vendredi 31 juillet 2009

Elections, pièges à noms…

à Après son coup de force contre les élus de l'opposition, Maryse Joissains serait-elle en train de se raviser ? Ses déclarations à la CPA semblent le suggérer. "Avec de Peretti, je me suis fait un plaisir. Mais je vais discuter avec mes colistiers et les représentants de l'opposition. Je n'exclus pas d'enterrer cette hache de guéguerre". Ces propos de mercredi n'en restent pas moins un véritable aveu : elle admet ainsi avoir agi sous l'effet conjugué d'une pulsion toute personnelle et d'une vengeance stupide, sans consulter sa propre équipe.

à La séance de la CPA s'est tenue parce que le préfet l'a autorisée. Maintenant on aimerait bien savoir sur la base de quels textes il a fondé sa décision. Car, le Code général des collectivités territoriales stipule que l'élection de la présidence et des instances exécutives ne peut se faire que lorsque le conseil se trouve au complet. Or, la démission des six élus de l'opposition l'a rendu incomplet. Et ce n'est pas le simulacre des pancartes portant les six noms désignés par Joissains qui pouvait valider légitimement la présence des démissionnaires. Par ailleurs, répétons-le, les conditions de convocation liées au délai obligatoire n'ont pas été réunies (voir mon article du 28 juillet).

à Joissains n'est pas la seule à n'avoir pas recueilli le maximum de voix possibles, certains vice-présidents en ont également perdu quelques-unes. Comme quoi le vote secret donne parfois du courage.

à Dimanche dernier, au CM, deux anciens adjoints ont été rétrogradés au rang de conseillers, suite à la promotion de deux autres dont l'un est fraîchement arrivé sur la liste. Les deux élus concernés sont Catherine Rivet, ex-deuxième adjointe, déléguée à l'espace public, qui avait suscité des polémiques notamment à propos des emplacements des marchés, et Jacques Garçon, ex-onzième adjoint, délégué à la propreté urbaine, qui était le représentant du Nouveau centre. Pour ce dernier, l'explication pourrait être le gage donné à Bruno Genzana pour son ralliement au NC et à Joissains, une manière de lui débarrasser le plancher pour de futures ambitions. Pour la première, la compensation a été vite trouvée, elle devient vice-présidente à la CPA.

à Il faudra attendre la confirmation de la distribution des délégations pour savoir quelles autres "récompenses" ou "punitions" ont été décrétées dans cette équipe où tout le monde semble tant s'adorer.

à A signaler enfin que, à la faveur de cette nouvelle élection, un autre mouvement s'est produit qui pourrait n'être ni innocent ni inconséquent. Sophie Joissains, après être devenue sénatrice en septembre dernier, vient une fois de plus de monter en grade. Elle était huitième adjointe, elle est désormais sixième. Ne serait-ce pas là une façon de la rapprocher du fauteuil de maire avant la fin du mandat ? A mon avis, l'hypothèse n'est pas si saugrenue que cela.

à Histoire de conférer à mes observations le soupçon d'impartialité qui convient, une prochaine fois, je vous parlerai peut-être d'un phénomène que l'on constate malheureusement souvent en période estivale : l'abandon sur le côté gauche de la route d'une demi-douzaine d'anciens pensionnaires.

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Dans Le Canard enchaîné du 29 juillet 2009

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L'article entier du Nouvel Observateur

Joissains : merci Mélenchon ?

Le front anti-Joissains a échoué. Dimanche, la maire sortante d'Aix-en-Provence, dont l'élection en mars 2008 avait été invalidée, a été réélue d'un cheveu : 187 petites voix. Un rassemblement aussi large qu'hétéroclite s'était pourtant constitué face à la députée-maire : son adversaire, Alexandre Medvedowsky (qui compte déposer un nouveau recours), conduisait une liste PS/Verts/MoDem, également soutenue par un candidat divers droite ! Seule la gauche radicale - la liste PCF-NPA-PG, qui avait recueilli 4,21% des voix au premier tour - n'avait pas donné de consigne de vote.

Jean-Luc Mélenchon, fondateur du Parti de Gauche, n'a aucun regret. Pas question de soutenir un accord PS-MoDem, expliquait-il dès le lendemain sur son blog. "Pourquoi aurait-il fallu faire une exception à notre refus de ce type d'alliance, ici, pour une partielle dans un quartier bourgeois de la Côte ? écrit le député européen. Pour l'entendre ensuite cent fois citée comme jurisprudence partout ailleurs en soutien à d'autres combines aussi calamiteuses ?"

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jeudi 30 juillet 2009

CPA : Une reconquête aux dessous nauséeux…

Carte_CPA

J'ai fait état mardi des conditions particulières dans lesquelles la séance plénière de la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix devait se tenir hier. La réunion n'a pas vraiment fait le plein. En effet, Maryse Joissains a été élue présidente avec 119 voix sur 120 exprimées (134 votants). Or, la CPA compte 143 élus. Il manque donc 23 votes. Les élus aixois démissionnaires ne sont que 6. Par conséquent, les autres défections sont à chercher ailleurs. On va le voir.

Dès le 24 juillet (à 19h11), Joissains, pas encore intronisée maire, a envoyé un fax aux maires de la communauté : "Dans la perspective du Conseil communautaire le 29 juillet prochain et afin de préparer cette séance, Mme Maryse Joissains organise une réunion de travail avec les maires composant notre Communauté le lundi 27 juillet 2009 à 17 heures…"

L'intention ne souffre d'aucune critique. On se dit, tiens, les 34 maires ont enfin droit à une consultation démocratique. Et bien non, la réalité n'est pas celle que l'on croit. Cet affectueux et attendrissant message ne s'adressait en fait qu'aux maires qui n'ont pas cru bon de manifester un soutien à la candidate à la mairie d'Aix.

Autrement dit, ce n'est ni plus ni moins qu'une forme d'intimidation dont on imagine ce qu'elle peut receler de chantage ou de marchandage sur les moyens dont la future présidente entend user arbitrairement selon que l'on plie l'échine ou pas : vice-présidences, délégations et/ou soutiens budgétaires.

Pirouette hypocrite et enfumante de Joissains expliquant le vote d'hier censé être le reflet de son attitude vertueuse ("tueuse" ?) à l'égard de TOUS les maires : "Ce n'est pas une surprise, j'avais rencontré les maires avant et ma réélection s'est faite dans le respect des identités de chacun".

A l'évidence, le coup de force au conseil municipal de dimanche n'était qu'une autre illustration d'une volonté de pouvoir autocratique et discriminatoire. Moralité : 50,22% des électeurs sont contents, 49,78% peuvent aller s'acheter une corde.

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"Carnets de campagne" : Histoire des treize

Offre spéciale : deux billets pour le prix d'un, c'est-à-dire sans taxe, sur le conseil municipal de dimanche avec ses soubresauts et les suites de la déflagration. On aurait vraiment tort de s'en priver à l'heure où certains blogs accablés de chaleur s'accordent d'insolentes siestes.

Quarante-neuvième jour (1) :

http://plassans2009.hautetfort.com/archive/2009/07/28/quarante-huitieme-jour-histoire-des-treize.html

Quarante-neuvième jour (2) :

http://plassans2009.hautetfort.com/archive/2009/07/29/quarante-neuvieme-jour-histoire-des-treize-2.html 

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mercredi 29 juillet 2009

Chaude ambiance au CM : Les images et les mots...

Pour en savoir plus sur les échanges qui ont secoué l'ambiance du premier conseil municipal de dimanche, rien de mieux que des images prises sur le vif. Regardez ces 8'29" mises en ligne sur le blog vidéo du "Quart d'heure aixois" :

http://www.youtube.com/watch?v=jDEHVVeJEv4&eurl=http%3A%2F%2Fwww%2Etousensemblepouraix%2Efr%2FLES%2DELUS%2DDU%2DGROUPE%5Fr8%2Ehtml&feature=player_embedded 

Blog vidéo "Le quart d'heure aixois" :

http://lequartdheureaixois.blogspot.com/

Puis, lisez la narration plus stylée du même événement du 26 juillet que nous offre notre jeune écrivain dans sa récente livraison :

Quarante-huitième jour :

http://plassans2009.hautetfort.com/archive/2009/07/28/quarante-huitieme-jour-histoire-des-treize.html

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Dans un communiqué rendu public hier après-midi, les élus d'opposition ont annoncé leur démission en bloc de la CPA pour refuser le coup de force de Maryse Joissains qui avait récusé le nom François-Xavier De Peretti et avait ensuite désigné contre leur gré un autre élu à sa place.

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mardi 28 juillet 2009

CPA : La convocation du 29 juillet est-elle légale ?

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Le site internet de la mairie d'Aix annonce que la Communauté d'agglomération du Pays d'Aix est convoquée mercredi 29 juillet pour élire son président, ses vice-présidents et son bureau, ainsi que les membres de diverses commissions. On peut comprendre la hâte à remettre les institutions en ordre de marche. Seulement voilà, il me semble qu'un gros problème juridique risque de se poser.

Explications. Les élus aixois ont été désignés dimanche, et on sait par quel coup de force. Or, au moins deux conditions sont nécessaires pour que la séance de la CPA soit légalement valable. La première est que le contrôle de légalité ait pu être effectué par la sous-préfecture, ce qui demande en général quelques jours. La seconde est que le nom d'un élu aixois, en l'occurrence celui de François-Xavier De Peretti, a été rejeté et qu'un autre lui a été substitué.

Même en admettant ce tour de passe-passe, la CPA est soumise aux mêmes règles de convocation que le conseil municipal. Dans des conditions normales, hors le déclenchement d'une procédure d'urgence qu'on ne peut imaginer s'agissant de l'installation des organes de décision, et qui est donc à exclure, tous les élus communautaires et donc les Aixois doivent recevoir leur convocation dans un délai de cinq jours francs (entiers) non compris celui de l'envoi et celui de la séance (Article L.2121-12 du Code général des collectivités territoriales).

Alors, calculons. Pour une réunion mercredi 29 juillet, la convocation et l'ordre du jour doivent avoir été reçus par chaque élu jeudi 24 juillet. Or, à cette date, aucune décision du conseil municipal n'avait encore eu lieu pour désigner les délégués communautaires aixois. De plus, ce dimanche, un nom a même été changé.

Difficile par conséquent d'imaginer que la CPA puisse être en capacité de délibérer valablement en ayant envoyé une convocation hier lundi (une fois les noms connus) ou pire mardi, veille de la séance plénière, brûlant ainsi des étapes expressément prévues dans le Code général des collectivités territoriales (CGCT).

N'y a-t-il pas là un imbroglio juridique à éclaircir ? La question est posée… Mais, peut-être m'abusé-je moi-même.

Précisions

à La loi prévoit que, lors du renouvellement général des conseils municipaux (par exemple en mars 2008) ou lorsqu'un conseil municipal démissionne, est dissous ou invalidé, la première réunion du nouveau conseil municipal se tient de plein droit au plus tôt le vendredi et au plus tard le dimanche qui suit le tour de scrutin à l'issue duquel le conseil municipal a été élu au complet (cela a été le cas ce dimanche).

Partant de là, tous les nouveaux conseils municipaux sont convoqués dans un délai de cinq jours francs. Il en est de même pour les communautés intercommunales. Dans le cas de la CPA, 33 communes ont vu leurs représentants rester en place à l'exception des élus aixois invalidés. Depuis dimanche, seuls les Aixois ont été renouvelés.

Dans le cas présent, il ne s'agit donc aucunement d'une élection générale de la CPA qui a d'ailleurs continué à fonctionner a minima après l'annulation de l'élection aixoise. Le retour d'élus aixois est assimilé à un renouvellement partiel (1/3 des élus commmunautaires) et ne saurait se dérouler dans les conditions particulières appliquées dimanche au conseil municipal, ce qui reviendrait à élargir abusivement le cas d'Aix à toute la CPA. D'où la nécessité du délai de cinq jours francs.

à Pour mémoire, la ville de Fuveau, qui n'est certes pas la ville centre, a attendu le 16 mai pour réintégrer la CPA alors que l'élection a eu lieu les 29 mars et 5 avril suite à l'invalidation prononcée par le Conseil d'Etat le 13 février.

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lundi 27 juillet 2009

Conseil municipal : La maire qu'on voit tancer…

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Les couteaux n'étaient pas rentrés. La séance "inaugurale" du conseil municipal les a fait plonger plus profond. Selon les divers récits rapportés par les dépêches de presse, la télé et les blogs, on n'était pas loin de l'hémoglobine. D'un côté comme de l'autre, la vindicte n'a pas cessé et va même se poursuivre. Pour tout dire, cela me rappelle d'autres moments tout aussi lamentables lors de certaines séances du précédent long mandat.

Après avoir fait planer la menace du boycott, l'opposition a finalement répondu à la convocation. On ne peut donc que se réjouir de sa présence pour l'ouverture du conseil d'installation. Même en ne participant pas aux votes pour l'élection du maire et de ses adjoints, être témoin, c'est déjà combattre.

Cela s'est franchement gâté au moment de désigner les représentants de la Ville à la Communauté du Pays d'Aix. Lors de mon précédent article, j'avais écrit qu'une absence aurait laissé toute latitude à Maryse Joissains de pouvoir choisir et voter en lieu en et place de l'opposition. Il valait donc mieux être là.

Le problème, c'est que le maire s'est quand même permis de trier parmi la liste des noms des candidats proposés par l'opposition pour en récuser un, comme par hasard celui de François-Xavier De Peretti. C'est plus que scandaleux. Confondre des inimitiés personnelles et l'expression du suffrage universel, c'est manquer au devoir d'impartialité. C'est tomber dans les mêmes travers qu'elle a elle-même critiqués au sujet du Conseil d'Etat. Cela lui ôte définitivement toute crédibilité. Le maire n'a aucun droit ni prérogative pour agir de la sorte et se poser en arbitre de l'indépendance et de la souveraineté de la liste d'opposition.

Pour mémoire, depuis qu'existe la représentation de l'opposition municipale à la CPA, aucun maire, pas même Joissains jusqu'ici, ne s'était immiscé de cette façon. Il faut y lire là un très dangereux coup de force qui augure mal du type de mandat sectaire et autoristariste qu'entend exercer Joissains, notamment en tentant de réduire le débat contradictoire qui fonde la démocratie.

Qu'elle n'aime pas qu'on lui colle un autre recours en pleine figure, la réaction peut se comprendre. Mais contester que ce recours, quelle qu'en soit l'issue, puisse lui être opposé n'est pas acceptable car cette procédure est parfaitement conforme à la loi. La déclaration liminaire d'Alexandre Medvedowsky n'avait rien de choquant car, vu le contexte de l'élection, il relatait des faits et des prises de position.

La réplique du maire, "vous êtes pathétique", est indigne du respect dû au droit à la parole d'élus sortis des mêmes urnes. Laisser des spectateurs huer à l'unisson n'est pas non plus le meilleur moyen d'assurer la sérénité des débats. Visiblement, ce pouvoir acquis pour l'instant à la marge lui est monté à la tête et il est craindre qu'il ne redescende pas de sitôt.

Tout aussi aveuglé, le premier adjoint s'est complu à flatter Joissains dans un lèche-bottisme sans nom. Et puis, affirmer que l'élection s'était déroulée de façon irréprochable, c'est atteindre le summum de l'imposture et du ridicule, comme si les Aixois, et bien au-delà, n'avaient rien remarqué. Triste spectacle.

Cela dit, l'opposition aurait dû rester jusqu'au bout de la séance pour ne pas offrir sur un plateau une unanimité des scrutins à l'équipe Joissains. Partir sur un mouvement de forte humeur, même compréhensible, c'est abandonner soi-même sa part de légitimité représentative pour constater ou contester les atteintes aux lois républicaines.

Une analyse de l'élection :

(Merci au visiteur "cezanne" de l'avoir glissée en lien dans un commentaire) http://www.delitsdopinion.com/2experts/aix-en-provence-analyse-electorale-des-municipales-partielles-1397/

http://www.ifop.com/?option=com_search&keywords=aix+en+provence

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vendredi 24 juillet 2009

A la mairie, les élus vont travailler le dimanche !

INFO DU JOUR

Le recours en annulation de l'élection municipale du 19 juillet a bien été déposé ce vendredi auprès du tribunal administratif de Marseille.

                

Hotel_de_VilleLe tout premier conseil municipal aura lieu dimanche. L'ordre du jour comporte 23 délibérations, 7 concernent l'élection du maire et des adjoints, toutes les autres portent sur la désignation d'élus dans diverses instances municipales ou extérieures, par vote soit à la proportionnelle soit à la majorité. On ne connaîtra peut-être pas encore comment vont être attribuées ou redistribuées les délégations qui pourraient être annoncées lors d'un autre conseil prévu le 2 août, un dimanche aussi. Cela fera les pieds aux élus favorables au travail dominical.

Là, ils seront servis car les séances initiales sont toujours fastidieuses du fait de la longueur des opérations de vote et de dépouillement des résultats, surtout quand elles se font à bulletin secret comme la loi en fait obligation.

Il sera intéressant d'observer le comportement des élus de l'opposition qui ont laissé entendre qu'ils boycotteraient la séance d'installation.

Le risque est qu'ils ne puissent pas présenter des candidatures pour siéger dans les instances à désignation proportionnelle. On n'ose imaginer qu'ils fournissent des noms et laissent la seule majorité les voter. Il serait donc paradoxal d'être absent physiquement et d'accepter que la majorité s'exprime en leur lieu et place pour les désigner. Comprenne qui pourra.

Ce n'est pas parce que l'élection peut être contestée par voie de recours que le conseil actuel n'a pas de légitimité. Il a le droit avec lui tant que les juges n'auront pas statué sur une éventuelle nouvelle annulation.

Cela a d'ailleurs été le cas entre mars 2008 et juin 2009 : toutes les délibérations passées entre ces deux dates ne seront pas remises en cause malgré l'invalidation prononcée il y a six semaines. Etre présent, c'est être responsable et montrer par la même occasion que bouder n'est pas combattre. 

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Les rudes batailles de Plassans et d'Aqua-Sextia

"Carnets de campagne" : Les suées de l'angoisse

Par le menu, notre écrivain reporter relate les instants angoissants qui ont précédé l'annonce des résultats, puis le passage de la terreur à la joie pour les uns et de l'espoir à la déroute pour les autres. On ne sait si lundi les apothicaires de Plassans ont eu à prodiguer de bienfaisantes potions sédatives aux valeureux vaincus mais la chose est hautement probable. A vos commentaires…

Quarantième jour :

http://plassans2009.hautetfort.com/archive/2009/07/23/quarantieme-jour.html

Le site à mettre dans vos favoris : (avec tous les articles)

http://plassans2009.hautetfort.com/ 

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Aix Imperator, des articles saignés à la pointe du glaive

Les joutes contemporaines d'Aqua-Sextia n'ont rien à envier aux romaines, c'est ce qu'a entrepris de nous narrer Caius Sextius Calvinus depuis quelques jours. La plume est pamphlétaire et le glaive aiguisé. Notre imperator n'épargne presque personne. Seuls quelques-uns trouvent encore grâce et mansuétude à ses yeux. Voyez plutôt la galerie de féroces portraits qu'il en dresse d'un unique trait assassin et les vidéos drôlatiques qu'il fait mine de trouver innocentes.

Petite note humoristique personnelle : ayant vite jugé qu'il valait mieux ne jamais s'aviser de caresser ma cuirasse avec une pointe acérée, notre imperator s'en est tenu à ne mettre en avant que mes qualités. Je l'encourage donc à perséverer dans cette voie et à ne prendre aucun risque à mon sujet. Pour le remercier de sa clairvoyance, je n'hésite pas à vous signaler encore une fois sa belle adresse. Faites-lui part de vos commentaires. Bah ! Sûr que sa seyante toge pourpre et son large front clair ne sauraient en rougir davantage.

Le site de Caius Sextius Calvinus (dans vos favoris, bien sûr) :

http://aiximperator.over-blog.com/  

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jeudi 23 juillet 2009

Election : ELLE n'a pas perdu, IL n'a pas gagné (4)

gif_fleche_rougeŸ Le conseil municipal élu le 19 juillet sera installé dimanche prochain. Même si un recours est déposé auprès du tribunal administratif, le processus ne peut désormais être suspendu car il obéit au calendrier fixé par la loi. La majorité aura 42 élus et l'opposition 13, l'an dernier c'était 40 et 15, du fait d'une triangulaire. Le duel des urnes trouve donc son exact prolongement au conseil. Suite à la double fusion (effusion ?) des listes, la minorité comprendra 5 socialistes +1 apparenté, 2 MoDem, 3 écologistes et 2 "société civile".

L'an dernier, le Parti radical de gauche avait encore un élu. Ce même élu a disparu de la nouvelle opposition car il ne figurait pas en place éligible en cas d'échec. Pour la première fois depuis vingt ans, je le regrette, le PRG auquel j'appartiens n'aura plus aucun représentant car le panachage avant et après fusion s'est allègrement assis sur la diversité des composantes. Je trouve qu'il y a là un foutage de gueule d'autant plus irrespectueux que la liste d'opposition s'est targuée tout au long de la campagne d'avoir le PRG à ses côtés. Passons, d'autres temps viendront.

gif_fleche_rougeŸ Et moi qui allais finir par être convaincu que j'avais fait perdre la gauche ! J'ai enfin trouvé l'explication de la victoire de la droite. La presse et une vidéo sur internet rapportent les paroles de Bruno Genzana se vantant avec sa modestie coutumière d'avoir contribué au succès de Maryse Joissains. Mais oui, mais c'est bien sûr, c'est lui qui, en retournant sa veste une fois de plus, en a fait prendre une à l'opposition. Que n'y avais-je pensé plus tôt !

Vite, et une petite récompense pour le dévoué sauveteur ! "Je suis heureux d'avoir apporté ma pierre à l'édifice. Et, compte tenu du faible écart de voix, je suis content d'avoir été l'un de ceux qui ont fait pencher la balance du bon côté. Certes, je ne suis plus conseiller municipal mais je postule désormais à un poste de député". Gardons quelques ricanements en réserve pour les législatives de… 2012.

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gif_fleche_rougeŸ Les ardents défenseurs de Maryse Joissains, répétant ses dires tels des aras, trouvent qu'elle a été l'objet d'insultes personnelles et de propos diffamatoires. Faut se pincer un peu pour entendre cela. Joissains, elle, n'a cessé de traiter ses concurrents de "zozos" et de "bras cassés" et de se vanter de ne pas avoir en face d'elle "un adversaire à sa mesure". Joissains confond trop facilement bassesse et hauteur. Sans parler, mais je le fais quand même, de ses maintes complaintes sur l'honneur, sur les prétendues attaques contre la femme (où, quand, qui ?) ou sur sa probité.

Mais que vient donc faire une si triste quête à l'empathie surjouée dans un combat politique ? Ce n'est pas en larmoyant à grandes vannes ouvertes sur son enfance, sa famille ou les mérites mis en avant d'une charité à la tonalité franchement populiste qu'on élève le débat politique. Et puis, comment ne pas être choqué en entendant une députée de la République, juriste de surcroît, oser tenir des propos aussi indignes contre l'Etat et la plus haute juridiction française ?

gif_fleche_rougeŸ Venons-en maintenant à la diffusion de l'appel à témoignages pour le recours formé par Alexandre Medvedowsky. Personne ne s'étonnera que les principales critiques viennent d'en face. Très vite, un mot de dénigrement a été propagé : il s'agirait, nous vocifère-t-on, d'un appel à la "délation". Faut-il insister sur les sous-entendus de sinistre mémoire auxquels renvoie un tel terme. C'est ignoble. La délation est un acte fait clandestinement ou anonymement. Il n'y a rien de cela dans un appel public, à visage découvert, nominatif, avec déclaration accompagnée de pièces justificatives pour contribuer à établir des preuves visant à faire sortir la vérité.

En cas d'échec, Maryse Joissains n'a-t-elle pas elle-même admis qu'elle était prête à envisager un recours et, forçant l'outrance, avait immédiatement annoncé qu'elle attaquerait le Conseil d'Etat coupable, selon elle, d'avoir orienté son jugement sur "décision politique". Pourquoi dénier le même droit à d'autres ? Et puis, venant d'une personne particulièrement procédurière pour tout et pour rien et qui a perdu tant de fois, entraînant par la multiplication des instances des frais exorbitants pour la ville, la critique est plutôt malvenue.

Libre à chacun, nul ne le conteste, de partager ou non l'idée et le choix de former un recours. Mais le droit autorise une telle démarche et c'est là précisément une précaution essentielle, et une garantie fondamentale, pour s'assurer si, oui ou non, notamment face aux mystères à l'heure actuelle non élucidés de la tenue des listes électorales, les conditions du vote ont été entachées d'irrégularités. Pour bien s'exercer, la démocratie ne peut souffrir d'aucun doute. Dans le cas contraire, nous basculerions dans un autre type de régime.

Aix et Corbeil-Essonnes

dans Le Canard enchaîné 22 juillet 2009

(Clic sur les images pour agrandir)

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mercredi 22 juillet 2009

Election : ELLE n'a pas perdu, IL n'a pas gagné (3)

gif_natation_helpIl fait chaud. Il faut donc battre le fer avant que la rouille ne le recouvre. Allons-y. Finalement, une campagne électorale, c'est comme une course avec une ligne d'arrivée. Et, à pied, à vélo ou dans l'eau, entre le top départ et la finale, il suffit d'un grain de sable pour envoyer n'importe quel concurrent dans le bac.

Les spectateurs et les supporters du premier au dernier rang reconnaissent leurs champions à la couleur de leur tenue. En catégorie femmes, Maryse Joissains était identifiable car elle n'en a pas changé depuis huit ans. En catégorie hommes, Alexandre Medvedowsky avait troqué son ancien costume acquis en 2008 et porté jusqu'au 8 juin pour une tenue qu'il avait refusé de revêtir jusque là (voir extrait de La Provence, ci-dessous). Il s'est donc présenté sur la ligne de départ sous le coup d'une mutation qui a pu en déconcerter plus d'un. Fin de la parabole sportive.

Venons-en aux faits. Il a d'abord fallu contrer la candidature "prématurée" d'André Guinde, soutenu par Jean-Noël Guerini mais pas par Eugène Caselli. Puis, faire comme si tout allait bien et faire passer la candidature de Medvedowsky comme unanime. Guerini, vexé, a alors lancé des avertissements définitifs qui risquent fort de n'être que des orages sans averses.

Là, le ballet de la reconversion du candidat investi a forcément écarté la gauche de la gauche avec laquelle il siégeait encore quelques jours avant et l'a fait lorgner vers le MoDem, puis les écologistes qui ne sont pas quantité négligeable. Très vite, des équipes ont travaillé sur la mise en compatibilité des projets, la constitution d'une équipe et l'annonce officielle de la statégie.

Oui, mais. Si le costume semblait avoir de l'étoffe, il n'en était pas moins l'addition de trois pièces distinctes. Certains mauvais tailleurs n'ont pas tardé à percevoir des coutures apparentes qui pouvaient craquer au moindre mouvement du corps. En surface pourtant, pas d'aspérités, rien que du cousu main. Tout va bien, un seul essayage a suffi même si des témoins attestent avoir bien repéré des accrocs peu sympathiques.

Inutile de revenir sur les indésirables, les oubliés et les évincés. En revanche, il faut maintenant rapporter quelques éléments encore inconnus du public. Un brave garçon rencontrant une dévouée colistière de Medvedowsky a eu l'imprudence de lui indiquer qu'il préférait l'ancienne liste de Michel Pezet. Mal lui en a pris. Pas même le temps de finir sa phrase qu'il recevait ceci en plein figure : "Quand on sera à la mairie, vous avez intérêt à quitter la ville !". Et hop, voici maintenant les bannis. Bonjour l'ambiance fraternelle.

"Toi, tu vas me le payer !"

Il y a eu aussi les vrais-faux communiqués de soutien des candidats éliminés ou de personnalités pouvant donner le coup de pouce. Tiens, au hasard, Michel Pezet. La presse a raconté comment il avait appris qu'il soutenait Medvedowsky presqu'à son insu par une déclaration envoyée aux rédactions par la permanence de ce dernier.

La réalité est celle-ci : un soir, Pezet a été contacté par un colistier "société civile" de Medvedowsky pour l'inciter à manifester son soutien. Pezet a répondu que Medvedowsky connaissait sûrement son numéro de téléphone et qu'il n'avait qu'à l'appeler lui-même. A défaut d'appel, il n'avait qu'à reprendre le communiqué de second tour de l'an dernier.

Mais, ce n'est pas tout. La veille même du 19 juillet, les deux hommes se croisent fortuitement à un événement festif. "Toi, tu vas me le payer !" s'est exclamé Medvedowsky, rouge de colère. Pourquoi et payer quoi, mystère et bas de gamme. Et hop, voilà à présent les menacés.

Question toute bête. A-t-on jamais vu telle atmosphère entraîner l'adhésion ? Alors que, telle qu'elle-même, Joissains faisait pleurer les pierres à répétition, d'autres s'évertuaient à en envoyer dans leur propre camp. Pour essayer de compenser, il a fallu aller accueillir à bras ouverts l'auteur du recours qui avait déjà dynamité la campagne.

Pour finir, pour aujourd'hui s'entend, citons ces quelques phrases extraites du blog d'un jeune militant socialiste :

"Pour revenir un peu sur l'élection municipale d'Aix, je vais faire un petit listing rapide des points problématiques :

- Nom de la liste : "Tous ensemble pour Aix" face à "Ensemble pour Aix et le Pays d'Aix",

- Affiche illisible : faut faire la différence entre graphisme et communication parfois,

- Liste muti-tête : 3 hommes face à une femme, un peu mauvais genre quand même,

- L'absence des logos des partis : quand on est dans un parti, on en est fier,

- Site internet de campagne : 2 semaines avant le 1er tour ,

- Pas de meeting,

- Pas de représentants nationaux : oui ça fait toujours le "buzz",

- Pas de consultation des militants.

Sinon le programme était vraiment de qualité, je félicite tous les militants PS qui ont participé à cette campagne, je garde quand même une impression amère de marchandage de tapis, d'expressions désuètes (oui le style voter utile me sort pas les yeux), peut-être aussi une trop grande précipitation (que je peux en partie comprendre avec le délai d'un mois) et un manque de dynamique nouvelle."

Allez, jeune homme, remettez-vous, il y aura peut-être une séance de rattrapage avec la bouée de sauvetage du recours… participatif.

A suivre…

Extrait de l'interview de Medvedowsky par Hervé Vaudoit

(dans La Provence du 31 mars 2008)

H. V. : Certains observateurs assurent qu'une alliance à trois avec Pezet et De Peretti vous aurait permis de l'emporter ?

A. M. : C'est faux. La ligne stratégique De Peretti était très confuse et nous n'avons jamais envisagé d'alliance avec lui. Et si nous l'avions fait, nous aurions perdu beaucoup plus lourdement ; nous aurions durablement fragilisé la gauche dans cette ville et, en plus, nous y aurions laissé notre âme. Cela n'avait pas de sens. Beaucoup de nos colistiers et de nos électeurs ne nous auraient d'ailleurs pas suivis. Et ils auraient eu raison. Que De Peretti et Pezet soient persuadés que c'était la seule solution montre qu'ils ne comprennent rien à la politique et qu'ils méritent leur très lourde défaite.

Re-coup de pouce

On me signale la création d'un nouveau blog original. Caius Sextius Calvinus est de retour après 2000 ans d'absence et observe la vie politique d'Aqua-Sextia… Merci de lui prodiguer vos chaleureuses et bienveillantes acclamations à la romaine :

http://aiximperator.over-blog.com/

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