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En cette semaine de fête nationale qui devrait plutôt célébrer notre si chèrement conquise République, il est fort à craindre qu'elle n'ait encore à souffrir une énième montée de honte au front.
Au crépuscule sonné, il va donc paraître sur les écrans de nos salons. Hélas, on connaît déjà par cœur sa sarcauserie. Rictus aux lèvres, il en dira peut-être un peu plus sur le prix de son tube de dentifrice à l'immonde Edwy Plenel à l'interviewer en laisse. Tout secoué par les tiques qui lui décrochent les omoplates, il baragouinera encore, et une fois de trop, ses éléments de langage à ses propres questions.
A la nuit quasi tombée sur une France sabotée et ruinée, le vulgaire, le suffisant, l'arrogant président qui ne le vaut décidément pas bien répètera quel dur boulot il fait, quelle irréprochable République il veut, quelle remarquable politique il fait, quel crapuleux métier la presse fait, quels ingrats citoyens les Français font.
Pour moins que ça, qui n'aurait pas envie de chasser illico le grossier saltimbanque Didier Porte et l'insultant bouffon Stéphane Guillon de France Inter et de faire ami-ami avec le raffiné poète Jean-Marie Bigard ?
Alors, ce lundi soir encore, qu'on se le dise, la télé ressemblera à une courroye de transmission pour verbiage grotesque. 
Faut-il en sourire ? Sur le site du Post, le journaliste Bruno Roger-Petit a éventé par avance et en exclusivité dès samedi l'essentiel de ce que Sarkozy dira sur France 2. On s'y croirait !

De nature généreuse, je vous offre en exclusivité les principales déclarations.
Sur l'affaire : "M'enfin, m'sieur Pujadas ! Vous m'voyez dans un bureau en train d'reçevoir une enveloppe des mains d'une comptab' que j'connais pas ! C'est pas sérieux m'sieur Pujadas ! C'est de la science-fiction ! (…) D'ailleurs, m'sieur Pujadas, elle l'a bien dit la comptab' ! Tout ça, c'est de la romance ! C'est du Balzac ! On se croirait dans les Rougon-Macquart, m'sieur Pujadas !"
Sur le rôle de la justice : "Moi, j'lui fais confiance à la justice. J'ui ai toujours fait confiance. Et je regrette bien, m'sieur Pujadas, que certains ne la respectent plus, la justice m'sieur Pujadas !"
Sur Eric Woerth : "C'est un minisse remarquab', m'sieur Pujadas, remarquab'. Il fait un travail formidab' sur la réforme des r'traites. C'est bien pour ça que le Parti socialisse veut l'abatt'e. Je pense à sa famille, à sa femme, à ses petits enfants innocents, à leurs p'tits yeux bleus... Vraiment, c'est injusse m'sieur Pujadas..."
Sur le PS : "Les socialisses devraient se souvenir de André Salengro et Jean Bérégovoy, m'sieur Pujadas... Et pis, ils devraient se souvenir des vacances à Venise de François Mitterrand, hein ? Moi j'y vais pas à Venise, m'sieur Pujadas... les immeub' sont trop vieux, je suis un homme de mon temps, moi... Et le Concorde ? Hein ? Il prenait pas le Concorde, hein ? Ça devrait les rend'e plus modesses... La calomnie ça tue m'sieur Pujadas..."
Sur Mediapart : "J'connais bien mes amis m'sieur Pujadas... Xavier Bertrand, Nadine Morano, tous mes amis, y zont parlé avec leur cœur, m'sieur Pujadas, sans que j'leur demande... Mais m'sieur Plenel, il a toujours mené des croisades du 17e siécle cont'e les présidents de la Répubique, c'est sa spécialité... Cont'e François Miterrand, cont'e Jacques Chirac... Je me d'mande même comment des responsabs politiques ont pu l'aider, à un moment ou à une aut'e à mener ses campagnes de déstabilisation. Moi, j'ai jamais fait ça m'sieur Pujadas, jamais ! Et moi, je ne céd'rai pas à ces manoeuv'es, m'sieur Pujadas... Jamais !"
Sur internet : "M'sieur Pujadas... Il faut qu'on réfléchisse ensemb'e aux blogs, à twitteure, aux sites... C'est pu possib'e que ce merveilleux engin technologique soit livré à la calomnie, au mensonge, à la manipulation. Internet, c'est pas la liberté de penser, c'est la liberté de salir. Ça peut pu durer. Nous sommes tous en danger, m'sieur Pujadas, et vous le savez bien, vous qu'avez été agressé à cause d'internet... J'ai demandé au Premier minisse un projet de loi afin de préserver la liberté de la presse sur internet... C'est la g'ande leçon que j'ai tiré de tout ça..."

A voir aussi cet époustouflant épluchage
des mises en scène des déplacements présidentiels :
 http://antennerelais.canalblog.com/archives/2010/07/08/18529216.html