vendredi 29 octobre 2010

Un plan campus à donner envie de refaire ses études

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Le projet d'extension issu du Contrat Etat / Région 2007-2013

Un gros demi-siècle s'est écoulé depuis la construction de la "nouvelle" faculté de lettres d'Aix succédant aux locaux situés initialement en centre ville. Une simple visite des bâtiments suffit pour constater l'état actuel de son délabrement. Autant dire que les conditions d'études sont peu réjouissantes dans pareil environnement. A quoi s'ajoute un manque de locaux, notamment pour les salles de cours où les étudiants ne trouvent même plus la moindre place.
Du changement est annoncé. Avec, d'une part, les travaux des Contrats de projets Etat / Région et, d'autre part, les rénovations annoncées du Plan campus.
Dans le premier cas, après les investissements de la période 2000-2006, a suivi la mise en œuvre du contrat 2007-2013. Même si c'est seulement en avril dernier qu'a été posée la première pierre de ces travaux d'extension du site Schuman qui comprennent notamment la requalification de l'entrée principale et la remise des bâtiments aux standards internationaux.
Le projet se caractérisera par la construction de deux bâtiments distincts, d'un forum, d'un parc de stationnement de 82 places, d'aménagements extérieurs et d'espaces verts. Le coût total s'élève à 17,2M€ pour une superficie de 64.000 m². L'achèvement est programmé pour décembre 2011.

Les financements des deux contrats de projets Etat / Région
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Autre chose est le Plan campus qui touche 12 sites universitaires nationaux et qui fait l'objet d'une exposition de préfiguration à la Cité de l'architecture à Paris du 28 octobre au 6 décembre. Dans ce cadre, celui d'Aix-Marseille disposera d'une dotation globale de 500M€ fournie par l'Etat, avec pour Aix des participations croisées de l'Etat (125M€), de la Région (36), du Crous (95), de la CPA (36), de la Ville d'Aix (10) et du Département (non encore précisée).

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La vie en couleurs du projet vanté par les architectes
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La première tranche de chantier devrait s'achever fin 2014. Au final, pour le projet d'Aix, il s'agit officiellement de réhabiliter la fac de lettres et la fac de droit, de construire une autre faculté d'économie et de gestion près du Creps après franchissement de l'autoroute, de construire environ 2.000 logements pour étudiants dont 300 sur le campus et de traiter les problèmes de stationnement et de transports en commun.
Tout cela devant se faire pas à pas, le projet définitif nécessitera une autre tranche qui devrait prendre encore quelques années. D'ici là, aura déjà été opéré en janvier 2012 le regroupement des trois universités en une université unique de 70.000 étudiants, ce qui la placerait au troisième rang national.
Défi perso osé : Comme pour le projet de la polyclinique du Montaiguet, j'ai un peu de mal à croire au ramage et au plumage que nous vantent et vendent les architectes. Si toutefois un jour la fac de lettres avait vraiment pareille allure, moi qui y ai fait mes études et même enseigné, je jure que je suis prêt à aller y refaire tout mon parcours universitaire.

Mon précédent article sur le même sujet :
"Plan campus… ou camping ?" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2010/04/16/17591773.html
Des documents plus détaillés (et d'autres images) :
L
e dossier Etat / Région 2007-2013 :
http://www.ac-aix-marseille.fr/wacam/upload/docs/application/pdf/2010-04/dp_pose_de_la_premiere_pierre_small.pdf
Le Plan campus : (voir page 15)
http://www.univ-cezanne.fr/fileadmin/Univ_UPCAM/Documents/Actualite/12_dpcampus_du_21e_sciecle.pdf
Le projet universitaire aixois :
(voir pages 19 à 43)
http://www.pres-aix-marseille.fr/Local/pres/dir/marion/generalites_pres/Operation_Campus_dossier.pdf

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mercredi 27 octobre 2010

Manif à Aix : "La retraite est une affaire de jeunes"

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(Photos perso LAC)

Bon, allez, on ne va pas une nouvelle fois chipoter sur les chiffres. Les agences de presse ont estimé à une centaine le nombre des étudiants qui ont défilé à Aix hier après-midi. Personnellement, j'en ai dénombré pas loin de 80. En revanche, je n'ai aperçu aucun policier en train de compter.
A l'initiative de l'Unef au plan national, la section d'Aix a réussi à réunir environ 200 étudiants en assemblée générale à la fac de lettres pour diffuser de l'information et faire voter à la fois pour cette manif sans blocage et pour des actions au moins jusqu'au 4 novembre.
Un cortège s'est ensuite formé, escorté par une demi-douzaine de voitures et autant de motos de la police nationale.
La première halte a eu lieu sur le pont de l'autoroute A8. Une grande banderole a été déployée sur la barrière, visible par les automobilistes. A l'évidence, la recette a touché juste. Pendant que les étudiants reprenaient des slogans fustigeant un personnage dont il est nul besoin de rappeler le nom ici, de nombreux véhicules ont joyeusement klaxonné, les plus énergiques étant sans conteste les routiers.

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"La retraite est une affaire de jeunes"

Pendant ce temps, les voitures passant sur le pont ont pu circuler sans encombre, certains marquant le pas pour observer le mouvement notamment à la vue d'une autre banderole "La retraite est une affaire de jeunes".
Environ un quart d'heure plus tard, les manifestants ont emprunté le rond-point de la 4e Région aérienne pour remonter l'avenue Pierre-Brossolette. La circulation a été momentanément stoppée sans que cela exaspère les conducteurs passant par là.
Le second point de rassemblement a été le Pôle Emploi. Là, étrangement, alors que la manifestation était d'un grand pacifisme, mais sans doute par précaution, les portes étaient closes. Un symbole des portes bouchées pour l'emploi ? Pour rappel, le problème du chômage touche 23% des jeunes actifs.
Après une demi-heure en tout, consigne a ensuite été transmise de retourner à la fac. Selon les organisateurs, ici comme dans d'autres villes universitaires, l'objectif de cette journée n'était pas de mobiliser de grosses foules mais d'occuper le terrain pour servir de relais avant les manifestations nationales programmées pour jeudi.

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vendredi 22 octobre 2010

Ce que la presse dit de Gaudin, Vauzelle et Guérini

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Retour à la vie locale. Elle n'en existe pas moins, même si le mouvement sur les retraites occupe tous les écrans. Alors, d'un coup d'un seul, faisons un sort à trois de nos grandes statues politiques.
Les sujets qui suivent ne sont pas de petits pétards mouillés. Chacun à sa façon dit quelque chose sur les pratiques politiques. Je dirais même quelque chose qui dénature les valeurs républicaines.
A mes yeux, de tels écarts ne sont certainement pas la meilleure manière de faire de la politique et donc de la rendre crédible.
Comment peut-on ensuite demander aux citoyens de bien se conduire et de faire confiance à des élus qui usent eux-mêmes de méthodes discutables voire fortement douteuses ? On aura compris que ces faits apparemment sans liens entre eux me semblent devoir être placés dans un même sac, celui des comportements qui mettent à mal toute conception vertueuse devant guider la vie publique.

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Jean-Claude Gaudin dans Le Ravi d'octobre
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Michel Vauzelle dans Le Canard enchaîné du 29 septembre canard_vauzelle_29
   
Jean-Noël Guérini dans Le Ravi d'octobre

Jean-Noël Guérini, président de la fédération socialiste du 13 devient officiellement son 1er secrétaire. Les grognards applaudissent, les ronchons font profil bas.
A Marseille, le PS, c'est un peu la Belgique des partis politiques : on y est drôle à son insu. Dernier fait remarquable, le changement de premier secrétaire à la tête de la fédération des Bouches-du-Rhône. Eugène Caselli, élu en 2004 et dont le mandat courait jusqu'en 2011, a choisi de démissionner. Raison évoquée : "pouvoir se consacrer pleinement à la présidence de la communauté urbaine de Marseille, la 3e de France."
"Ceux qui se taisent, les seuls dont la parole compte", disait Péguy. Sauf que tout le monde chuchote chez les socialistes. Certains camarades évoquent à demi-mots, pour expliquer le départ de Caselli, l'embrouille maousse engendrée par l'enquête sur les marchés des déchets.
"C'est entièrement faux, s'offusque Jean-David Ciot, maire du Puy Sainte-Réparade et premier secrétaire fédéral délégué. Eugène a donné les raisons de son départ. C'est la première fois depuis bien longtemps qu'un secrétaire part de son plein gré et pas chassé par un rapport de force. Tout va bien !"
De la à proclamer que les élus de la "fédé du 13" sont des gens délicieux, il n'y a qu'un pas que franchit à pieds joints Benoît Payan, en charge des relations presse : "Il y a longtemps qu'il n'y a pas eu un tel esprit d'équipe et une telle volonté de rassemblement." Les socialistes marseillais, censés être culturellement "progressistes", semblent en tout cas hermétiques au pluralisme. 6.000 adhérents et un seul dépôt de candidature : celui de Jean-Noël Guérini, président du Conseil général, qui s'est déjà fait élire, en février dernier "président" de la fédération des Bouches-du-Rhône. Déjà une innovation statutaire.
"Tout ce tintamarre pour un seul candidat en lice ! C'est lamentable", tacle goguenard Philippe Sanmarco, ancien bras droit de Defferre rallié à l'UMP Jean-Claude Gaudin. Sur son blog, Jean-Noël Guérini déclare "avoir répondu favorablement à l'appel de nombreux militants et élus régionaux." Et qu'importe si la fonction est, encore une fois, jugée inadéquate par les statuts du PS avec un mandat de président de Conseil général. Parmi ceux chargés de répandre la pertinence des pensées "guériniennes", la sénatrice et maire du 8e secteur Samia Ghali ne fait pas dans la demi-mesure : "Jean-Noël est le seul légitime, le seul qui peut rassembler pour les municipales à Marseille. Il n'y en a pas d'autres."
En guise d'étoffe, le président du Conseil général s'est donc approprié le manteau de rassembleur. Une posture qui fait mouche, au sein d'une fédération sujette aux trahisons. L'homme fort - plus que jamais - du PS, officiellement intronisé 1er secrétaire le 2 octobre, a désormais entre les mains la gestion exclusive des prochaines investitures. Jean-Noël Guérini, ne "punit pas", il améliore les autres.
En témoigne, "l'amélioration" spectaculaire du président du Conseil régional Michel Vauzelle, qui a multiplié les déclarations hostiles contre Guérini depuis les dernières élections. Inquiet de voir fleurir autour de sa circonscription des intentions de candidatures, plus ou moins encouragées, le député Vauzelle s'est rué à la cantine du Sénat pour prôner l'unité.
Même le tonitruant maire de secteur, Patrick Mennucci, la lippe boudeuse, l'affirme, "désormais l'important, c'est le rassemblement."                              Rafi Hamal

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mercredi 20 octobre 2010

Manifs retraites : Sarkozy en panne de sens…

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Puisqu'on ne voit que ça et qu'on ne discute que de ça en ce moment, je suis moi aussi toutes les séquences de cette situation inédite depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. Le mouvement déclenché début septembre en est à sa sixième journée de manifestations dans la rue. Nul ne sait si, quand ou comment cette succession de défilés peut bien trouver une issue.
Quoi que dise le gouvernement, on sent bien qu'il a du mal à convaincre une très large majorité des citoyens. Sans surprise, et malgré la bataille ridicule des chiffres de la mobilisation, les sondages confirment le soutien de près de 8 personnes sur 10 au refus de cette réforme. Dans le même temps, le président voit sa cote battre un record d'impopularité jamais atteint au cours de la 5e République.

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Le problème de la réforme des retraites a réveillé dans son sillage ce qui couvait depuis longtemps, un fort sentiment d'injustice sociale. Si le gouvernement devait s'entêter à faire passer sa loi, sa "victoire" pourrait lui coûter davantage d'ici 18 mois. Car, il est à parier que tous ceux qui auront à subir les modalités de cette réforme dans leur vie quotidienne, professionnelle et familiale, garderont en mémoire ce fait majeur.
Après la longue liste de coups de hache donnés au pacte social alors même que les cadeaux fiscaux accordés aux plus riches n'ont cessé d'aggraver les inégalités, les urnes pourraient bien le moment venu sonner le glas de ce quinquennat du cynisme.

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lundi 18 octobre 2010

Manifs retraites : Zéro pointé pour les chiffres

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S'il le pouvait, le gouvernement utiliserait bien le zéro pour afficher une quantité nulle de mobilisation. Or, le zéro est bel et bien un chiffre. Son invention remonte à au moins plus de deux millénaires. Une de ses curiosités vient du fait qu'il est classé comme nombre pair.
Signifiant d'abord le vide ou l'absence de quantité, il a ensuite été intégré comme valeur absolue pour exprimer la température entre une cote positive et une cote négative. Il a aussi été utilisé pour indiquer le passage de l'eau de l'état solide à l'état liquide. Le chiffre zéro employé seul n'est pas toujours folichon. En revanche, suivi d'une virgule ou, mieux, précédé d'autres chiffres, il permet de passer d'un infiniment petit à un infiniment grand.
ifrahDans sa prodigieuse "Histoire universelle des chiffres", Georges Ifrah nous instruit sur ses époustouflantes découvertes. Pourquoi ces petits rappels ? Tout simplement pour dire que la bataille permanente sur les chiffres des manifestations est d'un ridicule accompli. En tout cas, côté Nicolas Sarkozy, grand adepte de "la culture du chiffre", cela mérite un beau zéro pointé.

"L'homme de Cro-Magnon savait compter, lui !" :
http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/01/30/12282329.html

(Clic sur chaque image pour agrandir)manif_13
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Sarkozy muet sur le Nobel de la paix

L'an dernier, il n'avait pas fallu une heure à Nicolas Sarkozy pour féliciter Barak Obama. Cette année, pour le prix Nobel attribué au chinois Liu Xiabo, c'est le silence de la honte. Pas un mot, pas un commentaire ni de l'Elysée ni de Matignon pour rendre hommage au courage du dissident emprisonné, tout juste un service minimum de Bernard Kouchner.
La raison est simple. Et crapuleuse. Eh oui, en novembre, le président chinois doit effectuer une visite officielle en France. Ce silence français est donc une monnaie d'échange. Ne rien dire sur les droits de l'homme vaut bien quelques commandes pour Airbus et Areva. Une preuve de plus que les gros carnets de chèques rendent aveugle.

(Clic sur l'image pour agrandir)
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vendredi 15 octobre 2010

Dessine-moi encore une retraite

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Hier soir, sur France2, Martine Aubry a demandé à Nicolas Sarkozy "de suspendre les discussions au Sénat mais aussi de mettre aussitôt les syndicats autour de la table, de remettre tout à plat".
"Il faut une réforme des retraites, on est tous d'accord. L'opposition est prête à aider à réaliser cette réforme. Pour la faire, il faut discuter, il faut négocier, et un maître d'ordre, la justice".
"Ici, il n'y a pas de justice
, alors les Français n'en veulent pas", a-t-elle lancé.
Elle a donc appelé Nicolas Sarkozy "à ne pas jouer la politique du pire" et à se défaire de son "orgueil" car "on ne perd jamais rien à changer d'avis et à accepter d'écouter le peuple" et "c'est même se grandir". Ce dernier mot étant sans doute involontaire, chacun pourra l'interpréter à sa guise…

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mercredi 13 octobre 2010

Manifs retraites : Comment faire parler les chiffres

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En général, rien que de se mettre à calculer le montant de sa retraite, ça donne déjà comme une idée de l'infini. Alors, tenter de compter les manifestants, il y a de quoi y disparaître. La seule différence, c'est que, dans le premier cas, les données se doivent d'être précises et incontestables. Dans le second, pas de chance, les chiffres sont si élastiques qu'ils auront bien du mal à éviter des interrogations. Les écarts de voix qui font annuler une élection passeraient presque pour une piètre plaisanterie.
Alors, hier, 3,5 millions ou 1,2 million ? Euh, c'est selon. Car les méthodes utilisées par les organisateurs sont tout aussi empiriques que celles de la police. Et en fin de compte, c'est ce que les uns et les autres feront dire aux chiffres qui importe. Et parfois jusqu'à la caricature et au ridicule.
Le fait est que les modes de calcul ne sont pas aussi fiables que tous le prétendent. Si les règles obéissaient à une application scientifique, les écarts ne joueraient pas du yoyo d'une ville à l'autre.
D'ailleurs, certains policiers admettent maintenant de plus en plus ouvertement que les chiffres de terrain qu'ils transmettent aux préfectures ne sont pas similaires à ceux que ces dernières communiquent.
Autrement dit, le gouvernement, et depuis peu l'Elysée qui ne rate jamais une occasion de faire du zèle, minimise volontairement les résultats des comptages.
Et peu importe si les estimations varient ensuite selon les lieux des manifestations de 1 à 2 jusqu'à de 1 à 10 avec celles des organisateurs qui eux-mêmes ne font pas toujours dans la petite dentelle (ah, Marseille !). On se dit alors que la vérité est peut-être entre les deux.

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Pour essayer d'y voir plus clair, le site Slate.fr s'est interrogé sur le ratio chiffres syndicats / chiffres police sur les grandes manifestations des 10 dernières années (avec au moins 1 million de manifestants selon les syndicats). Puis, il a calculé le ratio pour chacune d'elles. Les résultats sont étonnants.
Cerise sur le tableau, on y constate que Nicolas Sarkozy a battu le record de Jacques Chirac qui avait atteint un ratio de 3,30 lors de celle du 3 juin 2003 contre le plan Fillon sur les retraites (455.000 selon la police, 1,5 million selon les syndicats). La mobilisation du 2 octobre atteint un ratio de 3,34, surpassant le précédent record de Sarkozy, un ratio de 3 à l'occasion de la manifestation du 23 septembre.

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Autre surprise, selon le site Owni.fr, à Paris, les chiffres montrent une réelle tendance à l’augmentation des mobilisations depuis 2007. En 2006, la préfecture a reçu 1.556 dossiers annonçant une manifestation, un chiffre en rapport avec la moyenne 1999-2005 (1.500 manifestations par an). L’augmentation est alors de 17% en 2007, 12% en 2008 et 51% en 2009 ! Soit une hausse cumulée de 100% sur trois ans ! Un vrai retour de bâton : maintenant, quand il y a des manifs, tout le monde devrait s'en apercevoir, non ?

Les méthodes de calcul des syndicats et de la policemanif_7
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Un site intéressant à découvrir :
http://owni.fr/2010/10/11/retraites-le-dossier-integral-downi/

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mardi 12 octobre 2010

Dessine-moi une retraite

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lundi 11 octobre 2010

Micro-partis maxi-fric et les cas Gaudin / Muselier

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Tableaux tirés du rapport 2008 de la CNCCFP
En haut, les recettes en euros, en bas en pourcentagescomptes_CNCCFP_3_pourcentages

En ces temps de milliards brouillard, il est des informations qui passent parfois à travers l'épais rideau de vapeur. Mais elles ne sont pas sans importance en termes de nécessité de transparence à faire sur l'origine des financements non publics voire occultes des partis politiques.
Pour ce qui concerne les grands partis, de nombreuses dispositions ont permis de mieux encadrer les dérives. Tout n'est certes pas parfait puisque l'imagination et le sens de l'embrouille sont toujours des tentations auxquelles certains cèdent. L'actualité de l'affaire Bettencourt et les "dons" aux partis en témoignent.
A côté de ces grandes formations politiques pullulent des micro-partis dont on a un peu parlé ces derniers temps mais pas avec assez d'insistance. Actuellement, on recense quelque 300 micro-partis contre 28 seulement en 1990.
Plutôt discrets, souvent sans adhérents, empruntant des noms tels que "association de soutien", "club de réflexion" ou se présentant sous des appellations plus colorées, ils bénéficient de généreux donateurs pour une activité réduite qui tourne autour d'une seule personnalité, un élu local, un député ou un ministre.
Beaucoup de ces micro-partis sont des satellites - à ne pas confondre avec les courants internes - des grands partis, d'autres sont des ovnis visant à exprimer une singularité du positionnement politique, géographique ou culturel ou encore des représentations loufoques. Et c'est là que se pose le problème.
En théorie, tous sont régis par les mêmes règles juridiques et politiques strictes censées assurer la vie démocratique et le pluralisme des opinions. Pourquoi le nombre des micro-partis a-t-il crû aussi fortement ? Le plafonnement à 7.500€ des dons effectués par des personnes physiques y est sans doute pour quelque raison.
Et on voit bien quel rôle ils peuvent jouer. Notamment, comme c'est souvent le cas, si un donateur est adhérent à la fois d'un grand parti et du satellite qui lui est proche. Il peut donc verser jusqu'à deux fois la somme plafonnée, qui ira bien entendu au grand parti. On est là dans une forme de détournement de la législation sur le financement des partis même si, pour l'instant, la loi n'a pas prévu le plafonnement de dons faits par une même personne.
logo_cnccfpLes formations organisées en partis qui présentent des candidats aux élections doivent déclarer leurs comptes à la CNCCFP (Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques). Les micro-formations, aux ¾ sous statut d'associations loi 1901 ou simples associations de fait, n'ont pour seule obligation que d'avoir un mandataire financier. Autrement dit, les micro-partis versent les fonds collectés aux grands partis et le tour est joué.
L'UMP, dont le budget dépasse les 50M€ possède 123 micro-partis connus, le PS, avec plus de 50M€ également, n'en compte que 35. Ainsi, en 2008, les micro-partis ont rapporté 7,5M€ à l'UMP et 1,7M€ au PS, le premier faisant plus appel aux donateurs, le second mettant ses élus à contribution à hauteur de 10% de leurs indemnités. Les partis de poche remplissent celles des grands. Une sorte de combine en quelque sorte : micro-partis, maxi-fric.
Dans le même domaine de singularité, en juillet dernier, Mediapart a révélé une information peu connue du citoyen lambda. Exception aux règles, les candidats aux élections sénatoriales (au suffrage indirect) ne sont contraints à aucun contrôle financier. Pour eux, pas d'obligation de déposer leurs comptes de campagne, pas de limitation de dépenses et pas de plafonnement des dons. Ils peuvent donc disposer d'autant d'argent qu'ils le souhaitent pour financer leur campagne auprès des grands électeurs.

Les micro-partis de Gaudin et de Muselier

Jean-Claude Gaudin et Renaud Muselier aiment tellement l'UMP qu'ils lui font d'importants dons pour le faire fonctionner. Chacun possède son micro-parti. Le premier, l'Union républicaine et d'action communautaire, domiciliée au siège de la fédération de l'UMP, dispose de 222.303€ et le second, Cap sur l'avenir 13, dont le siège est la permanence d'un député, de 574.627€. A eux deux, en 2008, ils ont donné 130.000€ à l'UMP, Gaudin 120.000 (le plus gros don national) et Muselier 10.000, mais ayant donné 229.000 pour les municipales. Selon La Provence, "le premier s'intéresse plutôt aux dons de particuliers, le second s'appuie sur les élus pour récupérer une partie de leurs indemnités."

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