lundi 6 avril 2009

Joissains se sent "en mission" : C'est ça... impossible !

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(Clic sur l'image pour agrandir) Dessin de Charmag dans "Le Ravi"

Chic, me suis-je réjoui, les projets concrets de Maryse Joissains avancent. C'est du moins ce que pouvaient laisser penser ses mots, "En politique, je me sens en mission", qui font le titre de l'article paru dans La Provence le 2 avril (journaliste : Alexandra Ducamp). Et puis, me ravisant à la vue des mains jointes sur la photo qui illustre l'événement, je me suis dit que "en mission" pouvait tout aussi bien avoir un sens mystique. Ce n'est pas loin. C'est Mireille Dumas qui va être contente.

Car, dans l'article de haut de page, Maryse Joissains verse dans la confession à ras bord et les états d'âme débordants. D'abord, elle s'en veut, dit-elle, d'avoir continué à être politiquement "idéaliste et crédule". Ensuite, elle confie : "Je vois le monde comme je voudrais qu'il soit, pas comme il est." […] "Ma conception de la société fait que j'ai été profondément déçue. Je me suis totalement remise en question et je suis toujours dans cette optique."

Et de poursuivre dans la même eau : "En politique, je me sens en mission mais j'ai moins de certitudes, alors j'avance plus lentement. J'ai pris beaucoup de recul. Aujourd'hui, j'ai davantage la culture de territoire et un sens de la responsabilité beaucoup plus aigu. Pour moi, les élus ne doivent pas être là pour les bénéfices ou les carrières mais pour préparer le monde de demain." Fortes affirmations qui semblent tout droit être les conséquences des dérives du premier mandat. Quant à la volonté d'agir plus lentement, sous-entendu après mûre réflexion, ce n'est pas le bilan ci-dessous qui pourra personnellement m'en convaincre.

"Moi, je suis assez folle pour dire..."

Suivent trois "encadrés" assez renversants où Maryse Joissains livre son opinion sur la nature des relations qu'elle entretient avec ses collaborateurs, ses élus, sa fille Sophie et... Jean-Noël Guerini. Cela vaut le détour, si l'on peut dire. Entre démagogie, sentiments et vulgarité, on ne sait que choisir.

Si elle dit bien s'entendre avec le président du conseil général parce que "c'est très corse", elle s'estime victime d'une pression du même quand il lui demande de lui restituer l'Archevêché ou d'accepter de participer au syndicat mixte des transports au niveau départemental. Et qu'envisage-t-elle pour protester ? Rien moins que l'acte incivique ainsi formulé : "Moi, je suis assez folle pour dire aux Aixois de ne plus payer les impôts au conseil général".

Reprenant l'habituel mensonge "et je ferai le compte de tout ce qui est mis dans les communes socialistes" alors que le CG13 n'a jamais autant abondé financièrement à Aix, elle conclut toute en finesse avec "Mais moi, je ne resterai pas à poil".

C'est dans ce langage aussi fleuri que celui d'un certain président de la République que Maryse Joissains fait également un sort à certains de ses collaborateurs des services réorganisés de la Ville et de la Communauté du pays d'Aix : "La connerie, je ne supporte pas. Je ne peux pas avoir des collaborateurs cons. Je peux avoir des collaborateurs qui ont tous les défauts, mais pas des cons. Bon, j'en ai bien un qui est pas fut'-fut' ou deux. Avec eux, j'ai vraiment du mal mais ils remplissent d'autres offices…"

Les élus - faut-il rappeler que c'est le maire qui les choisit - en prennent aussi plein leur grade. Certains ne seraient pas à la hauteur. Mais à qui la faute ? "Cette année, il a fallu aussi mettre en place les nouveaux élus. On avait l'habitude de travailler ensemble et je me retrouve avec des élus auxquels il faut expliquer les choses. Certains réussissent et d'autres réussissent moins. Il va falloir faire des ajustements. Certains se sentent moins bien dans leurs délégations que d'autres. On va voir si on peut permuter certains, notamment à la CPA". J'ai décrit ici même, il y a quelques jours, la cacophonie qui dure depuis sept ans !

Quant à Sophie, Maryse Joissains estime que "potentiellement, elle peut être mon successeur". […] "Je n'ai jamais imaginé passer le relais à qui que soit en cours de mandat. Sauf si le Président me propose le ministère de l'Intérieur, le seul qui me plairait. Alors là, je passe le témoin à la personne la plus compétente. Mais ça n'arrivera pas". C'est vrai, quoi, on se disait bien qu'il manquait quelque chose au sein du gouvernement Fillon : un peu de veine comique, par exemple.

Pour finir, il faut avoir lu la partie de l'interview faisant le point sur les "projets". Un vrai dépôt de bilan ! Je reproduis ci-après le texte intégral en y glissant quelques commentaires entre parenthèses… 

"Maintenant, on affine"

Vous dites "avoir pris du recul" et "avancer plus lentement". Est-ce à dire que vous avez tenu compte des critiques de l'opposition qui vous reproche un manque de cohérence?

Si j'avais été précédée par des gens ayant une vision de l'avenir (Les plus grands projets qui ont refaçonné la ville ont été accomplis par Jean-François Picheral, jusqu'à ses derniers, achevés par Maryse Joissains), j'aurais pu aller plus vite : pour Sextius-Mirabeau ou les parkings, je n'ai pas eu le choix (Ah ! Un aveu quand même !). Eux avaient travaillé pendant des années sans Schéma de cohérence territoriale ni Plan local d'urbanisme, qui sont des notions nouvelles. (Huit ans ont passé depuis la création des SCOT et des PLU instaurés dans le cadre de la loi SRU du 13 décembre 2000. De très nombreuses grandes villes les ont mis en place depuis belle lurette.). Ils n'avaient pas d'urbaniste sur La Duranne par exemple, nous sommes en train d'en choisir un (Durant le premier mandat, Maryse Joissains a défiguré le projet de la Duranne dans la plus grande improvisation. C'est maintenant qu'elle s'aperçoit qu'il faut un urbaniste. Mais que pourra-t-il faire sans PLU ?). J'ai comblé les manques. Maintenant, on affine. Aujourd'hui que les parcs de stationnement sont en place, on va appliquer une véritable politique de circulation entre les parkings et les zones d'activités et l'hyper-centre (Le Plan de déplacements urbains, PDU, ayant été annulé par le Tribunal administratif, il faudrait peut-être d'abord en refaire un autre, non ?). On va recoudre le centre-ville, en quelque sorte. On prendra aussi en compte les énergies nouvelles, notamment sur le chauffage urbain, cela permettra avec la crise de réduire les charges. Concernant la gestion des déchets, je veux qu'en 2014, nous soyons les plus performants de France (C'est vrai ça, Aix aime bien battre les records. N'est-elle pas déjà la plus "performante" pour la pollution ?).

A quoi avez-vous consacré cette première année de mandat ?

Nous avons fait le point sur les grands chantiers : la gare routière a pris du retard parce qu'on a recommencé la concertation mais les travaux vont commencer (Le projet n'était qu'une annonce électorale avec une concertation bidon. Il a été contesté de toutes parts dès le début mais la mairie a fait croire qu'il était en voie de réalisation.). Nous travaillons aussi à la délocalisation du conservatoire, sur le projet de l'école d'art et du nouvel office de tourisme (Cette vente scandaleuse du patrimoine public n'est en réalité qu'un prétexte pour renflouer les caisses de la Ville !). A côté de cela, fin 2010, on va sortir le SCOT (Dix ans après sa création !). Entre-temps, la LGV, Atmel et la mission gouvernementale, venue pour organiser les territoires autour de Cadarache, ont perturbé notre calendrier (Bla bla bla, cela ne date que de quelques mois.). La cité judiciaire a pris du temps aussi. Je me suis battue pour un nouveau tribunal et, pof, Paris nous l'enlève (C'est le gouvernement que soutient Maryse Joissains en votant toutes ses lois qui est incapable de tenir ses engagements.). Le dossier de l'Anru pour la requalification de Corsy et Beisson, c'est pareil… Ce n'est pas de ma faute s'il y a un fonctionnaire de la Ville qui n'a pas fait son travail (Ben voyons ! C'est encore un fonctionnaire qui va porter le chapeau !). J'ai dû reprendre le dossier (Dès 2005, nous avions attiré l'attention de Maryse Joissains sur ce dossier mais elle l'avait quand même fait voter. Depuis deux ans, l'Etat n'a cessé de réduire les moyens pour de nombreux projets en France.). J'ai été reçue par Fadela Amara, qui va faire passer le dossier dans une deuxième mouture exceptionnelle (On verra ce qu'on verra.). Cette année, on a bétonné en restructurant les crèches (La Ville a décidé la gestion indirecte plutôt que la mise en place d'une véritable politique publique de la petite enfance.), Pays d'Aix Habitat (Pour qui connaît sa situation encore catastrophique, c'est le summum du tragi-comique !). Aujourd'hui, nous sommes dans une phase opérationnelle. Nous allons créer une SPLA (Société publique locale d'aménagement), une sorte de Semepa uniquement communautaire. Cette nouvelle société d'économie mixte fonctionnera comme le privé, cela permettra d'aller plus vite dans les choix, les procédures. Elle sera mise en place à la fin de l'année et prendra en charge les grands travaux (Pour ceux qui l'ignoreraient, la Semepa est déjà une société communautaire qui fonctionne comme le privé et qui a déjà en charge les grands travaux ! Quel est donc le véritable objectif d'en créer une seconde ?). Nous voulons aussi faire une maison de la famille à la Zac et une halle des sports près du cimetière américain (De nouveaux projets à enterrer, peut-être ?).

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [2] - Permalien [#]