vendredi 8 mai 2009

8-Mai : Aix garde la mémoire intacte

8 et 9 mai : deux dates qui font sens. Si celle du 9 mai marque la fête de l'Europe, nos nouvelles générations savent-elles bien ce qu'elles doivent à la date du 8 mai d'aujourd'hui ? C'est le moment de porter son regard en arrière. Car, plus de 60 ans de paix après les boucheries les plus ignobles que le l'homme a commises, il n'est pas inutile de continuer à faire place à la mémoire.

Notre ville d'Aix n'a jamais oublié de célébrer notre Histoire nationale et locale. Nos rues témoignent de ce souci permanent de rappel du passé. Il existe une avenue de l'Europe, reliant le centre ville au Jas de Bouffan. Et une avenue Jean-Monnet à l'approche du quartier Ouest. De même, une avenue Robert-Schuman longe nos universités dans le quartier des Fenouillères. On ne pouvait faire plus près des populations qu'en profitant des extensions de la ville pour ancrer ces noms dans les esprits.

ELY2

(Clic sur l'image pour agrandir)

Le 21 août 1944, du balcon de l'Hôtel de Ville,

la Délégation spéciale instituée par le Gouvernement provisoire de la République

proclame la libération de la cité (Photo archives Henry Ely)

La fin des combats de la Seconde guerre mondiale a aussi permis d'inscrire sur nos plaques, telles des empreintes indélébiles, les noms ou faits qui auront œuvré à reconquérir notre liberté. Pour n'en citer que quelques-uns, retenons la place des Martyrs de la Résistance en centre ville, l'avenue du 8-Mai au cœur d'Encagnane et la rue de la Libération à Luynes.

L'engagement a été celui d'hommes et de femmes souvent jeunes qui ont péri sous le feu des armes ou qui ont survécu en ayant eux aussi fait preuve d'un courage exemplaire. Impossible de tous les répertorier ici.

Aix a honoré de nombreux et valeureux noms : Général de Gaulle, Général Koenig, Maréchal de Lattre de Tassigny, Maréchal Leclerc, Maréchal Juin, Jean Moulin, Albert Baudoin, Paul Ferreol, Marie-Madeleine Fourcade, Lucie Aubrac, Winston Churchill...

Comment ne pas se souvenir des combattants méritants qui ont légué leurs noms à de nombreuses voies : Pierre Brossolette, Fortuné Ferrini, Ernest Prados, Henri Malacrida, Henri Mauriat, Jean Dalmas, Jean et Marcel Fontenaille…

Et, parce que son nom rejoint la légende des humbles qui ont tout donné, personne n'a oublié Louis Philibert, l'homme du Puy-Sainte-Réparade qui a consigné ses précieux mémoires dans un livre intitulé "Souvenirs souvenirs…" où il fait le récit de la Résistance avec ses amis comme Jean Franchi ou sa secrétaire Rosette Gay, qui fut notre collègue au conseil municipal pendant douze ans.

Des seigneurs de la liberté

Je veux dire ici que le fait d'avoir participé à la vie publique et politique pendant de longues années m'a offert l'inestimable chance de connaître et de côtoyer quelques personnalités locales, fortes, rigoureuses, humanistes, pour lesquelles l'honneur, la dignité, la droiture et l'action n'étaient pas de vains mots. 

Je me souviens de Pascal Fieschi, homme debout à la voix puissante, qui contribua à la Libération d'Aix, qui devint ensuite secrétaire général de la mairie. Une rue porte son nom à l'entrée de Pont-de-l'Arc depuis les années 90, à quelques dizaines de mètres du quartier même où il vécut.

J'ai bien connu Yvette Impens, femme d'honneur, résistante de la première heure, qui s'en est allée il y a moins d'une décennie, dont il faudra un jour songer à lui rendre le même hommage.

J'ai aussi pu rencontrer les frères Claverie, André et Maurice, qui ne furent pas les derniers à prendre place parmi les seigneurs de la liberté.

S'il m'a été impossible de connaître Max Juvenal, chef de la Résistance provençale, et Pierre Guindon, résistant lui aussi, j'ai eu de nombreux contacts avec leurs familles et je leur porte le plus profond respect. L'avenue d'entrée dans Sextius-Mirabeau a reçu le nom du premier et le square intérieur de la Cité du livre celui du second.

Que leurs noms aient été donnés à des rues ou non, connus ou anonymes, tous ont gagné leur rang dans notre mémoire commune, une mémoire que nous devons conserver intacte et vive.

ELY1

(Clic sur l'image pour agrandir)

Courant 1944, des résistants fusillés au Vallon des Gardes

sur le chemin de Sainte Victoire (Photo archives Henry Ely)

"Pourquoi le 8 mai ?"

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/05/08/9098852.html

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]