Ce sujet doit intéresser tout le monde car il a vocation à structurer la vie du Pays d'Aix pour les 15 prochaines années. Mais qu'y a-t-il dedans ? Est-ce un bon projet ? Qu'en est-il de la question du logement ? J'ai participé à la réunion d'information. Voici mes observations...

PLUi réunion 16 octobre 2019

Les lois de création de la métropole Aix-Marseille prescrivent aux six intercommunalités qui la composent l'obligation de produire un Plan local d'urbanisme intercommunal. Le territoire du Pays d'Aix a donc lancé la procédure pour l'ensemble des 36 communes dont la ville-centre est Aix-en-Provence. Le législateur impose également des consultations de la population à chaque étape du processus. La démarche commencée par les études en 2018 doit aboutir au projet définitif fin 2021 ou début 2022. C'est ainsi que huit réunions ont lieu du 2 au 16 octobre dans diverses communes concernées.

PLUi planning

J'ai assisté à la dernière qui s'est tenue à la salle du Bois de l'Aune au Jas de Bouffan. A la tribune, il y a avait notamment Maryse Joissains, Frédéric Guinieri, maire de Puyloubier mais surtout responsable de la supervision des documents d'aménagement du territoire et par conséquent du PLUi et le directeur de l'agence d'urbanisme du Pays d'Aix.
Dans la salle à peine à demi remplie, à l'évidence, il n'y avait pratiquement pas d'habitants du quartier ni de personnes ayant déjà déclaré leur candidature à la mairie d'Aix, étonnant alors que le PLUi est un élément majeur et fondateur qui doit structurer et conditionner l'avenir de la ville et son développement pour les 15 ans à venir. Mais bon, on verra ce qu'elles proposeront dans leur programme. Le public était plutôt du genre à s'y connaître dans ce type dossier si l'on en juge par les questions ou commentaires qui ont suivi après la présentation générale du projet.
Pour information, certaines intercommunalités ont déjà mené à bien tout le processus, c'est le cas de Marseille qui a été plus rapide qu'Aix. Par ailleurs, Martine Vassal, présidente de la métropole mais également désormais postulante à la mairie de Marseille, a suspendu toutes les décisions concernant les documents du SCOT (Schéma de cohérence territoriale), du PLH (Plan local de l'habitat), du PDU (Plan de déplacements urbains) et du PLU métropolitain (Plan local d'urbanisme) sous prétexte, déclarait-elle, qu'elle était en attente de la décision de l'Etat qui devait fusionner le département et la métropole. Or, on a appris il y a quelques jours par la voix du premier ministre que cette fusion ne se fera pas dans l'immédiat (hé hé, enjeux électoraux obligent !) sans fixer aucune autre échéance pour la réaliser.

PLUi réunion 16 octobre 2019 - Copie

Je suis intervenu dans le débat sur la question du logement social. En effet, il a été annoncé que le PLUi table sur la construction de 17.000 logements d'ici 2025. Paradoxe : outre que la date d'achèvement de l'élaboration du document est 2022, il paraît peu probable sinon impossible de programmer et construire autant de logements en trois ans de 2022 à 2025 ! J'ai donc ironisé en employant une formule : "Vos intentions pour louables qu'elles soient ne sont donc à l'heure actuelle que des incantations." Surprise dans les regards car cette vérité qui va de soi méritait d'être dite publiquement !
J'ai ajouté que ce PLUi n'est essentiellement qu'un projet de rattrapage vu le nombre de communes qui sont sous le seuil des 25% imposés par la loi ALUR (Aix est à 19,70%) et font l'objet de lourdes pénalités financières. Il n'est, en tout cas à mes yeux, pas du tout un projet prospectif qui devrait permettre d'anticiper les besoins et mouvements démographiques nouveaux du territoire.
Le constat que l'on fait depuis plusieurs années, notamment à Aix, montre que la politique du logement est une aberration. Elle favorise le secteur privé sans lui imposer une juste complémentarité publique avec la production de logements sociaux adaptés aux revenus réels des familles les moins aisées qui ont aussi droit à un toit. D'où un prix du foncier élevé, en moyenne 4000 euros le m² (Aix se situe à la troisième place après Paris et Nice !). Résultat, les ménages voulant s'installer à Aix sont contraints d'aller se loger un peu moins cher dans les communes alentour. Avec ce que cela entraîne : déplacements quotidiens rallongés, pollution automobile et pertes de temps. Conclusion : dans ces conditions, on n'en a pas fini avec une vie de galère…

L'ancienne sous-préfecture : voilà encore un exemple de bâtiment public que la ville aurait pu acquérir mais le département l'a vendu au secteur privé pour y faire des logements... de luxe. Mais à quel prix et pour qui ?

sous préfecture 28

Le livret d'information est ICI

PLUi AMP