Sarkozy va-t-il dissoudre l'Assemblée nationale ?
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Certains députés UMP auraient-ils bouffé des OGM ? Depuis quelques temps, on ne les reconnaît plus. On nous les a modifiés sans nous le dire. Mardi, beaucoup d'entre eux n'étaient pas là pour voter le projet de loi. Hier, une autre bande de parlementaires a semé la panique sur un autre dossier.
Nicolas Sarkozy ferait-il école ? Lui qui s'est tant engagé avant les élections et qui marche maintenant avec des talonnettes de plomb. Ses députés se lâchent, n'assurent même plus le service mimimum et vont jusqu'à être aussi grossiers que lui (voir fin de cet article).
Et voilà donc qu'une nouvelle crise pointe du nez entre notre bienfaiteur président et sa majorité. Au lendemain de l'adoption d'une motion de procédure contre le projet de loi sur les OGM, la commission des affaires étrangères de l'Assemblée a rejeté mercredi la réforme des institutions.
En somme, plus un jour sans couac !
"Pas ensemble, tout devient possible"
Evénement rarissime, la commission, saisie pour avis, a purement et simplement dit non au texte. Les UMP Hervé de Charette, Jacques Myard et Roland Blum ont joint leurs voix à celle de l'unique député de l'opposition présent, un communiste. Ils entendaient protester notamment contre la suppression de l'obligation d'un référendum sur tout nouvel élargissement de l'Union européenne, instituée par Jacques Chirac en 2005. Beau camouflet !
Autre provocation, deux amendements socialistes au même texte ont été adoptés en commission des lois avec le concours de députés UMP qui ont de nouveau montré leurs états d'âme. Le premier enlève de la réforme le principe d'un nombre maximum de ministres, cher à Nicolas Sarkozy. Le deuxième interdit aux membres du gouvernement d'être en même temps maires d'une commune de plus de 20.000 habitants et président de conseil général ou régional.
Le gouvernement a minimisé ces nouveaux incidents, comme celui de la veille sur les OGM, en niant tout désordre dans la majorité. La commission des affaires étrangères n'a fait que rendre un avis et n'a étudié que les articles la concernant, a fait valoir Roger Karoutchi. Le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement a rappelé la disponibilité du gouvernement à accepter des amendements de la majorité sur la question du référendum.
Toute la journée, les responsables de la majorité se sont employés à éteindre l'incendie allumé par le vote-surprise de mardi, qualifié "d'accident de parcours", et attribué à des problèmes d'organisation interne. On va croire ça, tiens !
Sarkozy pense-t-il à la cohabitation ?
Nicolas Sarkozy a rappelé en conseil des ministres l'importance de l'adoption du texte, et apporté son soutien au ministre de l'écologie Jean-Louis Borloo. Preuve de cette détermination, le projet de loi sur les OGM était examiné en fin d'après-midi en commission mixte paritaire. Un "passage en force" unanimement dénoncé par la gauche.
"L'accident regrettable d'hier ne détournera pas le gouvernement et sa majorité de leurs responsabilités", a affirmé François Fillon lors d'une séance houleuse des questions au gouvernement. Assuré par le président du groupe UMP Jean-François Copé du "soutien sans faille" de la majorité, le Premier ministre a dénoncé le "coup politique" de la gauche sur les OGM.
Premier responsable de l'incident pour ne pas avoir mobilisé suffisamment les députés UMP, Copé - qui s'est entretenu (il a fermé sa gueule, oui !) mardi soir au téléphone avec Nicolas Sarkozy - a reçu le soutien de ses troupes qui l'ont applaudi debout. Fallait voir les mines hypocrites qui surjouaient le soutien au pendu ! Le même soutien unanime a été mesuré dans la matinée lors d'une réunion exceptionnelle des députés, où il a été décidé de créer un groupe de travail pour assurer une présence suffisante d'UMP dans l'hémicycle.
Reste que ces incidents accentuent le malaise entre le gouvernement et la majorité, perceptible depuis l'élection de Nicolas Sarkozy. Les députés se plaignent de ne pas être associés aux projets gouvernementaux. Le débat sur les OGM a cristallisé tous les mécontentements.
François Grosdidier a dit qu'il n'est pas question qu'il vote le projet. "Le projet initial du gouvernement était bon mais la loi a été transformée dans les débats parlementaires, y compris à l'Assemblée, et s'éloigne de ses objectifs. Globalement c'est un recul et un déséquilibre". Il a regretté notamment de "ne pas avoir obtenu la transparence totale pour tout ce qui concerne les effets des OGM sur l'homme ou sur l'environnement".
Et en réunion de groupe, suprême élégance, le distingué Claude Goasguen a fustigé les "connards" (sic) qui "parlent trop de l'autre côté de la Seine". En clair, les conseillers de Nicolas Sarkozy.
Alors, je hasarde une hypothèse : face à cette situation, Sarkozy va-t-il décider de dissoudre l'Assemblée nationale ? Après tout, qui sait s'il n'envisage pas finalement une cohabitation avec la gauche ?
Lire l'excellent article sur les pratiques scandaleuses des groupes de pression OGM,
sur le blog de Claude-Marie Vadrot
http://horreurecologique.blogspot.com/2008/05/ogm-aprs-la-rigolade-les-choses.html



