Comme je l'ai fait observer ici même lundi dernier, dans le pataquès du traitement des déchets de Marseille, le mutisme de Jean-Claude Gaudin avait sans doute des raisons d'être. Et pour cause. Le rapport de la Chambre régionale et territoriale des comptes publié en 2007, lorsque le maire de Marseille était encore président de la Communauté urbaine de Marseille Provence Métropole, avait fait ressortir pas mal de dysfonctionnements dans ce domaine.

Gaudin étant un homme plutôt avisé sur la chose politique, il lui est vite apparu que forcer la dose sur les déboires de MPM depuis qu'Eugène Caselli s'est emparé de la présidence n'était sûrement pas un bon combat. Seul Renaud Muselier a réagi, par dépit de s'être fait souffler un poste qu'il estimait lui revenir. On croit avoir compris que Gaudin a un peu aidé à lui faire rater la marche, sinon à ne pas le soutenir plus que ça. Quoi qu'il en soit, Gaudin a décidé de rester mesuré dans le tohu-bohu qui vise Alexandre Guérini, frère du président du Conseil général.

Hier, Caselli et Gaudin au conseil municipal…             

Et hier matin, au conseil municipal de Marseille, il s'en est passé des belles. Entre Gaudin et Caselli, les volutes du calumet d'une paix convenue ont remplacé les volées d'un bois assez vert pour raviver des plaies. La trêve des armes aurait été préparée lors d'une rencontre discrète en tête-à-tête ce week-end pour empêcher une bataille de dossiers chauds que les deux camps pourraient réciproquement se lancer à la figure.

Des propos gracieux, des remerciements et un vote d'abstention de Caselli sur un dossier alors que les élus de l'opposition votaient contre ont trouvé un écho aux oreilles d'un Gaudin quasi rassuré et reconnaissant.

Hier aussi, style état des lieux, La Provence consacrait aux rapports droite gauche une pleine page titrée "la gouvernance partagée mise à l'épreuve". Interrogés, Gaudin, Caselli et Guérini ont tous trois usé d'une langue de bois censée exprimer la nécessité de comportements responsables, une façon d'éteindre pour le moment les braises de leurs tensions.

En tout cas, si l'on en juge par les déclarations de Caselli faites le matin même sur France Bleu Provence, annonçant qu'il allait quitter le poste de secrétaire fédéral du PS, on s'apprête à rebattre les cartes au sein du parti. Qui sera où et qui fera quoi, les réponses à ces questions diront qui aura pris le dessus et qui seront les déçus.

Dans son édition papier de mercredi dernier, Bakchich Hebdo a publié un article qui expliquait les raisons du silence de Gaudin.

         

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