mardi 21 octobre 2008

Le linceuil de l'hôpital public d'Aix est prêt

honoraires

(Clic sur l'image pour agrandir) Dessin de Deligne

L'économie est en crise. L'Etat creuse les déficits. Mais il y a plein d'argent pour les escrocs de la finance. Pour le reste, pas de quartier ! On casse tout. On débranche tout : école, poste, code du travail, université, logement, santé, hôpital... Jamais gouvernement ne s'est autant attaqué aux services publics, à la solidarité et à la cohésion sociale.

L'annonce des dotations accordées dans le cadre du "plan hôpital 2012" ne fait que renforcer l'idée d'un saccage de la carte hospitalière au profit du privé. A Aix, la farce du pseudo renflouement du déficit du centre hospitalier n'a donc pas tardé à apparaître au grand jour. Pour tenter de maintenir des activités à un niveau encore acceptables en 2009, il fallait 4M€. Par un tour de passe-passe cautionné par Maryse Joissains, un budget hypothétique prétextant des recettes "spontanées" a été voté.

Et voilà qu'Aix se retrouve le derrière nu avec les dernières décisions de l'Agence régionale d'hospitalisation qui écarte, dans une première vague, les besoins et les demandes de notre hôpital. Pire, c'est la maternité privée L'Etoile qui rafle un pactole à hauteur de 4,25M€. Dans le même temps, l'absorption-fusion de la clinique La Provençale par la clinique Rambot, qui vise à créer un nouveau pôle privé, une sorte de superclinique, à Pont de l'Arc, a reçu l'aval de l'ARH. Le projet de loi "Patients, santé et territoires" qui va être examiné au parlement risque donc bien de continuer à faire la part belle au secteur privé. C'est cynique, irresponsable et mortifère.

Voici ce que j'ai écrit ici même au cours des mois précédents :      

"L'hôpital public d'Aix va-t-il crever ?" (23 mai 2008) :

Un premier déficit de 16M€ en 2003. Une rémission en 2006 grâce à une perfusion de l'Agence régionale d'hospitalisation. Puis, un "plan hôpital 2012" qui recrée un déficit de 2M€ en 2008. Pour 2009, le trou est estimé à 4M€. Les personnels craignent que l'équilibre budgétaire ne soit recherché par la suppression de 40 postes.

Qu'on ne cherche pas les responsabilités à l'intérieur de l'hôpital. Non, la cause est ailleurs : la casse du service public de santé au profit d'activités transférées dans le secteur privé. Aix en est l'illustration parfaite, si l'on peut dire. Après les dotations publiques calculées au rendement, une sorte de paupérisation s'est développée de manière lancinante. Les actes rentables ont trouvé refuge dans les cliniques. L'hôpital en subit des conséquences par des charges alourdies.

A partir de là, on a vu la clinique l'Etoile récupérer des lits de maternité aux dépens du Centre hospitalier du pays d'Aix et la clinique Rambot qui, après avoir absorbé la Provençale, met en chantier un gros projet de polyclinique de 368 lits en se déplaçant vers Pont de l'Arc avec l'aval de l'ARH. L'hôpital va-t-il crever et nous aussi ? Il en dépend de notre résistance à la casse.

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/05/23/index.html

"Hôpital d'Aix : Le budget condamné à faire du yoyo ?" (9 juin 2008) :

Revenons un peu sur ce qui se passe à l'hôpital d'Aix. La presse nous relate que, alors qu'un vote négatif était attendu, le budget prévisionnel pour 2008 (à la fin du semestre, étrange moment quand même!), annoncé dans un premier temps en déficit de 2M€, a finalement été voté à la majorité. La dernière trouvaille, après un double report du dossier, a été de dévoiler comme par enchantement une "bonne" nouvelle : des rentrées financières liées à l'activité en augmentation sur les quatre premiers mois.

Supposons que cela soit avéré. Est-il normal que le budget du centre hospitalier soit en permanence tributaire de l'évolution de l'activité au jour le jour ? On se croirait à la bourse où les valeurs font du yoyo ! Que se passera-t-il si l'activité baisse sur le reste de l'année ? Le vote acquis du budget aura-t-il encore un sens ?

Tout le monde sait que le vrai problème est d'ordre structurel et non conjoncturel. C'est le sort fait à l'hôpital public et au système de santé qui porte l'entière responsabilité de la situation. On nous rétorquera que si l'année finit mal, on dégraissera encore les effectifs car l'Etat se désengage de plus en plus. Les personnels ont d'ailleurs évalué les risques de suppressions à 40 postes. Quoi qu'il arrive, ce sera moins de service public.

Pour finir, bien qu'habitué je m'étonne du double langage de Maryse Joissains, maire et présidente de droit du centre hospitalier, qui s'est abstenue pour que le budget passe mais qui a demandé aux administrateurs de voter pour (les syndicats ont voté contre). Drôle de conception de la responsabilité qui est la sienne. Et, maniant un peu plus la contradiction, elle a déclaré : "La baisse des remboursements de 3,2%, voulue par l'Etat, est injuste. Elle ne tient pas compte des efforts de gestion et frappe à l'aveugle. Je suis pour une restructuration intelligente." Les propos sont quand même un peu culottés de la part d'une députée qui vote toutes les lois anti-sociales du gouvernement sur la santé ! Il serait temps de s'en apercevoir ou… de ne plus faire semblant de compatir.

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/06/09/9500618.html

"Allo Sarko hosto bobo…" (26 juin 2008) :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/06/26/9712423.html

Bilan 10 : "Infarctus interdit à Aix" (13 avril 2007) : 

http://castronovo.canalblog.com/archives/2007/04/13/index.html

Le point de vue du Dr Patrick Pelloux

"Faire-part : on enterre le service public hospitalier" (25 septembre 2008) :

http://castronovo.canalblog.com/archives/2008/09/25/10707710.html

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