été retournées en mairie, faute d'avoir trouvé acquéreurs (mais 7.000 cartes avaient été récupérées sans que les personnes ne prouvent leur rattachement à la commune). Et aussi que, depuis 2004, les listes n'étaient plus révisées à partir des cartes retournées. Mettant sérieusement en doute la sincérité et donc la validité des listes, il avait saisi le conseil constitutionnel et le tribunal administratif, ce qui lui a valu d'être sanctionné financièrement, puis muté par Maryse Joissains, responsable du personnel municipal.

Bon, pourra-t-on toujours rétorquer, tout cela n'est peut-être que pure coïncidence. Il n'empêche, pour lever toute ambiguïté, il faudra bien éclaircir ce bien singulier mystère...

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mercredi 14 janvier 2009

La politique locale a aussi... ses casseroles

casseroles_politiques

Claude Filippi n'est pas à inventer. Il existe ! Et il aime faire parler de lui. Le maire de Ventabren, par ailleurs vice-président de la Communauté d'agglomération du pays d'Aix, a été amené dans les locaux de la brigade financière de la police judiciaire de Marseille pour une garde à vue de 48 heures dans le cadre d'une enquête préliminaire.

En général, ceux qui sont invités en ces lieux ne le sont pas pour aller y siroter un pastis ou deux.

Il m'est arrivé une fois d'avoir à me rendre là, de mon plein gré – en tout bien, tout honneur, je tiens à le préciser – pour une plainte grave que j'ai déposée et dont j'attends encore les résultats qui pourraient créer une autre surprise aixoise... si le procureur de la République ne s'avise pas d'étouffer le dossier. Il faudra bien que je vous raconte cela le jour venu. Je sais donc comment ça se passe.

Claude Filippi, lui, y a été conduit par la police qui est allée le chercher dans sa belle mairie. La presse évoque entre autres quelques vilénies et arrangements inadéquats avec le POS. Télescopage de l'actualité, le maire d'Orange et son épouse ont eux aussi fait l'objet de convocations pour des histoires de terrains. Ce ne sont pas des cas isolés.

Aix n'est pas exempte de turpitudes de toutes sortes. Le dernier mandat municipal a été l'un des plus honteux en termes de comportements inexemplaires. J'ai encore en mémoire les obscurs tours de passe-passe opérés il y a peu par deux ex-adjoints de la garde rapprochée de Maryse Joissains dans les affaires immobilières de la Semepa. Un autre ex-adjoint avait été condamné pour conduite en état d'ivresse sans être démis de ses fonctions, il a même été promu un peu plus tard.

Deux autres conseillers ont été récemment condamnés en correctionnelle, l'un pour injures, l'autre pour entorse au code de l'urbanisme. Tout dernièrement, c'est l'ex-directeur de cabinet de Maryse Joissains qui a vu son contrat annulé par le tribunal administratif pour absence de bases légales.

Au passage, on aimerait bien savoir quelles suites ont été données à l'explosion d'un bâtiment en construction attenant à la clinique appartenant au premier adjoint. On ne sait toujours rien non plus sur le mystérieux cambriolage des ordinateurs de l'OPH contenant les listings des bénéficiaires de logements sociaux.

Et puis, que sont devenus les 40.000 tickets restaurant volés nuitamment à l'Office de tourisme ? A-t-on identifié et puni les auteurs ?

Plus pittoresque encore, si l'on peut dire : fera-t-on un jour la clarté sur l'enveloppe contenant des informations confidentielles, tirées du fichier de police STIC, sur la personne de l'ex-directeur de l'Office public de l'habitat, enveloppe cocassement retrouvée par Maryse Joissains elle-même dans sa boîte aux lettres personnelle ?

La vie publique, a fortiori celle des élus et des détenteurs de pouvoirs publics, exige une éthique sans faille et une conduite irréprochable. Agir en conscience de ces obligations, c'est respecter la loi et honorer la confiance de la population.

Pourtant, et à regret, on serait tenté de dire : alors, à qui le tour pour une nouvelle honte ?

Les tribulations de Claude Filippi, connu des grands élus d'Aix et de Marseille :

La garde à vue :

http://www.laprovence.com/articles/2009/01/13/684362-A-la-une-ClaudeFilippi-mairedeVentabren-place-deux-jours-en-garde-a-vue.php

Sa précédente condamnation :

http://www.laprovence.com/articles/2008/10/29/611202-Region-en-direct-Deux-elus-juges-en-correctionnel.php

Jean-Claude Gaudin en dit le plus grand bien :

(bien écouter les mots qui sonnent étrangement désormais) : 

http://www.dailymotion.com/video/x3tbxz_jean-claude-gaudin-reoit-au-senat_politics

Claude Filippi, président fédéral du Nouveau centre :

(copain du ministre Hervé Morin) :

http://www.dailymotion.com/video/x3nn1v_fdration-du-nouveau-centre-des-bouc_news

Un très bon site : Anticor,

association d'élus et de citoyens contre la corruption :

http://anticor.org/

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dimanche 11 janvier 2009

Les places "gratuites" de l'OM au 19/20 de France 3

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Suite à l'article du 27 novembre sur les dérives de l'attribution de places "gratuites" de l'OM, France 3 Provence Alpes m'a contacté pour entendre mon point de vue. Le tournage a eu lieu le 15 décembre au stade Ruocco d'Aix en face de l'IUT.

Le même jour, la journaliste devait rencontrer des élus de la Ville de Marseille et du Conseil général pour recueillir leurs explications.

Le dossier traité ne date pas d'hier puisque les pratiques critiquées ont cours depuis plusieurs années. Mais il n'a été révélé en détail que lors de la publication de trois rapports d'observations de la Chambre régionale et territoriale des comptes (CRTC). Jusqu'ici, il n'avait pas été ébruité sur la place publique. Mon article a en quelque sorte joué un rôle de déclencheur.

               

Voici le lien qui vous permettra de visionner le reportage :

Edition du 19/20 Provence Alpes, samedi 10 janvier 2009

(journaliste Annie Almarcha, cameraman Gilles Guérin) 

Faire glisser le curseur en bas de l'écran directement à 10mn48 :

(durée 3mn15) 

http://jt.france3.fr/regions/popup.php?id=b13a_1920&video_number=0

               

Lire ou relire mon article du 27 novembre 2008 :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/11/27/index.html

Lire l'article publié sur le site de Libé Marseille :

http://www.libemarseille.fr/henry/2008/12/post.html

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mercredi 7 janvier 2009

Clinique privée du Montaiguet : Agissons maintenant !

L'ENQUETE PUBLIQUE COMMENCE JEUDI

DISONS NON A CE PROJET DEVASTATEUR !

enquete_publique_clinique_montaiguet

Alors que les difficultés de l'hôpital d'Aix se confirment de jour en jour, notamment aux urgences où les médecins alertent sur les risques de pénurie de personnels et de matériels, le projet de construction d'une polyclinique en plein massif du Montaiguet vient narguer le rôle du service public et le respect de l'environnement. C'est inacceptable !

Je l'ai déjà exposé ici, la bataille contre ce projet a été lancée par des riverains qui se sont constitués en association. Les "Amis du Montaiguet" ne veulent pas de cette défiguration d'un site remarquable pour le pays d'Aix. Ils défendent aussi le renforcement du pôle public qui existe déjà mais qu'on dépouille sans vergogne au profit d'intérêts spéculatifs qui réduisent le droit à la santé pour tous.

La mobilisation de tous est nécessaire pour faire échec à cette initiative contraire au bon sens. Jeudi, s'ouvre la première étape administrative pour mener ce combat avec l'enquête publique portant sur la modification simplifiée du POS. Cette modification partielle couvre une phase de pure opportunité qui vise à changer la destination de la parcelle concernée par détournement des règles de l'urbanisme.

Il convient, dès demain et chaque jour, de dresser les premiers cordons sanitaires. Car, du résultat de cette enquête dépendent les suites favorables ou non à l'édification de la polyclinique. Après, ce sera trop tard. Il faut bien en prendre conscience. Des pressions de toutes sortes vont être exercées par les partisans du projet. Il faut donc une mobilisation importante de tous ceux qui refusent une dégradation des services publics de la santé et un saccage de ce poumon vert au Sud d'Aix. Il faut faire basculer le rapport de forces dès ce jeudi pour protéger notre ville.

Pour mémoire, le projet de délocalisation de la clinique Rambot vers le Montaiguet, c'est l'équivalent de la moitié de l'hôpital d'Aix sur nos collines, avec ses parkings à ciel ouvert, 40 hectares de nature sacrifiée et une circulation exponentielle. Non, personne ne doit laisser faire cela ! Il faut prendre quelques minutes pour aller consigner nos remarques et critiques sur le registre de l'enquête publique.

De notre participation dépend que le projet soit rejeté ou non et, plus tard, que le permis de construire soit délivré ou non. Des batailles ont été gagnées dans d'autres villes. A Aix même, des procédures de refus bien menées ont donné des résultats qui ont fait échouer certains projets néfastes. L'heure est venue de ne pas subir.

Enquête publique

A la mairie annexe de Pont-de-l'Arc

Pour consulter le registre de l'enquête

Du lundi au vendredi de 8 à 12h00 et de 13h30 à 16h30

Pour rencontrer le commissaire enquêteur

Jeudi 8 janvier 2009 de 9 à 12h00

Mardi 13 janvier 2009 de 14 à 16h30

Lundi 19 janvier 2009 de 9 à 12h00

Mercredi 28 janvier 2009 de 14 à 16h30

Mercredi 4 février de 9 à 12h

Vendredi 13 février 2009 de 14 à 16h30

Le site de l'Association des Amis du Montaiguet :

http://www.montaiguet-pontdelarc.com/

Les photos du projet (clic sur chaque image pour agrandir) :

http://www.montaiguet-pontdelarc.com/visionner.php 

Visualiser sur le projet sur le site du cabinet d'architectes :

http://www.a-i-a.fr/archi/projet/idProjet/19?symfony=65c2da6adae9160700c17d0720f938cc

La pétition en ligne :

http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=49

Mes articles précédents : 

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/12/12/index.html 

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/12/17/11753424.html

            

14h00 : en réponse à un commentaire

Le pourquoi et le comment

Il ne faut pas s'attendre à d'amples explications de la part des promoteurs et des financeurs de ce projet. Pour qui a la mémoire de la guerre des cliniques marseillaises, le doute ne subsiste pas sur les intentions spéculatives masquées derrière l'habillage médical.

La clinique Rambot qui a racheté la clinique La Provençale veut vendre ses bâtiments actuels qu'elle souhaite quitter. La Ville, via la Semepa, a fait construire un énorme parking avec de l'argent public sous la clinique Rambot avant que cette dernière n'ait dévoilé ou annoncé son intention de se restructurer. On peut imaginer la plus-value que cela va constituer au moment de la vente des bâtiments libérés. Voilà pour quelques aspects liés aux manœuvres financières.

Pour ce qui est de la carte sanitaire en pays d'Aix, des recompositions ont déjà vu le jour. Ainsi, par exemple, l'hôpital public de Pertuis, faute de moyens suffisants, est dans l'obligation de travailler en concertation avec celui d'Aix. L'hôpital d'Aix a été dépouillé d'une partie du service de maternité au profit de la clinique confessionnelle de l'Etoile et des services "rémunérateurs" de cardiologie au bénéfice de la clinique Rambot. Tout cela avec l'assentiment, au coup par coup, de l'Agence régionale de l'hospitalisation, donc sans vision globale de la carte sanitaire régionale.

La différence entre l'hôpital public et l'hospitalisation privée, pour faire simple, c'est que le premier est tenu d'accueillir tous les patients sans distinction alors que le privé sélectionne par l'argent (sans compter la pratique des dessous de table).

Enfin, la puissance financière des groupes privés leur permet d'exercer de fortes pressions pour obtenir à peu près tout ce qu'ils veulent. Le cas du projet du Montaiguet est l'exemple même de leur capacité d'influence sur les politiques. Y compris au mépris de l'environnement, du cadre de vie des habitants et de l'impérieuse nécessite de dresser un Plan local de l'urbanisme, seul outil pertinent pour établir les règles d'un développement cohérent des territoires.

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samedi 20 décembre 2008

Mon appel au boycott des vœux dans La Provence

boycott_voeux

Paru dans La Provence le 17 décembre 2008

Pourquoi me priverais-je de signaler ce joli clin d'œil. Il y a trois jours, La Provence a aussi fait écho à mon appel au boycott de la cérémonie protocolaire des vœux de Maryse Joissains.

Preuve que le bon sens doit primer, d'autres collectivités et institutions font marche arrière. En effet, la liste des annulations ne cesse de s'allonger dans la région et un peu partout en France.

Lorsqu'a été évoqué cet argument, Maryse Joissains a répondu que tout ça, c'est "du pipi de chat". Quelle élégance !

Chers lecteurs, soyons plus classe ! Nous avons jusqu'au 20 janvier pour relayer le message du boycott autour de nous. Ne perdons pas la moindre occasion de nous faire entendre et de convaincre d'ici là...

(Voir mon premier article du 15 décembre, ci-dessous)

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"Le Ravi" accueille Sophie Joissains dans sa crèche

Voici des extraits significatifs de l'interview de Sophie Joissains parue dans le n°58 du Ravi, encore en vente en kiosque. ­Les propos ont été recueillis par Michel Gairaud et Rafi Hamal. Les commentaires en bleu clair sont de moi. Dès que l'enregistrement sonore sera mis en ligne sur le site du mensuel, je publierai le lien en bas de cet article. En attendant, bonne lecture...

Maryse et Alain

"Mes parents sont des personnages (NDLR, lire le portrait de Sophie Joissains ci-après). Deux phénomènes de la vie politique et deux républicains majeurs. Ni l'un, ni l'autre n'ont eu le bac. L'une travaillait au guichet de la sécurité sociale lorsqu'elle est rentrée en capacité en droit, l'autre était docker et s'est payé comme ça ses études de droit. Ils ont été avocats tous les deux, maires d'Aix-en-Provence tous les deux. Ma mère et mes grands-­parents ont été communistes.

Le communisme cela mène surtout, même si mes amis de droite hurleraient, à beaucoup de rigueur dans le travail, de volonté et de ténacité. Je crois que Maryse en a fait montre durant toutes ces années."

Le clan Joissains

"Le père de Martine Aubry, c'est Jacques Delors. En politique, comme ailleurs, il y a souvent des familles de juristes, de médecins, des enfants qui reprennent des entreprises familiales. Je ne suis pas une exception. Thomas Hollande a travaillé pour sa mère, Ségolène Royal, aux présidentielles. Je comprends que cela puisse interpeller, que cela amuse ou fasse bondir mes adversaires. Qu'ils regardent aussi dans leur camp. Etre "la fille de" ne pose pas problème.

Cela serait le cas si l'on n'avait pas besoin de faire ses preuves. J'ai travaillé très dur pendant sept ans (NDLR, comme directrice de cabinet de Maryse Joissains à la communauté du pays d'Aix). Peut-être encore plus dur que si je n'avais pas été la fille de la présidente de la CPA. Dans ces cas-là, on vous attend un peu plus au tournant. Encore une fois, tout cela ne me gêne pas du tout. Il y a des cabinets d'avocats avec le père, la mère, les deux enfants. Lorsqu'on a souffert d'une affaire telle que nous l'avons connue (NDLR, Alain Joissains a été condamné pour recel d'abus de biens sociaux…), il y a un rassemblement familial très fort, une solidarité qui s'instaure…"

Annulation du contrat d'Alain Joissains

"Ce n'est pas une casserole. Nous partons en appel (NDLR, suite à une plainte de Lucien-Alexandre Castronovo, ancien conseiller municipal PRG, le tribunal administratif de Marseille a ordonné l'annulation du contrat de directeur de cabinet d'Aix-en-Provence. Alain Joissains a perçu durant sept ans un surplus de salaire de 167.800 euros qu'il devra rembourser si le jugement est confirmé…). Les délais ont été bizarrement étendus. Normalement, la loi donne deux mois après connaissance pour faire appel (…) et c'est quatre ans après que Lucien-­Alexandre Castronovo a déposé plainte [Le Tribunal a rejeté l'argument du délai]. La cour des comptes a fait son travail. Il y a eu un contrôle de légalité en préfecture [Le préfet n'a pas donné suite à ma demande de contrôle approfondi].

Sur le fond de l'affaire, Alain Joissains gagnait moins que ce que peuvent percevoir les directeurs de cabinet [Preuves à l'appui, c'est le contraiore]. Il n'avait pas d'appartement de fonction comme c'était le cas de son prédécesseur. Il avait droit, de par son statut donné par la loi, à des avantages dont il n'a pas profité [Et la voiture de fonction, par exemple ?]. On ne peut pas lui faire ce procès-là. En six ans, je ne crois pas me tromper sur l'échelle, il a fini par gagner 600 euros de plus que l'ancien directeur de cabinet [Un chiffre faux, mais une forme d'aveu qui contredit la déclaration précédente]. Il n'a pas outrepassé la décence là-dessus. Ce genre d'affaire n'est jamais agréable à porter. En même temps, en politique, on est blindé contre ce genre de chose. C'est tellement courant."

La fille s'émancipe

"Il m'arrive de ne pas être tout à d'accord avec ma mère. Le travail d'intérêt général pour les chômeurs, je ne suis pas pour. En revanche, je ne suis pas pour un assistanat, pour une assistance qui ne demande rien en contrepartie parce que je crois que c'est isoler socialement quelqu'un. La peine de mort, je suis contre. Nommer une rue aixoise Bastien Thiry (NDLR, officier pro-Algérie française exécuté après avoir tenté de tuer le général De Gaulle), c'est une bêtise. On a lancé ça à ma mère comme une boutade. Elle m'a dit que pour elle Bastien Thiry est quelqu'un qui est allé au bout de sa conviction et donc qui mérite une certaine considération sans approuver ce qu'il a fait. Je crois que la repentance au bout d'un moment ne sert pas à grand-chose."

Aux côtés de Sarkozy recentré

"Deux situations ne peuvent pas se traiter de la même manière. Quand on a un corps sain, on ne va pas vous donner des antibiotiques. En revanche, quand on est malade, vous nécessitez un traitement. C'est un peu le cas de la France aujourd'hui [Un peu seulement ?]. Tant que la croissance marche bien, que tout le monde a du boulot, un logement, ou qu'il n'y a pas notablement de problèmes sociaux [Là, on dirait que la situation s'aggrave ou je me trompe ?], on peut laisser aller un peu plus le libéralisme même si je ne suis pas pour le laisser-faire à tous crins. Mais en période de crise, on a besoin de contrôler les choses. Je suis passionnément modérée. Je suis à droite car elle permet de produire les richesses sans lesquelles il n'y a pas de partage. C'est tout. Je me sens plus humaniste que les socialistes."

Aux côtés de Christine Boutin

"Avoir exclu l'accession à la propriété des 20% de la loi SRU qui réglemente le logement social me semble une hérésie (NDLR, une majorité de sénateurs se sont opposés à ce projet de la ministre du logement. Sophie Joissains a soutenu Christine Boutin). Sur le terrain, les maires ne feront donc pas de l'accession sociale à la propriété. Pourtant, elle est nécessaire pour permettre l'ascenseur social et pour faciliter le changement de statut." [Il faudrait peut-être d'abord que l'OPH commence par construire des logements sociaux pour les familles les plus démunies, non ?]

Oui au TER, non a la LGV

"En toute sincérité, je ne pense pas que le TGV soit nécessaire (NDLR, la LGV, la ligne à grande vitesse pour relier Nice à Paris). J'aimerais faire un TER provençal. C'est une idée majeure. Il faudrait un TER de Marseille à Gap. L'ensemble du pays d'Aix serait desservi ainsi que celui de Manosque. Cela permettrait d'étaler le logement, de faire en sorte que les ménages qui, aujourd'hui, sont obligés de partir pour se loger puissent le faire sur le territoire, cela permettrait de faire venir des entreprises. L'urgence est là et pas ailleurs. Il faut savoir, de surcroît, que les Italiens ne veulent pas de cette ligne, censée aller jusqu'à Gênes. Ils s'en foutent royalement. Ils préfèrent une autre forme de rail qui va à Milan, leur capitale économique.

Je ne vois pas l'utilité de la LGV [La même position que Maryse Joissains vient d'adopter après avoir soutenu le contraire] si ce n'est pour Nice et les Parisiens. Si on met malheureusement beaucoup d'argent sur cette ligne, si elle devait se faire, on n'aura pas les moyens de financer un TER. Dans ce cas, il faut au moins qu'elle passe par les métropoles (NDLR, via Marseille et Toulon)."

Aix, capitale provençale de la culture

"Si Marseille est capitale européenne de la culture en 2013, Aix-en-Provence est capitale de la Provence. Donc il y aura une belle complémentarité (…). Notre ville d'Aix a eu besoin de se protéger un petit peu sur le plan financier. Nous ne voulions pas que Marseille absorbe tout. Maintenant, on va marcher main dans la main. La volonté gouvernementale de faire le pont de l'autre côté de la Méditerranée, est aussi une très bonne idée."

Après Maryse, Sophie ?

"Bien sûr que cela m'a traversé l'esprit de me présenter un jour à la ville d'Aix-en-Provence, je vous mentirais si je vous disais l'inverse. Je ne suis pas la seule. Mais ce n'est pas du tout une certitude. Je me suis donné quelques années pour réfléchir." [Allez, au hasard, on va dire cinq ans ? Juste un an avant la prochaine élection municipale ?]

Joissains_maire_et_fille

(Clic sur l'image pour agrandir)

Joissans, maire et fille, Dessin osé de Trax, paru dans Le Ravi de décembre 2008

Cumul familial

L'édito de Michel Gairaud

Dans la famille Joissains, je demande la fille. Bon, d'accord ! Cela l'agace, Sophie, qu'on lui parle tout le temps de Maryse et d'Alain, maman et papa. Il faut dire que la première est députée­-maire d'Aix-en-Provence, ville dont le second a aussi été le premier magistrat. Il faut dire aussi que tout, dans son parcours politique et même professionnel, la relie à ses célèbres parents.

Comme sa mère, à 18 ans, elle rejoint les radicaux valoisiens, ceux qui préfèrent s'allier à droite. Côté étude, comme ses géniteurs avocats, elle opte pour le droit. Elle est juriste criminologue spécialisée en victimologie. Son père en connaît un rayon en la matière : en 1983, une condamnation pour abus de biens sociaux le conduit à démissionner de son mandat de maire [Il n'a pas démissionné, il n'a pas pu se présenter à l'élection suivante pour inéligibilité] et à être radié du barreau. Inéligible, il n'aura de cesse de laver l'honneur de son nom bafoué. Grâce aux prouesses de sa femme et de sa fille.

Après une courte escapade dans le milieu culturel et une société de production de film d'art et d'essai, Sophie est vite enrôlée dans la grande saga familiale. A peine élue en mairie d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains la nomme, à 32 ans, directrice de cabinet de la CPA qu'elle préside. Son père, lui, officie comme directeur de cabinet en mairie, très généreusement rémunéré. De quoi faire hurler l'opposition qui dénonce une situation manifeste de népotisme, un système clanique.

En 2008, la carrière politique de Sophie Joissains démarre officiellement. Et bien plus vite que le train à grande vitesse censé frôler un jour la Sainte-Victoire. Grâce à la réélection de sa mère, elle obtient, en mars, son premier mandat et devient 8e adjointe d'Aix-en-Provence, à la fois chargée de la politique de la ville et de plusieurs dossiers culturels. Moins de six mois plus tard, toujours suite à l'intervention de sa mère, elle est propulsée n°2 sur la liste conduite par Jean-­Claude Gaudin aux sénatoriales…

La voilà donc, à 38 ans, benjamine du groupe UMP au palais du Luxembourg. Façon de parfaire le tableau de chasse de Madame la sénatrice, Maryse Joissains l'a aussi gratifiée d'une vice­-présidence à la CPA. Pourquoi se gêner ! En cumulant tous ces mandats, auxquels se rajoutent ses responsabilités de secrétaire nationale du parti radical, Sophie Joissains a tous les atouts pour se faire un prénom. Et hériter de la mairie d'Aix-en-Provence ?

Le site du Ravi : www.leravi.org

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