vendredi 28 novembre 2008

Les chiffres du surendettement… qui crient misère

Ici, on condamne crapuleusement des associations qui aident les sans-logis. Là, on expulse ceux qui ne peuvent plus honorer leurs loyers. Ici, on prive des chômeurs d'allocations minimales. Là, on licencie à lourdes charretées. Ici, on distille des salaires de misère. Là, le désespoir pousse les ménages à suremprunter pour rembourser leurs dettes. Mais, on continue à gaver les malfrats de la finance à coups de milliards.

On pond rapport sur rapport, sur les mal-logés, sur le chômage, sur les niveaux de (sur)vie. Il suffit de jeter un œil sur les documents publiés pour prendre la mesure du désastre.

Les ménages de plus en plus surendettés

En décembre 2006, la Banque de France, qui assure le secrétariat des commissions de surendettement, faisait état de 700.000 dossiers de surendettement en cours de procédure de désendettement. Selon ces mêmes sources, les dossiers de surendettement en cours étaient de 652.000 en janvier 2006. On constate donc une nette croissance du phénomène de surendettement au cours de l’année 2006.

Une légère baisse de 0,6% des dossiers a été constatée au premier trimestre 2007. 185.000 ménages ont déposé un dossier auprès de la commission en 2006. Soit 20.000 demandes de plus qu’en 2003, au moment de la promulgation de la loi Borloo.

Selon des critères plus subjectifs, basés sur des enquêtes nationales, 15% des ménages déclarent avoir des difficultés "à rembourser leurs dettes". Plus de 7 millions de personnes seraient concernées, de près ou de loin, par le surendettement.

Le surendettement a fortement changé de nature depuis la mise en place de la première  loi sur le surendettement en 1989. Un tiers des dossiers enregistrés par les commissions entrent dans la catégorie du surendettement actif. Les deux tiers des dossiers traités relèvent du surendettement passif, lié à un "accident de la vie".

Les origines du surendettement

Les principales causes du surendettement en chiffres :

Le surendettement "actif"

Excès de crédit : 15%

Erreur de gestion : 6%

Coût trop élevé du logement : 1,2%

Le surendettement "passif"

Le chômage : 31%

Séparation, décès : 17%

Maladie, accident : 11%

Le profil des surendettés

Les ouvriers et employés : 55% des surendettés

Les chômeurs : 34%

Les personnes seules : 64% de célibataires, 58% sont veufs ou divorcés

Le salaire moyen des personnes surendettées est de 1.500 euros et moins.

Parmi les surendettés : 78% de locataires, 10% ayant un patrimoine immobilier.

La tranche d’âge la plus touchée : 35 - 54 ans.

Le coût du surendettement

Il est évalué à 180 millions d’euros pour le seul fonctionnement des commissions de surendettement.

Le surendettement moyen

Il équivaut à environ 60% du revenu permanent d'un ménage. L’endettement par dossier de surendettement est estimé en moyenne à 32.600 euros.

Les solutions proposées

Sur 730.000 dossiers déclarés recevables par la commission de surendettement entre janvier 2002 et décembre 2006 :

59% ont fait l’objet d’un plan de redressement classique

13% ont fait l’objet de recommandations

8% ont fait l’objet d’une "faillite civile".

Cependant, depuis l’avènement de la loi de rénovation  urbaine, en 2004, la part de la procédure de rétablissement personnel (ou faillite civile) dans les solutions face au surendettement ne cesse de croître.

Le rachat de crédit, une solution favorisée par les Français

Depuis 2003, les chiffres attestent d’une nette progression du rachat de crédit en France. Les prévisions pour l’année 2008 ne démentent pas le succès de cette "technique".

Avant de devoir faire face aux graves difficultés liées au surendettement, le rachat de crédit permet d’agir dès les premiers signes de déséquilibre budgétaire (incidents de paiements répétés, séparation en prévision…).

Face à la forte crise économique qui s'installe pour un bon bout de temps, que vont peser ces faibles progrès ?

                     

"Discours sur la misère" (Victor Hugo, 9 juillet 1849)

miseria_Hugo

(Clic sur l'image pour agrandir)

"Miseria", dessin attribué à Victor Hugo

"Je ne suis pas, Messieurs, de ceux qui croient qu'on peut supprimer la souffrance en ce monde, la souffrance est une loi divine, mais je suis de ceux qui pensent et qui affirment qu'on peut détruire la misère. (Réclamations - Violentes dénégations à droite) Remarquez-le bien, Messieurs, je ne dis pas diminuer, amoindrir, limiter, circonscrire, je dis détruire. (Nouveaux murmures à droite)

La misère est une maladie du corps social comme la lèpre était une maladie du corps humain ; la misère peut disparaître comme la lèpre a disparu. (Oui, oui ! à gauche) Détruire la misère ! Oui, cela est possible ! Les législateurs et les gouvernants doivent y songer sans cesse ; car, en pareille matière, tant que le possible n'est pas fait, le devoir n'est pas rempli. (Sensation universelle)

La misère, Messieurs, j'aborde ici le vif de la question, voulez-vous savoir où elle en est, la misère ? Voulez-vous savoir jusqu'où elle peut aller, jusqu'où elle va, je ne dis pas en Irlande, je ne dis pas au moyen-âge, je dis en France, je dis à Paris, et au temps où nous vivons ? Voulez-vous des faits ?"

(Victor Hugo, extraits de "Actes et Paroles I, Assemblée législative", 1849-1851)

Quelques liens pour en savoir plus sur le surendettement :

http://www.conseil-economique-et-social.fr/presidence/publication/PU07-276.pdf

http://www.mediateur-republique.fr/fic_bdd/pdf_fr_fichier/1193240545_CES_24_10_07_intervention_MDR.pdf

http://www.guideducredit.com/HTMcorps/fichiersreglementation/le-surendettement-en-france.doc 

http://www.banque-de-france.fr/fr/instit/telechar/services/tableaux_barometre_0712.pdf 

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jeudi 27 novembre 2008

Votes PS : Dernières salves ?

"L'amour de la démocratie est d'abord un état d'esprit".

(Pierre Mendes France)

Illustration avec ces deux articles parus hier. 

Dans Le Point :

http://www.lepoint.fr/actualites-politique/le-non-qui-a-fait-perdre-delanoe/917/0/294901

Sur le site d'un juriste marocain en liberté surveillée :

http://ibnkafkasobiterdicta.wordpress.com/2008/11/26/le-maroc-exporte-son-savoir-faire-en-matiere-electorale/

Ajouté ce jeudi à 18h00

Lu sur le site de Bakchich Info (25 novembre) :

"La Floride socialiste a bien changé"

http://www.bakchich.info:8080/article5948.html?octocache=compute#ancre_forums 

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Et si on parlait des places "gratuites" de l'OM…

gif_logo_OMgif_footIl y a ceux qui paient cher leurs places et ceux qui vont au stade à l'œil. Non, il ne s'agit pas de resquiller par-dessus le mur ou de passer à travers le trou du grillage. Non, non, vous n'y êtes pas. Les places "gratuites" dont il retourne sont payées avec l'argent public des collectivités locales et distribuées par elles.

Le principe est simple, on achète des milliers de places et on déclare qu'elles sont destinées à des associations sportives qui en feront profiter des jeunes dans les clubs. A première vue, l'idée est bonne. Le hic, c'est que cette louable intention est vite contrariée par les faits.

Mais alors qui donc vient enlever ces places gratuites des mains des minots ? Pour trouver l'information, car elle existe vraiment, il faut avoir l'âme d'un archéologue. Elle se cache dans des documents rébarbatifs que peu de gens consultent.

Il y a deux mois, la Chambre régionale des comptes Paca a publié trois rapports concernant l'Oympique de Marseille, deux d'entre eux sont liés à la gestion des relations du Conseil général 13 et de la Ville de Marseille avec le club (les extraits suivants sont tirés des documents publics consultables).

logo_CG13"De 2000-2001 à 2002-2003 : pour chaque rencontre disputée au Vélodrome, achat de 16 places de prestige, 100 places en balcon, 350 places dans la tribune Jean Bouin, 1.088 places numérotées dans la tribune Ganay, soit 1.550 places par match. A partir de la saison 2003-2004, le département précise que les places seront attribuées notamment aux associations sportives ou d'éducation populaire et proritairement à celles réalisant des opérations d'insertion sociale par le sport.

En effet, au cours de 2002-2003, le département a acquis un total de 28.724 places pour un coût de 533.125 € dont 21.485 places, soit près de 75% du total, ont bénéficié aux élus du Conseil général et 7.279 à d'autres personnes physiques (maires, clubs sportifs, associations caritatives, personnels du CG13, associations, personnalités de la vie civile). Les associations n'ont reçu que 2.703 places, soit moins de 10% du total des places attribuées.

Pour la saison 2003-2004, les chiffres ont porté sur 41.095 places pour un coût de 639.850 € dont 30.337 places pour les élus du département et 10.758 places pour les autres organismes ou entités dont 2.665 pour les associations.

Pour les deux saisons suivantes, respectivement 25.670 places et 17.157 places ont été achetées pour des montants de 723.800 € et 537.350 €. Les places ont été attribuées dans des proportions identiques aux saisons précédentes, respectivement 20.175 places et 15.548 places pour les élus et 5.495 places et 1.699 places pour les autres bénéficiaires, dont 1.820 places et 852 places au bénéfice des associations.

Les critères d'attribution des places sont peu transparents et il n'a été communiqué aucune information quant aux modalités éventuelles de contrôle de l'effectivité de leur attribution aux destinataires. Les rapports de présentation des marchés à la commission permanente du CG 13 motivent l'achat des places par la forte popularité du club auprès des jeunes ; afin d'attirer ces derniers à une pratique sportive régulière de cette discipline, les places seront distribuées notamment aux associations sportives ou d'éducation populaire et proritairement à celles réalisant des opérations d'insertion sociale par le sport.

Or, le département a précisé que l'attribution des places s'effectue essentiellement à destination des élus de la collectivité qui assurent au premier rang la promotion de l'image du département auprès des administrés, en fonction du niveau de responsabilités qu'ils assument au sein de la collectivité et des besoins qu'ils expriment pour mener leurs actions de communication. Le CG13 soutient que 90% des places allouées aux élus étaient, dans les faits, redistribués aux associations, le solde revenant à des personnalités."

logo_Marseille"Entre 2000 et 2006, la Ville de Marseille a ainsi conclu chaque année des marchés négociés pour l'achat de 380 billets par match disputé au stade Vélodrome, soit un minimum de 7.220 billets par saison pour 19 matches, d'une loge de 18 places et d'espaces publicitaires. Le coût annuel s'élève à 762.240 € dont 456.000 € pour les places hors rabais en 2006.

Les billets sont destinés à l'usage exclusif des invités, principalement les jeunes Marseillais, librement désignés par la Ville. Or, les délibérations qui ont décidé de ces achats de places ne précisent pas l'objectif poursuivi. L'assemblée délibérante n'est donc pas suffisamment informée au moment du vote. Les places sont réparties entre les élus municipaux ou les services municipaux qui les distribuent librement et sans contrôle.

De plus, selon les modalités de répartition des places communiquées par la Ville pour la saison 2006-2007, il n'apparaît pas que les associations, généralement en charge des jeunes, soient les principales bénéficiaires des attributions de places puisqu'elles n'obtiennent que 32 places sur un total de 398 places incluant celles de la loge soit environ 8% du total. En revanche, la majorité des places acquises sont attribuées aux élus, 244 places, ou aux services municipaux (cabinet du maire, secrétariat général et autres directions), soit 76 places."

Les rapports d'observations définitives sur la gestion des relations…

... du Conseil général 13 avec l'OM (2 septembre 2008) :

voir pages 3 et 4, chapitre II. Les relations avec la société de l'OM http://www.ccomptes.fr/fr/CRC22/documents/ROD/PAR200814.pdf

... de la Ville Marseille avec l'OM (même date) :

voir pages 8 et 9, chapitre III. Les achats de prestations 

http://www.ccomptes.fr/fr/CRC22/documents/ROD/PAR200812.pdf

En bonus, le rapport sur la gestion de l'OM  (même date) :

http://www.ccomptes.fr/fr/CRC22/documents/ROD/PAR200813.pdf

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mardi 25 novembre 2008

Votes PS : On en parle aussi sur Rue89 Marseille

logo_Rue89Mon article de lundi suscite le débat. Je vous recommande de lire l'article mis en ligne ce matin par le site Rue89 qui confirme mes propos et publie les réactions de plusieurs responsables du parti socialiste départemental.

Par ailleurs, de nombreux sites reprennent le contenu de mon article ou y font allusion. Il est intéressant de cliquer sur les commentaires en bas de mon article et les liens qui y sont postés. Enfin, il n'est pas inutile de relire ce que rapportait La Provence au sujet des conditions de vote (absence d'isoloir notamment), niées aujourd'hui par les mêmes responsables socialistes.

Rue89 Marseille (25 novembre) :

http://www.rue89.com/marseille/2008/11/25/motions-ps-le-scrutateur-qui-a-vu-voter-une-equipe-de-foot

La Provence (21 novembre) :

http://www.laprovence.com/articles/2008/11/21/634328-France.php

PS (sans jeu de mot) : Je n'ai jamais été membre du parti socialiste, je suis adhérent et ancien élu du parti radical de gauche.

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lundi 24 novembre 2008

Votes PS : Les urnes ont-elles tout dit ?

A-t-on tout dit et entendu de la cacophonie du vote socialiste ? Qui a "perdu" ? Qui a "gagné" ? Que va-t-il se passer ? Certes, il appartient au parti socialiste de régler ses propres comptes. Pourtant, ce chipotage de voix allées ici plutôt que là et vice-versa ne peut suffire pour comprendre les affres du PS.

Depuis 2007, des milliers d'adhérents qui avaient pris une carte (dont celle à 20€) pour voter pour l'investiture présidentielle n'ont pas renouvelé leur adhésion. Lors du vote de vendredi dernier, pour le second tour l'élection d'une première secrétaire, la participation n'a atteint que 58,87% au plan national et 58,38% dans les Bouches-du-Rhône. Un peu plus de 40% se sont donc totalement désintéressés de la vie de leur parti.

A Aix, sur les trois sections concernées, il ne s'est trouvé que moins de 50% pour aller voter (178 à Aix-centre, 102 à Aix-Ouest, la section Sud n'a pas fait connaître ses résultats). Le 20 septembre 2007, quelques mois avant l'élection municipale, il y avait 619 inscrits aixois, 343 avaient voté. Vendredi, au mieux, il y a eu autour de 300 votants.

Qu'en est-il de la nature des militants ? Ce n'est un mystère pour personne, le PS, comme d'autres partis, est composé de nombreux élus (environ 20%/25% des adhérents) et d'employés des collectivités locales ou de structures liées à ces collectivités (environ 10/15% des adhérents). Ces personnes suivent en général les consignes de leurs "grands chefs" au moment des votes.

Les militants "moins liés", ceux qui votent parfois à l'encontre des recommandations nationales, l'exemple du referendum européen en est une bonne illustration, se déplacent moins pour participer aux votes. C'est donc en fonction de leur bon vouloir et des circonstances que les scores varient le plus.

Il faut aussi savoir que les listes d'adhérents comportent des "inscrits" sans pourtant vouloir dire qu'ils peuvent voter. En effet, il faut être à jour de sa cotisation annuelle. Les 232.912 inscrits pour le vote de la semaine dernière ne figuraient donc pas tous sur les listes d'émargement. Parmi ceux qui se sont présentés, certains ont dû régulariser une, deux, voire trois années de retard de cotisation.

C'est sur ces bases variables que les représentants des deux motions finalistes ont échafaudé des pronostics de résultats. Lorsque les premiers chiffres ont commencé à "remonter" vers le siège du PS, la motion Royal a sans doute compris que la bataille serait serrée. Là, je serais tenté de dire que l'on a assisté à un coup de bluff de ses porte-parole lorsque vers 23h30, ils ont balancé aux médias que l'on s'achemniait vers "une nette victoire de Ségolène Royal". Les représentants de Martine Aubry ont immédiatement répliqué que l'on en était à 50/50.

A l'approche de l'annonce des résultats quasi définitifs qui inversaient la tendance, je n'ai personnellement pas été surpris des premières protestations, puis contestations du camp Royal : "Nous ne nous laisserons pas voler notre victoire", comme pour accréditer l'idée que la défaite ne pouvait s'expliquer que par des fraudes organisées.

Comment les socialistes vont-ils se sortir de ce guêpier ? A eux de faire la clarté, si tant est qu'ils puissent la faire et se réconcilier… Il est étonnant d'avoir entendu Ségolène Royal prôner le recours au vote direct des militants et, en cette occurrence, de contester leur souveraineté. A mon avis, un autre vote – réclamé en général quand on est en difficulté – n'a aucun sens. Il n'y aurait sans doute pas les mêmes participants et les tendances dégagées vendredi agiraient comme un sondage susceptible d'influencer d'autres votes dans un sens ou dans l'autre. Le salut, s'il y en a un, ne peut venir que de la vérification objective des votes déjà émis.

Quoi qu'il en soit, le PS a d'autres sujets plus graves à régler s'il veut encourager la gauche entière à lui faire de nouveau crédit de confiance.

 

Scoop : Les dessous des votes des motions dans les BDR

 

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Le 6 novembre, soit deux jours avant le congrès socialiste de Bouches-du-Rhône à Châteauneuf-les-Martigues, avait lieu dans chaque section du département le vote sur les motions.

Voici, à l'état brut, le compte-rendu, que j'ai pu me procurer, rédigé par un scrutateur national chargé de contrôler le déroulement du vote dans un bureau marseillais.

 

Primo, je rappelle que les Bouches-du-Rhône sont une grosse fédération "promise" à la Motion E (Royal). On nous avait aussi averti d'un accord avec une autre motion pour "couvrir" ces méfaits, contre un certain % de voix. Arrivé ce jeudi en début d'après-midi, on nous informe de cela !

L'élu et leader local de la motion E (je ne le citerai pas ici… mais c'est facile de savoir qui il est), apprenant que plusieurs votes dans des sections du coin seront donc contrôlés sur la base des règles communes et autres circulaires adoptés en Bureau National, nous propose carrément "30 à 50 voix de plus pour vous dans certaine sections" si finalement on abandonnait ces contrôles sur place (refus total, of course, de notre part !) : belle mise en bouche, n'est-ce pas ?

On ne compte plus les élu-e-s locaux à qui on a retiré des moyens (collaborateurs, voiture, places de matches de l'OM ! etc.) pour ne pas être sur la "bonne" motion dans ce département… Permets-moi juste de ne pas être du tout exhaustif (j'ai, comme tous les autres scrutateurs dépêchés ça et là, des notes copieuses, des noms et des preuves matérielles diverses permises notamment par qulques technologies modernes !), je réserve cela aux instances chargées de valider la sincérité des scrutins…

Dans cette section importante dans Marseille (+ de 350 militants potentiels sur le fichier "Rosam" de la section !) que je surveillais très officiellement comme "scrutateur national", voici quelques choses constatées :

ŸDès que je suis arrivé, on m'a présenté un vieux monsieur comme "partisan de ta motion", j'ai donc cru à sa vigilance amicale quelques heures, mais je me suis très vite ravisé… Il a fini par me vouvoyer avec mépris, vouloir "m'interdire de parler avec des militants" de cette section et m'agonir de propos sur ces vilains "parigots" qui feraient mieux de contrôler les magouilles dans les sections parisiennes, etc., etc.

ŸAucun isoloir ou coin un tant soit peu clos ou isolé pour voter (ce fut même constaté par un huissier envoyé par la motion E dans toutes les sections, un brin étonné…)

ŸUne urne "artisanale" non transparente, contrairement à ce qui est a priori demandé,

ŸA peine 10% des gens qui sont venus ont présenté une pièce d'identité, ceci a été présenté - sans appel - comme un acte de confiance et de convivialité,

ŸUn responsable local surpris à plusieurs reprises en train de signer en douce, au feutre noir, en lieu et place de militants du fichier,

ŸDe 18h30 à 22h, le secrétaire de section et de grands élus du coin étaient dans la pièce à côté et le bureau au dessus (sans que je puisse trop les voir ni les entendre beaucoup donc), faisant crépiter non stop les coups de fil et autres textos pour rameuter des troupes surgies d'on ne sait où… Alors qu'en général les élus surveillent quand même pas mal les votes !

ŸPlusieurs personnes très insistantes pour voter par procuration, chose interdite pour ce vote !  Je suis parvenu à empêcher toute dérogation…

ŸUne personne âgée, sans doute vraiment une honnête militante, a voté alors qu'elle n'était pas sur le fichier (non transférée),

ŸJe ne compte pas les fois où on m'a fortement incité à quitter la pièce pour manger un morceau, boire un coup ou prendre l'air… J'ai juste pu, entre 16h50 et 23h15 (fin du dépouillement et du comptage), 1mn chrono, grâce à la présence furtive d'une fille de la motion C, pu aller… faire pipi une fois !

Ÿ  Totalement isolé (aucune autre personne de la motion A, B ou C par exemple, pour surveiller les opérations de vote) je n'avais même pas la moindre vue sur la devanture et vitrine de la section (plusieurs personnes ont quand même déclaré avoir été amenées puis ramenées en voiture…), la salle où le vote se faisait ayant vu, dès 17h20, son rideau de fer baissé pour d'obscures raison de sécurité…

ŸUn mode de dépouillement un peu baroque (j'en réserve pour l'instant le détail par le menu aux instances internes, sorry)…

ŸDe nombreux votants (j'en ai compté un nombre certain…) arrivent sans dire bonjour ou saluer quiconque, vouvoient les gens qui tiennent le bureau, ne savent pas qu'on doit cocher quelque chose, ne plient pas leur bulletin pour tenter de le glisser (laissant leur choix de vote à la vue de tous), ne savent pas qu'on doit signer quand on a voté… bref, des gens sans doute braves mais qui ne connaissent rien du PS : ce ne sont pas de vrais "militants", c'est très manifeste.

ŸDébarquement subit et simultané d'une douzaine de gamins (16 à 19 ans maxi ?) en tenue de foot (crampons avec de la terre…) qui vont vers l'urne très très "drivés" : on leur donne le bulletin, on leur montre où cocher - à la chaîne - et enfin, chose que je n'aurais même pas osé imaginer !, on annonce haut et bien fort "Toi, M. Bidule Truc,, là, allez tu votes", les gamins hilares se succédant pour apposer un vague gribouillis, grimant difficilement leur nom d'emprunt… J'ai testé quelques-uns, ils ne répondaient pas à leurs prétendus "prénoms"… Est-il besoin de mentionner qu'ils étaient presque tous beurs ou blacks de ce quartier populaire et que, comme par magie, leurs noms et prénoms du moment étaient tous très "européens"..; ? Des membres du PS locaux - de tous âges - nous ont simplement dit dans la nuit, presque blasés : ces jeunes ont tout simplement gagné "50 euros en liquide" en venant à la section ce soir. Attention : je ne saurais pas jurer que ce fut bien le cas - puisque c'était à l'abri de mon regard déjà fort occupé - mais c'est une des explications très plausibles pour expliquer cet afflux et motivations à voter pour autrui en ricanant…

ŸJe ne compte plus les "petites gens" (femmes de ménage, fonctionnaires et syndicalistes locaux, ouvriers en tenue de sécurité, de chantier, de cuistot…) qui sont passé voter très très vite sans manifestement ne connaître aucun militant, ni aucune des procédures de vote interne, hésitant sur que faire de ce bulletin avec le poing et la rose (cocher, entourer, déchirer…), faisant finalement leur choix de "case" au vu et au su de tou-te-s, après index dûment posé là où il faut par les gens du cru…

En complément rapide : un collègue scrutateur  plus âgé et aguerri que moi, et aussi sérieux que peut l'être un conseiller d'Etat, a eu la vive surprise de découvrir une section où 50% (oui, oui !) des personnels d'un établissement public local sont "membres du PS" local… Avec un vote à quelque 90% pour la même motion, quelle cohérence humaine rare !

Un autre a vu, lors du vote, un agent d'une collectivité s'embrouiller : il a sorti sa carte… d'adhérent UMP avant celle du PS. Et oui, il avait les 2 !!! Etc., etc., etc. je me demande si quelqu'un y croirait dans une fiction… ? Franchement, c'est personnel, mais je n'ai rien vu d'aussi DINGUE depuis 2006, quand je suis allé en Russie (…), face à des zozos "impayables", voire dangereux, pour la  démocratie !

Ce tableau vécu de l'intérieur te parait-il assez éloquent ? … ou consternant ! ? Je précise bien que TOUTES les motions avaient évidemment le droit d'envoyer des "scrutateurs" partout où ils le voulaient en France, pour éviter ou traquer de tels errements… Seules celles qui l'ont fait peuvent donc arguer de "magouilles" ici ou là, et les démontrer.

La totalité de ce que je dis ici, qui n'est donc pas complet ni entré dans tous les détails, est avérée et je suis prêt à le soutenir devant les gens de la section contrôlée, devant une caméra, un tribunal ou X leaders nationaux de toutes les motions ou courants ! (Fin du message reçu)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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jeudi 20 novembre 2008

Z'auriez pas un euro par hasard, siouplaît ?

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Ce ne sont que quelques chiffres mais il n'y a pas de quoi s'affoler. On peut même dire que tout va bien… se casser la gueule. Au fait, autant le savoir, les maux de dette ne seront bientôt plus remboursés du tout.

Ÿ 3.000 milliards d'euros : Montant des capitaux injectés par les Etats "riches" pour le sauvetage des banques

Ÿ 1.700 milliards d'euros : Montant du plan européen de sauvetage des banques

Ÿ 30 milliards d'euros : Minimum du financement annuel nécessaire pour assurer la sécurité alimentaire de l'humanité

Ÿ 20 milliards d'euros : Primes des employés du secteur financier britannique en 2008

Ÿ 600 millions d'euros : Perte subie par des "traders" de la Caisse d'épargne

Ÿ 53,5 millions de dollars : Gains du Pdg de Goldman Sachs en 2007

Ÿ 310 Smic : Gains des patrons du CAC40 en 2008

Ÿ 4,7 millions d'euros : Indemnités de départ pour "remercier" le Pdg du groupe Carrefour 

Ÿ 51% : Augmentation des 2.500 salaires les plus élevés en France entre 1988 et 2006

Ÿ 0,14% : Croissance du 3e trimestre en France, ce ne serait pas la récession…

Ÿ 1.250 milliards d'euros : Dette publique de la France début 2008, soit 65% du PIB

Ÿ 52 milliards d'euros : Déficit de l'Etat français prévu pour 2009

Ÿ 49 milliards d'euros : Déficit du commerce extérieur français prévu pour 2009

Ÿ 923 millions de personnes affamées en 2008, soit 75 millions de plus par an

Ÿ 7,1 millions de pauvres en France, gagnant moins de 817 euros par mois

Ÿ 1,4 million de personnes secourues en 2007 par le Secours catholique

Ÿ 7 ans : Différentiel d'espérance de vie entre cadres et ouvriers à 35 ans

Si vous pouviez compléter la liste… il faut que j'aille chercher une poche de glace…

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Darcos veut fliquer les profs

Bon, Edvige a changé de prénom. Mais, mais, mais, pendant ce temps, le ministère de l'éducation nationale veut fliquer les profs sur l'Internet. Darcos va s'en charger personnellement en passant à la loupe blogs et forums de discussion. Cela s'appelle "veille de l'opinion", une mission qui sera confiée à des officines privées. Et ce n'est pas un canular ! A l'évidence, une telle initiative montre que le gouvernement ne se sent pas tranquille.

La formulation aussi directe que maladroite risque de creuser un peu plus le fossé entre le ministre de l'Éducation et le milieu enseignant. Xavier Darcos vient de lancer un appel d'offre commun avec le ministère de la Recherche intitulé "Veille de l'opinion" qui vise à surveiller toutes les sources d'information, les blogs et autres forums de discussion où s'expriment les profs.

Dans ce marché public qui émane de la délégation à la communication de Xavier Darcos, le cahier des charges fixe des règles très claires. Le prestataire qui sera retenu à l'issue de cette consultation se voit fixer plusieurs objectifs : "Repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte, analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau, décrypter les sources de débats et leurs modes de propagation, anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise…"

En fait, le ministère veut être au courant en temps réel de tout ce qui peut agiter à la fois l'opinion et faire germer la contestation. Au-delà de la seule presse écrite, il s'agit de passer au peigne fin les sites de syndicats ou de partis, mais aussi toutes les vidéos, les pétitions en ligne, les appels à démission qui, précise le texte, "doivent être suivis avec une attention particulière et signalés en temps réel". En somme, le ministère passe en "mode alerte" en espérant disposer au plus vite de toutes les informations stratégiques en essayant d'anticiper les mouvements de mécontentement pour tenter de les désamorcer plus vite.

Cette veille informatique qui doit prendre effet au 1er janvier sera payée 220.000 € par an à son prestataire. Trop cher, disent les syndicats qui déplorent par ailleurs les milliers de suppressions d'emplois et les coupes claires (*) dans les crédits budgétaires. "Il n'est pas question de ficher les profs, mais de connaître plus finement la façon dont les enseignants perçoivent la politique de leur ministre", a expliqué le cabinet de Xavier Darcos.

Ben, les grévistes d'aujourd'hui vont le lui rappeler une fois de plus…

(*) "coupe claire" : en français correct, l'expression signifie coupe importante, à l'opposé de "coupe sombre" qui veut dire peu visible. Leur emploi de manière fautive a inversé leur sens originel.

Le document officiel est ici :

http://www.fabula.org/actualites/documents/26772.pdf

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mercredi 19 novembre 2008

Contrat annulé : Joissains va se ramasser à l'appel

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Le contrat signé par Alain et Maryse Joissains le 18 avril 2001

Le 18 avril 2001, c'est dans son bureau de maire, que Maryse Joissains avait signé le contrat, dont les bases viennent d'être jugées illégales, qui engageait Alain Joissains comme son collaborateur de cabinet pour exercer les fonctions de conseiller spécial et, quelques mois après, de directeur de cabinet.

Au conseil municipal du 12 novembre, sentant l'affaire délicate, Maryse Joissains a préféré quitter la salle au moment de présenter la délibération l'autorisant à faire appel du jugement du Tribunal administratif. A son retour des couloirs, où elle avait entendu les interventions des élus de l'opposition, le maire s'est permis de déclarer, pas gênée pour un sou : "J'ai été extrêmement déçue, je m'attendais à plus de hauteur dans le débat." Ben voyons !

Comme me l'ont intégralement restitué mes envoyés spéciaux anonymes sur place, c'est plutôt Jean Chorro qui a rabaissé le débat en motivant ainsi son choix : "Par principe, moi, quand je perds un procès, je fais toujours appel."

Pourtant, François-Xavier de Peretti, qui n'a pas manqué de bien étudier le dossier, a parfaitement expliqué que "le jugement était limpide et que l'appel n'allait rien changer".

"Je vais voter en mon âme et conscience", a laissé tomber le premier adjoint, tout aussi péremptoire que les 40 élus de la majorité à qui on n'a jamais donné ni le moindre détail sur les dessous de ce contrat, ni exposé les motifs de l'annulation.

Pour mémoire, entre autres considérations sérieuses, le tribunal a clairement fondé son jugement sur l'impossibilité pour les élus du précédent mandat de se prononcer valablement faute d'information suffisante sur la teneur du contrat.

Et bien, aussi incroyable que cela puisse paraître, par récidive, et sans même avoir pris soin un instant de remédier formellement à la condamnation infligée pour sa faute antérieure, la municipalité vient de s'enferrer (*) et, par la même occasion, d'aggraver son cas en appel… Après l'automne, l'hiver...

(*) s'enferrer : se jeter sur l'épée de son adversaire (Larousse)

Grosse caisse

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Il a fallu trois ans et demi, dont deux imputables aux retards des réponses des avocats défendant la mairie qui ont fait l'objet d'une mise en demeure, pour obtenir un premier jugement. Il faudra peut-être quelques mois de plus pour connaître la décision en appel, un appel qui est pour Maryse Joissains un moyen de faire traîner la procédure. Personnellement, j'ai le temps. Je suis confiant. Je dirais même que plus on en parlera, mieux je me porterai.

Si j'en juge par le large écho médiatique et public qu'a connu le premier jugement, le boulet va peser de plus en plus lourd et plus longtemps. Le soir du conseil municipal, par l'effet d'autres sujets brûlants inscrits au même ordre du jour, le public était plus nombreux que d'habitude. Et ce ne sont ni le brouhaha coutumier, ni les micros qui sifflaient qui ont empêché les personnes présentes de comprendre la portée de l'affaire.

Ce que les Aixois n'ont peut-être pas encore mesuré, c'est que cela va coûter beaucoup d'argent public, même si le maire a demandé aux élus, dans une rédaction aussi poétique que surréaliste, de "donner acte à Alain Joissains de son offre de prendre à sa charge les frais consécutifs à l'appel". Relisez bien chaque mot de la phrase pour apprécier les trésors d'imagination qu'il a fallu déployer pour être si inventif, préventif et entourloupant.

Je croise les doigts qu'il lui en reste les moyens juridiques et pécuniaires pour ne pas se ramasser à l'appel !

Quoi qu'il en soit, il n'y a pas à désespérer, il y a une justice qui fait son travail. Hier, n'est-ce pas un ancien premier ministre qui a été renvoyé en correctionnelle ?

Je remercie les 15 élus de l'opposition d'avoir voté unanimement contre la décision de faire appel. Là, ils ont eu tout bon.

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lundi 17 novembre 2008

Quand le PS Reims la droite à l'œil…

Consternant ! Le congrès du PS à Reims a sans doute produit l'un des plus mauvais scénarios de son histoire. Tout le monde le craignait, c'est arrivé. Les incantations à l'unité, aux lignes claires et autres "tous ensemble" n'y ont rien pu. Le vote des militants fabriquant quatre morceaux aux scores quasi identiques ont attisé au grand jour des ruptures très perceptibles depuis de longs mois et dont les tendances s'étaient déjà manifestées lors des dernières élections municipales.

L'exemple opaque d'Aix, lié au modèle tutélaire pratiqué au département, résume à lui seul les rivalités, les contradictions, en un mot, la confusion au sein du parti socialiste. A notre niveau local, la guerre du pouvoir pour quelques-uns, les ambitions personnelles, les tripatouillages, les coupures avec l'électorat et les citoyens portaient déjà en eux les gros germes des discordes révélées à Reims.

La participation aux votes des militants socialistes a à peine dépassé les 50%. Les motions ont recueilli des scores prismés par les luttes internes. Au niveau national, on a pu constater que le PS a perdu la moitié de ses adhérents depuis l'élection présidentielle. C'est sur cette base réduite que les motions n'ont réussi à déplacer que 55% des adhérents restants pour participer à la désignation de leurs leaders.

La motion de Ségolène Royal n'a fait que 29% (contre 60% lors de son investiture présidentielle), et donc 71% qui ne lui étaient plus favorables. Comment peut-on accorder et reconnaître une légitimité forte à un courant aussi peu représentatif ? L'addition des trois autres motions ou de deux d'entre elles aurait pu conférer, même partiellement, une certaine assise pour l'émergence d'un pôle moins rabougri.

Mais non, chaque calife voulait le trône, la couronne et le sceptre. Que donnera jeudi, et vendredi si rien ne se décante dès le premier tour, le vote des militants avec le même corps électoral que celui du 6 novembre ? La participation sera-t-elle inférieure, par dégoût ou par absence des candidats des motions recalées ? Y aura-t-il un sursaut des abstentionnistes et pour qui pourraient-ils se prononcer ? L'appel, ce matin, de Bertrand Delanoë à voter pour Martine Aubry va-t-il changer la donne et attirer des partisans de Benoît Hamon à voter utile pour faire dépasser les 50% à Aubry ?

Quoi qu'il en soit de tous les flous issus de ce congrès, la droite peut déjà dormir d'un œil et continuer à se rincer l'autre de l'affligeant spectacle qu'auront découvert grandeur nature les Français. Nicolas Sarkozy, lui, peut dormir sur ses deux oreilles : il n'a même plus besoin de poursuivre ses pseudo ouvertures.

Il n'y avait qu'à voir et écouter son envoyé très spécial, Eric Besson, "invité" sur toutes les chaînes de télé pour relayer l'heureuse tristesse de son employeur : "L'implosion-du-parti-socialiste-est-regrettable-car-le-débat-démocratique-a-besoin-d'une-opposition-forte, na-na-ni, na-na-na". Nul doute que le président saura, à l'occasion, récompenser son désintéressé porte-parole par une habile promotion qu'il ne faudra bien sûr pas confondre... avec un nouveau torrent de larmes de crocodile sur les malheurs du PS.

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samedi 15 novembre 2008

De gauche je suis, mais pas socialiste…

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Dans Le Canard Enchaîné du 12 novembre 2008

On me questionne sur ce qui se passe au parti socialiste. Plus particulièrement à Aix et dans le département. S'agissant de problèmes internes, étant membre d'un parti, j'ai rarement commenté la vie d'autres formations que la mienne. Les seules fois où j'ai fait connaître mon opinion ont toujours celles qui ont concerné mes participations à des équipes municipales en partenariat avec le parti socialiste.

Lors de la dernière élection municipale, j'ai délibérément choisi de figurer sur la liste de Michel Pezet. La qualité du projet que nous avons bâti ensemble et la valeur de l'équipe présente sur la liste ont renforcé ma conviction qu'il fallait être là et par sur une autre liste, même se revendiquant aussi de gauche. Mais la raison suprême de mon choix était d'abord fondée sur ma loyauté à l'égard de Jean-François Picheral. Je n'ai aucun regret d'avoir mené cette campagne-là. Il vaut mieux perdre dans l'honneur que gagner dans un certain déshonneur.

Durant cette longue période électorale, et ces derniers temps encore, les faits et les actes de certains socialistes m'ont laissé penser et me laissent penser que je ne m'étais pas trompé. J'ai trop entendu, trop vu et trop su de choses que je ne pourrais jamais les dire toutes si je devais les raconter.

Chaque jour, me sont rapportées les dernières avanies sur que ce qui se passe au sein du parti socialiste. Cela ne m'étonne guère de la part de ceux que j'ai cessé de côtoyer. D'autres, pour qui j'ai du respect et que je sens outrés, me prennent à témoin pour venir m'informer des basses pratiques internes à leur parti.

Pour citer un exemple, c'est ainsi que, dès la fin de l'élection municipale, l'appareil fédéral des BdR a procédé à la mise à l'écart de certains esprits libres qui refusaient de se laisser (for)mater. Les "purges" n'ont pas cessé depuis. Il y a une semaine, parmi d'autres sanctions visant à humilier, les plus belles illustrations sont celles de la coupure en deux de la section de la députée européeenne Marie-Arlette Carlotti et du conseiller municipal Christophe Masse, de la dissolution de la section de Maussane et des deux sections aixoises qui auraient commis l'affront de voter, l'une pour la motion de Bertrand Delanoë et l'autre pour la motion de Martine Aubry, donc pas comme on le leur soufflait.

Hier, interrogé par France 3 Méditerranée, Michel Pezet a répété, comme il l'avait déjà fait pendant la campagne municipale, qu'il n'acceptait pas des décisions tombées comme un couperet. Réagissant à ces propos, Eugène Caselli a eu la parole quelque peu hésitante pour oser une pirouette peu crédible. Selon lui, c'est un problème technique et pas politique, et les critiques émanent de "mauvais perdants".

Le matin même, sur France Inter, Vincent Peillon a balayé d'un revers de micro les arguments d'un auditeur aixois qui lui demandait de s'expliquer franchement sur les tripatouillages de la fédération des BdR. Pour le second de Ségolène Royal, tout s'est donc passé démocratiquement. C'est évidemment hypocrite et malhonnête.

Si tout est donc si translucide, comment comprendre alors l'absence d'information et de transparence sur les blogs socialistes aixois, enfin, ceux qui fonctionnent encore un tant soit peu ? Les rares révélations qui filtrent figurent sur des blogs non socialistes ou à travers des commentaires de militants ou de citoyens ecœurés.

Hier, j'ai suivi le début du congrès de Reims en direct sur la chaîne parlementaire. Je continuerai à y jeter un œil ou deux aujourd'hui et demain. Les débats ne m'indiffèrent pas. Mais je veux garder mes distances. Et, après les quelques faits et réflexions que je viens d'émettre sur la vie locale, on comprendra le sens des limites que je m'impose vis-à-vis de ce qui se passe dans les tambouilles des autres.

Alors, voilà, lorsque j'entends du bruit chez certains de mes voisins, je ne vais pas leur demander pourquoi ils se disputent, car j'ai peu d'attirance pour ce qui rabaisse ou discrédite la politique. Sans vouloir offenser des amis sincères, si de gauche je suis, de gauche je reste, mais dans un autre parti !

            

Deux liens intéressants : 

http://le13avecdelanoe.wordpress.com/2008/05/28/marseille-masse-pezet-carlotti-delanoe/

http://www.michelpezet.org/index.php?2008/11/14/165-nullite-de-la-decison-de-dissolution

Nouvel article sur Libémarseille (15 novembre) :

http://www.libemarseille.fr/henry/2008/11/riffifi-dans-le.html

Audio RTL : l'avis de Franz-Olivier Giesbert (15 novembre) : 

http://www.michelpezet.org/index.php?2008/11/15/166-fog-le-ps13-une-republique-bananiere

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