mardi 22 mars 2011

Cantonales 2011 : Bienvenue à Groland !

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(Capture d'écran, émission de Groland de samedi)

Au lendemain de ce premier tour (ou énième four pour l'UMP), on a (presque) tout entendu et on nous a (presque) tout dit. Sur ce qui s'est passé et les habituelles 'leçons" qu'il faut en tirer d'urgence. Sur ce qui va se passer et qui est toujours la faute des autres parce que "nous, vous savez, notre position a toujours été claire". Tu parles !
Alors, laissons les calculettes de côté jusqu'à dimanche prochain. Et essayons de voir comment qu'on nous cause depuis hier. Il y a d'abord les accusations contre "une grande partie des électeurs, pas tous" qui ne comprennent pas les enjeux. Qui trouvent que les cantonales, c'est trop compliqué. Qui se trompent forcément de bulletin, irrémédiablement atteints qu'ils sont du syndrome de la vessie et de la lanterne. Qui n'ont sans doute pas voulu exprimer ce qu'ils ont pourtant choisi d'exprimer.
Ces accusateurs se posent rarement la question sur leurs propres responsabilités, sur leurs parodies populistes ou sur l'échec de leur politique. Mais ils s'étonnent de ces cris de misère jetés au fond des urnes ou de ces silences de désespoir extrême coagulant au cœur de l'abstention. Ils s'entêtent à engraisser toujours plus les riches, les repus, les arrogants et les cyniques, sans avoir honte de broyer toujours plus les sans-travail, les sans-logis, les sans-le-sou et les sans rien.
Puis, il y a les déclarations à show et les réactions à glacer le sang. En général, chacun estime avoir de bonnes raisons de "se réjouir des résultats". Gagnants, "c'est grâce à nous" et on déplore que tous les autres n'aient pas su répondre aux attentes des Français. Perdants, "c'est un constat, nous en prenons acte" et on minimise la portée du scrutin qui n'est pas le désastre que veulent bien décrire tous les autres. De quoi donner envie de leur retourner les crachats en pleine figure.
Ensuite, il y a les commentaires à la langue de bois massif, les dénégations que même Pinocchio ne croirait pas et les auto-satisfactions sur le rôle forcément décisif de ceux qui n'hésitent pas à se déguiser en stratèges.
Examinons quelques exemples.
Personne n'a pu échapper aux formules reprises en boucle. Dimanche soir, il n'y a donc eu qu'"un seul vainqueur", "une grande gagnante", "une grosse poussée". Faisons observer que c'est pourtant la gauche qui a fait le meilleur score en approchant la majorité absolue. S'il y a "une grosse poussée" (une expression à faire le bonheur des caricaturistes), c'est bien au seul détriment de la droite sarkozyste.
Ramenée à plus de mesure, et ne concernant que la moitié des cantons à renouveler, on verra que cette fièvre pourcentée ne donnera au final qu'une poignée d'élus frontistes voire peut-être aucun.
Autre expression entendue depuis, "il faut faire barrage à…", façon pour la droite surtout, quoique, de refuser hypocritement d'énoncer une consigne claire et courageuse appelant à voter pour tout candidat de gauche.
La gauche, elle, et malgré la douleur encore vive de son appel à voter Chirac en 2002, a décidé, au nom d'une conscience républicaine, de se refaire encore un peu mal en ne mégotant pas sur le prix du sacrifice même en se bouchant le nez. Il ne fallait rien attendre du cheffaillon Copé qui a péremptoirement repoussé toute réciprocité maintenant que la droite est touchée à son tour par la disgrâce.
On a vu aussi l'imitateur frontiste devenu sinistre avancer effrontément à pas de Guéant pour jouer les faussaires selon la méthode manipulatoire appliquée pour rabaisser les nombres de manifestants ou de personnes sans emploi. Allez, allez, cassez-moi ce vilain thermomètre et dissimulons la température. Oui mais voilà, le patient reste malade.

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Plus localement, les Bouches-du-Rhône ont également connu leurs fébrilités. Tout le monde a compris qu'ici aussi beaucoup de gens souffrent et ne misent plus que sur un retour de flamme frontiste censé guérir leur destin. Tout le monde, sauf la droite, et Jean-Claude Gaudin qui en est si triste qu'il en oublie de chercher qui en est responsable.
A Aix, au rayon "c'est grâce à moi si...", le mage Bruno Genzana, jamais en manque d'auto-glorification, s'est dit très satisfait de la stratégie d'union à droite qu'il a prônée. Belle réussite en effet avec quelques dissidents de son parti (Les Pennes-Mirabeau, Mazargues) dont un a contribué à déconsidérer le candidat UMP finalement privé de second tour. Le même Genzana s'aventure à pronostiquer deux victoires à Aix et à Trets pour les candidats de droite dont le premier est NC. "J'ai l'intime conviction qu'ils sont en mesure de l'emporter", l'intime conviction, ça c'est scientifique !
Comment oublier Maryse Joissains qui avait déjà trouvé indécent que les écologistes s'inquiètent des installations nucléaires françaises à la veille du premier tour alors qu'elle n'a pas vu le moindre manque de pudeur dans l'exploitation éhontée d'imaginaires "flux migratoires" suite aux révolutions arabes.
Pour elle, lors de ces cantonales, "les problèmes de fond et le rôle essentiel de proximité n'ont jamais été abordés". En a-t-elle fait le reproche à Vitrolles au président qu'elle soutient et qui est le spécialiste de la casse des services publics et de la suppression de la police de proximité ? A son avis, "le taux d'abstention est un échec de la démocratie. C'en est à se demander si les peuples sont véritablement mûrs pour la démocratie". Elle le dit, s'ils ne votent pas, c'est parce qu'ils sont inconscients, et pas, par exemple, très mécontents qu'on ne le écoute pas.
Prenons maintenant le cas de Jean-Noël Guérini. Pour lui, mais il est le seul à faire semblant d'y croire, les résultats frontistes et la perte d'ores et déjà entérinée de deux cantons à Marseille n'ont rien à voir avec les affaires politico-judiciaires en cours. "Les affaires, ça intéresse pas les Marseillais", avait-il lancé avant le scrutin.
Dimanche soir, il se répétait : "Je ne pense pas du tout qu'il y ait sanction, les affaires n'ont pas contribué à ces résultats. Certains médias en liaison étroite avec des responsables de l'UMP ont tout fait…" […] "Montebourg, vous plaisantez, ce brave monsieur, laissez-le de côté et regardez ses résultats en Saône-et-Loire". Il aurait dû vérifier. Arnaud Montebourg est en passe de s'assurer une majorité très confortable.
Après avoir ânnoné sa déclaration à la presse, Jean-Noël Guérini a répondu à quelques questions de journalistes. Sur l'attitude des dirigeants de l'UMP : "J'ai entendu qu'en aucun cas ils appelaient (sic) à un front républicain, ce dont (sic) je regrette profondément. Et donc, j'appelle les életeurs et les életrices (sic) de gauche à se rassembler autour du candidat de gauche le mieux placé et s'il y a une (sic) duel entre UMP et Front de gauche (sic), heu, Front national, j'appelle à faire barrage aux candidats FN".
Pour conclure, il aurait été indécent (ou décent, au choix) de ne pas citer le nom de Nicolas Sarkozy. Vu la réussite de sa politique dans tous les domaines, il n'a aucune raison d'être sur les nerfs après s'être fait re-piquer une partie de son électorat par les frontistes. Il espérait que la présidence du G20 et son initiative sur la Libye redoreraient sa grande aura envolée, c'est raté. Il comptait, si l'on peut dire, sur sa réputée adresse, mais il ne sait plus où il habite. Quoi qu'il fasse, c'est inopérant. Les gens ne le suivent plus car leurs problèmes de vie quotidienne subsistent. Vite 2012 ! 

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lundi 21 mars 2011

Cantonales 2011 : Résultats du 1er tour en Pays d'Aix

logo_cantonales_mars_2011___CopiePartout, le taux d'abstention est élevé. Conséquence, en Pays d'Aix, il n'y a pas d'élus au premier tour. Le second tour se fera sur la base de duels. André Guinde à Aix sera face au candidat NC et Alexandre Medvedowsky à Peyrolles face au candidat FN.

(Clic sur les images pour agrandir)
(Source : La Provence)
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dimanche 20 mars 2011

Cantonales 2011 : Premier tour et... gags à gogo

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Quel(le)s candidat(e)s pourront ce soir se réjouir de l'arrivée du printemps ? Avec quels scores et surtout avec quel taux d'abstention ? La loi prévoit que peuvent se maintenir pour le second tour les candidats ayant atteint 12,50% des inscrits. Il va donc y avoir beaucoup d'éliminés.
Si, par exemple, l'abstention tourne autour de 50%, cela veut dire que, pour concourir dimanche prochain, il faut avoir réuni 25% des inscrits. C'est mission quasi impossible. Le code électoral a bien sûr tenu compte de ce risque en permettant aux deux meilleurs scores, si peu représentatifs qu'ils soient, d'être quand même qualifiés pour le second tour.
Il ne faut donc pas se fier aux pourcentages des votants qui paraîtront supérieurs. Exemple : avec une abstention de 50%, un candidat qui aurait obtenu 20% des votants ne sera pas forcément retenu s'il est en dessous des 12,50% des inscrits ou si d'autres candidats ont fait de meilleurs résultats. L'hypothèse d'un important désintérêt des électeurs pour les cantonales n'étant pas exclue, on assistera vraisemblablement à un nombre élevé de duels, avec des candidats repêchés en quelque sorte.
Je n'ai pas de conseil à donner aux visteurs du blog mais, en ce qui me concerne, je me rendrai à mon bureau de vote comme je l'ai toujours fait sans aucune exception à ce jour depuis ma majorité. Ce droit me permet d'ouvrir légitimement ma bouche, si je veux, quand je veux, pour ou contre qui je veux. Et d'ailleurs, je ne vais pas m'en priver dans l'instant.
Je vote dans le canton Aix-Sud-Ouest. J'ai reçu la fameuse enveloppe marron à domicile. J'ai lu, j'ai comparé et j'ai parfois sursauté. Il y a cinq candidats dont deux femmes. Rien à redire là-dessus, ni sur le nombre raisonnable de postulants, ni sur l'équilibre homme-femme.
En revanche, certain(e)s candidat(e)s apparaissent comme de vrais amateurs. J'en veux pour preuve leur laïus à côté de la plaque. On y trouve des phrases creuses interchangeables entre candidats et, pire, un mélange total de pseudo propositions n'ayant absolument rien à voir avec les compétences d'un conseil général. C'est du remplissage quand ce n'est pas de l'imposture.
Constatant cela, la question que je me pose est la suivante : est-ce de l'arnaque, de la manipulation ou tout bêtement une ignorance totale des institutions dans lesquelles ils prétendent vouloir agir ?
Le document le plus insensé est celui d'un jeune candidat qui ne signale pas le nom de sa remplaçante, n'adresse aucun mot aux électeurs et ne présente aucun, vraiment aucun élément d'un quelconque programme départemental. Au verso, c'est la tête de son parti qui s'exprime pour égréner un alignement de propositions nationales démagogiques. M'est avis que tous les candidats de ce parti ont dû éditer le même type de document dans toute la France.
Un autre candidat livre des phrases à rendre jaloux le vide sidéral. Et, lorsqu'il esquisse des propostions ronflantes, il mélange tout avec tout, ne craignant pas d'évoquer la sécurité, qui relève de l'Etat, ou une meilleure gestion des crèches, qui est du ressort des communes. Embrouillons, embrouillons, c'est bien connu, l'électeur n'est qu'un votant idiot !
Passons maintenant à la forme. Etonnamment, si les cinq candidats font bien figurer les deux dates des 20 et 27 mars, un d'entre d'eux semble plus pessimiste en ne mentionnant que le premier tour. Quant au secteur géographique du canton, on a l'impression que certains n'en ont même pas une idée réelle puisqu'ils ne citent pas ou pas du tout tous les quartiers pourtant bien identifiés. Ainsi, le mien, oui, le mien comme chacun désigne le sien, n'apparaît que sur deux documents. Là, c'est trop !
Poursuivons avec les bulletins de vote eux-mêmes, aux dimensions réglementées (148X105) mais à l'orientation laissée au libre choix. Quatre ont donc opté pour le format paysage et un seul pour le format portrait. Ce dernier a sans doute estimé qu'en se distinguant ainsi des autres il ne pourrait échapper à l'œil des électeurs. Bien joué ! Mais là encore, étrangement, ce bulletin ne comporte que la date "mars 2011" sans mention des jours.
Celui qui n'avait pas mentionné les dates sur sa grande page les rappelle cependant sur son bulletin. Mais, attention aux invalidations au cas où un électeur aurait l'idée de placer dans l'enveloppe la "profession de foi" au lieu du bulletin. Une jurisprudence célèbre, qui trouve sa pleine origine à Aix, admet bien ce cas de figure comme  étant l'expression d'un vote valable, à la condition que tous les renseignements obligatoires sur un bulletin y figurent aussi. Ce même candidat cumule donc l'absence du nom de sa remplaçante et celle des dates du scrutin. Ouille !
Ultimes cocasseries, certains candidats désignent leurs seconds par le mot "remplaçant" (terme correct en vigueur depuis 2008) et d'autres par le mot "suppléant" (terme désormais réservé aux députés). Sur leurs bulletins, trois candidats emploient "remplaçant" et deux "suppléant". Et comme il fallait bien que quelqu'un s'avise de casser la baraque à fond, une candidature est allée jusqu'à utiliser "remplaçant" sur sa "profession de foi" et "suppléant" sur son bulletin. C'est pourtant "élections pour un champion", non ?
Allez, bon vote quand même !
Dimanche prochain, je vous parlerai peut-être des fautes de français, des erreurs orthographiques et même, si, si, de quelques phrases bien bancales.

Ce soir, les résultats sur le blog dès qu'ils seront disponibles.

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samedi 19 mars 2011

Les maux croisés de Montebourg et des Guérini

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Le froid, le show et l'ombre. L'actualité est faite de paradoxes.
Comme il s'y était engagé, Arnaud Montebourg a remis au tribunal de police son dossier visant à apporter les preuves de son enquête. Soit, nous dit-on, rien moins que 174 pages, 44 pièces, 20 témoignages et 1 enregistrement sonore. On espère bien savoir quels sont ces vingt témoins qui risquent le bannissement pour avoir bronché.
Dans un tout autre décor, Jean-Noël Guérini a réussi à serrer la main à Nicolas Sarkozy en visite sur le plateau de Vitrolles. Ils n'avaient aucune raison de ne pas le faire, ils ont des amis communs : Bernard Squarcini et Christian Frémont, l'un du rayon police, l'autre ancien préfet promu directeur de cabinet présidentiel. On a les accointances qu'on peut.
Enfin, ombre au tableau, Alexandre Guérini y restera puisqu'il s'est vu refuser encore une fois sa demande de remise en liberté. Une nouvelle n'arrivant jamais seule, il lui a aussi été notifié que sa détention provisoire allait bénéficier d'un généreux rab de quatre mois.
C'était le petit résumé du jour. Mais Le Monde d'hier a livré encore deux pleines pages assez robustes sur l'affaire Guérini avec une interview de Jean-Noël. 

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vendredi 18 mars 2011

Quel sort pour Jean-Noël Guérini ? Stop ou encore ?

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Avez-vous comme moi entendu la brève diffusée par France 3 Provence Alpes hier soir ? Selon Patrick Mennucci, Jean-Noël Guérini quitterait sa fonction à la tête de la fédération du PS juste après les cantonales. Tiens, tiens, mais n'était-ce pas ce que demandait en partie le rapport d'Arnaud Montebourg ? Bon, c'est déjà ça.
Or, voilà que dans les coulisses du conseil général et du parti socialiste, d'autres surprises pourraient aussi voir le jour, notamment juste après les cantonales, au moment du vote pour la présidence du département.
Si Jean-Noël Guérini a pris l'initiative de faire voter les militants -mais il semble que certains n'aient pas été invités à y participer !-, c'est probablement pour tenter de cadenasser l'appareil.
Dans les coins, il se murmure avec insistance qu'un coup à la Caselli lors de l'élection à la présidence de Marseille Provence Métropole n'est pas exclu. On se souvient comment Renaud Muselier s'était fait souffler la place grâce à la défection de quelques maires de droite qui donnèrent une majorité à la gauche.
Ce scénario pourrait cette fois se dérouler au sein du cercle socialiste pour élire un président qui ne sera de toute façon que de transition pour trois ans puisque la réforme des collectivités, si elle devait être appliquée en cas d'échec de la gauche à la présidentielle, instituerait la fusion des départements et des régions.
L'hypothèse de l'éviction de Jean-Noël Guérini n'est pas si farfelue. On s'est étonné des réactions timorées de Martine Aubry après le rapport Montebourg. Mais cette prudence cache peut-être une fine stratégie politique, sachant que la commission d'enquête ne livrera ses conclusions qu'en juin.
Peut-être Martine Aubry voit-elle plus loin. Imaginons un départ de Jean-Noël Guérini. Martine Aubry pourrait se prévaloir d'avoir fait le ménage, comme on dit, au sein de la fédération des Bouches-du-Rhône. Et, le hasard faisant bien les choses, à un an de la présidentielle pour laquelle elle pourrait être la candidate. En somme, ce serait un coup de billard à trois bandes.
pezet_raviLa Provence de mardi a bien évoqué cette option, titrant même "Guérini seul candidat PS à la présidence de conseil général ?"
En effet, rien n'interdit à tout conseiller général de se porter candidat, formalité qui ne relève pas du choix d'un parti mais de l'assemblée départementale elle-même.
On ne sait pas bien ce qui peut se passer mais quelque chose paraît se tramer déjà dans le dos de Guérini. Oui, ici et là, quelques rares bouches critiques s'ouvrent (voir ci-dessous) tandis que d'autres osent glisser certains noms susceptibles de représenter une solution de recours pour le remplacer.
Et à tout serviteur tout honneur, c'est Michel Pezet qui semble rallier les suffrages même s'il fait malice de s'en défendre. Ainsi, sur l'initiative de Jean-Noël Guérini de procéder à une élection interne à la fédération socialiste, laisse-t-il tomber : "Cette consultation réglementaire ne me semble pas la plus appropriée." […] "Que mon nom circule est sympathique. J'en prends acte. Mais à chaque chose suffit son temps." Il ne dit pas non, donc.
Pour mémoire, Michel Pezet n'est pas une personnalité sans expérience. A part un poste de ministre qu'il aurait mérité d'obtenir, il a été président de la région et député. Il a aussi été premier secrétaire de la fédération. C'est déjà lui qui voulait changer les méthodes en modernisant le fonctionnement de la fédération et ouvrir la voie à la réforme du système clientéliste qui, selon ses propres mots de l'époque, "mine le fonctionnement démocratique de la collectivité et lui coûte plus qu'il ne lui rapporte."
Actuellement, Michel Pezet est toujours conseiller général et il se représente dimanche dans son canton. Alors, patience. C'est dit.

(Clic sur chaque image pour agrandir)
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mercredi 16 mars 2011

Cantonales 2011 : Sondage et bisbilles politiques

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Alors que pleuvent les sondages sur l'élection présidentielle, étrangement, le premier concernant des intentions de vote pour les cantonales vient à peine de paraître. Disons-le tout de suite, vu qu'il émane de Harris Interactive, celui-là même qui a suscité tant de perplexité avec la propulsion de qui l'on sait à un rang qui dérange, on appliquera donc la même précaution de distance quant aux résultats proposés.
Mais, disons-le aussi, il ne semble pas faire de doute que la carte électorale 2011 a beaucoup évolué depuis 2007, comme cela a été observé, par exemple, il y a un an pour les régionales.
Dimanche, l'occasion sera donnée de vérifier quelle est la fiabilité des chiffres du tableau. Il n'en demeure pas moins, comme chacun peut le ressentir, que le climat politique s'est considérablement détérioré et va nécessairement accentuer la tendance de l'opinion à sanctionner le président et le gouvernement.
Faisons aussi un petit retour sur l'émission Complément d'enquête de lundi soir. Les thèmes traités ont bien montré que toute affaire ou tout comportement de personnages publics scandalise les citoyens, surtout lorsqu'il s'agit d'abus perpétrés avec de l'argent public alors que des millions de personnes peinent à survivre.
En ce qui concerne les affaires Guérini, nous, gens du Sud, nous n'aurons rien appris de nouveau. Mais, le rappel à l'échelle nationale de cette saga qui est loin d'être finie n'était pas inutile.
Pour ma part, je ferais deux reproches au reportage.
Un, Renaud Muselier a eu la part trop belle en se présentant comme un homme blanc à l'éthique irréprochable, lui qui a récemment été pointé du doigt à propos de ses coups immobliers dans les îles.
Deux, l'émission a escamoté le contenu du rapport d'Arnaud Montebourg qui a posé de véritables questions sur le fonctionnement du parti socialiste. D'ailleurs, Robert Badinter n'y est pas allé par quatre chemins pour enfoncer le clou sur la nécessité du mandat unique et du respect des statuts.
Concluons, et sans ricaner, sur les dernières bisbilles locales.
L'ancien maire de Marignane, Daniel Simonpiéri, a été condamné pour harcèlement moral. Pour mémoire, au conseil général, cet élu issu de l'extrême droite, siège au sein d'un groupuscule de trois élus présidé par Bruno Genzana.
Et enfin, comment ne pas citer Claude Filippi, maire de Ventabren, qui vient de se faire remarquer une douzième fois pour le rôle qu'il affectionne le plus, celui de shérif de village.

(Clic sur l'image pour agrandir)
Sondage réalisé par Harris Interactive
pour Assemblée nationale / Public Sénat / Le Parisien
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lundi 14 mars 2011

Complément d'enquête : Le pouvoir des Guérini

logo_complement_enquete_petitLe magazine de France 2 s'attaque ce soir à de multiples sujets concernant abus, affaires et corruption. La question posée est donc : est-il encore possible de parler de transparence et surtout de "République irréprochable" ?
Parmi les reportages annoncés : les voyages de Michèle Alliot-Marie, le train de vie du Sénat, les cigares de Christian Blanc et les notes de frais des députés. Le programme fait aussi une place à l'affaire Guérini. Une émission à ne pas rater…

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Guérini pas tranquille après le rapport Montebourg

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Ce n'est évidemment qu'une impression de surface si l'agitation autour de l'affaire Alexandre Guérini et de la mise en accusation de son frère Jean-Noël par Arnaud Montebourg semble marquer une pause. Et pour cause, les élections cantonales ont lieu dimanche prochain. En réalité, quelques coups de poignard continuent de s'échanger.
Il y a quelques jours, lors d'une réunion publique de l'UMP, Renaud Muselier et Jean-François Copé sont tombés dans la caricature pour charger les socialistes. Même Jean-Claude Gaudin s'est prêté à ce jeu des propos d'estrade. C'est sans doute de bonne guerre, ne serait-ce que pour tenter de faire oublier les désastres de la politique de Nicolas Sarkozy en déroute comme jamais.
En face, on fait presque mine de se taire en public. Seul Jean-Noël Guérini s'est défendu encore une fois contre les incriminations de Montebourg. C'était lors d'une réunion à Saint-Victoret, après avoir séché deux autres rendez-vous, on se demande bien pourquoi.
Depuis Rennes, le même Montebourg a lancé la réplique : "La loi du silence se transporte à Solférino, c'est la guérinisation du PS, le PS va mourir de ça." 
Quant à la réunion du bureau national, au cours de laquelle a été validée la création d'une commission d'enquête, elle s'est déroulée sans lui et sans Martine Aubry. Et sans éclats particuliers.
Arnaud Montebourg certifie être en capacité d'apporter les preuves des menaces de Jean-Noël Guérini contre des élus marseillais, du genre "Je sais avec qui vous parlez, je sais quels journalistes vous voyez, je lis vos sms…".
Or, selon Xavier Monnier (voir article ci-dessous), il semble qu'il existe bel et bien un enregistrement sonore qui pourrait donner raison à Montebourg. La preuve en a été apportée par la journaliste de RTL, Alba Ventura, qui en a diffusé des extraits. Voilà de quoi plomber un peu plus l'ambiance déjà tendue et lourde qui règne dans les coulisses du conseil général et du parti socialiste.

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Affaire Guérini : Montebourg se paie le PS marseillais
7 mars 2011 par Xavier Monnier

A Marseille, après la plaidoirie assassine d'Arnaud Montebourg contre la fédération locale dirigée d‘une main de fer par le clan Guérini, les langues ont du mal à se délier. Et la direction du PS semble peu pressée de remettre de l‘ordre.
Plus belle la vie des socialistes marseillais. L'histoire de la quatrième fédération française a des airs de soap opera. Depuis la révélation de l‘enquête sur les marchés publics présumés frauduleux de la communauté  urbaine, qui a mené Alexandre Guérini, le propre frère du président socialiste du conseil général Jean-Noël, en prison, pas une semaine sans un rebondissement, une révélation dans la presse.
Et voici que désormais l‘attaque vient de l‘intérieur du PS. Avec le fameux Rapport de constatation sur les pratiques de la fédération des Bouches-du-Rhône, dit “rapport Montebourg“, dévoilé la semaine dernière. Le court texte du candidat à la primaire socialiste dézingue à tout-va. Rédigé après un bref passage à Marseille, en juin 2010, la plaidoirie de l‘avocat énumère une longue liste de griefs. Clientélisme, chantages à la subvention envers les élus, intimidations physiques… Et un réquisitoire : la mise sous tutelle de la fédé, la destitution de ses dirigeants dont Jean-Noël Guérini.
L'homme fort de la région, que la rue de Solférino aimait courtiser, apparaît aujourd‘hui, déprimé. "Nono", surnom que Jean-Noël Guérini déteste, “a des coups de blues“, confesse un proche.
“Même le voyage à Istanbul, fait pour lui changer les idées au moment des fêtes, ne l‘a pas remis d‘aplomb. Il faisait, il est vrai, un peu frais."
L'arrestation de son frère Alexandre lui a mis un coup. Corruption, abus de biens sociaux et détournements de fonds publics. Les charges retenues contre son cadet, toujours membre du bureau fédéral du PS, sont lourdes. La salve de Montebourg à l'encontre de la fédération et de Jean-Noël Guérini fait quasiment écho à ces accusations. Selon le rapport, “le cabinet du conseil général a toujours considéré la fédération comme son apanage et son bien“.
"Toutes les décisions sont prises au 9étage du conseil général, l'étage du président",
confirme aux Inrocks un ancien permanent de la fédération. "D'ailleurs, l'actuel président de la communauté urbaine, Eugène Caselli, y avait son bureau quand il officiait comme premier secrétaire de la fédération."
Les multiples leviers de cette mainmise sont également évoqués par Montebourg. Emplois publics, distributions de subventions aux associations ou aux élus via le mirifique budget du conseil général ou encore intimidations physiques. Autant d‘éléments sur lesquels les gendarmes mandatés par le juge Charles Duchaine enquêtent actuellement dans le cadre de la procédure sur les marchés publics. Dans leurs viseurs précisément, une myriade d'associations subventionnées par le conseil général, logée à la même adresse que le QG de campagne de Jean-Noël Guérini lors des municipales de 2008.
“Pas la peine d‘aller chercher jusque-là vous savez, note un vieux routier de la politique marseillaise. Il suffit de regarder comment ont été constituées les listes des dernières élections régionales. La majorité des gens était employée au conseil général."
Et encore, l‘enquête judiciaire a empêché Alexandre Guérini de se présenter sur les listes aux élections régionales de 2010…
"Ce rapport Montebourg est en-deçà de la réalité"
Quant aux intimidations, une scène est fort bien décrite par Arnaud Montebourg : la réunion du groupe des élus socialistes au conseil municipal du 17 mars 2010. Jean-Noël Guérini, doctement, explique aux élus présents qu'il dispose d'écoutes les concernant, qu'il les soupçonne d'être à l'origine de l'enquête judiciaire
! “Je sais avec qui vous parlez, je sais quels journalistes vous voyez, j‘ai même le texte de vos SMS…“ “Cette réunion je m‘en rappelle, il y a même eu un enregistrement sonore on s‘y croirait“, rigole sur une terrasse du Vieux-Port un vieil élu socialiste. Avant d‘embrayer : "Franchement, ce rapport Montebourg est en deçà de la réalité et tout cela n'est pas neuf."
Les soap-operas font aussi dans la resucée… En novembre 2008, le Sénateur Yannick Bodin avait pondu un rapport cinglant sur les pratiques de vote dans la fédération des Bouches-du-Rhône lors du scrutin pour les motions du congrès de Reims. "L'agressivité" des élus de la fédération avait choqué les observateurs, Jean-Noël Guérini trouvant même "insultante" leur présence.
Les socialistes marseillais n'ont pas moufté après le rapport Montebourg. Ou anonymement. “C‘est une ambiance de guerre de tranchées, ils savent que s‘ils sortent la tête, ils se prennent une balle, analyse un proche des barons locaux. Jean-Noel Guérini contrôle les investitures, alors ils attendent que le fruit tombe, que la justice passe."
Eux, ce sont les barons du parti. Patrick Mennucci, qui guigne un siège de député en 2012, reste muet. Sylvie Andrieux ou le président Michel Vauzelle empêtrés dans l'affaire des subventions détournées du conseil régional, se taisent. Quant à Michel Pezet, autre figure historique du socialisme local, il refuse depuis vingt ans tout poste au sein de la fédération. Tous attendent que le premier rôle, Jean-Noël Guérini, quitte la scène, rattrapé par les affaires. “La réaction de Martine n'incite pas à réagir“, se justifie l'un d'eux.
Aubry coincée en pleine primaire
Aubry a demandé “à laisser faire la justice“ et pointé le manque de précision du rapport d'Arnaud Montebourg.
“En pleine primaire, elle est bloquée par la puissance de Jean-Noël Guérini, résume un élu marseillais. 6000 cartes au moment de la désignation du candidat à la présidentielle, cela comptera." Une porte ouverte à la contre-attaque. Jean-Noël Guérini et la fédération ont porté plainte en diffamation contre Montebourg, exigé une commission d‘enquêtes aux instances nationales. Accordée
! Selon Benoît Hamon, porte-parole du PS, la commission devrait remettre ses conclusions avant l‘été. Une façon de jouer la montre…
Petite victoire, la fédération va, au moins, appliquer les statuts du PS. Intronisé président de la fédération en 2010, poste qui n‘existe pas chez les socialistes, puis cumulard du poste de premier secrétaire fédéral et boss du département, double fonction interdite, Guérini va revenir à un peu d‘orthodoxie. Conformément à l‘article 9, le candidat à la présidence du conseil général sera nommé après un vote des militants, entériné par le conseil fédéral.
Du cousu main pour le patron
? “Le scénario est écrit, se lamente un concurrent, ce sera lui“. A moins d‘un nouveau rebondissement, auquel croit l‘entourage d‘Arnaud Montebourg, persuadé que Jean-Noël Guérini ne pourra conserver son siège de président du conseil général.
Le sacre est prévu le 30 mars prochain à bord du vaisseau bleu de l‘hôtel du Département des Bouches-du-Rhône.
Le 1er avril sera jugé en appel le maintien en détention de son frère Alexandre Guérini. Poisson d‘avril en vue dans le soap-opera marseillais
?

Ecouter la conversation de Guérini avec les militants :
(placer le curseur à partir de 1'45)
http://www.rtl.fr/actualites/politique/article/les-carnets-d-alba-toute-alliance-avec-le-fn-vaut-exclusion-7667347707

L'article du Canard enchaîné du 9 mars 2011
(Clic sur l'image pour agrandir)
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vendredi 11 mars 2011

Aix : Condamnations pour "Espace agir ensemble"

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La justice est souvent lente à rendre ses décisions. Et les personnes qui ont subi des préjudices ont du mal à se relever surtout quand elles sont ruinées en perdant leur outil de travail. Le cas présent ne date d'hier. Il remonte à 2007, lorsqu'ont été détectés des problèmes de fonctionnement et à plus loin encore pour l'origine de l'établissement dont il est question.
En 2007 donc, la pépinière d'entreprises Espace agir ensemble (EAE), association Loi 1901 fondée en 1999 à Vitrolles par Stéphane Salord, rapatriée à Aix en 2001 mais toujours présidée par lui-même jusqu'en 2007, visait à créer des emplois via des dispositifs ayant vocation à aider de jeunes chômeurs dans la création d'entreprises.
Stéphane Salord, devenu adjoint au maire délégué aux affaires économiques à la Ville d'Aix et à la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix, passa le relais en cours de mandat à des personnes choisies par lui.
Soudain, on se rendit compte que la structure connaissait de gros problèmes de dysfonctionnement qui s'aggravèrent au fil des mois. Au point que la CPA apporta des aides pour colmater les brèches.
Et puis, un jour, on s'aperçut qu'il y avait de bien bizarres choses dans la gestion même de l'association, dont un passif de 324.000 euros. Et ce fut la fin brutale des subventionnements avec liquidation subite en octobre 2007. Que s'était-il donc passé ?
La presse locale avait relaté cette situation et d'autres événements aussi étranges (dont un mystérieux vol ordinateurs) qui survinrent quelques jours après dans les locaux de la pépinière. Si l'on n'a plus ou peu entendu parler de cette affaire depuis, en revanche, diverses plaintes contre les dirigeants ont été déposées par la CPA et par les structures hébergées.
Le 2 mars dernier, le tribunal correctionnel d'Aix a rendu des décisions et prononcé des condamnations avec sursis et amendes pour emploi fictif et abus de confiance (voir ci-dessous l'article de La Marseillaise, La Provence n'a rien publié à ce jour).
Si la CPA peut maintenant récupérer une partie des fonds perdus, les véritables victimes, spoliées et complètement ruinées, n'ont pas encore pu obtenir raison de leurs déboires et ont donc décidé d'interjeter appel pour faire valoir leurs droits à indemnisation. On en est là.
Pour mémoire, cette histoire ressemble à un autre cas qui avait fait grand bruit et que j'avais dénoncé lorsque j'étais encore conseiller municipal, une saga que j'ai abondamment relatée sur le blog (voir le lien ci-dessous), celle de l'énorme scandale financier du CECDC (Centre européen de création et de développement culturel) du Jas Bouffan, lui aussi initié par Stéphane Salord. Malgré les mensonges répétés de l'adjoint et de la municipalité de Maryse Joissains sur la viabilité et le bon fonctionnement de la structure, le centre a fini par fermer et être liquidé dans la plus grande opacité.
Si la lumière a un peu été faite pour le cas EAE, des questions restent néanmoins sans réponse. Où est passé l'argent public ? Pourquoi les dirigeants de la CPA ne cherchent-ils pas à savoir ? Etrange, n'est-ce pas ?

Résumé des décisions du Tribunal correctionnel d'Aix le 2 mars 2011 :
Le tribunal correctionnel d'Aix a déclaré l'ex-directrice de la pépinière, coupable d’abus de confiance par l'emploi fictif (de mai 2002 à juin 2005) de son fils et elle écope de 6 mois de prison avec sursis. Le fils écope de 4 mois de prison avec sursis pour ce recel.
La Communauté du Pays d’Aix se voit allouer 27.000 euros de dommages et intérêts, somme mise solidairement à la charge de la mère et du fils. Le mari, président de la structure, est également condamné pour abus de confiance et écope de 2.500 euros d’amende et 2.100 euros de dommages et intérêts, équivalent au montant de son détournement. Trois autres prévenus sont relaxés.

(Clic sur chaque image pour agrandir)
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L'article de La Marseillaise du 3 mars 2011 : 
EAE_marseillaise_3 

Mon article sur tous les éléments de cette affaire
(avec articles de presse) :
EAE_1_blog_LAC
http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/03/16/12987810.html
   
Le récit de l'affaire sur le site Plassans2009 :
http://plassans2009.hautetfort.com/archive/2011/03/08/un-caillou-dans-l-escarpin-de-la-marquise-1-2.html

En décembre 2006, la présentation de EAE par Stéphane Salord, vice-président de la CPA, dans le tome 1 de ce document de 124 pages (extraits des pages 5 et 9)
EAE_2_CPA
   
EAE figurait dans l'édition 2004 du Guide de création d'entreprises (extrait de la page 60) du Conseil général 13 (cofinanceur)
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jeudi 10 mars 2011

Alexandre Guérini voulait aussi contrôler l'OM !

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On ne l'a lu nulle part encore. Et c'est le Ravi qui le révèle ce mois-ci. Alexandre Guérini rêvait aussi de ballon. Ben, depuis trois mois, on peut dire qu'il s'y est mis tout seul, au ballon. Désolé pour ce relâchement, mais comment résister à cette raillerie coluchienne. Lisez plutôt…

               Quand "Monsieur frère" rêvait de contrôler... l'OM
Les premières écoutes de l'enquête sur des marchés publics supposés frauduleux dans les Bouches-du-Rhône montrent que l'interventionnisme d'Alexandre Guérini était protéiforme.
"Incontrôlable." Pour certains socialistes marseillais, l'affaire dite "Déchets 13", dans laquelle Alexandre Guérini est mis en examen et incarcéré depuis trois mois, a au moins une vertu : les débarrasser d'un personnage trop encombrant.
Clientélisme effréné (attributions de logements, d'emplois, de subventions), interventionnisme dans les marchés publics à son profit et dans le fonctionnement des collectivités gérées par la gauche, etc., le frère de Jean-Noël, sénateur et président socialiste du conseil général des Bouches-du-Rhône, ne s'est effectivement rien interdit depuis la prise de la Communauté urbaine de Marseille par le PS en 2008.
En juin 2009, "Monsieur frère" décide par exemple de prendre en main l'avenir de l'Olympique de Marseille. Président du club depuis quatre ans, Pape Diouf est proche de la sortie. Le 17 juin, jour de son licenciement, Alexandre Guérini, visiblement mal informé, envoie un SMS à un ami. "Il faut lier la privatisation du stade au départ de Diouf, téléguidé par l'indic en accord avec Dreyfus [Robert Louis-Dreyfus, actionnaire majoritaire de l'OM, Ndlr] qui, en devenant propriétaire du stade, peut vendre plus vite et plus cher. Pour l'indic, il faut absolument dégager Anigo [truculent directeur sportif du club, Ndlr] et Diouf pour avoir les supporters avec lui", explique très sérieusement l'homme d'affaires spécialisé dans les déchets.
Amusé par la nouvelle lubie du cadet des Guérini, son interlocuteur l'asticote lorsque l'entrepreneur lui apprend la mort de RLD, début juillet. Après l'avoir fait mariner, il lui lâche le nom du successeur de l'homme d'affaires suisse : "Molitor", un ancien international rangé des circuits depuis des lustres. Réponse d'Alexandre : "Va…" Finalement, Jean-Claude Dassier, un ancien de TF1, prend la tête du club, le stade reste propriété de la mairie et José Anigo amuse toujours autant avec ses analyses d'après match. Imperturbable, le frère du patron des socialistes marseillais réclame le maillot de l'Argentin Lucho Gonzalez, tout juste débarqué. L'histoire ne dit pas s'il obtient satisfaction au moins sur ce point…
Même enthousiasme et même réussite d'Alexandre Guérini à propos du rachat de La Chaîne Marseille. A la même période, la télé locale est, elle aussi, en pleine turbulence. Actionnaire majoritaire, la Société générale souhaite se désengager. Là encore, l'entrepreneur s'immisce dans le dossier. Le 26 juin, un de ses amis l'appelle et lui annonce : "Le déj' s'est très bien passé dans le sens dont on avait parlé. X […] n'a pas dit qu'il connaissait Jean-Noël. Seulement qu'il l'a rencontré une fois rapidement. Mec discret, proche de l'OM, parle d'une mutualisation entre l'OMTV et LCM… Prêt à contribuer au tour de table […]."
Las, son poulain n'y participe pas. Droit au but ! Mais totalement hors jeu…
                                                                            Jean-François Poupelin

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