vendredi 22 mai 2009

Conseil municipal : Petite foulée et grosses entorses

Hotel_Ville_noirS'il n'y avait pas eu les remous liés à la manifestation des étudiants, peu d'Aixois auraient su qu'il y avait eu un conseil municipal le 11 mai. A vrai dire, les ordres du jour sont devenus tellement indigents qu'il y a peu à rapporter. Et c'est le brouhaha qui règne en gros bruit de fond qui l'emporte souvent.

Pourtant, sur les 62 dossiers de ce jour-là, quelques-uns ont permis aux élus de l'opposition de s'insurger contre des choix de la municipalité. Ainsi, l'attribution d'une subvention à un tout nouveau Comité d'animation des Milles en lieu et place du bien ancré Comité des fêtes, créé en 1966, a provoqué de vives discussions.

Il est très clair qu'il s'est agi de sanctionner une association en l'accusant de servir des intérêts politiques et d'encourager une autre structure placée désormais sous la houlette… politique de l'adjoint du village. Ledit adjoint a expliqué qu'il était fâché parce qu'il avait le plus grand mal à se faire comprendre du Comité des fêtes qui, en plus, le contrariait dans sa volonté, autant dire son ingérence, et qu'"il fallait donc remettre de l'ordre".

Maryse Joissains a, bien sûr, pris sa défense tout en incitant les anciens à rejoindre le nouveau comité. On voit mal comment cela pourrait se faire après le procès qu'il leur est fait et, pour compléter le tableau, avec l'interdiction formelle d'utiliser l'espace public pour leurs manifestations.

Plus loin, à la faveur de deux dossiers portant sur les garanties de la Ville pour des emprunts contractés par la Sacogiva pour des programmes de construction, c'est François-Xavier de Peretti qui a ouvert le débat. L'élu a rappelé que la MIILOS (Mission interministérielle d'inspection du logement social) avait produit en 2008 un audit qui relevait une grande insuffisance de l'offre de logements par rapport aux besoins, l'inadaptation des réponses permettant de satisfaire les publics les plus défavorisés et des pratiques peu conformes empêchant la pleine souveraineté de la commission d'attribution. Le maire a tenté de minimiser l'interpellation, avançant le fait que la Sacogiva s'occupe de logements intermédiaires, oubliant de s'étendre sur l'absence de constructions très sociales par l'OPH Pays d'Aix Habitat.

De quoi en perdre le souffle...

Trois autres sujets ont occupé les débats. Interrogée sur le devenir de l'ex-bâtiment de l'Office de tourisme, Maryse Joissains a répondu "aucun projet n'est prévu". Pourtant, cela fait plusieurs années qu'elle soutenait juste le contraire : la rénovation de la Poste devait permettre une restructuration globale des bâtiments et une redistribution des fonctions. Il y a donc de quoi être surpris par la position actuelle de la mairie.

Le second dossier demandait l'avis de la commune pour une installation classée soumise à autorisation d'un projet de boulangerie industrielle sur un secteur proche des Milles. Là encore, François-Xavier de Peretti s'étonnait qu'un tel projet puisse voir le jour à cet endroit, faisant remarquer que cette installation allait être source de très fortes nuisances.

Réaction de Maryse Joissains : "Je dois dire que je découvre ce dossier et qu'il faut prendre en compte ce que dit Monsieur de Peretti". L'adjointe à l'environnement a eu beau dire que le rapport avait été présenté en conseil des adjoints, le maire a répété qu'elle préférait avoir une connaissance complète du dossier et qu'elle le retirait pour le représenter au prochain conseil.

De deux choses l'une, soit Maryse Joissains était présente au conseil des adjoints et n'a pas écouté, soit elle était absente et elle n'a pas cherché à étudier le dossier avant le conseil municipal. Dans les deux cas, comme on l'a déjà vu par le passé, on peut s'interroger sur sa responsabilité de laisser inscrire la question à l'ordre du jour.

Enfin, lors d'une délibération portant attribution de subventions à des associations étudiantes, les élus ont eu la surprise de constater que l'association "Fac Verte" avait été rétablie dans son droit. En décembre, sous prétexte que ses membres avaient placardé des affichettes sur des lieux "inappropriés", l'élu délégué à la vie étudiante leur avait sucré la subvention, félicité par le maire qui lui avait trouvé du "courage". Là encore, il faut croire que "Fac Verte" ne devait sans doute pas être dans la "ligne politique" de la municipalité.

Soyons beau joueur, la faute a été corrigée et la demande de l'association a enfin été validée cette fois-ci. Dont acte. Il est cependant cocasse de noter que la délibération a été rapportée par l'élu délégué aux universités et non pas par l'élu à la vie étudiante… qui était absent.

Sur la suppression de la subvention à "Fac verte",

lire l'excellent article sur le blog de Benoît Petit :

http://benoit.petit.over-blog.fr/article-25996221.html 

Le rapport MIILOS :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2009/05/11/13685178.html

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [2] - Permalien [#]