jeudi 5 novembre 2009
"Partenariats" entre presse locale et mairies, suite…
Le Canard enchaîné paru ce mercredi publie (et commente) la réaction du pédégé de La Provence suite à l'article de l'hebdo du 21 octobre faisant état de partenariats de publicité entre la presse locale et certaines mairies du Sud-Est, dont celle d'Aix. Intéressant à lire…
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Lire le premier message sur ce sujet avec l'article initial du Canard : http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/10/23/15535279.html
lundi 2 novembre 2009
Clinique du Montaiguet : Un projet trop patraque
Mardi 3 novembre : Le docteur Patrice Halimi réagit à ma question de fin d'article et exprime son point de vue. A lire dans les commentaires.
Pour comprendre pourquoi le projet d'implantation de la polyclinique Rambot au Montaiguet est tordu, il ne faut pas en rester à la seule délibération de révision simplifiée de POS que le conseil municipal examinera demain soir. La manœuvre proposée doit être dénoncée en prenant en compte le large contexte dans laquelle elle s'inscrit.
D'abord, le contexte des choix politiques de cette municipalité. Cela fait plusieurs années que Maryse Joissains retarde la mise en place du Plan local d'urbanisme cherchant tous les prétextes : manque de fonctionnaires pour travailler sur ce type de document, attente de décisions censées être prises par l'Etat, temps électoral, annulation de l'élection. Or, de nombreuses communes, petites et moyennes, de la CPA ont déjà adopté leur PLU. Comment ont-elles réussi avec moins de moyens que ceux de la Ville d'Aix ?
Joissains s'est donc retranchée dans un recours systématique et au coup par coup à des révisions simplifiées de POS parachutées ici et là sans réflexion globale sur les besoins en équipements et infrastructures et les équilibres nécessaires à un développement maîtrisé et harmonieux du territoire. C'est d'ailleurs ce qu'ont bien compris et consigné les CIQ, les associations et bon nombre de contributeurs qui ont participé à l'enquête sur la révision de POS des Bornes. La confirmation de cette mauvaise méthode municipale en sera encore fournie demain puisque l'ordre du jour comporte une douzaine de dossiers liés à la planification urbaine.
Plus politiquement, depuis huit ans, les adjoints successifs à l'urbanisme se sont pliés à la pratique de la prise de décisions dans leur coin faisant fi de concertations approfondies avec la population et les CIQ. Demain, il sera intéressant de savoir combien d'élus de la majorité voteront en toute connaissance de cause. Il est à craindre qu'ils ignoreront tout sur le sujet et qu'ils feront aveuglément bloc derrière le maire en ne se posant aucune question.
Remettre le projet dans son contexte
Dans un second temps, le projet doit être replacé dans son contexte historique. En effet, le projet de restructuration de la clinique Rambot ne date pas de la récente révision de POS. Il faut remonter à 2004 pour se rappeler qu'un protocole d'accord avait été conclu entre la polyclinique et la Semepa, avec accord de la Ville, pour construire un immeuble médical permettant son expansion en proximité immédiate de l'établissement existant sur un parking municipal de 280 places (maintenant ouvert).
D'ailleurs, en 2005, ce projet initial avait donné lieu à une révision partielle de POS confirmant l'orientation médicale du quartier et fait l'objet d'un permis de construire permettant de développer globalement 5.000 m² de structure médicale modernisée et adaptée à la mise en place de l'offre de soins répondant aux besoins de Rambot qui devait bénéficier dans cette structure de 3.500m².
Ceci pour dire que le projet devait se faire sur place. Or, en totale contradiction avec ces démarches, en novembre 2007, la municipalité a lancé une révision expresse de POS au lieudit Les Bornes pour permettre un déménagement prochain de la polyclinique. Si, en 2008, l'ARH (Agence régionale d'hospitalisation), devenue il y a peu ARS (Agence régionale de santé), a donné son accord pour ce transfert, l'agence s'est bien gardée de lui apporter les moindres fonds au titre du plan de financement Hôpital 2012.
On devrait se demander pour quelles raisons. Par exemple, pourquoi, en passant du site actuel à celui du Montaiguet, le nombre de lits a-t-il crû de 319 à 340, outrepassant donc les objectifs du projet initial, au mépris même de l'équilibre privé / public ?
Délais, faisabilité et financement
Enfin, deux autres aspects méritent d'être analysés avec sérieux.
La question des délais et de la faisabilité : les porteurs du projet annoncent dans leur féerique plaquette que la livraison est prévue à l'horizon 2011 avec transfert en juin 2012. Pourtant, au mieux, le permis de construire ne pourrait pas être déposé et délivré avant 2010. Il faudrait 2 ans pour voir naître les infrastructures d'accès, publiques ou financées par la polyclinique et 3 ans pour la construction de l'établissement lui-même.
Cela mènerait à 2015… si aucun recours ne devait entraver le processus. Or, il y a fort à parier que de multiples procédures seront engagées devant les tribunaux. Ce qui fera tomber l'autorisation de l'ARH valable jusqu'en 2012.
Le portage et le financement : depuis une dizaine d'années, la polyclinique actuelle n'a enregistré aucun bénéfice et n'a par conséquent pas pu enrayer le délabrement de l'établissement mettant en péril le respect de certaines normes. On a du mal à imaginer des apports de fonds des grands opérateurs hospitaliers privés qui, pour diverses raisons dont la crise, ont du mal à investir dans leurs établissements existants.
Or, le coût minimum pour un projet tel que celui des Bornes va chercher dans les 80 millions d'euros, hors les dépenses d'aménagements de voirie, de ronds-points et de réseaux. Rien de tout cela n'a été chiffré, ni par la polyclinique ni par la Ville pour les parts respectives qu'elles comptent prendre en charge. La crise financière ne va certainement pas aider, d'autant que la polyclinique avait sollicité l'ARH à hauteur de 45 millions d'euros, qui lui ont été refusés !
La municipalité avance-t-elle les yeux fermés ? Quelles garanties a-t-elle prévues avant de valider ce vaste projet de restructuration d'une zone foncière protégée qui doit éviter l'écueil du purement spéculatif ? A-t-elle pris conscience qu'un tel projet ne peut se concevoir que dans le cadre d'une stratégie d'intérêt général reposant sur une vision globale sur l'ensemble du territoire de la commune ?
On le voit, les questions ne manquent pas. Mais, nous donnera-t-on des réponses ?
PS : Incidemment, il serait intéressant de savoir aussi comment le docteur Patrice Halimi peut à la fois se faire l'ardent défenseur de la cause environnementale et sanitaire et, concerné parce qu'exerçant au sein du regroupement Rambot-La Provençale, soutenir un projet si mal engagé dans un secteur naturel qui risque de souffrir gravement d'un point de vue écologique.
(Clic sur l'image pour agrandir) L'article de La Provence du 31.10.2009
vendredi 30 octobre 2009
Clinique du Montaiguet : Le bras de fer s'annonce…
(Clic sur l'image pour agrandir)
Un des arguments plaidant contre l'installation à Pont de l'Arc
C'est donc à la séance publique du conseil municipal de mardi prochain que Maryse Joissains veut faire passer en force la révision simplifiée de Plan d'occupation des sols pour installer le projet de polyclinique au lieudit Les Bornes, contrefort du massif du Montaiguet à Pont de l'Arc.
Si l'enquête publique menée en début de cette année a conclu à un avis favorable, le commissaire enquêteur n'a pu esquiver d'émettre un grand nombre de réserves et de conditions. En effet, plus de 600 contributions ont été enregistrées dont une majorité de critiques argumentées, notamment pour contester le choix du lieu, la dénaturation du paysage, les dégâts environnementaux et les afflux de circulation qui seraient considérablement aggravés. Et cela sans vision globale telle qu'elle devrait figurer dans un Plan local d'urbanisme qui… n'existe toujours pas.
Début octobre, l'adjoint à l'urbanisme a présenté le projet aux élus de l'opposition et déclaré que des modifications avaient été apportées à la mouture initiale qui, évidemment, font l'impasse sur le fond même du dossier. Au final, l'élu semble s'être comporté comme le porte-parole des initiateurs et des promoteurs du projet, allant jusqu'à reprendre leur propagande "d'éco-clinique".
Joissains prétend que "l'opposition ne vient pas du quartier mais est orchestrée par trois ou quatre personnes qui habitent autour". Beau mensonge censé dénigrer les opposants et réduire au silence le débat démocratique. Or, voici que paraît une déclaration, cosignée par de nombreuses associations, qui met les points sur les "i", avant que la bataille administrative et judiciaire ne prenne le relais. A noter, par ailleurs, que des médecins ont aussi émis d'importantes réserves sur certains aspects de la faisabilité du projet.
Déclaration
du Collectif pour l’Aménagement des Quartiers Sud
et la Protection de la Campagne Aixoise
Face à la campagne de désinformation à propos de la révision simplifiée de POS concernant la zone des Bornes, au Montaiguet, nous, Aixois, avons décidé de saisir l’opinion sur le dossier de la délocalisation de la polyclinique Rambot (P.P.R).
Ne reproduisons pas les erreurs du dossier de la gare routière !
Animés par le même souci, la défense du seul intérêt général, nous contestons la révision simplifiée aux Bornes, en nous fondant sur les motifs objectifs suivants :
Ÿ sur le droit : étant donné les éléments qui nous ont été communiqués au cours de la procédure, si la polyclinique était construite aux Bornes, ce ne serait qu’après des décisions judiciaires, au terme d’un processus long et complet ;
Ÿ sur les atteintes à l’environnement : circulation, nuisances, destruction d’espaces naturels, patrimoniaux et agricoles ne font pas de ce projet un projet écologiquement soutenable ;
Ÿ sur le bouleversement apporté à l’économie générale du POS : trop de révisions simplifiées de POS ont été imposées sans réelle concertation ni vision d’ensemble.
C’est pourquoi nous exigeons le gel de tous les aménagements dans les quartiers Sud en attendant l’établissement du PLU qui fixera les grandes orientations de l’urbanisme pour l’avenir d’Aix-en-Provence.
Signataires actuels :
CIQ Luynois, CIQ Luynes-Malouesse,
CIQ des chemins de La Blaque et Mazargues, CIQ Les Milles,
CIQ Saint Jérôme-Cuques, CIQ Encagnane, CIQ du Pigonnet
CIQ Pont des Trois-Sautets, CIQ des Trois-Pigeons,
Association des Amis du Montaiguet et du Pont de l’Arc
NB : Tous les articles sur la saga de ce dossier figurent à la rubrique "Pont de l'Arc"
(colonne de droite du blog)
lundi 26 octobre 2009
Poubelle la vie… à Aix
(Clic sur l'image pour agrandir) Ça se passe à Aix
Non, ni Naples, ni Marseille. Cette scène baroque se passe bien à Aix. Ici et là, des habitants balancent n'importe quoi sur les trottoirs et transforment un coin de rue en dépotoir... au développement durable. Dire que cela manque de civisme est un euphémisme. Pourtant, les moyens existent pour se débarrasser d'encombrants. Il suffit de les apporter dans les multiples sites publics prévus à cet effet.
La collecte des ordures a ses règles et ses équipements mais cela semble encore et toujours échapper à des malotrus quand ces derniers ne vont pas jusqu'à faire preuve d'un culot sans nom. Evidemment, le spectacle est affligeant en plus d'être malsain à tous points de vue. Et le résultat est que cela pourrit la vie des disciplinés qui subissent ce coupable laisser-aller.
Il y a pile deux ans, des riverains, excédés, du quartier des Cardeurs avaient déjà tenté de lutter contre la décharge sauvage permanente qui avait poussé sous leur nez. Ils avaient même adressé une pétition à la mairie. Quelques progrès et puis de nouveau le tas d'ordures. Deux ans et plusieurs épisodes après, hélas et à leur grand désespoir, ils sont contraints de faire le même constat : l'incivisme perdure et les reliefs se renouvellent au quotidien.
Alors, depuis un mois, pour inverser la tendance, ils ont ouvert un blog dédié qui ne manque pas d'originalité. Chaque jour, ce blog publie des photos et des vidéos de l'état des lieux, accompagnées avec humour de détails qui en disent long. Aux dernières nouvelles, les riverains ont confectionné des affichettes pour informer les indélicats et ont décidé de s'organiser en réactivant le comité d'intérêt de quartier.
J'encourage vivement mes lecteurs à aller visiter ce blog très instructif garanti sans odeurs (masque non obligatoire donc).
Voici l'adresse du blog :
http://poubelle-la-vie.over-blog.com/
vendredi 23 octobre 2009
Expo Picasso : La combine qui a mis la puce à l'oseille
Que les détails qui suivent risquent de choquer ou d'en énerver quelques-uns n'est pas la chose la moins sûre qui soit. De quoi s'agit-il ? Faisons un petit retour sur l'exposition Picasso Cézanne de l'été. Loin de moi l'idée qu'elle n'aura pas réjoui des dizaines de milliers de visiteurs. Non, il n'est pas question de cela.
Pourtant, ce qui est donné à voir, comme on dit, c'est un peu comme pour de bons plats. On ignore assez souvent ce qui s'est passé dans les cuisines. La dernière révélation sur la recette a été servie mercredi par Le Canard enchaîné. Mais déjà en mai dernier, Le Monde et Libération faisaient une présentation nuancée de la mise sur pied de l'expo.
Dans Le Monde…
Le journal écrivait ceci : "Dans l'exposition "Picasso et les maîtres", qui a triomphé cet hiver au Grand Palais, à Paris, Paul Cézanne était presque absent. Etrange, si l'on songe à l'importance que Cézanne a pour Picasso entre 1906 et 1909, et aux allusions au solitaire d'Aix-en-Provence qui apparaissent de temps en temps dans l'oeuvre du génie espagnol. Ce n'était pas un oubli, mais l'effet d'une répartition géographique : il était entendu que les rapports entre les deux artistes seraient traités, non pas à Paris, mais dans une exposition qui a lieu tout l'été à Aix-en-Provence, ville natale de Cézanne."
L'article note que la confrontation entre Picasso et Cézanne, en manque de grands tableaux notamment cézanniens, ne permet que "des parallèles parfois forcés" entre les œuvres des deux maîtres.
Et de conclure : "Il est vrai que la grande raison d'être de l'exposition en aurait été affaiblie : la raison touristique et économique. En 2006, le Musée Granet et la ville d'Aix-en-Provence avaient réussi une belle opération de récupération avec Cézanne, en lui consacrant une exposition qui avait attiré les foules. De son vivant, il avait été moqué et insulté par ses concitoyens. Désormais, il est devenu pour leurs descendants un argument commercial : 60 millions d'euros de recettes pour la ville et sa région grâce à lui en 2006, a rappelé la maire d'Aix-en-Provence, Maryse Joissains Masini, lors de son discours d'inauguration. Son espoir avoué ? Que Picasso rapporte autant cette année. De ce point de vue, l'imprécision de l'exposition et la genèse du cubisme sont questions négligeables."
Dans Libération…
Tonalité un peu plus grinçante pour Libé : "Les deux Méridionaux se ressemblaient aussi par la volonté de briser les cadres classiques, le tempérament rebelle, la virilité conquérante. Malheureusement, le musée d’Aix ne trouve pas la rencontre. Les collections ne se séparent pas facilement de ces chefs-d’œuvre. Il y a de très beaux tableaux, mais le croisement ne se fait que par bribes dans un accrochage dont l’inesthétique le dispute à l’incohérence. En cours de route, Cézanne est purement et simplement abandonné. Terminer l’exposition sur la corrida, sous prétexte qu’Aix est une étape vers les arènes, c’est une blague. Son coût, en coproduction avec la Réunion des musées nationaux, est de 9 millions d’euros, hors assurance. La collectivité en a investi dix millions pour impulser alentours une soixantaine de projets satellites. Aix est devenu Cézanneland."
Le Canard enchaîné en dit plus…
Et puis arrive Le Canard de ce mercredi qui y va aussi de sa révélation tonitruante sur l'accord conclu entre le groupe Hersant Médias et la municipalité aixoise. Après avoir exposé les difficultés financières des quotidiens locaux du Sud-Est, Le Canard raconte que le groupe a pris des contacts avec des municipalités UMP : Nice, Toulon et Marseille.
Le journal ironise sur un accord de partenariat, une alliance, entre le site Internet de la Ville de Marseille et celui du journal La Provence. "Il prévoit rien moins qu'une signalétique commune et le partage de certaines informations" renvoyant les lecteurs et les internautes d'un site à l'autre, une stratégie censée "doper la fréquentation du site du journal et, du même coup, ses rentrées publicitaires".
L'été dernier, le groupe s'enhardit et démarche plusieurs mairies UMP des Bouches-du-Rhône. C'est d'ailleurs ce que résume le titre de l'article "Le groupe Hersant lance la presse de proximité politique". Et Aix, alors ? Nous y sommes. Le système ne consiste pas à proposer à la municipalité d'acheter des milliers de journaux pour les distribuer gratuitement mais à établir une "proposition de partenariat" avec "ses axes mutualistes de communication". Et précisément, l'expo Picasso Cézanne tombait à pic pour inaugurer cette judicieuse "combine". Coût pour la Ville : 80.000€. Les éléments de l'affaire sont à découvrir dans cet extrait de l'article.
(Clic sur l'image pour agrandir)
L'article du Monde (25 mai 2009) :
L'article de Libération (30 mai 2009) :
http://www.liberation.fr/culture/0101570365-aix-s-emmele-les-pinceaux
mardi 20 octobre 2009
Après "Complément d'enquête"… et avant
Très instructive l'émission d'hier soir sur France 2, non ? "Complément d'enquête" a traité plusieurs sujets liés à la corruption, trois des dossiers portant sur le rôle des élus. Personnellement, cela m'a beaucoup intéressé.
L'intervention d'Eva Joly a notament permis de comprendre certains rouages de la justice et les dérives qu'ils produisent parfois. Mauvais vent pour la démocratie.
Certes, il ne faudrait pas hâtivement en déduire que tous les élus sont des pourris. Mais les pratiques scandaleuses et les comportements illégaux auxquels se livrent des représentants du peuple contribuent à répandre un rejet plus global des élus et à élargir le fossé entre eux et les citoyens.
Je veux maintenant, c'est-à-dire après la diffusion, apporter quelques informations sur la préparation de cette émission. Fin septembre, un journaliste de la rédaction m'a contacté par le biais de mon blog. Il y avait lu mes nombreux articles sur le contrat de directeur de cabinet de la mairie annulé par le tribunal administratif et qui est encore actuellement en appel.
Notre conversation a principalement porté là-dessus car le journaliste enquêtait sur les événements qui ont secoué le parlement britannique. Il voulait faire un parallèle avec certains députés et élus français et cela a d'ailleurs été évoqué par Benoît Duquesne qui a interrogé le président de l'Asssemblée nationale. Le cas d'Aix n'a finalement pas été cité directement mais des exemples montrés à l'écran se passant en France offraient quelques points communs avec des pratiques aixoises.
Les questions ont tourné autour du cumul des mandats, de l'argent des députés, du rôle des collaborateurs, des marchés publics, des pots-de-vin, des truquages, des dysfonctionnements de la démocratie et des lois annoncées dont la finalité est de réduire considérablement les contrôles indépendants. Cela fait peur.
Un ancien conseiller municipal a dit clairement qu'il est difficile pour une opposition de savoir ce qui ce trame dans les coulisses d'une majorité et qu'aller en justice nécessite des moyens financiers qu'elle n'a pas. Je peux en témoigner aussi. Toutes les actions que j'ai entreprises devant les tribunaux, je les ai menées sans avocat et à mes propres frais, sans compter l'investissement en temps pour faire aboutir chaque procédure.
En guise de conclusion, pour illustrer un des propos tenus par Eva Joly, il faut lire cet article publié dans le Canard enchaîné de la semaine dernière pour se faire une idée d'une des réformes que le gouvernement est en train de mijoter pour étouffer les chambres régionales et territoriales des comptes.
Si vous n'avez pas vu l'émission, il est possible de la visionner dans son intégralité ou en partie sur le site http://info.france2.fr/complement-denquete/ de France 2.
(Clic sur l'image pour agrandir)
Dans le Canard enchaîné du 14 octobre 2009
lundi 19 octobre 2009
Ce soir sur France 2, enquête sur la corruption
Comme je l'avais annoncé fin septembre, France 2 consacre son numéro de "Complément d'enquête" au thème de la corruption.
"Pots-de-vin, corruption : quand les élites dérapent", vaste sujet donc. Quatre dossiers seront traités au scalpel, notamment celui intitulé "My député is rich". On devrait y évoquer Aix...
Parmi les personnalités invitées à donner leur avis après chaque reportage, il y a Eva Joly, ancienne juge d'instruction et députée européenne, et Bernard Accoyer, président de l'Assemblée nationale.
L'émission présentée par Benoît Duquesne est programmée à 22h15. Pour ceux qui ne pourraient la voir ce soir, elle sera ensuite visible dans son intégralité sur le site de France 2.
Le sommaire de "Complément d'enquête" ce soir :
(clic sur les différents onglets pour découvrir les thèmes)
http://info.france2.fr/complement-denquete/
mercredi 14 octobre 2009
Avenue Brossolette : Des couloirs sans bon sens
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Les couloirs de l'avenue Brossolette (Photo LAC)
A première vue, cela n'a l'air de rien. Mais en creusant un peu, quelques questions se posent. Pendant le mois d'août, une portion de l'avenue Pierre Brossolette, entrée Sud vers le centre ville, a été reconfigurée pour créer un couloir bus en voie montante. La chaussée a été regoudronnée et un marquage au sol a permis un traçage des voies, une descendante, une montante et un couloir réservé aux bus.
C'est toujours ça de pris, mais ce n'est là qu'une broutille face aux vrais enjeux du développement des transports en commun en site propre. A part le tour de ville, on cherche encore d'autres aménagements significatifs susceptibles d'inciter les usagers de faire leur trajet en bus.
Revenons à l'avenue Brossolette. Un visiteur du blog (que je remercie) m'a signalé que les voies réservées à la circulation générale font 2,5 mètres de large chacune et celle empruntée par les bus fait 3 mètres. Autrement dit, les bus descendants et tout le trafic devront se contenter de rouler sur une voie plus étroite.
Autre incongruïté, l'amorce de cette voie par le rond-point Anouar El Sadate (là où se trouvent l'hôpital Montperrin et la station de taxis) est devenue périlleuse pour les gros véhicules que sont les bus et les camions qui doivent donc mordre sur la voie centrale pour pouvoir manœuvrer. J'ai vérifié cela hier de visu.
(Clic sur l'image pour agrandir)
La publicité pour les couloirs (Photo LAC)
Mais les surprises ne s'arrêtent pas là. Depuis trois semaines, et cela va durer, des travaux ont été entrepris sur le trottoir côté montant : changement de canalisations et reprise du trottoir. Ce qui, de fait, perturbe la circulation et neutralise une grande partie du couloir bus. Il y a donc un hic.
Comment les services et les élus s'y prennent-ils pour rater une si belle occasion de coordonner les travaux ? Pourquoi ne pas avoir refait les trottoirs avant la réfection de la chaussée et le nouveau tracé des couloirs ? N'aurait-il pas été plus judicieux de réduire la largeur des trottoirs de quelque 50 cm en repoussant les arceaux pour permettre ainsi d'élargir la chaussée au bénéfice de la voie descendante ? Ce n'est que du bon sens. Ce n'est pas ce qui a été fait. Mais il vrai que le temps pressait pour s'en vanter, grande photo à l'appui, le jour de la fête des déplacements organisée à quelques mètres de là.
Allons un peu plus loin dans le raisonnement. Tôt ou tard, la future gare routière, un peu revue à la baisse, sera installée sur l'avenue de l'Europe débouchant sur le rond-point cité plus haut. Faudra-t-il tout reprendre à zéro pour une énième configuration des lieux ? Il est à craindre de nouvelles dépenses pour manque d'anticipation.
Dans le même ordre d'idée, les automobilistes qui empruntent les avenues Gaston Berger, Jean-Paul Coste et Paul Mauriat jusqu'à la route de Nice constatent que cela fait des mois qu'on rafistole la chaussée et les trottoirs par petits bouts. Au final, rien de satisfaisant et sans doute un coût supérieur à une réfection totale qui aurait pu, par exemple, être phasée et étalée financièrement sur trois ans. Mais non, ce qui devrait en fait être une amélioration du confort routier devient finalement une complication de plus et un jeu de massacre…
Amusons-nous un peu…
Les transports et les déplacements par l'absurde
Un bus transporte 10 passagers. Au premier arrêt, il en descend 13. Combien faut-il qu'il monte de nouveaux passagers au second arrêt pour que le bus soit vide ? Un bon casse-tête à soumettre aux décideurs...
vendredi 9 octobre 2009
Joissains se décerne un prix Nobel… du martyre
La machine à mensonges reprend du service. Les constats s'accumulent. Pourtant, Maryse Joissains prétend qu'elle est présente à l'Assemblée nationale. Si, si, elle l'a dit ce matin sur France Bleu Provence. "Si je n'étais pas à l'Assemblée en juin, c'est à cause des annulations successives". Or, il y a eu une annulation et pas deux et cela n'a pas duré un an mais un mois à cheval sur juin et juillet.
Et de poursuivre : "En politique, il y a ceux qui travaillent et ceux qui ne travaillent pas. On peut cumuler les fonctions", sous-entendu quand on fait partie de ceux qui travaillent. Précisément, c'est là que ça cloche. N'être présent que six fois à Paris sur un an, ce n'est pas travailler, c'est même être payé pour ne rien faire.
Alors, il faut bien trouver quelques alibis pour tenter de se défendre, ou de se faire passer pour victime de harcèlement. "On commence à faire du sexisme, de l'anti-UMP primaire en s'en prenant sans cesse à moi".
Le monde est décidément plein de méchants. Tout le monde lui en veut. C'est vrai, ce n'est pas normal tout ça : les journaux qui ne vont pas dans son sens et à qui elle fait des procès qu'elle perd, le Conseil d'Etat qui dit le droit, ses adversaires politiques qui exercent leur contrôle démocratique, les tous ceux qui ne sont pas à l'UMP, les collaborateurs qu'elle choisit pourtant elle-même et qu'elle vire à tour de bras pour incompatibilité…
Mais qu'on la laisse enfin en paix ! Qu'on arrête de la critiquer, quoi ! Elle sait tout, elle sait tout faire, elle est la meilleure, on a de la chance de l'avoir, il faut la croire sur parole puisque c'est elle qui le dit. Finalement, elle le mérite bien son prix Nobel du martyre auto-proclamé.
mercredi 7 octobre 2009
"Je viens de m'apercevoir que je suis maire" (2)
De nombreux sujets ont été abordés dans l'interview de Maryse Joissains publiée dans La Provence de lundi. Voici la seconde partie de mes commentaires sur les autres thèmes qui ont retenu mon attention.
Ÿ Beisson et Corsy
Le dossier ANRU de rénovation urbaine est définitivement enterré. Le projet devait faire partie du Plan banlieues prévu par l'Etat. On nous avait présenté une mouture satisfaisante fin 2005 qui fut votée à l'unanimité du conseil municipal. En novembre 2007, après l'élection présidentielle, l'Etat recadrait le plan national devenu Plan espoir banlieues et organisait des rencontres territoriales censées recueillir les propositions locales.
A la réunion programmée à Aix par le sous-préfet, à laquelle je me suis rendu, il n'y avait aucun élu de la majorité. J'avais exprimé mon grand étonnement en conseil municipal. Jusqu'en mai 2009, plus de nouvelles du projet ANRU aixois, sinon que, pour raison budgétaire, l'Etat avait réduit le nombre de quartiers concernés par le nouveau Plan banlieues de 800 à 215. Aix est sortie de la liste.
En novembre 2008, Joissains présentait un rapport pour relancer le projet sous une autre forme, déclarant qu'elle rencontrait Fadela Amara pour en discuter. Elle mettait nommément en cause le directeur de l'habitat, celui-là même qui avait été encensé pour le premier projet unanimement salué.
En mai et juin derniers, ne voyant toujours rien venir et en l'absence d'informations de la part de la Ville, de nombreux habitants de Beisson ont manifesté leur colère sur la place publique pour interroger Joissains.
Nous apprenons via l'interview que l'Etat s'est retiré complètement du projet et qu'il n'y aura pas de crédits. Cherchant à se dédouaner une nouvelle fois, sans crainte des contradictions, Joissains accuse maintenant Stéphane Salord, son adjoint pendant sept ans, d'avoir "plombé le dossier", ce qui est évidemment un autre mensonge pour camoufler un ratage politique dont la responsabilité première lui incombe.
Ÿ Pôle judiciaire
A la veille de l'élection de 2008, on nous présentait de magnifiques plans en 3D du futur tribunal d'instance. Le dossier de reconstruction était validé par l'Etat et il n'y avait plus qu'à faire. Et puis, patatras, plus de nouvelles, le ministère de la justice fait le mort pendant de long mois.
Peu à peu, filtre l'information d'un retard de l'Etat pour entériner le beau projet. Puis, se précise l'abandon de la reconstruction alors que la Ville se mettait en frais pour transférer provisoirement les services civils au Jas de Bouffan.
Maintenant, il est question d'un projet revu à la baisse, les déficits colossaux de l'Etat n'aidant évidemment pas. Joissains en avait fait un de ses chantiers. Ben, on est loin d'en voir le moindre premier coup de pioche.
Ÿ Clinique du Montaiguet
Pour faire passer l'énormité du saccage, Joissains maintenant réélue ose parler de "la première éco-clinique de France". Pendant la campagne électorale, elle émettait des réserves sur le projet "qui n'en était, selon elle, qu'aux balbutiements".
Le rapport du commissaire-enquêteur concluait certes à un avis favorable mais sous de nombreuses conditions. En effet, l'enquête publique a recuelli un record de 616 participations dont une majorité de critiques.
Joissains prétend que "l'opposition ne vient pas du quartier mais est orchestrée par trois ou quatre personnes qui habitent autour". Le compteur à mensonges va exploser ! Des CIQ, des médecins, des associations, des riverains et des citoyens d'Aix et alentour ont longuement dit qu'ils étaient contre la dénaturation du paysage, la détérioration de l'environnement et les afflux de circulation sur un secteur déjà engorgé.
La bataille va être rude, y compris devant les tribunaux, si, comme cela semble se profiler, une délibération de validation de la révision partielle du POS était inscrite à l'ordre du jour du conseil municipal de novembre.
Joissains s'est peut-être un peu réveillée mais elle aura bien du mal à endormir les Aixois une nouvelle fois.








