vendredi 8 juillet 2011

L'élu Jacques Agopian au secours d'Alain Joissains

Il s'est trouvé deux élus, ou plutôt, Alain Joissains a trouvé deux intrépides élus classés à gauche pour lui servir la soupe. 
C'est ainsi que, en cours de procédure devant les tribunaux dans l'affaire du contrat de collaborateur de cabinet, Jacques Agopian et Catherine Silvestre ont produit chacun deux attestations de complaisance à la demande et en défense d'Alain Joissains. 
Puisque cette affaire regarde tous les citoyens, j'ai estimé nécessaire de les informer en mettant certains documents du dossier sur la place publique. 
L'un des points que j'avais soulevés lors de ma requête en annulation du contrat devant le tribunal administratif était qu'en mars 2001, lors du renouvellement du conseil municipal, les élus n'avaient pas eu connaissance de la teneur dudit contrat et notamment du niveau de rémunération d'Alain Joissains qui n'était pas encore directeur de cabinet mais qui allait être recruté comme conseiller spécial de Maryse Joissains. 
Les pièces que l'on pourra parcourir dans la fenêtre ci-dessous en apportent la preuve manifeste. 
Or, les élus Jacques Agopian et Catherine Silvestre ont produit des attestations sur l'honneur, sachant qu'elles les engageaient "pour servir et valoir ce que de droit" et "en pleine connaissance des peines réprimant les faux témoignages"
On pourra aisément constater que ces attestations curieusement rédigées de façon similaire sont mensongères et orientées pour essayer de donner corps à des faits qui ne correspondent pas à la réalité. 
Il est impossible qu'eux deux seulement parmi 55 élus dont 13 de l'opposition aient pu se souvenir que la date qui aurait vu Alain Joissains commencer à exercer ses fonctions de directeur de cabinet eût pu être mars 2001. 
Le contrat initial de conseiller spécial n'a en effet été signé que le 18 Avril 2001, alors que la délibération de création des emplois de collaborateurs n'a été votée (par la seule majorité) que le 17 mai 2001, et que l'avenant le nommant directeur de cabinet n'a été signé que le 23 août 2001. 
En vérité, Jacques Agopian et Catherine Silvestre ont répondu à une commande. Coïncidence ou pas, aucun autre élu de l'opposition ou de la majorité n'a été sollicité pour produire de telles attestations. Alors pourquoi ces deux-là ? 
Mon explication est la suivante. A la date où il avait signé sa première attestation, Jacques Agopian avait obtenu un poste, et les indemnités qui vont avec, de vice-président à la communauté d'agglomération du Pays d'Aix. Et Catherine Silvestre avait été récompensée d'un poste d'adjoint, indemnisé lui aussi, auprès de Maryse Joissains, tel le prix de son passage de gauche à droite. 
Pour leur malheur, et en espérant que le rouge leur restera au front, le tribunal administratif et la cour administrative d'appel n'ont rien retenu de ces témoignages provoqués. En revanche, ces fausses déclarations pourraient leur attirer des ennuis devant un tribunal. 
Au-delà de ces cas de figure, il en est un autre qui n'est pas piqué des vers non plus. Dans sa défense, à plusieurs reprises, Alain Joissains a lui aussi fait preuve d'inventivité, j'ose dire de tromperies. 
Il a ainsi prétendu que j'avais été adjoint au maire sans discontinuer depuis 1983. J'aurais bien voulu mais la réalité est tout autre. Je n'ai été adjoint que pendant six ans et tout le reste du temps dans l'opposition. 
Il a répété comme une marotte qu'en tant que membre de la commission des finances, j'étais censé tout savoir sur sa rémunération. Manque de chance, je n'étais membre que de la commission d'appel d'offres et de délégation de service public. 
Le plus cocasse entre tous a été ce numéro de haute fantaisie qui l'a amené à prétendre que, en tant qu'enseignant, je ne pouvais ignorer le calcul de ses indices de rémunération. Par l'absurde, j'ai fait observer aux magistrats que, s'il en était ainsi, tous les élus non enseignants n'auraient donc pas eu la qualité ou la chance de percer le mystère. Ce qui, de fait, revenait à interroger cette vision baroque : depuis quand et où a-t-on vu qu'on ne peut accéder à la fonction d'élu qu'à la condition d'y attacher la profession de l'élu ? Le boucher, le mécanicien, le sportif, l'infirmière, la magistrate, la chanteuse n'auraient donc aucun droit ? 
Bon weekend.

Le jugement du tribunal administratif du 28 octobre 2008 :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/10/31/11177750.html
L'arrêt de la cour administrative d'appel du 10 juin 2011 :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2011/06/14/21393622.html

La lecture est plus confortable plein écran.
(bouton de gauche en bas) 

contrat joissains pièces du dossier

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jeudi 7 juillet 2011

Dans le Canard, le chèque de Proglio à Guérini

guerini canard 6
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C'est encore le Canard enchaîné de cette semaine qui vient nous régaler de ses trouvailles. Le chèque ci-dessus n'est ni virtuel ni de bois. Comme on peut le lire dans l'article, la solidarité bancaire n'est pas un vain mot entre grands comptes bien garnis.
La somme indiquée pourrait à elle seule adoucir les nécessiteuses existences de milliers de personnes. Mais non. L'entraide n'est pas une valeur partagée. Elle n'est que le fruit d'arrangements et de services rendus ou à rendre entre canailles et racailles.

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guerini canard 6

Tout le monde l'avait bien compris mais cela va mieux en le disant. Il est un autre ordre d'intérêts, pas très glorieux non plus, celui des relations d'amitié ou d'inimitié calculées en contrepartie de faveurs politiques accordées ou non. Cette brève en apporte l'illustration suffisamment parlante.     

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guerini canard 6

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Le "Ravi" de l'été fait sa noce à la baudruche Monaco

une ravi 87Avant de partir en vacances, le Ravi s'est octroyé une salutaire villégiature à Monaco. Il n'en est pas revenu bredouille. Sa grosse enquête livre à nos regards tout ébaubis un état des lieux peu reluisant de la présipauté comme on dit au joyeux Groland.
Pognon, béton, soumission, exploitation, la réalité est bien loin des tonnes de guimauve déversée par la propagande princière. Sait-on par exemple que Monaco est dépourvue de tout code du travail ?
Avant d'aller enfin flémarder sur une plage, on pourra aussi découvrir quelques infos qui ensablent sérieusement des pans de la vie de notre belle région. Bien sûr, tout cela est raconté avec humour et illustré de dessins. Un numéro rafraîchissant à mettre dans ses bagages, qui pourra aussi servir de seyant chapeau par jours d'impitoyable canicule ou d'envie de grosse sieste réparatrice.

Le sommaire du n° 87 de juillet-août :
http://www.leravi.org/spip.php?article1109
Le site du Ravi :
http://www.leravi.org/

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mercredi 6 juillet 2011

Rapport Richard sur Guérini : Dites-le avec des roses

 PS rapport richard page miniature

Dénouement ? Vraiment ? Alors, mise au pas ou couverture ?
Le rapport de la commission Richard rendu public hier balance entre constats de dérives inquiétantes et mesures préconisées plutôt qu'imposées.
Or donc, contexte pré-électoral électrique oblige, pas de mise sous tutelle de la fédération des Bouches-du-Rhône mais recommandations sans contrainte pour "un contrat de rénovation librement accepté par la fédération et qu'elle s'engagerait à réaliser en dialogue avec la direction nationale du parti socialiste".
Jean-Noël Guérini, ayant compris qu'il n'y avait aucune sanction à son encontre, s'est immédiatement réjoui en déclarant qu'il était "d'accord à 1000 pour cent", d'autant que c'est Jean-David Ciot qui va être aux commandes pour "rénover". Arnaud Montebourg, quant à lui,
a affirmé que le rapport n'était "pas à la hauteur de la gravité des faits", saluant "le sens de la litote et des sous-entendus" de ses auteurs.
La lecture du document montre pourtant qu'en dehors d'un paragraphe critique à l'égard de Montebourg, la plupart des constats énoncés correspondent bien à ceux qu'il a compilés dans son propre rapport. Sinon, on ne voit pas comment la commission peut expliquer ses recommandations de rénovation sans s'appuyer sur les dérives dénoncées par Montebourg.
A vrai dire, si ce dernier est un peu déçu, c'est parce que la commission n'a pas tranché dans le vif. Quant à Guérini, sa satisfaction affichée a de quoi être discutée quand on parcourt les 28 pages du rapport qui relèvent la quasi totalité des dysfonctionnements qu'on lui reproche.
Communication militante orientée faisant nécessité, le site de la fédération parle d'"un désaveu pour Montebourg" et occulte la longue liste des griefs portant sur la fédération elle-même.
Sans surprise, il en est tout autrement sur le site du collectif Renouveau PS 13 dont la langue n'est pas vraiment de bois et qui titre "Les militants de conviction de la fédération ne trouvent pas leur compte dans le rapport de la commission Richard".
Quant au procès en diffamation non publique à la demande de Guérini contre Montebourg qui devait avoir lieu hier, il a été reporté au 16 septembre au prétexte d'une communication tardive de quelque 75 pages du dossier par les avocats de Montebourg. Ce à quoi l'avocat de ce dernier a opposé les 41 pièces qui venaient de lui être communiquées dans les mêmes conditions.
Et maintenant, voyons ce qui suit.

Le rapport intégral de la commission Richard
en version Word téléchargeable
(avec passages significatifs soulignés en rouge par LAC)
par ce lien =
> PS_Rapport_Richard_sur_la_fede_13
      
logo renouveau PS 13
Renouveau PS 13
http://renouveaups13.blogspot.com/2011/07/les-militants-de-conviction-de-la.html

logo bakchich
"Montebourg-Guérini, Acte I manqué" : 
http://www.bakchich.info/Montebourg-Guerini-Acte-I-manque,12905.html

Dites-le avec des roses !
(1'16")

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mardi 5 juillet 2011

Maryse Joissains, vraie adepte de "sorts extrêmes"

sarko roms
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Maryse Joissains dit et fait par petites touches. Et, au final, cela donne des prises de position politiquement rétrogrades et électoralement populistes. Deux exemples récents en offrent une illustration parfaite. Maryse Joissains est bien digne du collectif qu'elle a rejoint, celui dit de la Droite populaire où elle côtoie quelques collègues députés extrêmisants qui ne font pas dans la dentelle.

sarko roms 3sarko roms 2
(Clic sur chaque image pour agrandir)

1. Au dernier conseil municipal, Maryse Joissains a présenté une motion - qui ne vaut pas délibération applicable et ne finira somme toute qu'en une énième lettre adressée au président de la République - aussi crasse que surréaliste demandant le rétablissement des frontières à l'intérieur même de l'Europe. En clair, il faudrait suspendre les accords de Schengen qui, selon elle, ne feraient plus l'affaire.
Et pourquoi donc messieurs dames ? Mais voyons, à cause de certaines populations (jamais nommées mais on devine à la description qui en est faite qu'il s'agit des Roms) qui font rien qu'embêter Aix-en-Provence qui devient une victime. Quel hasard en pré-période électorale présidentielle et législative !
Au cours du débat qui a suivi, des élus de la majorité se sont lâchés : la Roumanie organise "l'exportation de la misère et des pauvres qui viennent mettre la panique chez nous", "on est le pays des droits de l'Homme, d'accord, mais il faut raison garder", "les enfants qui font la mendicité sont drogués" et "on les élève à faire ça", "ces gens ne travaillent pas, nos émigrés italiens, qui nous ont un peu envahis, ont toujours travaillé, eux". Quelle honte de tenir de tels propos !
       Le texte de la motion et le résultat du vote du conseil municipal : 
                                           delib_2645_MOTION

 sarko mariage homo

2. Le 14 juin, les députés étaient appelés à voter sur une proposition de loi d'origine socialiste visant à ouvrir le mariage aux couples de même sexe. Dans sa très grande majorité, la droite a rejeté le texte. Parmi les "contre", il ne fallait pas s'étonner de compter Maryse Joissains.
Pour mémoire, la même bataille avait eu lieu il y a douze ans lors de l'instauration du Pacs. Depuis, cette avancée sociétale s'est imposée à tous et surtout aux couples hétérosexuels (95% des pacsés sont hétérosexuels et 5% homosexuels).
Interrogée par Le Point lors du numéro spécial paru le 23 juin et consacré au "cas Joissains", Maryse Joissains a déclaré : "Il faut peut-être améliorer le Pacs pour qu'il ait les mêmes effets patrimoniaux que le mariage, mais ce dernier doit demeurer un sacrement en vue de procréer." C'est une façon de voir certes, mais sans doute pas compatible avec l'argumentation laïque et réaliste qu'on attend d'un parlementaire.
                             Le détail des votes du 14 juin 2011 :
          
http://www.assemblee-nationale.fr/13/scrutins/jo0773.asp
                Le détail des votes sur le Pacs du 9 décembre 1998 :

          
http://www.assemblee-nationale.fr/11/scrutins/jo0155.asp

 joissains peine mort

Et puis, terminons avec cet autre rappel plus ancien. Alors que tout le monde sait que l'abolition de la peine de mort est entrée en vigueur en Europe depuis 1985 et qu'elle a été inscrite au Traité européen de 2008 (*), on entend encore des parlementaires et des candidats (enfin, surtout une certaine candidate) aux plus hautes fonctions agiter ce grelot pour rameuter les gogos.
Voilà donc Maryse Joissains bien partie pour accepter quelques futures alliances. Zemmour, sors de ce corps !
(
*) Article II-62 du Traité européen de 2008 :
"1. Toute personne a droit à la vie." 
"2. Nul ne peut être condamné à la peine de mort, ni exécuté."
Avec le Protocole n° 6, l'Europe est passée d'une situation de tolérance de la mort légale à sa prohibition. Elle a fait de l'interdiction l'une de ses valeurs cardinales au même titre que le respect du pluralisme démocratique et l'Etat de droit. Le rejet de la peine de mort s'inscrit ainsi comme l'une des pierres angulaires de l'identité européenne et l'une des valeursuniverselles du continent.

Deux articles pour rafraîchir la mémoire :
"Droite extrême : Joissains, Gaudin et leurs copains" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/09/15/19066424.html
"De Peynier à Aix, la droite extrême est à l'œuvre" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/12/21/19931415.html

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samedi 2 juillet 2011

Rebelote : Alex Guérini de nouveau mis en examen

 guerini canard pastis 29

Pouvait-on imaginer un instant que le dessin illustrant mon article d'hier serait à ce point prémonitoire qu'il a vu Alexandre Guérini refaire un tour chez le juge qui l'a fait garder à vue pour ensuite le mettre de nouveau en examen mais laissé libre sous contrôle judiciaire, pour "blanchiment" en rapport avec Prodotec qui a la concession Sharp à Marseille et a remporté de nombreux marchés, notamment auprès de satellites du Conseil général (Sdis 13, Entraide, Treize Habitat...).
C'est Bakchich, qui est de retour sur internet avec Xavier Monnier comme directeur (youpi !), qui a balancé le premier l'information dès 13h00 (et l'a encore actualisée à 18h00).
Et puis, il y a toujours l'attente des conclusions de la commission d'enquête, même si Martine Aubry vient de passer le relais à Harlem Désir qui voudra certainement lui complaire en ne remuant pas trop les mauvais vents. Là encore, c'est sur Bakchich que l'on a pu lire un article au titre osé et pas piqué des fleurs.
Mardi, sur France Bleu Provence, Jean-Laurent Bernard a aussi centré son édito sur le même sujet.
A son tour, Le Canard enchaîné de ce mercredi n'a pas manqué lui non plus de se gausser des turpitudes bucco-rhodaniennes.
Pour finir, vu le contexte judiciaire ambiant, d'aucuns s'interrogeaient si oui ou non Jean-Noël Guérini allait finalement se rendre en visite, comme cela était bien prévu sur son agenda, à La Ciotat, à deux pas du terrain de toutes les embrouilles.
Bingo : il a annulé (voir l'article de La Marseillaise).
Bon week-end.

logo bakchich
Exclusif : Alexandre Guérini de nouveau arrêté
par Xavier Monnier 1er juillet 2011

Si la justice new yorkaise est saisie d'un doute quant à l’affaire DSK, les magistrats de la Juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Marseille continuent à tracer leurs chemins, à la poursuite des marchés supposés truqués qui gangrènent le département des Bouches-du-Rhône.
Hier matin, Alexandre Guérini, le frère du président du Conseil Général des Bouches-du-Rhône Jean-Noël Guérini, était de nouveau en garde à vue, a confirmé à Bakchich le parquet marseillais.
Mis en examen et incarcéré le 1er décembre pour corruption, détournement de fonds publics, blanchiment, pour son rôle dans l’attribution des marchés publics de déchets et sa gestion de la décharge du Mentaure à La Ciotat, "M. Frère" avait été libéré le 18 mai dernier, contre une caution de 300.000 euros.
Entendu par la section de recherche de la gendarmerie sous le régime de la garde à vue, Alex doit cette fois-ci s’expliquer quant à l’attribution des marchés publics des photocopieurs, notamment des marchés raflés à la communauté d’agglo de Salon, affaire dite Prodotec du nom de la société de reprographie qu’aurait aidée Alexandre. Ladite entreprise est dirigée par Sylvain Bennarouche, un proche d’Alexandre qu’il avait l’habitude de surnommer "la photocopieuse", comme en attestent les écoutes judiciaires que Bakchich a pu parcourir. En garde à vue depuis le 30 juin au matin, la photocopieuse a pu croiser un autre proche d’Alex dans les locaux de la caserne Beauvau, siège de la Section de recherche : Gérard Pieri.
Ancien inspecteur des impôts, Pieri dirige une association satellite du Conseil général, l’Entraide Solidarité 13, qui gère l’ensemble des clubs seniors du département. La chambre régionale des comptes s’était étonnée, dans son dernier rapport relatif au conseil général, de l’importance des subventions accordées à cette association (5,2 millions d’euros en 2006). Les enquêteurs s’interrogent sur la générosité du département envers cette association, les conditions d’attribution de ces subventions et leur utilisation.
30 heures de garde à vue plus tard, comme l’indique France 3 Marseille, Alex a été mis en examen pour blanchiment dans ce dossier au soir du 1er juillet.
Après la mise en examen du directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini, l’audition de sa conseillère spéciale, de son ex-directeur de cabinet, encore un pas de la justice en direction du 9e étage du vaisseau bleu ?

Aubry, une Rose qui fleurit au milieu des ordures
par Xavier Monnier 29 juin 2011

 Aubry arrive

La Première secrétaire s’est déclarée candidate à Lille. 1000 km plus au sud, deux proches de Jean-Noël Guérini étaient entendus par les services de police. Foutu calendrier judiciaire !
AH Y EST ! Elle l’a fait ! Les aventures de Martine à la présidentielle vont enfin pouvoir officiellement commencer. L’écriture du Tome I, Aubry en primaire, a démarré le 28 juin, avec l’annonce de sa candidature dans la mairie de Lille, où le parti l’a parachutée en 2001. Mais pas mal de brouillons ont dû être jetés à la trappe, laissant perfidement patauger les journalistes politiques dans les supputations en ce premier semestre 2011.
D’abord ce fut le pacte de Marrakech, conclu dans un riad avec Ségolène Royal et Dominique Strauss-Kahn : le mieux placé dans l’opinion se lancerait. Puis vint la femme. Dans les yeux bleus d’Anne Sinclair, Jacques Delors (papa de Martine pour les moins de vingt ans) a renoncé à se présenter à l’élection suprême de 1995. C’était sur le plateau de 7 sur 7, en décembre 1994. Le patron socialiste de la commission européenne, en tête des sondages, recula devant l’obstacle.
D’aucuns, du PS aux boudoirs de la politique, songeaient que 17 ans après, fifille allait épouser le renoncement du père. Las, vint une autre femme, dans une chambre d’hôtel new yorkaise de DSK, un matin de mai. Accusations de viols, scandale. Et le mari d’Anne Sinclair de devoir renoncer. Martine, alors, a pris la route. Lentement. Elle a refusé pendant un mot d’officialiser l’ambition, jusqu’à sa déclaration du 28 juin, soulageant analystes, éditorialistes, psychanalystes de la politique française, qui se perdaient en conjectures depuis des mois. Merci pour eux. Ou pas…
Au moins, la gent politique aura-t-elle été respectueuse. Pas une réflexion désobligeante, ni commentaire acerbe. Encore moins de sujets qui fâchent, ou d’évocation de l’encombrant dossier des Bouches-du-Rhône, et du soutien réciproque Aubry-Guérini. Le 30 mars dernier, à la veille du vote des conseillers généraux pour élire leur président, s’est tenue une réunion du groupe PS à l’Hôtel du département des Bouches du Rhône.
Pendant ce temps-là dans la 2e ville de France
Thème : Jean-Noël Guérini doit-il se présenter ? Un coup de fil de Martine Aubry suffit à faire rentrer dans le rang les rares récalcitrants… Jean-Noël, lui, n’a pas caché que son vote aux primaires irait à Martine Aubry.
Mal placé pour critiquer, François Hollande n’a jamais trouvé à redire, durant ses 11 années à la tête du parti sur les pratiques socialistes à la sauce bucco-rhodanienne. Et surtout pas lors du référendum interne sur la Constitution européenne. Ségolène Royal s’est appuyée sur les fédés des Bouches-du-Rhône et de l’Hérault pour être désignée candidate en 2006, du temps où Arnaud Montebourg a officié comme son porte-parole.
Objet d’un rapport acerbe, sujet d’une commission dont les conclusions devaient être examinées ce 28 juin au bureau, le cas de la Fédé 13 a été déplacé au 5 juillet. "Au mieux, souffle un socialiste du Vieux-Port, ce sera un enterrement en pleine chaleur".
Et notre Rose marseillaise de confirmer les informations qui couraient. Pas de mise sous tutelle à la héraultaise, une direction collégiale mise en place à la tête de la fédé, réunissant pro et anti-Guérini, un meilleur contrôle et un plafond du nombre des adhérents des sections, un quota maximum dans les intances du PS pour les employés des collectivités locales, et des investitures pour 2012 décidées en collectif… Et tant pis pour "le système de pression féodal reposant sur l’intimidation et la peur", dénoncé par le rapport Montebourg.
Pendant ce temps-là, à 1000 km plus au sud, dans la deuxième ville de France, la justice a salué, à sa façon, la déclaration de candidature de Martine. Rémy Bargès, directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini n’a pu suivre le discours d’Aubry, tant il était occupé à répondre aux questions de la police judiciaire, au commissariat central de Marseille.
Les poulets, en charge de l’enquête sur le dossier Barresi Campanella, se demandent de quelles entrées disposaient les caïds au conseil général, notamment via Alexandre Guérini, frère de Jean-Noël, et mis en examen pour corruption, détournement de fonds publics, blanchiment, etc…
Pas plus de chance pour son prédécesseur, Pascal Marchand, auditionné lui, par les gendarmes du coin, à la caserne Beauvau. Les pandores continuent leurs investigations sur les conditions de préemption par le Conseil général d’un terrain, qui sera finalement intégré à la décharge gérée par Alexandre Guérini.
Les Roses des primaires s’épanouissent-elle dans les ordures ?

logo canard
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guerini canard pastis 29

logo france bleu provence 2
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edito jean laurent bernard 28

logo la marseillaise
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guerini annule visite ciotat marseillaise

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vendredi 1 juillet 2011

Affaire Guérini : La justice décoche ses coups...

 guerini ravi 86 alex

Dans l'affaire Alexandre Guérini, ça continue de rosser de toutes parts ! Gardes à vue, détails sur les marchés, relations douteuses, arrangements, provocations, un vrai festival.
C'est à se demander si Jean-Noël Guérini peut encore se déclarer "serein" et dormir sans faire de cauchemars tant ses journées doivent être hantées par le bruit des pas des gendarmes qui se rapprochent de lui.
Voici une première compilation bien fournie des plus récentes livraisons de la presse. (La suite demain)

logo laprovence
"Affaire Barresi-Campanella :
audition du bras droit de Jean-Noël Guérini"
http://www.laprovence.com/article/a-la-une/affaire-barresi-campanella-audition-du-bras-droit-de-jean-noel-guerini
"Provocation ou inconscience ?
Alexandre Guérini s'invite en préfecture..." 
http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/provocation-ou-inconscience-alexandre-guerini-sinvite-en-prefecture
"Affaire Barresi :
la PJ multiplie les investigations sur la maison de retraite"
:
http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/affaire-barresi-la-pj-multiplie-les-investigations-sur-la-maison-de-retraite

logo france 3 prov alpes - Copie
"Marseille : 3 gardes à vue"
(Une vidéo de 1'29")
http://provence-alpes.france3.fr/info/marseille--l-enquete-se-poursuit-69471889.html?onglet=videos

logo canard
(Clic sur les images pour agrandir)
guerini bonne mere canard 29
 
  
guerini bonne mere canard 29 

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mardi 28 juin 2011

La candidate Aubry peut-elle s'occuper de Guérini ?

aubry guerini - Copie
(Clic sur l'image pour agrandir)

Maintenant que Martine Aubry se déclare être candidate à la primaire et qu'elle se trouve donc en situation de devoir abandonner le poste de premier secrétaire, quel sort le parti socialiste va-t-il réserver à la fédération des Bouches-du-Rhône ?
Le retard entretenu dans la publication des conclusions de la commission d'enquête présidée par Alain Richard a-t-il été calculé pour amortir le choc, avec l'arrière-pensée de tenter de ménager la future candidate à l'élection présidentielle ?
En tout cas, il paraît difficile ne pas imaginer un tel scénario. D'autant qu'avec le jeu d'encerclement de ces derniers jours du conseil général, la justice pourrait d'ici peu mettre un coup d'accélérateur.
Plusieurs médias émettent cette hypothèse. En voici une sélection.

logo owni 3
Le site OWNI reproduit un compte-rendu d'enquête de la gendarmerie :
(du croustillant !)
http://owni.fr/2011/06/23/la-hotline-des-guerini-affole-le-ps/

logo le point
Le Point
pense que l'affaire Guérini va plomber la primaire :
http://www.lepoint.fr/politique/parti-pris/24-06-11-l-affaire-guerini-va-plomber-la-primaire-du-ps-24-06-2011-1345604_222.php

logo libemarseille
Le site Libémarseille estime que la justice se rapproche encore de JNG :
http://www.libemarseille.fr/henry/2011/06/la-justice-se-rapproche-encore-de-jean-no%C3%ABl-gu%C3%A9rini.html

logo france 3 prov alpes - Copie
France 3 Provence Alpes
titre que l'étau se resserre autour de Guérini :

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vendredi 24 juin 2011

Affaire Guérini : Le spectre de la pègre ("Le Point")

guerini lepoint couv 9Un article en forme de gros coup du Point (du 9 juin) sur "les liaisons dangereuses de l'affaire Guérini". Tous les ingrédients, ou presque, d'un scénario de film sont réunis, mais pas encore le dénouement de l'intrigue.
Comme on a encore pu s'en rendre compte ces dernières quarante-huit heures, il se passe toujours quelque chose à Marseille. Deux exemples édifiants.
Avant-hier, c'est la surprenante nomination, suivie d'une fulgurante promotion, d'une fonctionnaire au sein de Marseille Provence Métropole, qui était contestée devant le tribunal administratif. Christiane Argy est l'épouse de Claude-Elie Argy, secrétaire général de FO-Territoriaux, homme de pouvoir et d'influence.
Et, hier, c'est l'ancien directeur de cabinet de Jean-Noël Guérini, et ancien président de 13 Habitat, actuellement conseiller général, Jean-François Noyes, qui a passé plusieurs heures en garde à vue pour s'expliquer au sujet de la préemption par le conseil général des Bouches-du-Rhône du terrain litigieux de La Ciotat devenu une décharge gérée par Alexandre Guérini.
Voilà. Et maintenant, revenons-en au Point de départ... Haletant !

Les liaisons dangereuses de l'affaire Guérini
Par Hervé Gattegno

Révélations.
L'enquête sur le marché des déchets de l'agglomération marseillaise dévoile les troubles connexions entre la politique et le milieu.
L'échange date d'avril 2010. Quelques semaines avant son arrestation sur un yacht amarré dans le port de Golfe-Juan, le truand Bernard Barresi parle au téléphone avec un mystérieux "Patrick". Tous deux ignorent que des policiers surveillent la ligne.
"On vient de bloquer les comptes de l'excité", lui dit l'inconnu.
"
Ça remonte jusqu'à nous ou pas ?" s'inquiète Barresi.
"Non."
Un an a passé et le soulagement du gangster n'est plus de mise. La transcription de ce dialogue secret est en passe de devenir la pièce à conviction la plus explosive de l'enquête sur le "système Gué­rini". Un réseau de pouvoir, d'ar­gent et d'influence où l'intérêt public semble parfois se confondre avec des intérêts mafieux, où la politique voisine avec le banditisme.
Au palais de justice de Marseille, les investigations consacrées au gangster Barresi, menées par le juge Philippe Dorcet, ont fini par croiser l'instruction du juge Char­les Duchaine, qui explore les des­sous des marchés publics mar­seillais. Les policiers ont en effet la certitude que "l'excité" n'est autre qu'Alexandre Guérini, in­dustriel local spécialisé dans le traitement des déchets urbains qui est aussi le frère de Jean-Noël Guérini, sénateur (PS) et président du conseil général des Bouches-­du-Rhône.
Ciblé par la justice, qui le soup­çonne de diverses malversations, Alexandre Guérini a bel et bien été l'objet, en 2010, de saisies ban­caires en Suisse et au Luxembourg, où il dissimulait d'importantes sommes. L'inquiétude de Barresi laisse penser qu'une partie au moins de ces fonds lui était desti­née. "Les avoirs déposés pourraient être d'origine criminelle", indique ainsi un rapport de la justice hel­vétique récemment adressé au juge Duchaine, après examen des comp­tes d'Alexandre Guérini. Remis en liberté le 18 mai (après cinq mois et demi de détention), ce dernier est considéré comme le pivot du scandale des ordures qui empoisonne l'air de Marseille depuis plus de deux ans.
guerini phrases lepoint"Alex", ses amis le décrivent comme un homme rugueux mais affable, fort en gueule et en affai­res, autoritaire et généreux à la fois, à l'image de Tony Soprano, héros d'une série télévisée améri­caine qu'il apprécie, qui dirige avec la même poigne sa déchetterie, sa famille et son gang.
Les autres, élus, fonctionnaires ou subordonnés, parlent d'Alexan­dre Guérini avec crainte, évoquant en termes similaires la "peur" et les "tensions physiques" qu'il peut susciter lorsqu'il cherche à impo­ser ses vues. "Si tu t'entêtes, tu sais que la famille Guérini, ils sont encore plus entêtés que toi !" l'entend-on menacer dans l'une des innombra­bles écoutes téléphoniques versées au dossier. Quant à son frère, homme fort du PS marseillais aujourd'hui éclaboussé par la ma­rée montante des affaires, il se proclame étranger à ses activités. "Je suis lié à Alexandre par le sang, confiait-il au Point il y a trois mois. Mais, s'il a commis des fautes, il devra en repondre."
Pourtant, la classe dirigeante locale a toujours vu les Guérini faire tandem, s'épaulant l'un l'autre pour grimper les marches du pou­voir et de la réussite. Comment croire que l'aîné devenu si puissant ait pu ignorer les manigances et les fréquentations du cadet, quand mille témoignages attestent qu'il le laissait régenter son cabinet et se mêler de tout, jusqu'aux nomi­nations et aux appels d'offres ?
Au reste, les livres d'histoire méridionale sont emplis de ces clichés en noir et blanc qui racon­tent les unions sulfureuses d'antan, quand les édiles et le milieu 888 faisaient cause commune. Le sénateur Maurice Arreckx régnait sur le Var avec le caïd toulonnais Jean-Louis Fargette ; Jacques Médecin se partageait Nice avec le casinotier Jean-Dominique Fratoni; et Gaston Defferre s'appuyait au besoin sur les frères Venturi pour rester le maître de Marseille. Rien ne permet, à ce jour, d'inscrire le nom des Guérini au bas de la liste. Rien sauf des indices...
Cette autre écoute téléphonique, par exemple : datée du 28 avril 2010, elle surprend un dialogue sibyllin entre Michel Campanella, un lieutenant de Barresi, et l'un de ses comparses.
"J'ai oublié de te faire une commission, con, dit l'homme de main à son chef. L'Arabe, il m'a dit que tu appelles le chauffeur de bus en urgence."
"Quel Arabe ?"
"L'Arabe que j'ai vu samedi. Tu vois pas qui c'est ?"
"Non. Je dois l'appeler ?"
"Je vais lui demander parce qu'il voulait te voir en urgence pour les appels d'offres..."
Les enquêteurs n'ont pas su qui était le "chauffeur de bus" ni quels "appels d'offres" pouvaient intéresser d'aussi près des malfrats fichés au grand banditisme, mais l'impression est restée. D'autres interceptions révèleraient l'existence de contacts - directs ou indirects - entre Alexandre Guérini et Bernard Barresi, alors que celui-ci était recherché depuis dix-huit ans (et condamné par contumace en 1994 pour l'attaque d'un fourgon blindé). Si les dossiers judiciaires n'en recèlent encore aucune trace, l'écho de ces conversations secrètes s'est déjà propagé dans toute la ville.
"Je ne connais pas Bernard Barresi", a pourtant certifié Alexandre Guérini au juge Duchaine. Il est toutefois acquis qu'il a imposé à l'office HLM des Bouches-du-Rhône qu'un appartement soit réservé à l'ex-femme du gangster. Le 12 mai 2009, la conseillère char­gée des attributions de logement confiait au téléphone : "Pour votre info, Alexandre, je l'ai informée, pour Barresi, qu'à la fin du mois normale­ment on aurait le logement, qu'elle serait contactée - et qu'elle m'appelle s'il y a quelques petits travaux..."
Deux mois plus tard, le même Guérini ordonnait au directeur de cabinet de son frère d'écarter une demande d'agrément pour l'ouver­ture d'une maison de retraite à La Ciotat. Comme Le Point l'a révélé (le 24 février), l'instruction donnée - "Il faut pas leur donner l'autorisa­tion parce que, heu, ce sont des mecs qui vont emmerder Jean-Noël..." - ­revenait à faire place nette à un projet concurrent. Un projet poussé, dans l'ombre, par Barresi en personne ! A cette époque, plusieurs filatures des protagonistes conduisaient les policiers jusqu'à la mairie de la commune, où un fonctionnaire suivait leur dossier avec bienveillance. Les surveillan­ces téléphoniques, elles, montrent que le gangster ne s'inquiétait guère pour l'obtention du feu vert définitif.
"Auriez-vous vos entrées au conseil général ?" ui a demandé le juge Dorcet. "Je n'ai aucune entrée au conseil général", a tranché Barresi. Il en avait peut-être ailleurs : le jour de son arrestation, la police a re­trouvé, dans une sacoche aban­donnée par un de ses visiteurs dans sa fuite, les cartes de visite et les coordonnées de nombreux entre­preneurs et de plusieurs élus.
guerini phrases lepoint - CopieAutre révélation de l'enquête : Alexandre Guérini était aussi en relation étroite avec l'énigmatique "Patrick", l'homme qui renseignait au téléphone le parrain en cavale : Patrick Boudemaghe, un gérant de société de 52 ans, au physique passe-partout, front dégarni et fine moustache, dont les affaires se partageaient entre la région mar­seillaise et l'Andalousie.
Interpellé dans sa villa de Ma­laga et aujourd'hui emprisonné, Boudemaghe servait à la fois d'agent de liaison et d'affaires à Barresi. Entre le 1er décembre 2009 et le 1er mars 2010, la police a relevé 87 appels entre les deux hommes. "C'est un pote à moi, a dit le gangster au juge Dorcet. Mais je ne peux pas parler d'écoutes qui ne figurent pas au dossier."
"
Détournements".
En paral­lèle, l'entreprenant Boudemaghe avait aussi monté avec son ami Da­mien Amoretti une petite entre­prise de construction. Baptisée ABT, cette société a obtenu, de 2000 à 2010, de nombreux marchés publics auprès des collectivités des Bou­ches-du-Rhône - et notamment du conseil général et de ses satellites, tous dirigés par des proches des frères Guérini. Ces dernières an­nées, les juteux contrats d'une can­tine scolaire et d'un club pour per­sonnes âgées à Marseille, d'une caserne de pompiers à La Ciotat et même d'une gendarmerie à Orgon sont tombés dans son escarcelle.
Le siège d'ABT était situé dans une villa isolée de la campagne aixoise, à Gardanne, dont les enquêteurs savent qu'elle servait aussi de repaire à Bernard Barresi... A la même adresse figurait d'ailleurs une autre structure prospère : Alba Sécurité, société de surveillance dotée, sur le papier, de 143 salariés et dont la gérante officielle était la compagne attitrée du voyou marseillais. Longtemps, Alba Sécurité a trusté les contrats publics de gardiennage à Marseille et alentour : des archives départementales (1 million d'euros par an) aux cités HLM et jusqu'à certains bâtiments annexes du conseil général lui-même (4,5 millions par an) - sans oublier la fourniture de stadiers à l'OM les soirs de match...
Ainsi placé au cœur du réseau Barresi, l'étrange M. Boudemaghe jouait en même temps les utilités pour le parrain et le passeur de fonds pour Alexan­dre Guérini. Les investigations financières conduites en Suisse et au Luxembourg mettent en lumière le rôle joué par l'intermédiaire pour le compte de Gué­rini. Les sociétés de ce dernier, SMA Environnement et SMA Développement, qui exploitent en son nom les décharges de La Ciotat et de La Fare-les-Oliviers, sont contrôlées par deux autres immatriculées au Luxembourg, elles-mêmes détenues par une société écran panaméenne, Satellite Astro Corporation, dont l'ayant-droit était Boudemaghe lui-même...
"Les surveillances menées jusqu'à ce jour permettent d'affirmer que le véritable dirigeant de ces sociétés est Alexandre Guerini, frère du président du conseil général des Bouches-du-Rhône", écrivait à ce propos en 2010 le juge Duchaine dans une commission rogatoire adres­sée aux autorités luxembourgeoises.
guerini phrases lepoint - Copie (2)De fait, la filière franco-luxembourgeoise d'Alexan­dre Guerini semble avoir permis d'expatrier, sous couvert de "dividendes", plusieurs millions d'euros vers des banques étrangères. Or la justice considère que ces fonds provenaient de "détournements". En effet, l'enquête a dévoilé de nombreuses surfactura­tions, grâce auxquelles ses décharges augmentaient clandestinement leur chiffre d'affaires - ce qu'Alexan­dre Guérini a toutefois nié avec constance devant le juge d'instruction.
Homme de paille, homme de main, homme de confiance : Patrick Boudemaghe était tout cela à la fois. En scrutant les mails qu'il échangeait avec ses correspondants, les enquêteurs ont découvert des documents d'ouvertures de sociétés et de comptes à Hongkong, Panama et aux Etats-Unis. Ils ont aussi relevé la présence, parmi ses interlocuteurs, d'un haut dirigeant du groupe ibérique Urbaser, José Maria Lo­pez Pino. Pourguoi l'intermédiaire de Guérini trai­tait-il en direct avec un industriel espagnol ? Précision essentielle : c'est au groupe Urbaser qu'ont été confiées la construction et l'exploitation de l'incinérateur de Fos-sur-Mer destiné à traiter l'essentiel des déchets de l'agglomération marseillaise. Sollicité par Le Point, l'avocat de Boudemaghe, Luc Febbraro, n'a pas pu expliquer la raison de ce contact - ni a fortiori l'intêrêt éventuel de son client pour le marché de l'inciné­rateur. "C'est un homme intelligent et qui a beaucoup de relations", a-t-il simplement indiqué.
Il n'empêche, cette intrigante trouvaille ramène les pistes de l'affaire jusqu'à la politique. Avant les élections municipales de 2008, l'incinérateur de Fos fut l'un des enjeux principaux de l'affrontement entre Jean-Claude Gaudin, maire (UMP) de Marseille, et son challenger socialiste, Jean-Noël Guerini. Le premier, qui présidait aussi la communaué urbaine, avait lancé le projet. Le second y était opposé. Durant la campagne, Guérini était allé jusqu'à promettre l'arrêt des travaux et un referendum sur le sujet.
Revirement.
Au lendemain des municipales - qu'il a perdues d'un cheveu -, l'élu socialiste s'est trouvé en mesure de tout arrêter : contre toute attente, la gauche (pourtant minoritaire) avait raflé la prési­dence de la communauté urbaine, promise au dau­phin de Gaudin, le député Renaud Muselier, en pointe dans le combat contre le "système Guérini". Mais le feu rouge attendu n'est jamais venu.
Les élus de Fos et des communes environnantes ont eu beau crier à la trahison, la communauté ur­baine a validé le projet d'Urbaser en février 2009. En vassal docile, son président, Eugène Caselli, exécu­tait encore les ordres de Jean-Noël Guérini - il a rompu avec lui depuis en témoignant devant la jus­tice. Surtout, un "audit d'expertise environnementale et juridique" rendu au même moment préconisait la poursuite des travaux. L'étude fut réalisée sous l'égide d'un avocat parisien qui est aussi l'ami d'Alexandre Guerini et le conseil de ses sociétés...
En outre, tous les témoignages soulignent le rôle d'un autre proche des frères Guerini dans ce revire­ment : Jean-Marc Nabitz, ancien ingénieur porté à la tête d'une société d'économie mixte du conseil général et qui avait officieusement auprès d'eux la haute main sur la question du traitement des déchets. Curieusement, son nom figure sur les documents bancaires saisis au Luxembourg : il est l'ayant-droit d'une des sociétés gigognes de la galaxie Guérini au Panama. Pour l'heure, le juge n'a pas pu l'interroger : il a quitté Marseille à Noël 2009 et n'y est pas revenu. Sa boîte aux lettres est régulièrement vidée et ses amis le disent réfugié en Israël "pour fuir la pression". On se demande bien laquelle.

Le Tribunal saisi du cas de Christiane Argy :
http://www.laprovence.com/article/economie-a-la-une/marseille-le-tribunal-saisi-du-cas-de-madame-argy
La garde à vue de Jean-François Noyes :
http://www.laprovence.com/actu/region-en-direct/affaire-alexandre-guerini-un-conseiller-general-ps-entendu-par-les-gendarmes

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jeudi 23 juin 2011

Quel remède pour le PS 13 ? Chimio ou pommade ?

guerini ravi 86 comm PSAllez, on y est presque. Plus que quelques jours à attendre pour peut-être enfin savoir si le parti socialiste mettra un gros coup de marteau sur la tête de la fédération des Bouches-du-Rhône. Ou se limitera, toute honte bue, à une gentille réprimande.
Cela fait penser au diagnostic boule de cristal du patient avant celui compétent du médecin. On se fait tout un monde d'un sombre bobo et l'on vous dit qu'il n'y a vraiment rien de grave. A l'inverse, on croit que c'est bénin et l'on vous annonce un mal profond.
La commission d'enquête présidée par Alain Richard a pourtant dû en entendre des roses et des bien mûres depuis le rapport énorme et fracassant d'Arnaud Montebourg.
Alors, quel remède Martine Aubry prescrira-t-elle pour éradiquer les mauvaises pratiques, rassurer l'ensemble des militants et redonner de la crédibilité à la fédé ?
Chimio ou pommade apaisante ?
En attendant l'ordonnance, ça s'est encore pas mal agité ces derniers jours. Le collectif Renouveau PS 13 a pris position pour une ligne de conduite énergique qui remette à plat tout le fonctionnement de la fédé. Outre un article bien carré sur son blog, le collectif a aussi bénéficié d'une tribune dans le journal Le Monde.
En face, Renaud Muselier, qui ferait bien de s'occuper de ses propres affaires d'immobilier exotique défiscalisé dans les îles, a encore fait son malin en envoyant une nouvelle lettre à Martine Aubry pour lui demander de mettre de l'ordre au parti socialiste. Ben oui quoi, c'est vrai qu'à droite il n'y a aucun scandale et que l'ordre règne de haut en bas !
Quant à Jean-Noël Guérini, il a publié hier sur son blog une sorte de communiqué annonçant "une nouvelle gouvernance" au conseil général. En fait, cela ressemble plus à la mise en place de comités Théodule, Gustave ou Hyppolyte qu'à une vraie refondation des méthodes de travail.
Et oui, il faut bien un peu donner le change quand la justice serre le garrot autour de lui comme cela a été le cas la semaine dernière avec, d'une part, l'audition de plusieurs personnes de son entourage dont un cadre et, de l'autre, la garde à vue de sa proche conseillère qui pilote des dossiers juridiques et qui est intervenue en particulier sur la préemption d'un terrain à La Ciotat qui est devenu une décharge exploitée par une société appartenant à Alexandre Guérini.
Alors, le 28, chimio ou pommade apaisante ?

PS renouveau ps 13
Renouveau PS 13
:
http://renouveaups13.blogspot.com/
La lettre de Renouveau PS 13 :
https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=explorer&chrome=true&srcid=0ByEiYrMzRwvdOWU1ZjU5ZjctNzY2OS00MmI2LTg4ZjctNWU3MGI5YzcxYWVi&hl=fr
La tribune dans Le Monde :
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/06/22/la-renovation-de-la-federation-socialiste-des-bouches-du-rhone-est-imperieuse_1538917_3232.html
Des commentaires de militants socialistes :
http://renouveaups13.blogspot.com/2011/06/renouveaups13-sur-sollicite-ouverture.html
logo marsactu
La lettre de Renaud Muselier :
http://www.marsactu.fr/2011/06/22/la-lettre-de-renaud-muselier-a-martine-aubry/
logo guerini blog
Le blog de Jean-Noël Guérini :
http://www.jn-guerini.fr/2011/06/22/departement-des-bouches-du-rhone-une-nouvelle-gouvernance/#more-1729

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