mercredi 31 décembre 2008

Tout pour être heureux… comme avant, en pire !

Pas de doute, grâce à lui, la politique de civilisation est en marche. C'est même un grand bond en avant vers le passé…

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(Clic sur l'image pour agrandir) Dessin de Large

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Sarkozy, encore des vœux sans avœux… non, merci !

Non, ce soir, je ne regarderai pas, et moins encore n'écouterai, la bouffonnerie des vœux de Nicolas Sarkozy.

Je n'aime pas son autosatisfaction compulsive alors qu'il ferait mieux d'en rabattre un peu sur ses promesses.

Je n'aime pas sa compassion fausse pour les malheureux alors qu'il ne sert que ses amis friqués.

Je n'aime pas ses provocations égocentrées alors que des humains meurent dans la rue.

Je n'aime pas son cynisme impudique alors qu'il est incapable d'obtenir le moindre résultat sur le pouvoir d'achat, la pauvreté, l'emploi, la précarité, les retraites, le logement, la justice, l'école, l'hôpital, les services publics, le respect des droits de l'homme, la laïcité.

Je n'aime pas sa vantardise éhontée alors que notre pays bat des records de déficit budgétaire, de dette publique, d'augmentation du chômage, de commerce extérieur négatif.

Je n'aime sa mainmise liberticide sur les médias alors que l'information pluraliste et indépendante est un droit démocratique.

Je n'aime pas sa geste mécanique alors que la fonction présidentielle nécessite une parfaite maîtrise de soi.

Sa conception de la société est un hold-up, ce n'est pas celle de la République juste, solidaire et fraternelle.

Bref, pour ce soir, j'ai fait provision de quelques épingles…

Bonne tannée M. le Crazydingue !

            

Bruit de bottes ?

               

Le gouvernement annonce que 35.000 policiers et 50.000 pompiers seront mobilisés pour la nuit du réveillon. 17 hélicoptères seront affectés à la surveillance des toits d'immeubles. Est-ce pour mater les 64.000 nouveaux chômeurs qui auraient la mauvaise idée d'aller mettre le feu à l'Elysée ? Non, c'est plus pacifique que ça... La pince-sans-rire Alliot-Marie déclare que c'est pour que "le réveillon puisse être un moment de convivialité pour tous". Cela sent mauvais. Il est à craindre qu'il n'y ait pas que les bulles de champagne qui éclatent dès ce soir. A l'évidence, un tel dispositif montre que le gouvernement est plus que fébrile et commence même à avoir une trouille grecque.

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La rentrée d’Enzo, en septembre 2012

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Magie du net ! On y trouve ce joli conte de faits, tel une promesse de bonheur pour les années à venir.

Enzo est assis à sa place, parmi ses 42 camarades de CP. Il porte la vieille blouse de son frère, éculée, tachée, un peu grande. Celle de Jean-Emilien, au premier rang, est toute neuve et porte le logo d’une grande marque automobile.

La maîtresse parle, mais il a du mal à l’entendre, du fond de la classe. Trop de bruit. La maîtresse est une remplaçante, une dame en retraite qui vient remplacer leur maîtresse en congé maternité. Il ne se souvient pas plus de son nom qu’elle ne se souvient du sien. Sa maîtresse a fait la rentrée, il y a trois semaines, puis est partie en congés.

La vieille dame de 69 ans est là depuis lundi, elle est un peu sourde, mais gentille. Plus gentille que l’intérimaire avant elle. Il sentait le vin et criait fort. Puis il expliquait mal. Du coup Enzo ne comprend pas bien pourquoi B et A font BA, mais pas dans BANC ni dans BAIE ; ni la soustraction ; ni pourquoi il doit connaître toutes les dates des croisades.

On l’a mis sur la liste des élèves en difficulté, car il a raté sa première évaluation. Il devra rester de 12 à 12h30 pour le soutien. Sans doute aussi aux vacances. Hier, il avait du mal à écouter la vieille dame, pendant le soutien ; son ventre gargouillait. Quand il est arrivé à la cantine, il ne restait que du pain. Il l’a mangé sous le préau avec ceux dont les parents ne peuvent déjà plus payer la cantine.

Il a commencé l’école l’an dernier, à 6 ans. L’école maternelle n’est plus obligatoire, c’est un choix des mairies, et la mairie de son village ne pouvait pas payer pour maintenir une école. Son cousin Brice a eu plus de chance : il est allé à l’école privée à 3 ans, mais ses parents ont dû payer.

La sieste, l’accueil et le goûter n’existent plus, place à la morale, à l’alphabet ; il faut vouvoyer les adultes, obéir, ne pas parler et apprendre à se taire, se débrouiller seul pour les habits et les toilettes : pas assez de personnel. Les enseignants, mal payés par la commune, gèrent leurs quarante à cinquante élèves chacun comme une garderie.

L’école privée en face a une vraie maternelle, mais seuls les riches y ont accès. Mais Brice a moins de mal, malgré tout, à comprendre les règles de l’école et ses leçons de CP. En plus, le soir il va à des cours particuliers, car ses parents ne peuvent pas l’aider pour les devoirs, ils font trop d’heures supplémentaires.

Pourtant, Enzo a toujours plus de chance que son voisin Kévin : il doit se lever plus tôt et livrer les journaux avant de venir à l’école, pour aider son grand-père, qui n’a presque pas de retraite.

Enzo est seul au fond de la classe. La chaise à côté de lui est vide. Son ami Saïd est parti, son père a été expulsé le lendemain du jour où le directeur de l’école (un gendarme en retraite choisi par le maire) a rentré le dossier de Saïd dans Base Élèves. Il ne reviendra jamais. Enzo n’oubliera jamais son ami pleurant dans le fourgon de la police, à côté de son père menotté. Il paraît qu’il n’avait pas de papiers... Enzo fait très attention : chaque matin il met du papier dans son cartable, dans le sac de sa maman et dans celui de son frère.

Du fond, Enzo ne voit pas bien le tableau. Il est trop loin, et il a besoin de lunettes. Mais les lunettes ne sont plus remboursées. Il faut payer l’assurance, et ses parents n’ont pas les moyens. L’an prochain, Enzo devra prendre le bus pour aller à l’école. Il devra se lever plus tôt. Et rentrer plus tard. L’EPEP (établissement public d’enseignement primaire) qui gère son école a décidé de regrouper les CP dans le village voisin, pour économiser un poste d’enseignant. Ils seront 45 par classe. Que des garçons. Les filles sont dans une autre école.

Enzo se demande si après le CM2 il ira au collège ou, comme son grand frère Théo, en centre de préformation professionnelle. Peut-être que les cours en atelier seront moins ennuyeux que toutes ces leçons à apprendre par coeur. Mais sa mère dit qu’il n’y a plus de travail, que ça ne sert à rien.

Le père d’Enzo a dû aller travailler en Roumanie, l’usine est partie là-bas. Il ne l’a pas vu depuis des mois. La délocalisation, ça s’appelle, à cause de la mondialisation. Pourtant, la vieille dame disait hier que c’est très bien, la mondialisation, que ça apportait la richesse. Ils sont fous, ces Roumains !

Il lui tarde d’être en récréation. Il retrouvera Cathy, la jeune sœur de maman. Elle fait sa deuxième année de stage pour être maîtresse dans l’école, dans la classe de monsieur Luc. Il remplace monsieur Jacques, qui a été renvoyé, car il avait fait grève. On dit que c’était un syndicaliste qui faisait de la pédagogie. Il y avait aussi madame Paulette en CP ; elle apprenait à lire aux enfants avec des vrais livres ; un inspecteur venait régulièrement la gronder ; elle a fini par démissionner.

Cathy a les yeux cernés : le soir elle est serveuse dans un café, car sa formation n’est pas payée. Elle dit : "A 28 ans et un bac +5, servir des bières le soir et faire la classe la journée, c’est épuisant." Surtout qu’elle dort dans le salon chez Enzo, elle n’a pas assez d’argent pour se payer un loyer.

Après la récréation, il y a le cours de religion et de morale, avec l’abbé Georges. Il faut lui réciter la vie de Jeanne d’Arc et les dix commandements par cœur. C’est lui qui organise le voyage scolaire à Lourdes, à Pâques. Sauf pour ceux qui seront convoqués pour le soutien…

Enzo se demande pourquoi il est là… Pourquoi Saïd a dû partir. Pourquoi Cathy et sa mère pleurent la nuit. Pourquoi et comment les usines s’en vont en emportant le travail. Pourquoi ils sont si nombreux en classe. Pourquoi il n’a pas une maîtresse toute l’année. Pourquoi il devra prendre le bus. Pourquoi il passe ses vacances à faire des stages. Pourquoi on le punit ainsi. Pourquoi il n’a pas de lunettes. Pourquoi il a faim.

Une internaute a complété l'histoire ainsi…

Le dimanche, Enzo doit rester seul avec son petit frère de 4 ans car sa maman, vendeuse dans un grand magasin, est obligée de travailler, sinon, c’est la porte ! Même ses grands-parents, 66 et 68 ans, travaillent encore ! Heureusement, il n’a pas trop de difficultés à garder son petit frère, celui-ci est tellement calme, avec tous les médicaments qu’il prend depuis qu’un jour quelqu’un a décrété qu’il risquait d’être un futur délinquant, car il avait "volé" un bonbon à son copain, et qu’on lui a dit qu’il allait finir comme son cousin Joël, en prison à 12 ans car lors d’une descente de police dans son collège, un chien avait trop reniflé son cartable !

Source :

http://www.resistance2007.com/article-25000131.html

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