La Provence a souhaité interviewer Edouard Baldo suite aux déclarations de Maryse Joissains parues dans le journal une semaine avant. Ses propos sur la situation aixoise sont clairs. Je ne suprendrai personne en disant que je les approuve entièrement. 

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DPA Baldo interview Provence 23

Quelle est votre réaction après l'annonce récente de Maryse Joissains dans "La Provence" signalant qu'elle n'excluait pas de se représenter à nouveau aux prochaines municipales ?
Edouard Baldo : "Il y a eu une loi de la moralisation de la vie politique. Le Premier ministre a dit que lorsqu'un ministre est mis en examen, il doit quitter ses fonctions. D'abord par respect de ses concitoyens. On a vu partir comme ça quelques personnalités. Comme à Toulon où un adjoint qui avait un problème de détournement d'argent public a démissionné. Je sais que, judiciairement, un dossier de mise en examen peut se terminer en non-lieu. Mais là, vous avez un renvoi devant le tribunal correctionnel de Madame Joissains pour détournement d'argent public et prise illégale d'intérêt. Et on continue comme si de rien n'était ! Bien sûr, il y a la présomption d'innocence... Mais le respect du citoyen ?

Selon vous, Maryse Joissains aurait dû démissionner après sa mise en examen ?
Démissionner, ou se mettre en retrait... On ne peut pas continuer à gérer de l'argent public quand on est poursuivi pour détournement. Finalement, qu'elle soit candidate ou pas, ce qui est sûr, c'est que les citoyens que je rencontre en ont assez des Joissains. Je marche dans la rue, on m'interpelle : 'faites quelque chose'. Au Jas, on nous dit : 'le quartier est abandonné'. Les gens sont pris à la gorge avec les travaux menés actuellement. Cette histoire de commission d'indemnisation arrive en retard, et témoigne du manque de vision prospective de cette mairie, qui entraîne un désastre économique. Alors finalement, qu'elle se représente ou pas...

Sa candidature potentielle aura quand même une incidence sur la vie politique locale...
Regardez le PLU (Plan local d'urbanisme, Ndlr.). Lorsque vous consultez sa présentation, on vous dit que les choix politiques de la commune ont entraîné, depuis 15 ans, le départ de 10 000 jeunes actifs de la ville. La population aixoise reflue. Le coefficient de vieillissement est le plus important dans la région après Menton. Ce déplacement des actifs a aussi une répercussion sur les transports avec toutes ces voitures qui arrivent le matin. Quel que soit le candidat de l'équipe actuelle qui viendra défendre son bilan, il aura de la peine à le faire vis-à-vis des Aixois.

Vous-même, pensez-vous vous représenter ?
Je ne suis pas un politicien. J'ai été, il y a 5 ans, tiré par la manche parce qu'au PS, ils se sont rendu compte que quand je marchais en ville, je disais vingt fois bonjour en cinq minutes. Et qu'il y avait une réflexion sur la commune, sur son attractivité économique. Il faut se souvenir qu'il y a eu, par le passé, des usines de fabrication, ici, dans ce qu'on appelait encore la zone industrielle des Milles. Nous pouvions installer des entreprises ici... Il y a des projets à mener.

Vous n'avez pas répondu à ma question...
Je ne suis pas un politicien, je ne me suis jamais présenté aux législatives, aux cantonales ou aux régionales... Aujourd'hui les contorsions d'appareil dans une ville en souffrance, comme celle-ci, sont insupportables. S'il y a une volonté globale de réflexion sur la ville, et une véritable volonté de gestion, je répondrai à l'appel des gens qui m'arrêtent dans la rue. Après, s'il y a encore des bisbilles d'appareil...

La République en marche se structure au niveau local. Un rapprochement avec ces personnes vous semblerait-il cohérent au niveau aixois ?
Dans l'hypothèse où on est dans des combinaisons d'appareil, ce n'est pas mon truc. Si les Aixois réfléchissent à redresser la ville et viennent me dire : 'on compte sur vous', c'est autre chose.

Quand le député Laqhila dit qu'Aix peut se gouverner au centre, qu'en pensez-vous ? L'histoire lui donne plutôt raison, même des socialistes comme Picheral n'étaient pas de grands gauchistes...
Prenez Ciccolini. C'était un homme de dossiers, qui a complètement transformé la ville: le Jas, Encagnane, c'est lui. Et la population aixoise avait augmenté à l'époque. Elle baisse depuis 17 ans. Monsieur Laqhila est député, il a une étiquette... Lorsque les politiques annoncent des choses, ça veut dire qu'il y a des arrière-pensées". 
                                                                          Interview par Julien Danielides