guerini_alex___CopieC'est donc tard hier soir qu'Alexandre Guérini a été mis en examen puis écroué aussitôt pour "détournement de fonds publics, recel et blanchiment, abus de biens sociaux, trafic d'influence, corruption active et détention d'un chargeur de pistolet Glock". Le suspense sur son sort est allé crescendo comme dans un scénario à la Hitchcock. Pourtant, en juillet dernier encore, il s'insurgeait contre tous les racontars qui n'auraient visé qu'à l'impliquer dans cette horrible saga sur des marchés publics présumés frauduleux liés au traitement de déchets. Il réclamait alors d'être entendu par le juge Charles Duchaine.
Voici ce qu'il déclarait dans une longue interview au Nouvelobs
"Je demande qu'on arrête cette chasse à l'homme, cette guerre des nerfs dangereuse, et qu'on m'entende enfin. […] Moi, ce que je peux vous dire, c'est que je suis victime d'une extraordinaire cabale qui vient de loin. […] Je suis un homme qui subit une forme de lapidation pu­blique. […] Je suis soumis à une lente tor­ture, les yeux bandés. […] Je n'ai jamais ni surfacturé ni trempé dans aucune ma­gouille." 
Après de nombreuses perquisitions et de longues enquêtes, prenant son temps, le juge l'aura donc interrogé quand bon lui a semblé. Le résultat est tombé tard hier soir après deux journées de garde à vue.  
Hier également, avant le cas particulier d'Alexandre Guérini, six autres personnes avaient aussi été mises en examen. 
D'abord, Jeannie Peretti, sa compagne, qui a très récemment pris le relais à la tête de ses sociétés, Michel Karabadjakian, directeur général adjoint chargé de la propreté à la communauté urbaine de Marseille, plus Mireille Duval et Christophe Bringuier, deux fonctionnaires de la Communauté d'agglomération d’Aubagne. 
Enfin, dans la journée, Philippe Rapezzi, proche d'Alexandre Guérini, longtemps à la tête de SMA Environnement, et Daniel Pinna, directeur général des services de l'Agglomération d'Aubagne jusqu'en 2009. 
Réagissant à ces dernières 48 heures, dans des propos rapportés par La Provence, Jean-Noël Guérini a expliqué : "Il reste mon frère, mais lui c'est lui, moi c'est moi. Le conseil général n'est en rien concerné par les affaires." Par ailleurs, le président du Conseil général, mais aussi secrétaire de la fédération du Parti socialiste, a laissé entendre qu'il s'exprimerait plus longuement avant fin décembre. 
Note personnelle :
A vrai dire, l'affaire devenue publique aujourd'hui n'a pas dû surprendre ceux qui, dans des bribes de conversations en coulisses du monde politique, fronçaient les sourcils, faisaient la moue ou s'interrogeaient à voix basse lorsque quelqu'un, le connaissant ou pas du tout, prononçait le nom d'Alexandre Guérini. Intrigues et magouilles, disaient certains. Rumeurs et médisance, rétorquaient d'autres. 
En tout cas, pendant plusieurs années, alors que j'étais encore élu, alors que je n'ai jamais rencontré le personnage, j'ai souvent entendu dire à son sujet tout et son contraire sans que quiconque puisse justifier quoi que soit en bien ou en mal. Désormais, les choses semblent faire leur chemin en direction d'une réalité plus tangible. 

 Un excellent article à relire :
logo_nouvelobs
La saga des Guérini vue par le Nouvelobs (en décembre 2009)
http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/12/22/16239927.html
 
        
Et aussi l'article du Canard enchaîné :
(Clic sur l'image pour agrandir)

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Pour d'autres articles sur l'affaire Guérini,
voir les nombreux liens dans mon billet d'avant-hier 30 novembre.