Ambiance tendue pour la dernière séance publique avant la trêve. Avec manifestations devant la mairie, échanges musclés entre la majorité et notre groupe Démocratie pour Aix, débat serré sur les orientations budgétaires et dérapages verbaux inacceptables...

CM 27 13

La séance de mardi dernier a été épique, c'est le moins que l'on puisse dire. En prélude, deux manifestations ont eu lieu sur la place de l'Hôtel de Ville. L'une pour la défense des arbres que l'on abat notamment à l'occasion de la requalification des trois places Prêcheurs, Madeleine, Verdun. L'autre pour la fraternité avec les étrangers afin de protester contre une question posée par un élu frontiste qui proposait une motion contre les migrants. Ambiance garantie !
Dans un premier temps, les manifestants ont été empêchés par des renforts de la police municipale d'accéder à la salle des Etats de Provence. Puis, ils ont pu y pénétrer au goutte à goutte. Maryse Joissains leur a demandé de ne pas exhiber leurs pancartes. Certains ont alors préféré quitter la salle.
Au cours des échanges sur ces sujets, ce sont mes collègues Gaëlle Lenfant et Hervé Guerrera qui ont porté le fer contre la maire. Autant dire que la température est bien montée.
Une autre élue frontiste a posé une question pour contester les subventions accordées à des associations de quartiers. Prétexte de la doxa frontiste haineuse et raciste, ces associations ne lui conviennent pas parce qu'en plus de leurs activités sociales, elles feraient de la politique. Or, ces subventions ne sont octroyées que pour les animations locales pour lesquelles elles sont reconnues dans le cadre des actions du contrat de ville mis en place par l'Etat.
Hélas, et ce n'est pas la première fois, Maryse Joissains s'est laissée piéger et même contaminer par la propagande habituelle de l'extrême-droite qui en a fait son fonds de commerce électoral. La maire est allée jusqu'à proposer la suspension des subventions et une demande d'expertise externe sur la nature de ces associations. Hélas, encore pour elle, ces sommes allouées font partie d'un partenariat financier et ne peuvent être retirées. Voilà pour cette ambiance puante qui montre la connivence, pour ne pas dire la consanguinité, entre la maire et les frontistes.
Puis, l'ordre du jour avec cent rapports (800 pages) a pu être abordé.
Incohérences budgétaires... 
J'avais préparé mon intervention avec soin pour donner le point de vue de mon groupe sur le rapport des orientations budgétaires 2017. On a encore eu droit aux sempiternelles accusations contre l'Etat qui baisse les dotations aux collectivités et aussi, nouveauté, sur de mystérieux esprits maléfiques qui s'acharneraient à cibler notre ville, et uniquement elle, pour lui vouloir tout le mal de la Terre. L'adjoint aux finances a martelé à plusieurs reprises  que "les Aixois étaient martyrisés". Oula, "martyrisés" ! Réaction immédiate de notre part : "Réfléchissez-vous à ce que vous dites ? Ce ne sont pas les Aixois qui sont martyrisés, ce sont les enfants d'Alep !" Là encore, l'ambiance a été chaude.
Pour ma part, je suis donc intervenu sur le budget. J'ai rappelé que le gouvernement s'applique à lui-même des restrictions pour réduire les déficits et stabiliser la dette laissés par le gouvernement de Nicolas Sarkozy. J'ai ainsi démontré que, par engagement du président de la République, la baisse des dotations de l'Etat sera moins forte cette année que pour les précédentes, 2 millions d'euros au lieu de 2,1, 4,8 et 4,2.
Au sujet de la maîtrise et du maintien des effectifs du personnel municipal, j'ai aussi interrogé, non sans ironie : "Comment pourrez-vous répondre à la suppression massive de fonctionnaires proposée par François Fillon, que vous soutenez, s'il entrait à l'Elysée ?" Réponses embarrassées et peu satisfaisantes de Maryse Joissains et de son adjoint.
J'ai également fait observer que les contentieux terrasses et PLU s'élèvent à 500.000 euros et que la compensation pour la fourrière est de 200.000 euros. Nous en avons déjà parlé ici.
Quant à la Taxe d'habitation, elle rapporte + 4 millions par la réduction de l'abattement (22,7% à 12%). Mais la Loi de Finance pour 2017 contient une disposition permettant de majorer la TH de 60% au lieu des 20% en place pour les résidences secondaires situées dans les zones tendues ! On peut donc moduler entre 5 et 60%. "Avez-vous l'intention de prendre en compte ce dispositif ?" Réponse de la maire : "On ne va pas pénaliser des gens qui dépensent à Aix même s'ils ne vivent pas ici tout le temps." Ben voyons, ne bousculons pas les possédants !
Enfin, mais j'y reviendrai dans d'autres articles, j'ai mis en doute la faisabilité de la vente des parkings qui est censée rapporter 13 millions d'euros par an sur cinq ans. Or, rien n'est moins sûr si l'on se fie à la récente réaction du préfet qui a déjà fait savoir que l'autre vente envisagée de l'office HLM Pays d'Aix Habitat à la Sacogiva est entachée d'illégalité.
De la même façon, j'ai questionné Maryse Joissains sur le devenir du Museum d'histoire naturelle qui n'a plus de locaux et qui n'en finit pas de ne pas renaître puisque, dans le document budgétaire, il est précisé que les premiers investissements ne sont programmés que pour 2018 et 2019. La construction est donc encore retardée alors qu'elle devient urgente après les longues années de précarité qu'il subit. Je vous réserve la suite pour bientôt.

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