Le Blog de Lucien-Alex@ndre CASTRONOVO

Citoyen d'Aix-en-Provence

vendredi 28 mars 2008

Municipale 2008 : Le pourquoi et le comment… (3)

Chez Alexandre Medvedowsky

Depuis la défaite en duel de 2001, sans alliance avec les forces d'extrême-gauche et à quelque 500 voix près, Alexandre Medvedowsky a estimé que la bataille de 2008 devait se mener frontalement contre la droite de Maryse Joissains.

En 2005, sa prise de position pour le non au referendum portant sur le Traité constitutionnel européen allait dans ce sens : elle était calquée sur celle des partis et des mouvements de gauche prônant un front anti-libéral. Au passage, il n'est pas inutile de rappeler que, cela faisant, Medvedowsky allait à la fois contre le choix majoritaire des Aixois et contre celui du parti socialiste qui s'était prononcé pour le oui.

Medvedowsky se mettait donc doublement en porte-à-faux, notamment en ne respectant pas les règles statutaires de son propre parti. Sans craindre le côté cocasse de la chose, il n'eut de cesse, tout au long de la campagne municipale, d'accuser ceux qui ne l'ont pas suivi de bafouer la discipline du parti et de brandir à leur encontre l'arme fatale de l'exclusion... qui n'arriva jamais.

Poursuivant sur la voie qu'il avait empruntée, et qu'on le veuille ou non, il a conséquemment formé son équipe autour de l'idée d'union de la gauche, allant de l'extrême-gauche aux socialistes.

Les autres forces en présence, voie centrale et liste de droite, ayant aussi fixé leurs contours, Medvedowsky a bâti toute sa stratégie sur l'hypothèse évidente aux yeux de tous d'une triangulaire dont il imaginait qu'il ne pouvait que triompher, même s'il a constamment vilipendé la liste Pezet en niant jusqu'à son existence et critiqué la liste De Peretti en tentant de la renvoyer systématiquement à droite.

Cette situation était-elle pour lui la plus favorable pour l'emporter ? S'étant en quelque sorte gauchisé alors même que Joissains se droitisait, avait-il conscience qu'il réduisait sa base électorale à un bloc qui le priverait de réserves de voix sur sa droite immédiate ? D'autant que l'on ne peut pas mettre de côté la présence de la liste Pezet et les différends personnels et politiques existant entre certains membres des deux équipes.

Je me dois de rappeler ici un élément qui, s'il a été très peu mis en avant durant la campagne, a singulièrement contribué à déstabiliser les esprits à gauche. Quoi que certains aient voulu faire croire, la vérité est que la candidature de Michel Pezet en binôme avec Jean-François Picheral avait été suscitée par André Guinde lui-même avec l'accord de Jean-Noël Guérini, tous deux convaincus que Medvedowsky ne pouvait gagner à Aix.

Pour preuve, le 17 juin 2006, au domaine de Tournon, lors de la première réunion publique de Michel Pezet, en présence de Jean-François Picheral, André Guinde se trouvait à leurs côtés sur le podium. Après avoir proclamé sa loyauté et son amitié de longue date envers Picheral, il déclara, ému, combien il lui était redevable pour son élection à la cantonale de 1998 et sa réélection de 2004.

Puis, fustigeant sévèrement Medvedowsky, et comme le rapporta la presse (dont j'ai conservé la trace), il ajouta : "Nous voulons proposer une équipe crédible d'hommes et de femmes d'expérience plurielle. Jean-François est un homme de bon sens. Michel est un homme d'expérience. Alors, les amis, il y a des moments où nous devons trancher. Mon choix est fait."

Que s'est-il passé un an après et qu'est-il advenu de ce serment ? Quelles pressions ont été exercées par l'appareil socialiste de Marseille pour que, du jour au lendemain, après avoir concrètement et largement entamé la campagne de terrain auprès de Pezet et de Picheral, il abjure ses propres déclarations et rejoigne Medvedowsky ? Ce fut là assûrément un moment décisif qui a vu les cartes se rebattre et exacerber les réactions entre les deux listes de gauche.

Sans entrer dans les détails de la désignation de Medvedowsky par le parti socialiste et le statut indépendant de la liste Pezet, force est de constater que, au premier tour, Medevdowsky n'a pas réuni toute la gauche. Des adhérents et des élus socialistes sortants, et des adhérents et les élus radicaux de gauche sortants ont rejoint Pezet, et des adhérents et les élus Verts sortants sont allés s'unir à De Peretti.

Malgré cela, Medvedowsky a persisté à donner le change, affirmant, selon la bonne vieille méthode Coué, qu'il était le seul représentant de gauche… en alignant force logos.

Au premier tour, sa liste n'a obtenu que 29% des voix, un score insuffisant en soi dès lors qu'on estime qu'il faut dépasser 30% pour affronter une triangulaire avec une chance de victoire. De plus, il faut le noter, il n'a tiré aucun bénéfice de la vague rose puissante qui a réussi à faire basculer tant de villes à gauche et alors même que Joissains a subi un certain recul, dû à son bilan et aux contrecoups de la politique nationale.

Malgré l'appel sans condition de la liste Pezet à voter pour lui au second tour et un bon report de voix, son total final n'a pas été en capacité de l'emporter.

Parties 1 et 2 : voir mercredi 26 et jeudi 27 mars. A suivre : chez Pezet

Posté par CASTRONOVO à 00:10 - Ah ! Que la campagne est belle ! - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

vos commentaires restent au petit niveau aixois : et si l'un avait dit à l'autre etc...

interoger vous sur la "cote d'azurisation" du sud seule région à échapper à la vague rose:
Après Nice et le Var, sommes nous voué à une gestion d'une droite type médeciniste avec tous ses avatars?
Que reste-t-il des réseaux de solidarité traditionnels disparus avec la hausse du m² et l'arrivée de nouveaux habitants ?

Quelle réponse la gauche doit-elle donner aux questions plus qu'urgentes du vivre ensemble à commencer par logement, transport, solidarité

celà s'appelle la rénovation aussi indispensable localement que nationalement. Après on verra qui portera la parole aux élections

Posté par DD, vendredi 28 mars 2008 à 11:01

Analyse "mécanique"

Vous avez raison d'évoquer le cadre politique et les grandes questions sociales. Mon but avec ces articles n'est pas de revenir sur le fond des programmes mais de tenter une analyse "mécanique" de l'élection municipale à Aix.
J'essaie de montrer que les ambitions personnelles de pouvoir ont malheureusement escamoté les grands thèmes que vous mettez en avant mais qui ont été traités pendant la campagne. Je trouve même que les constats et les propositions de plusieurs candidats étaient de bon niveau et prenaient bien en compte les nécessités de cette rénovation.
Pour ce qui est de la liste Pezet, à laquelle j'ai participé, tout son projet était d'ailleurs fondé sur la prospective. Il s'inscrivait dans la lignée des deux grands mouvements décisifs, qui ont permis la modernisation de la ville, sous les municipalités Ciccolini (années 60) et Picheral (années 90).

Posté par CASTRONOVO, vendredi 28 mars 2008 à 11:27

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