Nouvelle polémique sur les appels aux dons. Cette fois, c'est sur le Téléthon, sujet sensible s'il en est. Est-il fait bon usage des fonds récoltés ? Le Téléthon "capte-t-il et parasite-t-il la générosité des Français de manière populiste" ? Est-ce impudique d'"exhiber le malheur des enfants" ? Est-il sain de faire appel au pathos pour tenter de culpabiliser les consciences ? Les déclarations dérangeantes de Pierre Bergé sont accusatoires. Pour autant, ne faut-il pas se poser des questions ?

Cela fait plusieurs années que l'Etat sabre le financement de la recherche publique qui devrait pourtant être une cause nationale permanente. Le même Etat, mais ce n'est pas récent, a toujours compté sur la générosité des citoyens pour pallier ses propres carences. En effet, tout au long de l'année, beaucoup de personnes font des dons à des associations de toutes sortes, avec déduction fiscale pour les plus grandes.

Mais, au fait, a-t-on jamais évalué le nombre de bénévoles qui s'investissent dans les initiatives caritatives, souvent de survie humaine, à tous les niveaux, local, national ou international ? Que deviendraient tous les démunis sans les Restos du cœur, les Banques alimentaires, ATD-Quart monde, la Croix rouge, le Secours populaire, le Secours catholique, pour ne pas parler que des plus visibles ?

Depuis plus de trente ans, à cause du chômage massif et, plus proche de nous, par ces temps de forte crise, ces aides sont quasiment les seuls refuges et expédients possibles pour que les laissés-pour-compte ne crèvent pas totalement de faim. Et quid encore des non ou mal logés, des personnes handicapées ou des personnes âgées isolées… ?

Car ce qui est difficile à admettre, ce sont les immenses disparités qui déclassent de plus en plus des pans entiers de la population pendant que d'autres amassent des fortunes colossales. Ce qui fait problème, c'est la répartition inéquitable des richesses, vécue comme une injustice tant les écarts atteignent des proportions indécentes. Ce qui fait défaut, c'est la volonté politique de mettre en place une échelle progressive des revenus qui donne toute sa valeur au travail tout en assurant, le temps qu'il faut, les moyens d'un minimum vital réellement suffisant pour les catégories privées d'emploi ou inaptes à en exercer un.

N'est-ce pas le rôle fondamental de l'Etat de donner tout son sens et son honneur à notre devise républicaine ? Pour l'instant, c'est loin d'être le cas. Si l'on peut se féliciter de l'utilité de la solidarité populaire sous toutes ses formes, cela ne veut pas dire pour autant que l'Etat doive en tirer prétexte pour ne pas assumer ses missions et ses responsabilités.

Quelques repères 

Ÿ 53 % des Français donnent aux associations et 38 % le font régulièrement, c’est-à-dire au moins une fois par an. L’aide aux personnes en difficultés arrive en tête des causes soutenues, devant la santé, la recherche et l’aide au développement.

Ÿ Les 20 premiers collecteurs de dons de France ont engrangé 1,1 milliard d’euros en 2007 (sur les 3 milliards collectés grâce à la générosité annuelle des Français). On y trouve de grands organismes très présents dans les médias : l’Association française contre les myopathies (l'AFM) et son Téléthon, les Restos du cœur ou la Croix-Rouge française ; mais aussi des organismes plus discrets, tels la Fondation de France ou la Fondation d’Auteuil.

Ÿ L'A330, dit "Air Sarko One", coûtera 185 millions d'euros. Une misère…

Tableaux parus dans le magazine

Alternatives économiques de janvier 2009

(Clic sur les images pour agrandir)

salaires_tableau_1_A

salaires_tableau_1_BPatron moyen

(de + de 50 salariés)     0,135    8,8

Cadre moyen                0,047    3,1

Patron

(de – de 50 salariés)      0,046    3,0

Salarié moyen               0,024    1,6

Ouvrier moyen              0,018    1,2

Employé moyen             0,017    1,1

Smicard                        0,015    1

Valeur du Smic (1.07.2009) :

1.337,70 € bruts mensuels

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