mercredi 31 octobre 2012

PS : Congrès, fédé du 13 et… Guérini

PS fédé 13 ravi 100(Clic sur l'image pour agrandir)

Avant même la tenue du congrès du PS, la fédération des Bouches-du-Rhône avait été appelée à voter pour renouveler sa direction. Jean-David Ciot, signataire de la motion qui a porté Harlem Désir au secrétariat national, a été réélu lors du congrès fédéral aux Pennes-Mirabeau.
Pour autant, la situation de la fédé fait toujours débat car, selon les minoritaires, elle n'aurait pas encore trouvé sa sérénité. C'est le moins que l'on puisse dire, d'autant que Jean-Noël Guérini, redevenu "militant de base" comme il se plaît à le dire, se voit toujours suspecté d'influencer son fonctionnement en coulisses.
De fait, l'encore président du conseil général continue à tenir tête un peu à tout le monde. Y compris en attaquant la presse qui, selon lui, le maltraite plus qu'il ne faut, et en poursuivant aussi Renaud Muselier pour ses déclarations le mettant en cause dans les médias. Il a donc fait voter une délibération visant à faire prendre en charge par l'assemblée départementale les frais occasionnés par ses plaintes en diffamation.
Mais refaisons un tour à la fédé. Voici ce qu'en disait le Ravi dans sa livraison de début octobre.                                                                                A suivre...

Vaudeville rose à la fédé du PS13

Rénovation contestée, clientélisme dénoncé…
Plongée dans une fédération épuisée par ses tensions mais sommée de désigner son nouveau secrétaire fédéral.
Un an après la visite d'Alain Richard, dépêché après le rapport accusateur de Montebourg sur les pratiques de la fédération des Bouches-du-Rhône, l'ombre de Jean-Noël Guérini, président du Conseil général et ancien homme fort du PS, plane toujours. A quelques semaines du congrès départemental, le 20 octobre, qui verra l'élection du nouveau secrétaire fédéral, les esprits s'échauffent. Les chemins de la rénovation auraient été saupoudrés "de poudre aux yeux" selon Marie-Arlette Carlotti, ministre des personnes handicapées et de la lutte contre l'exclusion.
Dans un courrier adressé à Martine Aubry et signé par la majorité du conseil fédéral collégial mis en place après le rapport Richard, des militants socialistes de l'association Renouveau PS13 qualifient d'"arnaque" la rénovation de la fédération des Bouches-du-Rhône engagée depuis juin 2011. Ils constatent l'absence de mise en œuvre des recommandations du rapport Richard. "Les clefs de notre fédération restent entre les mains du Conseil général", déplorent-ils. Ils ont obtenu de la première secrétaire sur le départ qu'Alain Fontanel, déjà chargé de la rénovation des fédérations de l'Hérault et du Pas-de-Calais, vienne faire une nouvelle inspection à Marseille dans les prochaines semaines.
Les dés sont pipés ?
"Le recours à Solférino est devenu systématique pour ne pas dire pathologique", déplore Jean-David Ciot, le premier fédéral sortant. Candidat à sa propre succession, le maire du Puy-Sainte-Réparade et tout nouveau député, qui revendique sa matrice "guérinienne", se pose en garant de la rénovation. "80% des recommandations du rapport ont été réalisées ou sont en voie de l'être".
"Sur les dix préconisations du rapport Richard, une seule a été mise en place, la collégialité !"
, rétorque, ironique, Joël Canicave, lui aussi candidat au poste de premier secrétaire. "Je ne comprends pas pourquoi au sein de la collégialité, ce sont ceux qui ont voulu la rénovation qui cherchent à empêcher son application, s'agace le conseiller général Alexandre Medvedowsky. Comprenne qui pourra !" "Paris validera ou pas le processus, je reste serein et garant de la pluralité", conclut Jean-David Ciot.
"Les dés sont pipés, affirme Pierre Orsatelli, membre de Renouveau PS13. La principale collaboratrice du président du CG13, Magali Lefrançois, exerce à la fois la fonction de secrétaire générale de la fédération et celle d'attachée parlementaire de Jean-Noël Guérini !"
"Il y a plus grave encore,
ajoute Annick Boët, également candidate déclarée pour diriger la fédé. Magali Lefrançois a accès au fichier Rosam et donc à la liste de tous les militants du 13." "Faux !, s'insurge Ciot. Je suis le seul, avec la secrétaire, à avoir les codes du fichier."
Des ambitions hétéroclites
Difficile de comprendre l'importance de la bataille pour la conquête de la fédération sans avoir à l'esprit 2014 et les municipales. En cas de primaires, le rôle du premier secrétaire est moindre. "Tous n'en veulent pas à Marseille, analyse Jean-David Ciot. Patrick Mennucci (NDLR : député-maire d'arrondissement) les réclame, Marie-Arlette Carlotti est réticente et Eugène Caselli (NDLR : Président de la communauté urbaine marseillaise) les craint car il a un problème de légitimité." Tous les trois, opposants à Jean-Noël Guérini, défendent la candidature de Joël Canicave. Mais ils peinent à réunir les conditions d'une alternative.
La collégialité n'a donné lieu qu'à la mise en perspective d'une "union" forcée et démentie par la réalité du quotidien, résumée par cette étonnante confession d'une opposante à Guérini :
"Le succès de Guérini est d'abord celui d'un type qui fait de la politique au milieu du consensus mou d'opposants aux ambitions hétéroclites." De quoi ajouter de la confusion à une situation déjà cryptée ! Jacques Pilhan, conseiller en communication, disait qu'en politique "être une cible, c'est con, mais être une cible immobile, c'est encore plus con". Alors Guérini bouge, visite et rassure. Et si l'opposition se cherche, Guérini sait encore causer dans le creux de l'oreille des élus.
Résultat : le retournement du maire de Rousset, qui avait signé la motion de Carlotti, puis s'est rallié à celle de Ciot après un chèque de 3,8 millions d'euros d'aide du Conseil général pour sa commune.
"On observe un certain... reflux", trompettent même les proches de Guérini. Certains militants qui espéraient un "retour sur investissement" pour leur opposition, ont du vague à l'âme. "Guérini, c'était quand même une garantie contre les coups durs, rage un militant, dont le fils est au chômage depuis peu. Les autres, on n'existe pas pour eux. Moi j'ai collé pour les élections, Carlotti, elle est devenue ministre, moi ma vie, elle n'a pas changé." Plus que jamais, les clés de la rénovation sont entre les mains du juge Duchaine.                                                                                   Rafi Hamal

Mon précédent article :
"PS : Un congrès convenu mais utile" : 
http://castronovo.canalblog.com/archives/2012/10/29/25448580.html

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [5] - Permalien [#]

vendredi 26 octobre 2012

Les frères Guérini et le vaisseau bleu mal embarqués

guerini maisons retraite

Le changement d'heure, c'est ce weekend. C'est aussi l'heure du congrès national qui se tient à Toulouse, ville totem s'il en est pour le parti socialiste. Les surprises seront rares. Tout semblé plié, comme on dit. Pourtant, dans les coulisses, hors micro, les congressistes en mal de conflits pourraient s'adonner à de passionnants échanges sur les affaires et autres joyeusetés qui touchent certaines fédérations. Au premier rang desquelles évidemment celle de nos Bouches-du-Rhône, toujours aussi féconde en discordes.
En arrière-plan du congrès, c'est une autre actualité qui se charge de remettre les projecteurs sur des rebondissements en tous genres. Et, en particulier, sur ceux qui mêlent les combines et le rôle indirect ou occulte que l'on prête à Alexandre Guérini dans certaines affaires et les imputations d'influence ou de complaisance que l'on attribue à Jean-Noël Guérini agissant au conseil général et à la fédération socialiste du 13.
Après le dossier des maisons de retraite, et rien que ces dix derniers jours, les épisodes tant affairistes que politiques n'ont pas manqué d'être rapportés par la presse. On a reparlé de marchés publics concernant plusieurs collèges avec la garde à vue de deux cadres du CG13. Ces marchés auraient bénéficié de coups de main d'Alexandre Guérini, ce que laissent supposer des écoutes téléphoniques.
Dans la même veine, six autres gardes à vue de cadres du CG13 et de 13 Habitat ont été menées par les gendarmes au sujet de marchés de gardiennage et de sécurité attribués sous la surveillance du même Guérini. Réaction de Jean-Noël Guérini, s'abritant derrière son administration : "Je tranche mais je ne gère jamais les dossiers en direct".
Et, comme si cela ne suffisait pas au tangage du "vaisseau bleu" du département, une autre enquête prometteuse risque de charger la barque déjà bien lourde des déconvenues. On a en effet appris que, suite à une perquisition au CG13, la justice avait ouvert une enquête préliminaire sur la gestion d'espaces nautiques gérés par le conseil général. En cause, des soupçons de favoritisme et de trafic d'influence concernant des délégations de service public.
Côté saga politique, Jean-Noël Guérini déclare à qui veut encore l'entendre qu'il est redevenu un simple "militant de base". On l'a d'ailleurs vu voter en tant que tel dans sa section à l'occasion du vote sur les motions pour la désignation du premier secrétaire national du PS. En revanche, il ne s'est pas montré au congrès fédéral de samedi dernier aux Pennes-Mirabeau.
"Je ne veux plus de responsabilité, je ne serai même pas au conseil fédéral ni au bureau, je reviens à la base." Or, certains persistent à dénoncer le faux retrait de Jean-Noël Guérini qui continuerait à tirer les ficelles, en particulier auprès d'élus encore dans son giron et de certains militants redevables de services désintéressés tels que subventions, emplois ou logements.
A ce rythme, la fin du système Guérini ne semble pas encore devoir toucher à sa fin.
Une prochaine fois, je vous parlerai du gros numéro de cirque de "Coco et Fifi" de l'
UMP, dignes descendants du maître Sarko. On rigolera peut-être plus. Et puis non finalement, ils ne méritent pas d'être à l'honneur sur ce blog.

Une sélection de très bons articles

guerini ports canard 24

logo libe marseille

Jean-Noël Guérini : "Je serai sans états d'âme"
http://www.libemarseille.fr/henry/2012/10/jean-no%C3%ABl-gu%C3%A9rini-je-serai-sans-%C3%A9tats-d%C3%A2me.html

L’affaire Guérini met le cap sur les ports
http://www.libemarseille.fr/henry/2012/10/laffaire-gu%C3%A9rini-met-le-cap-sur-les-ports.html

logo bakchich

Guérini la sardine qui bouche le port
http://www.bakchich.info/france/2012/10/24/guerini-la-sardine-qui-bouche-les-ports-61867

logo marsactu new

Mignard : "C'est l'heure de vérité pour Jean-David Ciot"
http://www.marsactu.fr/politique/jp-mignard-cest-lheure-de-verite-pour-jean-david-ciot-29173.html

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

lundi 22 octobre 2012

Tant que le PS n'est ni délivré ni guéri de Guérini...

iznogoud

Enièmes bisbilles et nouveaux remous au parti socialiste alors que les réunions en vue de son congrès, qui se tiendra en fin de cette semaine à Toulouse, se multiplient tant au niveau national que local.
Par la force des choses et les soubresauts récurrents dans les Bouches-du-Rhône, tout est plus compliqué par ici.
Il y a d'abord les graves dysfonctionnements de la fédération départementale dus jusqu'ici à l'omnipotence de Jean-Noël Guérini.
Après l'énorme coup de projecteur jeté sur les graves accusations portées par Arnaud Montebourg, avec, en parallèle, les dizaines d'enquêtes toujours en cours du juge Charles Duchaine sur les affaires mêlant les noms des deux frères Guérini, le rapport Richard préconisait une méthode pour une remise en ordre des pratiques au sein de la fédération. Qu'en est-il aujourd'hui ?
                Mardi 23 octobre : Voir plus bas nouvelle actualisation
D'un côté, il y a tous ceux qui estiment que la rénovation est en marche et jugent que les mesures du rapport ont déjà été majoritairement appliquées. De l'autre, il y a les contestataires qui persistent à dire que tout cela n'est que simulacre au point de réclamer une mise sous tutelle complète de la fédération.
Entre-temps, le calendrier des phases du congrès national devant être respecté, les sections ont été appelées à se prononcer sur les motions qui constitueront la nouvelle direction nationale du PS. Dans les Bouches-du-Rhône, pas de surprise, c'est celle d'Harlem Désir qui sort vainqueur.
Par ailleurs, les sections touchées par l'obligation de partition en raison du nombre de leurs adhérents, comme celle d'Aix par exemple, ont été amenées à voter pour élire leurs secrétaires respectifs. A noter que, après le congrès national, les adhérents de ces sections devront repasser par les urnes pour pouvoir désigner leurs instances et leurs secrétaires comme toutes les sections du pays.
Selon ce qu'on peut en lire dans la presse et même selon les divers propos qui me sont fidèlement rapportés sous le sceau de la confidence, ici, les batailles ne sont pas tout à fait sereines. Pourquoi ?
D'abord à cause du contexte délétère résumé ci-dessus. Ensuite, parce que les ambitions des postulants de maintenant laissent découvrir qu'elles seront aussi celles des candidats déclarés ou non de demain aux municipales. Les calculs valent aussi bien pour Aix que pour Marseille.
Tenir les rênes d'une section, d'une fédération ou du parti, c'est s'assurer des moyens stratégiques pour tenter de faire la pluie et le beau temps lorsqu'il s'agira d'obtenir les investitures. La chose n'est pas nouvelle, tous les partis fonctionnent peu ou prou sur ce mode.
La différence pour notre département, c'est que son cas est assez singulier à plus d'un titre. Il a déjà fait l'objet d'un traitement spécifique au niveau national après la dénonciation de certaines pratiques irrégulières de la fédération. Cela avait d'ailleurs entraîné la désignation des candidats aux législatives par la direction nationale et non par les militants. L'autre aspect compliquant la donne est le non-dit ou le pas-tout-à-fait-dit au sujet du rôle plus ou moins occulte que continuerait à jouer Jean-Noël Guérini, toujours président du conseil général, mais redevenu, selon ses propres mots, "militant de base".
Ces soupçons d'influence sont au cœur de pas mal de discussions tant au sein du CG qu'à la fédération. C'est sans doute le sens caché de la polémique qui a surgi ce weekend, au moment même où se tenait le congrès fédéral aux Pennes-Mirabeau, après la courte lettre adressée à Jean-David Ciot, candidat au poste de secrétaire fédéral qu'il occupe déjà, par Alain Fontanel, secrétaire national aux fédérations, exprimant le point de vue d'Harlem Désir.
En gros, les délégués au congrès seront là aussi désignés par le siège national et non pas par la fédération elle-même. Certains ont vite interprété cette décision comme étant une mise sous tutelle générale de la fédération. Face à la confusion ainsi créée, le même Alain Fontanel a fait marche arrière et a précisé que cela ne concernait que la désignation et la validation des délégués, une démarche censée protéger la fédération en préservant l'objectivité des choix.
Il n'empêche, et quelle que soit la version défendue, cela montre que tout n'est pas encore clair dans le fonctionnement de la fédération.
 

Mardi 23 octobre : Nouvelle actualisation
http://www.marsactu.fr/politique/guerre-epistolaire-a-la-federation-ps-des-bouches-du-rhone-29138.html

Lundi 22 octobre 12h00 : Actualisition

logo france bleu provence(Clic sur l'image pour agrandir)
edito jean laurent bernard 22

logo liberationhttp://www.liberation.fr/politiques/2012/10/19/a-peine-elu-desir-repart-a-l-assaut-de-guerini_854503

logo marsactu newhttp://www.marsactu.fr/politique/la-federation-ps-13-nest-bien-evidemment-pas-mise-sous-tutelle-29133.html
http://www.marsactu.fr/politique/guerini-nest-plus-au-ps-mais-il-vote-encore-29121.html

Le point de vue de Renouveau PS13 :

logo renouveau PS 13http://renouveaups13.blogspot.fr/

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

vendredi 19 octobre 2012

Fiasco des bus : Comment Joissains nous roule…

aix en bus nouveau réseau

"Mais moi je ne suis pas une spécialiste des transports. S'ils sont mauvais ces pseudo experts, j'y suis pour rien."
Maryse Joissains n'est pas une spécialiste des transports, ça on s'en doutait un peu beaucoup, non ? Mais oser chercher à se dédouaner sur le compte des techniciens, voire sur celui de la direction de Keolis, pour une décision qui a été validée par la maire d'Aix et présidente de la Communauté du Pays d'Aix, c'est un peu lâche. Surtout venant d'elle qui s'était vantée quelques mois avant d'avoir conclu un bon contrat de délégation de service public, moins cher, plus performant avec plus de services et même plus écologique.
On connaît bien cette méthode : le succès c'est moi, l'échec c'est les autres. Mais dans cette affaire de restructuration ratée du réseau de bus, ça ne marche pas. Ce qui fait dire à certains : "Pourquoi avoir changé un modèle qui fonctionnait ?" D'où la persistance de la colère exprimée dès la mise route à l'essai du nouveau réseau en juillet. Et qui s'est amplifiée à la rentrée de septembre, notamment lors de la première réunion publique tenue à l'Hôtel de Ville en présence de Maryse Joissains.
Même scénario à celles de Puyricard mi-septembre et début octobre. Et, même forte rouspétance lors de la réunion qui s'est déroulée aux Milles il y a trois jours. Le constat est là, il ne s'agit en aucune façon de sautes d'humeur sporadiques ou de protestations minoritaires mais bel et bien d'une insatisfaction profonde et d'un mécontentement généralisé.
Alors, comment pourrait-on croire un instant que la concertation avait été menée suffisamment et avec sérieux avant le démarrage du nouveau réseau ? C'est ce qu'avait pourtant prétendu Maryse Joissains. En fait, il ne s'agissait tout au plus que d'une simple enquête effectuée par un institut de sondage à la demande de Keolis. Là encore, les faits sont têtus. Puisqu'il a fallu que le maire lance ces réunions publiques à la rentrée pour écouter ce que les usagers et les comités d'intérêts de quartiers avaient besoin d'exprimer.

(Clic sur l'image pour agrandir)

aix en bus courrier daix 13

On apprend que plus de 50 CIQ ont été rencontrés en quelques semaines et qu'ils seront encore consultés pour prendre leur avis sur le projet reformulé qui sera rendu public le 20 octobre. Maryse Joissains avait fixé cette date-butoir pour la fin des perturbations, "J'espère que ce sera réglé pour le 24". Elle va la dépasser. Elle précise maintenant : "J'espère que tout sera mis en place dans les trois semaines. Mais s'il faut plus de temps, je prendrai plus de temps…" Pas trop quand même car ça urge.
Selon Maryse Joissains, la dernière réunion publique qui était prévue le 24 octobre au Jas de Bouffan sera reportée au 30 octobre. C'est à ce moment-là que seront présentés les détails du projet retouché immédiatement applicable.
Il faudra beaucoup de pédagogie, même en période de vacances scolaires, pour faire ingurgiter les énièmes changements de numéros de lignes, de trajets, d'arrêts et d'horaires de bus aux milliers de voyageurs qui ont déjà suffisamment perdu leurs repères.
Dernier point, Maryse Joissains avance que les modifications ne surcoûteront pas un euro à la CPA. Cela reste à vérifier. C'est sans doute exact pour les embauches supplémentaires qui renforceront le personnel des chauffeurs.
En revanche, juridiquement parlant, la délégation de service public fixait un cahier des charges précis sur l'application de la refonte du réseau. Ce qu'a accompli
Keolis est donc conforme aux dispositions signées. Or, c'est Maryse Joissains elle-même, en tant que présidente de la CPA, qui demande de chambouler le contrat convenu initialement. Normalement, le délégataire aurait tout lieu de contester qu'on lui fasse supporter toute dépense ne correspondant pas aux clauses prévues.
Aux Milles, avec son habituel sens de la modestie, Maryse Joissains a minimisé la portée de ce qu'il faut bien appeler un autre fiasco pour se glorifier ainsi :
"C'est le seul bug en dix ans, on a tout réussi".
Les Aixois en général et les lecteurs de ce blog en particulier savent depuis un bon moment déjà que le catalogue de ses "réussites ratées" déborde malheureusement d'exemples.

Le site d'Aix en bus publie communiqué sur communiqué…
http://www.aixenbus.fr/

Petit historique des bus aixois, pour les Aixois et les nouveaux Aixois
http://aix.marseilletransports.com/?page_id=212

"Joissains nous prend pour des buses ou quoi ?" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2012/10/01/25223040.html

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [6] - Permalien [#]

vendredi 12 octobre 2012

Aix : La sous-préfecture vaut bien un mess…

sous préfecture aix(Clic sur l'image pour agrandir)
La sous-préfecture dans l'Hôtel de Valbelle

Où donc la sous-préfecture de la rue Mignet va-t-elle être transférée ? Poser la question, c'est ouvrir une boîte à surprises dont il faut mesurer les conséquences. Pour loger ces services, un lieu a été avancé, celui de l'ancien cercle des officiers Saint-Exupéry situé à deux pas de la faculté de droit.
Mais d'abord, revenons un peu en arrière. La sous-préfecture occupe actuellement l'Hôtel de Valbelle, un bâtiment construit en 1655 et agrandi au 18e siècle. L'édifice est classé monument historique depuis 1983. En 2009, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques, le sous-préfet d'alors avait évoqué le possible déménagement des services de l'Etat afin d'adapter les infrastructures à "la mission d'une sous-préfecture qui a vocation à s'agrandir".
Parmi les hypothèses, on avait envisagé un transfert au Tholonet. Mais cela avait été jugé trop excentré.
On ne le sait peut-être pas assez, l'établissement aixois couvre un arrondissement de 18 communes, soit un peu plus d'un demi-million d'habitants.

sous prefecture aix panneau

En 2010, l'Etat a songé à un autre site, celui du bâtiment et de la parcelle de l'ancien mess des officiers de l'Armée de l'air, rue de la Poudrière, propriété de l'Etat, qui a fermé en juillet de cette année-là, et dont la disparition était déjà envisagée en 2003, date de la dissolution de l'Etat-major de la Région aérienne Méditerranée de la base aérienne 114.
Au lieu de vendre cet équipement construit après la Seconde guerre mondiale, une étude de programmation devait être lancée afin de cerner les contours d'une relocalisation des services préfectoraux. Pour cela, il a été imaginé la destruction du bâtiment existant et son remplacement par un nouvel édifice beaucoup plus vaste. A l'heure actuelle, on en est pratiquement toujours à ce point d'étape.
L'ancienne université Paul-Cézanne (U3), avant la fusion Aix-Marseille Université, voyait d'un bon œil un projet d'extension de ses locaux sur le site dans le cadre du plan Campus. Un simple visite sur place montre que, avant même que la sous-préfecture ne s'y installe, quatre préfabriqués occupent déjà un autre site à proximité nommé Espace Poncet.

(Clic les images pour agrandir)
aix 7
Aix-Marseille Université a installé quatre préfabriqués
aix 7
Les quatre filières qui y dispensent déjà leurs cours

En juillet 2012, une délibération du conseil municipal faisait état de discussions entre la Ville et le Conseil général pour un échange entre le bâtiment de la sous-préfecture (1849 m²), propriété du CG, et le bâtiment C du collège Mignet (1294 m²), propriété de la Ville, qui abrite une annexe du Conservatoire Darius-Milhaud, qui déménagera lorsque le nouveau conservatoire sera livré en 2013. Des discussions sont toujours en cours pour savoir si le CG validera ou non cette proposition de la Ville.
Revenons maintenant au projet d'implantation de la sous-préfecture à la rue de la Poudrière, un projet qui soulève pas mal de questions. En effet, comment peut-on imaginer un tel transfert dans ce quartier quand on sait que l'actuelle sous-préfecture connaît une très forte fréquentation ? Le secteur des facultés est complètement saturé de voitures, la circulation y est très problématique et décourageante, et on ne voit où et comment le très nombreux public sollicitant les services de la sous-préfecture pourra stationner.
Répétons-le ici. En l'absence d'un Plan de déplacements urbains et d'un Plan local d'urbanisme (qui aura du mal à voir le jour avant l'élection municipale de 2014), il est vain de parachuter un projet de cette taille sans en avoir mesuré tous les enjeux et toutes les conséquences.

cercle saint exupéry poudrière(Clic sur l'image pour agrandir) 
Le cercle Saint-Exupéry est situé rue de la Poudrière
entre l'avenue Pierre-Brossolette 
et l'avenue Henri-Poncet,
visible par l'avenue Winston-Churchill
(Suite aux précisions d'un lecteur,
cette carte remplace celle publiée précédemment)

Les 70 architectes de l'association Devenir se sont penchés sur le problème avec un regard plus poussé.
Pour eux, comme ils l'ont précisé dans des courriers adressés à divers ministres, "le site est proche du centre historique où le foncier est une denrée rare. Le projet est en totale contradiction avec une politique économe de l'espace urbain.
Il prévoit l'occupation sur 7.000 m² d'une réalisation de 2.000 m² de planchers – plus de 15.000 m² étaient réalisables en vertu du POS actuel. Un projet ambitieux pourrait même proposer le double dans le cadre du nouveau PLU. Ce programme de service public de proximité prendrait alors place en rez-de-chaussée dans une opération de mixité sociale et urbaine beaucoup plus créative. Nous déplorons ce gaspillage de l'espace urbain par l'Etat, demandons l'arrêt du projet et le lancement d'une étude exemplaire pour prendre en compte les enjeux et les besoins du site (logements étudiants, locaux d'enseignements universitaires…).
Une telle démarche rejoint les préoccupations d'économie d'énergie, de réduction des coûts d'équipement, de préservation de notre environnement, d'amélioration des déplacements, de mutualisation des services publics et d'embellisement des espaces urbains pour offrir aux habitants de ce quartier une meilleure qualité de vie"
.
On le voit, l'arrivée de la sous-préfecture près des facultés est une préoccupation de premier ordre car elle concerne énormément de monde. Elle risque d'avoir des conséquences désastreuses sur la vie du quartier et de provoquer des erreurs quasi irréversibles.

(Clic sur les images pour agrandir)
aix 7
L'espace Poncet : Entrée par l'avenue Henri-Poncet 
aix 7
Une vue de la cour intérieure

Le site Devenir :
http://grandaix.over-blog.com/

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [7] - Permalien [#]

mercredi 10 octobre 2012

Gare routière : Des déviations et plus de bouchons

aix 7(Clic sur l'image pour agrandir)
Le panneau de déviation au rond-point Brossolette/Giono
(Cliché pris dans le calme de dimanche matin)

Aix a perdu depuis longtemps les embouteillages de son eau mais s'est largement rattrapée avec ceux de ses rues. Pas de quoi brandir du champagne et faire péter les bouchons.
Les panneaux qui tuent ont fait leur apparition aux entrées des artères stratégiques qui cernent un large périmètre autour de la gare routière. Principale information : l'avenue de l'Europe est fermée à la circulation, hors transports en commun et véhicules autorisés. Nulle part il n'est précisé que c'est pour toujours. Les naïfs penseront donc que c'est seulement pour la durée des travaux d'aménagement de la gare.
Les automobilistes qui empruntaient l'avenue des Belges en venant de la Rotonde pour tourner à droite vers Encagnane et le Jas de Bouffan devront se débrouiller de passer par le boulevard de la République.
Idem pour ceux qui montaient par l'avenue Pierre-Brossolette pour tourner à gauche et qui devront anticiper leur itinéraire et leur détour à partir du rond-point de la Fourane et filer par l'avenue Jean-Giono pour remonter par l'avenue Henri-Mouret.
Et ceux qui venaient de l'Ouest pour atteindre le centre ville (ou le périphérique) devront slalomer à partir du commissariat de l'avenue de l'Europe. Mêmes tracas pour les automobilistes qui veulent accéder au parking Méjanes où il leur faut désormais passer par la petite rue des Allumettes.
La seule liaison proposée avec l'avenue des Belges sera dorénavant la rue Lapierre proche de la poste centrale et donc du cours Mirabeau. On notera que toutes les voies nommées sont celles qui connaissent déjà les plus gros engorgements aux heures de pointe.
Un document de la Communauté du Pays d'Aix avance que "la circulation automobile sur le périmètre immédiat de la gare sera détournée, ce qui aboutira à 500 véhicules/heure en moins subis par les riverains". Mais une estimation ponctuelle de ce type qui vise essentiellement à rassurer le seul voisinage n'est pas suffisante. En effet, a-t-on pensé à mesurer les flux prévisionnels pour savoir comment cette gare s'intégrera au schéma global et en tout cas limitrophe de circulation de la ville ? Non. Ce qui laisse penser que l'aménagement de la gare est en très grande partie opéré hors contexte général, en l'absence criante d'un document officiel de Plan de déplacements urbains.
Autrement dit, la CPA et la Ville traitent les dossiers de manière cavalière comme s'ils étaient indépendants les uns des autres et comme s'ils n'étaient pas les pièces articulées d'un tout.
A croire que nos institutions sont assez portées sur les usines à embouteillages.

gare routière projet(Clic sur l'image pour agrandir) 
L'emprise de la future gare routière

Le projet de gare routière :
http://transports.agglo-paysdaix.fr/actualite/gare-routiere-debut-travaux.html

La lettre d'info de la CPA :
Rien sur les déviations automobiles ! 
http://transports.agglo-paysdaix.fr/actualite/lettre-info-gare-routiereAix-1.pdf

"Aix : La gare routière bloquée à quai ?"
http://castronovo.canalblog.com/archives/2012/10/03/25238622.html

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [2] - Permalien [#]

mercredi 3 octobre 2012

Aix : La gare routière bloquée à quai ?

gare routière maquette(Clic sur l'image pour agrandir)
La maquette du projet en cours

Revenons un peu aujourd'hui sur le controversé projet de la gare routière.
La première installation, dite provisoire, avait été sommairement aménagée sur l'ancien parking derrière la grande poste à la fin des années 70. En 1990, avec le démarrage du gigantesque chantier de Sextius-Mirabeau, le maire Jean-François Picheral l'avait déplacée sur l'avenue de l'Europe contre l'hôpital Montperrin, là où elle se trouve encore et là où elle va rester.
En 2001, dans sa brochure électorale (que j'ai bien conservée), Maryse Joissains avait pourtant claironné : "La concertation sera mise en place afin de régler le problème de l'implantation insensée de la gare routière". Si, si, vous avez bien lu ! Elle se faisait fort de dénicher un autre lieu. Quelques années après, aucun autre terrain n'ayant été trouvé, il a bien fallu qu'elle rende les armes.
En 2007, à quelques mois de l'élection municipale, alors que des panneaux avaient été placés dès 2005, elle lança donc son projet de gare pharaonique avec mise en service effective en 2011. De très nombreuses critiques fusèrent de toutes parts, riverains, comités d'intérêts de quartiers, urbanistes, architectes, etc.
Une fois l'élection passée, face à l'évidence, le maire fit marche arrière et annonça une révision du projet à la baisse, tant pour la taille que pour le coût de revient. C'est de ce dernier projet dont il est question maintenant, et dont la mairie prévoit l'ouverture fin 2013, si rien ne vient encore entraver le déroulement du chantier.

gare routière nouvelle(Clic sur l'image pour agrandir)
Vue du secteur d'implantation de la gare routière

Premier acte, le permis de construire a été délivré le 29 juin. Selon le site de la mairie, le début des travaux avait pourtant été programmé pour avril puis repoussé à août. En revanche, l'affichage a sans doute été fait vers la mi-août, soit environ six semaines après. Etrange délai tardif pour une formalité obligatoire. Dans mon article de lundi, j'ai rappelé que cela n'est pas très légal en termes d'information et de voies éventuelles de recours dont dispose tout pétitionnaire pendant un délai de deux mois. Sauf yeux avertis, les Aixois n'ont pu découvrir l'affaire qu'en plein été, s'ils étaient par chance à Aix.
Deuxième acte, le 16 août, des bungalows ont été installés face au commissariat de police pour accueillir dès le 18 le public et les services de billetterie.
Troisième acte, c'est le site Aix en bus géré par Keolis qui a annoncé le début des travaux en cette fin septembre, pour indiquer que les arrêts à cet endroit ne pourront plus être desservis et seront déplacés à proximité du commissariat pendant la longue durée du chantier.
Comme on l'imagine, la nouvelle mouture ne fait toujours pas l'unanimité.
La fédération des CIQ s'était positionnée défavorablement, estimant que la future gare prendra en otage tout le quartier, déviera le trafic automobile, amputé de l'avenue de l'Europe, axe majeur de circulation est-ouest de la ville qui sera donc totalement interdit, vers le Pigonnet et les facultés où l'engorgement est chronique, et croissant avec une sous-préfecture à construire sur l'avenue Winston-Churchill (j'y reviendrai dans un prochain article).
La fédération rappelait clairement son point de vue : "Il aurait fallu élaborer un vrai Plan de déplacements urbains et articuler le projet avec le plan Campus. L'urbanisme se développe dans les quartiers sud et l'accès au centre repose sur les avenues Giono et du Pigonnet qui sont déjà totalement saturées plusieurs heures par jour. Et il n'y a pas de plan B".
Des citoyens riverains qui suivent l'affaire à la loupe s'étonnent de n'avoir pas entendu parler d'enquête publique pourtant obligatoire pour un tel dossier, pas plus que d'une étude d'impact affectant durablement l'environnement quotidien d'un quartier qui s'imposait en toute logique dès lors que le projet de gare n'est plus le même que le premier. Par ailleurs, ils se posent aussi des questions sur l'absence d'autorisation des travaux de voirie à la rue Lapierre concernée par les incidences du projet.
On n'en a donc peut-être pas fini avec les surprises.

"Gare routière : La foire aux mirages" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/07/07/index.html

"Gare routière : Le nouveau projet ne convainc pas…" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/06/02/18090160.html

Propagande électorale :
Le panneau du premier projet affiché trois ans avant le scrutin de 2008
(Clic sur l'image pour agrandir)

gare routière 2007

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [13] - Permalien [#]

lundi 1 octobre 2012

Bus : Joissains nous prend pour des buses ou quoi ?

aix en bus trottoir

Vu le fiasco du nouveau réseau de transports en commun, comme par hasard, voilà encore une pleine page de communication de rattrapage dans la presse locale de samedi ! C'est donc bien de panique à bord qu'il convient de parler.
Alors, refaisons un tour en bus.
Malgré les réunions publiques organisées en catastrophe par Maryse Joissains - il en reste encore trois à tenir en octobre - et les annonces de la reprise de zéro de l'ensemble du réseau, les usagers, toujours autant décontenancés, continuent de protester. Ils se demandent bien comment et quand les numéros et les itinéraires initiaux des lignes vont pouvoir retrouver leur place. Nouvelle homérique pagaille en perspective.
De quels moyens miraculeux la société Keolis et la Communauté du Pays d'Aix vont-ils encore pouvoir jouer pour ramener un semblant de sérénité alors même que le maire a annoncé elle-même la date butoir du "20 octobre pour un retour à la normale" avec l'ancienne formule (Maryse Joissains dixit : "j'espère que ce sera réglé pour le 24") ?
Même les quinze jours de vacances scolaires de la fin du mois n'y suffiront pas. Et comme les scolaires ne sont pas les seuls concernés, il est à parier qu'une grande majorité d'usagers va se sentir désorientée pour un bon bout de temps. Il y aura forcément encore des tâtonnements et des ajustements au coup par coup. Ce qui finalement ressemble fort à la façon dont le dossier entier a été traité par la CPA et la mairie d'Aix.
En consultant le site de Keolis, je suis tombé sur cette phrase cocasse publiée le 14 septembre 2011, par laquelle l'entreprise expliquait sa démarche liée au cahier des charges : "Dans l’objectif de proposer un réseau plus simple et plus lisible, Keolis va entièrement restructurer l’offre de transport." Mauvaise pioche, non ? Vu le bazar, ce n'est pas gagné.
Dans le même texte, une prévision chiffrée m'a aussi bien intrigué. "Cette nouvelle offre permet à Keolis de s’engager sur une progression de la fréquentation, qui devrait atteindre 22,5 millions de voyages en 2019, soit +19,2% sur la durée du contrat." Mais, qui croire finalement dans cette embrouille ? Maryse Joissains ne cesse de répéter que la fréquentation serait passée de 13 à 20 millions en dix ans. Mais on peut légitimement en douter. 
En effet, si le taux de progression fixé par Keolis dans le cahier des charges est estimé à 19,2%, et si la base de calcul est celle annoncée par le maire, la fréquentation devrait se situer autour de 24 millions dans huit ans. 
Mais il y a pire dans la voltige des chiffres. En juillet, Jean Chorro, responsable des transports ville et CPA, claironnait, lui, que le nouveau délégataire s'était engagé à atteindre "27 millions de voyageurs par an contre 23 aujourd'hui". Parle à ma calculette, j'ai mal à la tête ! Prendrait-on les citoyens pour des buses ? 

gare routière keolis communiqué sept 2012

Et puis, comme à Aix on aime bien se compliquer les méninges, d'autres grosses migraines sont à redouter incessamment. Ce sera du côté de la gare routière. On apprend en effet par le site d'Aix en bus que des travaux démarrent cette semaine et que les arrêts à cet endroit ne pourront pas être desservis pendant la durée du chantier.
Un lecteur me signale d'ailleurs que le permis de construire a été signé fin juin mais qu'il n'a été affiché qu'en plein mois d'août, ce qui n'est pas très légal en termes d'information et de voies éventuelles de recours. Sans compter qu'on n'a pas non plus entendu parler d'enquête publique, pourtant obligatoire pour ce gros dossier, pas plus que d'une autorisation de travaux de voirie à la rue Lapierre. Un nouveau scandale en perspective ?

gare routière 2011

Mon précédent article sur le fiasco des bus :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2012/09/17/25120763.html

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [4] - Permalien [#]

vendredi 28 septembre 2012

L'urbanisme désastreux de Maryse Joissains

pont arc travaux aix sud(Clic sur l'image pour agrandir)
Une vue générale des incongruités développées ci-dessous

Il suffit de porter un simple regard sur la gestion générale du territoire de la commune pour s'apercevoir qu'il se passe toujours quelque chose qui renvoie à la politique néfaste de Maryse Joissains. Et qui ne laisse pas d'inquiéter.
Tenez, hier par exemple, la presse locale s'est fait l'écho de cette décision de démolition d'une ancienne bastide, certes très délabrée, dans le secteur de Valcros, à l'Ouest du Jas de Bouffan.
Présents sur les lieux, les conseillers municipaux Hervé Guerrera et François-Xavier de Peretti ont, à juste titre, dénoncé à la fois le double langage du maire, qui s'était pourtant engagée à épargner la bastide, et l'incurie chronique constatée en termes de vision urbanistique pour Aix. Ils y voient même, idée que je partage, un calcul délibéré pour lancer une opération de ZAC dite de la Constance, nom de la parcelle de 100 ha globalement verte dans le secteur de l'Ensoleillée, en l'inexistence scandaleuse du seul et véritable document, le Plan local d'urbanisme, qui permet un développement maîtrisé du territoire.
Ce n'est là qu'un autre cas parmi tant d'autres.
Il y a peu encore, j'ai eu la curiosité d'aller faire un tour du côté du Montaiguet par le chemin du Creps. Là, en plein massif boisé, la Ville a autorisé la construction de quelque 130 logements dans le privé en dehors de toutes infrastructures le long du chemin de la Guiramande pour aboutir sur le chemin de la plaine des Dés.
A quelques enjambées de là, la Ville n'a pas plus trouvé à redire pour laisser carte blanche à l'installation du méga-projet de la polyclinique Rambot au lieudit Les Bornes (le projet est toujours contesté devant les tribunaux).
La Ville s'en défend en prétendant ne toucher que le bas des pentes à proximité de l'existant, ce qui est évidemment faux puisque dans les deux cas l'entame mène désormais vers les parties les plus hautes au cœur du massif.
Faute de PLU, un tel type d'urbanisation sauvage et dispersée se substituant à des espaces verts ou boisés n'a donc plus de limites et représente une véritable catastrophe pour l'environnement.
A noter, ce qui ne fait qu'aggraver la légèreté coupable de ces décisions, que c'est dans ce vaste secteur, au Sud de l'autoroute A8, que sont également programmées les constructions d'une nouvelle faculté d'économie et de logements étudiants dans le cadre du plan Campus. Et tout cela, en l'absence d'un autre document essentiel, celui du Plan de déplacements urbains, d'où d'ailleurs les cafouillages du réseau Aix en bus.
Or, lors de diverses réunions publiques, Maryse Joissains se targue en permanence de vouloir désengorger ce secteur Sud en annonçant des mesures - ouvrage de franchissement de l'autoroute réservé aux bus, vélos, piétons reliant l'avenue Gaston-Berger au parc-relais Krypton triplé à 900 places, passerelle sur l'Arc au niveau de la Guiramande, passage à double sens de l'avenue de l'Arc de Meyran qui longe l'autoroute - qui, au mieux, ne viendraient que bien après le désastre, et qui, par manque d'anticipation des conséquences, seraient de toute façon obsolètes dès qu'elles auraient été réalisées. Allons-nous supporter encore longtemps cette triste farce ?

Comme c'est étrange…
(Clic sur l'image pour agrandir)

joissains urbanisme canard 22

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [3] - Permalien [#]

mercredi 26 septembre 2012

Office HLM du 13 : Le système Guérini bouge encore

guerini lafont ravi 98  
Hier devait avoir lieu au tribunal correctionnel de Paris la première confrontation sur l'une des plaintes en diffamation publique déposées par Jean-Noël Guérini contre Arnaud Montebourg. Le litige porte sur la fameuse lettre que le second avait adressée en mars 2011 à Martine Aubry pour y dénoncer les dysfonctionnements de la fédération PS des Bouches-du-Rhône. Cette lettre contenait des pièces issues du dossier d'instruction dans lequel Jean-Noël Guérini avait été mis en examen pour prise illégale d'intérêts, trafic d'influence et association de malfaiteurs dans une affaire de marchés publics.
L'avocat de Jean-Noël Guérini a demandé d'attendre un peu afin de voir si son client est mis hors de cause ou condamné et d'examiner ensuite cette affaire de diffamation. Le procès a été reporté et le tribunal dira le 30 octobre ce qu'il entend faire. En cas de rejet de la demande de Jean-Noël Guérini, le procès aura lieu assez vite. Dans le cas contraire, il faudra sans doute patienter aussi longtemps que le cas Guérini n'aura pas été réglé.
Mais, l'objet de mon article du jour n'est pas précisément ce nouvel élément servi tout chaud par l'actualité. Non, il s'agit de revenir sur une autre part d'ombre concernant l'office HLM du département. Depuis juillet, ce dernier a recruté un nouveau directeur, qui n'est pas un inconnu quelconque.
Le
Ravi de l'été a publié en collaboration avec Mediapart un bel article bien fouillé sur les dessous de cette embauche et la personnalité du directeur.
A cette occasion, le
Ravi m'a sollicité à plusieurs reprises au sujet d'une drôle d'affaire qui s'est passée à Aix. Je vous invite donc à lire l'article… jusqu'au bout. Edifiant.

Le système Guérini bouge encore 

Gérard Lafont, architecte qui a fait toute sa carrière dans le sillage de Jean-Noël Guérini, a pris le 2 juillet la direction de 13 Habitat, l'office HLM des Bouches-du-Rhône au cœur du système clientéliste de la fratrie Guérini. Et l'office a désormais deux directeurs ! 
"Après les législatives retour aux activités plus traditionnelles et retour aux affaires pour moi à 13 Habitat." Ce tweet du 21 juin prouve que Christophe Masse, qui préside l’office HLM des Bouches-du-Rhône, a gardé, malgré sa courte défaite aux législatives face à l’UMP Valérie Boyer, son sens de l'humour. Voire du lapsus...
Après avoir été démentie, l'arrivée le 2 juillet de Gérard Lafont à la direction générale de 13 Habitat va en effet rapidement replonger Christophe Masse, élu municipal PS et vice-président du département, dans les "affaires". Au même titre que sa propre nomination en juin 2011 à la présidence, celle de Gérard Lafont à la direction générale alimente la suspicion d'une volonté des Guérini de garder la mainmise sur l'office. Héritier d'une vieille famille socialiste marseillaise, Christophe Masse est un des rares conseillers généraux à afficher ouvertement son soutien à Jean-Noël Guérini. Interrogé, il répond avec candeur que "le poste de directeur est éminemment politique, avec un grand P..., ne me comprenez pas mal."
Ancien de la maison – du temps où elle s’appelait Opac Sud –, Gérard Lafont a fait carrière dans le sillage de Jean-Noël et Alexandre Guérini, tous deux mis en examen pour "association de malfaiteurs" dans l'affaire qui porte leur nom. Cet architecte n'a toutefois jamais été mis en cause, ni même entendu, dans cette enquête sur des marchés publics truqués. "Ce qui m'intéresse, c'est le travail, et j'ai la conscience tranquille, cette affaire ne me concerne absolument pas", balaie-t-il. Entré en 1975 à l’Opac Sud pour y créer un bureau d'études interne, il y reste vingt-six ans avant de suivre Jean-Noël Guérini, qui préside alors l'office depuis 1987, au conseil général. Directeur des travaux à l’ex-Opac Sud, Gérard Lafont part en 2001 prendre la tête de la construction au CG13, deux services stratégiques. 
"Il fait partie de l’équipe de confiance de la famille Guérini d’un point de vue professionnel", résume Pierre Garnier, lui aussi architecte et prédécesseur de Gérard Lafont au CG13. "C'est le propre des “voyous” de s'entourer de gens honnêtes pour faire barrage", lance, en plaisantant, Gérard Lafont.
"Pourquoi le changer de poste en pleine enquête judiciaire ?" s'interroge de son côté un protagoniste du "Guérinigate". L'office HLM du département est en effet au cœur du système clientéliste de la fratrie mis au jour par le juge Duchaine. Il fait aussi partie de l’histoire familiale. Le père Guérini y a achevé sa vie professionnelle, Jean-Noël en a fait le tremplin de sa carrière politique et son frère Alexandre y décrochera ses premiers contrats d’entrepreneur ès poubelles. "Pour les Guérini, (avec 13 Habitat) on peut parler d’accumulation primitive du capital", rigole un architecte. Pour nombre d’acteurs du BTP et de politiques marseillais interrogés, tous surpris par cette nomination, Gérard Lafont serait de retour à l'office HLM afin de préserver le système.
"J'ai été sollicité par Christophe Masse, un mois après son arrivée, je ne suis pas mandaté par Guérini ! se défend le nouveau DG de 13 Habitat. Retourner là-bas avec la même influence de certaines personnes... Je n’y serais pas allé." Il explique son choix par l'intérêt du poste – "c'est un office avec des potentialités énormes et sous-exploitées" – et par sa volonté de poursuivre, à 65 ans, son activité professionnelle. "On ne m'impose rien, (c’est) à cette condition que j'ai pris la présidence, s’énerve de son côté Christophe Masse. (Lafont) a d'énormes qualités. Je n'avais pas besoin d'un gestionnaire, mais d'une vision pour demain. Je suis arrivé nouveau président avec de nouvelles méthodes, de nouveaux projets."
A part rafraîchir son bureau et quelques effets d'annonce, Christophe Masse n'a pourtant pas révolutionné la politique de l'office. Le redémarrage de la construction et la livraison de "3000 logements d'ici 2015" décidés par son prédécesseur sont toujours les objectifs affichés. "Christophe Masse ne m'a jamais demandé de réactualiser le Plan stratégique du patrimoine (PSP), qui fixe les investissements de l'office en réhabilitation et construction pour les six ans à venir", fait remarquer Bernard Escalle, directeur général de 13 Habitat de 2007 à son éviction en mars 2012, après vingt ans de services à l'office HLM.
Saisi en référé par ce dernier, le tribunal administratif de Marseille, a, le 2 juillet, suspendu son licenciement et exigé sa réintégration sous quinze jours. L'affaire devrait être jugée au fond dans quelques mois. Dans un communiqué mardi soir, 13 Habitat a réaffirmé sa "volonté de (se) séparer de M. Escalle pour incompatibilité et incapacité à appliquer la ligne politique tracée par le conseil d'administration". Entre-temps, voilà l'office HLM doté de deux directeurs !
La petite maison dans la garrigue
Gérard Lafont, qui avoue ne pas encore connaître ce plan stratégique de patrimoine, jure toutefois pouvoir faire mieux... Si le nouveau DG de 13 Habitat a plutôt la réputation d'un "bon professionnel" auprès de ses collègues – "il fait sortir les dossiers, il a une énergie professionnelle, il trouve les terrains, etc.", explique un architecte marseillais –, le bilan de son action dressé par les autorités de contrôle est beaucoup plus mitigé.
Un rapport de juin 2002 de la Miilos (mission interministérielle d'inspection du logement social) juge l'activité de construction de logements neufs de l'Opac Sud "faible", avec seulement 34 logements livrés en 1999 et 74 en 2000, époque où Gérard Lafont était directeur des travaux.
L'office a longtemps traîné une réputation de "dodu-dormant", se reposant, malgré d’énormes besoins dans le département, sur un parc locatif datant pour plus de 80% d'avant 1980. "Depuis 1981, le volume annuel des mises en chantier s’est progressivement amenuisé", résumait en 2009 un rapport de la chambre régionale des comptes. Tableau à l'appui, Gérard Lafont dispose, lui, de chiffres très différents de ceux de la Miilos (95 logements neufs en 1999 et 355 en 2000 !).
De même, le passage de Gérard Lafont à la direction générale adjointe "construction, éducation et patrimoine" du conseil général n'a pas vraiment impressionné la chambre régionale des comptes. Selon un rapport de 2008, le département n’a réceptionné que 21 collèges en dix ans. "En 2001, 2002 et 2005, aucune réception n’est intervenue", précise l’instance de contrôle. Là encore, documents à l'appui, Gérard Lafont affiche lui 38 constructions et reconstructions au compteur entre 2001 et... 2012.
Par contre, l'architecte est plus efficace lorsque ses intérêts personnels sont en jeu. En 1990, il a été condamné par le tribunal correctionnel d’Aix-en-Provence à une amende de 500.000 francs pour avoir construit sa maison sur une zone doublement non-constructible, passant outre un refus de permis de la ville d'Aix-en-Provence*. Située sur le plateau de Bibémus, une magnifique garrigue boisée de pins et de chênes aux abords de la Sainte-Victoire, la villa avec piscine se trouve donc au beau milieu d'un espace boisé, de surplus classé ND1 ("protection totale") par le POS (plan d’occupation des sols) de 1984. Apparemment, il n'était pas le seul sur cette zone convoitée. "Il est arrivé que certains propriétaires, anciens ou plus récents, aient une interprétation extensive de la notion de rénovation et extension autorisée des bâtiments existants", se souvient pudiquement Pierre Dussol, l'ancien adjoint à l'urbanisme de Jean-Pierre de Peretti, maire (UDF) d'Aix-en-Provence de 1983 à 1989.
"Je suis allé au pénal, car j’ai construit sur une ruine un peu plus grand que ce qui était autorisé et ajouté des garages, minimise Gérard Lafont. J’aurais été un particulier, ça aurait été 5000 francs d'amende, comme j’étais architecte, ça a été 500.000 francs, que j’ai payés sur cinq ans." Aux yeux de plusieurs professionnels, l'architecte s'en est pourtant très bien tiré. "C'est vraiment étonnant que la remise en l'état n'ait pas été demandée par le tribunal (lire le prolonger), remarque un maître de conférences, spécialiste du droit de l'urbanisme. Si la personne est seulement condamnée à une amende, cela signifie que le droit de l’urbanisme ne sert plus à rien : il suffit d'être riche pour pouvoir bétonner les zones naturelles !" A la même époque, d'autres propriétaires ont d’ailleurs eu moins de chance que Gérard Lafont. Alexandre Castronovo, ancien élu PRG aixois, se souvient ainsi de plusieurs destructions pour les mêmes raisons dans les années 1990, "notamment dans le quartier de Montaiguet pour un programme de sept maisons, dont trois quasiment finies".
"J’avais l’assurance du maire de l’époque, Jean-Francois Picheral, qu’il allait modifier le POS pour régulariser plusieurs situations, ça ne s’est pas fait", explique Gérard Lafont. Picheral, le maire PS d'Aix-en-Provence de 1989 à 2001, nous a répondu ne pas se souvenir de l'affaire… avant de renvoyer au mandat de son prédécesseur, aujourd'hui décédé.
Depuis lors, le fils de Gérard Lafont a pu, sur une parcelle proche elle aussi située en zone protégée, réhabiliter une autre ruine et y faire construire en 2010 un étage supplémentaire. En toute légalité cette fois, mais avec encore la bienveillance de la mairie UMP d'Aix. Curieusement, ses services n'avaient pas examiné sa demande de permis de construire dans le délai réglementaire (deux mois). "Il ne faut pas voir plus loin qu'un loupé", assure Hervé Gagneur, directeur de l'urbanisme de l'UMP Maryse Joissains. "Gérard Lafont n'est pas un politique, il a des amis à droite comme à gauche", note Pierre Garnier. Avec une préférence pour les Guérini ?
Une enquête de Jean-François Poupelin (le Ravi) et Louise Fessard (Mediapart)
Pour les amendes, la réhabilitation légale est acquise de plein droit, trois ans après leur paiement, donc depuis 1998 concernant M. Lafont.

Posté par CASTRONOVO à 01:10 - - Commentaires [1] - Permalien [#]