Qu'a répondu Maryse Joissains au juge d'instruction avant d'être mise en examen ? Hier soir, France 3 Provence Alpes a diffusé des extraits de leurs échanges…
Actualisation 17 avril : article du Canard enchaîné (voir plus bas)

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Ce compte-rendu émane de France 3 Provence Alpes.
Le 8 avril, la maire UMP d'Aix-en-Provence a été entendue pendant près de neuf heures par le juge d'instruction Marc Rivet. Nous vous révélons des extraits de ce qui s'est dit dans son bureau.
Réélue pour un troisième mandat le 30 mars dernier, Maryse Joissains a été mise en examen une semaine plus tard "pour prise illégale d'intérêts et détournement de fonds".
Elle est soupçonnée d'avoir fourni des emplois de complaisance.
Extraits de l'interrogatoire de Maryse Joissains chez le juge :
Le Juge : "Ces emplois, s’ils sont attribués librement, doivent normalement correspondre à un besoin susceptible d’être évalué objectivement et ne pouvant a priori se confondre avec la seule expression de votre désir, s’inscrire dans un cadre réglementaire... Pouvez-vous m’indiquer si elles ont reçu application ?"
Maryse Joissains : "Je me repose systématiquement sur les analyses qui me sont proposées par mes services… Je précise toutefois que j’entends rester seule juge de l’opportunité."
Le Juge : "…La réalité juridique est que ces services (administratifs), avisés de vos exigences, n’ont fait que vous soumettre des avis. En d’autres termes, ils ont proposé tandis que vous avez disposé ?"
MJ : "J’ai une administration et j’entends qu’elle prenne ses responsabilités. Mes services sont là notamment pour me sécuriser. Je vous rappelle que je suis un élu et pas un chef de service…"
Sur l'emploi de Sylvie Roche, collaboratrice de cabinet Communauté du Pays d’Aix chargée de la maltraitance animale :
Le Juge : "Vous avez admis que la mission de Sylvie Roche ne relevait pas d’une compétence communautaire… Comment dès lors justifier le financement de son emploi étranger au fonctionnement de la CPA, par cette collectivité ?..."
MJ : "Encore une fois, je considère que cette compétence est en cours d’attribution. Par ailleurs, je considère que les services administratifs tant de la Ville que de la CPA avaient le devoir de m’alerter de la difficulté que pouvait poser le recrutement et la rémunération de Sylvie Roche ce qui n’a pas été fait…"
Sur la promotion d’Omar Achouri au grade d’attaché territorial le 11 avril 2013 :
Le Juge : "Vous avez, à son égard, rompu avec la pratique que vous indiquez être la vôtre, de laisser l’administration gérer ces situations, au point d’aller à l’encontre des mises en garde qui vous étaient pourtant faites par vos proches collaborateurs… Votre décision ne se conçoit qu’à l’aune de votre attachement pour Omar Achouri ?"
MJ : "Je vous affirme que je n’ai jamais eu connaissance de ce document. Il est par contre exact que plusieurs membres de mon entourage ont exercé des pressions sur moi en soulignant que la nomination d’Omar Achouri n’était pas politiquement opportune. Ils me suggéraient d’attendre ma réélection éventuelle… Ce n’est pas ma conception de la justice sociale et je ne vois pas pourquoi Monsieur Achouri aurait pu porter le poids de mon amitié."

http://provence-alpes.france3.fr/2014/04/15/exclusivite-ce-qu-dit-maryse-joissains-chez-le-juge-460241.html

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