Etonnante prise de position du conseill de territoire du pays d'Aix le 9 mai. Le Plan local de l'habitat métropolitain a été mis en cause alors qu'il l'avait validé précédemment. Un combat anti-métropole d'arrière-garde qui pénalise tous ceux qui attendent un logement. A son tour, Martine Vassal vient de suspendre tous les documents stratégiques. N'est-il pas en effet plus urgent de rester immobile sauf... pour consacrer son temps à mieux préparer sa réélection ? 

métropole CT

Depuis le vote du rapport par le conseil territoire de son propre PLH, mes amis et moi ne l'avions jamais validé. Il ne répondait pas aux vrais besoins en logements. Et si des constructions publiques et privées étaient annoncées, elles faisaient la part trop belle à des types de logements sociaux pour les ménages aisés et très insuffisants pour les familles dont les revenus sont modestes.
Je comptais donc faire des observations surle contenu des orientations pour la période 2020-2025 pour soulever ces points. Or au moment de la présentation du rapport, l'impensable s'est produit. Les élus qui avaient initialement voté à la quasi unanimité le projet ont trouvé à redire sur ce même projet.
Pour bien saisir la portée de cette surprise, il faut savoir qu'à l'heure actuelle le programme local de l'habitat métropolitain en est à sa phase transitoire. Il est composé de l'addition des six PLH des six territoires qui constituent la métropole. Autrement dit, la métropole a choisi de prendre en compte chaque PLH sans n'y rien changer avant de bâtîr prochainement un vrai programme coordonné et harmonisé. Un peu comme a été conçu le plan mobilité qui a été pensé en y intégrant l'ensemble des formes et moyens existants ou à développer dans une logique de services rééquilibrés pour permettre et faciliter les déplacements. La mesure la plus parlante, par exemple, a été la fusion des tarifications en une seule poru les transports publics en car.
Alors qu'est-ce qui a motivé le rejet du PLH métropolitain ? D'abord, de manière plus ou moins avouée, les élus ont ainsi voulu poursuivre leur bataille anti-métropole d'arrière-garde consistant à pourfendre tout ce qui vient de Marseille. Ensuite, le fait qu'il n'y aurait pas encore urgence à voter le document car il n'y a pas de date butoir définie. Certains maires ont mis en avant qu'il n'était pas normal de valider le projet à quelques mois des élections municipales. D'autres ont fait valoir un autre point de vue en disant qu'on ne peut suspendre toute action à cause de ces échéances car le service public doit continuer à s'exercer. Enfin, certains maires ont déclaré que le PLH qu'ils avaient pourtant voté n'était pas applicable. Allez comprendre. Toujours est-il que les discussions contradictoires ne les ont pas effarouchés plus que ça.
Je suis intervenu pour dire que s'il fallait rejeter le PLH, il fallait trouver des arguments plus sérieux. J'ai ainsi rappelé qu'il me semblait incongru de voter pour un projet sans le relier aux autres documents supérieurs, le Schéma de cohérence territoriale (SCOT), en cours d'élaboration, qui englobe les PLH, les Plans de déplaments urbains (PDU) et les Plans locaux d'urbanisme (PLU). Les élus n'ont rien voulu entendre. Ce qui m'a confirmé dans l'idée que le refus était bien une opération politicienne.
Au final, Maryse Joissains a proposé que l'on émette des réserves avant le passage du projet au conseil de métropole. On a appris mercredi que Martine Vassal, qui ne veut peiner personne mais dont les arrière-pensées ne sont pas absentes, postule le renouvellement de son mandat de présidente voire sa première candidature à la mairie de Marseille, a retiré de l'ordre du jour du conseil le rapport sur le PLH métropolitain. Voilà, voilà.…

Information de dernière minute…

Prétextant du "flou institutionnel" sur la fusion de la métropole et du département, Martine Vassal a prononcé la suspension de tous les votes relatifs à ses documents stratégiques : Plan local d’urbanisme intercommunal, Programme local de l’habitat et Schéma de cohérence territoriale.
Il est vrai que les nombreux immeubles en péril, effondrés ou insalubres peuvent bien encore attendre quelques années. Cela réjouira sans doute tous les désespérés qui ont l'incroyable culot de s'impatienter pour obtenir un logement puisque ces nantis ne sont finalement que 12000 dans le département. Alors bravo et vive la politique politicienne de l'urgence à rebours toute ! 

 CT 22 - Copie

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