mardi 7 avril 2009

Marseille : En politique, sont 'ach'ment balèzes

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Une des photos en simulation virtuelle du futur Vieux-Port

Un coup, ils partagent le repas. Un autre, ils se dévorent le foie. Sans jamais lâcher les couteaux sous la table. Depuis que la gauche a ravi la Communauté urbaine de Marseille à la droite, il a fallu de longues palabres pour trouver un chemin d'entente forcée. Marseille Provence Métropole a validé un certain nombre de demandes de Marseille et la Ville a fait des concessions à la Communauté.

Malgré les aides financières de MPM et du Conseil général, Jean-Claude Gaudin a été obligé d'augmenter les impôts pour faire vivre quelques projets et surtout survivre un peu politiquement. Jean-Noël Guerini s'est lancé dans un plan de relance pour Marseille et le département, voté à l'unanimité. Eugène Caselli en a fait autant avec une large majorité.

Entretemps, une polémique a failli mettre à mal le consensus obtenu pour Marseille Provence capitale européenne de la culture en 20013. Renaud Muselier, humilié par ses défaites successives et privé de tous les leviers de commande a fait son malin en lançant l'idée d'un guichet marseillais des projets. Tollé immédiat. Le Conseil régional, le Conseil général et d'autres collectivités et institutions ont fait paraître un énorme communiqué dénonciateur pleine page dans la presse. Jean-Claude Gaudin a remis un peu d'ordre en désavouant à demi-mot le gaffeur et a proclamé l'unicité de guichet pour Marseille 2013. Ouf ! Cela semble réglé.

Pourtant, dans ce dossier comme dans les autres, c'est à qui assurera la meilleure propagande pour sa propre pomme. En effet, ces derniers jours, Guerini, Vauzelle et Gaudin font la bataille d'encarts auto-promotionnels via la presse. Chacun y va de ses formidables initiatives et décisions qui vont évidemment nous faire aimer notre bonheur.

Mais, il y a plus fortiche. Si, si. Je vous raconte. Samedi, étant en visite familiale à Marseille, je découvre une belle enveloppe siglée en bleu "Ville de Marseille, le Maire". Avec, à l'intérieur, un courrier de quatre pages en quadrichromie, une lettre signée Gaudin "Madame, Monsieur, bala bla bla" et de belles photos du futur centre ville de Marseille. Les propos signalent à peine les participations financières croisées des autres collectivités et, en dernière page, ne figurent que les logos marseillais.

Bravo, bien joué, Gaudin ! Une lettre circulaire faussement individuelle directement glissée dans la boîte aux lettres de tous les Marseillais, c'est tellement plus personnel et ça donne l'impression que la dépense est minime. Et puis, tant d'images en simulation virtuelle, n'est-ce pas le meilleur moyen de faire rêver à domicile ? D'ailleurs, des rencontres sont annoncées pour soumettre les projets à la population. Mais, à quoi bon, pourrait-on penser, tant l'affaire semble ficelée et déjà comme réalisée.

Peu importe, tous les coups sont bons pour ramener à soi la couverture. Vauzelle, Guerini et Caselli vont-ils relever le gant et riposter à la provocation ? On bout d'impatience. Ce serait aussi 'ach'ment balèze !

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lundi 6 avril 2009

Joissains se sent "en mission" : C'est ça... impossible !

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(Clic sur l'image pour agrandir) Dessin de Charmag dans "Le Ravi"

Chic, me suis-je réjoui, les projets concrets de Maryse Joissains avancent. C'est du moins ce que pouvaient laisser penser ses mots, "En politique, je me sens en mission", qui font le titre de l'article paru dans La Provence le 2 avril (journaliste : Alexandra Ducamp). Et puis, me ravisant à la vue des mains jointes sur la photo qui illustre l'événement, je me suis dit que "en mission" pouvait tout aussi bien avoir un sens mystique. Ce n'est pas loin. C'est Mireille Dumas qui va être contente.

Car, dans l'article de haut de page, Maryse Joissains verse dans la confession à ras bord et les états d'âme débordants. D'abord, elle s'en veut, dit-elle, d'avoir continué à être politiquement "idéaliste et crédule". Ensuite, elle confie : "Je vois le monde comme je voudrais qu'il soit, pas comme il est." […] "Ma conception de la société fait que j'ai été profondément déçue. Je me suis totalement remise en question et je suis toujours dans cette optique."

Et de poursuivre dans la même eau : "En politique, je me sens en mission mais j'ai moins de certitudes, alors j'avance plus lentement. J'ai pris beaucoup de recul. Aujourd'hui, j'ai davantage la culture de territoire et un sens de la responsabilité beaucoup plus aigu. Pour moi, les élus ne doivent pas être là pour les bénéfices ou les carrières mais pour préparer le monde de demain." Fortes affirmations qui semblent tout droit être les conséquences des dérives du premier mandat. Quant à la volonté d'agir plus lentement, sous-entendu après mûre réflexion, ce n'est pas le bilan ci-dessous qui pourra personnellement m'en convaincre.

"Moi, je suis assez folle pour dire..."

Suivent trois "encadrés" assez renversants où Maryse Joissains livre son opinion sur la nature des relations qu'elle entretient avec ses collaborateurs, ses élus, sa fille Sophie et... Jean-Noël Guerini. Cela vaut le détour, si l'on peut dire. Entre démagogie, sentiments et vulgarité, on ne sait que choisir.

Si elle dit bien s'entendre avec le président du conseil général parce que "c'est très corse", elle s'estime victime d'une pression du même quand il lui demande de lui restituer l'Archevêché ou d'accepter de participer au syndicat mixte des transports au niveau départemental. Et qu'envisage-t-elle pour protester ? Rien moins que l'acte incivique ainsi formulé : "Moi, je suis assez folle pour dire aux Aixois de ne plus payer les impôts au conseil général".

Reprenant l'habituel mensonge "et je ferai le compte de tout ce qui est mis dans les communes socialistes" alors que le CG13 n'a jamais autant abondé financièrement à Aix, elle conclut toute en finesse avec "Mais moi, je ne resterai pas à poil".

C'est dans ce langage aussi fleuri que celui d'un certain président de la République que Maryse Joissains fait également un sort à certains de ses collaborateurs des services réorganisés de la Ville et de la Communauté du pays d'Aix : "La connerie, je ne supporte pas. Je ne peux pas avoir des collaborateurs cons. Je peux avoir des collaborateurs qui ont tous les défauts, mais pas des cons. Bon, j'en ai bien un qui est pas fut'-fut' ou deux. Avec eux, j'ai vraiment du mal mais ils remplissent d'autres offices…"

Les élus - faut-il rappeler que c'est le maire qui les choisit - en prennent aussi plein leur grade. Certains ne seraient pas à la hauteur. Mais à qui la faute ? "Cette année, il a fallu aussi mettre en place les nouveaux élus. On avait l'habitude de travailler ensemble et je me retrouve avec des élus auxquels il faut expliquer les choses. Certains réussissent et d'autres réussissent moins. Il va falloir faire des ajustements. Certains se sentent moins bien dans leurs délégations que d'autres. On va voir si on peut permuter certains, notamment à la CPA". J'ai décrit ici même, il y a quelques jours, la cacophonie qui dure depuis sept ans !

Quant à Sophie, Maryse Joissains estime que "potentiellement, elle peut être mon successeur". […] "Je n'ai jamais imaginé passer le relais à qui que soit en cours de mandat. Sauf si le Président me propose le ministère de l'Intérieur, le seul qui me plairait. Alors là, je passe le témoin à la personne la plus compétente. Mais ça n'arrivera pas". C'est vrai, quoi, on se disait bien qu'il manquait quelque chose au sein du gouvernement Fillon : un peu de veine comique, par exemple.

Pour finir, il faut avoir lu la partie de l'interview faisant le point sur les "projets". Un vrai dépôt de bilan ! Je reproduis ci-après le texte intégral en y glissant quelques commentaires entre parenthèses… 

"Maintenant, on affine"

Vous dites "avoir pris du recul" et "avancer plus lentement". Est-ce à dire que vous avez tenu compte des critiques de l'opposition qui vous reproche un manque de cohérence?

Si j'avais été précédée par des gens ayant une vision de l'avenir (Les plus grands projets qui ont refaçonné la ville ont été accomplis par Jean-François Picheral, jusqu'à ses derniers, achevés par Maryse Joissains), j'aurais pu aller plus vite : pour Sextius-Mirabeau ou les parkings, je n'ai pas eu le choix (Ah ! Un aveu quand même !). Eux avaient travaillé pendant des années sans Schéma de cohérence territoriale ni Plan local d'urbanisme, qui sont des notions nouvelles. (Huit ans ont passé depuis la création des SCOT et des PLU instaurés dans le cadre de la loi SRU du 13 décembre 2000. De très nombreuses grandes villes les ont mis en place depuis belle lurette.). Ils n'avaient pas d'urbaniste sur La Duranne par exemple, nous sommes en train d'en choisir un (Durant le premier mandat, Maryse Joissains a défiguré le projet de la Duranne dans la plus grande improvisation. C'est maintenant qu'elle s'aperçoit qu'il faut un urbaniste. Mais que pourra-t-il faire sans PLU ?). J'ai comblé les manques. Maintenant, on affine. Aujourd'hui que les parcs de stationnement sont en place, on va appliquer une véritable politique de circulation entre les parkings et les zones d'activités et l'hyper-centre (Le Plan de déplacements urbains, PDU, ayant été annulé par le Tribunal administratif, il faudrait peut-être d'abord en refaire un autre, non ?). On va recoudre le centre-ville, en quelque sorte. On prendra aussi en compte les énergies nouvelles, notamment sur le chauffage urbain, cela permettra avec la crise de réduire les charges. Concernant la gestion des déchets, je veux qu'en 2014, nous soyons les plus performants de France (C'est vrai ça, Aix aime bien battre les records. N'est-elle pas déjà la plus "performante" pour la pollution ?).

A quoi avez-vous consacré cette première année de mandat ?

Nous avons fait le point sur les grands chantiers : la gare routière a pris du retard parce qu'on a recommencé la concertation mais les travaux vont commencer (Le projet n'était qu'une annonce électorale avec une concertation bidon. Il a été contesté de toutes parts dès le début mais la mairie a fait croire qu'il était en voie de réalisation.). Nous travaillons aussi à la délocalisation du conservatoire, sur le projet de l'école d'art et du nouvel office de tourisme (Cette vente scandaleuse du patrimoine public n'est en réalité qu'un prétexte pour renflouer les caisses de la Ville !). A côté de cela, fin 2010, on va sortir le SCOT (Dix ans après sa création !). Entre-temps, la LGV, Atmel et la mission gouvernementale, venue pour organiser les territoires autour de Cadarache, ont perturbé notre calendrier (Bla bla bla, cela ne date que de quelques mois.). La cité judiciaire a pris du temps aussi. Je me suis battue pour un nouveau tribunal et, pof, Paris nous l'enlève (C'est le gouvernement que soutient Maryse Joissains en votant toutes ses lois qui est incapable de tenir ses engagements.). Le dossier de l'Anru pour la requalification de Corsy et Beisson, c'est pareil… Ce n'est pas de ma faute s'il y a un fonctionnaire de la Ville qui n'a pas fait son travail (Ben voyons ! C'est encore un fonctionnaire qui va porter le chapeau !). J'ai dû reprendre le dossier (Dès 2005, nous avions attiré l'attention de Maryse Joissains sur ce dossier mais elle l'avait quand même fait voter. Depuis deux ans, l'Etat n'a cessé de réduire les moyens pour de nombreux projets en France.). J'ai été reçue par Fadela Amara, qui va faire passer le dossier dans une deuxième mouture exceptionnelle (On verra ce qu'on verra.). Cette année, on a bétonné en restructurant les crèches (La Ville a décidé la gestion indirecte plutôt que la mise en place d'une véritable politique publique de la petite enfance.), Pays d'Aix Habitat (Pour qui connaît sa situation encore catastrophique, c'est le summum du tragi-comique !). Aujourd'hui, nous sommes dans une phase opérationnelle. Nous allons créer une SPLA (Société publique locale d'aménagement), une sorte de Semepa uniquement communautaire. Cette nouvelle société d'économie mixte fonctionnera comme le privé, cela permettra d'aller plus vite dans les choix, les procédures. Elle sera mise en place à la fin de l'année et prendra en charge les grands travaux (Pour ceux qui l'ignoreraient, la Semepa est déjà une société communautaire qui fonctionne comme le privé et qui a déjà en charge les grands travaux ! Quel est donc le véritable objectif d'en créer une seconde ?). Nous voulons aussi faire une maison de la famille à la Zac et une halle des sports près du cimetière américain (De nouveaux projets à enterrer, peut-être ?).

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vendredi 3 avril 2009

Joissains croit que l'Express est un bulletin municipal !

Jugeant trop critique un article sur la pollution à Aix,

Maryse Joissains retire une publicité à L'Express

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(Clic sur l'image pour agrandir) La une du supplément de l'Express du 2 avril 2009

Il fallait vérifier pour en avoir le cœur net. C'est fait. Maryse Joissains a bien refusé d'accorder au magazine L'Express paru ce jeudi une annonce publicitaire sur l'exposition Picasso Cézanne. Pourquoi ? Parce que le supplément consacré à Aix dresse, entre autres articles, un dossier alarmant sur la pollution dans notre ville, "La vérité sur l'air que vous respirez".

Ayant rencontré des membres de l'équipe d'étudiants qui ont planché sur le sujet, j'ai pu avoir confirmation que l'entourage du maire chargé des relations avec la presse, estimant que l'enquête allait trop loin au goût de la mairie, a essayé de faire pression sur le directeur de l'Institut d'études politiques d'Aix. Résultat : le numéro spécial a donc paru avec l'enquête et… sans la publicité pour l'expo (aucune trace dans le supplément ni dans le numéro normal).

Ce travail de longue haleine accompli depuis le mois d'octobre a été conçu, écrit et réalisé par une dizaine d'étudiants de 2e année et entre dans le cadre du "Défi L'Express Grandes Ecoles" qui met en compétition neuf établissements pour le concours du meilleur supplément régional (voir leur blog ci-dessous).

L'IEP d'Aix participe chaque année à cette initiative car la démarche est formatrice. Cette fois encore, les jeunes se sont complètement investis dans cette aventure, l'esprit ouvert et débarassé de tous préjugés. Ils ont découvert ce qu'est l'état alarmant de pollution qui pèse sur Aix. Ils l'ont dit. Les Aixois savent aussi ce qu'il en est. La mairie voulait sans doute un autre message. Alors, comment définir cette façon de faire ? Intimidation ? Censure ?

Ce qui est sûr, c'est que ce n'est pas la première fois que le maire d'Aix s'en prend à des magazines. Le cas le plus criant a été la plainte en 2004 contre le Nouvel Observateur pour un dossier intitulé "Maryse Joissains est-elle à la hauteur ?". Peine perdue. Le maire a été déboutée pour son action en justice contre l'hebdo et a même été condamnée aux dépens. J'avais raconté ici même les épisodes de cette farce (voir ci-dessous).

La presse essaie de faire son boulot malgré les coups de plus en plus fréquents qui lui sont portés. La liberté des journalistes et des médias ne peut être ainsi bafouée. A l'évidence, une fois de plus, Maryse Joissains a trop tendance à vouloir que les magazines nationaux s'inspirent de la tonalité féerique de son magazine municipal.

                

Le blog des étudiants de l'IEP :

http://blogs.lexpress.fr/defi-grandes-ecoles-2009-IEP-Aix-en-Provence/

Les articles sur l'affaire du Nouvelobs :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/03/01/index.html 

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/presse/20070110.OBS6401/ maryse_joissainsmasini_perdcontre_le_nouvel_observateur.html

13h00 : Précision

Par téléphone, ce midi, les services proches du maire m'informent que la publicité qui n'a pas paru s'inscrivait dans le cadre d'un partenariat plus général avec plusieurs organes de la presse nationale dont l'Express. Les services confirment qu'il y a bien eu des échanges de coups de fil avec la direction de ce dernier et les responsables de l'IEP au sujet de l'article sur la pollution. La mairie avait suggéré la possibilité pour l'hebdo de traiter d'autres thèmes. C'est ce qu'elle a voulu leur faire savoir de manière directe. Toujours est-il que l'IEP a maintenu sa parution, sans la publicité sur l'expo.

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mercredi 1 avril 2009

Pour Le Point, Sophie Joissains rime avec destin (2)

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A lire la page et demie consacrée à Sophie Joissains dans le numéro "Spécial Aix" du Point, on peut se demander si Drucker et/ou Delarue ne seraient pas passés par là. En tout cas, certaines phrases semblent dégager une impression d'hagiographie plutôt bienveillante. A d'autres moments, plus nombreux, c'est l'aspect victimaire qui prend le dessus.

Ainsi, les événements judiciaires des années 80 qui ont touché la famille Joissains - elle-même à l'origine de ses déboires, faut-il le rappeler - sont de fait présentés par chaque membre comme une suite de complots dirigés initialement contre Alain Joissains qui était devenu maire d'Aix en 1978 et qui n'avait pas pu se représenter en 1983.

Sophie dit : "A l'adolescence, j'ai vécu ce qu'elle pouvait offrir de pire : la trahison, la bassesse, l'hypocrisie". Et plus loin : "Mon père a été lâché et trahi par ses alliés, les amis changeaient de trottoir". Concernant sa mère : "En 2001, on comprend qu'Alain veut reconquérir le fauteuil de maire. Maryse et moi ne voulions pas qu'il prenne de nouveaux coups. D'une certaine manière, Maryse s'est dévouée, elle s'est présentée pour le protéger".

Certes, certes, quelles que soient les circonstances, nul ne contestera le fait qu'une famille puisse faire corps. En 2001, la doctrine a été poussée jusqu'au recrutement d'Alain et de Sophie auprès de Maryse, ce que d'aucuns ont vite traduit en "clan Joissains", une expression qui court les rues d'Aix et que le magazine n'hésite pas d'ailleurs à reprendre à son compte pour titrer l'article.

Passons maintenant à l'itinéraire de Sophie elle-même. L'hebdo publie deux photos d'elle adolescente. Cela fait penser aux reportages sur Maryse qui revenaient sur ses années de jeunesse, photos familiales et personnelles à l'appui. L'histoire se répèterait-elle donc ? Veut-on nous montrer un même parcours, de mêmes étapes, jusqu'à cette élection au Sénat, signe annonciateur d'un éventuel destin municipal ?

Il y a bien du Delarue là-dedans. Tout y est, déboires judiciaires du père, complots, trahisons, mort du grand-père, sens du combat, revanches, maladie de Sophie qui laisse entendre que cela aurait arrangé certains ("Là, j'ai revu la chienlit, nos soi-disant amis qui espéraient que ni Maryse ni moi ne nous relèverions.")

Faits dramatiques ou pas, sont énumérés bon nombre d'ingrédients faisant appel à ce syle d'affect que la télévision scénarise pour en faire toute une histoire que le public est prié d'applaudir.

Quelle est donc l'étoile de Sophie ? L'article interroge : "Reste la grande question : sera-t-elle candidate à la mairie en 2014 ?" Selon Sophie, Maryse n'a pas dit son dernier mot. Et la fille de raviver ce qui tient lieu de maxime familiale : "Je ne désespère pas, un jour, d'obtenir une révision du procès de mon père". Attendons…

Voir aussi mes articles :

Interview de Sophie Joissains par "Le Ravi" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/12/20/11810512.html

Réponse de Maryse Joissains concernant Sophie :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/03/09/12882701.html

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mardi 31 mars 2009

Spécial Aix : Le Point, c'est toujours… appâtant ! (1)

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(Clic sur l'image pour agrandir) La une du Point du 26 mars 2009

A part des suppléments qui enfoncent trop souvent les portes ouvertes du marché de l'immobilier, les magazines nationaux publient de temps en temps ce qu'ils appellent des numéros "Spécial Aix". Cette semaine, ça n'a pas loupé, c'est Le Point qui s'y est collé (n° 1906 du 26 mars). Jeudi 2 avril, ce sera au tour de L'Express de nous servir quelques autres cartes postales, fruit du labeur d'une dizaine d'étudiants de l'IEP.

Pour aujourd'hui, contentons-nous du dossier de 16 pages (moins la couverture et moins 3 pages et demie de pub) titré "Aix-en-Provence, leurs recettes anticrise". Le Point, ai-je pensé avec mon hémisphère gauche (voir explication plus bas), aurait donc eu connaissance d'informations aussi inédites que miraculeuses et nous, affables Aixois, nous ne le savions pas ?

Pour nous appâter, la une du magazine nous livre les mots-clés, je cite : "Joissains, Areva, Pasino, université, Secours populaire, viticulteurs…" Notons bien ces points de suspension, de suspense même, signes que d'autres révélations nous attendent dans les articles. D'ailleurs, s'il fallait convaincre les plus sceptiques, l'hebdo plante le clou en ajoutant toujours en une générale : "Sophie Joissains : la relève du clan", "L'événement Picasso-Cézanne", "Le carnet gourmand de Pudlo". Par l'odeur alléché, je lâche mes 3,50€ et m'en vais avec mon précieux talisman.

Billet d'entrée du dossier : "Moins touché que d'autres par la crise, affichant encore un taux de chômage inférieur à 8%, disposant d'un bon maillage de PME, le pays d'Aix tient bon. Mais les nuages s'amoncellent : Atmel a annoncé la vente de son site du (sic !) Rousset, les produits des jeux du Pasino chutent, le projet de cité judiciaire est remis en question… Pour enrayer le mouvement, édiles, chefs d'entreprise, élus (Et moi qui croyais imbécilement qu'édile voulait aussi dire élu !), responsables associatifs se démènent. Ils ont livré au Point leurs remèdes anticrise."

Et ce n'est pas tout. "Embellie. Dans une conjoncture économique en berne (Heu..., fais-je, seulement en berne ?), la cité du soleil (Wouaouh, fais-je encore, ce n'est plus la Belle endormie ! Toutes les autres villes sont des cités de l'ombre peut-être ?) fait de la résistance : formation, projets, investissements, solidarité, Aix montre l'exemple. Reportage au cœur d'un bastion anticrise" (Un "bastion", hein, dites donc, c'est fort ça !). Là, je suis obligé de m'asseoir. Il y aurait donc de vraies révélations.

Suivent alors une resucée des bagarres quasi salyennes sur le tracé de la LGV, une énième propagande d'Iter, deux projets qui au mieux ne verront le jour qu'en 2020, et l'ouverture d'un campus Areva, le champion du nucléaire, à l'europôle de l'Arbois, seule véritable initiative nouvelle.

Et puis, patatras, les nuages arrivent. Vite, de l'aspirine effervescente ! Le Secours populaire doit faire face à une nette augmentation du nombre de démunis. Atmel vend son usine et préfère la rentabilité à la morale. Le projet de future cité judiciaire est non seulement retardé mais revu à la baisse de moitié. Il n'est pas jusqu'à la viticulture qui ne fasse le dos rond. On le voit, rien que des scoops… qui font pschitt.

Enfin, dernier coup de massue, la Ville va encaisser un produit des jeux du Pasino en baisse de 14%, passant de 9,6M€ à 8,2M€. Maryse Joissains elle-même s'en inquiète : "Le recul des revenus du casino est un problème pour Aix". En fin de lecture, on ne sait plus s'il faut être heureux ou pleurer. Car, des mesures anticrise pour le court et moyen termes, le dossier n'en met aucune en évidence.

On est donc loin des promesses sous-entendues des titres. Cela ressemble plutôt à une image forcée tendant à conjurer les démons. Malheureusement, la réalité ne peut être escamotée. Sur le coup, j'ai l'impression d'être bien groggy et surtout un autre gogo de la farce. Mais, va, tant pis pour moi. Votre mal est moindre, chers lecteurs, vous venez d'économiser 3,50€.

Demain, suite avec le portrait de Sophie Joissains vue par le Point. Encore un grand moment. Peut-être le seul véritable objectif du dossier : préparer la mise en orbite de la succession ?

Hémisphères : Le test de la danseuse

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Alors, pour vous, dans quel sens tourne-t-elle ? Si vous voyez tourner la danseuse dans le sens des aiguilles d'une montre, c'est que vous utilisez votre cerveau droit. Si vous la voyez tourner dans l'autre sens, vous utilisez le cerveau gauche. Certaines personnes la voient tourner dans les deux sens, mais la plupart des gens ne la voient que dans un sens.

Essayez de la faire tourner dans un sens, puis reconcentrez-vous pour la faire changer de sens ! Les deux sens peuvent vraiment être vus ! Des expériences ont montré que les deux différents hémisphères du cerveau influent dans notre manière de penser.

La liste suivante illustre les différences entre la pensée hémisphère gauche et la pensée hémisphère droit :

Gauche : logique, séquentiel, rationnel, analytique, objectif, s'intéresse aux détails.

Droit : intuitif, aléatoire, irrationnel, synthétique, subjectif, s'intéresse à la totalité.

La plupart des individus ont une préférence distinctive pour l'un de ces modes de pensée. Certains, cependant, sont plus portés sur un hémisphère ou l'autre, ou les deux. En général, l'école tend à favoriser les modes de pensée hémisphère gauche. Les sujets hémisphère gauche focalisent sur la logique, l'analyse, et aiment l'exactitude. Les sujets hémisphère droit focalisent sur l'esthétique, le ressenti et la créativité.

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lundi 23 mars 2009

Mairie d'Aix : Un pouvoir… à la mode soviétique ?

En Union soviétique, le pouvoir n'y allait pas de main morte. Ainsi, avait-il coutume d'éliminer les réfractaires, les importuns, les indésirables et les contestataires en présentant leur départ comme étant motivé par des raisons personnelles ou de santé. On allait jusqu'à effacer leur image sur des photos officielles, une façon de nier leur existence. Lors de changements de pouvoir, certains nouveaux dirigeants n'hésitaient pas à faire place nette de leurs adversaires, parfois en les faisant assassiner.

Ces mœurs de gangsters ont toujours cours dans pas mal de pays. Ce sont là, bien sûr, des exemples extrêmes. Mais il existe une variété de formes plus courantes dont le seul but est d'assurer aux détenteurs de pouvoir une prépotence sans partage. Il arrive parfois que ce sont des personnes en désaccord avec leur tutelle qui prennent les devants en quittant leurs fonctions avant de s'en faire virer.

Voyez ce qu'il advient chez au moins deux ministres de la République sarkozienne. Chez Rachida Dati, c'est carrément l'hécatombe. Cinq collaborateurs directs de haut rang ont successivement déserté la ministre de la justice dont ils constestaient l'autoritarisme exacerbé, voire l'incompétence à mener une politique sérieuse. Le syndrome a rattrapé sa collègue Fadela Amara, "victime" elle aussi de la fuite de collaborateurs. Et que dire de la manie de Nicolas Sarkozy de limoger et de muter tout préfet ou fonctionnaire qui n'aurait pas satisfait aux caprices du chef.

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Dessin de Charmag

Depuis son élection à la mairie d'Aix en 2001, Maryse Joissains a peu à envier aux méthodes gouvernementales, tant la liste de ses fantaisies en la matière est longue.

Lors du premier mandat, l'excellent  directeur de l'Agence d'urbanisme a été viré pour avoir participé à titre personnel à une conférence sur l'urbanisme. Dans la même période, c'est la très compétente directrice de l'Association des crèches, en place depuis de longues années, qui a été abusivement licenciée pour… aucune faute !

Puis, est venu le tour du directeur de la sécurité municipale, ancien commissaire, recruté pour ses qualités incontestables, qui a été mis au placard pour avoir manifesté des désaccords sur la politique à mener. La charrette s'est alourdie avec le licenciement du directeur des ressources humaines qui refusait de se plier aux injections politiques de recrutement. Il faut signaler dès à présent que la plupart ont gagné leurs procès en abus de pouvoir contre Maryse Joissains. Mais, continuons les rappels.

En sept ans, cinq directeurs se sont succédé à la tête de l'Office HLM et un sixième vient de prendre ses fonctions. Rayon instabilité, on ne peut guère faire mieux, le record de Dati est battu. Pour être complet sur cet exemple, le plus récent directeur "débarqué" a été reclassé directeur du Centre de formation des apprentis avec une indemnité inférieure à celle d'un licenciement mais suffisante pour qu'il ne se répande pas dans la presse. Histoire de donner le change en économie de moyens, c'est la directrice du CCAS qui a pris sa suite à l'office.

Il y a peu aussi, le valeureux directeur des services de la Communauté du pays d'Aix a été reclassé comme "conseiller technique", laissant sa place au profit d'un ami politique de Maryse Joissains. Pour combien de temps, serait-on tenté de dire. Car, il se dit que le nouveau directeur n'a en tête que de "mettre les élus au pas". Ça promet !

Pour clore, provisoirement, venons-en au cercle le plus proche. Maryse Joissains, dont le sens familial n'est plus à démontrer, avait recruté son époux Alain comme directeur de cabinet à la mairie (l'appel en annulation de son contrat est désormais en cours) et leur fille Sophie comme directrice de cabinet à la CPA. Pour le second mandat, Ils ont été remplacés à leurs deux fonctions par une seule et même personne, l'ancien directeur de l'hôpital d'Aix. Lequel, après seulement quelques mois d'exercice, vient de plier bagage à son tour. Etonnant que les médias n'aient pas rapporté l'information et les raisons.

Enfin, il m'a été murmuré que le directeur actuel des services municipaux, en poste depuis six ans, va lui aussi dégager et que son remplaçant pourrait être le fonctionnaire ayant lui-même pris la place du directeur des ressources humaines licencié (et rétabli dans ses droits).

Si des doutes subsistent sur le pourquoi de ces tous ces mouvemnts, précisons qu'ils sont le plus souvent annoncés comme ayant pour base la "perte de confiance" de Maryse Joissains envers ces fonctionnaires et collaborateurs. Mais on l'aura compris, les explications relèvent plus de la purge et de la versatilité que de l'intérêt général.

Une prochaine fois, je vous parlerai peut-être des grands élans de générosité qui ont permis le recrutement de bons copains, y compris, par exemple, celui de malheureux colistiers non élus.

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lundi 16 mars 2009

Aix : Où est passé l'argent public de la pépinière ?

Un autre scandale à Aix

Liquidation de la pépinière d'entreprises "Espace agir ensemble",

cambriolage, disparition d'argent public…

Il y a quelques jours, dans un commentaire, un lecteur s'étonnait du silence actuel qui entoure une affaire qui avait pourtant fait grand bruit il y a un peu plus d'un an. Il a raison. Car il y a manifestement un scandale. Voici ce qu'il m'a envoyé depuis. Et c'est bien volontiers que je relaie ses questions. 

Les informations que je possède sont connues de beaucoup de monde dans Aix. La presse en avait parlé à l'époque, mais les articles, comme toujours, ne sont pas suivis d'enquêtes plus poussées… Pourtant France 3 avait dépêché une équipe, "La Provence" et "La Marseillaise" ont parlé alors de l'événement.

Il s'agit d'une association dont M. Salord était président fondateur, et qu'il a ensuite laissé diriger par des ami(e)s, une "pépinière d'entreprises", l'EAE ("Espace agir ensemble - Pôle de l'initiative") dont les dirigeants ont fait l'objet d'une enquête de la Brigade financière du SRPJ de Marseille, suite à une liquidation brutalement survenue en octobre 2007.

L'association, qui a longtemps servi les intérêts de la majorité actuelle, en organisant des événements médiatisés, a fait l'objet, dans les dernières années du premier mandat de Mme Joissains, de nombreux audits successifs de la part de la CPA, principal subventionneur, avec le Conseil régional et le Conseil général.

A la suite de ces audits, la CPA a décidé de ne plus subventionner ladite association. Celle-ci accuse aujourd'hui un passif de plus de 320.000 euros. La CPA, réclamant le remboursement d'une part importante des subventions, possède donc la preuve ou un début de preuve que ces subventions ont été utilisées à d'autres fins que celles pour lesquelles elles ont été versées.

S'ensuivent : la liquidation brutale de l'association, et les entreprises "hébergées" et "accompagnées" laissées pour compte, sans compter le personnel de l'association licencié et oublié…

L'enquête de la Brigade financière est en voie de se terminer (si ce n'est déjà fait) autour des conditions de la dette colossale de cette association, pourtant soutenue initialement par la CPA, et donc par M. Salord, qui avait une double casquette : Président fondateur de l'association et élu à la CPA chargé de rapporter les décisions, de faire accorder les subventions qui lui étaient allouées, etc.

Pourtant, le silence est grand autour de cette affaire incroyable. Personne n'en parle. Alors que pour quelques dizaines de milliers d'euros, le Conseil régional est montré du doigt, dans une affaire semblable, ici, tout le monde fait le canard.

D'où ma question : pourquoi personne n'en parle ? Et surtout où est passé l'argent ? Pour quelles raisons la CPA a-t-elle demandé le remboursement d'une partie des subventions ? Quels éléments lui ont permis de décider, in fine, de ne pas verser le reliquat de la dernière subvention ? Autant de questions qui demeurent… sans réponses… publiques !

La Provence a publié deux articles, le 24 octobre et le 9 novembre 2007.

(Journaliste : Paul-Henry Fleur)

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Début de l'article du 24 octobre 2007 reproduit en entier ci-dessous

Offrir à des personnes qui créent leur entreprise un local, un branchement pour l'ordinateur, un secrétariat, une aide juridique ou encore les services d'un comptable, le tout pour un loyer modeste : voilà la vocation d'une pépinière d'entreprises. Elle apporte son aide à ceux qu'elle héberge jusqu'à ces derniers puissent voler de leurs propres ailes. Généralement, les pépinières sont gérées par une association subventionnée pour sa tâche par telle ou telle collectivité publique.

C'est en tous points le cas de l'"Espace agir ensemble" (EAE). Route de Galice, à Aix, la pépinière héberge cinq bâtiments – ainsi que deux associations – et bénéficie, pour cette mission, de subventions de la Communauté d'agglomération du pays d'Aix. Si ce n'est que depuis quelques semaines, il règne au sein de ce bâtiment une curieuse ambiance.

"Un soir, cet été, explique l'un des chefs d'entreprises hébergés, on a vu arriver un fax signalant des problèmes de non-paiement du loyer par l'association. On a pensé que c'était dû à des difficultés administratives passagères et on n'y a plus pensé".

Le 28 septembre, on commence à entendre dans le bâtiment d'inquiétants bruits de couloirs. "Et début octobre, on a vu arriver un huissier, qui nous a dit : Vous êtes encore là ?"

Cette fois, c'est l'affolement. "La directrice nous a conseillé d'écrire un courrier commun à Maryse Joissains, en sa qualité de président de la CPA, car ces difficultés étaient, selon elle (la directrice), dues à des subventions non encore payées par la CPA."

Les hébergés s'exécutent. Mais dans le même temps, ils vont à la pêche aux informations. Et ils découvrent qu'en juillet une ordonnance du tribunal a prononcé la résolution du bail qui lie la pépinière à la société propriétaire  du bâtiment, au motif que la pépinière n'avait pas payé ses loyers depuis janvier 2006 ! En outre, la pépinière – avec donc ceux qu'elle héberge – doit avoir vidé les lieux avant le 1er octobre.

Depuis, chaque jour, les chefs de ces jeunes entreprises travaillent au milieu des cartons et des étagères démontées. Ils ont la hantise de se retrouver à la rue, de perdre leurs clients, peut-être définitivement. Beaucoup n'ont pas encore les reins assez solides pour envisager de s'installer seuls, de payer un loyer et de s'offrir tout ce qui est nécessaire à la pérennisation d'une entreprise.

Se retourner vers la directrice de la pépinière ? Pas question : "Elle ne nous a jamais rien dit ! Elle a même fait venir certains d'entre nous alors que la pépinière était déjà en difficultés financières et ne payait déjà plus le loyer". Vers la présidente de l'association ? "Elle n'est là que depuis la mi-juin. Tout ce qu'elle nous dit, c'est qu'elle n'est au courant de rien…" Pour l'instant, seul un haut fonctionnaire de la CPA, qui leur a soumis des possibilités de relogement, maintient l'espoir…

L'analyse de la CPA : "Où est passé l'argent ?"

La Communauté du pays d'Aix égrène le montant des subventions versées tous les ans. Et demande à l'association de s'expliquer.

"Nous avons appris au premier semestre 2007 que l'association ne payait pas le loyer depuis janvier 2006." A la CPA, principal contributeur de la pépinière, on est tombé de haut.

La CPA a-t-elle précipité la chute de l'association en ne lui donnant pas les moyens de fonctionner ? Apparemment pas : "Avant 2004, alors que l'association, au Bois de l'Aune, ne payait pas de loyer, nous lui avons verse 38.500€ en 2002, 38.100€ en 2003 et 45.000€en 2004. Quand elle a dû quitter ces locaux pour s'installer au Galice, nous l'avons aidée : nous avons voté une subvention exceptionnelle de 55.000€ pour son aménagement. Puis 120.000€ en 2005, 90.000€ en 2006 et nous avions voté 100.000€ pour 2007 ; 70% de la somme ont déjà été versés. Sachant que le loyer et les charges se montaient à 38.000€, on voit que l'aide de la CPA est encore plus importante qu'avant. En outre, l'association a reçu des subventions du Conseil général et du Conseil régional".

La CPA a décidé de ne pas allouer les 30% restants. "Nous avons demandé à la directrice des explications sur l'utilisation des fonds. Si nous estimons qu'ils n'ont pas été utilisés conformément à la convention que nous avons signée avec elle, nous demanderons qu'ils nous soient reversés. C'est de l'argent public, il ne peut pas être utilisé n'importe comment."

Si la CPA ne se prononce pas sur le fond, elle laisse entendre que six salariés pour une pépinière qui accueille cinq petites entreprises, c'était peut-être beaucoup… Et qu'en est-il des locaux moins chers qui auraient été promis par la CPA ? "L'association est libre de sa gestion ! Nous l'aidons, mais c'est quand même à elle de trouver ses locaux. Pour l'heure, notre préoccupation est le relogement des entreprises et le sort des salariés de la structure."

Le témoignage de Michèle Haitaïan : "La CPA nous a lâchés"

"Selon la directrice, la CPA a fait déménager la pépinière dans un lieu à loyer élevé, sans l'aider.

"De 2001 à 2004, notre association était située au Bois-de-­l'Aune ; nous n'avons connu aucun problème financier. Nous recevions une subvention de 45.000€ et nous n'avions pas de loyer à payer." Pour Michèle Haitaïan, la directrice de la pépinière "Espace agir ensemble", les ennuis ont commencé lorsque la CPA lui a "proposé de déménager" dans ses actuels locaux, route de Galice.

"Le loyer était de 38.000€ par an ; une subvention d'aménagement de 52.000€ nous a été attribuée." D'où une situation financière moins confortable. En 2005, la CPA verse à l'association une subvention de près de 120.000€ ; tout va bien. Mais l'année suivante, la subvention tombe – tout est relatif, tout de même – à 90.000€. Comme, dans le même temps, il faut payer les salaires dès permanents, voilà "Espace agir ensemble" aux prises avec des difficultés sans nom. D'autant que les pénalités bancaires creusent encore plus le déficit, qui atteint aujourd'hui quelque 60.000€.

Mais alors, pourquoi ne pas avoir anticipé, en cherchant à retrouver un bâtiment sans loyer ou avec un loyer faible ? "C'est ce que nous voulions, répond Michèle Haitaïan. La CPA m'avait promis des locaux dans le bâtiment "Les Étoiles", à la ZAC. Ça ne s'est pas fait. Elle m'avait promis des locaux près du Pasino, ça ne s'est pas fait non plus. Je n'ai pas parlé de tout cela aux hébergés car c'étaient des questions qui concernaient l'association ; en outre, je croyais en la parole de la CPA".

Signalant qu'elle ne s'est "pas payée depuis trois mois", la directrice conclut : "Ce n'est pas de ma faute si la CPA n'a pas tenu ses promesses".

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Début de l'article du 9 novembre 2007 reproduit en entier ci-dessous

Voici une quinzaine de jours, un dossier a été consacré à la pépinière d'entreprises "Espace agir ensemble", sise route de Galice. Cette structure hébergeait cinq jeunes entreprises et deux associations mais… ne payait pas le loyer qu'elle devait au propriétaire de l'immeuble. Ce dernier avait fini par demander, et obtenir, que soit prononcée par le tribunal l'expulsion de la pépinière. Et, par voie de conséquence, celle des entreprises.

Or, dans la nuit de mercredi à jeudi, les locaux de la pépinière ont été visités… "J'étais parti vers 19h30 avec un collègue, raconte l'un des deux derniers chefs d'entreprises hébergées à rester dans les lieux. Et aujourd'hui, en arrivant vers 11h40, j'ai vu que les portes de certains bureaux étaient ouvertes. Par terre, il y avait des plaquettes, des prospectus ; la photocopieuse avait été balancée contre le mur. Je trouvais ça de plus en plus bizarre : je suis entré dans le bureau de la chef de projets : tout était ouvert, les prises et les fils avaient été arrachés, l'ordinateur mentionnait : "Pas de réseau". J'ai commencé à avoir peur : je me suis dit que peut-être les intrus étaient encore là… En même temps, j'ai vu que la porte du bureau de la directrice avait aussi été fracturée. J'ai alors appelé la police et la CPA", cette dernière étant le principal contributeur de la pépinière.

On pourra trouver ce cambriolage triplement curieux. D'abord, parce que n'ont été volés ni ordinateurs, ni objets de valeur, ni argent. Ensuite, parce qu'il se produit quelques jours après la liquidation de la pépinière – du fait d'un déficit de quelque 60.000€ – prononcée d'office par le tribunal le 30 octobre car, selon les juges, "tout redressement apparaît manifestement impossible".

Enfin, ­parce que voyant ce déficit, la CPA avait demandé à la directrice des explications sur l'utilisation des sommes versées à la pépinière. La CPA avait laissé dix jours à la directrice pour qu'elle s'explique. Le délai est passé. Sans la moindre réponse.

Que peut-il se passer maintenant ?

Les chefs d'entreprises attendent leur relogement. La pépinière peut être obligée de reverser l'argent. Cambriolage ou pas, les problèmes actuels restent pendants. Ils concernent d'abord les cinq chefs d'entreprises hébergés dans la pépinière. Trois d'entre eux ont rapatrié temporairement leurs bureaux chez eux, les deux autres sont restés dans les locaux de la pépinière, au milieu des cartons et des étagères démontées. Tous attendent un relogement qui, selon la CPA, devrait se faire dans un délai assez bref, et sur la commune d'Aix, ce que souhaitaient tous les cinq.

Quant à la pépinière, son avenir est beaucoup plus sombre. D'abord, comme expliqué ci-dessus, elle a été mise en liquidation par le tribunal de grande instance d'Aix. Ensuite, la CPA n,'ayant pas reçu d'explications relatives à l'utilisation des subventions qu'elle avait versées à la pépinière, elle a annoncé qu'elle ne lui donnerait pas le solde de la subvention de 2007, soit 30.000€.

Dans un deuxième temps, la CPA pourrait demander le reversement de subventions passées. Cela se ferait sous la forme d'un "ordre de reversement", envoyé au Trésor public, lequel le notifierait à l'association. Toujours dans cette hypothèse, c'est le liquidateur judiciaire qui recevrait ce document. Avec deux cas : s'il y a de l'argent en caisse, il paie, s'il n'y en a pas, la créance de la CPA passe en profits et pertes. Mais en ce cas, il faudra s'attendre à des poursuites pénales…

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vendredi 13 mars 2009

Pour Joissains, tout est à vendre, même le patrimoine

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Le Conservatoire de musique et l'Ecole supérieure d'art

Maryse Joissains fait de la relance. Mais pas celle qu'on croit. Au conseil municipal de lundi, elle a réactivé sa fâcheuse manie de vente d'une partie du patrimoine aixois. L'habillage se veut habile mais il est fallacieux, le but inavoué étant de renflouer les caisses de la ville. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. La braderie est annoncée comme une nécessaire restructuration d'équipements. En réalité, la cession de bâtiments publics au privé vise à faire rentrer de l'argent frais.

Comble du cynisme, la délocalisation et l'abandon de ces bâtiments publics abritant des activités culturelles ou touristiques manifestent un mépris pour ce qui constitue le fonds commun public. Quels sont les bâtiments concernés ? L'Hôtel de Caumont avec le Conservatoire de musique, l'établissement qui accueille l'Ecole supérieure d'art et le bâtiment qui regroupe les services de l'Office de tourisme.

En vérité, ce que cache cette nouvelle saignée, c'est la décision de se séparer de bâtiments qui peuvent rapporter gros dans l'espoir d'y gagner quelques millions d'euros au moment d'installer ailleurs, pour moins cher, les structures spoliées. On le voit, l'aspect mercantile prend le dessus sur le respect patrimonial et culturel. Ce n'est pas la première fois que cette municipalité provoque un tel scandale.

Des précédents scandaleux

Qu'on se rappelle par exemple la destruction programmée du Logis du Bras d'Or – la maison de Darius Milhaud – qui n'était motivée que par l'idée d'y substituer un projet immobilier. C'est grâce à la mobilisation d'associations de défense du patrimoine que la bâtisse a pu être sauvée et restaurée in extremis.

Qu'on se rappelle aussi la politique adoptée par la Semepa d'acheter de vieux immeubles pour les rénover et les vendre au privé alors que la pénurie de logements sociaux publics n'a jamais été aussi grande que ces dernières années par l'incapacité de Maryse Joissains de répondre à la demande. Au passage, il ne faut pas oublier que cette pratique avait abouti à une dérive, l'affaire de ventes immobilières à la compagne de Jean-Gilbert Zozor, adjoint au maire, et à son copain footballeur Marcel Desailly.

Avec les incartades de cette semaine, revoilà donc les mauvaises habitudes. Le manque confirmé de projets ambitieux et utiles pour la population contraint Maryse Joissains à user d'expédients pour agir au coup par coup. C'est aussi vrai pour la Ville d'Aix que pour la Communauté d'agglomération du pays d'Aix dont les budgets sont désormais ric-rac pour les mêmes raisons.

Du vent... à contresens

La manœuvre bien éprouvée consiste donc à faire du vent pour afficher une gestion d'équilibre purement comptable au détriment d'une politique structurante de développement fondé sur l'investissement cofinancé. D'ailleurs, s'il fallait une autre preuve de l'immobilisme de la municipalité, il n'y a qu'à comparer avec d'autres communes qui essaient de combattre la situation de crise en prenant des décisions courageuses de vraie relance locale.

A ce titre, Maryse Joissains ferait bien de s'inspirer des mesures volontaristes adoptées par le conseil général et la région malgré les baisses des dotations de l'Etat. Pour la CPA, et donc pour Aix, la poursuite du train-train risque bien de plonger les deux collectivités dans une récession qui pourrait s'aggraver avec la réforme de suppression d'une partie de la taxe professionnelle, taxe jouant un rôle essentiel pour l'investissement économique.

Alors, comme on dit, ce ne sera plus seulement la voiture qui foncera vers le mur, c'est carrément le mur qui avancera vers la voiture.

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lundi 9 mars 2009

Une interview "confidentielle" de Maryse Joissains

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Un de mes vigilants lecteurs (merci JP) a déniché une interview de Maryse Joissains parue en décembre dernier dans le magazine bimestriel "Objectif Méditerranée". Cet entretien était destiné à des décideurs économiques. Il n'est pas sans intérêt et mérite d'être connu du grand public car il n'a rien perdu en actualité. Joissains s'exprime sur le Grenelle de l'environnement, les élections régionales, sa fille Sophie, la LGV… J'ai ajouté quelques commentaires personnels entre parenthèses. Bonne lecture !

Sur le Grenelle de l'environnement :

[…] L'autre énorme dérive, c'est le Grenelle de l'environnement. Vous savez quel est le coût de ce Grenelle pour le pays d'Aix ? A la CPA, nous devrons donner 8M€ par an pour respecter toutes les réglementations.

Pourtant, il faut bien agir face à la dégradation du climat…

Il faut être incitatif. L'Etat devait réaliser ce projet global, c'est une bonne chose. Mais il a été pensé par des technocrates. Nous devrons débourser des sommes trop importantes, nous n'y arriverons pas. Il fallait proposer des modalités simples. (Vérification faite sur le site de l'assemblée nationale, Maryse Joissains n'a participé à aucune séance et n'a donc fait aucune intervention lors de la discussion du projet de loi.) […] Moi, j'ai voté ce texte de loi dans l'enthousiasme. Mais, je me rends compte que ses applications seront bien trop lourdes sur un plan financier. (Elle vote mais... réfléchit après.)

Comment envisagez-vous la réforme institutionnelle ?

Je suis contre le mille-feuille. Le conseil général doit disparaître. Dans un premier temps, il faut procéder à une fusion entre les conseils généraux et le conseil régional. (Mais elle est élue à trois niveaux : mairie, CPA et parlement) On se donne deux à trois mandats pour aller vers une épure complète. (C'est plutôt mal parti.)

A l'aube des élections régionales, Christian Estrosi a l'air de s'entendre très bien avec Michel Vauzelle. Et vous ?

Oui, nous travaillons tous avec Monsieur Vauzelle. C'est un homme de qualité. J'entretiens d'excellentes relations avec lui. Maintenant, je soutiendrai le candidat présenté par l'UMP, s'il me convient… (Belles bagarres en perspective !)

Hubert Falco ?

Je le soutiendrai. C'est un homme de talent et il est populaire. Falco ferait un excellent candidat, mais Jean-Claude Gaudin aussi… (déjà président de la région de 1986 à 1998)

Ah bon ?!

On veut faire croire qu'il est fatigué mais il attire toujours la sympathie. (Sympathie peut-être mais pas forcément les votes.)

En a-t-il envie ?

Certains le poussent… C'est un malin. Je crois que le choix se fera entre les deux. (Tout sauf Estrosi ?) Quant à Michel Vauzelle, s'il n'était pas encombré du parti socialiste, il porterait d'autres valeurs parce qu'il n'est pas un homme de gauche. (C'est vite dit !)

Le fait qu'Hubert Falco ne soit pas marseillais ne représente-t-il pas un handicap ?

Il est vrai que les Bouches-du-Rhône forment le département le plus peuplé. Mais le consensus se fait autour de son nom… Monsieur Estrosi est sur la même position que la mienne (Les choses ont sans doute changé depuis l'affaire de la LGV.) : nous ne voulons pas nous battre pour un candidat qui ne le mérite pas. Parce que, par ailleurs, nous ne voulons pas perdre nos bonnes relations avec Michel Vauzelle. (Crainte de ne pas s'entendre avec un président UMP ?)

Ne vous a-t-on pas proposé d'y aller ?

Je suis très bien à Aix. Si j'étais entrée en politique dix ans plus tôt, peut-être…

Vous semblez être la femme forte forte, comme on dit l'homme fort, de l'UMP dans ce département ?

Non, c'est Gaudin l'homme fort. (Il faut bien donner l'impression de ne pas tirer sur l'ambulance…) Ce sera Muselier lorsque Gaudin le décidera. Le patron est à Marseille parce que le territoire est important.

Vous croyez en l'avenir politique de Muselier ?

C'est un homme de talent. Il plaît à la population. Il peut parfaitement rebondir. (Autrement dit, pour l'instant, il est KO)

Politiquement, Marseille vous aurait-elle tentée ?

J'en ai le tempérament. A Marseille dans les quartiers populaires, je salue tout le monde, je m'y sens bien. (Saluer, c'est bien, mais être saluée, c'est mieux.)

Renaud Muselier a reçu mandat du maire pour Marseille Provence 2013. Comptez-vous travailler avec lui ?

Les gens qui me connaissent savent que je ne suis pas dans la caricature que l'on fait de moi. Venez au conseil de communauté, vous y verriez des socialistes qui ont plaisir à y être… (Des noms, des noms !) J'ai le respect complet pour les gens qui travaillent avec moi. Je vais même vous dire mieux : parfois, je fais l'éponge et je récupère les idées des autres. (Quel programme !)

Votre fille Sophie, aujourd'hui sénatrice, a-t-elle bénéficié de votre aide pour accéder à ce poste ?

On parle beaucoup de Sophie mais je rappelle qu'à l'assemblée nationale beaucoup doivent leur siège à un papa, un oncle, une sœur, etc. Elle a eu une grave maladie en 2005 et elle a tellement senti que certains tablaient sur sa maladie pour m'affaiblir (Toujours la théorie du complot) qu'elle a eu envie de se lancer en politique. J'ai toujours été contre. Quand elle a voulu se présenter dans le canton Ouest d'Aix en 2004, juste avant sa maladie, elle a été présentée par Gaudin. Elle s'était retirée au dernier moment pour sauver l'unité de sa famille. Quand Gaudin m'a demandé si je voulais être candidate aux sénatoriales, je lui ai dit non. (Evidemment, cela aurait provoqué une élection législative partielle risquée) Il m'a dit qu'il lui fallait une femme. Je lui ai répondu que j'en avais beaucoup dans mon conseil municipal et lui ai fait comprendre que Sophie avait le profil. Il m'a répondu qu'il pensait à Mme Bertrand (conseillère générale de Châteaurenard). Je lui ai demandé combien de voix elle représentait. Il m'a dit : "une, la sienne". Je lui ai répondu que Sophie avait été élue à la vice-présidence de la CPA avec 140 voix sur 143, dans un scrutin secret. (On comprend mieux le consensus politique à la CPA...) Il a un jour déclaré à la presse que c'était elle. Je crois que Sarkozy, qui a toujours suivi de près la maladie de Sophie, a sans doute joué un rôle important. (Elle n'est pas sûre. Mais cela voudrait dire que c'est quand même Sarkozy qui règle les investitures.)

Sur la LGV, quel est votre tracé ?

Celui des métropoles. Je ne foutrai pas en l'air mon arrière-pays pour que les Niçois gagnent un quart d'heure. Quand on fait de l'aménagement du territoire, on ne décide pas de zapper Toulon et Marseille, et de détruire la Sainte-Victoire. Je propose de garder la LGV jusqu'à Toulon et de mettre en place un TER efficace entre Nice et Toulon.

Propos recueillis le 4 décembre 2008 par Charles Morel et Marc Rambuzet

pour le magazine bimestriel "Objectif Méditerranée"

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mercredi 4 mars 2009

Européennes : Brouilles, embrouilles et brouillard

La désignation des têtes de listes et des candidats PS aux élections européennes ne semble pas avoir mis tout le monde d'accord. Ainsi, par exemple, c'est Vincent Peillon, député sortant du Nord-Ouest, qui a été propulsé dans le Sud-Est.

Vincent Peillon, ardent supporter de Ségolène Royal, dont il s'éloigne de plus en plus, a été l'un des plus virulents lors des décomptes de l'élection de la première secrétaire nationale Martine Aubry. Il est celui qui avait menacé d'aller en justice et qui n'avait pas voulu répondre sur France Inter à l'interpellation d'un auditeur lui demandant de s'expliquer sur les fraudes de la fédération des Bouches-du-Rhône au moment du vote sur les motions. Depuis, il lui a bien fallu se rendre à l'évidence de la désignation de Martine Aubry.

Or, voici précisément qu'en moins de 24 heures, il râle encore puis se ravise sur le choix de la direction de lui imposer la région Sud-Est.

Pour mémoire, Vincent Peillon est le seul des huit têtes de listes socialistes qui avait opté pour le non au référendum européen, contrairement à Ségolène Royal qu'il soutenait qui avait choisi le oui.

Les listes du parti socialiste comprendront donc des candidats du oui et du non. Est-ce cohérent ? A vrai dire, le PS n'est pas le seul à semer la confusion. C'est aussi le cas d'autres listes qui amalgament allègrement des tenants du oui et du non. Les électeurs s'y retrouveront-ils dans ce genre d'élection qui n'attire pas les foules ?

Personnellement, pour l'instant, je m'imagine mal accorder mon suffrage à des listes qui ne seraient pas pour le oui de façon homogène.

logo_france_bleu_provenceUne fois de plus, l'édito de Jean-Laurent Bernard diffusé hier sur France Bleu Provence a tapé dans le mille. Son analyse mérite d'être lue.

Bonjour,

Le parachutage raté de Vincent Peillon en tête de liste socialiste pour le Sud-Est aux élections européennes participera directement au solide désamour provençal pour l'Europe. Qu'un élu ayant vocation à jouer les premiers rôles dans la sphère publique se permette de déclarer qu'il vient chez nous du bout des pieds contre son plein gré, souligne le mépris qui sommeille souvent chez nos candidats.

Pour mémoire, aucun électeur ne doit quoi que ce soit à celles et ceux qui se retrouvent un jour sur des bancs prestigieux à représenter les citoyens. Moyennant des milliers d'euros chaque mois et de substantiels avantages inimaginables pour un smicard, Vincent Peillon prend ainsi le double risque de traîner cette casserole de la mauvaise humeur pendant toute la campagne, et d'éloigner un peu plus les Provençaux de Bruxelles.

Cette maladresse d'enfant gâté souligne aussi l'une des tares insupportables des partis politiques : la manie de se distribuer les postes avant de les avoir gagnés. Façon de renvoyer la piétaille à son quotidien besogneux tandis que des élites reproduiraient à l'infini leur auto-suffisance sans autre ambition que de se chauffer mutuellement leur fauteuil.

Et pourtant, l'Europe mérite autre chose que ces bassesses, surtout aujourd'hui alors que les navires de l'union prennent l'eau un par un parce que la solidarité obligée ne peut pas tout contre cette crise internationale où victimes et coupables se trouvent étroitement liés. Cette Europe décriée quand elle contraint et oubliée lorsqu'elle nous protège, doit encore progresser, à marche forcée.

D'où l'obligation pour nos postulants d'être autrement plus crédibles et passionnés que la piteuse entrée en matière de Vincent Peillon. L'homme ne manque ni de talent ni de volonté. Et qui sait, peut-être se rendra-t-il compte assez vite que pour gagner son mandat à Bruxelles, il devra d'abord mériter la Provence.

Bonne journée.

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