vendredi 23 octobre 2009

Expo Picasso : La combine qui a mis la puce à l'oseille

Que les détails qui suivent risquent de choquer ou d'en énerver quelques-uns n'est pas la chose la moins sûre qui soit. De quoi s'agit-il ? Faisons un petit retour sur l'exposition Picasso Cézanne de l'été. Loin de moi l'idée qu'elle n'aura pas réjoui des dizaines de milliers de visiteurs. Non, il n'est pas question de cela.

Pourtant, ce qui est donné à voir, comme on dit, c'est un peu comme pour de bons plats. On ignore assez souvent ce qui s'est passé dans les cuisines. La dernière révélation sur la recette a été servie mercredi par Le Canard enchaîné. Mais déjà en mai dernier, Le Monde et Libération faisaient une présentation nuancée de la mise sur pied de l'expo.

Dans Le Monde…

Le journal écrivait ceci : "Dans l'exposition "Picasso et les maîtres", qui a triomphé cet hiver au Grand Palais, à Paris, Paul Cézanne était presque absent. Etrange, si l'on songe à l'importance que Cézanne a pour Picasso entre 1906 et 1909, et aux allusions au solitaire d'Aix-en-Provence qui apparaissent de temps en temps dans l'oeuvre du génie espagnol. Ce n'était pas un oubli, mais l'effet d'une répartition géographique : il était entendu que les rapports entre les deux artistes seraient traités, non pas à Paris, mais dans une exposition qui a lieu tout l'été à Aix-en-Provence, ville natale de Cézanne." 

L'article note que la confrontation entre Picasso et Cézanne, en manque de grands tableaux notamment cézanniens, ne permet que "des parallèles parfois forcés" entre les œuvres des deux maîtres.

Et de conclure : "Il est vrai que la grande raison d'être de l'exposition en aurait été affaiblie : la raison touristique et économique. En 2006, le Musée Granet et la ville d'Aix-en-Provence avaient réussi une belle opération de récupération avec Cézanne, en lui consacrant une exposition qui avait attiré les foules. De son vivant, il avait été moqué et insulté par ses concitoyens. Désormais, il est devenu pour leurs descendants un argument commercial : 60 millions d'euros de recettes pour la ville et sa région grâce à lui en 2006, a rappelé la maire d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains Masini, lors de son discours d'inauguration. Son espoir avoué ? Que Picasso rapporte autant cette année. De ce point de vue, l'imprécision de l'exposition et la genèse du cubisme sont questions négligeables." 

Dans Libération… 

Tonalité un peu plus grinçante pour Libé : "Les deux Méridionaux se ressemblaient aussi par la volonté de briser les cadres classiques, le tempérament rebelle, la virilité conquérante. Malheureusement, le musée d’Aix ne trouve pas la rencontre. Les collections ne se séparent pas facilement de ces chefs-d’œuvre. Il y a de très beaux tableaux, mais le croisement ne se fait que par bribes dans un accrochage dont l’inesthétique le dispute à l’incohérence. En cours de route, Cézanne est purement et simplement abandonné. Terminer l’exposition sur la corrida, sous prétexte qu’Aix est une étape vers les arènes, c’est une blague. Son coût, en coproduction avec la Réunion des musées nationaux, est de 9 millions d’euros, hors assurance. La collectivité en a investi dix millions pour impulser alentours une soixantaine de projets satellites. Aix est devenu Cézanneland." 

Le Canard enchaîné en dit plus…

Et puis arrive Le Canard de ce mercredi qui y va aussi de sa révélation tonitruante sur l'accord conclu entre le groupe Hersant Médias et la municipalité aixoise. Après avoir exposé les difficultés financières des quotidiens locaux du Sud-Est, Le Canard raconte que le groupe a pris des contacts avec des municipalités UMP : Nice, Toulon et Marseille.

Le journal ironise sur un accord de partenariat, une alliance, entre le site Internet de la Ville de Marseille et celui du journal La Provence. "Il prévoit rien moins qu'une signalétique commune et le partage de certaines informations" renvoyant les lecteurs et les internautes d'un site à l'autre, une stratégie censée "doper la fréquentation du site du journal et, du même coup, ses rentrées publicitaires". 

L'été dernier, le groupe s'enhardit et démarche plusieurs mairies UMP des Bouches-du-Rhône. C'est d'ailleurs ce que résume le titre de l'article "Le groupe Hersant lance la presse de proximité politique". Et Aix, alors ? Nous y sommes. Le système ne consiste pas à proposer à la municipalité d'acheter des milliers de journaux pour les distribuer gratuitement mais à établir une "proposition de partenariat" avec "ses axes mutualistes de communication". Et précisément, l'expo Picasso Cézanne tombait à pic pour inaugurer cette judicieuse "combine". Coût pour la Ville : 80.000€. Les éléments de l'affaire sont à découvrir dans cet extrait de l'article.

(Clic sur l'image pour agrandir)

canard_picasso_mairie_provence

L'article du Monde (25 mai 2009) :

http://www.lemonde.fr/culture/article/2009/05/25/picasso-et-cezanne-une-confrontation-en-manque-d-oeuvres-majeures_1197699_3246.html 

L'article de Libération (30 mai 2009) :

http://www.liberation.fr/culture/0101570365-aix-s-emmele-les-pinceaux 

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mardi 20 octobre 2009

Après "Complément d'enquête"… et avant

Très instructive l'émission d'hier soir sur France 2, non ? "Complément d'enquête" a traité plusieurs sujets liés à la corruption, trois des dossiers portant sur le rôle des élus. Personnellement, cela m'a beaucoup intéressé.

L'intervention d'Eva Joly a notament permis de comprendre certains rouages de la justice et les dérives qu'ils produisent parfois. Mauvais vent pour la démocratie.

Certes, il ne faudrait pas hâtivement en déduire que tous les élus sont des pourris. Mais les pratiques scandaleuses et les comportements illégaux auxquels se livrent des représentants du peuple contribuent à répandre un rejet plus global des élus et à élargir le fossé entre eux et les citoyens.

Je veux maintenant, c'est-à-dire après la diffusion, apporter quelques informations sur la préparation de cette émission. Fin septembre, un journaliste de la rédaction m'a contacté par le biais de mon blog. Il y avait lu mes nombreux articles sur le contrat de directeur de cabinet de la mairie annulé par le tribunal administratif et qui est encore actuellement en appel.

Notre conversation a principalement porté là-dessus car le journaliste enquêtait sur les événements qui ont secoué le parlement britannique. Il voulait faire un parallèle avec certains députés et élus français et cela a d'ailleurs été évoqué par Benoît Duquesne qui a interrogé le président de l'Asssemblée nationale. Le cas d'Aix n'a finalement pas été cité directement mais des exemples montrés à l'écran se passant en France offraient quelques points communs avec des pratiques aixoises.

Les questions ont tourné autour du cumul des mandats, de l'argent des députés, du rôle des collaborateurs, des marchés publics, des pots-de-vin, des truquages, des dysfonctionnements de la démocratie et des lois annoncées dont la finalité est de réduire considérablement les contrôles indépendants. Cela fait peur.

Un ancien conseiller municipal a dit clairement qu'il est difficile pour une opposition de savoir ce qui ce trame dans les coulisses d'une majorité et qu'aller en justice nécessite des moyens financiers qu'elle n'a pas. Je peux en témoigner aussi. Toutes les actions que j'ai entreprises devant les tribunaux, je les ai menées sans avocat et à mes propres frais, sans compter l'investissement en temps pour faire aboutir chaque procédure.

En guise de conclusion, pour illustrer un des propos tenus par Eva Joly, il faut lire cet article publié dans le Canard enchaîné de la semaine dernière pour se faire une idée d'une des réformes que le gouvernement est en train de mijoter pour étouffer les chambres régionales et territoriales des comptes.

Si vous n'avez pas vu l'émission, il est possible de la visionner dans son intégralité ou en partie sur le site http://info.france2.fr/complement-denquete/ de France 2.

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Dans le Canard enchaîné du 14 octobre 2009

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lundi 19 octobre 2009

Ce soir sur France 2, enquête sur la corruption

complement_denqueteComme je l'avais annoncé fin septembre, France 2 consacre son numéro de "Complément d'enquête" au thème de la corruption.

"Pots-de-vin, corruption : quand les élites dérapent", vaste sujet donc. Quatre dossiers seront traités au scalpel, notamment celui intitulé "My député is rich". On devrait y évoquer Aix...

Parmi les personnalités invitées à donner leur avis après chaque reportage, il y a Eva Joly, ancienne juge d'instruction et députée européenne, et Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale.

L'émission présentée par Benoît Duquesne est programmée à 22h15. Pour ceux qui ne pourraient la voir ce soir, elle sera ensuite visible dans son intégralité sur le site de France 2.

Le sommaire de "Complément d'enquête" ce soir :

(clic sur les différents onglets pour découvrir les thèmes)

http://info.france2.fr/complement-denquete/

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mercredi 14 octobre 2009

Avenue Brossolette : Des couloirs sans bon sens

avenue_Brossolette_couloirs

(Clic sur l'image pour agrandir)

Les couloirs de l'avenue Brossolette (Photo LAC)

A première vue, cela n'a l'air de rien. Mais en creusant un peu, quelques questions se posent. Pendant le mois d'août, une portion de l'avenue Pierre Brossolette, entrée Sud vers le centre ville, a été reconfigurée pour créer un couloir bus en voie montante. La chaussée a été regoudronnée et un marquage au sol a permis un traçage des voies, une descendante, une montante et un couloir réservé aux bus.

C'est toujours ça de pris, mais ce n'est là qu'une broutille face aux vrais enjeux du développement des transports en commun en site propre. A part le tour de ville, on cherche encore d'autres aménagements significatifs susceptibles d'inciter les usagers de faire leur trajet en bus.

Revenons à l'avenue Brossolette. Un visiteur du blog (que je remercie) m'a signalé que les voies réservées à la circulation générale font 2,5 mètres de large chacune et celle empruntée par les bus fait 3 mètres. Autrement dit, les bus descendants et tout le trafic devront se contenter de rouler sur une voie plus étroite.

Autre incongruïté, l'amorce de cette voie par le rond-point Anouar El Sadate (là où se trouvent l'hôpital Montperrin et la station de taxis) est devenue périlleuse pour les gros véhicules que sont les bus et les camions qui doivent donc mordre sur la voie centrale pour pouvoir manœuvrer. J'ai vérifié cela hier de visu.

       

avenue_Brossolette_annonce 

(Clic sur l'image pour agrandir)

La publicité pour les couloirs (Photo LAC)

Mais les surprises ne s'arrêtent pas là. Depuis trois semaines, et cela va durer, des travaux ont été entrepris sur le trottoir côté montant : changement de canalisations et reprise du trottoir. Ce qui, de fait, perturbe la circulation et neutralise une grande partie du couloir bus. Il y a donc un hic.

Comment les services et les élus s'y prennent-ils pour rater une si belle occasion de coordonner les travaux ? Pourquoi ne pas avoir refait les trottoirs avant la réfection de la chaussée et le nouveau tracé des couloirs ? N'aurait-il pas été plus judicieux de réduire la largeur des trottoirs de quelque 50 cm en repoussant les arceaux pour permettre ainsi d'élargir la chaussée au bénéfice de la voie descendante ? Ce n'est que du bon sens. Ce n'est pas ce qui a été fait. Mais il vrai que le temps pressait pour s'en vanter, grande photo à l'appui, le jour de la fête des déplacements organisée à quelques mètres de là.

Allons un peu plus loin dans le raisonnement. Tôt ou tard, la future gare routière, un peu revue à la baisse, sera installée sur l'avenue de l'Europe débouchant sur le rond-point cité plus haut. Faudra-t-il tout reprendre à zéro pour une énième configuration des lieux ? Il est à craindre de nouvelles dépenses pour manque d'anticipation.

Dans le même ordre d'idée, les automobilistes qui empruntent les avenues Gaston Berger, Jean-Paul Coste et Paul Mauriat jusqu'à la route de Nice constatent que cela fait des mois qu'on rafistole la chaussée et les trottoirs par petits bouts. Au final, rien de satisfaisant et sans doute un coût supérieur à une réfection totale qui aurait pu, par exemple, être phasée et étalée financièrement sur trois ans. Mais non, ce qui devrait en fait être une amélioration du confort routier devient finalement une complication de plus et un jeu de massacre…

Amusons-nous un peu…

Les transports et les déplacements par l'absurde

Un bus transporte 10 passagers. Au premier arrêt, il en descend 13. Combien faut-il qu'il monte de nouveaux passagers au second arrêt pour que le bus soit vide ? Un bon casse-tête à soumettre aux décideurs...

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vendredi 9 octobre 2009

Joissains se décerne un prix Nobel… du martyre

La machine à mensonges reprend du service. Les constats s'accumulent. Pourtant, Maryse Joissains prétend qu'elle est présente à l'Assemblée nationale. Si, si, elle l'a dit ce matin sur France Bleu Provence. "Si je n'étais pas à l'Assemblée en juin, c'est à cause des annulations successives". Or, il y a eu une annulation et pas deux et cela n'a pas duré un an mais un mois à cheval sur juin et juillet.

Et de poursuivre : "En politique, il y a ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas. On peut cumuler les fonctions", sous-entendu quand on fait partie de ceux qui travaillent. Précisément, c'est là que ça cloche. N'être présent que six fois à Paris sur un an, ce n'est pas travailler, c'est même être payé pour ne rien faire.

Alors, il faut bien trouver quelques alibis pour tenter de se défendre, ou de se faire passer pour victime de harcèlement. "On commence à faire du sexisme, de l'anti-UMP primaire en s'en prenant sans cesse à moi".

Le monde est décidément plein de méchants. Tout le monde lui en veut. C'est vrai, ce n'est pas normal tout ça : les journaux qui ne vont pas dans son sens et à qui elle fait des procès qu'elle perd, le Conseil d'Etat qui dit le droit, ses adversaires politiques qui exercent leur contrôle démocratique, les tous ceux qui ne sont pas à l'UMP, les collaborateurs qu'elle choisit pourtant elle-même et qu'elle vire à tour de bras pour incompatibilité…

Mais qu'on la laisse enfin en paix ! Qu'on arrête de la critiquer, quoi ! Elle sait tout, elle sait tout faire, elle est la meilleure, on a de la chance de l'avoir, il faut la croire sur parole puisque c'est elle qui le dit. Finalement, elle le mérite bien son prix Nobel du martyre auto-proclamé.

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mercredi 7 octobre 2009

"Je viens de m'apercevoir que je suis maire" (2)

De nombreux sujets ont été abordés dans l'interview de Maryse Joissains publiée dans La Provence de lundi. Voici la seconde partie de mes commentaires sur les autres thèmes qui ont retenu mon attention.

Ÿ Beisson et Corsy

Le dossier ANRU de rénovation urbaine est définitivement enterré. Le projet devait faire partie du Plan banlieues prévu par l'Etat. On nous avait présenté une mouture satisfaisante fin 2005 qui fut votée à l'unanimité du conseil municipal. En novembre 2007, après l'élection présidentielle, l'Etat recadrait le plan national devenu Plan espoir banlieues et organisait des rencontres territoriales censées recueillir les propositions locales.

A la réunion programmée à Aix par le sous-préfet, à laquelle je me suis rendu, il n'y avait aucun élu de la majorité. J'avais exprimé mon grand étonnement en conseil municipal. Jusqu'en mai 2009, plus de nouvelles du projet ANRU aixois, sinon que, pour raison budgétaire, l'Etat avait réduit le nombre de quartiers concernés par le nouveau Plan banlieues de 800 à 215. Aix est sortie de la liste.

En novembre 2008, Joissains présentait un rapport pour relancer le projet sous une autre forme, déclarant qu'elle rencontrait Fadela Amara pour en discuter. Elle mettait nommément en cause le directeur de l'habitat, celui-là même qui avait été encensé pour le premier projet unanimement salué.

En mai et juin derniers, ne voyant toujours rien venir et en l'absence d'informations de la part de la Ville, de nombreux habitants de Beisson ont manifesté leur colère sur la place publique pour interroger Joissains.

Nous apprenons via l'interview que l'Etat s'est retiré complètement du projet et qu'il n'y aura pas de crédits. Cherchant à se dédouaner une nouvelle fois, sans crainte des contradictions, Joissains accuse maintenant Stéphane Salord, son adjoint pendant sept ans, d'avoir "plombé le dossier", ce qui est évidemment un autre mensonge pour camoufler un ratage politique dont la responsabilité première lui incombe.

Ÿ Pôle judiciaire

A la veille de l'élection de 2008, on nous présentait de magnifiques plans en 3D du futur tribunal d'instance. Le dossier de reconstruction était validé par l'Etat et il n'y avait plus qu'à faire. Et puis, patatras, plus de nouvelles, le ministère de la justice fait le mort pendant de long mois.

Peu à peu, filtre l'information d'un retard de l'Etat pour entériner le beau projet. Puis, se précise l'abandon de la reconstruction alors que la Ville se mettait en frais pour transférer provisoirement les services civils au Jas de Bouffan.

Maintenant, il est question d'un projet revu à la baisse, les déficits colossaux de l'Etat n'aidant évidemment pas. Joissains en avait fait un de ses chantiers. Ben, on est loin d'en voir le moindre premier coup de pioche.

Ÿ Clinique du Montaiguet

Pour faire passer l'énormité du saccage, Joissains maintenant réélue ose parler de "la première éco-clinique de France". Pendant la campagne électorale, elle émettait des réserves sur le projet "qui n'en était, selon elle, qu'aux balbutiements".

Le rapport du commissaire-enquêteur concluait certes à un avis favorable mais sous de nombreuses conditions. En effet, l'enquête publique a recuelli un record de 616 participations dont une majorité de critiques.

Joissains prétend que "l'opposition ne vient pas du quartier mais est orchestrée par trois ou quatre personnes qui habitent autour". Le compteur à mensonges va exploser ! Des CIQ, des médecins, des associations, des riverains et des citoyens d'Aix et alentour ont longuement dit qu'ils étaient contre la dénaturation du paysage, la détérioration de l'environnement et les afflux de circulation sur un secteur déjà engorgé.

La bataille va être rude, y compris devant les tribunaux, si, comme cela semble se profiler, une délibération de validation de la révision partielle du POS était inscrite à l'ordre du jour du conseil municipal de novembre.

Joissains s'est peut-être un peu réveillée mais elle aura bien du mal à endormir les Aixois une nouvelle fois.

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mardi 6 octobre 2009

"Je viens de m'apercevoir que je suis maire..." (1)

joissainsMaryse Joissains tente de nous la refaire. Cette fois-ci, c'est dans une interview parue dans La Provence d'hier. En gros : "excusez-moi mais je me réveille à l'instant et je viens de m'apercevoir que je suis maire". Et la voilà en train de disserter sur nombre de sujets, comme si, après huit ans de mandat, tout commençait aujourd'hui. La réalité est tout autre, bien entendu.

Mais pour Joissains, il s'agit une fois de plus d'essayer d'endormir les Aixois en laissant espérer l'avènement de grands chantiers qui feront enfin leur bonheur.

Passons sur les alibis des retards pris pour cause d'élections successives et sur les prétendus travers des gestions précédentes (on le redit, huit ans ont passé). Ce qui compte, c'est ce que veut faire la municipalité. "Cette fois, j'ai donné des impératifs de rapidité, de concision et de plus grande présence dans les dossiers". Cela sonne comme un recadrage qui désavoue une méthode qui n'a pas été performante.

Au final, ce qui ressort de cette longue interview, c'est que Joissains semble avoir tiré quelques leçons des critiques qui lui ont été adressées depuis longtemps et, plus particulièrement, pendant la dernière campagne électorale où elle l'a échappé belle. Mais cela n'est pas suffisant car il y a, et il y aura, d'autres gros ratages.

Les illustrations ne manquent pas. Alors, sérions les sujets.

Ÿ Gare routière 

Après avoir fait des simulacres de concertation sur l'ancien projet critiqué pour sa démesure et son inadéquation à une véritable politique des déplacements, après avoir persisté en dépit de tout bon sens pour imposer un modèle pharaonique coûteux et inadapté à l'environnement, Joissains semble désormais se ranger à la réalisation d'un projet moins ostensible qui pourrait être coordonné avec des haltes extra-muros à la Calade et au plan d'Aillane.

Les deux autres mesures annoncées ne sont pas moins significatives : abandon de la trémie sous l'avenue de l'Europe, suppression de la halle et donc pas de grand bâtiment. A la bonne heure. Mais on aura donc déjà dépensé pas mal d'argent pour un premier projet qu'il va falloir remettre à l'ouvrage.

Ÿ OPAC

Le scandale par excellence. Il aura fallu huit ans pour intégrer mentalement que l'office n'a jamais véritablement rempli son rôle : construction d'un nouveau siège mais pas de nouveaux logements, réhabilitations au ralenti ou en panne, gestion désastreuse aboutissant à un déficit jamais vu, cinq changements de directeurs, embauches pléthoriques sans meilleurs résultats ou services rendus aux locataires. Et que dire des annonces répétées à satiété que tout allait mieux, qu'il y avait enfin un plan du patrimoine, que l'office se portait bien, touts choses contredites par des audits sévères de l'Etat.

Joissains, présidente jusqu'ici, a décidé de passer la main. Soit. Car le cumul de fonctions ne permet pas l'efficacité sauf à disposer de journées de 72 heures. Cela ne l'exonère en rien de ses reponsabilités. Mais Joissains semble avoir trouvé la recette du succès : organiser la logistique de l'office comme celle de Darty ! Vous auriez osé, vous, comparer un établissement public à un magasin d'électroménager qui parraine la météo ? Sûr que Joissains va encore essayer de nous vendre du beau temps jusqu'à la fin du mandat. S'il n'y pas une autre annulation d'ici là...

A suivre, demain…

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lundi 5 octobre 2009

Peut-on rire de la démocratie ?

place_des_citoyensLa consultation populaire sur l'avenir de la Poste a été un succès. Voulue comme un exercice de démocratie concrète et organisée avec les moyens du bord grâce à de nombreux bénévoles, cette démarche menée à grande échelle est une première qui crée un précédent qui ne manquera pas de se répéter.

Au-delà de l'objet de cette "votation" (mot utilisé pour le caractère non juridique du scrutin), les citoyens ont voulu montrer qu'ils ne comptent pas pour du beurre.

Ce dimanche soir, le Comité national contre la privatisation de la Poste annonçait que plus de 2 millions de personnes avaient participé à la consultation dans près de 10.000 points de vote.

A Aix, en incluant quelques villages alentour (Vauvenargues, Puy Sainte-Réparade, Venelles et Eguilles), près de 9.000 votants ont mis un bulletin dans l'urne.

Dans certaines communes, les organisateurs ont été aidés par des mairies. Mais, la plupart du temps, c'est le système D qui a prévalu. A Aix, malgré la demande des élus de l'opposition au conseil municipal, Maryse Joissains a répondu négativement à toute aide technique pour faciliter les opérations de vote.

Cela faisant, elle s'inscrit dans la droite ligne des choix gouvernementaux mettant en œuvre la casse programmée et progressive des services publics : Edf, Gdf, santé, éducation nationale, pour citer les plus significatifs.

Comble de cynisme, l'instauration d'un referendum dit d'initiative populaire prévue par la réforme constitutionnelle n'a toujours pas été suivie du moindre décret d'application. Pour la démolition du statut de la Poste, l'esquive est double : Nicolas Sarkozy a décidé de la faire passer en force en lecture unique au Parlement.

Mais revenons à Aix. Si l'affreux Molière pouvait encore nous régaler en nos temps modernes, il ne manquerait pas de relever une autre incongruïté. Du 12 au 18 octobre, la Ville organise (attention, on gonfle bien ses poumons d'abord !) la "Semaine européenne de la démocratie locale". Enorme ! On se met à rêver !

Mais mieux vaut se frotter les yeux car, à lire le programme officiel, on n'y verra, pour ne prendre que deux exemples, ni le rôle ni la participation des Comités d'intérêt de quartiers, ni la moindre ombre de conseils de quartiers. Les premiers n'ont pas été conviés, les seconds sont inexistants, ce qui est contraire la loi de 2002.

La "semaine" sera donc une opération de propagande, se déroulant principalement à l'Hôtel de Ville, qui mettra des élus majoritaires en avant et qui fera intervenir des fonctionnaires municipaux pour organiser des visites de quelques services. Les conférences annoncées n'ont pour but que de déverser des discours à sens unique qui ne proposent aucun débat.

Alors, peut-on rire de la démocratie ? A chacun sa réponse…

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mardi 29 septembre 2009

L'image trouble de la vie politique aixoise

Une information en avant-première : une date télé à retenir. Le lundi 19 octobre à 22h15 dans l'émission "Complément d'enquête", France 2 proposera un dossier sur la corruption avec divers reportages s'intéressant à la vie publique et politique, élus de tous grades, collaborateurs d'élus et de cabinets, administrations nationales et territoriales. Il me revient aux oreilles que le dossier devrait, entre autres, évoquer Aix. Cela pourrait faire du bruit.

En attendant, un internaute, que je remercie ici, m'a signalé un article à propos de l'élection municipale d'Aix de juillet dernier publié sur le blog Anticor qui est une association d'élus et de citoyens contre la corruption. Extraits.

Election d'Aix : Une campagne qui n'honore pas la démocratie

anticorlogoMaryse Joissains (UMP) a finalement remporté l'élection municipale d’Aix-en-Provence le 19 juillet dernier avec 50,22% des voix, sa liste battant d’une courte avance de 187 voix celle de son adversaire Alexandre Medvedowsky, candidat de l’alliance PS-MoDem-Verts. Stéphane Salord, à l’origine du recours contre l’élection de 2008, avait quant à lui appelé à soutenir l’alliance.

A propos de ce recours, Maryse Joissains n’avait pas hésité à dénoncer "une décision politique" lorsque le Conseil d’Etat avait décidé d’annuler l'élection de 2008. Du coup, Alexandre Medvedowsky signale que le fait de "critiquer une institution judiciaire est constitutif d’un délit". […]

Il faut savoir aussi que Mme Joissains fait partie du club des cumulards de la République, présidente de la communauté du pays d’Aix, elle est aussi députée. A Aix-en-Provence, on peut aussi parler de népotisme, lorsque l’on parle de la famille de Mme Joissains. Jugez vous-mêmes.

"En 1978, après deux annulations successives par le Conseil d’État, son époux, Alain Joissains, conquiert la mairie d’Aix-en-Provence. De plus, à la veille de l'élection municipale de 1983, alors que le maire sortant est crédité de 66% d’intentions de vote, éclate l'"affaire Joissains" (le maire aurait financé une partie de la villa de son beau-père avec l’argent de la municipalité). Accusant le clan Defferre, le couple Joissains se dit victime d’une brigue (manœuvre, manigance) "politico-médiatique". Durant cette période, Maryse Joissains, avocate de profession, soutient son mari avec opiniâtreté, obtenant la révision du procès qui l’a condamné à deux ans de prison avec sursis" (Wikipedia). Enfin, leur fille, Sophie Joissains est adjointe au maire d’Aix-en-Provence, vice-présidente de la communauté d’agglomération du Pays d’Aix et sénatrice des Bouches-du-Rhône depuis octobre 2008.

Les résultats de cette élection (municipale) sont assez surprenants pour plusieurs raisons. Outre le cumul des mandats, le népotisme ambiant (dont on a finalement peu parlé…) et les termes accablants par lesquels le Conseil d’Etat avait annulé l'élection de mars 2008, la candidate UMP partait avec un lourd handicap. […]

On pouvait penser que l’UMP prendrait ses distances avec Maryse Joissains, compte tenu de l’image qu’elle véhiculait après cette campagne qui n’a pas, c’est le moins que l’on puisse dire, contribué à rétablir la confiance entre les citoyens et la classe politique. Il n’en a rien été.

Plusieurs personnalités de la majorité étaient venues à Aix-en-Provence soutenir Mme Joissains, dont Jean-François Copé et Xavier Bertrand ainsi que Jean-Claude Gaudin qui en rajoutait en déclarant "J’ai quitté Madonna pour aller embrasser l’autre Madonna d’Aix". Toujours dans la dentelle, Gaudin ! Pour le secrétaire général de l’UMP Xavier Bertrand, la réélection de Maryse Joissains "est un succès pour l’UMP et pour toute la majorité présidentielle".

D’ailleurs, Mme Joissains a indiqué avoir reçu un coup de téléphone du président Nicolas Sarkozy. "Il m’a félicité et m’a dit qu’il avait conscience que je m’étais battue seule contre tous et que j’avais obtenu un excellent résultat alors que ce n’était pas évident".

Stéphane Salord, ancien membre de l’équipe municipale de Mme Joissains, aurait pu peut-être expliquer les raisons de ses dissensions avec la maire. A notre connaissance, il n’a pas pu ou su apporter les arguments pertinents qui auraient pu faire basculer le scrutin.

En conclusion, on s’aperçoit une nouvelle fois que le taux d’abstention reste très fort, ce qui n’est pas un signe de bonne santé de notre démocratie. En second lieu, on constate que des dirigeants de l’UMP n’ont pas hésité à soutenir une candidate qui avait été sanctionnée sévèrement par le conseil d’Etat pour "des propos et des insinuations d’une gravité inadmissible".

(Rédigé par Jean-Pierre Roux, 21 juillet, 2009)

L'article entier sur le site Anticor :

http://anticor.org/2009/07/21/elections-municipales-d%e2%80%99aix-en-provence-maryse-joissains-masini-ump-reelue-une-campagne-qui-n%e2%80%99honore-pas-la-democratie/#more-646 

Un article sur les élus corrompus sur le site Rue89 :

http://www.rue89.com/2009/09/24/anticor-propose-de-bannir-a-vie-de-la-politique-les-elus-corrompus 

Le site Anticor :

http://anticor.org/

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lundi 28 septembre 2009

Elections d'Aix : On en parle encore

rouletteQuel sort sera-t-il fait à la procédure de recours concernant l'élection municipale de juillet ? Bien malin qui pourrait le dire avec certitude. Il y a, pour le moins, un ensemble de faits qui méritent d'être examinés sérieusement. Mais les juges les trouveront-ils assez fondés pour trancher vers une annulation du scrutin ou envisager une autre solution ?

Alors, il n'est jamais trop tard pour jeter un autre regard sur l'élection de l'été. Un correspondant dont j'avais déjà publié l'excellente analyse des résultats m'adresse un mot de conclusion provisoire du plus grand intérêt. C'est bien volontiers que je mets en ligne sa libre parole.

En guise de conclusion provisoire sur les élections aixoises

Un mot encore d’analyse sur ce scrutin, afin d’enfoncer le clou :

18 bureaux de vote méritent un zoom intéressant car ce sont eux, principalement, qui ont fait perdre Medvedowsky au 2e tour, pour des raisons sans doute différentes :

Ÿ 10 bureaux lui ont donné un % inférieur d’au moins 6% à celui obtenu par la liste Picheral en 2001 ; essentiellement des bureaux du Nord de la commune (Puyricard, Couteron, Granettes, Platanes) et de Luynes au Sud. Soit un manque de 500 voix environ.

Ÿ 9 bureaux où le taux de progression de Joissains au 2e tour a été très élevé (plus de 6% de plus que la moyenne de progression de Joissains sur les électeurs de Salord et de Guerrera), soit un plus de 450 voix pour Joissains.

Ÿ 1 seul bureau, le n°50 de Puyricard se trouve dans les 2 situations.

Au total, ce sont environ 900 voix qui ont manqué à Medvedowsky dans ces 18 bureaux alors qu’un bon candidat de gauche rassembleur et crédible les aurait à coup sûr recueillies. Chacun de ceux qui connaissent bien Aix en tireront leur analyse et leurs conclusions.

Cependant, il ne faut pas brûler les étapes dans la reconquête d’Aix : oublions les Medvedowsky, Guinde ou Pezet. Travaillons efficacement là où chacun est engagé, dans nos partis du PS, des Ecologistes, du MoDem, dans nos associations et nos syndicats, sur nos blogs et nos relais de com’. Lorsque les futures échéances électorales aixoises se préciseront, vraisemblablement en 2014, il sera temps et plus facile de faire émerger un leader charismatique consensuel de la gauche aixoise… comme Maryse Joissains l’a été pour la Droite !

(Auteur : Pierre DARLES, 5 septembre 2009

Lire la première partie de l'analyse :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/08/03/14627490.html

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