Nicolas Sarkozy candidat à la course en dettes
"Sarkozy a commencé son quinquennat en donnant aux riches, il le finit en prenant aux pauvres, c'est sa cohérence." Philippe Besson, écrivain
Le vrai faux suspense a finalement été levé hier soir. Il est évidemment candidat. Et on a bien assisté au début de la dernière tournée du Sarkozy Circus. Il avait pourtant pris la précaution de glisser que "les Français sont revenus de tout le cirque" et même d'ajouter "j'ai le sens du ridicule". Cela ne l'a pas empêché de se livrer à son numéro préféré, celui du concours du bateleur qui aura le plus gros culot.
Pour expliquer le sens de sa démarche, et ne reculant devant rien, il a dit préférer le mot "authenticité", pas sincérité ni honnêteté, non, "authenticité". Il est vrai que sa carrière et sa présidence parlent pour lui. Que d'exemples on pourrait citer. En voici deux qui feront l'affaire.
A propos de Lejaby, il s'est engagé à sauver le site de production pour éviter sa délocalisation en Tunisie. Fallait oser. Ayons une pensée émue pour ces salariées qui ont dû frémir en se rappelant les promesses martiales et définitives proférées à Gandrange.
Au sujet de la TVA sociale, qui n'a rien de social, il a balancé, un rien gonflé, sans être contredit par aucun de ses interlocuteurs, "vous ne m'avez jamais entendu prononcer ce nom". Dommage pour lui, comme c'est souvent le cas lorsqu'il y va à l'estomac, des archives disent le contraire (voir vidéo).
Quant aux mesures énoncées hier soir, il a bien été obligé de reconnaître qu'elles attendront quelques longs mois, si toutefois il devait être réélu.
Comme je l'ai dit dans un précédent article, cette campagne présidentielle va être réjouissante et nous allons vivre de passionnants moments.
Alors, comment résumer cette prestation largement diffusée, à l'exception, notons-le, de chaînes comme Comédie, Cuisine TV, Boomerang voire Dorcel TV ? Je vais vous le dire et une phrase suffira. Hier soir, le président auto-proclamé du pouvoir d'achat a voulu se muer en candidat du rachat, il finira peut-être comme postulant aux crachats.
Ah, ces touchantes marques d'amitié !
* Le 6 mai 2007, soir de l'élection de Nicolas Sarkozy, fut moment de très grande réjouissance à TF1. On avait surpris l'impartiale Claire Chazal boire un verre de champagne dans le studio où elle présentait les résultats.
* En 2004, le très dévoué Jean-Marc Sylvestre a été fait chevalier de l'Ordre national du Mérite et officier de la Légion d'honneur et décoré par Nicolas Sarkozy. Il est aussi un ami de Claude Guéant avec qui il a passé d'excellentes vacances en Tunisie en 2008.
Hasards de la programmation d'hier soir, un vrai festival :
Braquage à l'italienne sur TF1, Le serpent sur F2, La guerre des fromages qui puent sur F5, La France sauvage sur Arte, Travail, famille, santé, faut-il se doper pour tenir le coup ? sur M6, Le grand bazar sur NT1, Lie to me Zone rouge sur Paris Première.
Tous les bilans sont catastrophiques :
Records du chômage, des déficits, des dettes, des cadeaux aux riches, de la pauvreté, de la casse sociale, du démantèlement de l'éducation, de la santé, de la justice... Sans oublier l'arrogance, le cynisme et la vulgarité...
Réactions
de Bernard Cazeneuve, porte-parole de la campagne de François Hollande
et de Benoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste
Message personnel à Nicolas Sarkozy :
Vous voulez protéger tous les Français, avez-vous dit. Merci de ne pas me compter car je ne crois pas vous avoir demandé quoi que ce soit. N'y voyez pas là un manque de confiance en vous mais je tiens à m'occuper moi-même de mon propre sort. Sans vous.
Hollande pousse Juppé dans le tournis du grand huit
"Quand vous arriverez au pouvoir, on verra ce que vous ferez." En l'entendant lancer cette apostrophe au futur et pas au conditionnel à Francois Hollande, on se demande si Alain Juppé mise encore sur une victoire de Nicolas Sarkozy.
Hier soir sur France 2, on allait voir ce qu'on allait voir. Après quelques séquences avec des questions qui ont versé dans la médiocrité à propos de la personne du candidat, suivies de questions sur son programme, est venu le débat attendu entre François Hollande et Alain Juppé. Depuis le début, François Hollande avait déjà promené les journalistes sur le grand huit. Bien préparé, il était donc chaud pour accueillir Alain Juppé.
Pour parler en défense de Nicolas Sarkozy, c'est curieusement le numéro deux du gouvernement, ministre des affaires étrangères, qui a suppléé le premier ministre. C'est comme envoyer le valet à la place des maîtres.
On le sentait crispé et inhabituellement en dessous de ses moyens. S'il avait été le vrai candidat, il aurait sans doute été meilleur. Mais comme il était bien obligé de défendre le bilan du président, alors que François Hollande en est au projet, il a paru faire le service minimum comme si la partie était fichue.
Car ce qui était frappant, c'était l'impression qu'il dégageait d'être lui-même atteint par l'ambiance délétère qui règne dans le camp de l'UMP et que, même venu par devoir, il n'y croyait plus. François Hollande n'a pas eu trop de mal à l'emmener lui aussi faire un tour sur son grand huit en appuyant un peu plus sur la manette de la vitesse pour le déstabiliser.
Histoire de conjurer le sort, Alain Juppé a conclu son intervention de manière assez inattendue : "Depuis 20 ans, le favori du mois de janvier n'a jamais été l'élu du mois de mai." La remarque était pour le moins maladroite puisqu'un exemple au moins témoigne du contraire : Nicolas Sarkozy était en tête en janvier 2007 et il a gagné. Depuis le Bourget, selon moi, on en est à Hollande : 3, Sarkozy : 0.
Maintenant, attendons dimanche pour savoir ce que le président sortant peut bien encore avoir en réserve. Mais il est fort à parier qu'il encaissera un quatrième but. Par les Français, cette fois.
La conclusion de François Hollande
Le va-tout de Sarkozy et... le "va-t-en" des Français
"De toute façon, je suis au bout. Dans tous les cas, pour la première fois de ma vie, je suis confronté à la fin de ma carrière."
"En cas d'échec, j'arrête la politique. Oui, c'est une certitude."
"Vous voulez que j'anime des sections UMP ? Je ne mérite pas ça. Je préfère encore le Carmel. Au Carmel au moins, il y a de l'espérance !"
"En tout cas, je changerai de vie complètement, vous n'entendrez plus parler de moi !"
Si l'on en juge par les effets à fragmentation de la prestation de François Hollande de dimanche dernier, des effets relatés en long et en large, et souvent commentés favorablement par les médias nationaux mais aussi internationaux, Nicolas Sarkozy semble devoir être désomais contraint de jouer son va-tout.
Ses propos rapportés par la presse laissent deviner comme une tonalité de fin de présidence qu'on n'aurait pas imaginée venant de lui. Ces propos, tenus en aparte devant des journalistes, sont-ils un constat enfin lucide d'une défaite inévitable ou un énième enfumage censé faire réagir ses partisans pour qu'ils se mobilisent à fond ? Dans les deux cas, ce n'est pas bien glorieux.
En arriver là, alors qu'il n'a cessé d'être en campagne depuis cinq ans et qu'il vient de passer tout le mois de janvier (15 cérémonies au compteur à ce jour !) à faire sa lourde propagande aux frais de la République devant des salles composées de personnes tout droit sorties de cars UMP, c'est à désespérer.
Hier encore, il est venu passer deux petites heures à Marseille pour soi-disant présenter ses vœux au monde de la culture en tant que président, et, idiots que nous sommes, pas comme candidat, comme le serine Henri Guaino. La feinte est un peu grosse car au même moment le déclaré candidat François Hollande était dans le Var. Et, savez-vous quoi ? Sarkozy a lu son long discours sans dire un seul mot sur Marseille capitale 2013 ! Gaudin et Muselier ont dû savourer le voyage !
Oui, nous allons vraiment vivre des moments passionnants. Et pour commencer, il sera intéressant de suivre Hollande jeudi soir pendant deux heures sur France 2. Au cours de l'émission, une séquence de trente minutes sera réservée pour un débat avec Alain Juppé. La confrontation sera sans doute de bonne tenue.
Puis, dimanche soir, Sarkozy monopolisera toutes les chaînes de télévision pour présenter son catalogue de mesures de replâtrage de la vingt-cinquième heure. Malgré sa stratégie Coué trompe-la-mort, il n'est pas invraisemblable qu'il fasse une grosse audience. Mais comme personne ne le croit plus, on fera semblant de l'écouter.
Pour lui, la pente s'est tant raidie qu'il en est réduit au sauve-qui-peut. Et il est fort à craindre que même un recours à un grigri ou à un calendrier maya n'y pourrait rien changer.
Son sort est à mille lieues de m'attrister. En revanche, une chose me chagrine jusqu'à m'arracher d'abondants sanglots de crocodile. Ce sont les conséquences inhumaines que devront affronter certains de ses valeureux et lettrés domestiques.
Alors, je pose la question essentielle que personne n'a encore eu la bienveillance de poser. Mais que vont donc devenir nos inoubliables grands farceurs Lefebvre, Morano et autre Douillet ? Pourvu que l'Elysée leur ait déjà déniché un sauf-conduit pour aller exercer leurs réels talents sous chapiteau !
Mai 2012 : Hollande pour l'éjection de Sarkozy
Quel est le bon compteur pour l'élection présidentielle ? Certains médias affichent J-90, d'autres J-104. En fait, cela dépend de ce qu'on attend. Dans le premier cas, il s'agit du premier tour, dans le second, du résultat définitif.
Personnellement, c'est ce dernier qui me paraît plus réjouissant parce que j'espère à la fois l'élection d'un président de gauche et l'éjection du président de droite.
Hier, avec le meeting choc de François Hollande, une grande étape semble avoir été franchie. J'ai le sentiment que désormais toute la gauche, Jean-Luc Mélenchon compris, se bat bien.
Les coups pleuvent contre le bilan catastrophique de Nicolas Sarkozy. Et il me tarde de voir sa tête lorsqu'il quittera l'Elysée pour céder la place à son successeur.
Cet homme m'a toujours été aussi antipathique qu'insupportable. Je ne pense pas être le seul. Sa perte viendra car la bascule se fera aussi grâce à ceux qui l'ont porté au pouvoir il y a cinq ans, qui sont dégoûtés en prenant conscience de la manière dont ils ont été abusés.
Enfin, enfin, on va pouvoir vraiment parler de République, d'éthique, de justice et de simplicité. C'est mon grand souhait.
Nous allons vivre une période passionnante... Florilège...
Jean-Noël Guérini : Des vœux mais... sans aveux
Une amie me disait il y a peu "bizarre, on ne parle plus des frères Guérini". Je lui ai répondu "t'inquiète, ça ne va pas tarder..."
Et Jean-Noël Guérini est réapparu pour ses vœux de l'année aux personnels du conseil général puis à la presse.
Mais, le devançant quelque peu, le juge Charles Duchaine a repris investigations, convocations, gardes à vue et mises en examen. Avec toujours dans sa visée, les multiples affaires d'Alexandre et les relations avec son frère dans le cadre de ses responsabilités de président du CG13.
Résultat, la plus grosse prise concrétisée ces derniers jours a été celle de Jean-François Noyes, conseiller général, et surtout ancien président de l'office HLM Treize Habitat, qui, à son tour, vient d'être mis en examen pour "association de malfaiteurs en vue d'un trafic d'influence et recel de trafic d'influence" pour avoir fermé les yeux sur les interventions d'Alexandre Guérini au sein de l'office.
L'autre tâche du juge a consisté à dénouer un peu plus et un peu mieux encore les très nombreuses interrogations sur les centaines de milliers d'euros qui auraient circulé de manière non justifée pour faciliter la réalisation d'un projet de maison de retraite médicalisée à Vauvenargues où l'on soupçonne l'influence occulte de personnes liées au banditisme présumées proches d'Alexandre Guérini. Illico, le patron de la société Beaulieu Patrimoine, Christian Nau, a été mis en examen "pour trafic d'influence".
Si certains mystères livrent peu à peu de surprenantes parts de secrets trop bien et trop longtemps entretenus, en revanche, à chaque progression des enquêtes, le contexte général devient très complexe. N'en déplaise aux protagonistes directs ou indirects des affaires qui ont éclaté depuis qu'Alexandre a été démasqué, on a la confirmation de l'existence d'un véritable système parallèle, une sorte de gros cercle fermé, qui cherchait à échapper aux règles des marchés publics, aux obligations des élus et à la transparence démocratique.
De la gonflette pour s'incruster
Bien conscient que la longue traque judiciaire va se poursuivre, en fin de semaine dernière, devant les parterres garnis d'invités, Jean-Noël Guérini a ouvert le rideau des cérémonies de vœux, avec à ses côtés Jean-François Noyes, les deux mis en examen faisant la paire. Et là, il a rejoué et surjoué, dans son style tantôt jovial tantôt théâtral mais toujours de commande, la mise en scène de sa partition bien connue (bientôt usée ?) du parfait innocent, répétant, peut-être pour essayer de s'en convaincre lui-même, que "le dossier judiciaire ne concerne en rien le conseil général".
Preuve, selon lui bien sûr, que le destin de sa modeste personne et sa vie politique d'élu ne pourraient souffrir le moindre dommage, il est même allé cette fois jusqu'à vouloir (se) persuader de son invincibilté. Et, poussant le défi comme certains font de la gonflette, il a affirmé "Je resterai jusqu'en 2014 et au-delà".
Par ailleurs, interrogé sur sa présence au cours de la campagne présidentielle de François Hollande, Jean-Noël Guérini a indiqué qu'il ferait campagne pour lui à titre personnel mais qu'il se tiendrait en retrait, "je ne me montrerai pas à côté de lui", car, dit-il, il ne veut pas que les médias interpellent le candidat sur les affaires.
Pour une fois, on se dit qu'il a bien raison mais c'est surtout parce qu'on a dû lui faire comprendre qu'il n'était pas franchement désiré.
Pendant ce temps, Eugène Caselli, qui devrait bientôt rencontrer Jean-Noël Guérini pour parler du plan quinquennal entre le CG13 et MPM, commence lui aussi - ce type de hasard est toujours étonnant ! - à se sentir pousser de grandes ailes pour envisager d'être un postulant légitime à l'élection municipale en 2014 : "A partir du poste que j'occupe, glisse-t-il, compte tenu des engagements et des projets portés par MPM et compte tenu de mon positionnement politique particulier, vous vous doutez que je ne peux pas me désintéresser du rendez-vous des prochaines élections municipales." [...] "J'aurai ma place dans le débat, nous verrons bien qui sera le mieux placé."
Et voilà, les paris sont déjà ouverts pour 2014 !
A voir :
Jean-Noël Guérini fait ses voeux à la presse par LCM
Politique: les voeux d'Eugène Caselli par LCM
A lire :
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http://www.marsactu.fr/2012/01/14/jai-dejeune-sur-le-titanic-avec-jean-noel-guerini-et-lorchestre-continuait-a-jouer/
http://www.marsactu.fr/2012/01/18/eugene-caselli-candidat-a-la-mairie-de-marseille-cest-de-la-bombe/

http://archives.tdg.ch/nouvelles-revelations-affaire-guerini-2011-12-04
Rébellion de la police municipale contre Joissains
Lors de la séance publique du conseil municipal du 26 septembre dernier, Maryse Joissains a présenté une délibération portant sur une révision du fonctionnement de la police municipale. Mais voilà, certaines modalités ne semblent pas être tout à fait du goût des personnels concernés.
Et pourquoi donc ? En fait, tout a commencé avec le rapport, plutôt sévère, de 40 pages d'octobre 2010 de la Chambre régionale et territoriale des comptes, et dont les observations ont été reprises dans le rapport national de la Cour des comptes de juillet 2011. En gros, la CRTC souligne la politique cahotante, voire chaotique, de la sécurité à Aix.
"Aucune politique globale de lutte contre l’insécurité et de prévention de la délinquance n’a été formalisée et aucun bilan véritable de la politique de sécurité n’a été établi." [...]
"Cette absence d’objectifs précis complique l’évaluation de la politique de sécurité de la ville d’Aix-en-Provence." [...]
"La commune ne dispose pas d’un système de comptabilité analytique permettant une connaissance du coût réel de sa direction de la sécurité. En 2009, les dépenses relatives à la sécurité représentent environ 3% du budget de la collectivité. Elles sont restées relativement stables sur la période."
Et à propos de la structuration de la direction de la sécurité, la CRTC écrit ceci :
"De la même façon, il n’existe pas de règlement intérieur du service de police municipale ni de projet de service ou de lettre de mission définissant les objectifs assignés à ce service. Les objectifs globaux du service sont fixés chaque année par l’adjoint délégué à la sécurité. Depuis ces trois dernières années, l’organigramme des services en charge des missions de sécurité a connu de nombreuses modifications révélatrices des hésitations dans la structuration de la direction de la sécurité."
A titre d'exemple, comme je l'ai souvent évoqué ici, le Conseil local de sécurité et de prévention de la délinquance d'Aix (CLSPD), dont j'étais l'un des membres élus, n'avait été réuni qu'une seule fois. Et il a fini par être dissous. N'a subsisté qu'un outil de prévention au niveau de la CPA mais ne répondant pas à la vision globale et détaillée des problèmes à l'échelle spécifique de la commune.
Or, en septembre, la municipalité a proposé une délibération-cadre sur la politique de sécurité à Aix qui se présente malheureusement plus comme un état des lieux que comme un véritable plan d'objectifs et d'organisation.
Suite aux conclusions et aux préconisations d'un audit, certaines dispositions sont déjà durement critiquées par la très grande majorité des policiers eux-mêmes. Notamment, le fait que, à partir de février, les nouveaux horaires prévoient une interruption des patrouilles entre 3 et 6 heures et la contrainte de travailler de jour comme de nuit pour tous les agents, quels que soient leur âge, leur ancienneté ou leur état de santé, alors que le service de nuit était assuré jusqu'ici par des agents volontaires.
De mémoire, c'est la première fois qu'une fronde de cet ordre se fait jour à Aix.
Maryse Joissains est mécontente de la réaction des syndicats et a déclaré que c'est en vertu d'une circulaire du gouvernement qu'elle doit "faire de la police municipale une police de proximité". Tiens, tiens ! Cela sonne comme un aveu de l'échec de Nicolas Sarkozy !
Alors, attendons maintenant de voir si nos policiers municipaux vont marcher à la manœuvre.
Concluons avec deux faits survenus ces derniers mois.
Il y a près de six mois, le directeur de la police municipale a soudain été évincé alors que le maire louait depuis 2003 les compétences de ce fonctionnaire qui avait été décoré par elle de la médaille du courage et du dévouement suite à une opération contre un braquage de bijouterie où il s'était distingué avec neuf autres collègues en janvier 2008. Et qui avait également été nommé chevalier de l'Ordre du mérite national (pour ses 24 ans de services civils et militaires) le 17 mai 2008 au titre du ministère de l'intérieur.
Enfin, mais dans ce cas, c'est à juste raison que le responsable du service des agents de médiation et de sécurisation (AMS) en place depuis une dizaine d'années a dû payer sa mise à l'écart pour s'être pris pour un shérif en s'arrogeant une prérogative de policier sans en avoir ni titre ni qualité pour l'exercer.
La délibération du conseil municipal du 26 septembre 2011
=> Délibération cadre sur la sécurité
Les articles de La Provence des 2 et 13 janvier 2011 :
http://www.laprovence.com/article/a-la-une/aix-la-ville-a-un-profond-mepris-pour-ses-policiers-municipaux
http://www.laprovence.com/article/aix-en-provence/maryse-joissains-impose-une-mue-dans-la-douleur-a-sa-police
Le rapport de la Chambre régionale et territoriale des comptes
(lire notamment la synthèse en pages 3 et 4)
http://www.ccomptes.fr/fr/CRC22/documents/ROD/PAR201023.pdf
Le site non officiel de la police municipale d'Aix :
http://pm.aixenpce.free.fr/index.htm
Maryse Joissains entend-elle les forains du textile ?
A la mairie d'Aix, question écoute et dialogue, il semble qu'il y ait encore comme un défaut.
Prenons un exemple tout chaud dans un domaine qui concerne directement la vie quotidienne des Aixois : la situation des forains du textile.
En novembre, excédés, ces derniers avaient tenté de se faire entendre. Et avaient manifesté leur mécontentement en bloquant l'accès au centre ville. La mairie leur avait assigné des emplacements sur l'avenue des Belges à cause de la présence des chalets sur le cours Mirabeau. Cela ne leur convenait pas car la clientèle ne suivait pas pour fréquenter ce nouveau lieu de rendez-vous.
A leur demande, début décembre, la mairie se voyait contrainte d'organiser une réunion pour ré-examiner le problème. Dans un souci d'apaisement, les forains avaient alors décidé de suspendre momentanément leur mouvement.
Résultat : en l'absence de Maryse Joissains, aucune décision pratique n'émergea de la rencontre. Sauf une promesse de nouvelle réunion pour janvier avec les divers interlocuteurs concernés. Pendant ce temps-là, les forains n'ont pas déballé un seul jour sur les deux derniers mois.
Or donc, il y a quelques jours, le maire d'Aix a eu l'occasion de discuter avec les représentants des forains. Encore un coup rien. Maryse Joissains a annoncé qu'elle avait besoin de deux mois pour mener sa réflexion.
La différence, a-t-elle indiqué, c'est qu'elle veut désormais regrouper l'ensemble des questions touchant à l'occupation du cours Mirabeau pour s'orienter vers une restriction du nombre de manifestations. Ce n'est qu'après une étude menée par un organisme indépendant que pourraient, selon elle, être envisagées des mesures concrètes pour les divers acteurs sollicitant l'utilisation du cours.
Les chalets ont levé le camp et depuis deux semaines les forains ont pu y re-travailler le jeudi comme avant la longue parenthèse des fêtes de fin d'année. Pour mémoire, la question des marchés avait été soulevée il y a au moins cinq ans et un protocole avait été signé en 2008.
Osons risquer un parallèle dans la méthode : à Aix, ça se passe un peu comme avec un certain président, tout est à l'emporte-pièce et c'est le vent qui décrète la direction à prendre.
"Aix : La nouvelle révolte des forains du textile" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2011/11/28/22828891.html
"Forains du textile : La nouvelle réunion a foiré !" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2011/12/08/22915273.html
Le Ravi de janvier conserve son triple A !
Si vous n'avez jamais acheté le Ravi, janvier est une bonne occasion pour l'étrenner. Vous ne serez pas déçu(e).
Après sa première tentative de l'an dernier, le journal publie son palmarès 2012 des villes à fuir, un classement de 29 communes établi sur de nouveaux indicateurs : Liberté, Egalité, Fraternité, Choucroute ! Surprises, surprises.
Puis, pour inaugurer l'année politique qui va bien secouer, la rédaction se penche en détail sur la donne législative dans notre région.
Il y a aussi une riche analyse sur la presse et un reportage sur le dossier LGV qui suscite toujours bien des remous comme récemment encore avec les propos mitigés du préfet et les réactions des opposants au projet.
Le Ravi, c'est un vrai bouquet composé de dizaines d'articles, de brèves, de dessins avec des épines, de rubriques sur la cuisine, la télé et les associations, dans un style caustique et avec une liberté de ton comme on aime.
Le sommaire du n° 92 de janvier :
http://www.leravi.org/article/au-sommaire-du-ravi-no92-janvier
Le site du Ravi :
http://www.leravi.org/
Le Ravi est aussi sur Facebook :
http://fr-fr.facebook.com/pages/le-Ravi/129098087994
Projets aixois : Joissains, maire sans boussole (2)

(Clic sur les images pour agrandir)
L'ancien parking de la faculté de lettres en mai 2011
1. depuis la porte d'entrée avenue Robert-Schuman
2. vu depuis la porte d'entrée chemin du Moulin de Testas
Note personnelle (vendredi) :
Cet article et le précédent, en forme de revue de sujets aixois, enregistrent depuis lundi un nombre de visites largement au-dessus des moyennes habituelles.
Je vais donc les laisser encore un peu en tête du blog pour en faciliter l'accès direct au premier clic.
Mon clavier me susurre que le prochain article est déjà impatient de leur subtiliser la place d'honneur...
Si les trois exemples cités dans l'article précédent ont une certaine base de réalité, trois des quatre sélectionnés aujourd'hui sont des projets qui relèvent, eux, de l'hypothétique, voire du virtuel.
Là encore, ce sont des ensembles en soi qui n'entrent dans aucun schéma général d'aménagement. Autrement dit, ce sont des pièces rapportées qui doivent se faire une place dans le puzzle géographique complexe de la commune sans qu'un Plan local d'urbanisme adapté en ait auparavant fixé la stratégie, les conditions et les interactions.
L'Ecole supérieure d'art :
La municipalité a décidé de la délocaliser pour la reconstruire à deux pas de la Fondation Vasarely au Jas de Bouffan. Le hic, c'est que le devenir de l'actuelle école n'est toujours pas réglé. La Ville espère réaliser une opération tiroir : payer le nouvel établissement avec l'argent de la vente de l'ancien.
Or, une question cruciale est posée. Que va devenir le site originel de la rue Emile-Tavan ? Va-t-on le céder pour l'ouvrir à une opération immobilière ? Le CIQ Pasteur et diverses personnalités n'en veulent pas et proposent que les bâtiments soient reconvertis en musée archéologique, un outil qui manque dans une ville où les découvertes sont nombreuses. Ce n'est donc pas encore demain que les étudiants pourront disposer de leur nouveau lieu d'études.
Le pôle judiciaire :
Ce gros dossier a subi les mêmes vicissitudes que beaucoup d'autres. Le planning de reconstruction d'un complexe judiciaire sur le site existant prévoyait un début des travaux pour 2006 et une fin pour 2013. En 2009, la réduction des crédits de l'Etat a fait capoter le projet initial.
Un autre projet, avec relance des toutes les procédures, a été proposé à coût moindre entraînant dès lors un retard conséquent pour l'installation des tribunaux dans de nouveaux locaux. Certains bâtiments ont été démolis et les magistrats rendent encore actuellement la justice dans un site provisoire au Jas de Bouffan. Le projet du ministère de la justice pourrait être validé en ce début d'année mais il ne serait pas achevé avant 2017. Rappelons qu'Aix accueille la seconde cour d'appel de France !
La polyclinique Rambot :
L'établissement privé a acquis des terrains au lieudit les Bornes à Pont de l'Arc au pied du massif du Montaiguet. La Ville a autorisé ce transfert de la polyclinique située en centre ville vers les quartiers sud par une décision de révision simplifiée partielle du POS.
Face à l'annonce du parachutage d'une telle masse de béton dans ce secteur vert à protéger de toute urbanisation destructrice, des riverains et des associations notamment ont contesté devant les tribunaux le bien-fondé de la procédure et pointé les conséquences désastreuses pour la qualité de vie, l'environnement, le paysage et la circulation déjà fortement engorgée.
La Ville s'est engagée à assumer les dépenses pour les infrastructures d'accès et les aménagements routiers mais n'a pas tenu compte de l'impact général sur tout le secteur sud.
La partie est loin d'être jouée. La direction de la polyclinique estimait que le nouvel établissement serait achevé à l'horizon 2011 suite à une période de travaux prévue pour durer entre 24 et 26 mois. Mais, à ce jour, aucune première pierre n'a encore été posée.
Le plan Campus :
Si le pôle académique d'Aix-Marseille semble avoir tiré une assez bonne carte pour améliorer sa vie universitaire, c'est sans doute à cause des conditions indignes d'études et de logement que connaissent étudiants, enseignants et personnels sur l'ensemble du secteur des facultés depuis de longues années. La faculté de lettres d'Aix, en lambeaux, en est une illustration tragique.
De son côté, le Crous a fait des efforts pour rénover un certain nombre de cités universitaires. Mais le manque de studios est criant au point d'obliger certains étudiants à loger parfois dans des bungalows ou des campings.
Quant au projet du plan Campus dépendant essentiellement du concours financier de l'Etat, en cours pour une durée de 10 ans avec une première tranche pour 2014, il prévoit notamment des réhabilitations et la construction de nouveaux bâtiments administratifs et d'enseignement. Par la suite est envisagée une augmentation du nombre de logements étudiants mais ce domaine souffrira toujours d'une insuffisance de l'offre alors que les prix de location dans le privé sont inaccessibles pour beaucoup d'entre eux.

(Clic sur les images pour agrandir)
L'ancien parking de la faculté de lettres en novembre 2011
avec son nouveau bâtiment
1. côté avenue Robert-Schuman
2. vu depuis la porte d'entrée chemin du Moulin de Testas
La première partie sur les projets aixois :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2012/01/09/23200210.html
Projets aixois : Maryse Joissains, maire sans boussole

La première mouture date de 2005 pour une réalisation en 2011. Raté !
La presse locale, en l'occurrence La Provence, a publié une page sur les chantiers en cours ou à venir annoncés par la mairie d'Aix-en-Provence.
Mais il est intéressant de noter que, en l'absence totale d'un Plan local d'urbanisme cohérent et digne de ce nom, il ne s'agit essentiellement que d'opérations dont le caractère spécifique n'entre aucunement dans le cadre d'une vision réfléchie du développement maîtrisé de la ville.
Pour la plupart, les chantiers en question font fi de tous les aspects et enjeux qu'il serait nécessaire de prendre compte pour répondre aux besoins fondamentaux et concrets de la vie des habitants.
En dehors de l'agrandissement du parc relais du Krypton et de la réalisation du pôle d'échanges du Plan d'Aillane qui constituent une sorte de rattrapage pour une incitation à stationner en périphérie de la ville et un délestage de circulation vers les transports en commun, les autres sujets concernent des mutations de l'existant. Et encore, les dates d'éventuel achèvement ont un parfum de communication.
Prenons quelques exemples.
Corsy et Beisson :
L'élaboration du projet de rénovation des deux cités, les incertitudes financières et les atermoiements ont fait reculer sa finalisation qui totalisera bientôt une dizaine d'années. Annoncée pour 2011, puis pour 2014, la rénovation est promise à une nouvelle échéance maintenant prévue pour 2015.
Les habitants eux-mêmes ont beaucoup protesté pour en savoir plus et être associés à la démarche de rénovation, notamment au moment où les contributions de l'Etat pour la politique de la ville ont commencé à fondre.
A l'heure actuelle, les crédits dévolus à la rénovation urbaine résultent d'un des engagements lancés par le gouvernement en 2004 et des promesses échevelées faites par Nicolas Sarkozy en 2007 pour un plan Marshall des banlieues qui a vu ses budgets taillés à la hache d'année en année (voir lien ci-dessous).
La gare routière :
Des panneaux avaient été apposés dès 2005 pour annoncer le projet pharaonique d'une nouvelle gare routière opérationnelle fin 2011 sur le site actuel. Une élection municipale annulée étant passée par là et de nombreuses critiques aussi, le projet a été revu à la baisse. On ne parle plus de la même envergure.
Quand sortira donc de terre le nouvel équipement ? On nous parle de fin 2013, soit avec deux années de retard.
Office de tourisme :
Là encore, le nouvel établissement qui était annoncé pour la fin du premier mandat de Maryse Joissains aura mis quelque sept ans à voir le jour alors que le sort de l'ancien est très contesté.
L'équipement a été vendu à une société à la condition qu'elle conserve le bâti. Or, le projet a subi de substantielles modifications qui changent de fait la base juridique du marché.
Une récente délibération du conseil municipal a suscité l'étonnement en entérinant sa destruction complète accompagnée de la vente d'un espace public à la société acquéreuse. Manifestement contraire aux procédures de mise en concurrence, la décision vient d'être attaquée par l'opposition au tribunal administratif. Il faudra donc patienter avant de récolter les fruits de la cession.
A suivre...
Le plan banlieues, de la promesse à la réalité...
http://www.marianne2.fr/Banlieues-les-promesses-de-Sarkozy-passees-au-Karcher_a213629.html

















