Le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO

Citoyen d'Aix-en-Provence

mardi 22 septembre 2009

La triche érigée en système sans morale

gif_carton_rougeJe le disais hier, la vie publique va à vau-l'eau. Je comparais la sphère politique et le monde sportif. Dans son édition d'hier, le journal Le Monde a publié une interview intéressante sur la tricherie érigée en système. Il a demandé à Nigel Warburton, philosophe britannique et collaborateur régulier d'émissions sportives sur la BBC, pourquoi la triche est partie intégrante de toute activité sportive, établissant même un parallèle avec la vie politique.

Cela me rappelle furieusement quelques personnages aixois pris la main dans le sac, des partis politiques qui tripatouillent les urnes et, fin du fin de l'actualité, le tragi-comique procès en correctionnelle qui s'est ouvert ce lundi. La grandiloquence complètement théâtralisée de Villepin faisait penser à Nixon qui affirmait n'avoir pas espionné le parti démocrate avant d'être contraint de figurer dans l'Histoire comme le seul président américain obligé de démissionner. Comme dirait l'ami Benoît Petit : soupirs !

Extraits significatifs de l'interview…

Pourquoi les sportifs trichent-ils ? 

Le Monde : Pensez-vous que la triche fasse inévitablement partie intégrante du sport professionnel de haut niveau ?

Nigel Warburton : Non, pas d'une façon inévitable, même si la majorité des sports professionnels et amateurs en comportent, que ce soit en Formule 1, au football ou au rugby. Il existe différents niveaux de triche. Au football, un joueur peut être tenté de faire un tacle en sachant qu'il a 50% de chances de provoquer une faute. C'est une prise de risque qui est à la limite de la légalité, mais qui fait partie du jeu. Dans les sports de contact, en général, il y a un niveau de tricherie qui fait presque partie du jeu.

C'est différent quand l'acte tenté sort de la sphère sportive.

C'est le cas du "Bloodgate", une affaire récente impliquant l'équipe de rugby des Harlequins, à Londres. Son entraîneur a mis en scène la blessure d'un joueur à l'aide d'une capsule de faux sang, afin de favoriser son équipe. Ce fut un énorme scandale. Parce que même si les Harlequins n'ont pas gagné le match, c'était un geste si forcé et prémédité, qui impliquait un tel niveau d'organisation au sein de l'équipe, que c'était plus grave que la simple triche consistant à tromper un arbitre.

Une préméditation que l'on retrouve dans l'affaire Renault...

Tout à fait. Sans connaître tous les détails de l'affaire, on devine aisément que cela a demandé une organisation complexe et la collaboration de nombreuses personnes. Tout cela afin de trouver le meilleur moment pour avoir cet accident. Et c'est sans compter sur la dangerosité d'une telle stratégie.

Vous avez écrit que les exemples de triche sont plus nombreux aujourd'hui...

Je ne sais pas si c'est un phénomène quantitatif ou une coïncidence. Peut-être avons-nous tout simplement développé des moyens plus modernes pour détecter les tricheurs. L'affaire du "Bloodgate", par exemple, a été révélée par une caméra de télévision. On a clairement vu le joueur sortir du terrain et faire un clin d'œil à son préparateur. Tout le monde a perçu quelque chose de louche.

C'est grâce à ces techniques de surveillance plus sophistiquées que l'on découvre plus d'incidents. Face à elles, les athlètes ont effectivement plus de chances de se faire attraper. Il faut noter que ce phénomène ne concerne pas exclusivement le sport de haut niveau. La triche dans la sphère amateure a bien moins de chance d'être relayée parce que cela intéresse moins de gens, mais elle existe aussi.

D'un point de vue philosophique, qu'est-ce qui motive les tricheurs ? La peur de la défaite, l'envie de réussir, la nécessité de rester au sommet ?

Dans Le Prince, Machiavel considère que, dans des conditions extrêmes, un dirigeant ne doit pas agir de façon morale, car cela mettrait en péril l'Etat. […] Il faut aussi considérer que dans le sport, les règles sont subjectives et sujettes à interprétation. On essaie de pousser au maximum pour savoir jusqu'où on peut aller. Mais pour ce qui est de la motivation, je pense que cela dépend de l'occasion ou même du sport. Cela peut être l'argent, la gloire, l'envie de vaincre, le manque de recul ou tout simplement l'absence de morale chez l'athlète. […]

N'est-ce pas alors un paradoxe que les athlètes de haut niveau soient contruits pour être des modèles ?

Oui, et en ce sens ils ressemblent beaucoup aux hommes politiques. Ils peuvent très bien être des exemples à suivre dans leurs disciplines respectives, mais le processus qui les fait arriver au sommet de cette discipline implique une attitude intransigeante. Et ce sont quelquefois les individus pas vraiment moralement irréprochables qui atteignent ce sommet.

Le sprinter Ben Johnson est un exemple révélateur. Il a travaillé pour devenir l'homme le plus rapide du monde. Et on ne peut pas nier que c'était un exploit, qu'il ait été dopé ou pas. En l'occurrence, il était dopé. Mais pour qu'il arrive à un niveau où des produits ont fait de lui l'homme le plus rapide du monde, il fallait déjà qu'il soit un athlète extraordinaire. Pourtant aujourd'hui, personne ne se souvient de lui comme un bon athlète, juste comme un homme qui a triché. […]

Vous avez dit que "les tricheurs s'en sortent souvent" et qu'ils "ont changé l'histoire du sport, et continueront à la faire". Vous le pensez toujours ?

Je pense avoir écrit cela avant la Coupe du monde 2006 et l'expulsion de Zinedine Zidane, qui a, en elle-même, changé pas mal de choses. Mais effectivement, je crois que les tricheurs s'en sortent souvent dans le monde sportif. Paradoxalement, la triche apporte un intérêt supplémentaire au sport. Je ne dis pas que c'est une bonne chose, mais je pense qu'il existe chez le public un véritable intérêt pour démasquer les tricheurs, savoir comment ils ont pu tromper tout le monde. Tout simplement parce que l'immoralité est souvent plus intéressante que la moralité, le "méchant" est plus intéressant que le "héros". Il y a également cette idée persistante de la chute d'une idole, de découvrir que ces athlètes ne sont pas vraiment ceux que l'on croit. 

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lundi 21 septembre 2009

Vie publique : Une éthique en toc…

gif_tribunalDe quoi vomir. Hier soir, j'ai regardé l'émission Capital qui revenait sur un an de crise. Bilan : les voyous continuent comme avant. Les détraqués des jeux financiers s'en donnent à cœur joie. Les banquiers s'en mettent toujours autant dans les poches. Les gros patrons s'assoient sur leurs chartes éthiques puisque ce ne sont pas des lois. Le directeur de la BNP Paribas était invité mais il est venu avec sa cynique langue de bois. Le gouvernement, lui, est infichu de transformer son plan de relance à 26 milliards d'euros en création d'emplois.

Mercredi, j'avais entendu l'interview de Kerviel qui expliquait sur France 2 que le système n'a aucune règle à part le fait d'empocher le maximum d'argent en un minimum de temps, y compris lors de l'attentat à la bombe du métro de Londres qui l'a excité et fait gagner 500.000 euros. Dans la même émission, un ancien banquier a expliqué qu'il y avait deux sortes de banques : l'établissement qui joue un rôle normal et la banque qui fait du "casino". Heureusement que j'avais mangé assez tôt, cela m'a évité des renvois.

Cette semaine aussi, on nous a rappelé l'ouverture ce lundi du procès Clearstream (on ferait mieux de dire Darkshit). Le journaliste Edwy Plenel, invité sur France 3, n'y est pas allé par quatre chemins. Figurant lui-même sur les faux listings, il s'est insurgé contre le tour politique qu'a pris le dossier qui s'est focalisé sur une bataille Sarkozy vs Villepin faisant fi des autres dizaines de personnes connues s'étant portées parties civiles.

Il a surtout accusé le président d'avoir manipulé cette affaire parce qu'il était alors candidat et de faire un mélange de genres en se maintenant partie civile à ce procès au mépris de sa fonction actuelle qui devrait être impartiale. La justice dira, si elle le peut ou n'en est pas empêchée, ce qu'il faut penser de Villepin. Ce qui est sûr, c'est que le procureur Marin, copain de Sarkozy, qui conduit l'affaire se gardera bien de lui faire porter le moindre chapeau. Si ce n'est pas le signe d'une démocratie malade, on se demande bien comment on pourrait la qualifier autrement.

Autres crapuleries

D'ailleurs, la vie publique connaît de telles dérives qu'on ne va plus s'étonner de rien. Pour mémoire, le sac se remplit chaque jour un peu plus. Les propos de Frêche et de Hortefeux font la une. Chirac, premier président de la République mis en examen est toujours en liberté. Villepin, ancien premier ministre est lui aussi dans la même situation. Pasqua vient d'être condamné à 18 mois avec sursis pour avoir encaissé frauduleusement un peu plus de 1 million d'euros. Par ailleurs, il est mis en examen dans de nombreuses autres affaires dont une qui le fera comparaître devant la cour de justice de la République. Pourtant, il est toujours sénateur. Dray, député, devra répondre sur ses éventuelles turpitudes.

Passons, mais sans les oublier, sur les fraudes électorales qui ont amené le Conseil d'Etat à invalider les élections municipales de Corbeil-Essonnes, de Montpellier, de Carcassonne et de Briançon. Le sac est loin d'être plein car la liste ne pourra jamais être exhaustive.

La gangrène n'atteint pas que la vie politique. Le monde sportif lui aussi regorge de son lot de crapuleries. La triche y est quasi institutionnelle. Dans quel sport professionnel n'y a-t-il pas encore de dopage ? Quant au football, on croyait être vacciné de l'ère Tapie, ben non. Pas plus tard que samedi, Courbis a été encabané pour terminer sa peine suite à un trafic d'argent lors du transfert (oui, on vend et on achète des hommes) de joueurs de renom. Au passage, les infos ont rappelé que le "mécène" Louis-Dreyfus avait lui aussi été condamné pour la même affaire. Et n'omettons pas Dassier pour ses propos plus qu'équivoques de la semaine dernière.

Enfin, la pantalonnade du directeur de course Renault qui a imaginé une parodie d'accident pour favoriser son écurie dépasse largement ce que le cynisme peut engendrer lorsque l'appât du gain supplante tout le reste.

De quoi vomir, disais-je. Et si ce n'est pas le cas, ça soulage de le dire.

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vendredi 27 mars 2009

Des patrons de... très haut vol

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La grosse arnaque aux parachutes dorés, stock-options, bonus et retraites chapeau n'a pas commencé avec la crise. En 2007 déjà, une étude avait révélé que les hauts dirigeants français étaient en tête du palmarès européen des parachutes dorés. Les derniers cyniques en date n'ont presque rien à envier à cette famille, dignes de figurer sur l'arbre généalogique de la finance de haut vol, c'est bien le cas de le dire.

En quelques jours, on a encore appris que la Société Générale a suscité un tollé en attribuant des stock-options à ses dirigeants après avoir reçu 1,7 milliard d'euros de prêts publics. Mais, face au malaise, la banque a renoncé. Hier, les deux dirigeants de GDF Suez ont dû renoncer à leurs stock-options. Quant à Natixis, en déficit, qui annonce un dégraissage de son personnel, il a versé 90 millions d'euros de primes à ses traders en 2008.

Le concours n'est pas terminé. A chaque jour, suffit sa (dé)prime...

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Le tableau d'horreurs...

à 2000 : Philippe Jaffré 

PDG d'Elf Aquitaine de 1993 à 2000, il démissionne après le rachat de son groupe par Total avec un parachute de 10 millions d'euros d'indemnités de départ, plus des stock-options évalués entre 20 et 30 millions. C'est le premier scandale du genre.

à 2002 : Jean-Marie Messier

Forcé à la démission en juillet de la compagnie Vivendi Universal placée dans de grosses difficultés par une politique d'expansion jugée hasardeuse, il demande 20 millions d'euros, ce qui est finalement refusé devant le scandale suscité. Il est ensuite mis en examen pour cette opération mais poursuit sa société en justice en estimant que cette somme lui est due. Il y renoncé finalement.

à 2003 : Pierre Bilger

PDG d'Alstom entre 1991 et 2003, il quitte le groupe en proie à de graves difficultés financières et ne devra sa survie qu'à l'intervention de l'Etat. Son parachute doré de 4,1 millions d'euros fait scandale chez les syndicats. Geste alors sans précédent, il le rend et publie en 2004 un livre intitulé "Quatre millions d'euros, le prix de ma liberté".

à 2005 : Serge Weinberg

Le président du directoire Pinault Printemps Redoute est poussé vers la sortie avec un chèque de 5,3 millions d'euros.

à 2005 : Daniel Bernard

Le PDG de Carrefour est débarqué et l'entreprise annonce qu'il recevra un complément de retraite d'un montant maximal de 29 millions d'euros et une indemnité de 9,8 millions supplémentaire assortie d'un clause de non-concurrence durant trois ans. En novembre 2008, la justice annule cette retraite chapeau.

à 2006 : Noël Forgeard

Le coprésident exécutif d'EADS de juin 2005 à juillet 2006 est évincé après l'annonce de graves difficultés sur le programme A380, en empochant 8 millions d'euros. La nouvelle scandalise d'autant plus les salariés d'Airbus que, parallèlement, il est soupçonné de délit d'initié. Une enquête de police toujours en cours est ouverte sur le parachute.

à 2006 : Antoine Zacharias (record à battre)

Evincé de Vinci alors qu'il touchait un salaire de 4,3 millions d'euros, il empoche 12,9 millions de prime de départ et 170 millions de stock-options plus une retraite chapeau. Il poursuit ensuite en justice son ancien groupe pour demander 81 millions d'euros supplémentaires.

à 2008 : Serge Tchuruk et Patricia Russo

En juillet, alors qu'Alcatel-Lucent est en pleine déroute financière, le président non exécutif doit quitter l'entreprise avec 5,6 millions d'euros tandis que le départ de sa directrice générale est acté moyennant une indemnité de 6 millions. Ces sommes sont rendues publiques juste après l'annonce de 12.500 licenciements.

à 2008 : Axel Miller

L'ancien président du directoire de Dexia, qui a démissionné après le sauvetage de la banque franco-belge par les deux Etats, finit par renoncer, sous la pression, à ses indemnités contractuelles de 3,7 millions d'euros.

à 2009 : Thierry Morin

Mardi 24 mars, le quotidien Libération révèle que le DG de l'équipementier automobile Valeo doit quitter l'entreprise avec 3,2 millions d'euros de primes, alors que son entreprise, en grande difficulté, vient de percevoir 19 millions d'aide de l'Etat et d'annoncer une réduction de 10% de ses effectifs.

    

Bon, moi, ce matin, je vais aux Restos du cœur. Je vous confie le soin de convertir les pactoles en années de smic...

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jeudi 26 mars 2009

Il y en a que le logo motive

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J'ai d'abord cru que j'avais la berlue. Puis, pour me rassurer, j'ai pensé que c'était une simple illusion d'optique. Mais vérification faite, les vessies étaient bien des vessies. Comment ne pas rapprocher en effet le design du nouveau logo du Pôle emploi de celui du Loto ? Ça crève les yeux. Une petite recherche sur internet montre que des sites ont aussi relevé cette consanguinité.

Ce qui choque le plus, c'est le coût de cette identité graphique censée représenter la fusion de l'Agence pour l'emploi et les Assedic. Le secrétaire d'Etat à l'emploi a annoncé une dépense de 135.000 euros pour cette trouvaille alors que Le Canard enchaîné l'a estimé à 500.000€ (le 4 mars). Il y a donc des crânes d'œuf d'une société de communication, Nomen, qui ont réussi à extorquer une pareille somme pour une simple imitation.

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Il en avait été de même, il y a à peine cinq ans, pour l'ancien logo de l'Anpe calqué sur celui d'une firme d'éclairage italienne, Reggiani. Il avait fallu débourser 2,4 millions d'euros pour cette idée lumineuse, qui n'en était finalement pas une, cogitée chez Euro RSCG.

Quant au logo du Loto rénové par l'agence Dragon rouge en octobre dernier sur le modèle de celui de 1999, il a coûté à la Française des jeux quelque 15 millions d'euros, études et communication comprises.

Au moment où le chômage file un très mauvais train et où les scandales des bonus patronaux pourraient remplir des wagons, le gouvernement continue de jeter de l'argent par les fenêtres. Pourquoi se gêner, hein ? Puisqu'il y en a que le logo motive… De quoi en perdre vraiment la boule !

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mardi 13 janvier 2009

Armes, larmes et alarmes

Que sont des flocons de neige au regard des vrais drames de l'actualité ? Rien que pour la seule journée d'hier, on a eu droit à une épaisse avalanche. Une fois de plus, nos amis les inhumains n'ont pas lésiné sur la dose en ayant recours, une fois de trop, à toute une panoplie d'armes qui assombrissent le ciel et arrachent le cœur.

De la pollution au soufre dans notre département, trois coups de couteau portés à un professeur, des volées de matraques contre des enseignants qui manifestaient leur mauvaise humeur à l'encontre de la politique de Sarkozy, des cocktails molotov contre une synagogue, des bombes au phosphore larguées sur des civils à Gaza. Tragique et désespérant.

La parole ne suffira-t-elle donc jamais pour dialoguer, respecter la vie et améliorer le sort du monde ? L'homme s'anéantit en usant de la violence irresponsable, aveugle, calculée, vengeresse ou criminelle.

Que d'existences ruinées ! Que de territoires ravagés ! Que de sang répandu ! Que de sanglots amers ! Que d'espoirs dévastés !

Peut-on se résigner à ce que notre "humanité" ne soit que cela ?

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vendredi 28 novembre 2008

Les chiffres du surendettement… qui crient misère

Ici, on condamne crapuleusement des associations qui aident les sans-logis. Là, on expulse ceux qui ne peuvent plus honorer leurs loyers. Ici, on prive des chômeurs d'allocations minimales. Là, on licencie à lourdes charretées. Ici, on distille des salaires de misère. Là, le désespoir pousse les ménages à suremprunter pour rembourser leurs dettes. Mais, on continue à gaver les malfrats de la finance à coups de milliards.

On pond rapport sur rapport, sur les mal-logés, sur le chômage, sur les niveaux de (sur)vie. Il suffit de jeter un œil sur les documents publiés pour prendre la mesure du désastre.

Les ménages de plus en plus surendettés

En décembre 2006, la Banque de France, qui assure le secrétariat des commissions de surendettement, faisait état de 700.000 dossiers de surendettement en cours de procédure de désendettement. Selon ces mêmes sources, les dossiers de surendettement en cours étaient de 652.000 en janvier 2006. On constate donc une nette croissance du phénomène de surendettement au cours de l’année 2006.

Une légère baisse de 0,6% des dossiers a été constatée au premier trimestre 2007. 185.000 ménages ont déposé un dossier auprès de la commission en 2006. Soit 20.000 demandes de plus qu’en 2003, au moment de la promulgation de la loi Borloo.

Selon des critères plus subjectifs, basés sur des enquêtes nationales, 15% des ménages déclarent avoir des difficultés "à rembourser leurs dettes". Plus de 7 millions de personnes seraient concernées, de près ou de loin, par le surendettement.

Le surendettement a fortement changé de nature depuis la mise en place de la première  loi sur le surendettement en 1989. Un tiers des dossiers enregistrés par les commissions entrent dans la catégorie du surendettement actif. Les deux tiers des dossiers traités relèvent du surendettement passif, lié à un "accident de la vie".

Les origines du surendettement

Les principales causes du surendettement en chiffres :

Le surendettement "actif"

Excès de crédit : 15%

Erreur de gestion : 6%

Coût trop élevé du logement : 1,2%

Le surendettement "passif"

Le chômage : 31%

Séparation, décès : 17%

Maladie, accident : 11%

Le profil des surendettés

Les ouvriers et employés : 55% des surendettés

Les chômeurs : 34%

Les personnes seules : 64% de célibataires, 58% sont veufs ou divorcés

Le salaire moyen des personnes surendettées est de 1.500 euros et moins.

Parmi les surendettés : 78% de locataires, 10% ayant un patrimoine immobilier.

La tranche d’âge la plus touchée : 35 - 54 ans.

Le coût du surendettement

Il est évalué à 180 millions d’euros pour le seul fonctionnement des commissions de surendettement.

Le surendettement moyen

Il équivaut à environ 60% du revenu permanent d'un ménage. L’endettement par dossier de surendettement est estimé en moyenne à 32.600 euros.

Les solutions proposées

Sur 730.000 dossiers déclarés recevables par la commission de surendettement entre janvier 2002 et décembre 2006 :

59% ont fait l’objet d’un plan de redressement classique

13% ont fait l’objet de recommandations

8% ont fait l’objet d’une "faillite civile".

Cependant, depuis l’avènement de la loi de rénovation  urbaine, en 2004, la part de la procédure de rétablissement personnel (ou faillite civile) dans les solutions face au surendettement ne cesse de croître.

Le rachat de crédit, une solution favorisée par les Français

Depuis 2003, les chiffres attestent d’une nette progression du rachat de crédit en France. Les prévisions pour l’année 2008 ne démentent pas le succès de cette "technique".

Avant de devoir faire face aux graves difficultés liées au surendettement, le rachat de crédit permet d’agir dès les premiers signes de déséquilibre budgétaire (incidents de paiements répétés, séparation en prévision…).

Face à la forte crise économique qui s'installe pour un bon bout de temps, que vont peser ces faibles progrès ?

                     

"Discours sur la misère" (Victor Hugo, 9 juillet 1849)

miseria_Hugo

(Clic sur l'image pour agrandir)

"Miseria", dessin attribué à Victor Hugo

"Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère. (Réclamations - Violentes dénégations à droite) Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. (Nouveaux murmures à droite)

La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. (Oui, oui ! à gauche) Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli. (Sensation universelle)

La misère, Messieurs, j'aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?"

(Victor Hugo, extraits de "Actes et Paroles I, Assemblée législative", 1849-1851)

Quelques liens pour en savoir plus sur le surendettement :

http://www.conseil-economique-et-social.fr/presidence/publication/PU07-276.pdf

http://www.mediateur-republique.fr/fic_bdd/pdf_fr_fichier/1193240545_CES_24_10_07_intervention_MDR.pdf

http://www.guideducredit.com/HTMcorps/fichiersreglementation/le-surendettement-en-france.doc 

http://www.banque-de-france.fr/fr/instit/telechar/services/tableaux_barometre_0712.pdf 

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jeudi 23 octobre 2008

Quand les journalistes font le trottoir

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Hier soir, j'ai regardé l'émission "Droit d'inventaire" sur France 3. Belle hypocrisie ! La présentatrice Marie Drucker, compagne d'un ancien ministre, fille de l'ancien parton de M6, nièce de celui qui aime tous les politiques et fait de longues émissions sirupeuses qui suivent toujours le sens du vent, recevait, entre autres, Catherine Nay, dont le compagnon est aussi un ancien ministre.

Et, pour notre malheur, le Patrick Poivre qui, depuis qu'il s'est fait lourder de la chaîne aux programmes béton, arpente tous les trottoirs, tous les couloirs, va pleurer sur tous les plateaux et s'érige en journaliste indépendant et irréprochable, lui qui a bouffé toutes les soupes et qui essaie de faire oublier sa fausse interview de Fidel Castro, ses "blancs" sur des informations dérangeantes concernant son ancien patron et les voyages en avion offerts par des politiques. L'homme qui, selon ses dires, affectionnait la pudeur n'arrive plus à la réprimer et s'étale ad nauseam sur tous les écrans.

Voilà par qui les Français sont "informés", des gens qui s'invitent entre eux, aux ordres des pouvoirs, au centre d'intrigues et sous les draps d'une confrérie connivente de la presse et de la politique. L'émission n'est qu'un alibi, une mascarade, un paravent, j'allais dire un cache-sexe.

On fait semblant d'analyser, on fait des retours dans l'histoire de la télé et on fait croire aux téléspectateurs que l'on parle librement. On évoque les débarquements de journalistes ou de présentateurs au gré des changements politiques. Y passent Christine Ockrent, épouse du ministre Bernard Kouchner, on occulte Béatrice Schönberg, femme du ministre Jean-Louis Borloo, on ne fait aucune mention des noms de fils, fille ou parent de… (par exemple, Jean-Pierre Elkabach qui en a placé quelques-uns) pourtant lisibles dans les génériques de certains programmes.

Pour la honte que je ressens pour eux, je ne veux même pas faire allusion à ces journalistes dont tout le monde sait qu'elles ont fréquenté les palais et même plus pour autres affinités et qui viennent nous cligner des yeux soit aux actualités, soit comme chroniqueuses.

Et puis, hier soir, comme depuis quelques temps, en trois minutes, Anne Sinclair qui, depuis les Etats-Unis où travaille son mari (quand il ne fait pas de petites pauses...), vient faire ses misérables "ménages" pour Canal + sur les élections américaines.

Il y a des jours où il est bon de se dire que, pour s'informer, il ne faut faire aucune confiance à ces castes consanguines qui s'acoquinent sans vergogne, qui acceptent les pressions, les compromissions et les soumissions, qui se gavent sur la crédulité des gens, qui ont perdu tout sens de l'honneur et qui marchent penchés, perclus par leurs courbettes.

Que ceux qui n'ont pas vécu les grandes œuvres hypnotiques de l'ORTF n'aient aucun regret. L'époque a peu changé. Et ce n'est pas avec un Nicolas Sarkozy qui veut maintenant nommer le PDG de la télévision publique que l'information sortira du temps des cavernes. Ses copains sont aux manettes des chaînes privées et ses amis marchands d'armes contrôlent les grands groupes de presse.

N'est-il pas symptomatique d'entendre chaque semaine les aboyeurs de l'actualité se muer en perroquets avec la même phrase "Comme l'a révélé notre confrère le Canard Enchaîné"…", non, le Canard ne "révèle" rien, il fait son travail, il fait de l'investigation, il fait du journalisme, lui. Le Canard est juste leur anti-confrère. Allez, un peu d'air !

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mercredi 22 octobre 2008

Taser : Les élus PRG pour une commission d'enquête

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Cicatrices causées par le taser lors de l'occupation

des locaux du ministère de l'immigration à Ottawa le 23 mai 2003

Définition du taser (du nom de la société exploitante) : Arme d'autodéfense dotée d'électrodes provoquant une décharge à haute tension (mais faible intensité) paralysant l'agresseur en interférant avec les ondes cérébrales. Existe également sous la forme de pistolet lance-dards.

Le taser n'est pas un appareil à prodiguer des caresses. Ce n'est pas un gadget de cinéma. C'est une vraie arme. Il foudroie, paralyse, électrocute, neutralise…

Deux sénateurs du Parti radical de gauche (PRG), Jean-Michel Baylet et Yvon Collin, ont déposé une proposition de résolution tendant à la création d'une commission d'enquête sur la dangerosité des pistolets à impulsions électriques. Voici le texte déposé sur le bureau du Sénat le 15 octobre 2008.

Exposé des motifs

Depuis quelques années, en France, les forces de l'ordre s'équipent de pistolets à impulsions électriques fabriqués par la société Taser. La police nationale et la gendarmerie disposent déjà de plusieurs milliers d'exemplaires de cette arme. Certaines communes autorisent leur police municipale à l'employer.

Considérant ces armes comme non létales, la société Taser les présente comme une alternative aux armes à feu. Elle vante les mérites de son produit sur Internet par le biais d'une liste des "forcenés", des " hommes dangereux", ou encore des individus "dangereux" neutralisés grâce à l'utilisation du pistolet. Néanmoins, leur emploi soulève de nombreuses inquiétudes.

Supposé ne causer aucun risque mortel selon le fabricant, le taser pourrait se banaliser et être employé dans des situations qui ne le justifieraient pas. De plus, on peut craindre que cette arme qui inflige des souffrances importantes soit utilisée comme un moyen de neutralisation, de rétorsion ou d'intimidation sur des personnes ne présentant pas de danger immédiat.

Sur ce point, dans un rapport récent, Amnesty International "note avec inquiétude que de nombreuses forces de police aux États-Unis utilisent régulièrement les pistolets électriques comme moyen de contrainte pour maîtriser des personnes récalcitrantes ou perturbées qui n'occasionnent pas de risque sérieux."

Ensuite, la société qui commercialise ces armes a pris l'habitude de poursuivre systématiquement toutes les personnes qui évoquent les morts qu'aurait provoquées le taser aux États-Unis ou au Canada, empêchant ainsi tout débat serein sur la question. Les pressions judiciaires que le fabricant exerce, notamment, sur les personnalités politiques s'interrogeant sur la dangerosité de ces matériels, sont parfaitement inadmissibles dans une démocratie comme la nôtre.

Enfin, dans son rapport du 23 novembre 2007 sur le Portugal, le Comité contre la Torture de l'ONU a condamné l'usage et l'équipement des forces de police en tasers. Le Comité s'inquiète de la douleur aiguë, constituant une forme de torture, ainsi que du risque mortel causé par le pistolet électrique.

Compte tenu des questions soulevées par le développement de ces armes nouvelles et des cas de décès répertoriés par des études fiables, nos concitoyens ne comprendraient pas que l'on généralise leur emploi sans que le Parlement ne s'informe d'avantage sur leur dangerosité.

C'est donc dans un esprit de responsabilité et de respect de la personne humaine, que nous demandons au Sénat d'adopter la présente proposition de résolution tendant à la création d'une commission d'enquête sur la dangerosité des pistolets à impulsions électriques taser.

Proposition de résolution

Article unique

En application de l'article 6 de l'ordonnance n° 58-1100 du 17 novembre 1958 relative au fonctionnement des assemblées parlementaires et de l'article 11 du Règlement du Sénat, il est créé une commission d'enquête de vingt-et-un membres sur la dangerosité des pistolets à impulsions électriques taser.

Le texte sur le site du Sénat :

http://www.senat.fr/leg/ppr08-026.html

Deux sites pour en savoir plus sur le taser et ses conséquences :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Pistolet_%C3%A0_impulsion_%C3%A9lectronique 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Taser_(entreprise)

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jeudi 16 octobre 2008

La Marseillaise, c'est pas fait pour les stades !

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Attention, article mal élevé !

Mais que viennent faire les hymnes nationaux dans les stades ?

Amer constat. Les gros clubs sportifs sont devenus de bien cyniques machineries à fric destinées à dépouiller de braves gens pour engraisser les sponsors, les joueurs et les médias. Tous les moyens sont bons, y compris jusqu'à usurper des valeurs républicaines censées conférer aux matches un décorum martial signifiant que la survie de l'espèce est en jeu.

Qui ne voit à quel point on conditionne les esprits pour échauffer les sens ? Dès lors, que peut-on attendre de pire que l'irrespect ?

Il y en a marre de ces "unes" quotidiennes, racoleuses et tyranniques des médias. Marre de l'exploitation des foules. Marre de l'abêtissement provoqué des supporters. Marre des interviews crétines à ras de pelouse des dirigeants, des joueurs et des fanas. Marre des commentaires psychotiques sur la tendinite de machin ou les crampons de truc-chose quand on laisse tant de gens crever de faim et de froid sur les trottoirs.

Marre de ces compétitions encadrées par des centaines ou des milliers de policiers. Marre du dopage sous toutes ses formes. Marre des joueurs achetés et vendus comme des marchandises. Marre de ceux qui prétendent représenter leur pays ou leur ville mais s'en vont jouer de longues saisons dans des équipes extérieures (le marseillais Zidane n'a jamais fait partie de l'OM).

Marre de leurs extases à deux balles. Marre de les voir cracher par terre. Marre de leurs trois mots de vocabulaire plein d'insultes. Marre de les entendre parler de "mental" quand ils sont rémunérés jusqu'à point honte. Marre du clinquant de leurs bagnoles et de leur bling-bling. Marre de les voir vampiriser les écrans de pub avec leur air benêt.

Marre de la traite organisée des gamins et des mirages qu'on leur fout dans la tête. Marre qu'on confonde tout avec tout et qu'on fasse lire la lettre de Guy Môquet à ces ombres de combattants. Marre de la Légion d'honneur sacralisant le type qui donne le moindre coup de pied dans un ballon. Marre qu'on glorifie ces héros de pacotille à pied d'égalité avec ceux qui sont morts sur d'autres terrains, pour notre liberté, sans Marseillaise, sans décoration, ni sépulture.

Stop les hymnes dans les stades ! Qu'on leur fasse chanter la danse des canards (et je reste poli, en tout cas, plus que le président de la République) !

Ouf, ça soulage !

Sur le même thème, voir l'article "La peste sportive" : http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/10/07/10856164.html

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mardi 7 octobre 2008

La peste sportive

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Bon, aujourd'hui, je me jette à l'eau. Je sens que je prends le risque de perdre des lecteurs mais, tant pis, je n'ai pas envie de me gêner.

Une nageuse vient mêler ses larmes dans les eaux de Marseille et voilà qu'on nous bassine de flots de commentaires dégoulinants d'admiration béate. Elle vient, dit-elle, d'avoir un "coup de foudre" pour les ondes méditerranéennes – aïe, gare, s'il se termine comme tous ceux qu'elle a eus avant – mais celui-ci est assorti d'une bouée avec rémunération anticipée. Bien sûr, devant tant d'amour déclaré, on a envie de boire ses paroles.

Pourtant, là, on sent que beaucoup ont à y gagner et que le sport dans tout ça, c'est secondaire. Les prédateurs ont monté l'affaire. Ils ont guetté la proie, une qui génère beaucoup de remous sur sa personne, et l'ont prise dans leur cercle. Il y a donc du fric à se faire et du papier à vendre. Pas un seul mal de genou (le claquage de cerveau, c'est plus difficile) qui ne sera exploité, comme pour les footballeurs. Pas un seul moment de déprime qui ne sera filmé, comme pour certains artistes qui viennent pleurnicher sur leur passé d'alcoolo ou de camé.

En une semaine, avec l'arrivée de la naïade olympique, oui, oui, à Marseille tout doit être olympique, on sait déjà ce qui nous attend chaque jour : une bonne rasade d'infos futiles et d'interviews ras-le-bonnet, et puis la tasse jusqu'à la nausée. Une vraie tyrannie, quoi.

Mauvaise coïncidence, ce même jour, on apprend que deux nouveaux cas de dopage ont été détectés au Tour de France. Pendant ce temps, les petits sportifs amateurs rêveront sur le banc de touche et oublieront qu'on leur mégote les moyens pour pratiquer sainement leur activité préférée. Le message politique est clair : il faut des machines à fantasmes, des élites qui écrasent tout. Les miséreux peuvent retourner dans leurs vestiaires, quand ils en ont, et noyer leur chagrin dans leurs larmes, s'il leur en reste.

Tiens, la mécanique est si bien rodée que même le ministre de l'éducation a songé à offrir des médailles aux écoliers qui surnagent, les autres peuvent couler…

J'ai trouvé plus virulent que moi. Voyez plutôt cet article paru dans Siné Hebdo du 17 septembre 2008, signé Jean-Marie Brohm. Ça défoule…

"La peste sportive "

Depuis la coupe du monde de football gagnée en 1998 par les "Bleus", l'hystérie sportive n'a cessé de gagner du terrain en France. Hommes politiques et jour­nalistes, artistes de variétés et stars du show-biz, écrivains et "grands penseurs de notre temps", tous ont entamé le couplet mystificateur de la "France qui gagne", de la France qui "chante la Marseillaise", tous - socialistes en tête - ont succombé à l'idolâtrie d'un Zidane au salaire pharaonique, tous se sont faits les chantres extasiés des mercenaires en crampons, experts en coups de boule et tacles assassins, tous ont "vibré" avec les olas des meutes de supporters enragés.

Et tant pis pour le tribalisme, le nationalisme, le chauvinisme, la haine xénophobe, le racisme, pourvu qu'on ait l'ivresse du ballon rond ! Après l'horreur footballistique, on a eu droit à la crétinisation du rugby organisée par la bande à Sarkozy (Laporte and Co) lors de la coupe du monde en octobre 2007 où l'équipe française des néandertaliens, aurochs, béliers et mammouths a pris une bonne raclée de "caramels", "cravates" et "plaquages à retar­dement" devant les joueurs de Sa Gracieuse Majesté, eux aussi mons­trueux crânes d'obus.

Pendant les jeux de la honte à Pékin, en août 2008, un incessant matraquage médiatique a intensifié jusqu'à la nausée la massification totalitaire de l'espace public par la propagande sportive.

Impulsée par toutes les agences idéologiques du libéralisme, la seule question qui ouvrait les JT était : la France, combien de médailles ? Pour une poignée de quelques breloques d'or, d'argent ou de bronze, soigneu­sement comptabilisées, on a donc eu droit à l'indécente exhibition de quel­ques spécimens de cogneurs à la mine déconfite par la défaite, de squales humains ruisselants de "lar­mes de bonheur", de spadassins ahuris, de nageurs gonflés comme des canots pneumatiques ou de handballeurs abrutis par les beuglan­tes de la victoire.

Entre-temps, il a encore fallu subir la farce grotesque des dupés-dopés du Tour de France, les ahanements obscènes des joueurs de tennis à Roland-Garros et Wimbledon et, bien sûr, les tourni­quets de la Formule 1 sur TF1.

"La monstrueuse mécanique du divertissement", pour reprendre l'ex­pression de Theodor W. Adorno, a ainsi trouvé dans le sport-spectacle multinationalisé une inépuisable source de chloroformisation des consciences et de dépolitisation. Le "tous ensemble" des luttes socia­les tend maintenant à être confondu avec l'union sacrée autour de "nos champions" qui, bien évidemment, puisqu'ils le jurent, ne sont ni dopés ni adeptes de l'exploit tarifé, mais d'honorables citoyens que l'on accueille comme des légionnaires romains de retour de campagne et que Sarkozy, lui-même petit jogueur au style de hamster hargneux, décore à l'Ëlysée comme des "Français exemplaires".

A part cela, la peste sportive n'a rien à voir avec la politique !

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - Coup de gueule - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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