jeudi 28 mai 2009

Clinique du Montaiguet : La réunion vire au pugilat

Chacun le pressentait, la réunion publique dite de concertation, organisée hier à la mairie annexe de Pont de l'Arc, s'annonçait chaude et agitée. Elle l'a été. Bourrée à craquer, la salle a immédiatement donné le ton dès les premiers mots de l'adjoint de quartier. Protestations, vociférations, chahut ont vite fait de couvrir le son et prendre le dessus. Pour contrer les opposants, comme on s'en doutait, les élus ont convié la "claque", qui s'est littéralement mise à "aboyer".

Les services municipaux ont tant bien que mal essayé de présenter sommairement les résultats de l'enquête publique sur la révision partielle du POS. L'adjoint de quartier, Eric Chevalier, a tenté de faire œuvre de pédagogie pour restituer ce que la municipalité envisageait de modifier au vu des observations relevées sur les registres de l'enquête. Peine perdue. Chaque explication était contestée aux quatre coins de la salle. L'adjoint à l'urbanisme, Alexandre Gallèse, n'a pas eu plus de réussite. Il faut dire que ce dernier s'est fait une spécialité… d'enfonceur de portes ouvertes et d'adepte du brassage d'air.

La présidente de l'association des Amis du Montaiguet est parvenue à arracher cinq minutes de prise de parole et, tout au long de la soirée, à lancer des apostrophes aussitôt coupées par ce qu'il faut bien appeler des cris de meute à son encontre.

Plusieurs présidents de CIQ ont exposé leurs points de vue ou interrogé tour à tour les deux élus, parfois bien en peine de réponse. Si, comme certains riverains, ils ont confirmé qu'ils ne contestaient en aucune façon la nécessité de trouver un lieu d'implantation pour la polyclinique, ils ont répété qu'ils étaient quasi unanimement défavorables au choix de Pont de l'Arc, le plus mauvais scénario selon eux.

Tous ont stigmatisé l'absence de vision globale de l'évolution et du développement du secteur Sud. Et, bien sûr, l'expédient de solution qu'est la révision partielle du POS pour un périmètre qui ne vise en fait qu'à parachuter un OVNI à flanc d'une colline attenante au massif du Montaiguet.

Les CIQ ont récusé ce que les élus ont présenté comme étant un projet pertinent. Ils ont tous insisté sur l'absence de l'outil essentiel qu'est le Plan local d'urbanisme, seul susceptible de répondre à l'ensemble des problématiques.

Marché de dupes ?

Certains intervenants n'ont pas hésité à pointer que ce projet recelait une collusion d'intérêts privés et publics. D'autres ont parlé d'un lobby de médecins ou demandé des éclaircissements sur les raisons qui ont fait décaler le projet à distance de la bande de terrain ayant été incendiée à proximité de la parcelle boisée classée et le positionner en mordant d'autant sur une bande de terrain privé.

Concernant la partie boisée, pour tenter de lever les craintes des riverains de voir les petits chemins existants devenir un jour des voies routières, les élus ont fini par admettre qu'il fallait les conserver en l'état. Ce qui revenait à admettre de facto que l'argument de la rétrocession à la Ville de cet espace appartenant actuellement à la polyclinique vidait de tout son sens cette contrepartie offerte à la Ville en échange de l'implantation de l'équipement médical.

Marché de dupes ? Ecran de fumée ? Plus les questions fusaient, plus les opposants découvraient les incertitudes et les zones d'ombre de la démarche. Pour prendre deux autres exemples, un participant a relevé qu'une petite parcelle semblait annoncer sans le dire des constructions qui, elles-mêmes, risquaient d'ouvrir une urbanisation qui surchargerait le secteur.

D'autres, malgré des questions répétées portant sur les infrastructures routières et les aménagements à réaliser permettant de désengorger la circulation, n'ont pu obtenir de réponses concrètes, pas plus que sur le calendrier ou sur le coût des investissements à supporter par les finances publiques.

A la fin de la réunion, ce qui est sûr c'est que le débat n'a pas convaincu. Il devrait donc y avoir d'autres réunions. Autrement dit, l'inscription d'une délibération à l'ordre du jour du conseil municipal risque de prendre un gros retard.

Pour bien enfoncer le clou, des participants hostiles à l'implantation du projet à Pont de l'Arc ont prévenu que tous les recours possibles seraient exercés devant les tribunaux. Ça promet !

Vu la température qui régnait hier dans la salle, il est à craindre que les prochaines rencontres annoncées ne confinent à l'embrasement.

montaiguet_carte

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La carte établie par l'association des Amis du Montaiguet

(Voir les légendes en bas à gauche)

Le projet d'implantation de la polyclinique nécesserait de nombreux aménagements.

Or, en l'absence de PLU, ce projet n'est que le parachutage d'un OVNI

sans aucune prise en compte ni programmation des infrastructures.

(Voir aussi l'article suivant et les articles complets publiés lundi et mardi)

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Ce que dénonce l'association des Amis du Montaiguet

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mardi 26 mai 2009

Clinique du Montaiguet : Que dit le commissaire ?

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Le site pressenti pour l'implantation de la polyclinique

L'enquête publique sur la mise en révision partielle du POS (Plan d'occupation des sols) s'est déroulée du 8 janvier au 13 février. Le commissaire enquêteur avait un mois pour rédiger son rapport. Face à l'afflux des contributions, il s'est vu dans l'obligation de demander un délai supplémentaire d'un mois pour achever son compte-rendu qu'il a remis le 13 avril.

Inutile de préciser que ce projet d'implantation de polyclinique privée au lieudit les Bornes à Pont de l'Arc a donc mobilisé beaucoup de monde. Les chiffres fournis par le rapport sont éloquents : l'enquête a nécessité l'ouverture de 3 registres qui ont donné lieu à 616 participations, soit 139 contributions et 475 courriers. Le commissaire a rencontré personnellement 177 personnes.

Le rapport lui-même se compose de 50 pages détaillées et 10 pour les conclusions. A cela s'ajoutent tous les documents déposés par les participants. A titre d'exemple, l'association des Amis du Montaiguet a produit à elle seule une centaine de pages. On trouve des contributions d'associations, de plusieurs CIQ, de médecins, des auteurs et des architectes du projet, et de particuliers dont beaucoup de riverains.

Côté surprises, le commissaire relève la réception de courriers venant de plusieurs départements comme le Vaucluse, le Var, les Alpes mais aussi la Corse, l'Isère et même... la région parisienne ! Allez savoir pourquoi !

Les points essentiels

Les CIQ les plus limitrophes mettent l'accent sur des points importants, notamment les problèmes de circulation dans ce quartier, des aménagements à faire et des points d'environnement. La Fédération des CIQ du Pays d'Aix pose la question suivante : "Le projet a-t-il été l'objet de suffisamment de réflexion ?" et souhaite "une étude globale de l'avenir du quartier dans le cadre de la révision du PLU". Pour mémoire, le Plan local d'urbanisme ne sortira pas avant trois ans.

Beaucoup font observer qu'une vraie réflexion doit être menée pour une adaptation des transports en commun, une limitation de la vitesse automobile entre Luynes et Pont de l'Arc, le stationnement anarchique. Ils font remarquer que les travaux d'infrastructures supposent des investissements lourds qui nécessitent des financements de plusieurs collectivités et de l'Etat.

Les travaux à planifier devront tenir compte de la situation existante et des projets à venir dans le secteur Sud. Sur le secteur du projet, ont été notés les problèmes de traversée déjà très encombrée du Pont de l'Arc et des flux supplémentaires générés par l'implantation de la polyclinique.

Des questions ont été posées sur la sécurisation des aménagements à réaliser (par exemple, un giratoire), du respect du rayon de 500m par rapport aux constructions existantes (étrangement, l'Architecte des bâtiments de France n'a pas été consulté) et les problèmes de la rétention d'eaux pluviales y compris en cas de fortes intempéries.

Plusieurs contributions ont insisté sur un autre point crucial : "La Ville devra se faire confirmer le financement du projet, elle devra s'assurer que les travaux d'infrastructures nécessaires au fonctionnement de la polyclinique seront aussi budgétés dans le projet".

La réunion publique de demain à 18h00 tirera le bilan de la concertation. Au vu de l'intérêt qu'a suscité l'enquête publique, il y aura beaucoup de monde à la mairie annexe de Pont de l'Arc. Il faut espérer que nous n'assisterons pas, comme lors d'une précédente réunion, à une mise en scène avec "claque" organisée par la municipalité. La parole doit circuler librement, que l'on soit pour ou contre le projet.

Cette réunion ne sera pas le dernier acte. En toute logique, une autre délibération du conseil municipal devra dire si la mairie donne suite ou non à la procédure de révision partielle du POS qu'elle a engagée. Et, le cas échéant, si elle valide l'avis du commissaire enquêteur, comment elle compte respecter et mettre en œuvre toutes les observations et conditions formant les réserves.

Etant donné les enjeux et le nombre de questions fondamentales soulevées lors de l'enquête, il est plus que probable que divers recours seront déposés.

Voir ci-dessous, à la date de lundi 25 mai, tous les articles relatifs au projet.

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lundi 25 mai 2009

Clinique du Montaiguet : Réunion publique mercredi

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Le 13 avril, le commissaire enquêteur a rendu son rapport sur la mise en révision du Plan d'occupation des sols. L'importante participation des habitants l'avait obligé à demander un délai supplémentaire d'un mois. Le commissaire a conclu à un "avis favorable" mais assorti de très nombreuses réserves. En effet, le projet de polyclinique a suscité de légitimes interrogations. C'est la raison pour laquelle il est encore nécessaire de tenir une réunion publique pour présenter les conclusions et en débattre avec la population.

Le dernier communiqué des Amis du Montaiguet

Les enquêtes publiques où l'on passe en force, au bulldozer, contre l'avis des habitants, c'est fini, les gens n'en veulent plus !

Concernant la modification simplifiée du POS destinée à permettre la délocalisation de la clinique Rambot aux Bornes, dans le Montaiguet, à la sortie du Pont de l'Arc :

Ÿ Le commissaire enquêteur a émis des réserves,

Ÿ Les habitants ont manifesté nettement leur désapprobation par leurs contributions aux registres d'enquête,

Ÿ Les CIQ du Pont de l'Arc, de Luynes, de Malouesse, de Mazargues, du Pigonnet et de Cuques Saint-Jérôme sont défavorables.

Ÿ L'association des Amis du Montaiguet, forte de centaines de signatures, est aussi défavorable.

Venez nombreux à la réunion publique :

Mercredi 27 mai à 18h00 à la mairie annexe de Pont de l'Arc.

Demain, sur ce blog, un condensé du rapport du commissaire enquêteur.

Le site de l'Association des Amis du Montaiguet :

http://www.montaiguet-pontdelarc.com/ 

Les photos du projet (clic sur chaque image pour agrandir) :

http://www.montaiguet-pontdelarc.com/visionner.php 

Visualiser sur le projet sur le site du cabinet d'architectes :

http://www.a-i-a.fr/archi/projet/idProjet/19?symfony=65c2da6adae9160700c17d0720f938cc 

La pétition en ligne :

http://www.lapetition.com/sign1.cfm?numero=49 

Mes précédents articles sur le même sujet : (du plus ancien au plus récent)

"La clinique privée qui tue l'hôpital et le Montaiguet" : 

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/12/12/11717813.html 

"Clinique du Montaiguet : La bataille continue" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/12/17/11753424.html 

"Clinique du Montaiguet : Agissons !" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/01/07/11995740.html 

"Lettre ouverte au maire" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/01/26/12226720.html 

"Clinique du Montaiguet : Deux jours pour intervenir" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/02/12/index.html

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Beisson fait la une de La Provence

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(Clic sur l'image pour agrandir)

Dans La Provence le vendredi 22 mai 2009

La Provence a publié, avec annonce à la une et sur le site internet, une pleine page sur la situation à Beisson. Nous nous réjouissons que ce dossier soit mis sur la place publique de façon plus large. En attendant les prochaines rencontres sur le terrain, on peut prendre connaissance de la présentation qui en a été faite par Aurélie Le Caignec dans La Provence, ici :

http://www.laprovence.com/articles/2009/05/22/822406-A-la-une.php

Mes précédents articles sur le blog (du plus ancien au plus récent) :

"Rénovation de Beisson : Les habitants accusent…" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/04/23/13481990.html 

"Beisson : Maintenant, la colère monte…" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/05/04/13604546.html 

"Beisson et Corsy, la rénovation en panne ?" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/05/05/13616839.html 

"Beisson : Et maintenant la pétition…" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/05/07/13641111.html

"Beisson : Joissains se fend d'une note aux habitants" :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/05/14/13722941.html

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vendredi 22 mai 2009

Conseil municipal : Petite foulée et grosses entorses

Hotel_Ville_noirS'il n'y avait pas eu les remous liés à la manifestation des étudiants, peu d'Aixois auraient su qu'il y avait eu un conseil municipal le 11 mai. A vrai dire, les ordres du jour sont devenus tellement indigents qu'il y a peu à rapporter. Et c'est le brouhaha qui règne en gros bruit de fond qui l'emporte souvent.

Pourtant, sur les 62 dossiers de ce jour-là, quelques-uns ont permis aux élus de l'opposition de s'insurger contre des choix de la municipalité. Ainsi, l'attribution d'une subvention à un tout nouveau Comité d'animation des Milles en lieu et place du bien ancré Comité des fêtes, créé en 1966, a provoqué de vives discussions.

Il est très clair qu'il s'est agi de sanctionner une association en l'accusant de servir des intérêts politiques et d'encourager une autre structure placée désormais sous la houlette… politique de l'adjoint du village. Ledit adjoint a expliqué qu'il était fâché parce qu'il avait le plus grand mal à se faire comprendre du Comité des fêtes qui, en plus, le contrariait dans sa volonté, autant dire son ingérence, et qu'"il fallait donc remettre de l'ordre".

Maryse Joissains a, bien sûr, pris sa défense tout en incitant les anciens à rejoindre le nouveau comité. On voit mal comment cela pourrait se faire après le procès qu'il leur est fait et, pour compléter le tableau, avec l'interdiction formelle d'utiliser l'espace public pour leurs manifestations.

Plus loin, à la faveur de deux dossiers portant sur les garanties de la Ville pour des emprunts contractés par la Sacogiva pour des programmes de construction, c'est François-Xavier de Peretti qui a ouvert le débat. L'élu a rappelé que la MIILOS (Mission interministérielle d'inspection du logement social) avait produit en 2008 un audit qui relevait une grande insuffisance de l'offre de logements par rapport aux besoins, l'inadaptation des réponses permettant de satisfaire les publics les plus défavorisés et des pratiques peu conformes empêchant la pleine souveraineté de la commission d'attribution. Le maire a tenté de minimiser l'interpellation, avançant le fait que la Sacogiva s'occupe de logements intermédiaires, oubliant de s'étendre sur l'absence de constructions très sociales par l'OPH Pays d'Aix Habitat.

De quoi en perdre le souffle...

Trois autres sujets ont occupé les débats. Interrogée sur le devenir de l'ex-bâtiment de l'Office de tourisme, Maryse Joissains a répondu "aucun projet n'est prévu". Pourtant, cela fait plusieurs années qu'elle soutenait juste le contraire : la rénovation de la Poste devait permettre une restructuration globale des bâtiments et une redistribution des fonctions. Il y a donc de quoi être surpris par la position actuelle de la mairie.

Le second dossier demandait l'avis de la commune pour une installation classée soumise à autorisation d'un projet de boulangerie industrielle sur un secteur proche des Milles. Là encore, François-Xavier de Peretti s'étonnait qu'un tel projet puisse voir le jour à cet endroit, faisant remarquer que cette installation allait être source de très fortes nuisances.

Réaction de Maryse Joissains : "Je dois dire que je découvre ce dossier et qu'il faut prendre en compte ce que dit Monsieur de Peretti". L'adjointe à l'environnement a eu beau dire que le rapport avait été présenté en conseil des adjoints, le maire a répété qu'elle préférait avoir une connaissance complète du dossier et qu'elle le retirait pour le représenter au prochain conseil.

De deux choses l'une, soit Maryse Joissains était présente au conseil des adjoints et n'a pas écouté, soit elle était absente et elle n'a pas cherché à étudier le dossier avant le conseil municipal. Dans les deux cas, comme on l'a déjà vu par le passé, on peut s'interroger sur sa responsabilité de laisser inscrire la question à l'ordre du jour.

Enfin, lors d'une délibération portant attribution de subventions à des associations étudiantes, les élus ont eu la surprise de constater que l'association "Fac Verte" avait été rétablie dans son droit. En décembre, sous prétexte que ses membres avaient placardé des affichettes sur des lieux "inappropriés", l'élu délégué à la vie étudiante leur avait sucré la subvention, félicité par le maire qui lui avait trouvé du "courage". Là encore, il faut croire que "Fac Verte" ne devait sans doute pas être dans la "ligne politique" de la municipalité.

Soyons beau joueur, la faute a été corrigée et la demande de l'association a enfin été validée cette fois-ci. Dont acte. Il est cependant cocasse de noter que la délibération a été rapportée par l'élu délégué aux universités et non pas par l'élu à la vie étudiante… qui était absent.

Sur la suppression de la subvention à "Fac verte",

lire l'excellent article sur le blog de Benoît Petit :

http://benoit.petit.over-blog.fr/article-25996221.html 

Le rapport MIILOS :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/05/11/13685178.html

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mercredi 20 mai 2009

Etonnant : Comment est né le Festival de Cannes

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L'affiche réalisée par le peintre Jean-Gabriel Domergue pour le 1er Festival

Question Festival, j'avoue être peu friand de ce genre d'événement, véritable foire du clinquant et de l'artifice où l'on voit malheureusement même les meilleurs parader et faire tout un cinéma du paraître. Pourtant, hier, j'ai reçu un mail (merci à MNP) qui a attiré mon attention sur les conditions dans lesquelles le Festival de Cannes a vu le jour il y a 70 ans.

Or, cette année, le Festival en est à sa 62e édition. Pourquoi donc ce décalage ? Le premier a débuté non pas en 1946 mais le 1er septembre 1939. C’est Jean Zay, Ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts du Front Populaire, qui inventa cette manifestation dès juillet 1938 quand un inspecteur général, Philippe Erlanger, revint de la 6e Mostra de Venise, fou furieux.

Des membres du jury avaient démissionné, les représentants de la France, des Etats-unis et de la Grande-Bretagne avaient quitté la Mostra. Car ce fut Hitler qui fit modifier le palmarès quelques heures avant l’annonce des résultats et imposa aux jurés d’attribuer au film de propagande nazie "Les Dieux du Stade" de Leni Riefenstahl la coupe Mussolini, la plus haute récompense de la manifestation.

L’idée d’une manifestation française consacrée au cinéma se développa au sein du gouvernement, défendue par Jean Zay : l’Europe doit avoir un festival de cinéma où l’art ne doit pas être dicté par les puissances fasciste et nazie.

Au printemps 1939, la Biennale de Venise réserve un accueil triomphal à Goebbels, consolidant l’alliance entre l’Italie et l’Allemagne, et laissant présager que la Mostra se pliera encore aux exigences de la politique fasciste. Ce fut le point décisif qui poussa le gouvernement français à entamer l’organisation de son premier festival, qui devait être présidé par Louis Lumière, inventeur du cinématographe.

Les organisateurs obtiennent alors la participation des états démocratiques les plus puissants de l’industrie cinématographique et de l’URSS. L’Etat et la ville de Cannes signent un contrat officiel le 31 mai 1939, seulement 3 mois avant la date d’ouverture prévue pour la compétition. Le Comité d’organisation du Festival se réunit à la Direction des Beaux-Arts du Ministre Jean Zay qui mobilise alors tous les moyens de l’Etat nécessaires à sa réussite.

Le financement local étant insuffisant, l’Etat accorde une large subvention, puis convainc les Postes, Télégraphes et Téléphones de participer à la publicité et aussi la SNCF et Air France.

Fin août 1939, tout est prêt : l’affluence touristique à Cannes bat ses records, avec de prestigieux invités. Un transatlantique loué par la Metro Goldwyn Mayer a jeté l’ancre dans la baie de Cannes avec un grand nombre de vedettes à son bord. Le Festival de Cannes devait s’ouvrir le 1er septembre 1939, mais il fut interrompu aussitôt après la 1ère projection, car le même jour l'Allemagne envahit la Pologne.

Le lendemain, Jean Zay démissionne de son poste de Ministre pour s'engager dans l'armée française et partir sur le front de Lorraine "partager le sort de cette jeunesse française pour laquelle j’ai travaillé de mon mieux depuis quarante mois…". Après la déroute et l'armistice signé par Pétain, il sera condamné par Vichy, emprisonné pendant des années, assassiné par la milice le 20 juin 1944.

Une association Jean Zay en Provence

Une association est née en Provence en septembre 2008, sous l'auspice de grands noms de la Résistance, pour honorer et entretenir la mémoire de la vie et de l'œuvre pédagogique de Jean Zay, pour la mémoire des Résistants de la Haute Vallée de l'Arc et pour approfondir et diffuser la connaissance de l'histoire des acteurs de la Seconde guerre mondiale, de la Déportation et de la Résistance dans les Bouches-du-Rhône et en Provence.

L'association émet le souhait que le Festival puisse rendre hommage à Jean Zay et organisera aussi des manifestations (commémoration, expositions, conférence) autour du 20 juin à Rousset, Aix et Peynier, pour se souvenir du jour anniversaire de l'acte odieux que fut l'assassinat de Jean Zay.

Contacts :

"Association Jean Zay en Provence - Pédagogie, Mémoire et Histoire"

Courriel : asso.jzp@club-internet.fr

Tout sur le Festival de Cannes :

http://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_de_Cannes

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mardi 19 mai 2009

Rénover ou détruire l'hôpital d'Aix : Coup fourré ?

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Un long article paru dans La Provence le 15 mai titrait : "L'hôpital rénové in situ ou reconstruit à la Calade ?" Question étonnante au moment où le Sénat discute du projet très contesté de "réforme" sur l'hôpital.

Bon, on savait bien que l'arrivée à Aix d'un nouveau directeur du centre hospitalier avait pour objectif d'anticiper l'application de cette loi, notamment sur le rôle prépondérant qui serait confié à la direction. La Provence fait état d'une "étude en cours pour connaître le destin du centre". Il faut dire que, dans un premier temps, notre hôpital n'a pas été retenu pour entrer dans le plan 2012. Il s'agirait donc maintenant de présenter un autre dossier pour un second tour, si l'on peut dire.

On peut en effet comprendre qu'il faille des moyens pour poursuivre la rénovation des bâtiments existants, surtout pour la partie la plus ancienne, puisque la plus récente date seulement de 1995. On peut également très bien convenir que la restructuration des services nécessiterait l'édification d'une nouvelle aile qui pourrait accueillir des services regroupés de façon plus cohérente. Cela signifierait que l'on est dans la logique de renforcer le pôle hospitalier public.

Mais il paraît assez difficile d'imaginer que l'Etat ait de quoi débourser des dizaines de millions d'euros, auxquels s'ajouteraient nécessairement d'autres sommes tout aussi importantes à verser par les collectivités locales, pour démolir entièrement le centre hospitalier et le reconstruire ailleurs. Cela prendrait au moins une douzaine d'années.

Il faut bien l'avouer, il y a de quoi être dubitatif à la lecture de l'hypothèse risquée, voire irresponsable, émise par une adjointe au maire, déléguée à la santé et au patrimoine, qui y évoque aussi la récupération du foncier laissé libre par le départ de l'hôpital. Quand on voit que, sur le papier, le projet privé de polyclinique au Sud de la ville se chiffrerait à près de 100 millions d'euros, est-il pensable que l'on se lance dans une délocalisation de l'hôpital d'Aix presqu'aussi coûteuse ?

Que cachent donc les déclarations de cette élue ? S'est-elle exprimée avec l'aval de Maryse Joissains pour lancer ce "ballon" ou cherche-t-elle, imprudemment, à se faire "mousser" ? Toujours est-il que le sujet ne peut pas être traité à la légère, surtout parce qu'on ne sait pas si le plan hôpital 2012 aura les moyens d'apporter la moindre contribution ne serait-ce que pour rénover les parties existantes de l'hôpital aixois.

Quoi qu'il en soit des éclaircissements sont nécessaires pour lever toute ambigüité sur ce que pourrait en fait receler comme coups tordus la carte hospitalière locale issue de la loi Bachelot.

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lundi 18 mai 2009

La mairie veut-elle éliminer "Les Ecritures croisées" ?

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La Cité du livre d'Aix

La Ville d'Aix doit une bonne partie de sa renommée culturelle à des associations de premier plan qui ont su créer de grands événements. C'est le cas dans le domaine du livre avec des rendez-vous très prisés tels que la "Cité en débat", la "Fête du livre" ou les "Ecrivains du Sud". A la Cité du livre, située à la Bibliothèque Méjanes, l'association "Les Ecritures croisées" joue un rôle prépondérant depuis une quinzaine d'années déjà.

Pour pouvoir mener à bien sa tâche, l'association bénéficiait jusqu'à présent d'une convention pluriannuelle avec le Ville et de soutiens des collectivités locales. Or, cette année, surprise, la convention n'a pas été signée. L'association voit donc ses moyens budgétaires considérablement réduits par rapport à ceux des années précédentes.

La municipalité semble envisager de transférer l'organisation des manifestations de la Fête du livre directement à la Cité du livre. Etrange décision qui ressemble furieusement à la mise au pas d'une structure qui a fait ses preuves. Veut-on bâillonner la liberté des choix des thèmes proposés au public ? La municipalité entend-elle fixer une ligne "officielle" de ce qui est bon ou non pour tous ceux qui fréquentent massivement toutes ces manifestations ?

On aimerait ne pas imaginer une telle dérive. La crainte est vive cependant.

Pour mémoire, il y a cinq ans par exemple, prétextant qu'une structure théâtrale qui intervenait dans les quartiers n'était pas dans la conception de l'action culturelle voulue par la municipalité, cette dernière lui avait carrément coupé la subvention. Plus récemment, la Ville a également supprimé la subvention du Comité des fêtes historique des Milles pour l'attribuer à une nouvelle structure créée de toutes pièces sous les auspices de la municipalité.

On comprendra donc que l'association "Les Ecritures croisées" puisse nourrir les plus vives inquiétudes sur le sort qui pourrait lui advenir.

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(Clic sur l'image pour agrandir)

La lettre de l'association "Les Ecritures croisées"

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vendredi 15 mai 2009

"Tribune du sud" : Le n°0 d'hier en avant-première

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(Clic sur l'image pour agrandir)

La sortie officielle de "Tribune du sud", c'est pour aujourd'hui. Mais hier, le journal a tiré ce que l'on appelle un numéro zéro (inscrit sous le titre), un peu comme une répétition générale avant la première d'une pièce de théâtre.

J'ai pu en obtenir un exemplaire (grâce à mes réseaux !). Et je dois avouer que ma curiosité a été passablement émoussée à la découverte du contenu. Très peu d'articles signés, ce qui est de mauvais augure. Cela veut dire que la rédaction est allée piocher dans les dépêches d'agence (j'ai vérifié). Quelques rares "papiers" locaux, sans grande originalité selon moi (il n'y a qu'à voir les sujets en une), comportent une signature, ce qui s'explique par le nombre restreint de journalistes.

En passant, signalons que la rédaction est installée dans un grand appartement des quartiers Nord de Marseille et que toute la production est externalisée.

Voilà. Que dire d'autre ? On a l'impression d'être en présence d'un journal gratuit amélioré car on ne voit pas où se niche la singularité annoncée par les fondateurs.

Soyons beau joueur, il y aura peut-être des scoops dans les éditions à venir. Pour l'instant, c'est vraiment un "numéro zéro" !

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