lundi 23 février 2009

Marseille : Les déchets se font encore des cendres

Comment résoudre le problème des déchets ? Incinération ? Méthanisation ? Ou les deux à la fois ? Lors de l'élection municipale de Marseille, un des dossiers les plus controversés a été celui du projet d'incinérateur de Fos-sur-Mer, avec de longues batailles écologiques, sanitaires et… politiques.

Les habitants du pourtour de Fos ne voulaient pas des déchets marseillais, en tout cas, pas de la machine à incinérer. Presqu'un an après, leur position n'a pas varié, contrairement à celle de certains élus socialistes. Ce qui ne veut pas dire que la droite n'a rien à se faire reprocher. La bataille risque donc de se poursuivre encore quelques temps.

L'article paru dans Libération le 21 février fait le point sur les dernières évolutions.

liberation

Le projet d’incinérateur de Fos-sur-Mer refait surface

Quand les élus socialistes reviennent sur leur engagement.

Qui a dit : "Je prends l’engagement de mettre fin à l’incinérateur", car l’incinération est "dangereuse pour la santé" ? Le candidat PS Jean-Noël Guérini, en mars 2008, lors de la campagne pour la mairie de Marseille.

Reniant ses engagements, la gauche marseillaise a relancé, jeudi, l’incinérateur de Fos-sur-Mer (Bouches-du-Rhône), malgré l’opposition des populations concernées. A la communauté urbaine Marseille Provence Métropole, les élus, gauche et droite confondues, ont voté une nouvelle DSP (délégation de service public) pour légaliser sa construction. La précédente avait été annulée, en juin 2008, par le tribunal administratif de Marseille.

L’incinérateur pourrait entrer en fonction en 2010. Au plus tôt. Car les recours ne vont pas manquer. L’usine doit traiter en majorité les déchets de Marseille. Le maire UMP, Jean-Claude Gaudin, avait d’abord tenté de l’installer dans sa commune, vers les quartiers Nord. La révolte grondant, il a enterré le projet. "Parce que j’avais envie de rester maire", rigolait-il jeudi. En 2004, il fait ressurgir le dossier à Fos-sur-Mer, déjà atteint par la pollution et les saccages industriels. "C’est comme si on faisait ses toilettes chez les voisins parce que ça pue", a noté le conseiller communautaire Victor Hugo Espinosa.

Les populations locales ont protesté. Les maires, de gauche, ont manifesté. Le dossier est devenu un des enjeux de l’élection municipale de 2008. La gauche l’a perdue, mais elle a pris le pouvoir par surprise à la communauté urbaine. Allait-elle tenir sa promesse ? Non. L’audit commandité, pour 245.000 euros préconise de ne pas lâcher l’incinération : résilier le contrat obligerait à payer près de 500 millions d’euros au constructeur. Jugeant le projet "irréversible depuis 2007", la gauche a remballé sa promesse.

Seul bémol, l’usine fera moins d’incinération : le tonnage incinéré chaque année passe à 250.000 tonnes (contre 360.000 prévues). Les élus locaux, de gauche, se sentent floués. "Trahison Guérini !" criaient les opposants jeudi dans la rue, contre ce "revirement honteux". Brandissant des banderoles "La dioxine assassine !" ils comptent se battre en justice contre ce "déni démocratique".

L’incinérateur s’annonce aussi comme un boulet financier. Depuis 2004, son coût prévu a plus que doublé : de 34 millions d’euros par an, il passe à 70 millions, alors que les finances de la communauté urbaine, héritage de la gestion des années Gaudin, sont dans le rouge.

(Journaliste : Michel Henry)

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]