Préserver la forêt doit être l'affaire de tous. Les pompiers font tout ce qu'ils peuvent. Mais les citoyens doivent aussi respecter des règles strictes dans les espaces boisés. Les bénévoles du comité communal de feux de forêt m'ont fait part des problèmes techniques aberrants qui les empêchent d'accomplir efficacement leurs missions. A leur demande, j'ai donc interpellé la municipalité. Etat des lieux et conseils pratiques pour éviter les risques d'incendie...

CCFF photo

En été plus qu'en toute autre saison, il est indispensable que chaque citoyen soit pleinement responsable chaque fois qu'il met les pieds dans un espace naturel boisé. Sinon, le pire n'est pas loin car la moindre imprudence peut dégénérer.
Notre région est particulièrement vulnérable à cause des fortes chaleurs et des actes irréfléchis commis par l'homme au mépris des règles élémentaires de prévention et de protection qu'il convient de suivre. Ce manque de respect n'est pas que le fait des promeneurs, il est aussi hélas celui des habitants en milieu forestier qui s'affranchissent du débroussaillement pourtant obligatoire autour de leurs maisons.
Devoir appeler les pompiers, c'est déjà faire le douloureux constat que l'on a fait fi des dangers potentiels pouvant toucher tout milieu fragile dans les espaces forestiers. La lutte contre les incendies, qui se fait sous l'autorité du SDIS 13 (Service départemental d'incendie et de secours) est toujours un drame et les professionnels que sont les pompiers en paient parfois un lourd tribut en vies humaines.
Pour exercer la vigilance et le cas échéant agir en amont dès qu'une fumée suspecte a été détectée, il y a aussi les membres volontaires et bénévoles des comités communaux de feux de forêt qui se dévouent pour assurer des patrouilles quotidiennes de surveillance à bord de leurs véhicules munis d'une citerne et donner l'alerte en cas de départ de feu. Le CCFF d'Aix compte plus d'une centaine de personnes, souvent des retraités, reconnaissables à leur tenue orange.
Je suis intervenu au conseil municipal, à leur demande, pour faire part des problèmes qu'ils rencontrent chaque été et de plus en plus depuis quelques années (lire les tracas et les carences ci-dessous). La mairie m'a répondu qu'elle allait prendre en compte leurs doléances. Et désigner une personne référente pour essayer d'anticiper tout ce qui peut être évité.
Les problèmes sont surtout d'ordre technique. Et sans des véhicules ou des matériels en bon état ou de marche, les missions des bénévoles perdent évidemment de leur efficacité. Aux dernières nouvelles, des améliorations ont été notées suite aux dysfonctionnements que j'avais répertoriés. 

CCFF prov 6

Mon intervention au conseil municipal de septembre dernier

Ma question porte sur les moyens matériels du CCFF d'Aix qui couvre 4 secteurs correspondant à nos 4 grands massifs. La saison estivale, qui dure 90 jours, a connu de multiples incendies et départs de feu plus ou moins importants en cet été 2017. Elle a été rude tant pour notre environnement que pour les membres du CCFF. Des bénévoles, dont chacun connaît le dévouement, m'ont fait part des problèmes qu'ils ont rencontrés pour accomplir cet été les missions qu'ils acceptent de remplir quotidiennement au service de la surveillance des secteurs forestiers et de la protection des populations.
Ils tirent un bilan, je cite, "grave", parce que, outre les missions sur le terrain, ils sont confrontés à devoir gérer les problèmes au cours même de la saison.
Quelques exemples :
- Sur 12 véhicules, seule la moitié est en état de fonctionnement.
Le dernier acquis fait suite à la délibération du conseil municipal du 10 novembre 2016.
L'avant-dernier l'avait été 5 ans auparavant.
- La moyenne d'âge kilométrique des véhicules est de 18 ans pour ces engins travaillant en milieu sévère (poussière, tout-terrain…).
- Plusieurs immobilisations de véhicules ont empêché leur disponibilité sur le terrain. Les délais sont trop longs pour l'entretien ou la réparation de pannes à répétition de certains véhicules.
- 3 semaines pour changer un émetteur-récepteur et réparer un embrayage
- 11 mois d'immobilisation pour changer 2 pneus, le véhicule ayant été rendu avec 2 pneus neige (!), il est donc inconduisible
- 5 semaines d'immobilisation d'un véhicule pour changement de 4 pneus 
- attente de 3 semaines pour l'immobilisation d'un véhicule pour révisions d'embrayage et un ressort d'amortisseur manquant.
En outre :
- un changement de 2 roues motrices a rendu un véhicule inutilisable et il a fallu le ramener au garage
- un poste radio était grillé, rendant les communications impossibles 
- une demande a été faite pour mise à disposition de filtres d'air qu'il faut changer très souvent et pas dans l'attente de chaque vidange.
Dans ces conditions, certains bénévoles parlent de démission car ils disent qu'ils ne peuvent pas poursuivre correctement et efficacement leur mission. Les cadres hésitent même à recruter dans les conditions actuelles.
Pour rappel, ils sont 120 (qui assurent par groupes et à tour de rôle les rotations horaires), et deux tiers ont entre 60 et 80 ans.
En cette fin de saison, les cadres espèrent un sursaut pour que le parc auto soit entretenu pendant les 9 mois à venir afin d'assurer la prochaine saison sans problèmes.
Voilà leurs doléances et je ne doute pas que vous aurez à coeur de les étudier pour apporter les meilleures solutions possibles.

Le site officiel pour consulter la carte de niveau de danger mise à jour quotidiennement : 
http://www.ancien.paca.gouv.fr/files/massif/index.php

CCFF carte A

CCFF carte B

Conseils : protéger la forêt contre les incendies 
CCFF conseil détails A
CCFF conseil détails B